Chapitre 3 :

Je regardais incrédule la chambre qui allait être la mienne pour les prochains jours, mois, années, à venir. Toutes les chambres étaient construites sur le même modèle. Tout ce qui changeait était la taille. J'avais déménagé du bâtiment des « invités » à celui de Tousen. Il se trouvait non loin du dôme où j'étais né.

J'avais passé plusieurs heures à essayer de comprendre ce qui m'arrivait. Il faut dire que balloté par les 4 femmes, je n'avais pas résisté. Elles étaient très liées, enfin autant qu'on peut l'être dans une situation comme la leur. Apache, Mirarose et Sunsun étaient les fraccions d'Hallibel et par conséquence passaient leur temps ensemble. Même si de prime abord, elles semblaient se chamailler à longueur de temps, il n'en existait pas moins une complicité et une amitié très fortes entre elles. Lilinette était la fraccion de Stark, le Primera, et donc elle était celle qui avait le plus d'influence parmi les fraccions. Normalement, elle pouvait tous les commander. Je dis bien normalement, parce que dans la réalité, il en était tout autrement. Les fraccions d'un même Espada restaient entre elles. Il n'y avait que peu d'échange entre elles. Là aussi, c'était un point d'étonnement pour moi mais il semblait qu'à elles quatre, elles formaient une exception en se fréquentant.

Les fraccions vivent dans le sillage de leur Espada. Voilà le plus important. Ce que je me devais de retenir plus que tout. Une fraccion ne peut entretenir aucune relation d'aucune sorte sans l'aval de son Espada. Pour ma part, Tousen n'était pas un Espada mais un Superviseur. Il se trouvait un rang au dessus. Et par conséquent, moi aussi. Lilinette m'apprit donc que j'avais plus de pouvoir qu'elle. Elle avait dit ça avec une moue triste, ce qui avait provoqué l'hilarité des fraccions d'Hallibel, puis la sienne et enfin la mienne.

Elles m'expliquèrent qu'elles se soutenaient mutuellement parce que les femmes ici étaient rares. Et qu'elles me considéraient, pour l'instant, comme l'une des leurs. Ce qui me fit grandement sourire. Si elles savaient la vérité …


-Entrez!

Je ne me retournais pas. Je savais d'avance qui venait d'entrer dans ma chambre. J'avais la tête dans le placard à ranger tous les vêtements que de petits arrancars venaient de m'apporter. Des uniformes comme celui que je portais, et d'autres vêtements que j'avais réussit à avoir avec l'aide de Lilinette. La petite blonde avait débarqué dans l'atelier couture et avait passé un savon au responsable. Du coup, j'allais avoir ce que je voulais.

-Hasekawa, fit la voix morne d'Ulquiorra.

-Bonjour Ulquiorra.

-...

-Je suppose que tu vas me faire visiter?

Il me regarda comme s'il se demandait si ça valait la peine qu'il réponde. Je haussais les épaules. Il voulait rien dire, et bien qu'il dise rien!

-Suis-moi, m'ordonna-t-il après quelques secondes de silence.

Nous traversâmes encore une fois Las Noches. Cependant, je me rendis compte que le Cuarta me baladait. Une fois arrivé à destination, je lui fis la réflexion.

-Pourquoi tu nous as fait faire le tour de Las Noches?

Il se retourna pour me regarder haussant légèrement un sourcil.

- …

-J'ai remarqué qu'on a fait le tour complet. Y'avais un chemin plus court pour venir jusqu'ici.

-Je ne pensais pas que tu t'en rendrais compte aussi rapidement, fit-il légèrement étonné.

-Prend moi pour un con en plus!

-Pour une conne serait plus exacte. Tu es une femme, fit-il remarquer.

-Merci de me la rappeler! Grondais-je.

-De rien, déclara-t-il laconiquement.

Il se retourna comme si de rien n'était, me laissant légèrement contrarié et frappa à la porte. Celle-ci coulissa et il entra dans une pièce sombre. Je le suivis, mais ne put faire deux pas à l'intérieur que je me sentis agrippé au niveau de la jambe. Je regardais donc ce qui m'empêchait d'avancer et rencontrais le regard vide d'un petit arrancar blond.

-Ahhhhh!

-Wonderweiss, appela doucement Tousen.

Le petit blond regarda l'aveugle et finit par me lâcher. J'avançais alors et saluais mon … supérieur.

-Tousen-sama.

-Ne te laisse pas impressionner par Wonderweiss, Hasekawa. Il est comme toi, à mon service.

-Bien, Tousen-sama.

Je regardais un peu plus autour de moi. La pièce était plongée dans une espèce de pénombre. De taille moyenne, elle était vide, exception faite d'une table et de plusieurs chaises dans un coin. Une porte se situait face à celle que je venais d'emprunter. Je m'aperçus qu'Ulquiorra attendait sagement dans son coin. Il était tellement silencieux et calme qu'on pouvait très bien ne pas détecter sa présence au premier abord. Ce qui ne semblait pas le cas de Tousen.

-Que veux-tu Ulquiorra?

-Aizen-sama voudrait vous voir, Tousen-sama.

-Dis lui que j'arrive. Je montre d'abord certaines choses à Hasekawa.

-Bien Tousen-sama, fit le Cuarta en s'inclinant et en disparaissant.

Je me retrouvais donc avec celui qui allait gouverner directement ma vie et mes actes. Je l'observais en silence et je pense qu'il devait faire de même d'une certaine façon puisque je sentis des filets de reiastu filer vers moi et me tâter. Je le laissais faire.

-Tu sembles … innocente.

-Innocente? Fis-je interrogatif.

Il ne me répondit pas et se contenta de m'inviter d'un geste de la main à le suivre. Ce que je fis, intrigué par son comportement. Nous passâmes alors dans l'autre pièce, remplie d'écrans de vidéo surveillance. Tousen s'assit sur un siège face aux écrans. Il manipula un instant les pupitres puis se retourna vers moi. Les mains posées à plats sur les accoudoirs.

-Voilà ton travail, me dit-il simplement. Tu vas surveiller Las Noches. Et sévir en cas d'infractions.

-Je fais la police en quelque sorte

-Effectivement, me répondit-il un fin sourire aux lèvres. Aizen-sama … je n'ai plus guère assez de temps à consacrer à cette activité. Tu me remplaceras donc. De plus, tu te familiariseras ainsi plus facilement avec les lieux et les habitants de Las Noches.

-Bien Tousen-sama.

-Tu sembles pleine de bonne volonté et j'aime ça. Je ne te veux en aucun cas du mal, mais sache cependant que je ne serais pas plus clément avec toi parce que tu es ma fraccion.

-Bien Tousen-sama.

Je saisis la menace sous-jacente. Il ne me connaissait pas et voilà qu'on m'imposait à lui. Il n'avait peut être pas eut son mot à dire. Je savais qu'il ne portait pas Grimmjow dans son cœur. Je savais aussi que pour lui la Justice était plus importante que tout.

-Je te laisse.

Il se leva et sortit de la salle de vidéo surveillance, me laissant seul avec Wonderweiss. Le petit arrancar s'installa dans un coin et son regard se perdit dans le vide. Je n'y fis plus attention et m'installais face au pupitre. Je commençais ainsi mon service au coté du Superviseur Tousen.


-Lâche-moi!

-Pas question, grondais-je.

-Putain! Vire tes sales pattes de là!

-Je répète … pas question.

Une chose que les filles avaient oublié de me dire était que les arrancars étaient de sales petits monstres des bacs à sable. J'avais épinglé l'un d'entre eux à un mur. Il faut dire qu'il venait tout simplement de tuer un des serviteurs du palais sans aucune raison. Je me trouvais dans une partie des bâtiments que je n'avais pas encore visités. Il s'agissait de la « pépinière » d'Aizen, comme je l'appris plus tard. Dans ce vaste bâtiment, se trouvaient les Hollows fraichement transformés en arrancars, ou qui attendaient cette transformation. Ils étaient un peu livré à eux même, et du coup se permettaient de faire tout et n'importe quoi. Et là, c'était n'importe quoi.

Je regardais l'homme, avec dégout et haine. Je ne pensais pas pouvoir haïr comme ça aussi facilement. Il était grand par rapport aux autres. De plus, c'était lui qui s'approchait le plus d'un humain. Les filles m'avaient expliqué que plus un arrancar se rapprochait de l'humain, plus il était puissant. Celui-ci devait être le chef de ceux qui nous observaient, formant un cercle autour de nous. Certains pouvaient tout juste être qualifiés d'humanoïdes. Ils nous regardaient, partagés entre envie de meurtre sur ma personne et peur de moi. Ils ne me connaissaient pas.

Il faut dire que j'avais atterris au milieu d'eux, le corps du serviteur encore chaud à leurs pieds et que j'avais attrapé le coupable par le bras pour l'emmener avec moi. Il s'était défendu et moi aussi. Du coup, j'avais finit par l'épingler au mur. Même si j'étais plus frêle que lui, j'étais incontestablement plus fort.

-Tu vas me lâcher, femme!

-Tu n'aurais jamais dû dire ça, grondais-je.

Je l'enfonçais encore un peu plus dans le mur. Une lueur de haine passa dans mon regard et il se tue. Il se mit légèrement à trembler. Ses pieds ne touchaient plus terre et il sentait la pression sur sa gorge se faire plus forte.

-Je m'appelle Hasekawa! Je suis la fraccion de Tousen-sama! Criais-je. C'est à moi désormais que vous aurez à faire en cas de non respect des règles.

Le plus grand silence suivit ma déclaration. Et peu à peu, les arrancars présents se détournèrent de nous, s'éloignant sans en avoir l'air de celui qui avait été leur chef. Je me surpris une fois de plus à ressentir un élan de haine pur envers cet être qui, au final, ne m'avait rien fait, mais représentait tout ce que je détestais. J'entendis un petit rire au fond de ma tête, mais me dépêchais de l'ignorer.

Je sentis une présence à coté de moi et me retournais. Se tenait prés de moi, plusieurs arrancars serviteurs avec leurs uniformes rose clair rayé de noir et leurs masques identiques sur le crâne.

-Hasekawa-sama?

-Oui?

-Laissez-nous nous occuper de lui.

-Avec plaisir, fis-je dans un grand sourire carnassier digne de Grimmjow.

Je lâchais l'arrancar que je tenais toujours, n'y pensant déjà plus et m'éloignais, laissant ainsi « la famille » de la victime se venger. Je n'avais plus qu'en tête mon amant. Cela faisait un petit moment que je ne l'avais vu et il me manquait. Mais le plus important, je voulais le voir pour lui parler de certaines choses.


J'étais tranquillement installé devant les écrans de vidéo surveillance, passant et repassant de l'un à l'autre. Je sentais vaguement la présence de Wonderweiss derrière moi. Il me faisait un drôle d'effet. Je n'arrivais pas à déterminer ce qu'il en était, j'avais l'impression qu'il lui manquait quelque chose... une drôle d'impression en tout cas, car je ne ressentais rien venant de lui. Ni haine, ni colère, ni ressenti. Rien à part un profond calme. N'empêche que j'étais bien contente de sa présence à mes cotés. Je n'étais pas seul comme ça.

-Mais tu n'es pas seule, Hime!

Je sursautais, ne m'attendant pas du tout à cette intervention de mon hollow. Moi qui pensais être tranquille.

-Mais tu ne le seras jamais Hime! Jamais! Jamais! Jamais! Jamais!

Je me renfrognais et décidais d'ignorer Shaiming qui s'ingéniait à essayer d'accaparer mon attention. Tant et si bien que je sursautais de nouveau en sentant une main se poser sur mon épaule.

-Hasekawa?

-Tousen-sama! M'écriais-je en me retournant.

-Je t'ai fait peur? Me demanda-t-il surpris.

-Non … c'est juste que j'étais perdu dans mes pensées.

-Tu peux disposer du reste de ton temps pour aujourd'hui. Tu reviendras demain matin.

-Bien Tousen-sama.

Je me levais rapidement et disparut aussi vite que possible. Je sortis des locaux de surveillance et me dirigeais vers mes quartiers. Il me restait encore un peu de temps avant que le repas du soir ne soit servi. Je décidais d'aller m'entrainer et d'avoir une discussion avec Shaiming.

Je longeais les couloirs lorsque des bruits de disputes me parvinrent et je me dirigeais vers eux. Arrivé sur place, je me figeais devant le spectacle peu commun qui s'offrit à moi. D'un coté, Apache était retenue par le bras par Mirarose et de l'autre Nnoitra se tenait droit comme un i. Entre eux deux se trouvait Tesla. Sunsun, elle, était un peu en retrait.

-T'es qu'un enfoiré Nnoitra! Cracha la brune.

-Et qu'est ce que tu crois que ça peux bien me faire! Lâche-moi un peu, tu veux!

-Jamais!

-Apache, arrête! Murmura Mirarose. V'là Hasekawa!

Aussitôt, tous se tournèrent vers moi. Nnoitra me toisa de haut en bas et se détourna pour repartir. Tesla regarda alternativement Apache et son Espada avant d'envoyer un sourire triste à la jeune femme et de suivre son maitre. Apache secoua son bras et Mirarose la lâcha.

-Fais chier! Jura-t-elle.

Puis, elle se détourna elle aussi, et partit en sens inverse. Je m'approchais des deux autres fraccions d'Hallibel.

-C'était quoi ça? Questionnais-je.

-Notre quotidien, me répondit laconiquement Sunsun avant de se mettre à suivre son amie.

Je restais donc avec Mirarose. La jeune femme semblait … contrariée et passablement énervée. Je connaissais un bon moyen de lui faire passer cet état.

-Ça te dirait un petit combat?

Elle me regarda interrogative avant de me renvoyer un sourire carnassier.

-Pourquoi pas?

Et nous nous mimes à la recherche d'une salle d'entrainement libre.


J'étais passablement calme et détendu. Je m'étais bien amusé avec Mirarose. La jeune femme était une combattante redoutable, mais que j'avais facilement battu une fois passé en shikaï, bien que j'avais repoussé au maximum cet instant. J'avais éprouvé le besoin de ce combat simple pour faire le point avec moi-même. Taiyoufuu et Shaiming avait pour leur part réglé leurs comptes dans mon monde intérieur et quand Taiyoufuu en avait eut finit avec mon hollow, elle m'avait permis de passer en shikaï, mettant fin ainsi au duel.

A ma table, se trouvait les trois fraccions d'Hallibel et celle de Stark. La petite blonde nous racontait comment elle avait essayé de réveiller son Espada, avec grand succès d'ailleurs. Il semblait que le Primera passait son temps à roupiller. Lilinette était donc debout, un pied sur sa chaise et l'autre sur la table, racontant à renfort de grands gestes, comment elle avait réussit à glisser une araignée dans la bouche de Stark, ce qui avait fait décollé le pauvre de son lit. Apache et Mirarose étaient écroulées de rire sur la table, Sunsun et moi même étions en train de rire, un peu plus discrètement.

Bien sûr, nous étions le point de mire de tout le réfectoire. A la table voisine, Hallibel tapotait gentiment l'épaule de Stark qui était penché sur la table, essayant de vérifier si la tactique de l'autruche fonctionne aussi avec une table. Sur les autres tables, étaient dispersés les différents Espada et les fraccions. Sur une table légèrement surélevé se trouvait Aizen et Ichimaru. Les deux hommes dinaient tout en discutant. Ils semblaient proches l'un de l'autre, et je ne pouvais empêcher mon regard d'être attiré par eux, par le couple qu'ils formaient.

-Sun, murmura une voix derrière moi.

Je me figeais, le cœur battant à toute vitesse et la respiration coupée. Je n'osais me retourner de peur d'avoir imaginé cette voix. Grimmjow se tenait derrière moi et d'après les visages des filles, je n'avais rien imaginé du tout.

-Sun, murmura-t-il une deuxième fois.

Et cette fois-ci je me retournais. Il était bien là et apparemment, il se retenait lui aussi de ne pas me sauter dessus. J'avais agrippé mes genoux pour empêcher mes mains de se diriger vers lui. Il m'avait manqué.

-Grimmjow, murmurais-je incapable de dire autre chose.

-Je vois que … tu te portes bien. Fit-il visiblement mal à l'aise d'être le centre d'attention de tous.

-Oui … je me porte bien. Et toi?

-Ça peut aller, me répondit-il.

Je voyais bien qu'il n'en était rien et le voir dans cet état ravivait la douleur dans mon cœur. Je ne pouvais me lever et le prendre dans mes bras comme je l'aurai voulu. Je ne pouvais en aucun cas lui montrer ce que je ressentais. Nous n'avions jamais été très démonstratif en public et là … le lieu ne s'y prêtait guère, sans parler du fait que Tousen m'avait bien fait comprendre qu'il ne voulait pas que je m'approche de Grimmjow, pour être plus précis, que je ne me laisse pas approcher.

-Viens Grimmjow, v'là Tousen! Lança un de ses fraccions que je n'avais pas vu.

Je regardais alors un grand blond attraper le bras de Grimmjow et l'entrainer au loin. Il s'agissait d'Il Forte et le regard qu'il me lança ne me plut guère. Pas plus que le fait qu'il ne lâcha pas le bras de mon amant, ni qu'il s'assit à coté de lui. Trop prés à mon goût. Il leva la tête et nos regards se croisèrent. Je pouvais voir une lueur de défi et de revanche dans le sien. Le mien devait refléter haine et douleur. Je sentais vaguement ces ressentis prendre le dessus sur moi. Je sentais quelque chose de sombre envahir mon cœur. Shaiming.

-Hey! Sun!

Je sursautais et regardais un peu hagard Apache. La jeune femme avait posé sa main sur mon bras. Elle avait l'air inquiète. Mais pourquoi?

-C'est normal tes yeux qui virent au noir? Me demanda-t-elle.

-Au noir?

Elle acquiesça et je regardais les autres pour avoir confirmation du fait. C'était donc bien Shaiming que j'avais senti prendre le dessus.

-Non, répondis-je.

-Et le fait que tu grinces des dents? Demanda Mirarose.

-Remarque moi aussi je grincerais des dents si j'voyais mon amant partir avec son ex, s'exclama la brune.

-Tu grinces déjà des dents, Apache! Fit remarquer Sunsun. Dés qu'tu vois Nnoitra …

Je remerciais intérieurement Sunsun d'avoir détourné la conversation sur un autre sujet que moi. Apache s'énerva de nouveau sur le Quinta et la façon dont il traitait son fraccion. J'en appris un peu plus sur ce « couple ». Et me demandais vaguement si Apache n'était pas amoureuse du petit blond. Je le cherchais du regard et le vis assis à coté de son Espada, regardant dans notre direction. Je ne pensais pas qu'il puisse nous entendre mais il ne pouvait s'empêcher de nous regarder. Nous ou Apache? Je décidais de faire attention aux agissements de Tesla en notre présence pour voir si ce que je devinais était vrai ou pas. Et puis je pourrais toujours demander à Mirarose et à Sunsun, des explications.


Plusieurs jours passèrent ainsi. Je commençais à me familiariser avec les lieux et les personnes y vivant. Je m'absorbais dans mon travail qui consistait ni plus ni moins à empêcher la plupart des arrancars fraîchement nés de s'entre-tuer et de tout casser. J'avais peu à faire avec les fraccions et les Espadas. Ils arrivaient à se tenir convenablement du moment qu'ils ne se croisaient pas outre mesure. À part Nnoitra et Apache. Ces deux-là ne pouvaient s'empêcher de d'insulter quand ils se voyaient. Je percevais la tristesse de Tesla. Il était pris entre deux feux, entre son admiration et sa dévotion pour son Espada et ce qu'il ressentait pour Apache. Je ne pouvais pas appeler ça de l'amour, mais dans un certain sens il aimait que la jeune femme prenne sa défense et s'intéresse à lui, autrement que pour son propre plaisir.

De mon coté, je sentais encore vaguement la présence de Shaiming, tapie dans un coin de ma tête. Je sentais me venir par vague ce qu'elle ressentait et par moment, je ne faisais plus la distinction entre elle et moi. Ou tout du moins, ce que je ressentais je ne savais à qui je le devais. Moi ou elle?

Je ressentais le besoin de chaleur. Mais encore une fois je ne savais de qui il emmenait. Bien sûr, Grimmjow me manquait. Cruellement même. Mais je ressentais aussi le manque qu'avait laissé Unohana Taïcho, Rukia, et les autres. De même que par moment, je ressentais la cruelle morsure de la trahison de la part de Sona. Je n'en revenais toujours pas de ce qu'elle m'avait fait.

-Elle t'aimait, souffla une voix.

Je sursautais. Personne autour de moi. Je fonçais les sourcils.

-Je suis toujours avec toi, Hime.

Je gémis. Je n'avais pas envie d'ajouter Shaiming à la liste de mes problèmes.

-Depuis quand en suis-je un? J'ai toujours été là Hime. Comme Taiyoufuu.

-Nous avons toujours été là, me confirma mon zanpakuto.

-Taiyoufuu, tu vas pas t'y mettre toi aussi? Fis-je plaintivement.

-Je vais m'y mettre un peu plus sérieusement si tu continues à ruminer sans bouger ton cul! S'exclama Taiyoufuu.

Là, ça prenait la direction d'une discussion sérieuse et j'entrais en méditation pour aller dans mon monde intérieur, mettre les points sur les i des deux abruties avec lesquelles je cohabitais.