Bonjour tout le monde!Merci encore de me suivre et pour vos commentaires! Ca me booste à fond! D'ailleurs en parlant de commentaires, Hermineuh l'autre jour me fait "Tu réponds à tes commentaires toi?" et moi "Quoi? On peut répondre aux commentaires?". Bref, je viens de découvrir un truc ^o^ Désolée si je suis passée pour une grosse malpolie qui ne répond pas aux commentaires, lalala. Il va vraiment falloir que je m'intéresse aux fonctionnalités du site!
Allez zou, j'arrête là avec mon blabla et je vous laisse lire la suite. Bonne lecture!
"***"
Dean s'accrocha au bras de Castiel pour ne pas tomber.
_ Bordel ! Qu'est-ce que c'est ?
Castiel plissa les yeux et observa la place qui gondolait de plus en plus.
_ Il arrive.
Dean regarda le visage de l'ange. Castiel avait une mine renfrognée et tout son corps était tendu, dans l'attente de la créature qu'ils avaient tant recherchée. Il porta la main à sa ceinture mais constata qu'il avait laissé toutes ses armes dans sa chambre à Linton.
_ Merde, jura-t-il entre ses dents.
Sans briser le contact physique, Castiel se plaça légèrement devant Dean, comme s'il avait compris quel était son problème.
_ Je m'en occupe, dit-il, visiblement prêt à bondir.
Dean hocha la tête, la mâchoire serrée. Il en avait presque oublié le froid. Il était toujours couvert de chair de poule mais il ne savait plus si c'était le vent ou l'anticipation.
Les vibrations s'intensifièrent et un grondement s'éleva du sol. Malgré le support de Castiel, Dean tomba à genoux. L'ange restait quant à lui parfaitement campé sur ses pieds. Au loin des fenêtres se brisèrent et Dean crut entendre quelques cris portés par le vent. Mais ce n'était peut-être que son imagination car le bruit autour de lui était assourdissant.
_ Qu'est-ce que... cria-t-il pour que Castiel l'entende.
C'est alors que le sol se déchira. Du moins, sur le coup, Dean crut qu'il se déchirait. Pas sous lui directement, mais à quelques pas, au pied même de la cathédrale. Puis il plissa les yeux et comprit que le sol était comme... aspiré par le sol lui-même. Comme une vague qui se retire. Pour mieux revenir en force. Et lorsque le sol revint, il revint sous la forme d'une main. Une main de pierre géante, pouvant contenir Dean trois ou quatre fois, facilement.
_ Bordel ! ne put-il retenir, toujours à quatre pattes sur le sol.
Il vit Castiel s'élancer vers la main, armé de sa lame.
_ CAS ! appela-t-il en tentant de se remettre debout.
Mais sans succès. Les secousses étaient encore trop fortes.
Désemparé et impuissant, il vit l'ange lever le bras et enfoncer la pointe de son arme dans le poignet du monstre. Castiel semblait ridiculement petit face à son adversaire et Dean sentit son cœur se serrer d'angoisse. La chose avait l'air de pouvoir l'écraser comme un rien.
Mais au lieu de l'écraser, la main balaya Castiel, comme si la lame de l'ange n'avait eu aucun effet sur elle. En tout cas, pas plus qu'une piqure de moustique agaçante. Dean vit le corps de Castiel être projeté en l'air et retomber lourdement à quelques pas de lui.
_ CAS ! cria de nouveau Dean en rampant vers l'ange.
Les bruits du monstre étaient couverts par les battements erratiques de son propre cœur. Il avait du mal à respirer mais il se força à avancer vers Castiel, toujours immobile au sol.
_ Cas, fit-il de nouveau en lui posant une main sur l'épaule.
L'ange se tourna vers lui. Il avait l'air un peu sonné et portait quelques coupures au visage mais il était bien en vie. Il leva sa main vers Dean.
_ Je vais bien Dean. Cette chose a juste une force...
La main frappa alors les fondations de la cathédrale. Violemment. L'édifice trembla. Elle renouvela sa tentative, donnant un grand coup contre la porte de bois et les pierres l'entourant. De larges fissures apparurent sur toute la façade, dans une série de craquements déchirants.
_ DEAN ! cria Castiel.
Il se jeta sur lui et le protégea de son corps alors qu'autour d'eux, la cathédrale et son clocher s'effondraient, des pans entiers de mur s'écrasant au sol dans un vacarme tonitruant.
Dean avait porté les mains à ses oreilles et s'était recroquevillé sur lui-même, Castiel toujours étendu au-dessus de lui. Une poussière dense s'élevait autour d'eux, l'empêchant de respirer et le forçant à garder les yeux fermés.
Il sentait les impacts des pierres tout autour d'eux. Il était impossible que pas une ne les touche et pourtant, Dean était toujours en un seul morceau.
_ CAS ! hurla-t-il pour que l'ange l'entende.
Ce dernier devait recevoir le plus gros de la tempête.
Il sentit la main de Castiel se poser sur son bras et serrer doucement, pour lui prouver qu'il était lui aussi toujours vivant. Dean eut envie de lui rendre son étreinte mais il jugea plus sage de ne pas bouger. Ce n'était pas le moment de se prendre une brique sur le coin du crâne.
Le vacarme dura plusieurs secondes encore puis soudain, il n'y eut plus que quelques claquements, comme si les dernières pierres se décidaient à tomber une à une puis un silence quasi assourdissant. Dean avait les oreilles qui vrombissaient et il n'entendait plus qu'un sifflement perçant au fond de ses tympans et au loin l'alarme d'une voiture. Il tenta de prendre une goulée d'air mais n'avala que de la poussière qui tapissa d'un goût âcre l'intérieur de sa bouche.
Il sentit Castiel bouger.
Lorsque l'ange se redressa, les gravats qui s'étaient accumulés sur son dos glissèrent à terre. Dean ouvrit péniblement les yeux et devina aux pieds de Castiel un tas de pierres de toutes tailles. Sans ce dernier, tous ses os seraient brisés à l'heure actuelle.
Une main apparut dans son champ de vision, à quelques centimètres de lui. Il la saisit et laissa Castiel le remettre debout.
_ Tout va bien Dean ? demanda l'ange lorsqu'ils se retrouvèrent face à face.
Dean hocha la tête. La poussière était encore dense, il distinguait à peine la silhouette de Castiel pourtant à quelques centimètres seulement de lui, et déjà, c'était au travers d'un épais rideau de larmes.
Il hocha la tête, incapable de parler tellement sa bouche était sèche. L'ange resta silencieux puis la main qui tenait toujours la sienne le relâcha pour remonter sur son visage. Il sentit le bout des doigts de Castiel se poser sur sa joue. Il frissonna et blâma le froid, qui revenait en force maintenant que son pic d'adrénaline retombait.
_ Dean, fit Castiel d'un ton perplexe.
Dean ne parvenait toujours pas à le distinguer mais il imaginait très bien la tête de l'ange, penchée de côté.
_ Dean ? Tu pleures ?
Celui-ci secoua la tête.
_ ... poussière... croassa-t-il péniblement.
_ Oh !
Immédiatement la main de Castiel retomba sur son bras et sans un mot, il guida Dean au milieu des décombres, jusqu'à sortir de l'épais nuage.
Enfin Dean put respirer.
Et voir.
Il ne voyait plus la cathédrale bien sûr, puisqu'elle était détruite. Il ne voyait pas vraiment la place d'ailleurs, puisqu'il y avait encore de la poussière dans tous les sens. Mais il voyait les maisons, autour d'eux, dont toutes les fenêtres étaient brisées et dont la plupart des façades était à présent couvertes de lézardes. Il voyait les gens aussi, sortis de chez eux par le vacarme. Ils erraient en petits groupes, perdus, les yeux hagards et la bouche ouverte, serrés les uns contre les autres. Certain pleuraient.
Mais il voyait surtout Castiel, qui le regardait, non, qui l'inspectait, comme pour vérifier que Dean n'avait pas menti sur son état de santé. Et malgré la situation, la tension et le froid, Dean se mordit les lèvres pour ne pas rire. Il grimaça vite au goût de plâtre qu'il y trouva mais pouffa tout de même. Castiel était couvert de la tête aux pieds de poussière. Il ressemblait à l'une de ces statues vivantes qu'on trouve dans les lieux touristiques. A l'exception de ses yeux, qui paraissaient, si possible, plus bleus encore entourés de tout ce blanc.
_ Dean ?
Ce dernier secoua la tête. Puis il leva les mains, les posa sur les épaules de Castiel et les épousseta tant bien que mal.
_ Dean ? réitéra Castiel, de plus en plus perplexe.
_ Tu es... commença Dean.
Avant qu'il puisse se retenir et même y réfléchir, il glissa ses doigts dans les cheveux de l'ange. Il frotta vigoureusement, faisant voler de la poussière tout autour de la tête de Castiel. Ce dernier fronça les sourcils.
_ ... dégoûtant, conclut Dean, toujours hilare.
Castiel soupira et leva la main en direction de Dean.
_ Dean.
Ce dernier se regarda enfin et constata qu'il était dans le même état que Castiel. Moins les chaussures. Et le manteau. Le froid se rappela soudain à lui et il frissonna, toute bonne humeur oubliée.
_ C'était quoi ce truc ? demanda-t-il à l'ange, tendant la main vers la place dont les débris commençaient à apparaître maintenant que le nuage de poussière retombait. Il sautait d'un pied à l'autre, les orteils frigorifiés.
Castiel secoua la tête.
_ Une main ? hasarda-t-il.
Dean leva les yeux au ciel.
_ J'ai bien vu ça ! Mais la main de quoi ? Il y avait un bras au bout de cette main et au bout de ce bras forcément quelque chose. Ce n'était quand même pas une version géante de la chose, ce truc !
Castiel le regarda longuement. Comme à son habitude, il n'avait pas l'air de comprendre ce que racontait Dean.
_ Quelle chose ? Quel truc ? Dean, je...
Dean se frotta les bras pour se réchauffer. Ses dents commençaient à claquer et au loin il entendait les premières sirènes des véhicules d'urgence.
Il secoua la tête.
_ Laisse tomber et ramène-moi auprès de Sam. J'ai besoin d'une douche chaude et il faut absolument qu'on lui raconte ce qu'on a vu. Il aura peut-être une idée.
Castiel hocha la tête et posa la main sur l'épaule de Dean.
« *** »
L'instant d'après, ils se retrouvèrent tous deux dans le salon de Garth, où Kevin et Sam étaient chacun le nez dans son ordinateur.
Si Sam, quelque peu habitué, sursauta à l'apparition de Dean et Castiel, Kevin, quant à lui, poussa un petit cri de surprise et leur jeta ce qu'il avait de plus proche, à savoir un vieux livre pesant son poids. Le livre atteint Castiel en pleine poitrine mais ce dernier ne broncha pas. Il regarda l'ouvrage tomber à ses pieds avec un bruit sourd. Il tourna la tête vers le prophète, les sourcils froncés. Dean pensa qu'à un moment, Castiel allait forcément rester coincé avec cette expression faciale.
_ Kevin ? demanda l'ange en ramassant le livre.
Celui-ci se passa une main dans les cheveux.
_ Désolé Castiel. Je ne m'attendais pas à vous voir d'un coup dans le salon.
Il rit nerveusement. Sam lui posa une main amicale sur l'épaule et Kevin eut un mouvement de recul, le regard noir, les doigts de nouveau à la recherche d'une arme potentielle. Pas étonnant qu'il ait survécu jusque-là, pensa Dean. Autant il était charmant quand tout allait bien, autant Kevin devenait un vrai guerrier sous la pression.
Puis le prophète se détendit et se réinstalla au fond du canapé.
Il détailla alors Dean et Cas. Puis Sam et lui échangèrent un regard perplexe.
_ Sexe dans l'arrière-boutique d'un boulanger ? proposa Kevin.
Dean retint un cri outré.
_ Mais pas du tout ! s'exclama-t-il.
_ Dean, vous êtes tous les deux tout blanc, insista Kevin.
_ Oui mais...
_ Et où sont tes chaussures ? interrompit Sam. Et ta chemise. Et ton blouson ?
Dean garda la bouche ouverte dans l'espoir de pouvoir en placer une mais peine perdue.
_ Et ton slip ? tenta Kevin.
Dean ne put s'empêcher de baisser la tête avant de se rappeler que ça n'avait aucun sens. Bien sûr qu'il l'avait, son slip !
_ Ca suffit ! coupa-t-il.
_ Et... où est Garth ? poursuivit le prophète mais à son ton, Dean comprit que cette fois, il s'agissait d'une vraie question, pas d'une boutade.
_ C'est très sérieux, intervint alors Castiel. Grâce aux indications de la voyante, j'ai trouvé le prochain lieu de l'attaque.
Immédiatement, Sam et Kevin se tendirent, leur attention entièrement focalisée sur l'ange. Mais si Sam était parfaitement stoïque, Kevin se tordait nerveusement les doigts. Après tout, personne n'avait répondu à sa question sur Garth et Castiel avait toujours un ton tellement tragique qu'il pouvait s'attendre au pire.
_ Il s'agissait de la cathédrale de Reykjavik, en Islande. Je suis allé chercher Dean mais à peine sur place, nous avons été attaqués.
_ Par qui ? demanda Sam.
Castiel regarda Dean. Ce dernier haussa les épaules. Mais il prit quand même la parole.
_ Par un genre de... main géante.
_ Une main géante ? répéta son frère en secouant la tête.
Dean opina.
_ Oui, une main géante.
_ Géante... géante ?
_ Yep ! Genre on aurait pu tous tenir dedans, toi, moi, Cas et Kevin.
_ Et Garth ? demanda Kevin.
_ Oui, Garth aussi probablement.
Kevin soupira.
_ Non, je veux dire, qu'avez-vous fait de Garth ?
_ Oh ! Il est encore à Linton ! Je suis sûr qu'il dort profondément.
_ Vous avez oublié Garth ? fit le prophète, avec une petite moue accusatrice.
Dean tendit le doigt vers Castiel.
_ C'est Cas ! Il est venu me chercher et avant même que j'ai pu prévenir Garth ou même mettre mes chaussures, il m'avait emmené à Reykjavik.
Castiel voulut répliquer mais Sam ne lui en laissa pas le temps.
_ Où vous avez été attaqués par une main géante ?
_ Géante, confirma Dean. Et en pierre !
_ Comme une grosse statue de main ? fit son frère.
Dean secoua la tête.
_ Comme un gros bonhomme en pierre qui sort la main du sol.
Sam réfléchit quelques instants.
_ Donc d'après toi vous n'avez vu qu'un bout du monstre ?
_ D'après mes estimations, commença Castiel, nous avons à faire à une créature de plusieurs dizaines de mètres.
_ Qui se déplace sous terre ? demanda Sam.
Il tapait sur son clavier, prenant probablement des notes en même temps que Castiel et Dean parlaient.
Ce dernier secoua la tête.
_ Non. Je ne l'ai pas ressenti comme ça. Je veux dire... j'ai eu l'impression qu'il se déplaçait pas sous terre mais dans la terre ou alors... qu'il était la terre.
Sam et Kevin lui jetèrent un regard perplexe. Dean se maudit de ne pas savoir comment mieux s'exprimer.
_ C'est aussi ce que j'ai ressenti, l'appuya Castiel et Dean sentit toute la gratitude du monde lui étreindre le cœur. C'est ce qu'a dû vouloir exprimer Willielmus avec ton « Terr ». La Terre elle-même qui était venu pour l'attaquer.
_ Mais pourquoi ? demanda Kevin. La Terre qui s'en prend à une usine chimique ou à une centrale nucléaire, je reste perplexe mais je peux comprendre l'idée, mais des cathédrales ?
Personne ne répondit.
_ Et... la poussière blanche ? hasarda Sam.
_ Les restes de la cathédrale de Reykjavik, expliqua Castiel, le plus simplement du monde.
Sam leva les mains au ciel.
_ Quoi ? Vous étiez sur place et vous n'avez pas réussi à l'arrêter !
_ Castiel a essayé mais... raconta Dean.
_ Et toi tu n'as rien fait ? demanda son frère.
Dean serra les poings. Sam commençait à doucement l'agacer. Si c'était aussi simple, il n'avait qu'à y aller lui, au lieu de rester toute la journée les fesses dans le canapé à pianoter sur son ordinateur !
_ Je n'avais pas de chaussures ! répondit Dean, comme si ça expliquait tout.
_ Bruce Willis non plus n'a pas de chaussure dans le premier Die Hard et pourtant...
_ Dean ! Sam ! les interrompit Castiel.
Puis l'ange se tourna vers le plus jeune des Winchester.
_ Sam. J'ai tenté d'arrêter cette créature et elle m'a balayé comme si je n'étais rien de plus qu'un moustique. Si Dean était intervenu, il serait probablement mort à l'heure actuelle. Je suis désolé que nous n'ayons pas pu sauver cette cathédrale mais au moins nous avons pu avoir un aperçu même bref de notre adversaire. A nous maintenant de trouver ce qu'il est et comment l'arrêter avant qu'il n'attaque de nouveau.
Sam hocha la tête.
_ Merci Cas, répondit-il.
_ Merci Cas, fit à son tour Dean.
L'ange eut un petit sourire.
_ Je vous en prie.
Dean se passa une main sur les yeux. Ils le piquaient encore et il commençait à être réellement fatigué. Au moins, il s'était réchauffé un peu mais l'appel d'un jet d'eau brulant était toujours attractif.
_ J'ai besoin de me laver, lâcha-t-il alors. Je reviens bientôt.
_ Moi aussi, ajouta Castiel.
Dean eut un instant l'impression que l'ange allait le suivre dans la salle de bain. Auquel cas, il n'avait aucune idée de comment réagir. Mal, probablement.
Mais au lieu de s'engager dans l'escalier menant à l'étage, Castiel entra dans la cuisine. Dean secoua la tête et monta les marches quatre à quatre.
«*** »
Lorsqu'il redescendit, Dean était propre et réchauffé. Il avait jeté ses affaires sales dans un coin de la chambre qu'il occupait et s'était longuement laissé aller sous un jet brûlant. Les premières minutes, l'eau qui s'écoulait par la bonde de la baignoire était blanche. Dean hésita même, l'espace d'un instant, à prendre un véritable bain, tellement il avait eu froid à Reykjavik. Puis il se dit qu'il n'avait déjà pas le temps et qu'ensuite, les bains, c'était vraiment un truc de nana, la preuve, Sam en prenait ! Dean se demandait d'ailleurs comment son frère arrivait à caler son grand corps dans ces tubes minuscules, il devait y être aussi à l'aise qu'une sardine dans sa boîte. Au final, il resta sous la douche une bonne quinzaine de minutes, sentant son sang recommencer à circuler normalement dans ses extrémités et l'adrénaline de cette dernière heure retomber.
En sortant, il s'était enroulé dans une grande serviette et s'était laissé tomber quelques minutes sur son lit. Lui qui avait cru pouvoir avoir une bonne nuit de sommeil à Linton allait probablement passer la moitié de la nuit à faire des recherches dans des vieux bouquins.
Il soupira et se remit debout à la recherche de vêtements chauds. Il trouva un t-shirt d'AC/DC, une épaisse chemise brune et un jean dans les tiroirs de la commode de la chambre. Dean ne défaisait que rarement son sac mais puisqu'il avait rapidement été évident qu'ils allaient passer quelques temps chez Garth, il avait pris ses aises.
Il avait aussi trouvé une paire de chaussettes en grosses mailles que Bobby lui avait offerte une année pour Noël. Dean les portait rarement car elles étaient si épaisses qu'il avait ensuite du mal à rentrer dans ses bottes. Mais elles étaient bien chaudes et pour le moment, c'était bien tout ce qui importait à Dean. Surtout que ses bottes étaient restées à Linton.
Puis il redescendit au salon.
Sam et Kevin ne levèrent même pas la tête. Il les entendait tous deux pianoter plus vite qu'il était humainement possible. Castiel, lui, le suivit des yeux lorsqu'il entra dans la pièce. L'ange avait repris son aspect habituel et Dean se demanda pourquoi il avait eu besoin de s'isoler dans la cuisine pour juste claquer des doigts et se retrouver épousseté. Peut-être était-ce une étrange forme de pudeur.
_ Tu te sens mieux Dean ? demanda-t-il.
Dean trouva sa voix étrangement douce et même concernée.
Castiel était assis à quelque pas de là, à ce qui était autrefois la table de la salle à manger mais qui maintenant n'était plus qu'un support pour des piles et des piles de grimoires. Il était devant un vieux livre ouvert.
Dean vint se placer face à lui.
_ Mieux, merci.
Castiel lui fit un petit sourire penaud.
_ Je suis désolé, Dean, de ne pas t'avoir laissé t'habiller avant de partir.
Dean haussa les épaules.
_ Pas de souci ! Et puis, c'est grâce à toi que nous avons pu enfin voir cette chose.
Il regarda Castiel qui ne l'avait pas lâché des yeux depuis qu'il était arrivé. Ils restèrent quelques secondes ainsi.
_ Merci Dean, fit l'ange, presque dans un murmure.
Dean se demanda pourquoi Castiel le remerciait. Appréciait-il que Dean reconnaisse sa valeur ? Garth avait peut-être raison lorsqu'il avait dit que Castiel ne se voyait que comme un outil pour les Winchester et qu'il avait besoin de se sentir utile.
Mais pour le moment, Dean s'en fichait pas mal. Castiel avait juste les yeux les plus incroyables qu'il ait jamais vus. Même le « ça recommence » de Sam qu'il entendit du coin de l'oreille resta ignoré.
Puis Dean cligna des yeux et le moment passa. Foutue poussière, pensa-t-il. Il savait qu'il avait encore les yeux légèrement rouges. De toute façon, qu'est-ce qu'il aurait fait de plus ? Pris la main de Castiel ? C'était ridicule.
Il se racla la gorge et se calla dans sa chaise.
_ Il faudra juste demain matin que tu me ramènes à Linton pour que je ramène mes affaires et Bab...
_ Hors de question ! intervint son frère.
_ Quoi ? demanda Dean en se tournant vers lui.
_ Garth peut te ramener tes affaires, proposa gentiment Kevin.
_ Mais...
Sam croisa les bras sur sa poitrine.
_ Dean, s'il te plait, nous avons besoin de tout le monde. Nous avons enfin un début de piste et tu ne peux pas te permettre de perdre de nouveau douze heures sur la route.
Dean grommela.
_ Si vraiment tes bottes te manquent, reprit son frère en lorgnant sur les chaussettes de grand-père de Dean, Cas peut aller te les chercher rapidement. En attendant, aide-nous !
Dean ouvrit la bouche, la referma et la rouvrit. Dans l'absolu, il savait que Sam avait raison mais quelque chose le chiffonnait encore. Enfin, pire que le chiffonnait, le rendait malade jusqu'au plus profond de ses trippes.
_ Et Baby ! s'écria-t-il en se levant brusquement de sa chaise.
Sam n'eut pas l'air le moins du monde impressionné.
_ Garth peut... fit Kevin.
_ NON ! l'interrompit Dean.
Sam soupira.
_ Garth va devoir rentrer d'une façon ou d'une autre alors autant qu'il ramène l'Impala, ça fera gagner du temps à tout le monde.
_ NON ! se défendit de nouveau Dean.
_ Dean, ne fais pas l'enfant ! insista son frère. Garth est un grand garçon, il peut très bien ramener ta voiture.
Dean soutint le regard de Sam quelques secondes mais comprit rapidement qu'il n'aurait pas le dessus. Sam était une sacrée tête de mule par moment et un de ces moments était arrivé. Il se laissa retomber sur sa chaise.
_ J'ai toujours su que tu l'aimais moins que moi !
_ Oui, oui, c'est ça, répondit Sam dont toute l'attention était retournée à son écran.
_ S'il lui arrive quoique ce soit...
_ Tu la répareras comme tu l'as fait de nombreuses fois auparavant et voilà ! Fin de l'histoire.
Cela eut pour effet de clouer le bec de Dean.
Il jeta un dernier regard noir à son frère qui n'arborait qu'une expression pleine de dédain. Puis il posa la main sur une pile et récupéra un des livres. Par-dessus les ouvrages, Castiel lui offrit un petit sourire plein de compassion.
Dean se sentit un peu mieux.
« *** »
_ Il devrait être là depuis deux heures maintenant ! tempêta Dean en arpentant le salon en grandes enjambées.
Sam regarda Kevin qui haussa les épaules.
_ Il est peut-être pris dans des bouchons ? proposa Castiel.
_ Les bouchons ! s'écria Dean en se tournant vers l'ange. Quels bouchons ! On est au milieu de rien ! Il ne peut pas y avoir de bouchon !
Ses bras gesticulaient en tout sens et Castiel pencha la tête de côté. Il paraissait hésiter entre être désolé pour Dean ou bien le gifler une bonne fois pour toute pour le calmer et le remettre au travail. Finalement, il décida de ne rien faire du tout et de se replonger dans son livre.
La nuit avait été courte. Vers les quatre heures du matin, alors que Sam et Kevin s'étaient l'un après l'autre assoupis dans le canapé, Dean était allé se coucher, à bout de force. Lorsqu'il s'était relevé, à peine quatre heures plus tard, Castiel n'avait pas bougé de la table de salle à manger et avait épluché de nombreuses pages sans succès. Et pourtant, ils avaient fait le tour de tous les démons anciens et d'une bonne partie des mythes folkloriques.
Peu après, ils avaient reçu un appel de Garth qui s'inquiétait de la disparition de Dean. Kevin lui avait expliqué la situation et Garth avait de bon cœur accepté de ramener les affaires de Dean, voiture incluse.
Depuis, plus de quatorze heures s'étaient écoulées. Leurs recherches piétinaient et Garth, et par conséquent l'Impala, n'étaient toujours pas là. Et Dean n'avait plus la tête à faire des « recherches » !
_ Je vais le tuer, grogna-t-il, les mains solidement plantées sur les hanches.
Kevin se tourna vers Sam.
_ Je devrais peut-être lui dire, murmura-t-il.
_ Me dire quoi ? demanda Dean, dont ouïe n'était jamais aussi affutée que lorsqu'il était sous tension.
Sam eut un sourire crispé pour le prophète.
_ Il va bien falloir qu'il l'apprenne de toute façon ! Bonne chance.
Puis il posa calmement son ordinateur sur la table basse et se leva. Sous couvert d'aller aux toilettes, il se glissa hors de la pièce.
Dean posa un genou sur l'accoudoir du sofa et se pencha vers Kevin, son air le plus menaçant plaqué sur le visage.
_ Me dire quoi Kevin ?
Le prophète parut se recroqueviller entre deux coussins. Visiblement, si le roi de l'enfer ne l'avait pas impressionné, Dean Winchester contrarié avait l'effet inverse.
Il tenta de sourire à ce dernier.
_ Garth a appelé tout à l'heure, expliqua-t-il.
_ Et ?
_ Euh... hum... il s'est trompé à la station service.
Dean fronça les sourcils.
_ Il s'est trompé de quoi ? De route ?
Quelque part, ça ne l'étonnait pas que Garth soit capable de se perdre même pour rentrer chez lui.
_ Non, de carburant.
L'angoisse de Dean revint en force.
_ DE CARBURANT ! Il a rempli ma Baby avec... avec n'importe quoi !
_ Ce n'est rien Dean, fit Sam en revenant dans la pièce. Il est allé la faire vidanger. A peine l'histoire de quelques heures.
_ Baby va être vidangée par un inconnu ! Par un inconnu !
Sam soupira et fit quelques pas pour détendre ses jambes. Il avait l'impression d'avoir passé la moitié de sa vie sur le vieux canapé de Garth et il n'en pouvait plus.
_ Ce n'est pas comme si c'était une pucelle, grogna-t-il.
Dean paraissait sur le point de lui sauter à la gorge. Il faut dire qu'ils étaient tous un peu tendus. Après la nuit dernière, ils pensaient trouver facilement une piste mais les recherches de la journée étaient restées infructueuses.
_ Ne... menaça Dean.
_ Voilà pourquoi on ne t'a rien dit ! s'écria Sam. Je savais que tu en ferais toute une histoire.
_ Evidemment ! D'habitude c'est moi qui la vidange !
Sam se passa une main dans les cheveux.
_ De toute façon c'était il y a quelques heures. C'est probablement fait maintenant.
_ Et si Garth n'a pas rappelé, intervint Kevin qui n'était plus caché derrière un coussin, c'est que tout s'est bien passé. Il ne devrait plus tarder !
Dean pointa Kevin du doigt.
_ Il ferait mieux de...
_ Dean !
La voix empressée de Castiel le coupa net. Il se tourna vers l'ange.
_ Dean, je crois que j'ai trouvé quelque chose.
Dean se pressa à ses côtés et plongea le nez dans l'ouvrage que Castiel était en train de lire.
Kevin et Sam échangèrent un regard blasé.
_ Crois-tu, demanda le prophète, que nous sommes dignes d'être mis au courant ?
Sam haussa les épaules.
_ Probablement pas. Après tout, nous n'avons jamais que passé les deux-cent quarante dernières heures à rechercher l'identité de la créature.
_ Peut-être en nous glissant discrètement à leurs côtés...
_ Peut-être.
Lentement, ils se rapprochèrent de la table. Sam tendit le cou pour voir mais Kevin eut beau se mettre sur la pointe des pieds, il n'était pas avancé pour autant.
_ Sam ! appela-t-il.
Celui-ci lui fit un petit geste de la main signifiant qu'il lui expliquerait dès que possible.
Dean se mordait la lèvre pendant qu'il lisait la page que Castiel lui avait désigné.
_ Qu'en penses-tu ? demanda l'ange.
Dean hocha la tête.
_ Ca pourrait être ça. Ca pourrait complètement être ça.
_ Gaïa ? demanda Sam en roulant des yeux.
_ Gaïa ? répéta Kevin les sourcils froncés.
De concert, Castiel et Dean opinèrent.
_ Gaïa, la mère des titans, confirma l'ange.
_ Tout est là ! s'enthousiasma Dean. La taille correspond ! La force correspond ! Cette impression que j'ai eu qu'elle ne sortait pas de terre mais qu'elle était la Terre !
C'est ce moment que choisit Garth pour rentrer.
_ Je suis là, annonça-t-il, triomphant.
Personne ne fit attention à lui.
_ Mais pourquoi, demanda Sam, Gaïa ressortirait-elle d'un coup et s'en prendrait-elle à des monuments chrétiens ?
Personne ne répondit.
_ J'en sais foutre rien, grogna finalement Dean. Mais c'est la meilleure piste que nous ayons eu jusqu'à présent. Bien joué Cas !
L'ange hocha la tête pour montrer qu'il appréciait le compliment.
_ Vous avez trouvé quelque chose ? fit Garth en se rapprochant de Kevin.
Ce dernier lui expliqua rapidement la découverte de Castiel.
_ Bon, donc on a à faire à un genre de géant antique qui pour une raison inconnue est très en colère? résuma-t-il.
Kevin approuva.
Garth fit une petite grimace, posa les mains sur ses hanches et fit quelques pas autour de la table.
_ Quelque soit la motivation du monstre, peu importe, il est dangereux. La vraie question est donc, comment le battre ?
Castiel croisa les bras sur sa poitrine, la mine renfrognée.
_ Je n'en sais rien. Lorsque je me suis approchée d'elle, j'ai bien senti sa puissance. Je ne suis pas de taille à l'affronter. Et par conséquent, les humains non plus.
Tous soupirèrent longuement. Au fur et à mesure des minutes, ils s'éparpillèrent dans la pièce, soit plongés dans leurs pensées, soit à la recherche de nouveaux indices.
Kevin fut le premier à reprendre la parole.
_ Si j'en crois ce que je lis, les titans ont été enfermés par Zeus dans le Tartare, au fin fond de l'enfer.
_ Donc Zeus peut vaincre les titans ? fit Garth en se rapprochant de lui.
Kevin approuva.
_ De toute évidence.
_ Donc il suffit qu'on retrouve Zeus et qu'on lui demande de l'aide ?
Kevin se tourna vers Garth avec un petit sourire.
_ Et tu sais comment retrouver un ancien dieu grec toi ?
Garth haussa les épaules.
_ Moi non, mais eux peut-être.
Il se tourna vers les frères Winchester qui échangeaient des regards gênés. Lorsqu'ils remarquèrent les yeux de Garth sur eux, ils s'intéressèrent suspicieusement à leurs pieds.
_ Un problème ? demanda Garth.
Sam se racla la gorge. Dean lui fit un sourire tendu.
Kevin se leva du canapé où il avait repris place quelques minutes auparavant. Les bras croisés et la mâchoire crispée, il vint se planter devant les deux frères.
_ Vous avez quelque chose à nous avouer ?
Dean donna un léger coup de poing à Sam. Ce dernier le lui rendit. Ils échangèrent ensuite un long regard puis en silence firent une partie rapide de pierre-papier-ciseaux. Dean perdit. Il soupira.
_ Zeus est mort, annonça-t-il.
_ Oh ! Saloperie de bordel de Winchester ! s'emporta Kevin. Vous ne pouvez rien faire sans tuer quelqu'un !
_ C'est même pas nous ! se défendit Sam, l'air visiblement outré.
_ C'est Prométhée ! insista Dean.
Kevin ne se laissa pas impressionner pour autant. Les bras toujours sur la poitrine, il fixa en silence pendant de longues secondes les frères Winchester.
_ Et comment êtes-vous au courant ? demanda-t-il finalement, d'un ton parfaitement froid.
_ On était sur place, admit Sam, après une légère hésitation.
Kevin resta silencieux mais il était évident qu'il les jugeait. Et mal !
_ Et maintenant, qu'est-ce qu'on fait ? demanda Garth après quelques minutes de silence inconfortable.
Kevin lâcha enfin les Winchester des yeux et se réinstalla devant son ordinateur.
_ Je ne sais pas, je vais chercher. Sinon vois avec ces deux génies là s'ils ont une idée.
Dean voulut répliquer, ne trouva rien et au final se tût.
Garth le fixait de ses grands yeux interrogateurs. Dean se sentit très mal à l'aise. Sa réponse de base était « on fonce et on voit » mais s'ils avaient vraiment à faire à Gaia, ça n'allait pas être d'une efficacité redoutable.
Il sentit Sam hausser des épaules à ses côtés.
_ Il y a forcément une solution, fit le plus jeune des Winchester. Zeus a vaincu les Titans mais lorsque nous avons rencontré Zeus, il était passablement affaibli. Plus personne ne croyait en lui. Si nous trouvons ce qui a causé la chute de Zeus, nous pourrons avoir une idée de comment vaincre les Titans.
_ C'est nous, fit Castiel que tout le monde avait oublié, toujours assis à sa table.
Tous le regardèrent dans l'attente d'explications plus poussées. Castiel les regardait en retour, comme si ce qu'il avait dit suffisait et qu'il leur laissait gérer la suite des opérations.
Dean craqua le premier.
_ Comment ça c'est vous ?
_ Nous ! L'arrivée de la chrétienté. Les dieux païens, Zeus, devenu entre temps Jupiter, et toute sa famille, sont devenus obsolètes. Ils se sont cachés et nous avons pris le pouvoir.
_ Pas étonnant qu'ils cherchent maintenant à se venger en faisant tomber vos cathédrales, commenta Garth.
Castiel le fusilla du regard.
_ C'était nécessaire, répliqua-t-il.
_ Vous n'auriez pas pu juste... cohabiter ?
La mâchoire de Castiel se crispa et il poussa un soupir agacé.
_ Ils donnaient nos fidèles à manger aux lions !
_ Du vrai pain béni pour...
_ Dean ! l'interrompit Sam.
Dean se tut et dissimula son sourire, non pas pour faire plaisir à Sam mais parce que Castiel avait vraiment pris son air le plus blasé.
_ Bon, reprit Kevin, visiblement en pleine réflexion, comment vous vous y êtes pris pour vaincre Zeus et compagnie ?
Castiel haussa les épaules.
_ Ca a pris un moment. Un long moment. Et Dieu a dû sacrifier son propre fils. Je ne pense pas que ce soit une solution envisageable dans notre cas.
_ Donc pour reprendre, fit Sam, on a un, voire plusieurs Titans qui s'en prennent pour on ne sait quelle raison encore aux monuments chrétiens et Zeus, le seul qui sait comment les vaincre, est mort. Et on ne peut pas compter sur la méthode brute puisque même Castiel n'a été d'aucune utilité la nuit dernière.
Castiel baissa la tête, la mine dépitée.
_ N'a été d'aucune utilité contre Gaia, précisa Dean, mais sans lui, nous ne saurions toujours pas à quoi nous avons à faire !
Cas eut un demi-sourire mais ne releva pas les yeux.
_ C'est ce que je voulais dire, reprit Sam qui de toute évidence n'avait pas la tête à ménager les sensibilités des uns et des autres. Et maintenant ?
_ Et si nous tentions la négociation ? demanda Garth.
Dean roula des yeux.
_ Sérieusement ?
Garth opina.
_ La force brute n'est pas la réponse à tout Dean !
Dean faillit répliquer que la force brute l'avait sauvé de bien des situations mais Garth ne lui en laissa pas le temps.
_ Nous savons maintenant qui elle est et qu'elle en a après les chrétiens. Pourquoi ne pas simplement lui demander pourquoi et tenter de régler ça à l'amiable ?
_ Parce que lorsque nous l'avons rencontrée, elle a envoyé Cas bouler comme s'il n'était qu'un vulgaire insecte !
_ Mais Cas l'avait attaquée !
_ C'est sûr que tout de suite, ça va la mettre dans de bonnes dispositions pour nous parler, grogna Sam.
_ Cas n'a pas eu le choix ! intervint de nouveau Dean.
_ C'était ça ou la cathédrale tombait, ajouta l'ange.
_ La cathédrale est quand même tombée, fit remarquer Kevin.
Castiel baissa de nouveau la tête et Dean eut envie d'insulter tous les autres. Il leva les mains au ciel et se retint au dernier moment de jurer.
_ Comme vous voulez ! s'écria-t-il avec un grand geste rageur. Mettez-lui la main dessus et là, nous verrons pour négocier ! Et si elle ne veut rien entendre, je la tuerai moi-même. Je ne sais pas encore comment mais je trouverai !
Il se dirigea vers la porte mais au dernier moment, il se tourna vers Garth.
_ Et toi, ne va pas croire que je t'oublie ! Je vais aller inspecter Baby et si j'y trouve la moindre rayure, tu es mort.
Garth se blottit contre Kevin.
« *** »
Dean était accroupi à côté de la roue à vérifier le moindre centimètre de peinture. Pour le moment, il n'avait rien trouvé. A part l'incident de la vidange, apparemment Garth avait bien pris soin de l'Impala. Comme quoi, l'instinct de survie pouvait faire des miracles.
La voix de Castiel le fit presque sursauter.
_ Dean.
Ce dernier se redressa immédiatement et trouva l'ange à quelques centimètres de lui.
_ Hey Cas. Comment ça va ?
Castiel haussa les épaules, comme s'il ne savait pas quoi répondre à ça.
_ Je retourne en Europe, voir si maintenant que j'ai un nom, je peux trouver de nouvelles pistes sur Gaia.
Dean hocha la tête et le silence s'étira entre eux deux.
_ Ok, répondit finalement Dean, qui brisa le contact en regardant ses pieds.
_ Dean ?
_ Oui ?
_ Je...
Dean leva les yeux. Castiel paraissait embarrassé. Dean fronça les sourcils.
_ Un problème Cas ?
_ Non ! Non. Je voulais juste te remercier de m'avoir défendu tout à l'heure.
Dean ne put retenir un sourire et il haussa les épaules. Ne sachant que faire de ses mains, il les glissa dans les poches de son jean.
_ C'est normal. Tu as fait ce que tu as pu. Les autres peuvent parler autant qu'ils veulent, ils n'étaient pas là. Ils ne l'ont pas vue.
Castiel grimaça.
_ Oui, elle était vraiment puissante. J'espère que cette histoire de négociation va marcher parce que sinon, je n'ai pas la moindre idée de comment nous pourrons la battre.
_ Nous trouverons, fit Dean. Nous trouvons toujours.
_ Je veux dire, reprit Cas, après une légère hésitation, je n'ai pas la moindre idée de comment nous pourrons la battre, sans avoir, comme habituellement, à sacrifier l'un de nous.
Dean grimaça. La conversation ne prenait vraiment pas une tournure rassurante.
_ Merci Cas, fit-il ironiquement.
_ Je t'en prie Dean, répondit l'ange, toujours aussi sérieusement. Je ferais mieux d'y aller maintenant.
_ Ok. Euh... Cas ! s'écria Dean avant que l'ange ne disparaisse.
Ce dernier pencha la tête de côté.
_ Oui Dean ?
Dean gratta le sol du bout de sa chaussure. Les graviers crissèrent et ce fut le seul bruit pendant de longues secondes, le temps que Dean se décide à parler.
_ Je... Tu... Tu sais que je ne te considère pas comme un outil, n'est-ce pas ? Tu le sais hein ?
Castiel lui répondit par un sourire. Un vrai sourire. Les mains de Dean devinrent moites et il les enfonça le plus profondément possible dans ses poches.
_ Merci Dean.
Et Castiel disparut dans un bruissement d'ailes.
(à suivre...)
