Salut les poilus ! Désolée pour le retard et merci infiniment pour vos reviews !

Voici le dernier chapitre ! (Avant l'épilogue.)

Note : je sais que j'alterne entre le "tu" et le "vous" continuellement (ou du moins fréquemment), mais je pars du principe que comme ils parlent anglais, on s'en fiche. (Et en plus j'aime bien ça!)

Bonne lecture !


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Chapitre 4

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Lorsque Will reprend conscience, il est attaché à une chaise dans ce qui semble être une cave, aux murs de pierre humides, au soupirail qui laisse passer un rayon de soleil. Il y a une vieille table devant lui, une chaise vide en face, et Will est à moitié certain que ça ne s'est pas passé de la même façon pour les deux précédentes victimes du Maître Boucher. Leur autopsie n'a pas montré de traces violettes de liens sur leurs poignets ou leurs chevilles, aucun reste de colle de chatterton n'a été retrouvé sur la peau de leurs joues.

Mais Will est spécial. Il n'est pas là par envie ou par hasard, et de toute évidence, Francis le sait. Comment le sait-il, c'est la question : si le Maître Boucher était Hannibal, la réponse était évidente, puisque Will lui fournissait sans le savoir toutes les informations ; mais cet homme, Francis, Will ne l'a jamais aperçu, et il ne pense pas avoir été imprudent dans ses lettres. Comment Francis est-il au courant pour le FBI ?

Mais sa tête est encore trop douloureuse pour lui permettre de réfléchir correctement. Au moins, petite faveur appréciable, Francis s'est contenté de lui scotcher la bouche, et ne lui a pas bandé les yeux. Peut-être qu'il le voulait attentif pour son show.

Will se dit que s'il arrive à sortir de ce pétrin intact, il dira deux mots à Jack la prochaine fois que celui-ci voudra l'utiliser comme appât pour une enquête à son corps défendant. (Avant de se souvenir que c'est lui qui a arraché le GPS de sa chaussure et qu'il ne peut s'en prendre qu'à lui-même.)

- Réveillé, M. Graham ?

La voix le fait sursauter, et il relève la tête ; son regard a du mal à se fixer, mais il discerne dans la pénombre la silhouette trapue de Francis, toujours vêtu de sa robe de chambre.

Il voudrait demander où il se trouve (quoiqu'il en a bien une petite idée), mais le scotch scelle ses lèvres, et il sent sa respiration s'accélérer sous la panique. Respire par le nez, respire par le nez. Il n'a pas vraiment le choix, tout bien considéré.

- Je crois que vous n'avez pas été entièrement honnête avec moi, dit Francis. Votre profil avait un tel potentiel, pourtant.

- Mmmh...!

Will ne fait que s'essouffler plus vite lorsqu'il essaie de formuler des questions malgré l'impossibilité physique, mais c'est plus fort que lui : il veut savoir.

- Je sais, dit Francis calmement. Vous devez certainement avoir des questions à poser. Malheureusement, l'heure n'est pas encore venue. Vous devez apprendre à être patient, M. Graham… Ça n'a jamais vraiment été votre fort, si j'en crois vos lettres. De toute façon, je n'ai pas fini les préparations.

Les préparations. Le sang de Will se fige dans ses veines quand il entend ça, et un sourire cruel s'étire sur les lèvres de Francis.

- Les autres n'en ont pas eu besoin, ils étaient là de leur plein gré, mais vous, M. Graham, vous êtes quelqu'un de vraiment différent, n'est-ce pas ? Je dois préparer quelque chose à votre mesure. Soyez certain que vous ne serez pas gâché.

Will ne proteste pas, même si la peur referme ses serres autour de ses entrailles. Il essaie d'imaginer une façon de se libérer de ses liens pour se jeter sur Francis, mais ses nœuds n'ont pas été faits par un amateur. Ils sont si serrés que Will ne peut pas même pas bouger ses poignets.

- Bref, il faut que j'y aille. Mais je vous laisse en bonne compagnie.

Son regard se pose sur un point derrière Will, pour la première fois depuis le début de leur conversation, et celui-ci essaie de se tortiller sur sa chaise pour voir ce qu'il voit ; à l'extrême limite de son champ visuel (s'il tourne un peu plus la tête, il risque de se briser la nuque), il peut discerner, à la lumière du rayon de soleil qui passe par le soupirail, un lit, et une forme allongée sur ce lit.

La faible odeur de vétiver le frappe un instant plus tard.

- Mmmmh !

- Amusez-vous bien, sourit Francis.

Il se détourne et se dirige vers une porte basse dans un coin de mur que Will n'avait pas remarquée avant, cachée par la silhouette de Francis. Lorsque la porte se referme, Will essaie frénétiquement de bouger, de détacher le scotch avec sa langue, de libérer ses poignets enserrés, mais Francis connaît trop bien son affaire. Tout ce qu'il peut faire, c'est faire pivoter la chaise sur son pied arrière droit pour la tourner vers le lit où Hannibal est allongé, avant de faire jouer son poids en alternance sur les deux pieds arrière pour avancer le siège vers lui.

- Mmmh ! Mmmh !

Hannibal n'a pas l'air conscient, et les tentatives étouffées de Will pour l'appeler ne le réveillent pas. Il est allongé sur le ventre, les poignets attachés derrière son dos par un nœud qui semble aussi solide que ceux qui retiennent Will, et il a le nez dans le matelas, la tête tournée vers le mur.

- Mmmh !

Dans son état, Will est incapable de le toucher, mais il peut continuer à l'appeler, et c'est ce qu'il fera jusqu'à ce qu'il se réveille.

Heureusement, ça ne tarde pas trop. Au bout d'un moment, Will entend un grognement, puis Hannibal tourne la tête de son côté, et lève des yeux embrumés vers lui.

- Will ?

Il n'est pas bâillonné au chatterton, lui, et Will remercie dieu de lui faire entendre la voix rauque et séduisante de Satan.

À son crédit, Hannibal ne met pas longtemps à retrouver l'étendue de son discernement, et écarquille les yeux lorsqu'il voit Will bâillonné et ligoté. Il se redresse difficilement – Francis n'a pas jugé bon de l'attacher au lit – et Will essaie de ne pas se focaliser sur les cheveux cendrés qui tombent sur le front d'une manière relâchée, mais plutôt sur la plaie ensanglantée qu'il peut distinguer en dessous.

- Will ! Tout va bien ?

- Mmmh...

Will veut dire "et vous, tout va bien?" mais les mots ne dépassent pas le stade de grognement, comme toujours, et pendant un instant, il manque d'en hurler de frustration.

- Il ne vous a pas fait mal ?

Will incline la tête pour lui montrer l'endroit où Francis l'a frappé, et où un énorme bleu doit certainement être né, si la grimace d'Hannibal est d'aucune indication. Lui-même n'est pas en meilleur état ; sa plaie au front vient certainement d'un coup porté avec un objet contondant, et une fine goutte de sang a coulé le long de sa joue, jusqu'à son menton.

- Will, je vais essayer d'enlever le chatterton. Ne bougez pas.

Will fronce les sourcils, comme pour lui demander comment il compte s'y prendre avec ses poignets liés, mais Hannibal n'ajoute aucune explication. Il se lève du lit et se penche vers Will comme pour l'embrasser, et Will sent son cœur bêtement accélérer ; mais les lèvres d'Hannibal s'arrêtent près de ses joues, et ses dents s'attaquent aux coins du chatterton.

Il trouve difficilement un point d'accroche, mais la mince barbe de Will rend la chose plus aisée que si ses joues avaient été lisses, et les dents d'Hannibal sont aiguisées. Il parvient à saisir un coin de scotch, et tire pour l'arracher petit à petit de la peau de Will, qui serre les dents. Toutefois, Will est de ceux qui préfèrent un douleur sourde et longue plutôt qu'un éclair aveuglant à en dérégler ses neurones, et il est heureux qu'Hannibal prenne son temps pour arracher le bâillon de fortune.

Puis Hannibal crache le scotch, et Will inspire profondément, avec l'impression que ses poumons ont été privés d'air depuis trop longtemps.

- Merci, Hannibal, murmure-t-il lorsqu'il est capable de parler à nouveau.

Hannibal se retourne vers lui, et Will n'a envie que d'une chose, en cet instant : se lever de sa chaise et l'embrasser. La première option est impossible, malheureusement, mais Hannibal semble comprendre le besoin frénétique qu'il ressent pour la deuxième, car il se penche une nouvelle fois et l'embrasse de lui-même.

C'est à la fois divin et frustrant, car Will voudrait le toucher, glisser ses mains dans les cheveux, et il doit se contenter de la simple sensation de ses lèvres contre les siennes (ce qui n'est déjà pas si mal, certes).

- Pourquoi est-ce qu'il t'a capturé ? demande Will. Comment est-ce qu'il te connaît ?

- J'ai été imprudent, répond simplement Hannibal.

- Pourquoi tu m'as fait croire que tu étais le Maître Boucher ? ne peut s'empêcher de demander Will. Pourquoi tu ne m'as pas dit qu'il s'agissait de quelqu'un d'autre ?

- Est-ce que tu m'aurais cru ?

- Oui ! s'exclame Will avec force. Je ne sais pas, tempère-t-il aussitôt après. Mais tu aurais pu nier, au moins. J'en avais besoin. Le temps que j'ai passé à croire que c'était toi, Hannibal...

- Will, je suis désolé, mais nous devons remettre cette conversation à plus tard. Francis ne tardera pas à redescendre, et sans établir de plan d'action au préalable, nous laisserons peut-être passer la seule chance de nous en sortir vivants.

- Oui, oui, répond Will, honteux. Je suis désolé. Qu'est-ce qu'on peut faire ?

- Si Francis ne m'a pas fouillé pendant que j'étais inconscient, je dois toujours avoir un petit canif dans la poche intérieure de mon veston. Il nous faut ce canif, Will.

- Sans nos mains, je vois mal comment on va pouvoir l'attraper.

- Tout comme je viens d'enlever le chatterton. Avec tes dents.

Will lève les yeux vers Hannibal, incertain, mais celui-ci se contente de lui sourire.

- Tu vas y arriver, Will.

- Quel côté, la poche ?

- Gauche. Ta droite.

Hannibal se penche à nouveau, mais Will n'arrive pas à tendre la tête suffisamment pour atteindre la poche. Il est férocement heureux de la pénombre qui masque ses rougeurs lorsqu'il doit donner l'instruction suivante à Hannibal.

- Je n'arrive pas à l'atteindre. Assieds-toi sur mes cuisses, ce sera plus simple. Jambes écartées. Le plus près possible.

Hannibal a le bon goût de ne pas faire de commentaire, et s'installe à califourchon sur Will. À travers le tissu de leurs pantalon, Will peut sentir la chaleur générée par son corps, et il se demande comment il peut quand même trouver le moyen d'être excité malgré la situation périlleuse dans laquelle ils se trouvent.

Il se dépêche de chasser ces pensées, et se penche une nouvelle fois pour fourrer son nez dans les vêtements d'Hannibal, qui sentent bon le linge propre et le déodorant pour homme. Ouvrir le veston s'avère être une affaire coriace, et au bout de dix minutes passées à se débattre avec le tissu, Will a un torticolis, et il ne trouve plus ça aussi excitant qu'avant.

Finalement, il parvient à saisir le sésame entre ses dents, et fait bien attention de ne pas le laisser tomber jusqu'à ce qu'Hannibal se relève, se détourne, et que Will puisse le déposer dans ses mains liées.

De là, c'est plus simple. Pour un simple psychiatre, Hannibal semble plutôt expert lorsqu'il s'agit de couper un nœud de corde au canif. Quelques minutes plus tard, il exhibe fièrement ses mains libérées, et Will lui sourit.

Hannibal ne tarde pas à couper ses propres liens, et Will se frotte les poignets endoloris avec soulagement tandis qu'Hannibal s'attaque à ses chevilles.

À peine a-t-il fini de trancher le reste des cordes que des pas se font entendre dans un escalier de bois de l'autre côté de la porte, et Will jette à Hannibal un regard paniqué.

- Reste assis sur la chaise, murmure Hannibal, fais semblant d'être toujours attaché.

Dans un silence total (il est en chaussettes, note Will), Hannibal va se placer derrière le battant de la porte, canif toujours en main. Il lance à Will un regard plein de non-dits lorsque la clé tourne dans la serrure, et Will garde les pieds et les mains collés à la chaise, tout en regrettant de n'avoir pas eu le temps de mieux cacher les bouts de corde tombés par terre. Toutefois, ils n'ont pas besoin de longtemps.

Lorsque la porte s'ouvre, Francis apparaît, et ses yeux se posent automatiquement sur Will. Il n'a pas l'air de remarquer quoi que ce soit qui sort de l'ordinaire, car il sourit.

- Les préparations sont finies, Mr Graham. Désolé de vous avoir fait attendre.

Il fait quelques pas à l'intérieur de la pièce, et de toute évidence, c'est ce qu'attendait Hannibal : vif comme l'éclair, il bondit sur son dos et referme son bras autour du cou de Francis, une main accrochée à ses cheveux pour les tirer en arrière. Will prend le signal pour ce qu'il est, et se jette dans la bataille.

Francis est extrêmement fort, et visiblement entraîné au combat, mais ils sont deux. Ils ne sont pas trop de deux, toutefois ; lorsqu'Hannibal est jeté par terre, puis frappé au visage, c'est Will qui prend le relais en se jetant sur Francis. Celui-ci, qui a récupéré le canif d'Hannibal, se retourne et le lui plante dans la jambe. Parcouru par des rushs d'adrénaline, Will n'y prête qu'une attention secondaire. Il tente un coup de poing qui s'écrase directement dans le nez de Francis, et l'homme titube, déséquilibré – mais pas désorienté. L'instant d'après, il est à nouveau sur pieds.

Hannibal, de son côté, a saisi l'une des deux chaises, et Will le voit la lever dans les airs un instant avant qu'elle ne s'écrase sur la tête de Francis avec un craquement sinistre, dont il est difficile de dire s'il provient du siège ou du crâne de l'assassin.

Elle a l'effet désiré, toutefois ; Francis s'effondre par terre, la respiration haletante, et ne se relève pas. Will se demande si Hannibal l'a tué.

En tout franchise, même si c'est le cas, il s'en fiche.

Il lève les yeux vers Hannibal, sa lèvre ensanglantée, ses phalanges éclatées, ses pupilles dilatées, et il réalise, à cet instant précis, qu'il le voit dans toute la beauté de sa véritable personnalité. La poussière, le sang, le meurtre, sont tous différentes pièces du puzzle, et Will admire avec quelle netteté elles correspondent aux contours d'Hannibal. C'est simple : il n'a pas besoin d'être le Maître Boucher pour être tout de même Satan.

Will a devant lui sa divinité du Mal, en chair et en os, et il est si fasciné qu'il n'arrive pas en détourner le regard.

Mais au même moment, de l'autre côté du soupirail, il entend le crissement d'une voiture sur le gravier de l'allée, et de lourdes bottes martelant le sol, et le moment d'émerveillement se brise.

- Ça doit être Jack avec le FBI, dit-il à Hannibal. Ils ont dû me suivre.

- Je vais aller voir. Reste ici et ne bouge pas, Will. N'enlève pas le canif de ta jambe, surtout.

- Je sais.

Hannibal l'observe un bref instant, comme s'il était partagé entre l'envie de se pencher vers lui pour l'embrasser ou de partir sans un mot ; finalement, en guise de compromis, il passe sa main sur les cheveux de Will avant de la glisser sur sa joue dans un geste d'affection.

- Je reviens vite.

Will hoche la tête. Une fois Hannibal parti, ses pas disparu dans l'escalier, le silence semble brutalement intolérable, son cœur cognant dans ses tempes et sa blessure à la jambe palpitant de douleur, maintenant que l'adrénaline n'est plus là pour atténuer l'effet.

Il manque de sursauter lorsqu'il entend un grognement, et se tourne vers Francis, toujours allongé par terre, mais conscient. Et il panique – la seule arme à sa disposition est enfoncée dans sa jambe, et si elle a touché une artère importante, il risque de se vider de son sang en la retirant pour l'utiliser.

Mais Francis ne fait pas mine de vouloir se lever. Il marmonne quelque chose d'indistinct, et Will se penche, dans la mesure de ses capacités physiques, pour comprendre.

- Qu'est-ce que vous dites ?

- Il savait, murmure Francis. Dr Lecter. Il m'a aidé à écrire ces emails. Il m'a fourni des informations sur vous et le FBI.

Will ne répond rien, mais pas parce que la surprise le rend muet. À vrai dire, c'était la seule explication plausible à la situation.

- J'étais son patient, murmure Francis. Il a réalisé ce que je faisais... Il m'a proposé de vous prendre pour cible. Il était... curieux de savoir ce qui se passerait.

- Je sais, murmure Will. Hannibal est Satan.

Même s'il l'entend, Francis ne fait aucun commentaire sur la dévotion qui teinte les paroles de Will. Il laisse sa tête retomber sur le sol humide, probablement inconscient, cette fois, et Will reste à côté de lui, attendant le retour d'Hannibal accompagné de Jack.

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Le canif est précautionneusement extrait de sa cuisse, et Will reste à l'hôpital en observation pendant deux jours.

Tout le gratin du FBI vient lui rendre visite pendant ces deux jours, et il a droit à tous les superlatifs légitimement dus à un homme qui a de nouveau arrêté un tueur détraqué. Freddie Lounds tente de s'infiltrer dans sa chambre pour une interview, avant de se faire refouler à l'entrée par Jack lui-même, qui menace de la poursuivre en justice pour n'importe quelle raison valable. La véritable presse est avide de détails, cependant, mais Will laisse à Jack le soin de gérer les déclarations en public. Il en regarde une depuis la télévision installée dans sa chambre, l'air distrait, avant d'appuyer sur la télécommande pour éteindre l'appareil.

Hannibal vient lui rendre visite le lendemain de son admission. Il a des sparadraps sur le visage, ce qui doit certainement être source chez lui d'une irritation sans fin, songe Will avec amusement – mais il garde cette contenance divine (ou diabolique) que Will lui a toujours connue.

Will l'observe s'installer sur la chaise à côté de son lit d'hôpital, prudemment, comme s'il avait peur de dérégler ce qu'il y avait entre eux rien qu'en respirant.

- Comment allez-vous, Will ? demande-t-il.

- Comme si on m'avait planté un canif dans la cuisse.

Hannibal ne sourit pas.

- Si j'avais su que cette affaire serait si dangereuse pour vous...

- Vous le saviez, coupe Will. C'est bien pour ça que vous avez fait tout ça. Vous étiez... curieux de savoir ce qui se passerait.

- Je ne...

- Vous avez poussé Francis Dolarhyde à accepter ma candidature. Vous m'avez fait croire que vous étiez derrière tout ça. Pour me déstabiliser. Pour voir comment je réagirais.

- Will...

- Je suppose que vous avez déjà une histoire toute prête concernant le fait qu'un de vos patients se soit révélé être un tueur en série, et que vous vous trouviez sur la scène du drame ? Que s'est-il passé, d'ailleurs ? Il ne vous a pas vraiment capturé, si ?

Pendant un long moment, Hannibal le regarde droit dans les yeux, et Will ne détourne pas le regard, jusqu'à ce qu'Hannibal cède.

- Francis a commencé à douter de moi. Il pensait que je l'avais trahi.

- C'était le cas ?

- On ne peut pas trahir quelqu'un avec qui on ne travaille pas. Lui et moi n'étions pas partenaires. Je me contentais de lui montrer le chemin à suivre. Je serais venu de toute façon, parce que je n'avais pas l'intention de vous livrer à lui sans rien dire, mais il m'a capturé, et je me suis laissé faire ; de cette façon, j'avais une bonne raison de me trouver chez lui.

Il regarde Will avec une distance prudente, et Will soutient son regard, jusqu'à ce qu'il ne puisse plus retenir son sourire.

- Vous m'avez bien dupé.

- Will, je ne...

- Hannibal, l'interrompt Will. Ça n'a pas d'importance. On ne peut pas demander à Satan de se plier à des règles humaines.

Pour une fois, Hannibal a l'air proprement stupéfait.

- Tu n'es pas le Maître Boucher, dit Will. D'accord. Je sais que tu es quelque chose d'autre. Au fil du temps, je finirai bien par découvrir quoi. Mais il y a une autre solution.

- Laquelle ?

- C'est que tu me montres de toi-même.

Will tend la main vers lui, et il se passe quelques longues secondes de silence avant qu'Hannibal ne la prenne, un petit sourire naissant sur son visage. Puis il se penche, et pose ses lèvres sur la paume de Will, avec une expression d'entière félicité sur ses traits.

- Quand tu voudras.

Et c'est à Will de sourire à son tour.

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Et voilà pour cette histoire mes loulous !

J'ai pas encore fini d'écrire l'épilogue (bordel, que je suis lente, mais que je suis lente) mais bientôt ! (Je ne promets pas du smut, mais je ferai de mon mieux!)

Quoi qu'il en soit, merci d'être restés avec moi jusqu'à la fin, et plein d'énormes bisous à toi, Nalou *coeur*