Et coucou :)

Avant dernier chapitre ! Il m'a un peu échappé celui-là, je le confesse... Mais c'est Jack quoi ! J'espère qu'il vous plaira tout de même, bien qu'on s'éloigne un peu de la famille de Ianto à proprement parler


« Bonjour ! Vous êtes bien sur le répondeur de Ianto Jones, laissez moi un message et je vous contacterai ! »

Le coeur de Jack se serra un peu plus en tombant une énième fois sur le répondeur du Gallois, et surtout en entendant le rire d'une jeune femme résonner de loin à la fin du message. Lisa... Ianto n'avait pas refait ni même réécouté le message de son répondeur depuis Canary Wharf et ne se rappelait donc sûrement pas de ce détail. Il soupira, lâchant le téléphone qui retomba sur le bureau, au milieu des rapports et des dossiers à remplir. Qu'il ait voulu couper tout contact hier, il pouvait le comprendre. Mais aujourd'hui ? Il lui avait semblé le voir partir heureux en fin de matinée, et le connaissant, il ne devait pas être resté jusqu'au soir chez sa sœur. Il devait donc être seul chez lui. Pourquoi ne pas lui répondre ? A moins qu'il lui soit arrivé quelque chose... C'était tout de même peu probable, il n'y avait pas plus prudent que Ianto Jones.

Tout ce à quoi il avait droit, c'était un silence radio. Certes, Jack lui avait envoyé un sms pour le prévenir qu'il lui donnait jusqu'au week end, mais une réponse serait tout de même la bienvenue. Jack n'aimait pas le silence, Jack détestait le silence. Parce qu'il obligeait à réfléchir et à se poser des questions. A ressasser. Il préférait quand ça allait vite et bien, quand il n'y avait pas trop de réflexion ni de fioritures sentimentales. On s'évitait nombre de complications et de douleurs... Il lui semblait pourtant, qu'aujourd'hui son cœur lui échappait. Avec Ianto... Il savait au plus profond de lui que le jeune homme l'avait touché, lui pourtant si bien protégé. Et cette absence de nouvelles ne faisait que le lui rappeler.

Le Capitaine se leva et attrapa son manteau, regrettant encore une fois l'absence de son amant qui n'était pas là pour l'aider à l'enfiler. Se croyait t-il discret lorsqu'il laissait ses mains effleurer ses hanches ? Il aimerait les sentir, là, ses douces mains, puis le voir rougir et s'éclipser soudainement. Il était si irrésistible... Il lui aurait couru après et l'aurait rattrapé au bout de quelques instants à peine, le capturant et couvrant son corps de baisers. Puis tous deux se seraient laissés emporter par le désir qui bouillonnait en eux...

Il en aurait bien eu besoin, car l'après midi d'hier et la journée d'aujourd'hui n'avaient pas été de tout repos. Après le départ de Ianto, il avait dû appeler Gwen à qui il avait donné un jour de congés. Son coup de téléphone était bien sûr tombé pile au mauvais moment, Rhys avait hurlé toute sa rage et tenté de toutes ses forces de retenir Gwen qui s'habillait en hâte. Jack avait ensuite eu droit à toute la mauvaise humeur de la galloise provoquée par l'attitude de son fiancé.

Le lendemain – c'est à dire ce matin – ils avaient dû sortir la machine à café de secours, c'est à dire celle qu'on utilisait en l'absence de Ianto. Pas question de toucher à l'autre, son propriétaire s'en serait rendu compte immédiatement et le châtiment aurait été terrible. Chacun d'entre eux avait tenté de faire un café pour voir qui était le plus doué – ou plutôt le moins pitoyable. Owen avait manqué de casser l'appareil en s'énervant dessus, Jack avait tâché sa chemise bleu clair, et c'était finalement Tosh et Gwen qui avaient hérité de la périlleuse tâche de subvenir aux besoins exigeants de l'équipe en terme de caféine.

En manque donc de son breuvage, mais surtout de Ianto, l'immortel s'était résolu à ne pas le laisser seul dans son coin jusqu'au week end, que son jeune amant lui réponde au téléphone ou non. Il avait envie de lui, il lui manquait déjà... Mais surtout, quand Ianto ne lui répondait pas, c'était qu'il n'allait pas bien. Tout en refusant son aide. Et il détestait cela plus que tout. Tout l'équipe était rentrée chez elle il y a un peu plus d'une heure et malgré les rapports qu'il devait lire et signer... Il s'ennuyait fermement et ne faisait que s'inquiéter pour Ianto. Impossible de se concentrer. C'était encore pire que quand il savait que Ianto allait bien. Il quitta donc la base, levant un dernier regard à Myfanwy qui saluait d'un cri amical son départ.


Ianto, lui, était rentré directement chez lui après être parti plutôt en trombe face à une sœur interdite. Elle l'avait rappelé une heure plus tard il n'avait pas décroché. Parce qu'il allait devoir s'expliquer, lui parler de Jack et il n'en n'avait pas envie. Il ne pouvait pas simplement lui dire que son amie ne l'intéressait pas ou qu'il était déjà pris, elle lui poserait des tonnes de questions dans le second cas, ou lui proposerait quelqu'un d'autre dans le premier. Il devait éviter cela à tout prix. Elle lui avait déjà bien montré aujourd'hui son incapacité à éviter les sujets sensibles et à retenir les questions qui lui brûlaient la langue... Elle avait toujours été gaffeuse, de toute façon.

Le gallois était donc rentré chez lui et avait délibérément éteint son portable après l'appel de sa soeur, évitant du même coup les quelques tentatives de son patron et amant pour le joindre. Il avait juste envie d'être seul, seul avec lui même, avec son passé, son présent et ses maigres désirs pour l'avenir. Se retrouver, poser tout à plat dans son esprit. Ce n'était pas beaucoup demander, non ?

Il avait envie de profiter un peu de ce calme et de cette solitude que lui permettait si peu Torchwood, mais qu'il appréciait tant. Il n'avait plus vraiment ressenti ce besoin depuis qu'il s'était rapproché de Jack au delà du professionnel. Son Capitaine comblait toutes ses attentes, tous ses besoins, tous ses désirs. Mais ces moments avec sa sœur, Johnny et les enfants l'avaient troublé. Il avait pris son journal, espérant que Jack n'aurait pas l'audace de venir violer si ouvertement son intimité. La première trilogie de Star Wars se déroulait sur l'écran plat de son téléviseur, juste pour lui servir de fond sonore, mais il se laissa finalement happer par ces films qu'il connaissait pourtant sur le bout des doigts. Le carnet fut délaissé sur le canapé, à côté de lui, bien ouvert. Il se refit les trois films, et, arrivé à la fin du « Retour du Jedi », il n'avait rien envie de faire d'autre. Il prolongea donc son visionnage par les trois films narrant la jeunesse d'Anakin Skywalker, se laissant emmener par delà les étoiles et les galaxies. Il imaginait volontiers que ce soit la réalité de ce qui se trouvait réellement là bas. Ce n'était pas si moche que ça. C'était même plutôt le beau côté. Pas toutes les pourritures qui tombaient à travers la faille, non. Il devait bien y avoir des merveilles là bas, non ? Des palais, des vaisseaux extravaguant, des festivals de créatures plus exotiques les unes que les autres, des nounours sauvages... Jack lui avait déjà raconté quelques unes de ses aventures, et il l'imaginait très bien en compagnie de Chewbacca, fort affairé à l'arrière du Faucon Millénium... Il avait toujours eu des goûts excentriques, après tout.

Ces pensées lui remontaient un peu le moral, lorsqu'il se désolait devant toutes les horreurs qu'ils affrontaient jour après jour. Tout n'était pas noir dans l'univers. Seulement... La réalité qu'il vivait lui, l'était. Il n'y avait que Jack pour connaître ce qu'il y avait au delà. Ianto ne pouvait que rêver. Il avait appris à s'en contenter. Comme il s'était contenté des quelques instants de bonheur et de complicité d'aujourd'hui. Il préférait retenir les bons moments, le rire de sa sœur, les blagues de son neveu et de sa nièce, la brutalité toute amicale de son beau frère. L'espace d'un instant, il avait cru avoir une vie normale. Il avait oublié les mystères d'en haut et les pourritures d'en bas.

Il avait baissé les lumières de son appartement et terminait de grignoter un bout de pizza, alors que le générique du dernier épisode de la trilogie touchait à sa fin. Lançant le trottoir de la pizza dans la boîte, il s'affala définitivement dans son canapé, sentant qu'il lui en faudrait peu avant de s'endormir.

Mais les coups à la porte l'en empêchèrent. Bougon, il se leva et claudiqua jusqu'à l'entrée, se demandant bien qui pouvait se pointer chez lui. Surtout en milieu de soirée et sans prévenir. Jack... Bien sûr, Jack. Il était heureux de le voir, bien sûr qu'il était heureux. Sa vue réchauffait automatiquement son cœur, et se rendre ainsi compte du pouvoir de l'immortel sur lui lui faisait parfois peur. Mais... Il n'était pas spécialement en forme et encore moins d'humeur à participer aux jeux de son amant à l'imagination débordante.

« Un jour et demi sans ton café, tu ne peux pas imaginer la torture... »

Pour tout réponse, il esquissa un sourire. Une paire de lèvres douces et gourmandes vinrent bientôt réchauffer les siennes. Le baiser était tout ce qu'il y avait de plus délicat, presque chaste, pourtant Ianto le repoussa doucement. Il sentait que son amant était tout frétillant, et lui ne partageait nullement cet état d'esprit.

« Ianto ?

-Tu ne pouvais pas prévenir avant de passer ?

-J'ai prévenu, j'arrête pas de t'appeler. »

Le ton de Jack redevenait tout à coup sérieux. Ianto soupira, traînant le pas pour revenir s'affaler dans son canapé. Le Capitaine l'y rejoint immédiatement. Son air joueur semblait s'être complètement effacé face au comportement de son agent. Il esquissa cependant un léger sourire le voyant rougir et fermer hâtivement son journal.

« Si je ne répondais pas c'est peut être que j'avais pas envie. Ca ne t'ait pas venu à l'idée que je puisse avoir envie de rester seul ? »

Jack soupira. Si, il s'en était douté, justement... Mais il voulait l'aider. D'un autre côté, il pouvait aussi affirmer qu'il n'avait pensé qu'à lui, qu'à son envie de revoir son amant, avec la certitude que, comme toujours, ce désir serait, au fond, partagé. C'était peut être un peu vrai aussi. Se calant dans le canapé, bras croisés, il haussa les épaules et répondit d'un ton badin.

« Je m'inquiétais. Je m'en vais si tu veux... »

Ianto ne le regardait pas. Face à son silence, il esquissa un geste pour se relever quand une main le retint.

« Non. Reste. »

Il obéit mais haussa les sourcils. L'archiviste n'était décidément pas dans son assiette. Jack n'aimait pas le voir comme ça. Parce que dans ces moments là, il ne pouvait pas jouer avec lui, certes... Mais il se rendait compte que cela le touchait réellement. Cela lui faisait de la peine. Se mordillant la lèvre un instant, il finit par se tourner vers Ianto et posa doucement sa main sur sa cuisse.

« Tu avais l'air bien quand je t'ai vu partir tout à l'heure, j'étais content pour toi. Je ne pensais pas que... Tu peux m'en parler, si tu veux. A moins que tu veuilles qu'on fasse autre chose, ou qu'on reste juste assis là. C'est comme tu le souhaites. »

L'intéressé acquiesça. Resta encore immobile et silencieux un bon moment. Il était soudain étonné du respect de son Capitaine. Apparemment, oui, il était d'accord pour rester juste planté sur ce canapé sans rien faire ni rien dire tant que le gallois le désirerait. Lentement, il se rapprocha de l'immortel qui l'attrapa par la taille pour le caler près de lui. Ianto laissa sa tête retomber contre son épaule, fermant les yeux, s'enivrant de son contact si simple et pourtant si salvateur, au milieu des fameux phéromones du 51ème siècle. La main de Jack s'infiltra sous le t-shirt de Ianto. Elle ne semblait porteuse d'aucun désir sexuel, n'entreprenait rien, malgré l'envie évident de son propriétaire, qui pouvait se lire dans ses yeux ou au toucher de son entrejambe. Elle caressait simplement la peau du jeune homme d'un geste doux et tendre, se voulant apaisant. Il murmura :

« Allez, viens, il faut mieux que tu t'endormes dans ton lit. »

Sans rompre le contact, ils traversèrent l'appartement vers la chambre du jeune homme. Celui ci se laissa faire. Jack lui enleva son t-shirt, ses chaussettes et son pantalon, l'allongea sur le lit. Son regard s'attarda vers la table de nuit où il savait que se cachait un tube de lubrifiant, mais ce n'était nullement l'heure d'abuser de son employé.

« Reste encore, entendit il murmurer. Un sourire attendrit se dessina sur ses lèvres.

-Trente secondes, je reviens. »

La salle de bain était attenante à la chambre. L'appartement avait beau être de taille modeste, il n'en n'était pas moins moderne et confortable. On s'y repérait vite et on s'y sentait vite à l'aise malgré le peu de décoration. Ianto passait de toute manière peu de temps chez lui, Jack était bien placé pour le savoir. L'endroit était sobre sans être spartiate, quelques cadres photos et affiches de films recouvraient certains murs, mais on y trouvait surtout de nombreuses étagères avec livres, Cds et DVDs. La salle de bain était équipée d'une petite baignoire.

Jack trouva rapidement ce qu'il était venu chercher. Derrière le miroir coulissant au dessus du lavabo, se cachaient les étagères où s'entassaient entre autres gels douches, brosses à dents et dentifrice. Non, ce n'était évidemment pas le genre de produit que Jack était venu chercher, mais il trouva finalement, dans un coin, la petite bouteille qui l'intéressait.

Lorsqu'il revint dans la chambre, l'huile de massage en main, il trouva Ianto allongé de côté, face à lui, tête enfoncée dans l'oreiller mais yeux toujours ouverts. Jack se sentit tout à coup un peu plus à l'étroit dans son pantalon devant ce corps négligemment alanguit sur des draps immaculés. Heureusement qu'un boxer couvrait toujours l'intimité du jeune homme, il n'aurait sinon guère était sûr de pouvoir se contrôler. Son regard ne put s'empêcher de dessiner la forme du bras retombant sur le torse, d'apprécier les deux petits tétons parfaits pointant vers lui de manière si ingénue, les pectoraux, des pectoraux si fins, qu'on devinait à peine sous cette peau pâle, mais qu'il savait bien existants et bien fermes au toucher. Ianto, se rendant bien sûr compte de ces perles d'azur qui le disséquaient, se mit à rougir. Même dans la pénombre, Jack pouvait le deviner. Il s'assit simplement sur le rebord du lit, posant la main sur son épaule pour l'obliger à s'allonger sur le ventre.

« Laisse moi faire, ne t'inquiète pas. Je ne ferais rien. »

L'immortel enleva ses propres chaussures, chaussettes et sa chemise. Mieux valait garder t-shirt et pantalon s'il voulait tenir la silencieuse promesse de rester sage qu'il avait faite à son tendre amant. Il n'en n'avait pas envie, alors ils ne feraient rien ce soir. Ianto lui avait cependant demandé de rester et Jack ne pouvait s'empêcher de prendre un peu soin de lui. Parce qu'il aimait ces moments d'intimité, ces moments où Ianto était tout à lui, si calme, si paisible... Cet état le gagnait alors peu à peu lui aussi. Il n'était plus le charismatique leader de Torchwood, il n'avait rien à prouver à personne. Il avait juste à être lui même et à laisser ses mains exprimer ces sentiments si durs à montrer autrement. Alors que Ianto ne le regardait pas, alors qu'il restait passif sous lui, profitant simplement de ses gestes, Jack se sentait un peu en paix. Il était juste un homme qui s'occupait d'un autre homme. Il ne se posait pas de question sur ce qu'il ressentait pour le gallois, sur ce que signifiait réellement leur relation. Non. Il laissait juste son corps agir et réagir.

Après avoir remonté les draps jusqu'à la ceinture du jeune homme, il se positionna à califourchon sur lui, s'appuyant sur ses propres genoux pour ne pas l'écraser de son poids.

Ianto tentait de le regarder par dessus son épaule, tournant la tête, luttant malgré lui contre le sommeil pour profiter un peu plus longtemps du contact visuel d'un Jack si doux et si attentionné. Il aimait lorsqu'il était ainsi. Il avait l'impression d'exister, d'être quelque chose de spécial et d'important pour l'éternel Jack Harkness, qui prenait de son temps pour s'occuper de lui. L'odeur satinée de l'huile de massage vint bientôt chatouiller ses narines, et un soupir lui échappa lorsque les mains de Jack se posèrent sur son dos.

Elles étaient si parfaites, ces mains... L'aspect rugueux qu'on pouvait leur supposer à première vue s'effaçait totalement lorsqu'elles vous effleuraient. C'était un toucher chaud, cotonneux, emprunt d'une certaine grâce. La paume, grande et ferme, épousait à merveille l'arrondi du dos du jeune homme, tandis que les pouces s'enfonçaient avec délicatesse dans la chute de ses reins. Ils effectuaient de petits cercles, appuyant à peine sur la peau souple, la câlinant, la détendant peu à peu. Ianto sentit un délicieux frisson lui parcourir l'échine, son bassin se souleva. Les mains de Jack n'étaient plus qu'un souffle tendre. Il dévorait avec finesse et grand respect une peau blanchâtre sous laquelle les nerfs s'étaient noués de tension toute la journée.

Épousant toujours sensiblement ses formes, les pouces remontèrent le long de sa colonne vertébrale, effectuant une légère pression sur l'os. Arrivés au bout de leur course, ils se séparèrent pour reprendre des mouvements circulaires plus amples sur les omoplates du jeune homme. Se penchant un peu plus, il les remplaça par ses paumes, pendant que le bout de ses doigts chatouillait ses épaules. Les paupières du jeune gallois s'étaient refermées sur ses belles pépites bleues, brisant ce contact visuel pourtant si cher à tous deux. C'était cependant une sensation bien plus agréable et bien plus profonde que lui procurait le simple toucher de Jack. Quelques « mm » de plaisir échappaient d'ailleurs régulièrement des lèvres de Ianto. Il sentait son corps tout entier fondre sous les caresses de son amant.

Les doigts glissèrent sur les épaules pour les enserrer avec plus de fermeté. Il les pétrit amoureusement, de gestes devenus autant instinctifs qu'attentifs aux possibles réactions de son partenaire. Il savait que celui ci ne dormait pas encore totalement, mais il se laissait tout entier aller, à sa merci. Ianto se noyait dans une bulle apaisante, où n'existait plus que Jack. L'odeur de Jack, les mains de Jack, le toucher de Jack, unique, magique. Tout se résumait à cette intimité, ces arabesques brûlantes tracées par les doigts de l'immortel sur une peau frémissante et offerte. Il lui semblait que son être entier se liquéfiait sous ce toucher si ferme et si léger. Soudain parcouru d'une longue onde électrique, il sentit deux pouces effleurer sa nuque, effectuer de petits mouvements circulaires de haut en bas de celle ci. Chaque acte de Jack s'imprégnait peu à peu d'une certaine sensualité et surtout d'une grande délicatesse sur la peau vibrante qu'il manipulait. Il dessinait bientôt plus qu'il ne massait, alternant les frôlements aux caresses plus appuyées, laissant derrière ses passages des traînées de frissons.

Les mains redescendirent, explorant le reste du dos, flattant chaque parcelle de peau. Lorsqu'il sentait Ianto se crisper, il s'arrêtait, repérait la zone de tension nerveuse puis y appuyait un doigt ou sa paume selon la taille, et pressant légèrement, la massait jusqu'à ce qu'elle se détende.

Dans l'appartement sombre ne résonnaient plus que leur deux respirations. Calmes et posées, douces et profondes. Jack massait désormais Ianto les yeux fermés. Il lui semblait qu'il connaissait son corps mieux que tout, mieux que le sien, et que là, en cet instant, il avait tout pouvoir. Et nulle envie d'en abuser. Juste de profiter de cette chair qui respirait sous ses tendres caresses, qui vibrait doucement sous ses attentions câlines. Il dut pourtant finir par ouvrir la braguette de son pantalon pour avoir un peu plus de place. Il n'abuserait pas de lui...

Ianto s'affaissait peu à peu sous lui et ses réactions se firent de plus en plus rares. Jack continua son message, qui étrangement semblait le détendre presque plus que son amant. Lorsque de celui-ci s'échappèrent quelques légers ronflements, le solitaire Capitaine se pencha sur son fidèle matelot pour voler un baiser tendre sur sa nuque ainsi dénudée. Il se redressa et retira sa jambe, retombant lourdement à côté de lui. Il se libéra complètement de son pantalon et de son t-shirt avant de venir se serrer près de Ianto, veillent bien à ne pas le réveiller. Il passa simplement son bras autour de lui, le regardant sourire dans son sommeil.

Son regard baigné d'une lueur attendrie resta rivé sur le gallois un moment. Les traits si fins, si délicats, l'air si juvénile... Jeune, il l'était, oui. Bien trop pour ce boulot et pour cette vie. Tant de tourments se déchaînaient en cet être si frêle... Pourtant, au fin fond de ses rêves, il arborait un air définitivement paisible ainsi que ce fin sourire dans lequel se lisait une quiétude infinie. Jack sentit une bouffée de chaleur l'envahir. Il aurait aimé que son gallois lui parle, lui raconte chacun de ces instants passés sans lui, avec sa famille. En faire partie, lui aussi, d'une certaine manière. Il aurait voulu qu'il lui confie ce qui l'avait mis dans cet état ce soir là. Mais il ne le forcerai à rien, jamais. Il en était bien incapable. S'il voulait que sa famille demeure son jardin secret, Jack l'accepterait, bien que difficilement. Lui même ne s'ouvrait jamais entièrement, qui était il pour lui faire des reproches ?

Il finit par s'endormir tout près de son amant, qui semblait lui avoir soudain communiqué toute sa tiède sérénité.


N'hésitez pas à me laisser un p'tit mot ! :) Si ça vous dit toujours, on se retrouve dès que j'aurai le temps de poster pour le dernier chapitre, sûrement la semaine prochaine.

Bon week end à tous ! (moi c'est week end spécial coupage de cheveux et nouvelle saison de Doctor Who :D )