Alors comme ça, tu m'aimes ...

Disclamer : les personnages d'Harry Potter appartiennent à JK Rowling. Seuls quelques uns sont à moi. Ainsi que l'histoire que je raconte. Et j'gagne pas d'sous.

Petit mot de l'auteur : Bon, je sais que cette histoire est classée dans la catégorie "humour" mais pour ce chapitre je vais un peu digresser pour mettre en place certains moteurs de l'histoire. En espérant que vous me suivrez toujours dans cette fanfic quoiqu'il lui arrive. Bisous à tous. PS : je n'ai pas de blog où mettre mes réponses aux reviews anonymes donc si vous voulez avoir ma réponse, vous pouvez me laisser votre adresse mail.

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N'avoue jamais, jamais !

Lily avait fini de se préparer en ce lundi matin et elle descendit manger en laissant derrière elle ses deux acolytes qui, les chanceuses, commençaient les cours une heure plus tard – et oui, elles n'étaient pas assez masochistes pour avoir choisi des heures supplémentaires d'arithmancie, alors qu'elles n'en avaient pas besoin, contrairement à Lily. La jeune sorcière voulait en effet se fermer le moins de portes pour son avenir, en partie pour prouver qu'une fille de moldue n'avait pas moins de capacités que les autres.

Lily arriva donc tranquillement dans la salle commune à la température déjà tiédie par la douce chaleur des cheminées. Elle allait se rendre directement prendre son petit déjeuner dans la grande salle mais voyant qu'elle avait quelques minutes d'avance, elle s'accorda un instant de contemplation à une fenêtre. Décidément, elle allait avoir du mal à quitter Poudlard l'année prochaine ! Soudain, elle sentit des bras autour de sa taille et un baiser dans son cou. Sans même ciller, elle se retourna brusquement et pointa sa baguette vers l'entrejambe du malotru.

- Je croyais t'avoir déjà donné un avertissement, Potter ! déclara-t-elle le plus calmement du monde.

- Du calme ma divine Lily, si tu tiens à avoir des enfants, ce que je souhaite aussi, je te conseille fortement de braquer ta baguette à un autre endroit.

- Et toi, Potter, si tu tiens à garder en vie tes bijoux de famille, je te conseille fortement de ne pas me courir sur le haricot, je suis une nerveuse des sortilèges, répondit la sorcière avec un sourire carnassier.

- James, bien qu'en position délicate, ne se départit pas de son sourire maraudesque et reprit tranquillement la conversation.

- J'ai toujours adoré ton obstination, mon aimée, tu le sais.

- Et j'ai toujours détesté la tienne, Potter. Quand finiras-tu par me lâcher ?

- Je crois que tu devrais retourner la question, amour : quand finiras-tu par me succomber ?

- Tu peux crever, charogne.

- Et tu pourras me pleurer, ma vie.

- Je te hais, Potter !

- Je t'aime, mon idolâtrée.

- On y croit tous...

- Je te retournerais bien la remarque mais tu n'apprécierais pas, je suppose.

Lily soupira bruyamment.

- Potter, je t'ai déjà dit d'arrêter avec ces surnoms débiles. Rappelle-toi que je suis en position de force.

- Oh, mais je suis sous tes ordres, prêt à exaucer tes moindres désirs, susurra James fidèle à lui-même.

- Même mon souhait profond de te voir dégager de ma vue ?

- Délicieuse Lily, je ne parlais pas exactement de ces désirs-...

- Et si je te disais que tu n'es pas exactement la personne appropriée pour satisfaire ces désirs- dans mon cas ?

- Et si je te disais mon exquise qu'il ne me semble pas que tu y aies goûté et que donc tu ne peux pas réellement juger ?

- Imbécile !

Il la poussait vraiment à bout à ne jamais perdre son sang-froid ni ses manies exaspérantes de tombeur italien. Ne pouvait-il pas juste partir et la laisser tranquille ? Fatiguée de cet échange verbal dans lequel elle avait toujours le dessous face à l'obstination de ce Potter idiot, elle baissa sa baguette et se retourna vers la fenêtre pour lui faire comprendre que la discussion était close. Mais pauvre d'elle, Potter recommença son manège du début et l'enlaça à nouveau. C'en était trop !

- POTTER ! VIRE IMMEDIATEMENT TES MAINS BALADEUSES DE LA OU ELLES SONT SI TU TIENS A LA VIE ! ET JE NE ME REPETERAI PAS !

Cette foi-ci, James semblait avoir compris puisqu'il retira ses bras. Lily lui refusa le plaisir de se retourner pour le voir s'éloigner et attendit quelques minutes pour repartir vers la grande salle. Elle ne supportait pas qu'il la touche ! Ce n'était pourtant pas difficile à comprendre ! Déjà qu'elle avait du mal avec ses fausses mais régulières déclarations d'amour qui n'avaient pour but que de la blesser alors surtout, pas d'approche physique !

Potter était vraiment trop con ! Cette année, et un peu aussi les précédentes, il ne cessait de jouer la comédie et de la harceler pour qu'elle sorte avec lui. Mais Lily n'était pas aussi idiote que James semblait le croire : elle savait parfaitement que jamais, jamais le beau James Potter ne voudrait réellement sortir avec elle. Alors cette torture gratuite où il essayait de lui faire croire le contraire, pour mieux lui rappeler son physique banal, elle trouvait vraiment ça dégueulasse.

Surtout que... surtout que ça faisait déjà un certain temps qu'elle se l'était avoué : elle ne restait absolument pas insensible à James Potter. Elle qui avait tout pour le détester, elle en était bêtement tombée amoureuse, avec la même mièvrerie idiote que toutes les admiratrices des Maraudeurs. Pourtant, Merlin savait qu'elle faisait tout pour ne pas penser à lui, qu'elle rallongeait tous les soirs la liste de ses défauts, qu'elle se rappelait à chaque instant toutes les crasses que Potter et ses amis faisaient aux plus faibles... Oui, décidément, on ne pouvait pas dire qu'elle ne faisait pas d'efforts pour à nouveau voir en Potter ce qu'il était : un petit con arrogant !

Mais elle avait beau faire, rien ne marchait. Alors pour évacuer, elle écrivait. Et ce matin-là, quand elle arriva bouillante de colère et amère de chagrin, elle posa une feuille à côté de ses céréales et commença à écrire.

Si je te dis un jour

Que j'ai un grand secret,

Que je n'ai jamais dit,

Je me sentais trop bête

-Et de toutes façons,

Tu ne m'aurais pas crue,

Ou pire tu l'aurais fait

Mais pour mieux te moquer.

Je t'ai épié de loin,

Joué la lassitude,

Voire l'agacement,

Pour que tu ne vois rien,

Pour que tu ne voies pas,

Ce que je cache encore,

Mais voudrais oublier.

Je te vois face à moi,

Je me livre et te parle

Et tu devines enfin,

Et tu baisses les yeux.

Pourquoi suis-je venue ?

Trop attachée à toi,

Je n'ai pas résisté

J'ai encore espéré

Mais je n'aurais pas du.

Longtemps j'avais voulu

Te faire croire, insolent,

Que tu m'indifférais,

Que je te trouvais con.

Et d'ailleurs tu l'étais

Et tu dois l'être encore

Mais il n'y a que moi,

Rêveuse invétérée,

Moi et mes rêves fous,

Bête imagination,

Pour t'avoir inventé

De secrètes pensées

Qui me convenaient bien

Parc'que moi je t'aimais

Parc'que je t'aime encore

Quoique je m'en empêche.

Voilà je t'ai tout dit

Et maintenant oublie

Je n'déballerai plus

Promis j'en ai fini.

Et si je t'ai parlé

C'est que j'étais trop lourde,

C'est si large un secret,

J'avais besoin de place,

J'ai tout débarrassé,

J'ai fait le grand ménage,

Je t'ai tout balancé

Et fais-en bon usage.

Adieu ou à jamais,

Ne me rattrape pas

Car même si tu m'aimes

Je n'me sens pas capable

De t'aimer devant tous.

On se déteste trop

Pour contredir' le monde,

Mes amis te haïssent

Et réciproquement.

Je n'aurais pas la force

Alors déteste-moi.

C'est bien mieux comme ça.

Oublie tes rêv', Lily,

N'avoue jamais, jamais.

Lily secoua la tête, les joues rouges et essoufflées. Elle relevait toujours les yeux et la plume de sa feuille dans une sorte de transe. Elle cligna un instant des yeux, se recomposa un visage sévère et ensorcela la feuille pour la rendre illisible. Il ne manquerait plus que quelqu'un tombe dessus. En vitesse, Lily finit son petit déjeuner et rangea ses affaires pour se rendre à son premier cours de la matinée.

Sur le chemin qui l'emmenait vers la classe, son visage immobile comme du marbre et ne trahissant pas ses pensées profondes, elle essaya de refouler sa tristesse. La vie était décidément injuste. A part ses deux meilleures amies, tous ceux qu'elle aimait la détestaient, la ridiculisaient. Un vraie malédiction à ce qui lui semblait. Quand elle était entrée à Poudlard, sa sœur adorée à laquelle un cou particulièrement permettait de faire partager en riant tous les potins du quartier, était devenue une vraie teigne. Ensuite, au début de sa scolarité, elle était brièvement tombée amoureuse d'un certain Severus Rogue dont les cheveux gras lui plaisaient tant qu'elle y voyait un masque de théâtre contre l'extérieur. Hélas ce dernier n'avait pas cessé de la traiter de Sang-de-bourbe... Non, vraiment, elle trouvait cela désespérant, et un peu trop récurrent.

Mais bien sûr, elle ne laissait personne voir ce qu'elle avait en tête, pas même ses meilleures amies : quand on a honte de qui on aime, on a peur d'être jugée et encore plus par ceux à qui l'on tient énormément. C'était drôle de le dire, mais pour cela, elle aurait préféré en parler avec sa sœur. En plus, Lily avait une peur panique que son secret s'ébruite et qu'on se moque d'elle, que James se moque d'elle. Alors ne rien dire à personne, absolument personne, c'était le seul moyen sûr qu'elle avait trouvé de ne pas être percée à jour, quoi qu'il arrive. Et pour cela, elle jouait son propre rôle de sorcière délurée à la perfection. D'ailleurs, dans son cours d'arithmancie, elle devait retrouver des connaissances de Serdaigle avec qui elle s'amuserait discrètement. Et personne ne verrait que son sourire radieux n'était qu'en toc !

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- Coucou, Lily. Comment c'était l'arithmancie ce matin ?

- Comme d'habitude, Mary. La prof est sympa, la matière m'intéresse.

- Mon Dieu ! Tu es irrécupérable, Lily, s'exclama Emily. Moi qui pensais que tu me soutiendrais contre Mary, je constate que tu es aussi maso qu'elle !

- Te soutenir contre Mary pour quoi ?

- Elle a déplacé sa petite annonce dans la Grande Salle.

- Oui ! et je l'assume parfaitement, Emily. Ce matin, j'ai eu des envies de grandeur et j'ai décidé qu'élargir le nombre de mes amoureux potentiels à toute l'école n'était pas de trop.

- On avait oublié que tu avais un faible pour les Serpentards casés, lança Lily avec un clin d'œil.

- Très drôle ! En attendant, Emily a changé trois fois de robe pour se préparer à ce cours de métamorphose. Alors j'assume mon masochisme uniquement si vous le revendiquez avec moi.

- Aucun problème. Et je ne vous ai pas encore parlé de mon pic masochiste de la journée.

- Raconte, demanda Emily tout en guettant l'arrivée de sa professeur préférée.

- Si je tenais à ma tranquillité, je serais déjà hors de l'école à des milliards de kilomètres d'ici, mais... j'aime souffrir et je reste dans la même classe que Potter qui m'a encore emmerdée ce matin...

- Le merdeux ! Il profite qu'on soit pas là, fulmina Mary.

- Quoique même avec nous dans les parages il ne se gêne pas trop, constata Emily.

- Bah, vous connaissez la chanson : quand on est con, on est con !

Lily savait que monter encore plus ses amies contre Potter n'était pas l'idée du siècle alors qu'elle en était amoureuse. Mais puisqu'elle était bien décidée à ne pas parler de ses sentiments idiots, la seule manière qu'elle avait d'aborder le sujet "Potter" avec ses amies était de dénigrer le jeune homme. Ce qui en plus renforçait sa couverture car nul dans l'école ne pouvait ignorer que Lily Evans était la plus fervente ennemie de James – et ce n'était pas peu dire, car les deux autres "Why" étaient déjà bien agressives avec les Maraudeurs.

De toutes manières, MacGonagall arriva, mettant fin à leur conversation et les trois jeunes filles rentrèrent en cours, n'oubliant pas de surveiller discrètement les Maraudeurs dont elles sentaient inconsciemment qu'ils préparaient un de leurs plus gros coups, ce qui était forcément un mauvais présage pour elles, leurs ennemies attitrées quand les Serpentards se tenaient tranquilles.

De ce fait, il parut d'autant plus suspect aux Why que les Maraudeurs s'installent juste derrière elles en classe... Et ils n'étaient effectivement pas innocents. Malheureusement, cette constatation ne permit pas aux filles d'éviter de tomber dans le piège habilement tendu par les garçons. En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, les Why se retrouvèrent muettes et cotonneuses à leur table, tout juste aptes à se tenir droites et à présenter un simulacre d'attention à l'incorruptible MacGonagall. Pour Emily, sa tête un peu hébétée ne contrastait pas avec le visage ébloui qu'elle arborait toujours en présence de sa professeur préférée, mais pour Lily et Mary, la différence d'avec leur état habituel était assez flagrante. Néanmoins, les Maraudeurs avaient réussi leur coup : on ne savait toujours pas où ils voulaient en venir mais en tous cas, les Why étaient hors d'état de nuire. Et le pire c'est que personne ne s'était rendu compte de rien, les imbéciles ! Enfin MacGonagall se retourna vers le tableau et commença à présenter son cours. C'est alors que du banc derrière les jeunes filles s'élevèrent... leurs propres voix !

- MacGonagall est une vieille peau ! clama la voix de Mary.

- Je suis sûre qu'elle n'aura jamais d'histoire d'amour ! appuya la voix d'Emily qui blêmit.

- Et puis ses cours sont d'un niveau... nul ! enchaîna la voix de Lily.

- Oh non ! Ils n'avaient pas osé faire ça tout de même ?

- Mesdemoiselles Evans, Grey et Midland, vous aurez l'obligeance de passer me voir à la fin du cours, se fit entendre MacGonagall, un peu rouge mais implacable.

Ils avaient osé ! Non, vraiment, c'était déloyal ! Toutes leurs guerres n'avaient jusqu'ici jamais impliqué les professeurs, c'était comme un accord tacite. Et les jeunes filles, s'ils elles n'avaient pas des activités irréprochables dans les couloirs de Poudlard, ni à des heures avouables, s'étaient toujours parfaitement tenues en cours. Elles avaient toujours été d'impeccables élèves pendant les heures d'étude et c'est bien ce qui leur permettait autant de liberté dans leurs exploits plus illicites. Les professeurs poursuivaient rarement trop longtemps des élèves qui se montraient aussi inoffensives, et ceux qui avaient des doutes sur leur honnêteté se montraient plutôt larges avec de si adorables élèves. Alors là, les Maraudeurs avaient réellement frappé dans un domaine sacré pour les Why : leur réputation auprès des professeurs.

Près de cinq minutes après "leur" intervention à l'oral, elles se retrouvèrent tout à fait bien, elles avaient retrouvé la parole et l'énergie. Elles employèrent d'ailleurs tout au long du cours cette énergie à fulminer aussi bien qu'à étudier. Mais les minutes s'écoulèrent et arriva le fatidique moment où les Why durent se rendre au bureau de MacGonagall sous les regards moqueurs des quatre garçons. Et en plus Peter ne les avait même pas prévenues ! Enfin, la voix de leur professeur tira chacune des sorcières de ses pensées et elles fixèrent la femme encore très belle qui leur faisait face.

- Mesdemoiselles, je vous avouerais que je suis particulièrement étonnée et déçue de votre comportement d'aujourd'hui.

La voix du professeur accentua spécialement le mot "déçu". Il était évident que cette femme appréciait énormément ces trois élèves, peut-être même en dehors de leur comportement scolaire, et qu'elle tombait de haut face à leur bêtise du jour.

- J'espérais en outre si jamais ces imbécillités devaient vous attirer que vous eussiez proféré des critiques à mon égard un peu plus spirituelles.

Non seulement elle était déçue, mais en plus elle était blessée. Les Why étaient horriblement gênée. Même si toutes ne voyaient pas la professeur par les yeux d'Emily, les trois admiraient et respectaient beaucoup leur enseignante. Devant quelqu'un d'autre, elles auraient tenté de se défendre, mais là, puisque les remarques des Maraudeurs avaient fait mouche, elles ne tentèrent même pas de s'excuser.

- Enfin, il faut s'attendre à tout de tout le monde, je suppose. En attendant, il est évidant que vous êtes toutes les trois en retenue ce soir. Vous aurez pour travail de couper des bûches de bois pour les nombreuses cheminées du château. Maintenant, sortez de la salle.

Les Maraudeurs allaient payer : la première retenue de toute leur scolarité ! Et la baisse dans l'estime de MacGonagall ! Pas de doute, cette retenue allait leur permettre d'évacuer physiquement toute la rage qui bouillait en elles, et surtout les Why allaient pouvoir sans se faire entendre préparer un plan d'attaque pour se venger.

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- Bon, les filles, on abandonne le plan Sirius, rugit Lily en fracassant une bûche d'un faisceau de sa baguette.

- D'accord avec toi, ce n'est pas assez cruel ! renchérit Mary, les joues rouges, pendant qu'elle chargeait dans une brouette de nombreuses bûches à amener à ses amies.

- T'es d'accord, Emily ? Emily ?

Face au silence de la jeune fille, les deux autres se tournèrent vers elle pour voir ce qui se passait.

- Vous pensez qu'elle pourra me pardonner un jour ? demanda Emily au bord des larmes.

- Te pardonner quoi ? demanda doucement Mary.

- L'allusion à ses amours de tout à l'heure, précisa piteusement la jeune fille.

- Vous savez quoi, les filles ? intervint Lily. Je pense qu'on devrait toutes écrire à MacGo pour lui expliquer ce qui s'est passé, sans citer de nom, pour qu'elle sache qu'on n'a jamais voulu lui faire ça.

- J'adhère !

- Et moi aussi. Mais le temps qu'elle comprenne, ça va encore repousser ma déclaration d'amour, ça !

Les trois jeunes filles éclatèrent de rire et reprirent leur travail forestier ainsi que leur discussion vengeresse.

- Cette fois-ci, il faut vraiment frapper là où ça fait mal, posa comme règle Lily.

- Il n'y a pas de raison qu'on les épargne. Jusque là, on gardait une certaine éthique mais aujourd'hui, ils ont vraiment dépassé les bornes, ajouta Mary.

- Et bien moi j'ai une idée qui ne va vraiment pas leur plaire...

- Dis-nous, Emily.

- Toi, Lily, tu es excellente en potions, et toi, Mary, tu es très douée en botanique, quant à moi, je me débrouille en sortilège.

- Et... ?

- Alors ce n'est pas compliqué : Lily nous mitonne un joli Veritaserum, Mary nous pouponne une plante parlante ET qui s'étend sur toutes les parois à vitesse grand V, et moi je nous ramène les Maraudeurs.

- J'ai peur de comprendre, observa Mary avec un sourire sadique à souhait.

- Emily me les livre gentiment ensorcelés, moi je leur donne à boire, ils me révèlent leur plus grand secret et les petites bêtes de Mary se chargent de répandre les indiscrétions que les garçons nous auront révélées...

- Exactement.

- Ca me parait parfait, dit Mary en se frottant les mains. Bon, on se finit ces bûches et on s'y met ?

- A vos ordres, patron !

Quelques heures plus tard, la corvée était enfin terminée et les Why grimpèrent jusqu'à leur salle commune. Elles comptaient s'y réchauffer un peu avant de monter se coucher, mais le devant de la cheminée était déjà occupé par quatre silhouettes reconnaissables entre toutes.

- Mais qui voilà ? Ne seraient-ce pas trois charmantes jeunes demoiselles qui ont odieusement insulté la professeur la plus compétente de Poudlard ce jour même ?

- Rajoute une seule parole, Sirius, et je te promets une fin digne de celle que tu aurais pu avoir face à ton maître si tu étais resté dans ta charmante famille, prononça Emily sans presque desserrer les dents.

- Oui, tu as remarqué, Emily, j'ai choisi ton intervention de ce matin spécialement pour toi. Rien n'est laissé au hasard chez les Maraudeurs.

- Alors comme ça espèce de Black répugnant tu as volontairement grillé Emily face à MacGo ? s'avança Mary.

- Grey... Je discutais avec Emily, tu nous laisses un peu ? demanda Sirius sarcastique.

- Et moi qui croyais que Potter était le pire de la bande, constata Mary. Comme quoi, être Maraudeur est un constant défi : vais-je réussir à dépasser la connerie profonde de mes camarades aujourd'hui ? Personnellement, j'aurais pensé que c'était d'une difficulté inouïe, mais vous vous débrouillez plutôt bien.

- Toutes nos félicitations, applaudit Lily en s'approchant du feu.

Le trio glacial que formaient les filles avec un bel ensemble était réellement effrayant et Peter commençait à se poser la question des représailles. Quant à James, il était renfrogné. Généralement, quand Maraudeurs et Why se faisaient la guerre, ils se félicitaient malgré tout mutuellement et sincèrement de ce que les autres leur avaient infligé. Mais là, les trois filles semblaient sérieusement en colère. Et ça n'arrangeait pas trop James qui aurait voulu une conversation bonne enfant près du feu, si possible avec Lily dans les parages. Remus, lui, rangea un papier qu'il lissait depuis quelques instants et redressa la tête pour dire calmement :

- Très bien. On a compris qu'on était allés un peu loin. Mais ce n'est pas la peine de vous éterniser ici à nous le reprocher. On ne peut pas revenir en arrière. Et je présume que votre prochain coup nous le fera bien sentir à nous aussi. Ensuite, on saura chacun ce qu'il ne faut pas toucher et nos guerres redeviendront comme avant.

Le calme de Remus était vraiment impressionnant mais les Why détestaient ne pas avoir le dernier mot. Aussi Lily rajouta :

- On se vengera, ne vous inquiétez pas, mais à votre place, j'aurais encore un peu peur ce soir. La crasse que vous nous avez faite est encore trop récente pour qu'on relativise aussi bien que vous...

Le silence qui suivit la remarque était des plus éloquents. Remus se leva, immédiatement imité par ses trois amis qui semblaient vouloir faire bloc mais aussi protéger leur ami particulièrement fatigué. Emily, Lily et Mary ne bougèrent, elles, pas d'un cil et attendirent la suite. Qui fut fort décevante. Les Why auraient vraiment voulu passer leur colère sur les Maraudeurs ce soir mais Remus les salua d'un sourire fatigué et monta dans son dortoir, suivit de près par ses amis inquiets pour lui.

- Petits joueurs ! les insulta Lily quand ils furent partis.

- Les Maraudeurs ne sont plus ce qu'ils étaient, soupira Emily.

- Une méchanceté dans la journée et ils sont trop fatigués pour un duel le soir, il y a du relâchement. Qu'est-ce que t'as fait au petit pote Potter ce matin, Lily ?

- Rien, Mary, à mon grand regret. Je l'aurais bouffé, je te jure ! grogna Lily, riant intérieurement du double sens de ses paroles.

- Ben moi c'est Sirius que je me serais fait ce soir... Quel vicieux celui-là...

- Oh, tu ne nous avais pas prévenues que c'était finalement toi qui t'étais dévouée pour coucher avec lui, s'étonna Mary avec de grands yeux "naïfs".

- Mary, tu es irrécupérable, dit Emily en se retenant de rire. Je parlais de vice psychologique, pas... enfin pas comme toi tu l'entendais.

- En attendant, Mary a détendu l'atmosphère, et on en avait franchement besoin après une journée comme ça. Et puisque les Maraudeurs font les flemmards, on n'a qu'à aller se coucher aussi. On sera plus en forme pour demain, conclut Lily avec un sourire significatif. Allez, au lit, les filles !

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Vala ! Fin du chapitre. J'espère que j'ai été compréhensible et qu'il vous a plus (même si certains passages détonnent un peu dans l'ambiance du moment). Je crois surtout qu'il a été un peu plus rapide. Je le poste juste avant mon départ en vacances donc ne vous étonnez pas si mes réponses aux reviews tardent un peu (d'ailleurs n'hésitez pas à me faire toutes vos critiques, bonnes ou mauvaises, ça fait toujours plaisir de savoir qu'on a été lue). Et puis si quelqu'un apprécie toujours mon histoire après ce troisième chapitre et qu'il a une bonne orthographe, je vous annonce que je suis à la recherche d'un(e) bêta-readeur(/se) pour corriger mes éventuelles fautes – surtout que je suis une fictionneuse qui ne se relit absolument pas. C'est tout ce que j'avais à dire, je crois. Il ne me reste plus qu'à vous faire tous de gros bisous et à vous souhaiter, si vous en avez, de bonnes vacances.

'Clochett'