Voici un ordre d'idée de l'âge physique des charmant bambins latins.
Gallia: 5 ans
Hispania: 7 ans
Graecia: 10 ans
Egypte: 12 ans
Voici donc venu le temps pour le plus grand de la fratrie d'intervenir. Après lui, Lovi puis Feli viendront. Et on aura la petite famille au complet. Je pensais conclure cette petite « série » par une forme de portrait de famille. J'ai déjà mon idée sur la question. Niarkniarkniark... Sinon, j'ai eu plusieurs demandes de petits épisodes assez précis. J'essaierai d'y répondre.
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Disclaimer: Ni Hetalia Axis Power ni ses personnages ne m'appartiennent.
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La malédiction des pyramides
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Gallia comatait, affalé sur le cheval de Rome. Celui-ci le tenait contre son torse, essayant de le maintenir le plus possible à l'ombre. Hispania et Graecia observaient le cadet, moqueurs.
« Tu veux une ombrelle, Franciscus? Nous ne voudrions pas que ta peau délicate ne te fasse souffrir...
Antonius gloussa. Heraklès était d'humeur taquine. Le plus petit blond tenta de se redresser pour répondre à la pique, mais la tête lui tourna et il serait tombé de la monture si Romulus ne l'avait pas rattrapé au dernier moment pour le replacer contre sa poitrine.
- Arrête de l'embêter, Heraklès. Ne t'inquiète pas Gallia, nous sommes presqu'au camp.
- Mais oui, grand frère arrête de l'embêter. Tu sais bien qu'il est sensible. Il fait trop chaud pour lui.
- Antonius! Ne commence pas toi aussi.
Un grommèlement incompréhensible sortit du giron de l'adulte.
- Fransiscus, langage. Ignore-les et reposes-toi.
Les jeunes provinces obéirent. Gallia cala sa tête contre la cape de Rome alors qu'Hispania chantonnait à voix basse une comptine romaine sous le regard somnolent de Graecia. Rome soupira de soulagement. Durant le trajet, il avait eu l'occasion de profiter, à son grand amusement, des multiples petites disputes sans conséquences qui jalonnaient les journées de ses enfants. A cette pensée, la raison de cette situation lui revînt à l'esprit.
- Je me demande ce que vous avez fait fait à Lucius pour qu'il ait peur de vous à ce point. »
Trois paires d'yeux brillants d'innocence se posèrent sur lui. Là dessus ils étaient tous d'accord, aussi irréaliste que soit leur version des faits. Ce malheureux Lucius s'était perdu dans la villa après avoir été poursuivit par un monstre à trois têtes prêt à le manger. Soit. Heraklès avait diagnostiqué que c'était sans doute une hydre. Les hydres aimaient manger les imbéciles avait pris la peine de préciser Antonius. Et Fransiscus avait conclu, avec un sérieux désarmant, qu'il fallait vraiment faire vérifier les vieux couloirs inutilisés. Ou bien de trouver des gens moins bêtes et ayant un meilleur sens de l'orientation comme percepteur.
Ils auraient pu se contenter de dire qu'ils ne l'aimaient pas, mais ils avaient préféré organiser cette machination. L'empire avait un gros doute: peut-être aimaient-ils un peu trop agir de la sorte? Ça serait totalement adorable. Il avait fait part de sa pensée à Germania. L'autre l'avait regardé comme s'il était particulièrement idiot ou lent. C'était vexant! Et puis, ils étaient des jeunes nations, il était normal qu'ils aient de l'énergie et de la malice à revendre. Pour être précis, c'était sans doute Antonius qui avait l'énergie à partager avec son aîné, Fransiscus le coté espiègle et Heraklès la pondération pour organiser leurs mouvements. Ses enfants étaient de futurs stratèges. Ses serviteurs lui disaient qu''Hispania était turbulent, Gallia fourbe et Graecia lent. Et lui bien trop aveugle à leurs défauts. Si Romulus ne connaissait pas ces humains depuis leurs enfances, il aurait pu être vexé. C'était très exagéré. Mais il devait reconnaître qu'il y avait effectivement un problème. C'était quand même le troisième tuteur à s'enfuir en six mois. Cette fois, il devait faire quelque chose. Il était sûr que ce n'était pas de la mauvaise volonté de la part de ses fils. Quand Rome était là, il arrivait à maîtriser le trop plein de vivacité de ses trois garçon, mais dès qu'il partait... Peut être était-ce simplement qu'un tuteur humain n'était pas adapté? Ou bien se sentaient ils abandonnés? En tout cas, l'idée de le confier à une nation plus âgée lui trottait dans la tête. Quelqu'un de confiance, bien sûr. Mais la plupart de celle qu'il connaissait étaient légèrement en conflit avec lui. Plus tard, peut être qu'Heraklès pourrait le faire, mais c'était encore un peu trop tôt.
Peut-être à Germania? Le problème étant que dans ce cas-là, ses enfants, si délicats, seraient au contact avec des barbares. Fransiscus avait été habitué à ses demi-frères et à sa soeur, mais qu'en était-il du petit albinos? Il lui avait toujours semblé particulièrement surexcité comme garçon. Ses bébés ne pourraient sûrement pas s'entendre avec lui. Surtout Antonius et Fransiscus, encore trop petits et sensibles pour supporter ce genre de comportement. Non, ils ne s'entendraient vraiment pas. Et il n'oubliait pas le comportement indécent de Gilbert à sa première rencontre avec son fils blond. De tout façon Germania était bien trop indélicat, et serait bien incapable de comprendre la détresse de ses propres enfants, ce père indigne, alors celle de ceux de Rome... Lui, il comprenait. Il ressentait lui aussi son coeur saigner quand il devait leur dire au revoir. Savoir qu'il les laissait seul... Rien que d'y penser, ça lui donnait des frissons. Bref. Germania était à exclure. Il était dans une impasse... Il réfléchirait à ça plus tard. Mais dans ces conditions, il avait été obligé d'amener ses trois provinces avec lui pour rencontrer Égypte. Et si Antonius et Heraklès supportaient vaillamment ce temps brûlant, ce n'était pas le cas de Fransiscus. Déjà que les températures méditerranéennes estivales pouvaient parfois l'assommer, alors le soleil du désert l'avait abattu en moins d'une journée, sous les moquerie des deux autres et l'air navré de son père. Une insolation, et sûrement des coups de soleil en préparation. Cet enfant n'était pas fait pour les températures extrêmes. Au loin, on pouvait voir les pyramides, et à leurs pieds, les tâches de couleurs que faisaient les tentes du camp . Romulus se demanda si la nation égyptienne était toujours aussi... charmante que la dernière fois qu'il l'avait vu. Mais ça faisait déjà un bon moment maintenant.
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« Vous voulez voir la déesse Isis?
-Non, la nation.
-Notre nation ne s'appelle pas Isis, Empire.
-Comment cela?
-Il se nomme Horus, seigneur Rome.
… Ça c'était autre chose. Un nouveau représentant. Bien, ç a ne changeait pas grand chose pour lui, peut-être même que c'était un de ses enfants. Enjoué, il demanda à l'homme où il pouvait le trouver, et se dirigea vers la pièce indiquée. Les murs était gravés de hiéroglyphes plutôt personnalisés, dont certains avait ensuite été effacés. La chambre, assez petite, était légèrement désordonnée. Un repose tête renversé traînait à coté d'un lit de bois, dont les draps de lin avaient été chiffonnés, et une paire de sandale et une tunique traînaient, négligemment abandonnées, au sol . Par contre, la bibliothèque et le bureau étaient impeccablement rangés. Une main saisit le poignet de l'adulte le faisant sursauter. Face à lui, un garçon un peu plus âgé qu'Heraklès, des yeux marrons aux reflets d'ambres, souligné de khôl et seulement une tresse sur le coté. Elle était décorée de perles de turquoise et d'or. Le reste de sa tête était rasée. Sa peau dorée détonnait par rapport au pagne drapé blanc qu'il portait. Le large collier d'or recouvrait une bonne partie de ses épaules. Ses sourcils sombres étaient froncés, dans la même moue colérique qu'arborait parfois Heraklès, et une petit fossette se marquait à droite de ses lèvres, comme il les serrait pour retenir sa colère. Comme Fransiscus. Yep. Celui là, c'était l'un des siens.
« Qu'est-ce que tu fais dans ma chambre?
Il avait même le sale caractère qui allait avec. Parce que, mine de rien, même s'ils paraissaient plutôt aimables et très bien élevés, ses autres bébés (oui, ils grandissaient! Mais ils restaient et resteraient toujours ses bébés) pouvaient être plutôt pugnaces. Comme lui. Et le petit égyptien n'avait pas non plus l'air du souffre-douleur type. Peut-être que l'adolescence n'arrangeait pas les choses non plus...
-Je suis Rome, et...
-Je sais qui tu es, vieil homme! Ce n'est pas ce que je te demande.
-Et tu sais aussi que tu es mon fils?
La tête du gamin valait le coût. Un mélange d'incompréhension, de dégout et de colère. Le tout figé par le choc. Vraiment, il adorait être père, c'était la source de tellement de nouvelles expériences... Autant d'enfants que de réactions différentes. Il se demanda ce qu'aurait donner cette expression sur ses autres fils. Ça aurait été à peindre. Il ne put se retenir de ricaner. Aussitôt, l'adolescent, croyant qu'il se moquait de lui, l'invectiva.
-Je t'interdit de rire de moi! Tu débarques chez moi et tu te crois tout permis! Je ne suis plus un enfant, tu me dois le respect!
Cette fois, c'était l'orgueil et la fierté. Et là, il voyait l'expression d'Antonius quand il arrivait à faire taire Fransiscus. Ce qui n'était pas facile. A l'évocation de ces images, le fou-rire de Rome s'aggrava. Horus rougit de colère et de honte, s'énervant de plus en plus. Brusquement un soldat entra. Rouge, essoufflé, il peinait à parler.
- Empire... Ils...
- Respire, légionnaire.
- Ils... Ils... Ils sont introuvables.
Ils? Quels ils? Qui serait assez curieux ou inconscient pour aller se balader dans le désert sans escorte et sans prévenir personne? En un instant il comprit, et paniqua immédiatement.
- Comment ça, introuvables? Où sont mes trésors? Quand je suis parti, ils étaient tranquillement en train de se reposer! Pourquoi seraient-ils sortis? Et Fransiscus est malade! Il ne peut pas rester dehors seul! Et c'est bientôt l'heure de la collation d'Antonius! Et de la sieste d'Heraklès!
- Gallia avait chaud, et il n'arrivait pas... à dormir... Graecia était inquiet, et il a... demandé s'il pouvait prendre l'air... Nous avons refusé mais... Ils sont sortis par... par l'arrière... sans que nous les voyions. Il y avait une déchirure dans la toile.
Horus regarda avec intérêt le grand empire romain prendre une couleur verte très seyante. Si ces trois-là étaient les provinces romaines, il pouvait donc supposer sans trop risquer de se tromper qu'il s'agissait de ses frères. Intéressant... Le choc était vite passé, il se doutait de l'identité de son géniteur depuis longtemps. Mais il n'avait jamais eu envie de le rencontrer. Par contre, les trois jeunes nations qui arrivaient si facilement à faire tourner son « père » en bourrique c'était autre chose. Un talent pareil, ça serait dommage que ça se perde. Il s'adressa vers le soldat, qui tentait sans succès de faire réagir le plus grand empire du monde. Celui-ci était immobile, visiblement en état de choc, en train d'hyperventiler.
- Où se trouve votre camp?
- Devant les pyramides.
Oooh... Mais c'était des petits aventuriers, ça. Malheureusement, s'il ne les aidait pas, les romains les chercheraient pendant longtemps, et Romulus ne partirait sûrement pas sans eux. Donc, il allait devoir intervenir.
- Je vais les trouver. Essayez de réanimer...ça. »
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« Et on fait quoi maintenant? J'ai faim, moi.
- On essaye de réveiller Heraklès, pour pouvoir sortir.
- ... Hispania, tu connais le chemin du retour?
- Nan. C'est pour ça que j'espère qu'Heraklès oui.
- On est mal parti.
- Ce n'est pas si grave, ils finiront bien par nous retrouver.
- Bien sûr. Le problème est que si ce sont eux qui nous trouvent, tu peux être sûr que Rome sera au courant. Et cette fois je ne suis pas certain que même à nous trois nous arrivions à éviter la punition.
Le plus grand des trois enfants ouvrit doucement ses paupières. Il faisait noir et presque froid. Ses deux frères étaient appuyés contre le mur. Au moins il n'aurait pas à calmer de crises de larmes. Ça arrivait de temps en temps, même si c'était relativement rare. Et c'était épuisant. Graecia se releva, époussetant ses genoux.
-Sans compter la crise d'hystérie qu'il va nous faire. Dire qu'il s'était calmé dans les démonstrations d'affection en public, ces dernières années. Il va repasser en mode sur-protecteur.
- Ha, tu t'es levé.
- Alors tu sais comment on sort d'ici?
- Non. Mais ce n'est pas ce qui m'inquiète le plus.
Ses frères le regardèrent, attendant qu'il précise.
- J'ai entendu des histoires comme quoi des pilleurs de tombes sévissaient dans le coin. La menace de la soi-disant malédiction, et de la momie ne suffit pas à les éloigner tous.
- Une malédiction?
Le brun hocha la tête, cherchant à se repérer dans le dédale.
- Et tu le savais? Reprit Gallia, les yeux exorbités.
- Oui.
- Alors pourquoi tu ne m'as rien dit?
- Ce n'est qu'une légende. Tu as peur?
- Juste une légende? Ça tu n'en sais rien. Et il ne faut jamais prendre les malédictions à la légère.
- Franchement, tu y crois Fransiscus? Tu vas te remettre à parler aux « fées » pendant que tu y es? Ou bien tu vas tenter une contre-malédiction?
- Abi pedicatum. (1)
- Langage Gallia! dit Antonius, imitant le ton de Rome.
Le plus jeune leur jeta un regard noir, mais ne put s'empêcher de les rejoindre dans leur fou-rire quelques instants plus tard.
- Pour en revenir aux choses sérieuses, on fait quoi? »
Avant qu'aucun d'eux ne puissent répondre, l'écho d'un bruit de pas se fit entendre, les faisant sursauter. Les trois fils de Rome se consultèrent du regard avant de se regrouper, le plus silencieusement possible, se cachant dans un recoin. Le silence avait repris ses droits. Ils attendaient, près à se défendre. Quelques minutes passèrent. Brusquement un hurlement puissant résonna dans les couloir vides...
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« Et donc je les ai retrouvés.
Horus regardait placidement l'empire romain serrer les trois enfants contre lui en pleurant de soulagement. Quand l'adolescent les avait vus, dos à lui et près à se battre, il avait su que l'intuition qui lui disait qu'ils étaient intéressants était exacte. Il n'avait pas pu s'empêcher de profiter pour les surprendre.
Il avait cru deviner, en voyant la réaction de Romulus à l'annonce de leur disparition, qu'il était très protecteur. Mais à ce point là... C'était d'ailleurs étonnant qu'il les ait emmené ici. Ce qu'il comprenait encore moins, c'était leurs réactions à eux. Dans la pyramide, ils s'étaient rapidement remis de leur surprise, avaient ronchonné un peu, puis avaient retrouvé cette attitude enjouée qu'il devinait être habituelle chez eux. Jusqu'à la sortie. Lorsqu'ils avaient aperçu la lumière du soleil, le petit brun (Hispania s'il ne se trompait pas) avait retenu le blond (Gallia) par le poignet. Le plus grand (Graecia) s'était approché d'eux, et avait alors commencé un conciliabule. Il n'avait pas entendu ce qu'il s'y disait, mais à la fin, les deux plus jeunes prirent une poignée de sable, et sans que leur aîné ne cherche à les en empêcher, ils se frottèrent les yeux avec. Gallia avait ensuite tendu les bras vers Graecia pour qu'il le prenne dans ses bras, enfouissant son visage dans le cou de ce dernier. Hispania s'était accroché à la main du grec, presque collé à lui. Des larmes coulaient de leurs yeux irrités, rendus rouges par le sable. Et c'est seulement à ce moment là qu'ils avaient daigné sortir du monument. Aussitôt, leur père les avait pris dans ses bras, laissant tomber l'arme qu'il avait sortis dans le but d'aller prendre en chasse les infâmes kidnappeurs d'enfants qui s'en étaient pris à ses provinces.
- Merci Horus. Je ne sais pas ce que j'aurais fait si tu n'avais pas été là. Vous avez remercié votre grand frère, mes trésors?
Les petits s'exécutèrent docilement, visiblement peu surpris d'apprendre qu'un autre membre s'était ajouté à leur petite famille. Ils partirent ensuite se recoucher dans leur tente, pour se « remettre de leurs émotions ».
- J'ai une question, vieillard.
Rome tiqua au surnom, mais lui fit signe de continuer.
- Que vas tu leur donner comme punition?
- Une punition?
- Eh bien oui, ils sont sortis sans rien dire à personne, et ont causé une panique monstre dans toute ta légion.
- Voyons, Aegyptus! Ils ont eu tellement peur! Tu as vu comme ils ont pleuré? Les pauvres petits... Je suis sûr qu'ils ne recommenceront pas.
Horus cru apercevoir sur le visage des légionnaires une expression blasée. Ce n'était sûrement pas la première fois qu'ils entendaient ça. Alors comme ça, l'empire le plus craint du monde était incapable de punir ses provinces?
- Mais pourquoi les as-tu fait venir ici? Ça aurait été plus sûr pour eux à Rome! »
Une expression gênée se peignit sur les traits de l'adulte, avant qu'il ne commence à marmonner sur une sombre histoire de tuteur mis en fuite au dernier moment. Non, ce n'était pas seulement d'absence de punition mais un réel problème d'autorité! Et Horus, représentant de l'un des plus puissants pays au monde, allait être soumis à un homme qui se laissait mener à la baguette par trois morveux hauts comme trois pommes? Si la rumeur selon laquelle l'empire égyptien avait été mis à genoux par un père incapable de se faire obéir de ses propres enfants, le nom de sa mère et le sien seraient salis à jamais. En plus, absence d'autorité, ça voulait dire impossibilité d'avoir du calme. Ça n'allait pas être possible. Il allait falloir qu'il règle ça. Il allait devoir partir à Rome.
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Romulus le regardait, les yeux brillants de joie.
« Tu veux leur raconter une histoire?
- Oui.
L'empire saisit l'adolescent dans ses bras le serrant contre lui. Aegyptus tenta de se défaire de son étreinte d'ours, sans succès. C'est qu'il avait de la force, le vieux!
- Mais lâche-moi! Tu m'étouffes!
- Ha! Désolé. Je suis juste... Tellement content. A peine arrivé à la maison, et vous êtes déjà si proches... sanglota-t-il.
- Je comprends que tu te sois attaché à eux. Ils sont si gentils. »
Peut-être qu'ils l'étaient, effectivement. Ils étaient hypothétiquement craquants. Et un tout petit peu adorables. Mais ils étaient surtout incroyablement désobéissants, et malins. Trop pour leur propre bien. Un de ces jours, ils allaient se retrouver dans une situation de laquelle ils ne pourraient pas se dépêtrer. Et Rome deviendrait hystérique. Et lui serait un tout petit peu, mais alors un tout petit petit peu, inquiet. Subir la vue d'un empire en pleine crise d'angoisse, c'était bon, une fois lui suffisait. Il réussit finalement à faire lâcher son « père ».
« Bon, j'y vais. Où sont-ils?
- Sûrement dans la cuisine, il restait des dattes fourrées.
- Ils ont le droit de mangé aussi tard?
L'adulte baissa les yeux, légèrement mal à l'aise.
- Non, mais...
- C'est bon, j'ai compris, j'y vais. Mais tu dois faire preuve de plus d'autorité! Je ne le ferais pas pour toi à chaque fois! »
Il les trouva où Rome l'avait indiqué. Après les avoir réprimandés (Horus n'était pas sûr qu'ils aient écouté le moindre mot, mais ça valait le coup d'essayer), il les amena dans la bibliothèque. Il les fit s'asseoir en rond, autour de lui.
« Connaissez vous la l'histoire de la malédiction d'Osiris? »
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Gallia sanglotait, accroché comme une moule à un rocher à Graecia. De l'autre coté Hispania serrait la main du plus grand à lui en faire mal, se retenant difficilement d'imiter son petit frère. Depuis trois heures. Et il ne pouvait pas dormir dans ces conditions, son instinct de grand frère aimant l'en empêchait. Pourtant il aurait bien aimé.
« Aller Fransiscus, calme-toi. Horus n'était pas sérieux.
- SI!
- Mais non, ça n'existe pas, ce genre de choses. Pas vrai, Antonius? »
Son cadet releva la tête vers lui, les yeux plein de larmes. Ok. Aegyptus avait même réussit à convaincre le brun. Et donc, les petits ne pouvaient pas dormir. Et par conséquent, lui non plus. Il se retînt d'injurier l'égyptien. Il avait rapidement cerné leur dynamique familiale, et avait joué sur la corde sensible de chacun d'eux. Les croyances de Gallia, l'influence que l'éloquence de ce dernier pouvait avoir sur Hispania et sa propre incapacité à laisser tomber ses frères quand ils étaient dans cet état. Et donc, à dormir l'esprit tranquille.
« Soit, mais même. Ce n'est pas si grave, nous ne sommes plus dans la pyramide, là. La momie ne viendra pas nous chercher là. Elle ne peut pas nous trouver. Alors pourquoi t'inquiètes-tu? »
Le petit blond retînt à grand peine un autre sanglot, se serrant encore plus contre son grand frère. Le grec ne pensait pas que c'était possible. Il commençait à avoir du mal à respirer.
« Il... Il ne te l'a pas dit, mais il nous a avoué, à Antonius et moi, que la momie pouvait nous sentir quand nous faisons des bêtises. Et que si on est pas sages, elle viendra nous chercher et nous enfermera dans un tombeau où personne ne nous retrouvera jamais! »
Heraklès comprit à ce moment là que sa vie et celle de ses petit frères allait considérablement se compliquer, avec l'arrivée d'Horus. Aussi ne fut-il pas surpris quand, deux semaine plus tard, il découvrit dans un couloir un autel en l'honneur d'un certain « dompteur de monstres et pacificateur des foyers ». C'était légèrement exagéré, quand même.
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(1) Je suis obligée de traduire? Je peut juste dire que c'est très grossier et peu adopté et que Francis est quelque peu malpoli? é_è Non? Bon. Je vais donner le sens sous une formulation moins brute. Quelque chose comme « va te faire voir » (chez les grecs! Mouhahaha! Je sais, j'ai un humour nase, mais je me soigne).
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Bon, j'espère que l'attente valait le coup... Alors oui, vous vous en doutez, Égypte ne les aura pas toujours aussi facilement. Et ça se payera. Faire louper des heures de sommeil à Heraklès? Forcer Fransiscus et Antonius à obéir? Ça ne peut pas être sans conséquences. Maintenant que ces trois-là ont trouvé un adversaire à leur mesure, les règles du jeux vont changer. Niarkniarkniark...
