- Titre : La Fleur du Shinigami

- Auteur : Shinigami's Bride

- Genre : Romance, yaoï

- Couple : 2x1

- Disclaimer : Les personnages de Gundam Wing ne m'appartiennent pas ( malheureusement pour moi TT ), l'histoire appartient à l'auteur Shinigami's Bride ( c'est-à-dire moi si vous avez pas encore tilté xD ).

- Note de l'auteur : répondant à la demande de Sharo-chan, les chansons utilisées dans les chapitres précédents existent.

La berceuse est tirée du film " Barbie, princesse de l'île mystérieuse "

La chanson au piano s'intitule " Si près " et est tiré du film Disney " Il était une fois "

Merci à x-shinigami-x, Iroko, Mini-Yuya, yaone-kami, Sscomplexe, Gayana,

Sharo-chan, Bernie Calling, Nass, Catirella, Sana-Maxwell, Marnie02

et tous ceux et celles qui m'ont laissés une review au chap 3

Bonne lecture !


Chapitre 4

" Nous sommes presque arrivés, Mr Winner ! "

Ne tenant pas compte de l'avertissement de son chauffeur, Quatre regardait passer le paysage à travers la vitre arrière de sa limousine, d'un air songeur. Il voyait les immeubles défiler les uns après les autres avant de disparaître aussi simultanément. Il ressassait sans cesse la même phrase dans sa tête alors que la voiture approchait de sa destination.

- Cela fera bientôt quatre ans... et il soupira pour la énième fois de la journée.

Quatre ans. Quatre années s'étaient écoulées depuis le jour tragique de la mort de Duo Maxwell. Depuis ce jour, le temps lui semblait passer à une vitesse incroyable.

Peu de temps après l'enterrement, les quatre pilotes restant s'étaient séparés. Wufei avait intégré les Preventers, le manque d'action le pesant. Trowa était reparti au cirque, à son grand désarrois. Heero travaillait pour une importante société d'informatique mettant au point des logiciels sur la réalité virtuelle. Et lui, il avait repris la direction de l'entreprise familiale. Tous les quatre étaient très pris par leurs emplois du temps mais ils trouvaient toujours le moyen de se réunir ou de se croiser. Le mois prochain, ils allaient se retrouver ensemble devant la tombe de leur ami disparu. Cette perspective le réjouissait autant qu'elle lui déchirait le coeur.

Bien qu'ils aient fait leur deuil, le souvenir de leur compagnon était toujours vivace. Surtout pour Heero.

Quand Quatre pensait à lui, il ne pouvait s'empêcher de ressentir beaucoup de peine.

- Nous y sommes, Mr Winner ! l'avertit son chauffeur.

Le jeune homme sortit de ses pensées et, après de brefs remerciements, il quitta la voiture et pénétra dans le palais des congrès.

Aujourd'hui devait avoir lieu le congrès international de l'énergie. En tant que dirigeant d'une des plus grandes entreprises du monde, Quatre se devait d'y assister. Les plus grands patrons étaient présents. Ce congrès était une bonne occasion pour s'informer des avancés technologiques des autres sociétés et de conclure certains marchés importants.

Quatre n'aimait pas se rendre à ce genre de réunion. Il les trouvait ennuyeuses, voir pénibles. Cela n'avait rien de passionnant de toujours revoir les mêmes têtes et d'entendre les mêmes discussions qui tournaient toutes sur le même sujet : l'argent.

D'un pas lent, il se fraya un chemin à travers la foule uniquement constituée d'hommes d'affaires vénaux et de requins de la finance. Les gens s'arrêtaient de parler à son passage et le saluer avec des sourires hypocrites. Quatre n'était pas dupe, si son entreprise n'était pas l'une des plus quotées du marché, nul doute que ces hommes se jetteraient sur lui comme un banc de piranhas affamés.

Alors qu'il avançait tout en répondant aux sourires de ces messieurs, quelque chose retint son attention. Un de ces fameux requins, Mr Peter Osborn, président d'une grande firme américaine, s'était déplacé avec deux individus qu'il n'avait jamais vu. La logique voulait que ce soit ses gardes du corps, il était fréquent que certains les amènent avec eux. Non, ce qui le surprit c'était que "eux" ils ne les avaient jamais vu avant. Mr Osborn avait dû changer son personnel.

Friand de nouveautés, Quatre se mit à les observer plus attentivement. Les deux hommes étaient de taille moyenne, plutôt minces, vêtus de costumes noirs. L'un avait les cheveux blond cendré, presque blanc, une coupe identique à la sienne tandis que l'autre avait les cheveux aussi noir que la nuit et, détail important, ils étaient coiffés en une queue de cheval qui lui arrivait jusqu'aux genoux.

Intrigué, il chercha à voir leurs visages mais il était trop loin. De plus, tous les deux portaient des lunettes noirs ce qui rendait impossible leur identification.

Il se contenta de les observer de loin, le regard accroché à la silhouette de l'homme aux longs cheveux. De toute sa vie, il n'avait connu que peu de personne de sexe masculin possédant une telle longueur. Duo en faisait parti.

Rien qu'à l'évocation de son ancien équipier, l'arabe sentit la tristesse lui étreindre le coeur. Ne voulant pas se laisser aller à la mélancolie, il tourna le dos aux inconnus et alla vers le buffet pour se désaltérer.

Ce qu'il ne savait pas, c'était qu'à la seconde où il avait tourné le dos, l'homme à la queue de cheval regardait dans sa direction.

- Quatre ?

Cependant, l'individu ne put approfondir cette pensée qu'un mouvement suspect attira son attention. Voulant être sûr, il prévint son partenaire et s'éloigna d'un pas lent, se fondant dans la foule comme une ombre.

Quatre arriva devant le buffet puis, examinant les différents mets à sa disposition, il opta pour un simple verre de ponch. Il allait s'en saisir quand un cri dans son dos le fit sursauter.

" A terre ! "

Avant qu'il n'ait eu le temps de protester, il se retrouva face contre terre, une main plaquée contre son dos le maintenant allonger et un coup de feu retentit dans la salle. Des hurlements suivirent le bruit de la détonation et Quatre sentit le sol trembler sous lui à cause des pas des invités prenant la fuite. Lorsqu'il releva la tête et qu'il se retourna vers son agresseur qui ne l'avait toujours pas relâcher, il écarquilla les yeux en le reconnaissant.

Au dessus de lui se tenait le fameux garde du corps aux longs cheveux. Il était à genou prés de lui, une main sur son dos et l'autre tenant une arme, le bras tendu devant lui. Intrigué, il regarda en direction de la visée de l'arme et découvrit le corps d'un serveur étendu sur le sol, une arme à la main et baignant dans son propre sang.

A cette vue, un éclair se fit dans son esprit. Le serveur devait être un tueur infiltré et sa cible n'était autre que lui. A cette pensée, un frisson le parcourut de part en part. Il ne serait plus de ce monde sans l'intervention de son mystérieux sauveur. Ses pensées le ramenant à lui, il reposa son attention sur lui. Il avait le visage tourné vers le cadavre, lui présentant son profil. Curieusement, celui-ci lui parut familier mais il ne put lui donner un nom, lui qui pourtant se targuait d'être physionomiste. Il voulut lui dire quelque chose, demander une explication ou encore le remercier, mais l'inconnu ne lui en laissa pas le temps.

Sans prévenir, le mystérieux garde du corps se releva, rangea son arme dans son étui se trouvant sous sa veste au niveau de son coeur, et partit sans un mot, disparaissant dans la foule paniquée.

Deux heures plus tard, après avoir fait sa déposition à la police, Quatre tenta de retrouver son sauveur. Malheureusement, malgré tous ses efforts, il ne parvint pas à le trouver. Il chercha partout, questionna un nombre incalculable de personnes mais aucun ne put lui fournir son nom. Même son employeur refusa de lui donner cette information. L'inconnu avait tout bonnement disparu.

Ce fut donc sans connaître son nom qu'il remonta dans sa limousine et quitta le congrès. Derrière un pan de mur, une silhouette sombre regarda la voiture s'éloigner. Un sourire tendre apparut sur son visage.

- Tu n'as pas changé, Quat-chan...

Cependant, il fut tiré de son observation par l'appel de son équipier :

" Kyle ! Tu viens, c'est l'heure de partir ! "

Aussitôt son sourire disparut et il tourna le dos à la route pour s'engouffrer dans une ruelle sombre où l'attendait une voiture.

-

- Winner Corp, bureau de Quatre Raberba Winner -

Assis à son bureau depuis une heure très matinale, Quatre soupira bruyamment en s'affalant contre son siège. Deux semaines avaient passé depuis la tentative de meurtre et ces deux semaines avaient été les pires de toute sa vie.

En effet, peu de temps après l'incident, Quatre avait reçu une lettre de menace lui demandant d'abandonner un contrat d'une valeur de plusieurs milliards de crédits sous peine de voir sa vie écourter de manière expéditive.

Fidèle à lui-même, Quatre ne céda pas au chantage et les négociations s'étaient poursuivies. Mais chaque jour, il reçut une nouvelle lettre, toujours la même et chaque fois il n'y prêta aucune importance. Seulement les lettres s'étaient accompagnées d'appels anonymes et de vandalismes dans certains locaux de sa société. Maintenant il arrivait au bout de sa patience.

Bien-sûr, il n'avait mis personne au courant de ces menaces. Pas même Trowa. Quatre ne voulait pas l'impliquer à cette histoire. Pourtant, nombre de ses collaborateurs lui conseillaient de s'octroyer les services d'un garde du corps au vue de sa notoriété grandissante. Quatre leur répondait qu'il allait y songer, même si il n'y voyait pas l'utilité.

Mais aujourd'hui, il commençait à croire qu'ils avaient raison.

- Par Allah ! Que dois-je faire ? souffla-t-il en examinant de nouveau la dernière lettre de menace qu'il avait reçu.

Tout à coup, le bruit de l'interphone de son bureau retentit et le fit sursauter. Après coup, il souffla de soulagement, une main pressée contre son coeur qui avait pris un rythme erratique. Quand il put se calmer, il passa une main apaisante dans ses cheveux, puis il se permit de répondre à l'appel de sa secrétaire.

- Oui Viviane ? Qui y a-t-il ?

- Excusez-moi de vous déranger, Mr Winner, mais un certain Mr Whitemore désirerait s'entretenir avec vous.

Quatre écarquilla les yeux à l'entente de ce nom. Whitemore... Il connaissait ce nom. Il fouilla dans sa mémoire où et quand il l'avait entendu et une discussion vieille de deux ans lui revint. A un précédent congrès, un des membres d'une société de placement avec qui il discutait, s'était vanté auprès de lui de s'être offert les services de garde du corps du clan Whitemore. Il se souvint lui avoir demander ce qu'était le clan Whitemore et celui-ci lui répondit qu'il s'agissait de la meilleure famille de garde du corps du monde en prenant soin d'ajouter qu'il était difficile d'obtenir leurs services.

C'est ce qui l'intrigua. Pourquoi un membre du clan Whitemore voulait-il le voir alors qu'il n'avait pas fait de demande ? Ça n'avait aucun sens.

Un nouvel appel de sa secrétaire l'arracha à ses interrogations. Se reprenant, il lui dit :

- C'est bon, Viviane, faites-le entrer !

Quatre profita des quelques secondes qui lui restaient avant l'entrée de son invité imprévu pour ranger la lettre dans un tiroir de son bureau, remettre de l'ordre dans ses cheveux et resserrer sa cravate.

La porte de son bureau s'ouvrit et apparut devant lui un homme d'environ quarante ans, de type européen, plutôt grand, les cheveux courts noir de jais, les yeux d'un bleu aussi brillant que le saphir, vêtu d'un pull à col roulé noir sous un costume gris anthracite de grand couturier.

En le voyant, l'homme s'avança vers lui avec un sourire qui lui parut familier sur le moment et lui tendit la main.

- Bonjour, Mr Winner, lui dit-il dans son geste avec une voix grave, toute en douceur.

- Mr Whitemore, répondit Quatre en serrant sa main.

- Avant tout, je tiens à vous dire que je vous remercie d'avoir accepter de me recevoir.

- Je vous en prie, lui dit-il en l'invitant à prendre place sur le siège lui faisant face.

Alexander s'assit sur le siège indiqué, une jambe repliée sur l'autre et les mains jointes sur son genoux droit. Tout en lui imposait le respect, l'admiration mais l'éclat froid que Quatre sentait dans son regard lui inspirait une légère crainte qu'il ne s'expliquait pas.

Dépassant ce détail, il se réinstalla sur son siège et débuta l'entrevue.

- Dites-moi ce qui vous amène dans mon bureau, Mr Whitemore.

- Tout d'abord, j'aimerai savoir si vous avez la moindre idée de qui je suis.

- Je sais que vous faites parti de l'une des plus grandes familles spécialisées dans la protection rapprochée, lui répondit l'arabe en cherchant ses mots.

Alexander émit un petit rire avant de reprendre avec un sourire satisfait :

- Je vois que vous êtes bien informé et je ne vous étonnerai guère en vous apprenant que j'en suis le dirigeant.

Si Quatre avait été surpris par cette révélation, il n'en montra rien et continua :

- Ce qui m'amène à vous demander la raison de votre venue, je n'ai pas le souvenir d'avoir fait une quelconque demande auprès de vous.

- Pour la simple raison qu'il n'y en a pas et que c'est de ma propre initiative que je suis venu vous voir.

- Et dans quel but ?

- J'ai eu vent des menaces qui pèsent sur votre personne et je suis venu vous proposer mon aide, déclara-t-il sur un ton sérieux.

Là, Quatre ne put réprimer une expression de surprise.

- Quoi ? Mais comment êtes-vous au courant ?

- Là n'est pas la question, répliqua Mr Whitemore. Vous vivez dangereusement, Mr Winner. La tentative de meurtre à votre encontre aurait pu très mal se terminer et les menaces de mort que vous semblez négliger n'en ajoutent que plus à la gravité de votre situation.

- Je vous remercie de votre sollicitude, Mr Whitemore, mais je n'ai nul besoin de votre aide.

- Je sais que, dans votre famille, vous n'êtes pas de ceux qui plient sous la menace, votre père en était le parfait exemple, argumenta Alexander. Mais je vous rappelle que nul n'est à l'abri d'un attentat.

- Vous connaissiez mon père ? demanda-t-il, très surpris que l'homme fasse allusion à son père.

- J'ai eu l'occasion de le rencontrer, avoua-t-il.

Alexander avait dit ces mots avec une pointe de tristesse dans la voix. Sentant le changement dans le coeur de son invité, Quatre voulut dire quelque chose pour changer le sujet devenu épineux mais l'autre fut plus rapide.

- Alors Mr Winner, acceptez-vous ma proposition ?

Quatre fut déstabilisé par le brusque changement chez son interlocuteur. Il lui fallut plusieurs secondes avant de se reprendre et de répondre.

- Je suis désolé mais la réponse est non.

Pensant s'attirer une nouvelle protestation, Quatre se prépara à répliquer. Mais contre toute attente, l'homme en face de lui ne dit rien. Il lui adressa même un sourire ravi qui sonnait beaucoup trop faux pour être dénué de sens.

Tout à coup, un bruit d'impact retentit dans son dos. Sur le coup, il se redressa sur son siège, droit comme un "i" et se retourna pour voir la cause du bruit. Quelle ne fut pas sa surprise en découvrant sur la vitre derrière son bureau une tâche rouge sombre dans l'alignement de son fauteuil.

Quatre ne comprit pas ce que cela signifiait et tourna son regard vers son hôte qui n'avait pas bougé d'un cil, son sourire intact. Lisant l'incompréhension dans le regard azur de l'héritier Winner, Alexander décidé d'éclairer sa lanterne.

- Cette tache est du fait d'un de mes hommes qui est posté sur le toit de l'immeuble qui fait face à votre entreprise. De là-haut, il a trouvé un angle de tir idéal pour vous atteindre, vous avez de la chance que vos agresseurs n'en aient pas eu l'idée avant.

Quatre eut peur de comprendre où il voulait en venir. Voyant que le blond avait compris, Alexander se leva de son siège, sortit une carte de visite de sa poche et la posa sur le bureau du président de la Winner Corp. Puis, il lui tourna le dos et s'éloigna en direction de la porte. Quand il s'empara de la poignée, il entrouvrit la porte et regarda une dernière fois le propriétaire des lieux.

- Vous êtes vulnérable, Mr Winner. Plus que vous ne le pensez. Réfléchissez bien à ma proposition. Si vous le souhaitez, je vous invite dans ma demeure et nous pourrons continuer cette conversation dans un cadre plus... sécurisé. J'attends votre appel avec impatience. Au revoir, Mr Winner.

Et sur ce, il prit congés du jeune homme et quitta le bureau.

Quatre se tourna de nouveau vers la fenêtre et observa la tâche qui s'étendait le long de la surface vitrée. Il posa sa main sur celle-ci et la regarda pensivement. Avait-il vraiment le choix de refuser l'aide qui lui était offerte ? Son regard se porta ensuite en direction du toit de l'immeuble d'en face. Il n'y voyait personne pourtant quelqu'un était là et l'observait.

Quand Alexander sortit du bâtiment de la Winner Corp, son chauffeur lui fit signe. Il se dirigea vers sa limousine et s'y installa. Dés qu'il fut assis, il se saisit de son téléphone portable et composa un numéro. Il attendit deux tonalités avant qu'une voix grave et suave lui réponde :

- Alors ?

- Comme tu le pensais, il a refusé.

- Comment a-t-il pris notre démonstration ?

- Hum... Plutôt bien ! ricana-t-il.

- Il n'a jamais été très impressionnable. Ce n'est pas un Winner pour rien.

- Tu crois qu'il va appeler ? questionna le chef de famille.

- Je le connais bien. Il n'est pas du genre à refuser une aide providentielle. Il appellera.

- J'espère pour vous deux qu'il le fera.

- Moi aussi, murmura la voix à l'autre bout du fil.

Sur ces mots, les deux interlocuteurs raccrochèrent. Du haut de l'immeuble en face de l'entreprise, la silhouette sombre de l'héritier des Whitemore rangea son téléphone dans sa veste puis, après un dernier regard en direction de son oeuvre et du jeune homme blond, prit la mallette contenant son fusil à longue portée et s'en alla.

-

Une semaine plus tard, Quatre se trouvait à bord d'un avion en partance pour l'angleterre. Pendant plusieurs jours, il avait repassé sa discussion avec le chef de famille, pesant le pour et le contre, puis s'était finalement décidé à l'appeler. Celui-ci l'invita alors à se rendre dans la demeure familiale se trouvant en pleine campagne anglaise.

Lorsque son avion arriva à destination, l'arabe se dirigea aussitôt vers la sortie, une valise à la main. Dans le hall de l'aéroport, il aperçut une pancarte avec son nom inscrit dessus. Il alla à la rencontre du porteur de la pancarte et se trouva face à un chauffeur. Celui-ci se présenta :

- Bonjour Mr Winner ! Je m'appelle Preston et je suis chargé de vous conduire au manoir Whitemore.

- Bonjour à vous Preston, répondit le jeune homme avec un sourire ravi.

- Donnez-moi votre valise et allons-y. Votre voyage s'est bien passé ?

- Parfaitement, merci. Sommes-nous loin du manoir ? lui demanda-t-il en lui confiant son bagage.

- A deux heures de route tout au plus, répondit-il en le conduisant à son véhicule.

Quatre ne dit plus rien à partir de là et se laissa emmener à bord de la limousine noire. Le voyage fut long. Très long. Pour se distraire, Quatre observait pensivement le paysage par la vitre teintée. Ils avaient quitté la zone habitée et ils traversaient à présent une immense forêt entrecoupée de petites prairies. Puis les arbres disparurent et la voiture stoppa devant l'imposant portail marquant l'entrée du domaine Whitemore. Avec une télécommande, le chauffeur ouvrit la grille d'acier et reprit la route.

Quatre se redressa et contempla le paysage qui s'offrait à lui. Un imposant manoir trônait fièrement au milieu d'un somptueux jardin. La voiture suivit l'allée principale bordée de rosiers d'un rouge resplendissant avant de s'arrêter devant la demeure.

Preston quitta le volant et se précipita pour ouvrir la portière de son passager. Quatre descendit de l'habitacle et remercia le chauffeur. Il fit un pas en direction de la demeure mais s'arrêta net. Il sentit qu'on l'observait. Puis une aura douce, apaisante et protectrice lui étreignit le coeur et il chercha du regard qui pouvait en être la cause. Son regard se posa sur une fenêtre du troisième étage et il vit une silhouette sombre entrain de l'observer.

- Ah ! Vous voilà enfin ! s'écria une voix.

Quatre quitta des yeux la silhouette et porta son regard sur la personne qui avait prononcé ces mots. C'était un jeune homme, plus jeune que lui, de taille moyenne, les cheveux court blond cendré, les yeux bleu turquoise, vêtu d'un jean bleu foncé et d'une chemise blanche ouverte sur un marcel blanc.

L'arabe reconnut aussitôt l'un des mystérieux hommes du congrès. Si lui était là, son sauveur se trouvait sûrement dans les parages. Il releva vivement la tête vers la fenêtre dans l'esôir d'y trouver la silhouette. Malheureusement, celle-ci avait disparu. Déçu, il baissa la tête et regarda le jeune homme qui venait à sa rencontre.

Avec un sourire rayonnant, celui-ci se planta devant lui et lui tendit la main.

- Bonjour, je suis Lukas Whitemore. Enchanté de faire votre connaissance Mr Winner.

- Moi de même, répondit l'arabe en serrant sa main.

- Venez ! Mon père nous attend dans son bureau.

Sans autre forme de procès, le jeune Whitemore se dirigea vers le manoir et invita d'un regard l'héritier Winner à le suivre.

Ils traversèrent plusieurs couloirs, longeant des pièces toutes plus raffinées les unes que les autres. Voulant briser le silence, Quatre choisit de faire la conversation.

- Donc vous êtes le fils de votre chef de famille ?

- Oui, répondit le jeune homme tout en continuant sa progression.

- J'imagine que la perspective de reprendre le flambeau familiale ne doit pas être des plus faciles.

- Elle le serait si c'était effectivement moi qui reprennait les rennes de notre famille.

- Comment ça ? demanda Quatre, très surpris.

- Mon père avait un grand frère mais il est mort, il y a quelques années, expliqua Lukas. Selon la tradition de notre famille, c'est l'héritier du premier enfant qui doit succéder à son père. Celui-ci ayant eu un fils qui est plus âgé que moi, c'est lui qui reprendra la direction de notre famille.

- Et cela ne vous gêne pas ?

- Bien sûr que non ! s'exclama-t-il avec un sourire rieur. Je n'ai jamais été attiré par ce titre et je trouve mon cousin bien plus qualifié que moi pour le remplir. Il a tout pour ça : la noblesse, la dignité, le charisme, la froideur et la classe. Il est un modèle pour moi et je sais que je pourrais lui obéir aveuglement.

- A vous entendre parler de lui de cette manière, vous devez beaucoup l'aimer, remarqua l'ancien pilote.

- Oui, avoua le jeune homme avec un sourire tendre. Il est le grand frère que je n'ai jamais eu. Mais par pitié, reprit-il avec une moue suppliante, arrêtons de nous vouvoyer. T'es pas beaucoup plus vieux que moi.

- Tu as raison, approuva l'arabe avec un sourire amusé.

- Tant mieux, se réjouit le jeune Whitemore. Nous y sommes !

A ces mots, tous les deux stoppèrent devant une imposante porte en bois massif. Le jeune homme frappa trois coup avant d'entrer sans attendre de permission. Quatre le suivit et reconnut Alexander Whitemore assis à son bureau, entrain de lire plusieurs papiers à l'aide d'une paire de lunettes.

Un toussotement et l'homme releva la tête en direction de son invité. Aussitôt, ce sourire si particulier revint sur son visage et il se leva pour saluer le jeune PDG.

- Bonjour, Mr Winner ! Je suis ravi que vous ayez accepté mon invitation. Mon fils vous a bien accueilli ?

- Oui, c'est un garçon charmant.

- Vous m'en direz tant. Alors, si vous êtes là, c'est que vous avez réfléchi à ma proposition. Quelle est votre réponse ?

- J'avoue avoir encore quelques réticences à accepter de prendre un de vos hommes comme garde du corps, avoua le jeune homme, hésitant.

- Je comprends mais sachez que si vous acceptez, je mettrai mes deux meilleurs hommes à votre disposition. D'ailleurs vous en connaissez déjà un, ajouta-t-il en désignant la personne aux côtés de l'arabe.

Quatre le regarda et celui-ci lui fit un sourire éclatant. Avec son aspect frêle, jamais il n'aurait pensé qu'il put s'agir de l'un des meilleurs hommes de cette puissante famille. Mais il lui inspirait confiance et beaucoup de sympathie. Comme pour le convaincre, Lukas passa un bras autour des épaules du blond et lui dit d'un ton rassurant :

- T'inquiète pas ! Avec Kyle et moi, tu n'auras rien à craindre. Nous te protègerons jusqu'à la mort car telle est notre devise.

- A ce propos, où est-il ? demanda l'aîné des Whitemore.

- Il doit être dans sa chambre, répondit son fils.

- Dans ce cas, je vous propose de le rencontrer et de me donner votre réponse après. Qu'en dites-vous ?

- D'accord mais qui est ce Kyle ? questionna-t-il, intrigué.

- C'est mon cousin, intervint Lukas. C'est lui dont je t'ai parlé. Viens, je vais te le présenter !

Et sans lui laisser le choix, le jeune homme l'entraîna hors du bureau sous le regard tendre du chef de famille.

Après plusieurs couloirs et deux escaliers, Lukas stoppa sa progression devant une autre porte. Il frappa de nouveau trois coup mais n'entra pas directement comme précédemment. Il attendit et un " Entrez ! " retentit derrière le pan de bois. Lukas entrouvrit la porte mais au lieu d'entrer, il invita l'héritier Winner à le précéder. Malgré ce geste curieux, Quatre obéit et pénétra dans la chambre pour se figer aussitôt devant la vision qui s'offrait à lui.

Devant lui, à moins de deux mètres, se trouvait une panthère noire près d'un fauteuil lui faisant dos. Le pelage luisant, ses yeux dorés qui le fixaient d'un air menaçant, elle se tenait bien camper sur ses pattes, toutes griffes dehors et les muscles tendus à l'extrême, et grognait méchament, prête à bondir sur le visiteur.

Quatre ne sut comment réagir, aucun muscle de son corps ne voulait lui obéir. Il resta là, les yeux reflétant sa terreur, suant à grosses gouttes alors qu'il voyait sa vie défiler devant ses yeux.

Il ne dut son salut qu'à la voix grave qui dit d'un ton autoritaire :

- Shadow ! Ca suffit !

Aussitôt, l'animal cessa de grogner et s'assit calmement près du fauteuil, toute hostilité ayant disparue. Les muscles de l'arabe se détendirent peu à peu et il se permit de souffler de soulagement. Puis son regard fut accroché par une main sortant de derrière le fauteuil. Celle-ci caressa la tête de l'animal qui en ronronna de satisfaction. Puis la main disparut et une silhouette apparut derrière le dossier du fauteuil.

Quatre se figea de nouveau en reconnaissant la personne qui lui faisait face. Un jeune homme de taille moyenne, de longs cheveux noir de jais noués en une queue de cheval, des yeux d'un bleu glacial, des traits nobles, vêtu d'un jean noir moulant et d'une chemise noire, portant un livre à la main. C'était lui, son sauveur.

L'homme vint se planter devant lui et le fixa de ses yeux pénétrants. Ses yeux... Jamais Quatre n'en avait vu d'aussi froid. Même ceux de Heero semblait plus expressif à côté de ceux-là. Mais ce n'était pas tout. Cet homme avait une aura incroyablement glaciale et aucune émotion n'émanait de lui. Cela lui rappela également celle que possédait le japonais à leur première rencontre.

Pourtant, ce visage... Curieusement, Quatre trouva un air familier à ce visage si dur. Il essaya de trouver une explication à ce phénomène mais fut interrompu par la voix grave et suave bien qu'un peu autoritaire de son vis-à-vis :

- Mr Winner ?

- Ou..oui, bégaya-t-il, impressionné.

- Kyle Whitemore, lui dit-il en lui tendant la main.

Quatre observa cette main, indécis sur la marche à suivre. Puis, sa main prit toute seule l'initiative de venir serrer sa consoeur. La main de son sauveur se referma sur la sienne en une poigne vigoureuse mais non-brutale. Quatre pouvait sentir une force retenue dans ce geste. Nul doute que s'il le voulait, cet homme pourrait lui broyer les os facilement.

- Je... commença-t-il.

- Je vois avec plaisir que vous êtes vivant et en bonne santé, l'interrompit le brun. Je craignais qu'après la tentive ratée du palais des congrès, vous ne fussiez victime d'autres évènements de ce genre.

- Non, se reprit le blond. Rien de tel, d'ailleurs je tenais à vous remercier de m'avoir sauver la vie.

- Je n'ai fait que mon devoir, répondit Kyle en relâchant sa main.

Quatre était plus que troublé par cet individu. Tellement qu'il sentit à peine le contact rugueux sur sa main. Lorsqu'il s'en rendit enfin compte, son regard baissa au niveau de sa main et il écarquilla les yeux. La panthère se trouvait maintenant à quelques millimètres de lui et reniflait sa main avec intérêt.

Kyle suivit son regard et constata avec amusement que sa compagne s'intéressait de près à leur invité.

- Ne vous en faites pas, le rassura-t-il. C'est sa façon à elle de faire connaissance avec les étrangers. Shadow n'attaque que si je le lui ordonne.

La dite Sahdow leva la tête en direction des deux hommes et les fixa de ses deux orbes ambrées. Son regard accrocha quelques secondes celui de l'héritier Winner. Puis, naturellement, la féline se frotta contre les jambes de l'arabe en ronronnant d'aise.

Les deux hommes la regardèrent sans bouger, Quatre essayant comme il pouvait de garder son équilibre malgré les frottements du fauve. Lorsqu'elle eut fini, Shadow revint s'asseoir près de son maître qui la gratifia de gratouillis derrière son oreille gauche.

- Elle vous a adopté, remarqua l'héritier Whitemore. D'ordinaire, elle n'aime pas beaucoup les étrangers mais il faut croire que vous êtes différent.

Quatre releva la tête et vit un petit sourire se dessiner sur le visage de son homologue mais qui disparut presque aussitôt quand celui-ci reprit :

- Quel est le but de votre visite dans notre visite dans notre domaine, Mr Winner ?

C'est ce moment que Lukas, qui avait observé silencieusement la rencontre, choisit pour intervenir :

- Mr Winner est venu solliciter notre protection.

- Vraiment ? demanda Kyle en reposant son regard sur l'arabe.

- Euh... Oui, hésita-t-il à répondre.

Kyle toisa le jeune PDG, l'examina de la tête aux pieds avant de rendre son verdict :

- Dans ce cas, considérez que vous venez de vous offrir mes précieux services, Mr Winner, susurra-t-il avec un sourire sadique.

Tsuzuku...


Chapitre 4, bouclé ! Alors qu'en dites-vous de ces retrouvailles ? Duo/Kyle va désormais travailler pour son ex-meilleur ami. Comment ça va se passer ? Réponse au prochain chapitre. En attendant, laissez une review et à bientôt !