Salut!
Je sais que vous espériez une mise à jour rapide mais j'avais prévenu que j'avais du mal à écrire des longues fics sur Stargate en ce moment. Sachez simplement que je fais de mon mieux et toutes vos reviews et vos messages m'encouragent énormément. Cependant certains messages étaient légèrement agressifs et, les auteurs se reconnaitront sans peine, j'aimerai juste dire que nous avons tous une vie en dehors des fictions. J'essaye vraiment d'écrire vite et d'avancer autant que je peux mais mon inspiration pour stargate est légèrement cahotique. Je fais ce que je peux. Inutile de critiquer le temps entre mes updates ou de faire des remarques désobligeantes ça ne me fera pas écrire plus vite. Au contraire.
Pour tous mes autres lecteurs que cela ne concerne nullement, merci de votre soutien. J'espère que le chapitre suivant sera en ligne plus vite.
Chapitre 4 : Madness
Une heure plus tard, Daniel et Jack avaient fait le tour sans trouver aucun moyen de contourner les marais. La brume semblait redevenir agressive dès qu'ils mettaient un pied en dehors des limites du village. Comme si le brouillard voulait les y enfermer…
Carter et Teal'c n'avaient pas eu plus de chance de leur côté. D'après le rapport que la jeune femme venait de lui faire, elle ne relevait toujours pas de pic d'énergie pouvant signaler la présence d'une machine quelconque et la fouille des maisons n'avait jusque là, rien donné. Daniel et lui avaient proposé de s'occuper des bâtiments de l'autre côté de la place et la scientifique avait accepté. Ils n'avaient rien vu de plus.
Jack lança un regard hésitant vers l'épaisse forêt sur laquelle le village donnait. La brume ne les avait pas bloqués par là et plus ils avaient avancé avec Daniel, plus il lui avait paru sentir le sel et la fraicheur d'un rivage… Cependant, ni l'un ni l'autre n'avait jugé prudent de s'enfoncer sous l'épais couvert des arbres et ils avaient rebroussé chemin. De toute façon c'était à l'opposé de là où ils voulaient aller.
« Jack, on n'a pas fait celle là. »
Il jeta un coup d'œil à la maison que désignait l'archéologue. Ils étaient partis de la lisière de la forêt et avaient visité chacune des habitations jusqu'à la place centrale sur laquelle ils se tenaient à présent. Le village n'était pas grand. Cinq rues qui donnaient toutes sur cette placette dont le seul attrait était le puits. Attiré malgré lui, Jack s'en était approché plus tôt. Il tenait toujours bon, comme les maisons autour d'eux. Et d'après ce qu'il en avait déduit après avoir balancé un caillou au fond, il y avait encore de l'eau. Restait à savoir si elle était potable.
Emboîtant le pas à son équipier, Jack sortit sa torche. Les nuages devenaient menaçants, et une fine bruine commençait à tomber, les glaçant plus qu'ils ne l'étaient déjà et rendant la visibilité difficile. A peine avait-il fait un pas dans la pièce principale que le Colonel grogna. Ca ressemblait à s'y méprendre à un bureau rempli de livres poussiéreux…
Et de façon prévisible, l'archéologue lâcha un petit cri de joie avant de se précipiter vers la table recouverte de document. Son enthousiasme se calma quelque peu quand il vit que la chaise était déjà occupée par un squelette avachi sur le bureau. Le couteau toujours planté à l'arrière de sa nuque, coincé dans les os, indiquait que le pauvre bougre n'avait pas eu une fin de vie paisible.
« C'est quand même étrange… » constata pensivement le linguiste « Tous ces corps… On dirait qu'aucun d'eux n'a eu une mort naturelle… »
Jack leva un sourcil, ravalant la remarque ironique sur les dons d'observation du jeune homme. Tous les gens à qui appartenaient les restes humains qu'ils avaient découverts –et il y en avait dans chaque bâtiment, quand ce n'était pas dans les rues- semblaient avoir été assassinés. Il balaya le reste de la pièce du faisceau de sa lampe, c'était la plus grande qu'ils avaient trouvé jusqu'à maintenant… Il repéra un escalier à droite qui partait vers un étage. Le rez-de chaussée était apparemment consacré à l'étude, comme le prouvaient les rayonnages pleins de livres qui couvraient les murs.
Le faisceau lumineux accrocha la silhouette sombre d'os devant la cheminée, et examinant rapidement la position et l'absence d'arme indiquant la cause de la mort, il haussa les épaules.
« Lui, peut-être. »
« C'est elle, en fait, Jack. » corrigea l'archéologue, et le Colonel leva la tête, intrigué. Il n'aurait pas dû l'être, Daniel avait le nez plongé dans le cahier sur lequel avait été penché, un instant plus tôt, le squelette. « Et elle a été empoisonné. »
Abandonnant l'examen des lieux, il se rapprocha de son équipier.
« Ca raconte quoi ? » demanda-t-il avec un signe de tête pour le journal.
« Je l'ai tuée. » commença-t-il à lire. « Je jure devant Dieu que j'ai tenté de résister. Mais elle est trop puissante. J'ai tuée Milly… Et le Malin aura mon âme. Maudite sois-tu pour ne pas encore brûler en enfer ! Maudite ! Maudite ! Maudite ! Tu nous tueras tous. Fou, que nous avons… »
Daniel interrompit sa lecture et leva la tête vers lui. « Ca s'arrête là. »
« Ce n'était pas très malin de tourner le dos à la porte si un assassin rodait dans le village. » constata-t-il, non sans ironie.
« Oui, sauf que d'après ce qu'il dit, c'est lui l'assassin. »
Un instant à court de répliques, Jack se désintéressa de l'histoire. « Ben, il devait y en avoir un autre. »
Sans attendre la réponse de l'archéologue, il se dirigea vers l'escalier. Il avait le pied sur la première marche quand la voix de son ami l'arrêta.
« C'est intéressant… »
Il tourna la tête. Daniel feuilletait avec précaution le livre aux pages jaunies. Quoi qu'il trouve intéressant, Jack doutait sincèrement de partager cette fascination.
« Vous avez trouvé quelque chose ? » demanda-t-il néanmoins. Un miracle pouvait survenir, et il pouvait se prendre de passion pour l'archéologie… Ou pas.
« Il y a beaucoup de référence à cette 'maudite'… »
Abandonnant le journal sur la table, il se pencha sur les autres ouvrages et documents étalés devant lui. Il en déplaça quelques uns, en examina d'autres, son front de plus en plus plissé en concentration. Levant les yeux au ciel, Jack retourna à son idée première d'explorer l'étage.
« Jack… » appela son équipier et une nouvelle fois, le Colonel s'immobilisa. Il était sur la deuxième marche.
« Oui, Daniel ? »
S'il perçut l'agacement dans son ton, il n'en fit pas la remarque. Au lieu de ça, il continua d'examiner les ouvrages anciens devant lui.
« Tous ces livres parlent de sorcellerie et de malédiction. Ou plutôt de comment lever une malédiction. »
Sorcellerie ? Il se moquait de lui !
« Daniel, concentrez-vous sur la machine ou Carter aura notre peau ! »
« Mais la réponse est peut-être là ! » répliqua-t-il avec irritation. « Si vous me laissez examiner… »
« Faites ce que vous voulez. » coupa-t-il sèchement, ayant depuis longtemps appris qu'en cédant il gagnait des heures de disputes et de bouderies.
Se détournant de son coéquipier, il reprit son ascension des marches. L'escalier tournait et l'obscurité était plus épaisse en haut qu'en bas, il comprit pourquoi lorsque le faisceau de sa lampe rencontra les volets fermés. Il fouilla sommairement la pièce mais il n'y avait rien de plus à voir. Une chambre avec un lit, une cheminée, une table… Il ouvrit la malle au pied du lit mais recula quand une armée de mites l'attaqua. Décidant qu'assez était assez, il revint sur ses pas et vers l'escalier.
Le côté positif était qu'il n'y avait pas d'autres squelettes en haut. Les marches n'ayant posé aucun problème à l'allée, il les dévala sans y penser, concentré sur comment trouver cette machine introuvable. Il faudrait peut-être fouiller les bois…
Il ne comprit pas tout de suite ce qui se passait lorsqu'il se sentit partir en avant. Il y eut une douleur brute dans sa cheville mais rien qu'il n'avait déjà ressenti des centaines de fois. En revanche, il heurta le sol avec violence et le bois céda sous lui. Quand il sortit de son ébahissement, il était allongé sur le ventre au milieu des décombres de ce qui avait été l'escalier, Daniel était accroupi à côté de lui, visiblement inquiet et sa jambe droite était toujours en l'air, sa cheville coincée dans une marche qui s'il l'avait transpercée, n'avait pas cédé.
« Wowowo, Jack… » tenta de l'apaiser Daniel alors qu'il ruait pour dégager sa jambe. En quelques secondes, l'archéologue avait travaillé sur le bois récalcitrant de la marche et il tenta de s'asseoir. Ce n'était pas une excellente idée.
« Bordel ! » cria-t-il lorsque son pied toucha le sol.
Alarmé, Daniel délaçait déjà sa boots mais Jack attrapa son poignet d'une main ferme. Que ce soit une fracture ou une simple entorse, enlever sa chaussure n'était pas une bonne idée. Ca allait enfler.
« Jack, il faut… »
« Il me faut Carter. » coupa-t-il. Elle avait une formation médicale. Elle n'était pas douée, elle était même catastrophique, mais elle savait quoi faire en cas d'urgence et ce n'était pas vraiment le cas de Daniel même s'il semblait avoir un don en ce qui concernait les sables mouvants.
Le regard de son équipier traina sur son pied avant de remonter le long de son corps jusqu'à son visage.
« Vous avez mal autre part ? »
Son coude avait pris mal et il était couvert d'échardes mais n'allait pas donner à Daniel davantage de raison de paniquer.
« Non. » grinça-t-il entre ses dents, serrées pour lutter contre la douleur. « Appelez Carter. »
Il l'aurait volontiers fait lui-même, mais il n'osait pas vraiment bouger. Il avait une résistance élevée à la douleur mais ça n'empêchait pas qu'il avait mal. Obéissant enfin à son ordre, Daniel s'immobilisa, la main sur la radio, sans avoir enclenché le bouton.
« Vous avez entendu ? » demanda-t-il, sourcils froncés, le regard fixé sur la porte comme s'il s'attendait à ce qu'elle s'ouvre d'un instant à l'autre. En ce qui le concernait Jack n'avait rien entendu du tout, concentré comme il l'était pour ne pas hurler de rage. Quand il ne bougeait pas, la douleur était supportable mais le manque de réactions de son ami était plus que frustrant.
« Sam ? » appela-t-il finalement, sans enclencher sa radio.
Jack secoua la tête, à bout de patience. « Daniel, pour l'amour du ciel ! Il faut appuyer sur le bouton si vous voulez qu'elle vous entende. »
L'archéologue reposa son regard bleu sur lui. « Je l'ai entendue rire, elle est forcément là… »
Il n'avait rien entendu lui… Et ses yeux durent le trahir parce que Daniel prit un air déterminé.
« Sam. » dit-il, utilisant enfin sa radio. « Où êtes-vous ? »
« Presque à la place centrale. » répondit immédiatement la voix de son second. « Tout va bien ? »
Oh oui, aurait voulu crier Jack, tout était parfait. Primo, il n'avait plus le droit d'avoir des sentiments pour elle alors qu'il fallait être honnête, il l'avait dans la peau. Deuxio, ils étaient coincés dans le village de l'enfer. Et Tertio, il venait de passer à travers un escalier. Alors, si on avait pu mesurer la joie de vivre, celle de Jack aurait crevé le plafond à cet instant…
« C'est vous qui venez de rire ? »
Le Colonel ferma les poings et s'obligea à respirer lentement. Etait-ce vraiment le moment de disserter sur ce genre de choses ?
« C'est une obsession que vous avez tous aujourd'hui ? » répliqua Carter, agacée. « Je suis ivre de bonheur, ça ne se voit pas ?! »
« Je ne suis pas fou, Jack. » déclara Daniel en laissant tomber sa radio. « J'ai entendu une femme rire. »
Tentant toujours de garder sa respiration régulière pour ne pas céder à l'envie de crier, il se força à parler calmement.
« Très bien, Danny. J'entends des voix et vous entendez des rires et nous ne sommes fous ni l'un, ni l'autre. » concéda-t-il. « Maintenant, pourriez-vous demander à Carter de rappliquer ? »
« Oh ! » s'exclama l'archéologue avec un air désolé, comme s'il avait complètement oublié pourquoi il devait contacter Carter en premier lieu. « Bien sûr… Pardon. »
Il avait à peine terminé de résumer la situation que la jeune femme débarquait en trombe, suivie du Jaffa et il remit brutalement sa décision en question. Peut-être aurait-il été plus judicieux de laisser Daniel s'occuper de son pied et de ne pas en souffler mot aux autres.
« Je ne peux pas vous laisser cinq minutes. » siffla-t-elle en se laissant tomber près de lui, chassant Daniel d'un geste de la main. Ca aurait peut-être été le moment rêvé pour lui rappeler qu'il était son supérieur, malheureusement, elle avait son pied blessé entre les mains, et il n'était pas masochiste.
Elle n'eut besoin que de quelques minutes et de nombreux grognement douloureux du Colonel pour décréter qu'il n'y avait pas de fracture mais qu'il avait une jolie entorse. Jack soupira, soulagé. Une entorse, c'était gérable. Une fracture, ça aurait été difficile.
« Donnez-moi des antidouleurs, alors. » ordonna-t-il en tentant de se relever. La main ferme qu'elle appuya sur son épaule le renvoya au sol.
« Où avez-vous mal, à part à la cheville, mon Colonel ? »
Il y eut un moment de flottement où leurs regards se croisèrent et où elle le mit clairement au défi de la contredire. Bien entendu, elle savait qu'il n'avait pas tout dit à Daniel… Cette femme était le diable incarné.
« Il a dit qu'il avait mal nulle part ailleurs, Sam. » intervint obligeamment l'archéologue, levant le nez du journal qu'il avait repris.
Il tenta un sourire innocent pour appuyer les paroles de leur équipier mais elle se contenta d'incliner la tête sur le côté, absolument pas dupe.
« Soit vous me dites où vous avez mal… » murmura-t-elle pour qu'il soit le seul à entendre. « Soit je trouve par moi-même… »
Il resta muet un instant. La perspective de ses doigts jouant sur sa peau… Puis il ferma les yeux et secoua la tête, lui tendant son bras gauche. Elle l'examina soigneusement puis recula en souriant.
« Ca ira, mon Colonel. » conclut-elle. « Ce n'est que la chute. » Elle jeta un regard au reste d'escalier derrière elle avant de se tourner vers lui avec un air désapprobateur. « Avec tout le respect que je vous dois, monsieur… Essayer de monter était stupide. »
Fronçant les sourcils, il tendit la main pour qu'elle l'aide. Il n'avait pas prévu que le mouvement le projetterait contre elle et alors qu'elle enroulait instinctivement un bras autour de sa taille pour le stabiliser, il repéra ce dont elle parlait. Le bois était pourri.
« Carter… C'est en descendant que je suis tombé. »
Elle lui jeta un regard incrédule, mais il était tout aussi perplexe qu'elle.
« Ca n'aurait jamais pu soutenir votre poids, mon Colonel. » contra-t-elle. « Vous êtes sûr que vous ne vous êtes pas cogné la tête ? »
Il secoua la tête. « Je descendais. Et je n'ai eu aucun problème en montant. C'était stable. »
Tentant de soulager sa cheville douloureuse, il passa un bras sur ses épaules et transféra prudemment son poids sur elle. En réponse, elle raffermit la prise qu'elle avait sur sa taille.
« Jack… » Elle fit une grimace, doutant visiblement de ses propos. Et il était tellement fasciné par la façon dont ses yeux brillaient alors qu'elle se moquait de lui qu'il oublia presque durant un instant leur situation actuelle. Il remarqua à peine qu'elle l'avait appelé par son prénom au lieu de s'en tenir à l'appel formel.
« Thera. » répliqua-t-il, une note amusé dans la voix, la défiant de répondre encore.
Il ne comprit pas tout de suite d'où venait cette lueur blessée dans son regard. Puis il réalisa. Thera… C'était un réflexe. Il n'avait pas le droit d'aimer Sam mais Thera… Thera… Il connaissait le gout des baisers de Thera, le grain de sa peau… Il savait exactement quelles sensations lui provoquerait son corps souple et chaud lové contre le sien… Et bien sûr, il savait que Thera et Carter étaient la même personne, mais en dissociant… En dissociant peut-être arriverait-il à survivre.
A regret, il se détacha d'elle, s'appuyant prudemment sur son pied douloureux. Avec les médicaments, il n'avait plus tant de mal à supporter son poids. Demain matin, il ne sentirait probablement plus rien s'il se ménageait ce soir. Mettant entre eux une distance de sécurité, il tenta du mieux qu'il put de ne pas s'appesantir sur la tension qu'il sentait naître en elle.
« Il venait bien d'en haut, Sam. » confirma Daniel, comme si cela avait été le problème. Ca ne l'était pas et aucune des personnes dans cette pièce n'était dupe.
« Soit. » acquiesça-t-elle. « Quoi qu'il en soit, je suppose qu'il n'y avait rien d'intéressant en haut ? »
Elle n'avait pas particulièrement dirigé la question vers lui et la fraicheur du ton lui laissait penser qu'elle n'avait pas vraiment envie qu'il soit celui qui répondrait. Visiblement, elle avait son compte d'explications foireuses quant à leur relation difficile. Cependant, elle avait ramené la conversation sur le plan professionnel et sur ce terrain là, il avait sa place.
« Non. » déclara-t-il de façon aussi détachée qu'il le pouvait. « Pas de machine, pas de truc bizarre… Rien que de la poussière et des mites. »
« Nos recherches n'ont pas non plus été concluantes, O'Neill. » intervint la voix grave du Jaffa.
Daniel haussa les épaules. « Peut-être qu'elle est dans la forêt… Ou qu'il y a une autre explication. »
Le Colonel surprit le regard songeur que Daniel jetait aux papiers et livres épars sur le bureau. Il n'avait toujours pas lâché le journal de leur hôte-assassin.
« Il n'y a pas de machine. » déclara finalement Carter, d'un ton définitif qui n'admettait aucune réplique.
« Vous avez dit… »
Mais l'archéologue n'eut pas le temps de finir sa phrase, la jeune femme l'avait déjà coupé.
« Je ne relève rien. Il n'y a rien. Et rester ici est ridicule ! » conclut-elle dans un sursaut d'énervement.
Jack et Daniel la regardaient avec surprise, Teal'c, lui, avait levé un sourcil. Elle ne sembla pas vraiment s'en apercevoir, toute entière à son explosion de colère soudaine.
« Traverser ce brouillard n'aurait pas été si compliqué. On ne va pas rester coincé ici parce que le Colonel entend des voix ! »
« Major ! » reprocha-t-il, légèrement vexé. Mais ce fut une erreur car elle se tourna vers lui, et il vit une fureur nette se découper dans son regard. Et il en était la cible.
« Vous… » siffla-t-elle « avez eu peur et laissé votre imagination prendre le dessus, mon Colonel. Tout le monde n'a pas la même faiblesse de caractère. » Jetant à peine un coup d'œil à Daniel Teal'c, s'attendant visiblement à ce qu'ils la suivent sans discuter, elle se dirigea vers la porte. « On va sortir d'ici. »
« Carter ! » cria-t-il, mais elle était déjà dehors.
Avant d'avoir compris comment, il était en train de courir pour la rattraper. Mais elle avait toujours couru plus vite que lui, ayant l'agilité et la jeunesse de son côté. Sans compter la pluie qui tombait maintenant averse et sa cheville qui envoyait une décharge douloureuse à chaque foulée. Oh, il allait la tuer… pour de bon cette fois.
Il chassa cette idée avec un point de malaise et accéléra l'allure en ignorant les signaux de son corps. L'impression de danger était trop grande, trop omniprésente. Il ne pouvait pas la laisser s'enfoncer dans cette brume. Il ne pouvait pas…
« Vous êtes complètement folle ! » hurla-t-il après elle, mais si elle l'entendit, elle ne ralentit pas.
Daniel et Teal'c les suivaient à un rythme plus modéré, hésitant tous les deux entre courir pleinement et laisser faire la jeune femme. C'était Jack qui avait le plus souffert du brouillard et il n'y avait aucune preuve que Sam n'ait pas raison…
« Notez qu'il la traite de folle mais qu'il n'hésite pas une seconde avant de lui courir après… » remarqua l'archéologue, non sans un amusement teinté d'amertume.
Teal'c resta silencieux un instant.
« Qui est le plus fou des deux, Daniel Jackson. Le fou ? Ou celui qui le suit ? »
Secouant la tête devant l'humour étrange du guerrier, le linguiste dissimula un sourire.
« Je suppose que nous rentrons dans la dernière catégorie, non, Obiwan ? »
Avec un de ses demi-sourires, Teal'c inclina la tête et se lança à pleine puissance. Daniel l'imita, épuisé par avance. Jack était loin devant et même le Jaffa et sa maîtrise parfaite de la course ne le rattraperait pas avant que lui-même ait rejoint la jeune femme. Connaissant le Colonel, ça risquait de ne pas être joli…
