Voici un autre chapitre…
Merci à ma correctrice, Fumseck…
Merci infiniment à tous ceux et toutes celles qui ont eu la gentillesse de me laisser un commentaire…
Bonne Lecture!
Lorsque Severus se réveilla, Harry dormait toujours à ses cotés. Il était si beau à contempler, couché sur le dos, une main derrière la tête et si détendu que Snape ne put résister à la tentation. Il s'approcha doucement de lui et déposa délicatement ses lèvres sur son visage, le parcourant de doux baisers. Un sourire naquit sur le visage de son compagnon, il décida de pousser un peu plus loin ses caresses en descendant vers son cou. Une main glissa sous le haut du jeune homme caressant tendrement la peau douce que ses doigts parcouraient. Après quelques instants, Harry commença à gémir dans son sommeil et à se tortiller un peu. Severus voyant le plaisir que son conjoint avait, descendit sa main sur la bosse qui était maintenant présente dans le pantalon du jeune homme. Il la caressait doucement, presque à vol aérien. Harry choisi ce moment pour émerger de son sommeil. Lorsqu'il vit Severus penché au-dessus de lui, la main sur son érection, il le repoussa violemment en criant. Puis il courut s'enfermer dans la salle de bain où il prit une douche en se frottant désespérément. Il ne voulait plus sentir les mains de Snape sur son corps, il désirait enlever toutes traces de cette sensation honteuse qu'il avait ressentie. Il se maudissait d'avoir aimé les attouchements que l'autre lui avait prodigué, son érection douloureuse en faisant foi.
Dans l'autre pièce, Severus était amer, il se releva et frotta son postérieur douloureux. Une fois encore, il devrait se passer de soulagement. Il devait absolument trouver le moyen d'avoir la confiance de son partenaire avant de perdre le contrôle de lui-même et de faire un acte qu'il regretterait plus tard. Il n'était pas un violeur et ne voulait pas le devenir non plus. Il s'éclipsa alors dans la pièce qui lui servait de laboratoire, concocter des potions avait toujours été sa source de détente et l'avait toujours aidé à prendre de bonnes décisions. Les potions lui permettaient de se changer les idées et de se concentrer sur autres choses que les problèmes qui l'assaillaient bien des fois.
Lorsque la Gazette du Sorcier arriva, la première page était faite des photos du mariage, surtout de celle ou les deux époux s'embrassaient, à l'intérieur, des entrevues réalisées avec les invités présents.
« Je ne peux pas croire que mon parrain soit remercié pour son travail lors de la guerre en devant supporter Potter. Il aurait mérité une bien meilleure position et pourquoi pas, une exemption au décret. Il a déjà beaucoup fait pour la société. – Drago Malefoy »
« Notre héro aurait pu avoir une bien meilleure récompense qu'un ex-mangemort. Mon fils, lui aussi homosexuel, aurait fait un partenaire beaucoup plus intéressant. – Madame Boots »
Les opinions des gens étaient tous un peu similaires, un des deux hommes méritait beaucoup mieux en reconnaissance de ce qu'il avait fait pour la société. Mais l'article qui scandalisa le plus Harry fut celui ou les propos de Scrimgeour étaient rapportés.
« Je suis content de l'enthousiasme soulevé quant à cette union. C'est un beau modèle pour notre société. Lorsque nous avons travaillé le décret, Harry Potter nous a immédiatement fait une requête que je me suis évidement empressé d'accepter. Il a lui-même demandé de faire en sorte qu'il puisse s'unir avec Severus Snape. Il est du devoir du ministère d'offrir quelques privilèges à celui que nous considérons tous comme notre héro. Il a eu tant fait lors de la guerre, nous ne pouvions pas lui refuser la chance de finir sa vie avec celui pour qui son cœur battait en secret. C'est un beau jour aujourd'hui pour la communauté magique toute entière, c'est le début d'une ère nouvelle. »
- Bel hypocrite! Fit aussitôt Harry, commentant l'article que Snape venait de lui lire. Je ne lui ai jamais demandé de me marier avec toi. C'est totalement absurde! Et où a-t-il allé chercher que mon cœur battait pour toi?
- Il n'aurait quand même pas été dire qu'il avait fait ça parce qu'il ne veut plus te voir plus populaire que lui, répondit Snape.
- Il n'avait qu'à se taire, alors, au lieu de mentir honteusement.
- Scrimgeour ne manquera jamais une occasion de faire mousser sa popularité et en faisant croire que c'était ton choix il gagne un point de plus.
- Profiteur!
Une semaine après leur mariage, les deux hommes étaient présents pour les épousailles de Ginny avec le fils du ministre.
- Je ne peux pas le marier, Harry. Je ne l'aime pas, il est grossier et imbus de lui-même. Il n'a pas arrêté hier de me parler de lui et de ses projets. Qu'il veut que je sois une bonne petite épouse parfaite, faisant le ménage, les repas et toujours disponible pour le satisfaire. Mais j'ai d'autres projets, je voulais faire des études en médecine ou même en psychomagie. Je voulais faire des recherches pour prévenir la venue de nouveaux psychopathes comme Voldemort. J'avais des rêves plus ambitieux que de devenir la femme de Tobias Scrimgeour.
- Prends courage Ginny, tu es forte. Ce n'est pas facile mais je te connais, tu peux tenir tête à Scrimgeour. Y'a jamais rien qui t'a arrêté par le passé lorsque tu avais une idée, pourquoi changerais-tu maintenant?
- Tu as raison, je ne me laisserai pas réduire à rien.
- Là je te reconnais, Ginny Weasley.
Scrimgeour, fier comme un pan, se vantait à qui voulait bien l'entendre que leur héro était présent sous son invitation. Il rajouta que le Survivant était très près de lui et son fils et qu'il le consultait souvent dernièrement pour trouver des solutions dans le but d'améliorer la communauté magique. Mais, curieusement, Harry refusa de prendre toute photo avec le ministre ou sa famille et même de leur adresser la parole.
Encore une fois, plusieurs photos de Severus et Harry furent prises, au moment ou ils dansaient, ou ils se tenaient la mains et lorsque l'aîné prit l'initiative d'embrasser son partenaire. Mais comme lors de son propre mariage, aucune entrevue ne fut donnée par l'Élu.
Ça faisait maintenant plus d'une semaine que, tous les soirs, Severus se couchait sans soulagement et qu'il se faisait repousser violemment le matin. Insatisfait, même les potions ne lui produisaient plus aucun amusement tellement il était tendu, il devait user de tout son contrôle pour ne pas prendre son compagnon de force. Il avait pensé lui faire prendre une potion de désir mais il savait que si ce dernier parvenait à l'apprendre, il lui en voudrait énormément donc il perdrait encore plus de chance de gagner sa confiance. Chaque jour, il essayait d'entamer une discussion avec Harry, mais chaque fois, le cadet détournait la conversation vers un autre sujet, trop intimidé par la franchise de l'aîné. Cherchant les possibilités pour finir par entreprendre quelques choses d'intéressant avec son partenaire, Severus envisagea l'éventualité d'avoir un entretien avec ses amis. Il n'était pas certain que le jeune Weasley lui donnerait réellement des bons conseils étant donné l'aversion que ce dernier avait pour lui. Mais il savait que sa conjointe, Miss Granger, pourrait certainement bien le guider et peut-être même intervenir en sa faveur auprès d'Harry. Mais il préférait garder cette alternative en dernier recours estimant que trouver par lui-même le chemin du cœur de son partenaire serait plus satisfaisant.
C'est un cri de son compagnon venant de la cuisine qui sorti Severus de ses réflexions. Il accourut rapidement dans la pièce et y trouva Harry, vidant une armoire en balançant tout ce qui passait sous sa main contre le mur, marmonnant des injures qu'il conclut à son sujet.
- Écœurant … Répugnant… Rebutant … Misérable… Révoltant …
Severus tenta de s'approcher lentement du jeune homme en évitant les projectiles.
- Harry, s'il te plait, je suis désolé.
L'interpellé sursauta, réalisant qu'il n'était plus seul dans la pièce…
- Je ne sais pas comment tu fais pour accepter ça, c'est dégoûtant!
- Tu vas finir par t'y faire, laisse-toi le temps, répondit Snape.
- Comment peut-on s'adapter à ça? C'est tout simplement malsain!
Severus le fixa du regard quelques secondes. Il trouvait la réaction du jeune homme extrêmement excessive.
- Tu n'exagères pas un peu trop là? Lui demanda-t-il. Oublie ce que ton oncle disait et laisse-toi une chance.
- Une chance pourquoi? Pourquoi tu me parles de mon oncle? Qu'est-ce qu'il a à voir ici lui? Tu ne trouves pas ça insalubre toute cette vermine dans ton armoire à nourriture?
Severus sembla déstabilisé quelques instants. Pendant que lui croyait que son compagnon lui faisait une crise pour ses tentatives de séduction nombreuses, ce dernier râlait contre quelques insectes qui s'étaient réfugiés dans ses armoires.
- Lorsque j'ai voulu déjeuner, poursuivit Harry, j'ai trouvé ce parasite dans la boite de céréale. J'ai alors regardé où était la boite et une vingtaine d'autres se déplaçaient autour des autres contenants. Ça m'a coupé l'appétit immédiatement et toi tu veux me faire croire que c'est normal?
- On ne parlait pas de la même chose, c'est un malentendu, rectifia Snape. Tu as raison, faudra bien que je nettoie.
- Pas besoin de nettoyer pour moi, il n'est pas question que je reste ici bien longtemps, annonça le jeune homme. Cet endroit est crasseux et infect, j'insiste pour que nous ayons un meilleur endroit pour vivre au plus vite.
Severus analysa rapidement la situation. Bien qu'il n'ait pas expressément le goût de déménager, il aimait son petit coin tranquille où il n'était pas constamment dérangé, il savait qu'en acceptant la demande de son partenaire, il grimperait sûrement un échelon dans la confiance que Harry lui portait et qui était minime pour l'instant.
- Alors prépare-toi rapidement, nous partons voir s'il n'y a pas quelque chose de plus convenable pour nous.
Harry était stupéfait, Snape n'avait pas rechigné comme il le prévoyait. Il était d'accord en plus. Il se gifla mentalement de ne pas avoir eu le courage de lui dire avant le mariage qu'il n'aimait pas son appartement.
Les deux hommes visitèrent quelques demeures au courant de la journée et en choisirent une, Snape opta pour celle dont Harry s'extasia le plus. Severus en profita aussi pour modifier légèrement la garde-robe de son compagnon. Il lui choisit des vêtements qui mettaient le Gryffondor en valeur et dont certains étaient considérablement sexy et révélateurs. Ces derniers, il les voulait pour le moment où ils seraient seuls tous les deux. À la fin de la journée, ils firent un arrêt au Terrier pour annoncer à la famille qu'ils avaient trouvé une jolie petite maison tout près de chez eux.
- C'est fantastique vieux, s'enthousiasma Ron, on pourra se voir comme avant! Tu y emménages quand?
- Nous y avons déjà déposé quelques articles en après-midi et probablement que demain nous irons faire les derniers achats pour compléter le mobilier, répondit Snape.
- Si vous avez besoin d'un coup de main pour la décoration ou pour quoi que ce soit n'hésitez pas, proposa Molly.
- Ce ne sera pas… débuta Snape mais il fut aussitôt coupé par son compagnon.
- Bien sur, ce sera avec joie que nous accepterons d'avoir vos conseils. On sait tous que les femmes ont beaucoup plus de goût que les hommes en matière de décoration, fit Harry en lançant un regard qui en disait long à son époux.
Severus ne comprit pas l'insinuation mais Hermione dut se retenir pour ne pas rire. Elle savait depuis leur première visite dans Spinner End que Harry détestait cette place et qu'il trouvait l'endroit déprimant et fade. Elle fut cependant surprise de voir Snape céder si facilement à la demande de son ami et accepter que Molly se joigne à eux le lendemain pour la visite des boutiques.
Harry insista pour dormir dès le premier soir dans leur nouvelle résidence, prétextant ne pas vouloir se réveiller recouvert de vermines. Severus accepta à condition qu'ils installent la chambre avant de se coucher, il refusait de faire du camping alors qu'il pouvait avoir un lit confortable.
Ils se mirent donc rapidement à la tache. À un certain moment, Severus enleva sa chemise parce qu'il avait chaud. Harry remarqua alors pour la première fois que son ancien enseignant n'était pas un laideron maigrichon comme il l'avait imaginé. Au contraire, il avait une belle musculature, pas trop exagérée mais bien découpée. Quelques cicatrices parcouraient son abdomen bien plat, souvenir indéniable de son implication lors de la guerre. Un tatouage majestueux, un tigre blanc, ornait son épaule gauche. La vue de son partenaire torse nu et en sueur donna quelques papillons dans le ventre de l'Élu et sans qu'il ne comprenne pourquoi, son sang décida de s'engorger dans une certaine partie de son anatomie. Honteux de sa réaction, il n'osa pas dire à Snape qu'il était indisposé par sa tenue.
Importuné par la situation, il changea de pièce rapidement se dirigeant vers la salle de bain où il enleva son pantalon et essaya de régler son petit problème. Mais la même chose que Severus lui arriva, des petits chocs lui traversaient la main à chaque caresse qu'il se prodiguait. Incapable de se satisfaire et la fatigue de la journée aidant, le jeune homme éclata en sanglot. Pour la première fois depuis l'annonce du décret son désespoir prenait le dessus et sortait.
Severus alarmé par les pleurs qu'il entendait, entra dans la salle de bain. Lorsqu'il aperçut Harry sans pantalon avec une érection et les larmes aux yeux il devina ce qu'il était arrivé. Il s'approcha doucement et s'installa derrière lui. Il passa ses bras autour du jeune homme et posa une main sur son torse et l'autre sur sa verge durcie. La seule chose qu'Harry eu la réaction de faire, la résignation dans l'âme, fut de remuer la tête en laissant entendre une litanie sans fin de « non ». Snape eut un pincement au cœur en entendant l'imploration de son compagnon, mais il refusa de céder et de tout arrêter, voulant montrer à son partenaire toute la tendresse qu'il pouvait avoir à son égard. D'un geste lent mais ferme, il commença un mouvement de va et vient sur le membre tendu.
Toute personne qui aurait assisté à la scène aurait crié au scandale. De voir ainsi un jeune homme à peine majeur, pleurer en suppliant, dans les bras d'un homme ayant le double de son âge qui le masturbait sans son consentement. Surtout que ce jeune homme était Harry Potter, le héro du monde magique, celui qui avait défait Voldemort. Mais personne n'était présent pour aider l'Élu, sauf son partenaire qui faisait ce qu'il croyait être le mieux dans la situation.
Au fur et à mesure que les gestes se répétaient sur son renflement, le jeune homme diminuait sa supplique jusqu'à l'arrêter, mais les larmes coulaient toujours. Lorsque le plaisir monta et qu'il sentit qu'il était pour se répandre, il se tendit pour se contrôler, refusant de se laisser aller, refusant d'accéder au bien-être qui suivrait. Severus le remarqua et se mit à murmurer à son oreille dans le but de le rassurer, de l'apaiser.
- Laisse-toi aller! Fais-moi confiance… Je ne ferai rien de plus… Détends-toi… Il n'y a rien de honteux… Viens!
Au bout de plusieurs minutes, le plaisir gagna son combat sur la peur et l'orgueil et, Harry jouit dans la main de son compagnon. Harry baissa alors les yeux, refusant de regarder son partenaire ou le fruit de sa jouissance, trop embarrassé d'avoir prit plaisir à se faire soulager. Severus nettoya son époux épuisé et le porta sur lit délicatement. Faisant fit de son désir à lui, il s'étendit à ses côtés, caressant d'une main ses cheveux en le regardant s'endormir à bout d'énergie.
Le lendemain, Harry fut le premier réveillé. Il se doucha et s'habilla rapidement. Ses souvenirs de la veille le tiraillaient et il désirait en discuter. Il ne pouvait pas le faire avec Ron, ce dernier passerait beaucoup trop de commentaires déplaisants et peu encourageants. Mais Hermione avait toujours eu une oreille attentive pour lui et était une bonne source de conseil lorsqu'il était perdu. Il écrivit donc une note à Severus, lui précisant qu'il n'avait qu'à le retrouver chez les Weasley lorsqu'il se lèverait. C'est ainsi qu'il se retrouva avec sa bonne amie, seuls dans une pièce qu'il avait insonorisée pour se confier.
Dans un lit pas très loin, un Severus dormait, rêvant de plaisirs incroyables et de douces caresses. Il tourna dans le lit, cherchant la chaleur de son compagnon, celui-là même qui meublait ses rêves, mais il ne le trouva pas. Il se réveilla donc en sursaut, fouillant du regard le lit. Ne trouvant pas celui qu'il cherchait, il l'appela et comme il ne recevait pas de réponse il commença à s'inquiéter. Il se leva et sans s'habiller, parcouru la distance qui le séparait de la salle de bain. Sur le comptoir, il remarqua un papier où l'écriture de Harry se trouvait. Après avoir lu la note, il lança une kyrielle de jurons. Il allait devoir se passer encore une fois de soulagement pour son entrejambe. Il prit une douche froide, très froide pour faire descendre un peu la tension dans cette région, puis il s'habilla rageusement avant de se précipiter au Terrier.
Dans une chambre de la place, la conversation continuait entre Harry et Hermione.
- Il va falloir que tu arrêtes de repousser tes sentiments et que tu acceptes enfin que tu sois gay.
- C'est impossible, réfléchit un peu, je n'étais pas bien hier lorsqu'il me touchait, je n'étais pas à mon aise.
- C'est ton orgueil qui t'empêchait d'apprécier la situation, Harry, que ton orgueil et la honte à cause de ce que ton oncle t'a toujours dit sur les homosexuels.
- Si j'étais vraiment gay je n'aurais pas honte et j'apprécierais… mais ce n'est visiblement pas le cas. Faut que tu me sortes de là, Hermione. Faut absolument faire quelque chose pour corriger la situation. Je ne pourrai jamais avoir de relation avec Snape.
- Tu es bourré de préjugé, tant que tu ne changeras pas ta façon de voir la situation tu ne seras pas à l'aise.
- Il y a certainement possibilité de divorcer, essaya le jeune homme.
- C'est impossible ce que tu demandes et tu le sais bien. Et si tu abandonnes maintenant, Scrimgeour jubilera et t'humiliera avec plaisir. Harry, reprends-toi un peu. Parles-en avec Severus, il saura sûrement te rassurer.
- Tu te rappelles que tu parles de Snape, celui qui a passé son temps à nous rabaisser à l'école?
- Bien sur, et c'est toi-même qui vient de me dire qu'hier il t'a parlé doucement pour te réconforter. Donc je suis certaine qu'il pourra le faire encore…
Et vlan! Harry ne savait plus quoi rétorqué. Même s'il ne voulait pas l'avouer, Hermione avait raison pour son compagnon. Depuis leur union, il était étonnamment tendre avec lui et il faisait des efforts incroyables pour prouver sa bonne foi. Mais l'admettre serait reconnaître que lui n'avait fait aucun effort de son côté pour donner une chance à son compagnon de le rassurer. Harry n'était pas encore prêt à laisser sa fierté prendre une débarque devant Snape, sa raison faisait défaut et il préférait encore tout nier.
Molly partit pour faire le tour des boutiques avec un Severus qui était de mauvaise humeur parce que Harry lui avait faussé compagnie avant son réveil et un Harry qui n'était pas plus heureux parce que Hermione ne lui avait pas dit ce qu'il aurait voulu entendre. Coincée entre deux êtres têtus et marabout, elle fit plusieurs tentatives pour détendre l'atmosphère mais sans grand résultat. Finalement en ayant assez de leur bouderie, elle prétexta devoir aller revisiter la maison pour vérifier une information.
Dès qu'ils eurent franchit la porte, elle explosa. Elle sermonna les deux hommes pour leurs comportements enfantins. Malgré sa petite taille, Severus et Harry la dominaient de deux têtes, sa fureur les fit se sentir tout petits dans leurs souliers. Harry avait déjà vu la mère de son meilleur ami en colère, mais jamais cette fureur n'avait été dirigée vers lui et jamais elle n'avait été si grande.
- Vous n'êtes marié que depuis neuf jours, vous êtes censés avoir l'air encore très amoureux, surtout en public. Mais à votre attitude présente, on dirait qu'une rancœur de plusieurs années vous sépares. C'est lourd! Je ne tolèrerai pas que la situation continue. Donc vous allez immédiatement me dire quel est votre problème qu'on le règle maintenant.
Harry baissa les yeux, honteux, ne voulant toujours pas révéler devant Molly ses craintes et appréhension envers son homosexualité. Severus, quant à lui, voulu protester que ce n'était pas des affaires de la femme. Mais dès qu'il ouvrit la bouche, avant même de dire un seul mot, le regard qu'elle lui dirigea lui fit comprendre qu'il n'avait pas avantage à répliquer et qu'il serait mieux de répondre honnêtement. Même lorsqu'il était au service de Voldemort il ne s'était jamais senti aussi désemparé et impuissant devant une personne.
- Je … C'était stupide comme attitude, fit Snape.
- Je suis bien d'accord, dit Molly sèchement, mais j'ai demandé pourquoi et j'attends encore la réponse.
- Harry n'était pas là à mon réveil, balbutia-t-il faiblement.
Ce dernier était stupéfait, jamais il n'aurait cru voir Severus Snape, homme au contrôle parfait, fléchir devant qui que ce soit et avouer avoir fauté. Et il n'avait jamais pensé que son absence dérangerait de quelque façon son compagnon. Il réalisa alors que ce dernier était sincère dans ses gestes de tendresse envers lui, qu'il ne faisait pas ça que pour l'amadouer puis profiter de lui ensuite. Il comprit alors tout le mal qu'il devait lui faire en le repoussant constamment. Oubliant la présence de Molly dans la pièce, Harry mis sa tête entre ses mains et déclara avec une voix remplie de remord :
- Je ne suis qu'un égoïste, je m'en veux tellement. Je ne pense qu'à moi pendant que toi tu prends soins ma personne depuis le début. Tu as sacrifié ta tranquillité, tu acceptes mes demandes sans rien dire. Je suis indifférent à toutes tes attentions envers moi et je te repousse sans cesse. Je ne t'ai laissé aucune chance de me montrer qui tu es. J'ai préféré être aveugle et borné au lieu d'accepter humblement de te dire que j'ai tout simplement peur. Je suis désolé, je ne te mérite pas, tu vaux mieux que moi.
Severus, incapable de parler, touché par ce que le jeune homme lui avait dit, s'approcha de lui et le serrât contre lui. Une larme perla au coin de son œil. Ils restèrent dans cette position, sans qu'aucun mot ne soit échangé. Molly, voyant que sa place n'était plus ici, s'éclipsa silencieusement.
Voilà… Enfin un peu moins têtu le petit Gryffon … Si ce chapitre vous a plu, n'hésitez pas à laisser un commentaire…
