Pride of Time
Résumé : Hermione se retrouve projeté de vingt ans en arrière. Il n'y a aucun retour possible l'unique option est d'aller de l'avant. Et quand inconsciemment on interfère avec le temps, ce à quoi on s'attend n'est pas toujours ce que l'on trouve. Traduction d'une fiction de Anubis Ankh.
Disclaimer : Je ne possède rien, ne me fais pas d'argent grâce à la fiction ou n'en profite d'aucune manière. Essayez de vous en rappeler s'il vous plaît. Tous les personnages appartiennent à JK Rowling, et toutes les citations viennent directement des livres qui lui appartiennent également évidemment.
Chapitre 4 :
Ce soir-là, Hermione revêtit ses nouveaux vêtements moldus qu'elle recouvrit de l'une de ses nouvelles robes avant de descendre dans la Salle Commune, où elle récupéra une pince à cheveux qu'elle avait oubliée sur l'une des tables, plus tôt dans la journée. Elle releva ses cheveux pour qu'ils ne lui tombent pas sur le visage et sortit par le trou du portrait.
« On va faire un petit tour, ma chérie ? » demanda la Grosse Dame en se refermant derrière elle. Hermione se tourna pour lui sourire et hocha la tête en guise de réponse. « Dans ce cas, passe une bonne soirée. »
Hermione descendit rapidement les escaliers en direction des donjons, le cœur étonnamment léger. Peut-être était-ce parce qu'elle avait attendu ce dîner avec impatience, mais en vérité, elle se sentait réellement détendue depuis la sortie à Pré-au-Lard. Et pour la première fois en presqu'un an, elle n'avait pas à se faufiler dans Poudlard sous le regard perçant d'Ombrage à la façon d'un criminel.
Elle arriva aux donjons, baguette précautionneusement glissée dans sa manche et vérifia à deux reprises qu'il était sûr de s'y engager avant de trottiner jusqu'au bureau de Slughorn qui était ouvert. Depuis qu'elle s'y était rendue quelques heures plus tôt, la pièce avait été magiquement agrandie et pouvait désormais accueillir une table de vingt personnes et trois imposants canapés répartis autour de la cheminée. Slughorn, assis près de la porte, se leva en tapant des mains lorsqu'elle entra.
« Ah, Miss Granger ! Ravi de vous voir parmi nous ! Je vous en prie, » dit-il en désignant la table, « prenez place. »
Hermione parcouru rapidement la table du regard, songeant qu'il y avait décidément beaucoup d'élèves abordant une cravate rouge et or dans le bureau du Directeur de Serpentard. Elle reconnut Lily puis Alice, Frank, James, Sirius et deux autres sixièmes années, Adrian, un garçon qui rappelait à Hermione Colin Crivey du fait de l'habitude qu'il avait de toujours porter un appareil photo autour du cou et Marlène McKinnon, assise près de Sirius.
Son regard tomba ensuite sur Severus Snape, qui s'était installé aussi loin que possible des Gryffondors. A côté de lui, Hermione reconnut immédiatement Avery à la droite de qui était installé un cinquième année aux cheveux secs avec lequel Hermione assistait aux cours de Potions, Arithmancie, Etude des Runes et Métamorphose mais à qui elle n'avait jamais adressé la parole. Il lui paraissait curieusement familier mais elle n'arrivait à se rappeler qui il était ou d'où est-ce qu'elle le connaissait. Il avait l'étrange habitude de passer sa langue sur le coin de ses lèvres et c'était suffisant, combiné avec son attitude insupportable et prétentieuse en classe, pour qu'Hermione cherche à l'éviter. Entre ce dernier et Avery, était assis un garçon séduisant qu'Hermione reconnut immédiatement pour avoir vu son portrait à Square Grimmauld, sur l'arbre généalogique des Black. C'était Regulus, le frère cadet de Sirius.
Il y avait bien sûr d'autres élèves Dirk Cresswell, un cinquième année de Serdaigle plutôt amical avec qui Hermione assistait aux cours de Sortilèges et de Biologie, Dahlia Flemming, une Poufsouffle qui faisait partie de la Chorale, celle-ci était assise près d'une Serdaigle de septième année qu'Hermione reconnut immédiatement comme étant Hestia Jones. Restaient encore cinq élèves dont les visages ne lui étaient familiers que pour les avoir croisé dans les couloirs.
Malgré la présence de membres de toutes les maisons à la même table, celle-ci était particulièrement conviviale et les discussions allaient bon train. Du côté Gryffondors, James et Sirius étaient au cœur de l'attention et les Serdaigles ainsi que les Poufsouffles riaient bruyamment à leurs blagues par-dessus leurs verres. Regulus murmurait quelque chose avec animation au Serpentard aux cheveux secs près de lui et celui-ci recracha presque son jus de citrouille en écoutant ce que le jeune Black lui avait à lui et à lui seulement. Avery quant à lui était appuyé contre le dos de sa chaise et observait l'agitation de la salle, un air suffisant sur le visage.
Snape était le seul à ruminer, renfrogné sur sa chaise. Il ne semblait pas vouloir être là bien qu'Hermione eut été incapable d'en trouver la raison, ce n'était pas comme s'il était obligé d'assister à la soirée. Quoiqu'il en soit, les seules places libres étaient celles de chaque côté des Serpentards, qui s'étaient visiblement donné du mal pour rester à l'écart d'au moins une chaise des autres invités. C'était certainement l'une des dernières soirées de l'année étant donné que les examens étaient si proches et Hermione étant nouvelle, ils ne s'attendaient pas à la voir arriver et n'avaient pas prévu de laisser une chaise supplémentaire entre eux et les indésirables installés à l'autre bout de la table. Etant donné le choix qu'il lui restait, Hermione décida qu'il était mieux de s'installer entre Snape et Hestia Jones plutôt qu'entre le garçon aux cheveux secs et Dirk Cresswell. Elle tira la chaise et s'assit.
L'air renfrogné de Snape ne s'améliora pas à son arrivée, ce qui n'était pas étonnant. Il resta appuyé contre sa chaise, les bras croisés avec l'air d'un enfant mécontent forcé de rester à table. Hermione choisit de l'ignorer et se tourna vers Hestia pour se présenter. Toutes deux engagèrent immédiatement la conversation sur les examens à venir et Hermione, se souvenant qu'elle avait fait partie de la garde avancée de Harry, lui demanda ce qu'elle envisageait comme carrière.
« Aurore, pour sûr. » répondit simplement Hestia.
Slughorn prenait part à toutes les conversations, s'insinuant parfois pour poser une question, donner un conseil ou faire allusion à telle ou telle relation qu'il avait avant de se détourner vers une autre discussion. Hermione admirait l'aisance dont il faisait preuve pour garder le fil et réussir à participer à tant de débats en même temps, c'en était presque risible. L'image d'une énorme araignée installée au cœur d'une toile finement tissée, glissant vers chaque mouche, tirant un fil ou deux ici ou là, tel un collectionneur de bijoux qui s'emparait d'une pierre précieuse pour la tailler et la polir avant de passer à la pierre suivante et d'en tirer un produit fini, s'imposa à l'esprit d'Hermione.
La nourriture fit son apparition une dizaine de minutes après l'arrivée d'Hermione et elle se servit avidement en tourte au bœuf et aux rognons. Elle discutait avec Hestia entre deux bouchées et découvrit bien vite que celle-ci était une grande fan de Quidditch et elle fut fermement horrifiée d'apprendre qu'Hermione était incapable de voler et n'avait pas le moindre intérêt pour ce sport, Hermione se sentait presque honteuse de l'avouer. Sirius mit fin à la conversation en plaisantant, disant qu'Hermione n'avait pas sa place sur balai parce qu'elle était 'trop ancrée' au sol par ses bouquins.
A son étonnement, son grincheux voisin de table renifla, l'air amusé.
« En parlant de ça, » fit Hermione en se tournant vers lui, « J'attends toujours que tu me rendes mon livre. »
Elle n'avait pas anticipé la réaction que ses mots provoqueraient. Avery, 'Lèche-lèvres' et Regulus tournèrent brusquement leur attention sur leur camarade. James et Sirius ne s'étaient pas arrêtés de rire mais ils ne quittaient pas Snape du regard, leur hostilité mal dissimulée. Hestia semblait curieuse et Lily reposa lentement son verre, son attention allant d'Hermione au Serpentard au nez crochu comme si elle cherchait quelque chose. Snape lança un regard noir à ses camarades, leur indiquant silencieusement de lui foutre la paix alors qu'il se penchait vers son sac. Il se releva un instant plus tard, le livre serré dans ses mains et le tendit à Hermione.
Hermione ne prit pas le temps de vérifier qu'il ne l'avait pas endommagé ou ensorcelé pour l'attaquer plus tard. Elle le remercia brièvement avant de glisser le livre sous sa chaise. Slughorn qui avait perçu un relâchement dans le rythme de la conversation, réagit immédiatement.
« Métamorphose avancée, Miss Granger ? » s'enquit-il jovialement.
Hermione lui fit un grand sourire en retournant à son assiette, reconnaissante de son intervention et de son intérêt. « La Métamorphose était l'un de mes sujets préférés là d'où je viens. » dit-elle en se rappelant des notes excellentes qu'elle avait dans la classe de McGonagall. Ses notes étaient tout aussi bonnes ici, mais à son époque, sa bonne relation avec sa Directrice de Maison et le temps supplémentaire qu'elle passait à poser des questions et analyser en profondeur le sujet en avait fait l'un de ses cours préférés. Se vantant légèrement, elle ajouta, « j'étais la meilleure de ma classe. »
« Vous devriez envisager d'aller demander à Albus ou Minerva quelques conseils de lecture. » suggéra Slughorn en frottant sa joue pensivement. « Le Directeur enseignait la Métamorphose, savez-vous ? C'était à une époque où sa barbe était encore rouge et où j'avais un peu plus de cheveux sur la tête » ajouta-t-il en agitant son doigt pour accentuer ses propos. Plusieurs élèves, Hermione y comprit, rirent franchement à cela. « Avez-vous déjà fait des expérimentations avec la Métamorphose, Miss Granger ? »
« Un peu » reconnut Hermione, s'enthousiasmant du tour que prenait la discussion. Maintenant qu'ils parlaient à nouveau de cours, l'intérêt des autres élèves s'était envolé et les conversations reprenaient de plus belle. « Ceci-dit, je préfère plutôt travailler avec les sortilèges... J'ai fait quelques expériences avec des objets soumis au sortilège Protéiforme. »
« Tu maîtrise le Protéiforme ? » s'exclama Hestia, visiblement impressionnée. « C'est du niveau des ASPICs ! »
Avant qu'Hermione ne puisse répondre, Snape, qui avait silencieux toute la soirée, demanda d'un air sombre : « A quoi te servaient-ils ? »
« A communiquer. » répondit vivement Hermione en finissant sa part de tourte. Elle n'avait aucun scrupule à le lui dire. Il ne s'en souviendrait sans doute pas ou bien ne ferait pas le lien entre l'Armée de Dumbledore et un groupe d'élève se baladant avec des Gallions trafiqués. Et après ce qu'il lui avait dit en retenue, attaquant sa sincérité et sa dévotion aux devoirs en question, elle n'avait pas le moindre problème à lui jeter ça au visage. « J'ai ensorcelé des pièces pour qu'elles changent toutes en même temps si quelqu'un modifiait l'une d'entre elles. C'était plus facile pour organiser nos rencontres. » Voyant le regard interrogateur qu'il lui portait, elle ajouta « C'était pour un club. Nous avions des emplois du temps si différents que c'était la façon la plus simple de tous nous arranger. »
« Ça aurait demandé bien plus qu'un sortilège Protéiforme » intervint alors Lily en regardant Hermione droit dans les yeux. « Il aurait fallu que tu le modifies pour que chaque pièce puisse être utilisée afin de changer les autres. »
« C'était la partie épineuse » reconnut Hermione.
« Je n'y crois pas un instant. » marmonna Snape.
« Moi si » s'exclama un Slughorn enthousiaste en la regardant, l'air appréciatif. « Le Professeur Flitwick m'a dit que vous étiez déjà plus que compétente dans l'exécution du sortilège de remplissage alors qu'ils ne sont pas enseignés avant votre sixième année ! »
Snape se tourna pour regarder Hermione avec ce qui semblait être une sincère curiosité bien qu'il soit toujours aussi morose et silencieux. « Tu connaissais aussi l'Aguamenti quand nous étions en retenue » dit-il en glissant un regard en direction de Slughorn. « Ce n'est pas enseigné avant la sixième année non plus. »
« Et voilà, vous avez compris ! » s'exclama Slughorn en leur adressant un sourire rayonnant avant de se resservir une large portion de boudin noir.
Hermione semblait particulièrement fière d'elle désormais et se resservit en tourte. Se rappelant du moment où elle l'avait giflé en retenue, elle décida de tenter à nouveau d'enterrer la hache de guerre. « Cependant, tu es bien meilleur que moi en Potions. » Il la regarda en haussant un seul de ses sourcils. Hermione, l'espace d'un instant, cru reconnaître son futur-lui et développa, « Tu es très intuitif sur ce qu'il est possible de faire ou non. »
« Il l'est en effet, Miss Granger » dit joyeusement Slughorn en s'appuyant contre le dos de sa chaise. « Imaginez que la première fois où je lui ai demandé de me préparer une Goutte du Mort-Vivant, il a fait un travail absolument parfait. Il n'y avait pas un seul reflet de couleur alors que les instructions du livre y mènent forcément. De toutes mes années en tant que professeur, je n'ai jamais vu un seul autre élève avec une telle affinité pour les potions. »
Snape semblait désormais mal à l'aise mais ne contredit pas ces propos.
« Quant à vous, Miss Evans… » L'air de rien, Slughorn était passé d'Hermione à Snape puis à Lily. Hermione se tourna vers Hestia puis Snape qui la fixaient tous les deux.
« Qu'est-ce qu'il y a ? » demanda-t-elle.
Hestia faisait de son mieux pour cacher qu'elle ricanait mais échouait lamentablement. « Tu as eu une retenue ? Tu n'es même pas élève ici depuis deux semaines ! »
« En fait, j'ai été mise en retenue après deux jours de cours. » avoua Hermione en souriant honteusement.
« Ça doit être un record… en fait non » se corrigea-t-elle en y repensant. « Je crois bien que James et Sirius ici présents t'ont battue à ce jeu-là. Ils ont été mis en retenue durant tout un mois après le Festin de Bienvenue durant leur troisième année. »
« Qu'est-ce qu'ils avaient fait ? » demanda Hermione, horrifiée. Dans son dos, Snape fit un léger sourire en coin.
« Ils ont soudoyé Peeves pour qu'il sème la pagaille dans les cuisines » expliqua Hestia avec un sourire entendu. « D'après Nick-Quasi-Sans-Tête, ça ressemblait à un vrai bain de soupe et les Elfes de Maison n'ont plus jamais été les mêmes depuis. »
« Tu n'y étais pas ? »
« J'étais à l'Infirmerie » dit-elle « J'avais été projetée hors de notre calèche. Je n'ai rien vu venir. » Elle semblait réellement déçue. « J'ai loupé le spectacle. »
Hermione secoua la tête, incrédule, se rappelant que la même chose s'était produite durant sa quatrième année.
'Oh, rien d'inhabituel', avait dit Nick-Quasi-Sans-Tête en haussant les épaules, 'Il a semé la pagaille sur son passage, éparpillé poêles et casseroles dans tous les coins, transformé le sol en bain de soupe et terrorisé les Elfes de Maisons…'
Hermione se demanda un instant si Peeves n'avait pas pour habitude de suivre les suggestions des farceurs les plus inventifs de Poudlard. Le fantôme de Gryffondor avait paru si nonchalant, ça semblait évident.
Hermione n'était bien entendu jamais allée à l'un des dîners de Slughorn et n'avait donc pas la moindre idée de leur déroulement habituel. Une heure après qu'ils aient commencé à manger, alors que tous reposaient contre le dos de sa chaise, l'estomac plein, la nourriture disparut subitement tout le monde commença à se lever. Slughorn s'installa au plus près du feu, dans l'un des confortables fauteuils qui s'y trouvaient et Hermione, voyant les autres élèves s'installer confortablement dans les canapés, se leva à son tour. Certains restaient debout mais à proximité des canapés ou négligemment appuyés contre le mur. Il fallait dire que les places étaient rapidement prises. Hermione échoua sur l'un des accoudoirs.
De nouveaux sujets de conversation furent amenés. Slughorn était dans son élément, assis sur son trône de velours mauve.
Snape était parmi ceux qui étaient restés debout, près de la cheminée. Il paraissait à la fois effacé et mis en relief par la lumière de la cheminée et Hermione trouvait cela intriguant. Il dominait tout le monde, étant facilement le plus grand de l'assemblée, et, avec ses mains fourrées dans les poches, il avait vraiment l'air menaçant. Il se tenait aussi loin que possible des Gryffondors mais maintenant qu'ils étaient tous installés en demi- cercle, Hermione pouvait l'observer librement afin de déterminer si ce que James et Sirius lui avaient dit était vrai.
Elle fut choquée de constater que ce qu'elle voyait confirmait leurs dires. Snape avait les yeux rivés sur Lily qui était assise au bord du canapé le plus proche de Slughorn, avec qui elle débâtait de façon animée du dernier devoir de Potions qu'il leur avait donné. James avait réussi à obtenir la place juste à côté d'elle et quoique celle-ci se retourna parfois pour débattre d'un point que son intelligent voisin à lunettes introduisait, il était plus qu'évident que Lily faisait tout son possible pour ne surtout pas poser les yeux où que ce soit près du Serpentard au nez crochu. Elle l'évitait. Snape au contraire, ne la quittait pas des yeux.
Hermione avait l'impression de s'être trouvée propulsée au Pays des Merveilles, où on lui aurait dit qu'elle se trouvait en fait dans le monde réel et que tout le reste n'était que pur fantasme… et d'apprendre que c'était effectivement la vérité. L'attention de Snape de dévia pas de Lily qui quant à elle faisait de son mieux pour faire comme s'il n'était pas là, bien qu'Hermione sache qu'elle en était pleinement consciente.
Plus elle observait, plus elle était convaincue que James et Sirius lui avait dit la vérité.
La soirée avançait et l'assemblée s'était divisée en petits groupes pour parler en privé et Hermione se surprit à faire quelque chose qui s'apparentait à vouloir chatouiller un dragon endormi elle se dirigea vers lui. Il n'avait pas bougé d'un centimètre depuis qu'ils étaient sortis de table. Elle s'assit sur le rebord du tabouret ottoman placé devant la cheminée, si elle devait se mettre dans une situation désagréable, il n'y avait aucune raison de ne pas, au moins, s'installer confortablement.
Son regard oscilla de Lily à elle puis à nouveau sur Lily avant de détourner le regard à contrecœur pour poser les yeux sur Hermione.
« Tu as eu les notes dont tu avais besoin ? » C'était une façon bien pitoyable d'engager une conversation selon Hermione, mais elle le fit néanmoins.
Il renifla dédaigneusement. « De toute évidence. » Il marqua une pause avant de tourner le regard pour fixer le feu, puis Lily, avant de murmurer « Merci. »
Hermione leva les yeux vers son ancien et futur professeur de Potions, essayant de comprendre le mystère qu'il représentait. En tant qu'enseignant, elle n'avait vu en lui qu'une figure d'autorité et plus récemment, un fidèle membre de l'Ordre. Cependant, l'image qu'elle avait de lui était si froide et si distante que ce n'était qu'en le voyant, ici et maintenant, qu'elle comprenait finalement certaines choses sur lui qui avaient été jusqu'alors aussi insondables qu'une énigme. En fait, ce n'était pas sans rappeler l'énigme qu'il avait créée pour garder l'accès à la pierre philosophale lors de sa première année quoiqu'à première vue déconcertante et frustrante aux yeux de Harry, elle s'était éclaircie quand Hermione avait pris le temps d'essayer de la comprendre et la résoudre.
Elle s'apprêtait à ouvrir la bouche lorsqu'il la coupa.
« Tu portes des vêtements Moldus. »
C'était un tel changement de sujet qu'il déconcerta un instant Hermione, mais elle se ressaisit rapidement. « Oui. »
Il la détailla un instant du regard, ses lèvres formant un rictus méprisant avant d'ajouter « Tu es une Née-Moldue. »
Hermione leva le menton pour lui faire face directement. « Et tu en es venu à cette brillante conclusion en te basant sur le fait que je porte un jean et un pull sous ma robe ?
Elle n'était pas si offensée que ça, pas vraiment. Comparé à combien il avait été changeant et mesquin lorsqu'il avait été son professeur, c'en était presque plat.
« Pour quelle autre raison porterais-tu des vêtements Moldus ? »
« Peut-être que j'ai été élevée dans un milieu majoritairement Moldu, » dit Hermione avec désinvolture. « Peut-être que je trouve simplement que les vêtements Moldus sont plus confortables… question de goût. Ou peut-être que tu as raison et que je suis Née-Moldue, je ne vois pas la différence. » ajouta Hermione en le regardant franchement. « Mes qualités de sorcière dépendent de mon propre effort, pas de mon héritage. »
Snape la regardait désormais de haut, l'air satisfait, un rictus vindicatif sur le visage.
« Oui » dit-il sournoisement. « Définitivement une Née-Moldue selon moi. »
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Hermione mâchonnait le bout de sa plume, jetant un regard au tableau de temps à autre à autre avant de se replonger dans le devoir évalué que leur avait soumis le Professeur Flitwick. Elle était déjà familière avec le Sortilège d'Allégresse. Elle, comme tous les autres, l'avait appris lors de sa troisième année. Elle soupira et commença à écrire la réponse à la question qui portait sur les mouvements de baguette qui lui était associés.
Elle était revenue de la soirée de Slughorn à la fois revigorée et intriguée, mais aussi fortement perturbée.
Elle avait toujours jugé les gens. Elle avait jugé Harry et Ron comme étant des amis dignes de confiance dont les seuls torts étaient l'imprudence, l'emportement et l'insouciance typique des garçons. Elle avait jugé le Professeur Lupin suffisamment digne de confiance pour que, durant sa troisième année, elle garde son secret bien qu'elle ait craint durant un long et insoutenable moment, cette fameuse nuit dans la cabane hurlante, avoir fait une erreur.
Des erreurs, elle en avait fait. Elle s'était trompée au sujet de Lockart, qui était dès lors devenu aux yeux d'Hermione, le premier exemple du fait que l'on ne doit jamais se fier aux apparences, aussi belles soient-elles parce qu'elles vous font souvent oublier de regarder ce qu'elles dissimulent. Elle s'était aussi trompée au sujet de Maugrey durant sa quatrième année, elle lui avait fait confiance, elle ne s'était jamais méfiée. Dumbledore s'était lui aussi laissé abuser et parce qu'Hermione n'avait pas pensé à se montrer suspicieuse, elle avait reproduit son erreur.
Quant au Professeur Snape, elle l'avait constamment gardé à l'œil durant toutes ses années d'études. Il était incroyablement malveillant et pourtant, il s'était montré sous un tout autre jour à plus d'une occasion lorsqu'il avait fallu secourir Harry ou, dans certains cas, d'autres élèves. L'incident du balai durant leur première année, lorsqu'elle avait pensé que Snape cherchait à ensorceler Harry plutôt que de le sauver, s'imposa alors à elle. Durant leur deuxième année, Snape avait été celui à préparer le Filtre Régénérant à la Mandragore pour les élèves pétrifiés, elle y comprit. Pendant sa troisième année, il s'était délibérément interposé entre eux et un homme qu'il pensait être un meurtrier accompagné d'un loup-garou hors de contrôle et lors de leur quatrième année, Snape s'était précipité avec Dumbledore et McGonagall au secours de Harry qui avait été à un doigt de se voir assassiner par l'imposteur-Maugrey. Il avait alors fourni le Véritaserum et dévoilé sa Marque des Ténèbres dans l'espoir de convaincre le Ministre, qui refusait obstinément de croire au retour de Voldemort.
Toutes ces choses avaient permis de renforcer en elle l'idée que Snape, qui n'avait que la confiance de Dumbledore à son avantage, était digne de confiance. Elle pensait sincèrement qu'il travaillait pour l'Ordre et elle savait désormais pourquoi il avait accepté de rejoindre Dumbledore. Pour Lily. Son affection pour Lily et son inévitable décès lui donnerait plus de raisons que nécessaire pour œuvrer aux côtés de ceux qui tentaient de détruire son assassin plutôt que de servir le fou qui l'avait tuée. Il y avait sans doute plus à cette histoire qu'elle n'en savait désormais, mais elle avait rassemblé suffisamment d'éléments pour avoir une meilleure vue d'ensemble.
Mais à cette époque, samedi soir dernier, elle avait rencontré un garçon de dix-sept ans qui n'avait pas de telles motivations. Elle avait l'impression qu'il n'était poussé que par son propre intérêt et cette idée l'effrayait autant qu'elle aiguisait sa curiosité.
Elle tournait ses réflexions dans son esprit, essayant de lier les indices qu'elle avait en mains. Elle avait eu l'intention de rester aussi loin que possible de lui, mais découvrait finalement qu'elle ne le voulait pas vraiment. C'était un con désobligeant, caustique et capricieux, mais il était aussi incroyablement intelligent et rusé. Hermione était à la fois captivée par cette première facette de sa personnalité et prudente quant à la seconde et dans cette époque où elle était son égale, elle se débattait pour le comprendre.
Mais il demeurait un vrai con !
La cloche sonna et elle ramassa ses affaires pour se rendre en Arithmancie. Elle croisa plusieurs personnes sur le chemin, des élèves qui lui étaient désormais familiers. Dirk Cressweel la salua d'un geste de la main juste avant de s'engager dans un autre couloir, devant aller en Etude des Moldus. Hestia Jones l'accompagna sur une partie du chemin et elles discutèrent avec animation jusqu'à ce qu'elle doive emprunter un autre escalier pour rejoindre la classe de Défense.
Lorsqu'Hermione arriva en Arithmancie, elle vit que les bureaux avaient été repoussés dans un coin de la classe, empilés les uns sur les autres. Le Professeur Vector se tenait quant à elle entre les deux tableaux qu'elle utilisait pour faire ses deux classes simultanément, les bras croisés.
Elle attendit que tout le monde soit arrivé, tandis que ceux qui étaient déjà là tournaient dans la salle ou s'installaient contre un mur, puis commença.
« Nous allons faire quelques exercices en commun pour réviser en vue des examens, aujourd'hui. » leur dit-elle énergiquement, s'assurant d'avoir leur attention. « Trouvez votre voisin habituel et mettez-vous ensemble. » Tout le monde s'empressa d'obéir. Hermione trouva Snape et, ignorant le regard mauvais qu'il lui lança, le rejoignit. « Je vais écrire les problèmes au tableau. Chaque élève de l'équipe qui les aura tous achevés en premier, correctement bien entendu… » dit-elle en laissant tomber son regard sur deux élèves dont Hermione se souvenait avoir entendu qu'ils avaient gribouillé n'importe quoi avant de rendre leur dernier devoir. Ceux-ci ricanèrent. « … repartira avec cinquante points pour sa Maison. »
Hermione et Snape se regardèrent avant de reporter leur attention sur Vector.
« Asseyez-vous par terre, à l'écart des autres, et sortez un parchemin vierge. » Il y eut alors des bruits de froissement et de frottement tandis que chacun s'asseyait en sortant un bout de parchemin pour travailler. Hermione sortit son livre d'Arithmancie pour l'utiliser comme support et s'empara de sa plume, prête à commencer. Vector tapa sur le tableau et dix problèmes s'y inscrivirent d'eux même. « Allez-y. »
« Ok, alors écoute, » fit Hermione en recopiant le premier problème, qui demandait d'identifier la valeur numérique magique d'une fibre de cœur de dragon et d'expliquer comment cela pouvait être utilisé pour prévoir son efficacité en tant que conducteur magique lorsqu'on le combinait à d'autres éléments. « On sait que la fibre de cœur de dragon a une valeur comprise entre trois et quatre, selon si elle est de plus ou moins bonne qualité. C'est ce qui en fait le cœur le plus commun pour les baguettes, donc si… »
« J'ai déjà trouvé. » la coupa net Snape en notant sa réponse sur son propre parchemin. « Si tu as un élément équivalent à un nombre, qui une fois ajouté, donne une valeur totale de sept, tu dois trouver une fibre de cœur de dragon dont la valeur complète celle de l'autre élément, du bois par exemple. »
« Oui, c'est ça… »
Ils continuèrent avec les problèmes suivants de la même façon. Cependant, arrivé à la question cinq, Snape fut incapable de donner une réponse immédiatement. C'était une question portant sur la valeur numérique ajoutée des objets métamorphosés, plus précisément un serpent, et il leur fallu un bon moment pour réaliser une représentation graphique du problème et de sa possible combinaison. Lorsqu'ils voulurent appliquer leur résultat au problème, ils se trouvèrent malheureusement avec deux réponses très différentes.
« Ecoute, le problème concerne la valeur ajoutée d'un serpent métamorphosé opposée à celle d'un véritable serpent. » siffla Snape, faisant tout son possible pour garder sa voix basse. « Peu importe la valeur concrète du vrai serpent ! »
« Bien sûr que c'est important ! » siffla à son tour Hermione. « Tu ajoutes la valeur du serpent métamorphosé à la vraie pour obtenir la valeur combinée finale… dans ce cas précis, il s'agit d'une valeur ajoutée donc arithmétiquement, le serpent métamorphosé vaut trois fois moins que le vrai, ce qui explique pourquoi on passe de sept à quatre ! »
« C'est onze, Granger, pas quatre ! Il n'y a aucune valeur négative dans cette équation arithmétique ! »
« Et moi je te dis que tu as tort ! »
Snape perdit patience, ou tout du moins la faible maîtrise qu'il avait et frappa du plat de la main sur le parchemin d'Hermione. « Tu n'es qu'une insupportable je-sais-tout ! »
« Et toi tu n'es qu'un con têtu et incompréhensible ! » cria-t-elle en se redressant. « Je te dis que je sais que j'ai raison et je refuse d'avoir faux parce que tu n'es qu'un enfoiré obstiné ! »
« Si on continue à se disputer là-dessus on va être à court de temps, espèce d'idiote … »
« Je vois difficilement comment je peux être qualifiée d'idiote lorsque tu es celui qui a presque confondu les valeurs de l'érable et du bouleau dans le dernier problème. »
Le visage de Snape vira au violet sous le coup de la colère. Hermione quant à elle avait les cheveux qui commençaient à friser alors que sa frustration augmentait. Ils étaient presque nez à nez désormais et il était difficile de savoir qui attaquerait le premier. Ils étaient tous deux si fermement déterminés à avoir raison que les mots seuls ne seraient pas suffisant pour permettre à l'un d'entre eux de prendre le dessus sur l'autre.
Hermione fut la première à abandonner. Serrant les dents, elle reprit aussi calmement qu'elle le pouvait. « Snape, un serpent métamorphosé a la valeur originale de sept diminuée de trois… et quand tu l'ajoutes à la valeur de base, qui est donc sept… » elle s'arrêta subitement « Et merde. »
Snape la fixait, partagé entre l'incompréhension et une colère bouillonnante. Elle reprit. « On avait tort tous les deux. Je me suis emmêlée les pinceaux. La nouvelle valeur du serpent serait quatre et quand tu soustraies quatre du sept de base… j'ai confondu. C'est trois, pas quatre. Ce qui fait un total de dix. »
Il recula, porta les yeux sur l'équation, puis sur elle avant de d'écrire le bon nombre sur le parchemin qu'ils utilisaient pour leurs réponses.
Elle commença soudain à rire, semblant presque hystérique et elle fut surprise que la classe ne s'arrête pas de travailler pour la dévisager. Voyant le regard que lui lançait son partenaire, elle articula « C'est trop idiot. On a presque eu faux à cause d'une petite erreur de soustraction et on était tous les deux tellement convaincus d'être dans le vrai. »
Snape écrivit le problème suivant et commença à aligner les valeurs nécessaires. « Si j'ai appris quoique ce soit de tout ça, c'est que tu es une insupportable je-sais-tout. »
« Soit en reconnaissant. » répliqua hargneusement Hermione en lisant les chiffres qu'il avait écrits pour les revérifier. « Au moins la moitié de ce qui fait de moi une insupportable je-sais-tout me rend utile. Être un enfoiré obstiné, au contraire… »
« Granger, il t'arrive parfois de la fermer ? » Snape nota la réponse et passa à la dernière question.
« Est-ce qu'il t'arrive parfois de te laver les cheveux ? » contrecarra Hermione en lançant un regard en direction de ses sombres mèches graisseuses.
Snape leva furieusement les yeux vers elle. « Oui, quoique cela ne te concerne en aucune façon. » Pour tenter de la distraire, il tourna le parchemin dans sa direction et le colla juste sous son nez. « Est-ce que ces résultats te semblent corrects ou souhaites-tu faire une critique constructive les concernant ? »
Hermione parcouru brièvement les nombres du regard. « Les animaux albinos on toujours une valeur négative. Le porc-épic devrait être un dix négatif… »
« … donc si tu venais à utiliser une aiguille de porc-épic albinos plutôt que brun dans une Potion contre les furoncles, tu n'aurais plus qu'à courir pour ta vie ou finir sous forme de tâche contre un mur lorsqu'elle finirait par réagir avec les crochets de serpent en poudre. Merci, Granger. » Snape se pencha pour écrire la réponse puis se redressa. « Je crois que nous avons terminé. »
« Attends, il faut que je vérifie… » Hermione se leva pour se saisir du parchemin mais il le mit hors de sa portée.
« Granger, on est quasiment à court de temps… »
« Il est impossible que qui que ce soit ait déjà passé la question huit, laisse-moi juste revérifier ! » Hermione tentait d'attraper le parchemin, mais Snape était bien trop grand.
« Granger, non… Lâche-moi ! »
« Mais si on a laissé passer la moindre faute d'inattention comme on a bien failli le faire avec la question cinq… ! » Hermione avait une main sur son épaule et se tenait sur la pointe des pieds pour essayer d'attraper les réponses. Elle sauta et le faillit l'étrangler en tirant sur sa cravate dans un nouvel effort pour le forcer à se mettre à sa hauteur.
« Tu es complètement folle ! »
« Donne-moi… »
« Assez ! » Hermione et Snape se tournèrent d'un même mouvement alors que le Professeur Vector récupérait leurs réponses des mains de Snape. Celui-ci dû retenir Hermione par l'épaule pour qu'elle ne se jette pas sur leur enseignante. « Miss Granger, ressaisissez-vous ! Mr Snape arrêtez de tourmenter votre partenaire ! Si vous avez fait une erreur, ce n'est pas la fin du monde. » A en juger par l'expression qu'abordait Hermione, il était cependant clair qu'elle était d'un autre avis. Vector examina brièvement le parchemin, le tourna pour contrôler les deux derniers problèmes et le rendit à Snape.
« C'est un excellent travail. Vous avez juste tous deux fait une petite erreur. » leur dit-elle, l'air grave.
« Non ! » gémit Hermione.
« Laquelle ? » demanda Snape en jetant un regard en direction de la Gryffondor, désormais proche l'hystérie.
« Vous avez oublié de mettre votre nom sur votre travail. » Hermione resta bouche bée. Snape lança un regard mauvais au Professeur d'Arithmancie qui lui sourit simplement en retour. « Cinquante points pour Serpentard et Gryffondor. »
Elle retourna à son bureau et Snape reporta à nouveau son attention sur Hermione qui avait l'air sur le point de tourner de l'œil. Il soupira. Se penchant pour ramasser le parchemin qu'ils avaient utilisé pour travailler à la résolution des problèmes, il posa une fois encore les yeux sur Hermione, qui n'avait pas bougé d'un pouce.
« Respire, Granger. » Hermione obéit et inspira profondément, s'étouffant presque. Exaspéré, il aboya « Et par Merlin, arrête d'hyper-ventiler ! »
-o-0-o-
Durant la dernière semaine qui précédait les examens, Hermione pouvait être à coup sûr trouvée à la bibliothèque. Snape avait élu résidence à sa table et tous les deux s'ignoraient royalement la plupart du temps, à moins qu'ils n'aient besoin de s'emprunter quelque chose. Bien souvent, Hermione usait de flatterie pour qu'il la laisse consulter son livre de Potions, pour recouper une information ou pour qu'il lui explique en ses propres termes les raisons derrière telles quantités ou qualités de potions. En retour, elle l'aidait à comprendre certains points parmi les plus précis et subtiles de Métamorphoses et qui n'étaient pas enseignés en classe. L'Arithmancie était le sujet qui les mettait en compétition constante. Ils échangeaient leurs devoirs et débattaient vivement de leurs réponses. Ils haussaient tellement le ton, que la première fois que cela arriva, Madame Pince dû les rappeler à l'ordre.
La fois suivante, Snape lança un sortilège qui parut faire des merveilles pour empêcher d'autres personnes de les entendre. Lorsqu'il refusa de le lui apprendre, ils finirent par se crier à nouveau dessus jusqu'à ce que Snape lui apprenne bon gré, mal gré, le Muffliato en lui disant qu'en échange elle devrait lui apprendre à jeter un Sortilège Protéiforme. Quand ils quittèrent la bibliothèque ce soir-là, ils étaient tous deux satisfaits de ce qu'ils avaient obtenus et étaient persuadés avoir réalisé une meilleure affaire que l'autre.
Cette semaine-là, Hermione fut attaquée deux fois sur le chemin du cours de Potions. Se rendre en classe nécessitait de passer par les donjons, un territoire indiscutablement Serpentard et étant donnée l'affection que lui montraient les trois autres Maisons, les Serpentards semblaient tenir une aversion toute singulière à son égard. Peut-être aussi était-ce parce qu'ils pensaient qu'elle était une Née-Moldue qui avait besoin d'être remise à sa juste place. Peut-être était-ce simplement parce qu'elle était une Gryffondor ou peut-être encore parce qu'ils considéraient qu'elle empiétait sur leur territoire en s'associant avec Snape.
La dernière possibilité aurait en effet pu les offusquer tout particulièrement. La tension entre les Serpentards et les Gryffondors était à son comble avec l'approche des examens et il était un fait avéré que Severus Snape était visé sans aucune pitié par les Maraudeurs. Il était en effet difficile de ne pas s'en rendre compte, à chaque fois qu'elle arrivait quelque part, Hermione avait l'impression de les surprendre à se battre. Ils se battaient dans les couloirs, dans les différentes cours, sur les pelouses qui menaient au cours de Soins aux Créatures Magiques ou encore entre les serres de Botanique. C'était toujours un combat à deux contre un, au plus grand écœurement d'Hermione, et parfois même lorsque Peter passait par là, cela tournait à un trois contre un. Les Maraudeurs le surprenaient le plus souvent lorsqu'il avait le dos tourné et Hermione comprenait désormais pourquoi Snape était parfois absent en Arithmancie. Elle était allée lui rendre visite un après-midi à l'Infirmerie, où elle l'avait découvert, arborant une impressionnante paire de cornes diaboliques, courtoisie de James.
« Vous ne pourriez tout simplement pas faire une trêve tous les trois ? » s'était-elle emportée en tirant rageusement sur ses cheveux.
Snape s'était contenté de la regarder méchamment en croisant les bras contre son torse, ce qui n'avait fait qu'accentuer, associé aux cornes, son air démoniaque.
Le lendemain, ce fut au tour de Sirius de louper son cours de Sortilèges. Il était en effet coincé à l'Infirmerie, sous forme de pingouin, et Madame Pomfresh tâchait de briser l'œuvre de Snape. Hermione avait la sensation que Snape et les Maraudeurs étaient fréquemment patients de Madame Pomfresh qui avait, semblait-il, depuis longtemps perdu la volonté de les sermonner à chaque fois qu'ils arrivaient, victimes d'un nouveau sort qu'elle devrait défaire.
De ce qu'Hermione pouvait voir, ce n'était pas que Snape prenne plaisir à cette guerre contre les Maraudeurs, quoiqu'il n'ait sans doute rien contre l'idée de leur lancer un sort pour se venger, il n'était jamais l'instigateur de leurs affrontements, mais les Maraudeurs ne lui laissaient pas le choix et le cherchaient à la moindre occasion, prenant plaisir à lui faire vivre un enfer. Hermione avait même la sensation que si James et Sirius venaient à se calmer, Snape finirait par simplement prétendre qu'ils n'existaient pas. Il n'avait que faire de leurs querelles et semblait à la limite de la paranoïa à chaque fois qu'elle le voyait. Malheureusement il ne pouvait pas y faire grand-chose.
Les Maraudeurs semblaient ne jamais le laisser aller où que ce soit en paix, sauf s'il était avec Hermione, en guise de faveur à son égard, et cela ne faisait que le pousser à chercher un chemin qu'il pourrait partager avec elle entre les cours.
Lorsqu'Hermione s'en plaignit un soir à Lily, alors que celle-ci jouait aux échecs avec Alice, elle n'accorda pas une once de pitié à Snape.
« Ils se font ça les uns aux autres. » dit-elle en détruisant la reine d'Alice. Il y eut des huées et des sifflets de la part des pièces noires tandis que le cavalier blanc de Lily tirait la pièce récalcitrante en dehors du plateau. « James et Sirius ne le laissent jamais tranquille, mais Severus le leur rend coup pour coup. »
Quoiqu'il en soit, les Serpentards n'étaient pas contents de cette situation et le faisaient savoir.
La première fois qu'elle fut attaquée donc, ses deux futurs agresseurs finirent sous forme de canards inconscients sur le sol des donjons. Pour ajouter à leur malheur, ils avaient aussi été colorés en violet éclatant. La seconde fois, trois Serpentards désorientés avaient dû chanceler jusqu'à l'Infirmerie, une citrouille en guise de tête. James et Sirius avaient hurlé de rire à cela, ayant croisé l'œuvre d'Hermione sur le chemin des cours, Peter semblait ravi de cette humiliation et même Remus laissa échapper un large sourire lorsque James et Sirius lui parlèrent de ceux qu'ils appelaient désormais 'Têtes de Citrouilles'.
Au fil du mois, Remus était devenu plus pâle, des cernes s'étaient formés sous ses yeux et il avait les traits tirés. Hermione y reconnut les signes de la pleine lune qui approchait et ne pouvait faire autrement que de regarder, avec pitié et inquiétude. Ce n'était pas les meilleures conditions pour passer des examens et pourtant, il étudiait avec ardeur, de toute sa volonté. Il n'avait pas le choix. Hermione aurait voulu pouvoir faire quelque chose, quelque chose pour l'aider et lui faire oublier sa douleur, mais c'était une chose hors de sa portée.
A l'heure des repas, il se contentait de picorer et Hermione essayait de l'encourager à manger.
« Tu dois garder tes forces pour les examens, » lui dit-elle le jeudi. Il la regarda, l'air las et désintéressé. « Je sais que tu travailles dur mais tu ne peux pas tenir l'estomac vide. »
L'état de Remus n'avait pas échappé à Snape et quoiqu'il ne dise rien, Hermione pouvait le voir suivre Remus des yeux, l'air obstinément antipathique.
Hermione passa ses examens, menaçant de craquer à tout instant. Toute la semaine, elle fut une vraie épave. Chaque moment d'éveil qui lui restait était consacré à réviser et s'entraîner. Même Snape, qui restait avec elle tard le soir à la bibliothèque, la quitta un jour en lui disant qu'elle aurait dû être placée à Poufsouffle étant donné les cernes qu'elle avait sous les yeux et qui lui donnaient l'air d'un blaireau à perruque.
Hermione s'était acharnée sur son bras à l'aide de son planning en guise de représailles. Lorsqu'il était revenu le lendemain matin pour quelques révisions de dernière minute avant son premier examen, il l'avait retrouvée endormie contre la table, utilisant ses bras en guise d'oreiller. Snape n'était pas altruiste en général mais après leur premier examen ce matin-là, il avait attiré Remus à l'écart et après lui avoir assené une remarque bien placée sur l'état évident de manque de sommeil dont il souffrait, il lui avait dit d'un ton méprisant de faire quelque chose au sujet d'Hermione.
« Soit tu recrutes tes petits copains pour la forcer à dormir un peu soit tu la regardes s'autodétruire et commencer à attaquer les gens au hasard de ses humeurs. » avait-il méchamment dit au loup-garou. « Personnellement, ça ne me dérangerait pas de la voir recourir à cette dernière idée, mais il y a toujours le risque qu'elle s'en prenne à moi plutôt qu'à vous et il faut avouer qu'elle est plutôt douée avec une baguette… »
Ce soir-là, James et Sirius forcèrent Hermione à aller se coucher avant dix heures. Elle se débattit, cria et les maudit sur tout le chemin. Ils lui supprimèrent sa baguette et l'amenèrent de force jusqu'à la tour de Gryffondor, où ils confièrent à Mary et Lily la tâche de s'assurer qu'elle ne veille pas pour réviser.
Hermione était suffisamment énervée pour vouloir les torturer à l'aide du moindre sort de sa connaissance, mais cette envie dura seulement jusqu'à ce qu'elle se réveilla le lendemain sans avoir l'impression qu'elle allait tomber raide de sommeil à la table du petit-déjeuner et ce, pour la première fois en deux semaines. Malgré tout, par précaution, ils ne lui rendirent sa baguette qu'en quittant hâtivement la Grande Salle.
Lorsqu'elle découvrit qu'il s'agissait d'une idée de Snape, elle le coinça à la bibliothèque sur l'heure de déjeuner.
« Moi, je ne recrute pas tes camarades pour te traîner de force jusqu'à un lavabo pour y laver tes cheveux ! » fulmina-t-elle.
« J'aurais aimé voir ça » dit-il avec un sourire satisfait, ne se sentant pas le moins du monde coupable. « Ca devait valoir le coup. »
« Tu n'es qu'un con ! » lâcha-t-elle
« Et toi une insupportable je-sais-tout aux cheveux en pétard » railla-t-il avant d'ajouter d'un ton trainant, « Maintenant que l'on a établi cela, tu vas rester là à fulminer toute l'heure ou tu comptes t'entraîner pour la Métamorphose ? »
Avant même qu'il eut fini de parler, Hermione était déjà plongée dans son livre, ses fiches largement étalées autour d'elle.
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La seconde semaine d'examens s'en alla comme elle était venue et Hermione fut réellement soulagée lorsqu'elle eut terminé son dernier examen pratique le jeudi matin. Lorsqu'au déjeuner les Maraudeurs lui firent remarquer que ses cheveux avaient désormais l'air d'un mélange contre nature entre Méduse et un nid d'oiseau, elle décida qu'il était temps de partir pour prendre une longue douche et faire la sieste.
Elle dormit tout l'après-midi jusque tard dans la soirée et se réveilla uniquement quand quelqu'un vint la secouer énergiquement bafouillant, « Hermione, Hermione ! »
Hermione ouvrit les yeux et se trouva plongée dans le regard noisette d'un James Potter à l'air très inquiet.
« Comment est-ce que tu es entré ici ? » demanda-t-elle en se redressant rapidement.
« Peu importe ! » dit James précipitamment en la saisissant par le bras pour la tirer hors du lit, il semblait réellement désespéré. Hermione chancela un instant, tombant au sol avant de se ressaisir. « J'ai besoin de toi, tu es la seule qui pourrait le convaincre… »
« Qui ça ? »
« Snape ! » siffla James, paniqué. « Sirius lui a dit comment entrer dans le Saule Cogneur… je ne peux pas tout t'expliquer pour l'instant, mais il y a un loup-garou là-dessous et si Snape y entre… ! »
Hermione sentit son sang se glacer.
« C'était juste une farce, une stupide farce, Sirius m'a juré que ce n'était qu'une farce… ! » James était suppliant mais essayait de garder la voix basse pour ne pas réveiller les camarades de chambre d'Hermione. « S'il-te-plaît Hermione, il faut que tu ailles l'arrêter. S'il parvient à entrer dans la Cabane Hurlante, il sera tué et je ne peux pas l'en empêcher ! »
Hermione s'activait déjà. Elle s'empara de sa baguette, jeta l'une de ses robes sur ses épaules par-dessus sa chemise de nuit sans prendre la peine de l'attacher et se dépêcha d'enfiler ses chaussures.
« James, va trouver le Directeur ! » lui ordonna-t-elle en se précipitant vers la porte, « Je vais rattraper Snape ! »
Elle entendit les pas de James qui la suivait dans les escaliers alors qu'elle se hâtait déjà pour sortir par le trou du portrait, ne s'arrêtant pas même lorsque la Grosse Dame s'exclama, surprise, « Attends ! Où est-ce que tu vas à cette heure de la nuit ? »
Elle dévala les escaliers, sa robe s'agitant furieusement derrière elle, et ouvrit brusquement les portes du Grand Hall. Elle sortit vivement dans la cour, illuminée par la pleine lune qui brillait au-dessus d'elle qui se reflétait dans la lumière de la fontaine, et commença à courir en direction du Saule Cogneur.
S'il-vous-plaît, faites que j'arrive à temps… par pitié, faites qu'il ne soit pas trop tard… Snape, espèce d'idiot !
Alors qu'elle avançait, elle aperçut les longues branches du Saule qui s'agitaient telles des massues. Haletante, elle se rendit compte que Snape n'était pas là et qu'étant donné le temps que James avait dû mettre pour aller la trouver et la prévenir, Snape était déjà certainement à l'intérieur…
Elle pointa sa baguette sur le nœud à la base de l'arbre et cria « Stupefix ! »
Un jet de lumière rouge frappa sa cible et l'arbre trembla sous le choc avant de s'immobiliser. Hermione se précipita sous les branches qui bougeaient désormais au gré du vent et sans plus hésiter glissa à l'intérieur. Il faisait sombre, vraiment très sombre, mais elle ne prit pas le temps d'allumer sa baguette, se faufilant aussi rapidement que ses mains et ses genoux pouvaient le supporter. Le temps s'envolait, bien qu'elle ne puisse vraiment savoir à quel point, mais après ce qui lui sembla une éternité, elle vit une légère lueur devant elle, et un peu plus loin, une ouverture vaguement éclairée par la lune.
La lumière s'éloignait lentement, Hermione accéléra. La lumière semblait approcher le bout du tunnel, qui paraissait étrangement calme, mais Hermione savait ce qui y attendait…
Elle ne pourrait pas y arriver à temps. Récupérant sa baguette, coincée entre ses dents pour qu'elle puisse ramper, elle la pointa en direction de la lueur devant elle.
« Accio Snape ! »
Il y eut un cri d'effroi, suivit du son distinct de quelque chose qui frottait violement contre les parois de l'étroit tunnel et une paire de jambes vint frapper les bras d'Hermione, la faisant s'écraser dans une position peu décente sur Snape. Il massa ses tempes, visiblement douloureuse. Sa baguette avait atterrit à plusieurs mètres de là où ils se trouvaient.
« Aïe… qu'est-ce qui c'est… qui est là ? » demanda-t-il en essayant vainement de se retourner.
« Chut ! » siffla Hermione « C'est moi, sombre imbécile ! »
« Qu'est-ce que tu viens foutre ici, Gran… Argh ! »
« Je suis venue sauver ton misérable derrière ! » répliqua hargneusement Hermione en s'emparant de ses cheveux. Il laissa échapper une nouvelle exclamation de douleur alors qu'elle tirait sa tête en arrière « Il y a un loup-garou là-dedans, pauvre con ! Ce tunnel mène droit à la Cabane Hurlante… là où Remus se rend tous les mois pour ses transformations ! »
« Lâche mes cheveux… comment tu sais … Aïe ! »
« Tu poseras des questions plus tard » grogna Hermione. Elle le frappa à l'épaule et lui indiqua sa baguette, toujours illuminée. « Va récupérer ta baguette, et fais attention ! »
Snape ne protesta pas. Il rampa lentement, ses mouvement étant rendus maladroits du fait de l'étroitesse du tunnel, et récupéra sa baguette. Il s'apprêtait à faire demi-tour lorsque la lumière à l'extrémité du tunnel disparut soudainement. Il y eut un gémissement, suivit par le son de quelque chose qui grattait contre le sol. Hermione sentit sa respiration s'accélérer alors que Snape se retournait et se trouva face à une paire de grands yeux jaunes qui brillaient, se détachant dans l'obscurité, et qui les regardait d'un air menaçant.
Un instant plus tard, Hermione reculait rapidement quand Snape laissa échapper un cri de terreur qui lui hérissa les poils. Il eut soudain un grognement et Hermione constata avec horreur que Remus commençait à creuser furieusement la voie dans leur direction. Il pouvait désormais se tenir, malgré sa taille, à l'endroit où Snape s'était trouvé peu avant et Hermione déglutit difficilement en réalisant que si elle n'était pas intervenue quand elle l'avait fait, il se trouverait à portée du loup… un loup qui l'aurait alors attrapé tel un chien tirant un lapin de son trou pour le malmener mortellement.
Elle recommença à reculer, filant aussi vite qu'elle le pouvait pour essayer d'échapper aux grognements atroces qui provenaient de l'ouverture un peu plus loin devant eux. Elle pouvait bouger bien plus vite que son camarade étant donnée sa petite taille et elle arriva rapidement à un endroit où elle pouvait pivoter. Elle se démena pour se mettre sur le côté et pointa sa baguette sur le sol.
« Glisseo ! » Le sol devint brusquement lisse sous Snape et elle redirigea sa baguette sur lui. « Accio ! »
Il cria à nouveau d'effroi alors qu'il était tiré le long du tunnel, désormais parfaitement lisse. Hermione recula pour qu'ils n'entrent pas en collision comme quelques instants auparavant. Ils étaient sains et saufs, même s'ils pouvaient toujours voir le loup-garou se démener contre les parois pour tenter de les atteindre. Elle se tourna à nouveau et reprit tant bien que mal son chemin vers la sortie dans le passage exigüe dont elle disposait. Snape l'imita. Elle l'entendait grogner de douleur lorsqu'il se cognait la tête.
« Aller, sortons d'ici. » lui dit fébrilement Hermione en essayant de contrôler les battements de son cœur alors que Remus hurlait de rage dans le passage. Les cheveux à l'arrière de sa tête, et le moindre poil qu'elle avait sur le corps, se hérissèrent. Snape ne dit rien, mais elle l'entendait ramper derrière elle.
La lumière au bout du tunnel, cette fois-ci au pied du Saule Cogneur, apparut enfin. Soulagée, Hermione se glissa par l'ouverture et appuya vivement sur le nœud à la racine de l'arbre pour empêcher qu'il ne les tue à leur sortie. Elle aida Snape à s'extraire du trou en le tirant par les épaules. Elle fut surprise de ne pas le voir protester. Elle croisa un instant son regard et vit qu'il était dilaté par la peur. Il ne dit pas un mot, il resta simplement à genoux dans l'herbe qu'il serrait entre ses poings blanchissants, fixant le sol.
Hermione restait assise, tâchant de reprendre ses esprits, l'arbre commençait à s'agiter dangereusement et elle tira donc sur sa manche pour attirer son attention.
« Aller, viens » dit-elle faiblement en se relevant et l'aidant à en faire de même. « Il faut qu'on s'en aille d'ici. »
Il ouvrit sa bouche dans l'intention de dire quelque chose mais tout ce qui en sortit fut un gémissement et plutôt que d'essayer de retrouver sa voix, il hocha la tête en réponse. Elle mit son bras sur de ses épaules pour le soutenir et l'aida à avancer en direction du Château. Ils étaient tous deux salement écorchés et couverts de terre et d'herbe.
Ils traversèrent le parc, encore bouleversés, en direction de la fontaine de pierres, où se tenait Dumbledore. En plissant les yeux, elle put voir grâce à la lumière de la lune qui brillait toujours dans le ciel, qu'il était accompagné du Professeur McGonagall, James Potter et Sirius Black. Ils montèrent maladroitement les marches et Hermione aida Snape à se laisser glisser au sol, sur ses genoux.
Elle se relava ensuite et se dirigea à grand pas vers Sirius, qui, pour la première fois depuis qu'Hermione l'avait rencontré, abordait un air incertain. Il semblait avoir finalement pris conscience de la gravité de ses actes, quoiqu'un peu trop tard au goût d'Hermione qui le frappa violemment en arrivant près de lui. Il tomba au sol, se tenant le côté du visage.
« Espèce d'idiot ! » hurla-t-elle. James s'empressa d'attraper son bras pour la retenir de frapper à nouveau Sirius, bien qu'il sembla penser que celui-ci méritait son sort. « Espèce de profond, complet et total idiot ! » Sirius la regarda, les yeux emplit de peur face à son allure sauvage et débraillée. « Il aurait pu être tué ! Et tout ça à cause d'une farce incroyablement stupide! »
« Hermione, c'en est assez ! » déclara fermement le Directeur. Il était à côté de Snape, qui semblait inconscient de ce qui se passait autour de lui. Il regardait le sol, l'air choqué. Dumbledore se baissa et leva précautionneusement le menton de Snape, constatant qu'il avait les pupilles dilatées et plus une seule couleur sur son visage quasi-fantomatique.
« Minerva, emmenez s'il-vous-plaît Miss Granger et Mr Snape à l'Infirmerie » demanda-t-il en se redressant. « Messieurs Potter et Black, je veux vous voir dans mon bureau à la première heure demain matin. En attendant, vous retournerez dans votre Salle Commune. » Il leur jeta un regard par-dessus ses lunettes en demi-lunes et les deux garçons acquiescèrent vivement. James aida Sirius à se relever et le Professeur McGonagall, qui regardait Hermione et Snape avec une expression proche de l'horreur sur le visage, s'approcha pour aider Hermione à remettre Snape sur ses pieds. Hermione passa à nouveau son bras autour de ses épaules et suivit silencieusement sa Directrice de Maison dans le Château, à quelques pas seulement derrière les Maraudeurs.
« Je ne peux pas croire que vous vous soyez ainsi précipitée ! » dit gravement Minerva dès qu'ils furent à l'intérieur. Elle était pâle et semblait-elle aussi, en était de choc. « J'aurais espéré un peu plus de bon sens de votre part ! Vous auriez dû venir me trouver avant toute chose ! »
« Il le fallait. » couina Hermione, la gorge sèche. Sa voix ne semblait plus répondre correctement. « Il était presque trop tard. J'ai envoyé James trouver le Directeur pendant que j'allais à sa poursuite. » Elle leva les yeux vers le Professeur McGonagall, implorante. « Ce n'est pas la faute de Remus, Professeur. Quoiqu'il arrive, ne le renvoyez pas s'il-vous-plaît. »
McGonagall eut l'air surpris mais se ressaisit rapidement. « Bien sûr que non » acquiesça-t-elle en ouvrant la porte du premier étage. Elle ajouta, visiblement secouée « Il ne se souviendra probablement pas de cette nuit. »
Elle entendit Snape marmonner quelque chose à voix basse. Elle tordit le cou pour pouvoir le regarder. « Qu'est-ce que tu as dit ? »
Il déglutit et dit d'une voix rauque « C'est la faute de Black. »
« Oh, non, n'y pense même pas ! » Hermione gronda en rajustant sa prise sur son bras. « Il t'a peut-être tendu la perche, mais tu es celui qui a mordu à l'hameçon ! Et si tu dois remercier quelqu'un d'être encore en vie, c'est James Potter, donc n'essaie pas de le blâmer lui aussi ! »
« Silence tous les deux. » ordonna sévèrement McGonagall alors qu'ils approchaient de l'Infirmerie. Hermione obéit et la Directrice Adjointe frappa à deux reprises avec force contre la porte. « Poppy ! J'ai deux élèves avec moi, ouvrez ! »
La porte s'ouvrit et Madame Pomfresh passa la tête par l'entrebâillement. Son regard alla de Minerva à Snape, puis à Hermione. Elle soupira audiblement en voyant comme ils étaient amochés et ouvrit la porte en grand pour les laisser entrer.
« Que faisiez-vous donc debout à une heure pareille de la nuit ? » exigea-t-elle de savoir tandis qu'Hermione laissait tomber Snape au bord du lit le plus proche avant de s'affaler près de lui.
McGonagall la regarda d'un air las.
« C'est une longue histoire, Poppy. »
Bonsoir tout le monde, je vous souhaite un Joyeux Noël! J'espère que vous aurez apprécié cette journée. Profitez de votre famille, de vos amis. Votre vie est belle, il suffit d'y trouver les belles choses qui la composent et de placer les autres en arrière plan.
N'hésitez pas à laisser une review! Ça me fait tellement plaisir à chaque fois, vous êtes tout simplement géniaux!
