Disclaimer: Hidekazu Himaruya

Persos: France/Francis , Angleterre/Arthur

Genre: Humour , Romance

Note: j'ai édité/modfié quelques points dans tous les précédants chapitres.


Chapitre 3 : Origines Communes


L'enfant marchait à côté de lui, muet comme une tombe. Et ce n'était pas faute d'avoir voulu le faire parler. Vraiment pas. Même dans sa langue. Finalement la personne qui devait traduire de l'anglais au français et inversement arriva, escorté de gardes portant ce que portait tout soldats anglais. La méfiance était présente, parce qu'on n'avait pas envie de perdre la jeune nation fraichement récupéré, autant parce que la victoire serait presque acquise si le pays insulaire la gardait que pour le bien-être de celle-ci.

Et puis c'était aussi une question de fierté, on avait attrapé le pays ennemi, on entendait bien le garder maintenant, car ce serait humiliant de se le faire reprendre par un infiltré ou un traitre.

Arthur demanda qu'on les laissa seuls tous les trois puis ordonna, d'une voix encore jeune mais teintée d'autorité: «Bon vous nous servirez d'interprète jusqu'à ce qu'il ait appris l'anglais! Nous avons beaucoup à faire!

- Très bien! Par quoi allons-nous commencer?» questionna l'interprète, qui était relativement jeune, d'environ une vingtaine d'année et qui semblait être d'origine normande, une de première région conquise par les anglais.

Il semblait parfaitement savoir à qui il parlait, ressentant d'une étrange façon que l'être face à lui était plus qu'un des commandants de l'armée, plus qu'un proche de la famille royale de l'île, plus qu'un simple humain. Une impression inconsciente qui l'obligeait inconsciemment à faire usage d'humilité et d'obéissance, qui l'avait fait prendre conscience de qui était ce jeune homme. De même que l'enfant faisait naître en lui, toujours de façon instinctive, un désir de protection très fort, reflet de la volonté de l'armée à l'est de protéger leurs terres contre les germaniques ou de celle de l'ouest qui tentait sans succès de repousser les anglais.

Ce désir de moins en moins fort, car les français, entre deux maux préféraient le moindre.

Les anglais les respectaient alors que les germains les massacraient.

Le choix était vite fait.

Pour leur culture, leur tradition...leur vie, ils préféraient les envahisseurs de l'ouest.

Sans compter que leur famille royale avait des liens, même éloignés, avec la leur, désormais disparue.

Raison de plus...

Arthur baissa les yeux sur la jeune nation qui gardait les yeux rivé sur le normand, l'air soulagé de voir un membre de son peuple en bonne santé, mais également surpris de le voir ici, au service de l'envahisseur, même si lui-même était ici et commençait à faire confiance à l'autre nation. L'anglais détourna les yeux et, après réflexion, ordonna, d'un ton moins sévère, plus un ton de personne de son âge physique: «Demandez-lui où étaient les troupes germaniques la dernière fois qu'il a eu des nouvelles!

- Vous ne pouvez pas le savoir seul? Vous avez de messagers pourtant?

- Pour savoir si LUI est au courant de quelque chose! Une nation ressent ce genre de choses! Et je préfère savoir si nous devons nous dépêcher d'atteindre la capitale ou si nous avons encore du temps! Quand la couronne aura échu à mon roi, les germanique n'oseront peut-être plus avancer et nous devrons alors récupérer les terres qu'ils ont envahis!»

Sa voix montrait tout le dégoût qu'il avait pour ces gens, peuple de son père tant haït, lui qui était né d'un viol, ni plus, ni moins. Il avait tant œuvré pour que le peu de germanisme qu'il possédait soit transformé, mélangé au celtique et à un peu de latin, ceci afin de créer une nouvelle culture, que désormais, mis à part les origines, il considérait qu'il ne "restait que peu de traces du passage de son père" sur ces îles. Bien entendu des peuplades germaniques étaient venues s'installer mais la nation les représentant n'était jamais revenu et tant mieux car le fait qu'elle ait tué Rome et même Hibernia et abusé de sa mère...

Germania était clairement devenu Persona non Grata sur l'îleet cela serait Ad Vitam Eterneam.

Mais bon, ce barbare devait avoir disparu depuis le temps...

L'homme lui jeta un coup d'œil surpris, car il avait décelé de l'amertume mêlée d'un peu de haine dans la voix du pays insulaire, mais obéit et s'accroupit devant l'enfant, se mettant à lui parler en français.

«Peux-tu dire où sont les germaniques maintenant? Angleterre en a besoin pour décider de quoi faire maintenant!»

Le jeune royaume se mordilla la lèvre, décidé à ne rien dire du tout, même si son regard s'était illuminé, au début, en entendant sa langue. Les mots en français ne semblèrent pas l'adoucir et il serra les dents de colère, de petites larmes de frustration montant à ses yeux. L'idée d'aider un envahisseur contre un autre ne semblait guère lui plaire car au final il ne serait plus libre. Et même si la nation qui l'avait capturé n'était pas menaçante, il se méfiait car après tout peut-être qu'il faisait semblant pour lui faire baisser sa garde? Il avait été blessé trop de fois pour que tout se passe bien du premier coup.

L'anglais fronça les sourcils devant le silence de mort posé comme réponse à la question: «Quel est le problème cette fois?

- Je pense que commencer par là n'est pas le meilleur choix, si vous me permettez de...» Il ne put achever. Il sentait lui-même que son pays n'allait pas céder si facilement, sentiment qui produisait en lui un mélange de fierté et d'inquiétude, quelque peu légitime vu l'histoire de sa nation.

Arthur passa la main dans ses longues mèches d'or et ordonna avec un certain agacement «Dites lui que nous allons commencer à nous diriger vers la capitale.»

Le message fut transmit et l'enfant hocha la tête, l'air toujours aussi boudeur. Angleterre soupira, la petite nation avait bien voulu s'habiller, manger et le suivre mais son attitude envers lui n'arrêtait pas de changer. Il lui faudrait sans doute du temps pour gagner la confiance du plus petit. Il avait lui pourtant semblé, la veille, que France avait baissé sa garde, même ce matin. Cependant c'était peu être juste la fatigué, un petit moment où il avait baissé les armes...c'était tout de même compréhensif qu'une nation n'abandonne pas si rapidement la lutte. Cette idée produisit en lui une certaine forme d'amusement, son voisin avait beau être petit, il n'en était pas moins méfiant et prêt à se défendre.

Il le souleva et le posa sur son cheval, montant derrière lui et saisissant les rênes sans peur. Il donna quelques ordres et la troupe s'ébranla. Le prince prit la tête de la troupe, quelques pas devant sa nation. L'interprète devait rester au côté de celle-ci. Le soleil brillait et tout était calme, la victoire se sentait et les troupes anglaises le savaient. Des chuchotements qu'on pouvait percevoir étaient des prévisions sur le temps qu'il restait avant que la couronne n'échoit entre les mains de leur roi.

Plus tard, dans l'après-midi, Arthur, d'assez bonne humeur, profita du fait que son prince avait prit un peu d'avance sur lui pour se mettre à chantonner un vieux chant celtique que chantait souvent son frère Écosse pour l'endormir quand il était petit. Le mélange des mots celtes, à la fois originaires des terres de Britannia et de la vieille Calédonie, mots sans doute semblable à ceux d'autres peuplades celtiques, s'échappèrent de ses lèvres.

Soudain il sentit une petite main sur son poignet et baissa les yeux. L'autre nation le regardait, les yeux étrangement brillants. Quelques chose se passait-il? Pourquoi réagissait-il comme ça? Il lança un regard à son interprète qui était un peu plus loin, s'étant un peu écarté quand le plus jeune pays avait donné l'impression à tous de dormir.

«...» Il sembla hésiter, se mordillant la lèvre inférieure.

«Quoi?» demanda doucement Arthur, posant la main sur la tête blonde. Il savait que son mot ne serait peut-être pas compris mais le ton aiderait à deviner ce qu'il avait demandé. Il n'avait pas besoin d'interprète pour consoler son voisin outre-manche.

L'enfant chuchota quelques mots à voix basse, que seul l'anglais entendit mais il devina l'essentiel avec un seul mot «Mamaï». Francis avait déjà du entendre ce chant à l'époque de Gaule Celtique, avant qu'il ne se retrouve tout seul? Lui avait eu son peuple, ses frères mais l'autre? Personne. Mais maintenant, il allait pouvoir prendre soin de lui. Il allait le ramener dans son île quelque temps, le temps de lui apprendre correctement la langue, une fois que son peuple aurait récupéré la couronne de France. Et puis bientôt, le petit serait aussi chez lui sur l'île non? En surtout il serait en totale sécurité en cas de révolte sur ses terres.

L'Angleterre hésita puis entonna un nouveau chant, un que France ne pouvait connaître car il venait des celtes qui vivaient il y a si longtemps dans l'île actuellement nommée Irlande. Son frère les lui avait souvent chanté, dommage qu'il se soit senti obligé de danser une fois que cinq en même temps. Ca avait fait mourir de rire Écosse et déclenché un pugilat fraternel, tandis que Pays de Galles tentait de les séparer, sans trop de succès.

Mais il fut surpris d'entendre la petit voix finir une phrase qu'il avait commencé.

Le visage de l'autre nation s'illumina comme pendant qu'il chantait, et lorsque le chant fut achevé, il se mit à parler à toute vitesse, déstabilisant le royaume stable qui chercha rapidement comment lui faire comprendre d'aller, de parler, moins vite. Il finit par lui poser un doigt sur les lèvres, faisant taire le jeune pays qui haussa un sourcil surpris. Un sourire amusé se dessina sur les lèvres de l'anglais. «Alors comment ça tu es devenu plus bavard hein?» Son ton rieur sembla détendre l'enfant qui éclata de rire.

Le cœur de l'anglais se figea. Quoi? Comprendre que j'étais en partie celtique l'a calmé? Et soudain il eut une idée, se traitant d'imbécile pour ne pas y avoir penser avant, il avait déjà essayé oui mais l'autre était à ce moment-là dans sa phase "je ne dirais rien!" de la veille, muré dans sa méfiance et sa rancune d'être captif. Arthur l'avait pourtant vu tressaillir en entendant la langue de son père mais avait juste détourné la tête avec humeur. Peut-être serait-il plus coopératif maintenant?Il ouvrit la bouche et parla cette fois en latin. Il aurait certes besoin de l'interprète pour plus tard mais actuellement il allait tenter de communiquer lui-même.

Il ne parlait plus latin couramment depuis un moment, même s'il pratiquait toujours à l'écrit. S'éclaircissant la gorge, il décida de tenter quelque chose, et parla lentement dans cette vieille langue antique «N'ai pas peur, je ne te ferais jamais de mal!

- ...Vous n'êtes pas comme Germania, même si vous lui ressemblez!»

Quoi...il a dit quoi? Il comprenait la peur de l'autre cette fois. Il était un germanique, un fils de Germania, comme l'autre nation qui l'attaquait, comme la vieille nation l'avait fait il y a si longtemps. France avait senti cette ressemblance, peut-être même avait ressenti ce côté germanique. Il pensait peut-être que...

«Non je ne suis pas comme lui! Je le déteste!

- ….Moi aussi! A cause de lui papa a disparu et mamaï aussi!» Le plus jeune se blottit contre lui, refermant ses petites mains sur la cape rouge qu'avait mis l'anglais. «...Vous pouvez chanter cette chanson encore une fois? La première?

- Oui...Oui bien entendu.»

Arthur sourit et s'éclaircit la gorge et recommença la petite chanson. Cette fois l'autre ne chanta pas mais l'écouta, niché contre lui, l'air beaucoup plus heureux qu'au matin.


A suivre