Chapitre troisième

Les bureaux du FBI

Don aidait donc sa jolie mais pour le moment furibonde fiancée sur une affaire d'escroquerie. Lys se serait bien passée de cette collaboration mais son enquête avait pris une ampleur inquiétante pour le système financier mondial et en ce moment, la moitié du bureau planchait dessus.

« Ces banquiers sont tous des escrocs » enragea t elle.

« On dirait que c'est contagieux » soupira Don

« De quoi tu parles ? » l'interrogea Liz d'un ton agacé.

« Des pléonasmes » lui réponditDon qui pensait à l'énergumène que son boss lui avait flanqué dans les pattes.

Lys crut que son amant se moquait ouvertement d'elle bien qu'il n'en fut rien, l'utilisation de banquier et escroc dans la même phrase aboutissant indubitablement à un pléonasme.

Dans tous les cas, Lys était vexée et quand Lys était vexée elle n'était pas commode ; elle se leva brusquement pour rejoindre la salle de repos où la suivit Don qui comprenait vaguement qu'il était la cause de son humeur massacrante.

« Je suppose que tu souhaites qu'on parle » entama t'il sarcastique.

Sa seule réponse fut un sourire forcé.

« Non mais tu fais la gueule ou quoi ? » demanda Don ne comprenant sincèrement pas l'humeur de sa petite amie.

Mais, même l'habit de probité candide et de lin blanc (1) revêtu par le sexy agent du FBI ne parvint à désarçonner la mégère indomptable :

«Mais pas du tout je fais pas la gueule, tu vois une raison toi… ? » questionna Liz d'un ton qui se voulait calme et qui contrastait violemment avec ses yeux plein de rage.

Cette discussion contenait une promesse d'éternité, au grand dam des deux participants mais au plus grand bonheur de Madame Ondit, unanimement respectée par le personnel du FBI pour ses qualités d'espionne et de commère, qui bien que à la retraite depuis plusieurs années aimait à parfois revenir au bureau pour entendre les derniers potins. A ce moment même, habilement déguisée en hibiscus, elle jubilait.

Néanmoins l'arrivée impromptue de l'agent Sinclair mit fin à la scène.

« Don,

Don haussa un sourcil interrogateur et l'hibiscus une branche dépitée.

« Excuse-moi de te déranger » reprit t-il embarrassé « je suis en ligne avec la police de Littletown » ;

« C'est une petite bourgade à une cinquantaine de km, répondit David à l'interrogation muette de son boss, ils ont plusieurs morts dans des circonstances étranges »

« Etranges ?... »S'informa son supérieur qui suivait Liz des yeux tandis qu'elle arrosait généreusement Madame Ondit, mais dont l'esprit était déjà accaparé par sa nouvelle enquête.

« Les corps se trouvent à proximités d'un agroglyphes » finit David. « Ils nous faxent les photos et veulent qu'on identifie ces types. »



1. Vêtu de probité candide et de lin blanc ; V Hugo in Booz endormi, poème extrait de « La légende des siècles » ;Zeugme