Première rencontre.

Je me réveillai fiévreuse. Mon dernier rêve avait été si réel que je ne cessais d'y penser. Le bonheur qui avait serré mon cœur lorsque je vis enfin l'homme face à moi m'avait semblé si réel et si puissant qu'il m'avait presque fait mal. Mais ce que je n'arrivais pas à me rappeler, ce qui m'obsédait le plus, c'était cette certitude, cette compréhension totale de l'instant qui m'avait saisie, tout à coup j'avais tout compris, tout m'était apparus avec une clarté incroyable. Et en me réveillant cette impression c'était évanouie, j'avais retrouvé l'habituelle pagaille de mon esprit.

C'est donc frustré que je descendis prendre mon petit déjeuner. Betty était déjà partis mais avais laissé un énorme mot me souhaitant un BON COURAGE sur le grille-pain. Et je l'en remerciais car mon rêve de la nuit m'avait fait complètement oublier mon premier jour de boulot. Et la vague de stresse qui me submergea rangea le rêve dans un coin de mon esprit où il se fit gentiment oublier. Renonçant à tout espoir de me nourrir ce matin, je me dirigeai vers la salle de bain où une douche brûlante m'aida à me détendre, de retour dans ma chambre ruisselante et bouillonnante mon armoire ne me fut pas d'un grand réconfort. Je détestais le shopping, je déteste le rose, je déteste ma mère qui m'a remplis mes valises de vêtements achetés en cachette « pour le voyage ». Ainsi je trouvais entre mes chemises et mes pantalons usés, des hauts sans manches d'un joli rose fushia ou des jupes qui ne cacheraient même pas le quart de la moitié de mes fesses. Après avoir jetées la plupart des fringue de ma mère à la poubelle, j'enfilai mes bonnes vielles fripes à moi. Et je fut heureuse en reconnaissant la texture du tissu sur ma peau, c'était tellement rassurant d'affronté l'inconnu en emportant un de quoi se réfugié dans notre passé si sa tourne mal, et l'odeur de ma chemise rouge et noir de mon avant-avant-avant-dernier anniversaire ferrait parfaitement l'affaire.

Je sortis et la vieille mini de Betty m'attendait devant la porte. J'aimais bien cette voiture, elle avait beau être d'un rouge pour le moins ostentatoire, elle avait une tête sympa. Mais il y régnait un froid de canard. Le trajet me sembla beaucoup plus court qu'il n'aurais du l'être et je me retrouvais bientôt à devoir garer l'engin carmin de Betty dans un parking plein de voiture toute plus noire les unes que les autres. Ah qu'il est bon de passer inaperçue…

Devant la porte une blonde qui portait une blouse blanches fumait en me regardant fixement. Je me dirigeai droit vers elle. Elle était extrêmement jolie, ses cheveux étaient très très fins, blond et qui retombaient droit comme des baguettes autour de son visage, je crus au début que ses yeux étaient bleus, mas en m'approchant je remarquais un léger changement entre le droit et le gauche, le gauche était vert foncé et le droit légèrement plus clair ce qui le rendait bleu. Elle était petite et d'une incroyable finesse. Mais malgré son aspect inoffensif elle me toisait comme si elle me défiait de lui faire une quelconque remarque. Je lui fit mon plus beau sourire.

-Bonjour savez-vous où se trouve le bureau des infirmières ? Demandais je sans cessé mon sourire

-Tu dois être Cécilia non ? Répondis t'elle en souriant vraiment cette foi. Je remarquais une légère asymétrie dans son sourire.

-Comment le savez-vous ? Demandais-je surprise qu'elle en sache autan.

-T'es à Forks ici, tous se sais. Et tutoie moi s'il te plaît, au faite je m'appelle Clara

Elle me tendit sa minuscule main. Je la serrai, pas trop fort devant son apparente fragilité.

-Tu en veux une ? Me proposa t'elle en me tentant son paquet de cigarette. J'en pris une sortis mon briquet et l'alluma. La fumée dans ma bouche et dans ma gorge me fit un bien fou. J'avais décidé d'arrêter il y a quelques semaines mais de ce coté là j'avais toujours manqué de volonté.

Clara m'observait.

-Je ne t'imaginais pas comme ça, dit-elle tout à coup.

Je soupirais. Evidement une fille an Francisco pour les habitants de Forks c'était une nana blonde, bronzée, quelques tâche de rousseur, une sportive invétérée et un moulin à paroles. Moi, j'étais petite, brune, pâle, ennemie de tous sport et associable au possible. Pas de chance.

-Désolé de ne pas avoir le profil type, répondis-je énervée.

Elle ne se formalisa même pas de mon impolitesse, elle sourit juste.

-Je te pardonne, répondit-elle. Bon on rentre ?

Mon stress repartit de plus belle.

-Fais moi visiter, proposais-je, en tentant de cacher l'inquiétude de ma voix.

Elle la perçut tout de même et me fit un sourire encourageant.

Nous pénétrâmes dans le hall de l'hôpital. L'endroit était étonnement grand, une grande verrière couvrait le mur du fond ; celle-ci donnait sur l'immense foret qui entourait les bâtiments. Je ressentis un certain soulagement, d'un certain coté tous les hôpitaux se ressemblait- les mêmes peinture pastel sur les mures, les mêmes portes verte ternes, la même odeur de médicaments – me retrouver dans un environnement si familier me rassura. Je me détendis.

L'hôpital était construit en U, entouré de grands sapins et juste en face de l'autoroute, il si situait entre Forks et son voisin (dont le nom, compliqué, refusait de rentrer dans mon esprit). Clara me fit visiter l'ensemble des bâtiments, qui me semblèrent minuscule comparée aux immenses structures de San Francisco.

Clara me présenta la plupart de mes nouveaux collègue dont j'eu du mal à retenir tous les noms, je remarquais surtout une Olivia aux long cheveux bruns et l'air hautain, une petite blonde survoltée nommée Johanna et une grande fille pâle au long cheveux noirs et lisse, Nadine, je crois, qui ne me parla pas beaucoup mais me transperça de son regard gris.

La visite dura toute la matinée, et ce ne fut que lorsque mon ventre se mit à gargouiller que Clara envisagea qu'il serrait temps d'aller manger. Elle m'entraîna vers une double porte du même vert pastel que les autres, celle-ce s'ouvrit sur une petite pièce au murs blanc, il n'y avait une longue table au bout où étaient assis deux hommes en blouse blanche qui déjeunaient en parlant à voix basses.

-La salle des infirmiers, déclara fièrement Clara.

Je n'avais pas apporté de déjeuner, mais Clara me proposa de partager le sien. Ce que j'acceptais avec reconnaissance vu que je n'avais rien manger depuis la veille. La salle qui au début était presque déserte et silencieuse (pour notre plus grand bonheur à Clara et à moi, étrangement je me mettais à apprécier Clara, alors que je ne m'étais pas vraiment attendue à me faire une amie ici, Clara n'étais pas le genre de fille qui parlait sans cesse, se faisant un devoir de meubler la conversation, enchaînant idioties sur idioties, elle était calme et tranquille, ce coté me plaisait), se remplit peu à peu. Pour mon plus grand déplaisir je me retrouvais assise à coté d'Olivia, flanquée de deux autres filles que je n'avais pas encore rencontrées, celle-ci s'était jetée sur la chaise à coté de la mienne dés qu'elle m'avait aperçu.

-Alors c'est toi la nouvelle ? Me demanda t-elle dés qu'elle fut assise. Elle n'attendit pas ma réponse. Moi c'est Olivia Stewart. Alors comment tu trouves Forks ?

-Heu… Je ne sais pas vraiment tu sais, je suis arrivé hier…

-C'est vrai, répondit-elle précipitamment. Tu viens de San Francisco c'est ça ? Oh j'adorerais aller là bas ! Ça doit être si beau …

Mon regard exaspéré croise celui, tout aussi exaspéré, de Clara et nous rîmes sans bruit. Je laissai Olivia poursuivre son monologue toute seul. Elle parlait déjà depuis une bonne dizaine de minutes lorsque j'entendis un mot qui m'interpella plus que les autres.

-Cullen ? Répétais-je, cherchant pourquoi ce nom m'était familier.

-Bah oui, le docteur, me répondit-elle comme si c'était absolument évident.

-Oh j'en ai déjà entendue parler. La conversation avec Betty hier m'était revenue en mémoire.

-Évidement ! Qui n'en a pas entendue parler ?

-Mais qu'as t-il donc de si spécial ce Dr Cullen ? Demandais-je intrigué par la réaction de la moitié des filles de la table qui écoutaient notre conversation, chacune d'entre elle avaient rougies légèrement quand son nom avait été prononcé et plusieurs avaient portées leurs mains à leur cœur en m'entendant poser une question pareille.

-Qu'est-ce qu'il à ? Mais ce type c'est… un dieu ! (Je levais les yeux au ciel) Mais ne lève pas les yeux comme ça ! C'est vrai …

Tout à coups les trois blouse blanche s'arrêtèrent de parler, elle fixait un point lumineux du tableau qui venait de s'éteindre.

-Ah, murmura la brune (Olivia ?), tu vas voir Cecilia, il arrive.

Les deux autres se regardèrent, l'une passa machinalement la main dans se cheveux blond qui tiraient plus sur le jaune pisseux qu'autre chose, tandis que l'autre fille ouvrait et refermait la bouche sans un mot, les yeux écarquillés.

L'atmosphère dans la pièce changea presque instantanément tandis que la rumeur de l'arrivée imminente du docteur Cullen se propageait d'infirmière en infirmière. Même Clara à mes cotés se racla la gorge manifestement anxieuse.

Pour ma part je trouvais cela un peu ridicule, il était peut être beau mais de là à chambouler tout une assemblé, pourtant partout où mes yeux se posaient les filles se redressaient, se recoiffaient machinalement, se jaugeaient les unes les autres.

Ridicule.

Des pas résonnèrent dans le couloir et je sentis mon cœur se serrer dans ma poitrine, gagnée moi aussi par l'effervescence générale.

Les portes battantes s'ouvrirent à la voler, pour laisser passer la créature la plus incroyable qu'il m'ais été jamais donné de voir dans ma vie.

L'homme qui venait d'entrer dans la pièce n'était pas beau, il était au delà du beau.

Au delà de tout.

Irréel. Oui il était irréel.

Il était impossible que pareille beauté puisse exister.

Chacun de ses traits étaient d'une splendeur inhumaine et dévastatrice. De ses cheveux d'or aux mèches souples qui retombaient devant ses grands yeux aux pupilles mordorées, jusqu'à sa peau diaphane, en passant par l'arête fine et parfaite de son nez, tout en lui n'était que magnificence.

Jamais je n'avais vu pareil visage, sauf peut être sous les doigts agiles d'un peintre tentant de représenter un ange ou un dieu.

Je restais sans voix. Ses yeux topaze venaient de se poser sur moi, ses iris semblables à de la lave en fusion me réduire au silence, à l'impuissance, à l'immobilité.

Mon cœur rata un battement. Puis deux.

-Bonjour. D'abords je ne crue pas que ce fut lui qui avait parlé, tant il me semblait impossible qu'un être humain normal puisse posséder une voix telle que ce ténor sourd semblable à du velours qui résonna à mes oreilles. Puis ses lèvres parfaites s'ouvrirent à nouveau et la douce musique du velours vint une nouvelle fois caresser mes oreilles.

-Je ne vous avais jamais vue ici, vous devez être la nouvelle infirmière, je suppose. Il s'approcha de moi et je sentit mon sang se solidifiez jusqu'à devenir une coulée de lave qui se déversa en moi, brûlant tout sur son passage. La même coulé qui emplissait ses yeux.

Je me rendis alors compte qu'il fallait peut être répondre.

-V …Vous supposez bien, articulai-je, faute de mieux.

Il rit, le chant d'un ange, le plus beau son du monde.

-Je suis Carlisle Cullen, reprit-il en souriant, son sourire illuminait ses traits angéliques, il irradiait, comme un soleil. Il éclaira la pièce de son sourire, j'en oubliai toutes les autres.

-Enchantée (le mot était faible pour exprimer les sensations que sa proximité me procurait), Cecilia Bulmer.

Il ne tendit pas sa main vers moi, je fit de même en tentant de réprimer l'affolante envie que j'avais de toucher sa peau si blanche qu'elle en devenait transparente.

Je plongeai mes yeux dans les siens, il fronça les sourcils et mon cœur se serra, avais-je fais quelque chose de mal ? Je ne le souhaitais pour rien au monde, jamais de ma vie je n'avais ressentit un désir si fort de plaire à quelqu'un.

Curieusement il ne baissa pas les yeux, c'était la deuxième personne de ma connaissance qui résistait à mon mystérieux et seul pouvoir en ne cillant pas face au noir d'ébène de mes yeux.

Au bout d'un silence qui me paru interminable il s'arracha à la contemplation de mes iris, visiblement troublé, pour se retourner.

-Heureux de vous avoir rencontrer, déclara-t-il en détournant les yeux, j'espère avoir l'occasion de mieux vous connaître un jour (pas autant que moi en cet instant).

Et il sortit.

Et mon cœur repartit.

Le silence régnait dans la salle, tandis que j'observais la porte battante où l'adonis, le dieu vivant, venait de disparaître.

Puis toutes se mirent à parler en même temps.

« Tu as vue ? » lança une voix que reconnut comme être celle (déplaisante) d'Olivia, « On t'avais prévenue… », « Quand même ce type c'est un pousse au crime… »…

Moi je ne bougeais pas, les yeux toujours fixés sur la porte. L'image de son sourire fixée devant mes yeux, je ne voyais rien d'autre.

Clara sembla revenir à la raison face à une Olivia plus que surexcitée, elle se tourna vers moi et me désigna la porte d'un signe de tête, j'acquiesçai et nous sortîmes en silence, profitant de la confusion général.

En traversant le couloir je ne pu m'empêcher de regard partout, je le chercher des yeux, voulant à tout prix m'abreuver encore de sa magnificence. Mais il n'était nulle part.

Je sortis par la porte de derrière en compagnie de Clara. J'attrapai fébrilement une cigarette, l'alluma tout aussi fébrilement et tira dessus comme si ma vie en dépendait.

Clara me regardait faire amusée. Je rougis. Mais je ne dis rien. Mes pensées étaient entièrement tournées vers lui. Nul ne pouvait être aussi beau. Nul ne pouvait allé si loin dans la beauté. Nul ne pouvait autant ressembler à un Dieu. Qui était-il il vraiment ? Pourquoi était-il partit si vite ? Pourquoi n'avait-il pas baissé les yeux devant mon regard ?

Milles et unes questions tournaient et tournaient dans ma tête. Pour fuir le regard moqueur de Clara je contemplais le paysage qui s'offrait à moi. L'hôpital se trouvait au début de la ville. Entouré de collines verdoyantes qui s'étalaient à perte de vue. Et sur une de ces collines, la plus proche, il y avait un éclair doré. Je fronçais les sourcils pour voir ce que c'était et je crus que mon cœur allait sauter de ma poitrine. C'était Lui. Je le savais. Je n'avais pas besoin de le voir. Je le sentais. Et je sentis aussi son regard de braise, comme si, malgré la distance qui nous séparait, il arrivait à me voir aussi clairement que si nous étions l'un en face de l'autre, pire encore, comme si son regard parvenait à me transpercer comme toute à l'heure, comme si l'étrange profondeur de ses iris me détaillait avec clarté, pas le moins du monde atténué par la distance. Je savais bien que c'était impossible, il devait à peine m'apercevoir de là ou il était. Et c'est à cet instant que je me rendais compte qu'il y avait une autre chose qui clochait. Comment avait-il put aller si loin en si peu de temps ? Il se tenait prés de moi à l'instant (un frémissement de plaisir me secoua à cette idée), et alors que j'avais à peine eu le temps de traverser le couloir lui se trouvais déjà à des kilomètres de là.

Un nouveau frisson me secoua tandis que j'observais la colline verte en face de moi, il avait curieusement disparus, profitant de mes instants de réflexions pour s'échapper. Et tandis que son visage magnifique passait et repassait devant mes yeux sans jamais perdre de sa splendeur, je restais là, immobile, n'ayant plus qu'une seule question en tête, qui était Carlisle Cullen ?