Disclaimer : Game of Thrones n'est pas ma propriété, sinon Lancel serait le roi des Sept Royaumes.
Résumé : C'était décidé, Lancel restait dans notre monde aux côtés de sa protectrice qui l'aimait tant ! Mais comment tout cela va-t-il évoluer quand c'est Kevan qui débarque à son tour dans la ville de Jean Bart ?
Lancel à Dunkerque II : La Belle-Famille !
Chapitre 3 : Lady Lannister
Une semaine s'était écoulée depuis l'arrivée de Kevan dans la ville de Jean Bart et pour le peu qu'il avait vécu, l'homme comprenait pourquoi son fils voulait s'y établir.
Peut-être était-ce à cause de son amie, mais il menait une vie beaucoup plus calme, détendue, une vie simple en somme. Cela lui correspondait bien. Oui, Lancel avait toujours eu de l'ambition et de la prétention. Il était un Lannister, et c'était là des détails qui venaient avec le patronyme. Et à son âge, on pouvait devenir très vite orgueilleux et arrogant. L'orgueil, les Lannister en avaient à revendre, mais l'arrogance était, selon Kevan, le meilleur moyen de se planter une lame dans le pied. Vivre avec Marina, à Dunkerque, lui avait rendu sa modestie. Car enfant, Lancel avait été modeste et timide. Là où Port-Réal cultivait le Lannister, Dunkerque cultivait Lancel et il n'était pas mécontent de ce changement.
La vie que menait Lancel était routinière certes, mais agréable. Il ne se levait ni trop tôt ni trop tard, en général, vers neuf heures. Il semblait avoir développé un goût pour la cuisine, car il s'en occupait souvent, malgré le fait que son amie se proposait souvent pour l'aider. Il aimait tenter et le voir concentré et souriant face à une tâche appréciée lui faisait chaud au cœur. Et il devait admettre que, même si la cuisine de la France était bien différente de ce qu'il pouvait manger à Westeros, elle n'était pas mauvaise et Lancel avait des doigts en or pour la gastronomie. Marina s'occupait du chien, puis du chat. Puis, une fois tout le monde habillé, elle se mettait à son bureau et regardait sur un site nommé Pôle Emploi. Suite à cela, elle envoyait des corbeaux voyageurs invisibles depuis sa machine à touche ou elle rédigeait des candidatures qu'elle postait dans la journée, car apparemment, il existait une institution qui envoyait les corbeaux pour faire gagner du temps aux utilisateurs. Elle s'occupait de ses différents sites, ce qui allait souvent très vite puis elle faisait un brin de ménage. Pendant ce temps, Lancel, qui avait également sa propre machine à touches, faisait ses recherches pour des études ou il lisait. Souvent, son chat venait se nicher sur ses genoux. Un jour, Choupi s'était même couché sur ses pieds alors que Capsule était sur lui.
- Bon, eh bien, comment je fais pour me lever, moi, maintenant ? Avait-il rit
Le deuxième repas avait en général lieu entre midi trente et une heure. C'était Marina qui se chargeait de la vaisselle. L'après-midi était plus consacré à l'achat de denrées alimentaires ou hygiéniques s'il y avait des carences, à l'administration s'il y en avait, aux relations et à la détente. S'il faisait bon, le duo n'hésitait pas à sortir, ne serait-ce que pour le labrador. Mais s'il faisait mauvais, après la sortie de l'animal, ils restaient à l'intérieur et se consacraient à leurs passions. Le repas du soir avait lieu entre sept heures et huit heures trente. Lancel, tout comme Marina, était un oiseau de nuit et il n'était pas rare qu'il aille se coucher vers une heure trente du matin, après une activité quelconque. Kevan ne tenait pas jusque là mais il connaissait son enfant par cœur. Cependant, il restait des mystères qu'il n'arrivait pas à résoudre.
Premièrement, où Lancel dormait-il ? Il n'y avait que deux chambres et l'une d'elles lui avait été prêtée. Logiquement, son fils était dans la seconde, mais dans ce cas-là, où dormait Marina ? A moins que l'un ne dorme par terre ou sur l'une de ces couchettes à une place qu'il avait pu apercevoir dans des magazines...
Mais surtout, la plus grosse énigme qu'il n'arrivait pas à résoudre était la relation entre Marina et Lancel.
Ils étaient proches.
Cela était clair.
Lancel avait laissé tombé le masque et les murs qui entouraient son cœur, il lui faisait confiance, il riait à ses blagues. Ils se taquinaient mais se respectaient. Marina semblait sincèrement soucieuse de son bien-être.
Cependant, ce qui le faisait douter, c'était le regard.
Les regards qu'ils pouvaient se lancer. Elle avait le regard protecteur et chaleureux, lui avait le regard... Aimant ? Ils étaient amis, cela était une certitude, mais cela n'était que la surface et il n'arrivait pas à creuser plus la question. Le soleil était haut dans le ciel et Kevan décida qu'il était temps de se lever...
Et de vérifier cette chambre, car la question lui restait dans la tête.
Il ouvrit discrètement la porte. Il y avait un lit double. Qui dormait par terre alors ? Marina ? Car il voyait son fils de dos, dos nu d'ailleurs... Mais comme il faisait chaud dans cette pièce, il pouvait comprendre. Le bruit de la porte sembla le réveiller, car il se retourna...
Avant de rougir violemment.
Et à ce moment précis, Kevan se sentit mal à l'aise. Il venait d'avoir la réponse à toutes ses questions...
Car nichée dans les bras de son fils, Marina sommeillait encore, et s'il ne voyait rien de son anatomie, il était clair qu'elle était en tenue d'Eve tout autant que Lancel était en tenue d'Adam. La jeune femme se réveilla à son tour, ayant senti Lancel bouger. Elle n'eut aucune réaction, comme figée.
- Navré... Dit-il en refermant la porte derrière lui
Marina était la maîtresse de son fils.
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Les joues en feu, Lancel n'osait plus bouger, pétrifié à l'idée que son père l'ait surpris en galante compagnie. Marina ne disait rien mais il la connaissait, même si elle avait des blagues graveleuses, même si elle écrivait des lemon, même si elle n'était pas spécialement coincée, elle restait pudique. Ce fut elle qui finit par briser le silence.
- Je suis surprise qu'il ne nous ait pas trouvés plus tôt ou qu'il ne m'ait pas entendue...
Lancel rougit un peu plus, la faisant rire. Elle lui caressa la joue doucement.
- Désolée, mais c'est vrai, je ne pouvais pas faire autrement, tu es Eros incarné !
Les pommettes de Lancel étaient écarlates. Marina cessa sa blague et s'adoucit, elle s'approcha de lui et l'embrassa tendrement.
- Il l'aurait deviné d'une manière ou d'une autre. Mais je te comprends, c'est particulier...
Il acquiesça puis se leva pour s'habiller. Une discussion avec son père s'imposait. Il le trouva dans le salon, Choupi lui reniflant les doigts.
- Père ? Tenta-t-il timidement
- Je suis désolé pour tout à l'heure, Lancel. Déclara Kevan
Lancel prit place à ses côtés. Le silence était douloureux et il ne savait pas comment commencer.
- Donc, Marina et toi, vous êtes amants. Lança son père pour briser la glace
- Mieux que cela, Père. Marina est ma future épouse.
Kevan s'était attendu à toutes les déclarations. Que cela n'avait été qu'une seule fois, sous le coup des émotions, qu'ils étaient des amis avec des bonus, qu'ils avaient trop bu mais que rien ne s'était passé. Mais en aucun cas il n'avait imaginé ceci :
Son fils allait se marier.
Que Lancel trouve le bonheur avec une personne de cet univers, cela ne le dérangeait pas, loin de là. Il voulait le bonheur de son enfant. Qu'il se marie loin de lui, encore une fois, cela ne le dérangeait pas. Cela se faisait à Westeros. Non, ce qui le peinait, c'était que Lancel le lui ait caché. Il lui avait parlé de ses études, de ses envies de s'installer à Dunkerque, alors pourquoi avoir caché ce mariage ?! Se marier, c'était l'une des étapes les plus importantes dans l'idée de s'établir quelque part !
- Vous devez être fâché...
Fâché ? Non, il ne l'était pas spécialement. Mais il ne comprenait pas ce qui avait retenu sa langue.
- Pourquoi ne m'avoir rien dit ? Demanda-t-il
Voyant qu'il n'arrivait pas à trouver les mots pour ne pas le blesser, il ajouta :
- De quoi avais-tu peur ? Que je t'empêche de l'épouser ? Que je t'assomme pour te ramener aussi sec à Port-Réal ? Que je la trouve indigne de toi ?
- Un peu de tout ça, j'imagine...
Kevan soupira et se retint de rouler les yeux.
- Raconte-moi plutôt comment tu lui as demandé sa main, au lieu de dire des bêtises.
Un sourire illumina enfin le visage de son fils.
C'était durant le mois de décembre, le 24, le jour de l'anniversaire de Marina. Il lui avait organisé un voyage surprise vers son château préféré : Versailles ! Quant au réveillon et au jour de Noël, ils allaient loger chez la grand-mère de leur ami commun, Pat, qui allait y séjourner en compagnie de son épouse. Il faisait froid, il faisait gris, mais le temple de l'Amour était toujours aussi beau. Marina avait trouvé suspect que leur amie soit partie mais elle reporta son attention sur les jardins. Et une fois au centre du temple, Lancel se plaça face à elle.
- Qu'est-ce que tu fais ? Lui demanda-t-elle, curieuse
Elle n'eut de lui, pour toute réponse, qu'un sourire charmeur. Sous les exclamations surprises des visiteurs, Lancel plongea à genoux face à elle, ses mains dans les siennes.
- Non ! Non ! Non ! Non ! Ca ne peut pas arriver ! Je rêve ! Non ! Paniqua-t-elle mentalement
- Je sais que tu n'es pas pour tout ce qui est cliché ou guimauve, et mes mots risquent de faire tout ce que tu détestes... Aussi, je préfère être court.
Il sortit une boîte et l'ouvrit. A l'intérieur, une superbe bague dorée, à tête de lion.
- Je t'aime. Je t'aime plus que tout. Aussi, m'autoriserais-tu, moi pauvre petit lionceau maladroit et perdu, l'immense honneur ainsi que le droit d'être appelé ton époux ?
Etrangement, Marina ne ressentit alors aucune panique, tout semblait être d'une évidence limpide et claire. Elle se contenta de sourire et répondit doucement, presque dans un murmure :
- A ton avis ?
Avant de dire, plus fort, une fois sa contenance reprise :
- Si tu m'autorises le droit et l'honneur que d'être appelée ton épouse.
Lancel eut un petit rire et il glissa avec délicatesse l'anneau au doigt de la demoiselle. Il se releva et il l'embrassa, sous les applaudissements des touristes. Puis, venant de hauts-parleurs, elle entendit des cris de joie familiers. Elle se tourna. Aux côtés de Pat et de sa colonelle, comme il la surnommait, le frère et le cousin de la jeune fiancée s'étaient dévoilés et ils révélèrent alors la nouvelle surprise :
Ils avaient été filmés et la famille entière de Marina, via Skype, avait pu voir la scène.
François et Samuel embrassèrent la jeune femme et ils partirent, étant attendus dans le Nord pour le réveillon, le premier qu'ils allaient passer sans elle, mais pour la bonne cause. La prenant contre lui par l'épaule, Lancel les regarda partir.
Marina qualifiait, un peu plus tard, cette journée comme l'une des plus belles de sa vie.
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Voyant le sourire éclatant de son fils alors qu'il racontait ce souvenir, Kevan pouvait ressentir toute la force, toute la chaleur mais aussi toute la sincérité dans les sentiments de son fils. Lancel était tombé amoureux, il aimait comme il aimait sa femme et c'était l'une des plus belles choses qu'il pouvait lui souhaiter. Marina l'avait entendu, et elle aussi, semblait perdue sur un nuage heureux à l'évocation de cette journée.
- Eh bien ! Voilà une bonne nouvelle !
Lancel se sentit soulagé, son père approuvait.
- Qui sait ? J'aurais peut-être des petits-enfants bientôt.
Kevan vit Marina se raidir. Elle s'éclipsa le temps de préparer le petit-déjeuner.
- J'ai dit une bêtise ? Demanda-t-il à son fils
- Non, du tout. Répondit Lancel
- Ah... Elle s'est raidie... Mon dieu, je lance les enfants alors qu'elle est peut-être stérile mais désireuse de...
- Loin de là ! On a même intérêt à faire attention, il y a des cas de jumeaux dans sa famille comme dans la nôtre !
Le chevalier regarda son garçon sans comprendre. Qu'est-ce que c'était encore que cette histoire ?
- Marina ne veut pas d'enfants.
- Oui, parce qu'elle ne peut pas ?
- Elle peut. Mais elle ne veut pas.
L'idée de la non-maternité désirée était nouvelle pour Kevan et Marina avait presque envie de rire face à son expression.
- Ser Kevan, je vais faire simple ! Si ça vient, c'est bien ! Si ça ne vient pas, c'est mieux ! Lança-t-elle
Même si elle commençait elle-même à douter de ses mots. Elle n'avait jamais voulu d'enfants, elle ne se sentait pas capable, non pas au niveau de l'éducation, mais au niveau des responsabilités, elle voulait rester libre. Pareil pour le mariage. Elle ne restait pas fermée, après tout, elle avait dit oui à Lancel. Parce qu'elle l'aimait. Et avoir un enfant, en soi, cela ne la dérangeait pas plus que cela, c'était juste qu'elle préférait éviter. Mais un enfant de Lancel... Elle se mordit la langue et s'affaira. Kevan semblait comprendre sa phrase, c'était le plus important.
- Mon dieu, que ce monde est compliqué... Pensa-t-il
Avant de se sermonner. Il avait fait deux énormes boulettes et midi n'était pas encore passé. Cela allait être une longue journée.
A Suivre
