Note: après quelques temps d'absence voilà enfin la suite ! Désolée pour le retard, je sors d'un mois d'examens et je pensais pouvoir gérer les deux en même temps mais... disons simplement que je me suis grandement surestimée sur ce coup ! En tout cas me voilà à nouveau plus libre de mon temps et j'ai d'ores et déjà repris l'écriture de la suite, j'espère qu'elle vous plaira. Encore merci à tous ceux qui continuent à m'envoyer des com's pour me donner leurs impressions et m'encourager à continuer ! Et bien sûr merci à Bibiche pour être mon dictionnaire universel personnel sans qui je serais perdue (enfin moi non mais mon orthographe, sans aucun doute !)


xxoxx

Un parc et un café

xxoxx

Jack rejoignit le groupe de scientifiques regroupé devant l'impressionnant bâtiment où siégeait la commission. Comme beaucoup de chose à Washington l'immeuble semblait beaucoup trop imposant, et malgré la belle journée qui s'annonçait les gens entraient et sortaient du bâtiment avec hâte, sans accorder un seul regard à ce qui les entourait. Jack inspira l'air frais, et étonnamment peu pollué grâce aux nombreux espaces verts qui séparaient chaque immeuble, et s'avança vers ses collègues avec un sourire.

- Alors, comment a dormi la fine fleur du SGC ?

Pour toute réponse il reçu quelques sourires timides et beaucoup de regards vides, alors que le reste du groupe n'avait pas même daigné relever la tête pour lui prêter attention.

- D'accooord... murmura Jack avant de chercher son second du regard.

Il croisa alors le visage de l'une des scientifiques qui lui sourit et s'approcha. Le docteur Cathy Heagan faisait sans doute parti des scientifiques qu'il connaissait le mieux, même si cela revenait à dire qu'il ne la connaissait que peu.

- Excusez les, mais je pense que vous êtes sans doute la seule personne à avoir réussi à dormir confortablement cette nuit, expliqua la jeune femme avec un sourire. Sam a été retardée ajouta-t-elle en captant le regard que promenait Jack derrière elle. Mais c'est gentil de votre part de vouloir briser la glace. Votre timing n'est juste pas... idéal.

- Vous ne m'avez pas l'air trop inquiète... fit-il remarquer en abandonnant ses recherches. Désolé mais... vous êtes spécialiste en quoi déjà ?

A vrai dire Jack la connaissait surtout pour l'avoir croisé en compagnie de son second à mainte reprise au mess ou encore à la salle de sport. Apparemment l'amitié des deux jeunes femmes remontaient à l'époque où elles s'étaient croisées à Washington peu avant la mise en route du projet Stargate.

- Environnement et climatologie. Par chance pour moi Al Gore a remis les problèmes environnementaux au goût du jour ici à Washington, déclara-t-elle avec un sourire. Et avec toutes les données sur les planètes aliens que les équipes ont ramené cette année j'ai deux ou trois projets très intéressants en route. Je pense échapper au bain de sang, au moins pour cette fois. J'aimerais que mes camarades aient tous cette même chance, avoua-t-elle en promenant à son tour un regard sur le petit groupe qu'ils formaient.

Jack repensa à la conversation qu'il avait eu avec son second dans l'avion. Depuis qu'il avait entreprit ce voyage il commençait de mieux en mieux à comprendre l'état d'esprit, et les craintes auxquelles étaient emprunts ses étranges compagnons.

Jusqu'ici il n'avait pas vraiment eu le temps, ou l'envie particulière, de penser à ce genre de chose. Pour lui, son devoir envers les scientifiques de la base (du moins ceux non assignés à des équipes SG) consistaient surtout en une série de missions particulières. Principalement, les ramener sain et sauf lorsqu'ils devaient partir off world, veiller à ce que les militaires sous ses ordres ne leurs mènent pas trop la vie dure en les chahutant et les remercier lorsqu'ils faisaient émerger de leurs têtes prolifiques des solutions à leurs ennuis intergalactiques. Pour le reste il savait vaguement que Sam et Daniel, qui détenaient l'ancienneté et le prestige d'avoir été ceux ayant permis de faire fonctionner la porte, jouaient un rôle important auprès de tous les autres scientifiques de la base. Mais il n'en avait jamais réellement parlé avec eux.

Quitte à devoir endurer ce séjour il décida d'en tirer quelque chose de productif en comprenant le fonctionnement de cette petite entité qui évoluait au sein de la base, et Cathy semblait l'allié idéal pour l'aider dans sa tâche.

- Dites, je n'ai pas eu le temps de prendre un café ce matin, quand je suis descendu tout le monde était déjà parti et j'ai crû être en retard... Ça vous dérange de m'accompagner ? Il indiqua du doigt un stand à quelques dizaines de mètres derrières eux. Vous pourrez m'expliquer tout ça un peu plus en détails.

La scientifique hocha la tête et lui emboita le pas.

- Que voulez-vous savoir ?

- C'est si grave que ça hein ? interrogea-t-il simplement après quelques secondes.

- Toutes proportions gardées, oui. Je veux dire ce n'est pas comme s'ils allaient se jeter sur nous avec de vrais armes et des menaces de mort en goa'uld... Mais les pressions qui pèsent sur le programme depuis le début empirent d'année en année. Il y a un certain nombre de politiciens qui se soucient uniquement du nombre de technologies ou données exploitables que la Porte peuvent leur apporter. Et ils se fichent pas mal que nous faisions amis-amis avec des peuples moins avancés que nous ou leur rapportions des technologies qui ne seront pas exploitables avant encore des décennies. Chaque passage devant la commission est pire que le précédent, et cette année promet de ne pas déroger à la règle. Il y a des rumeurs comme quoi ils auraient de nouveaux projets à nous confier, et même Sam ne pourra sans doute pas leur tenir tête cette fois.

- Carter ?

- Beaucoup pensent que ses... talents, pourraient être mis mieux à profit que pour ses projets sur les technologies de boucliers goa'uld ou les systèmes de propulsion asgard. Les derniers résultats obtenus sur le réacteur à naqquadah sont excellents, et je crois que certains haut-gradés commencent à voir les choses un peu trop en grand.

- Je ne vois pas en quoi c'est un problème, admit Jack avec un haussement d'épaule. Carter est une militaire, je suis sûre qu'elle doit comprendre leurs ambitions. Et c'est plutôt une bonne chose qu'ils aient une telle confiance en elle non ?

- Il y a une différence entre comprendre pleinement les implications d'une guerre, reconnaître l'autorité de la hiérarchie militaire... Et sauter de joie à l'idée de se voir confier la charge de créer une toute nouvelle génération d'armes de destruction massive, répondit Cathy avec amertume.

- Je vois... répondit Jack, de plus en plus songeur.

- Il y a de forte chance que comme beaucoup d'autres d'entre nous elle reçoive l'ordre de lâcher tous ses projets actuels pour travailler sur ce genre de dossier. Vous imaginez Sam être enthousiaste à cette idée ?

- Pas vraiment. Mais elle sait que nous cherchons juste à avoir les moyens de nous défendre en cas d'attaque goa'uld...

- Ce pour quoi elle travaille sept jours par semaine sur les boucliers et les vaisseaux terriens qu'elle tente de rendre opérationnels... Mais évidemment si ça ne tire pas de grands rayons lasers en faisant beaucoup de bruits ce n'est pas quelque chose qui intéresse beaucoup l'Etat Major.

Jack sourit à cette remarque franche et décida de ne pas relever, il commençait à voir pourquoi les deux femmes s'entendaient si bien. Ils se tairent alors qu'ils approchaient du stand et repartirent avec un café que Jack commença à boire d'un air pensif.

- Elle ne m'a jamais parlé de ce genre de choses, admit-il après un silence.

- Elle estime que vous avez suffisamment de responsabilités au sein de la base. Et on ne peut pas l'en blâmer, ajouta la scientifique avec sincérité. Personne au SGC n'ignore tout ce que vous faites pour le SGC et les gens qui y travaillent. Mais oui, c'est assez grave, ou du moins très préoccupant conclut Cathy alors qu'ils rejoignaient le petit groupe de scientifiques.

- Merci Heagan, répondit Jack avant de chercher à nouveau Sam du regard. Dites, c'est normal que Carter ne soit toujours pas arrivé ?

- Lemmings a eu une petite crise ce matin, expliqua Cathy. Sam est allée l'extirper de sa salle de bain.

- Ça ira ? demanda Jack, préoccupé.

- Et bien d'habitude Daniel est très utile pour ce genre de situations... Mais Sam a l'habitude. Ne vous en faites pas, elle saura quoi lui dire.

- D'accord. Et juste pour savoir, dois-je m'attendre à ce que l'un d'entre eux tente sa chance en partant en courant dans les minutes à venir ? Je n'ai rien contre un petit footing matinal mais j'aimerais autant être prévenu...

- Je pense que ça ira, le rassura son interlocutrice avec un sourire. Tiens et en parlant du loup...

Jack vit en effet son second arriver, accompagnée d'un homme qui arborait un nombre de pansements impressionnants sur le visage et un air d'animal traqué. Arrivé à leur hauteur Lemmings se fondit dans le groupe sans un mot alors que Sam rejoignait Jack et Cathy.

- Accidents de rasages ? questionna la climatologue, accompagnant sa question d'une grimace de douleur.

- A ce niveau là ça tient de l'agression au second degré ! commenta Jack avec compassion en passant machinalement une main sur ses propres joues.

- Ça n'est pas si grave que ça en à l'air temporisa Sam. Je pense qu'il devrait tenir jusqu'à ce soir.

- En parlant de cela je crois qu'il est temps pour le colonel O'Neill et toi d'aller ouvrir le bal... Je garde un œil sur le troupeau, promit Cathy avec un sourire.

- Oui, il est temps acquiesça Sam avec un masque de sérénité feinte à travers lequel Jack commençait à voir plus clairement.

Bien décidé à lui parler de tout cela plus tard, il lui ouvrit la porte et ils pénétrèrent ensemble dans le bâtiment.

xxoxx

La nuit était déjà en train de tomber quand le groupe quitta le bâtiment. Après avoir entendu des heures d'exposés, prononcés dans un langage qu'il reconnaissait comme étant le sien mais dont la majorité du sens lui échappait, Jack avait l'impression d'avoir la migraine du siècle. Sans parler que l'ambiance lourde qui régnait dans la pièce avait finalement eu raison des dernières bribes de bonne humeur qu'il possédait. Il y avait quelque chose de profondément frustrant à voir cette rangée d'hommes respirant le dédain fixer sans un mot les scientifiques qui faisaient visiblement du mieux pour parler de leurs recherches. Il aurait voulu faire quelque chose mais avait conscience de sa propre impuissance dans cette situation, un état de fait qui avait le chic pour l'énerver au plus haut point. Il recommençait même à regretter cette nouvelle expérience qu'il avait accepté sans réfléchir.

Quoique, sans réfléchir n'était peut-être pas le terme adéquat. Il ne fallait pas oublier qu'en échange il avait obtenu la promesse de pouvoir arracher son second à son travail pour l'emmener se détendre dans son chalet. Par ailleurs, il n'était pas sûr de ce qu'il attendait de tout cela. Rien de concret sans doute, mais au moins l'opportunité de voir son second se relâcher un peu. Ce qui a en juger par tout ce qu'il venait de découvrir, ne serait pas un luxe.

Il la regarda s'avancer vers lui après avoir passé quelques minutes à passer de groupe en groupe.

- Et maintenant ? Demanda Jack quand elle le rejoignit.

- Daniel et moi essayons généralement d'emmener tout le monde dans un café pour se détendre un peu avant de rentrer... Mais tous ne viendront pas, beaucoup préfèrent en général rentrer directement à l'hôtel. Ils seront plus enclins à se socialiser demain soir quand tout sera fini, expliqua-t-elle avec un petit sourire

- Oui, et bien je crois que l'on va tenter quelque chose d'un peu différent cette année.

Sam lui jeta un regard interrogateur.

- Vous avez vécue à Washington pendant quelques temps, vous devez connaître des endroits agréables non ?

- Tout dépend de ce que vous appelez agréables, mais oui, j'imagine.

- Très bien ! Vous vous occupez de trouver l'endroit et je m'occupe d'y amener nos chers collègues. Et je n'accepterais aucun déserteur croyez-moi !

- Vous êtes certain que...

- Carter, l'interrompit-il sans brusquerie, vous me faites confiance non ?

Elle le regarda un instant puis hocha la tête. Quel choix lui restait-elle maintenant qu'il avait ramené tout cela à cette simple question ? La scientifique attrapa alors son téléphone et s'éloigna de quelques pas sans le quitter des yeux.

- Je m'occupe des réservations.

Jack lui sourit puis se dirigea vers le reste du groupe d'un pas conquérant. La journée avait peut-être été, toute proportion gardée, un joli cauchemar; mais la soirée elle ne faisait que commencer.

xxoxx

A suivre dans le chapitre 5: Un restaurant et un aveu