Je repris les cours le lendemain, mes côtes ne me faisaient plus souffrir. Mme PomFresh avait vraiment fait des merveilles. Ce matin nous avions cours de potions, donc avec les Gryffondor. Je soupirai intérieurement. Zoé était heureuse d'avoir retrouvé sa voisine de classe, joie qui ne dura pas. En effet le professeur nous fit signe de nous remettre par groupe établit au dernier cours de potion. Je m'assis donc près de Remus Lupin qui m'accueilli avec un sourire. Derrière moi discutait Sirius et James, qui avait eu la chance de ne pas être séparés. La présence de Black si près de moi augmentait la pression du sang dans mes veines. Je résistais à l'envie de me retourner et de croiser son regard métallisé.

- Nora ? M'interrogea Remus.

- Oui ? Répondis-je en me tournant vers lui.

- Tu n'as rien écouté de ce que j'ai dit pas vrai ?

Je me mordais la joue, non j'étais bien trop perturbé par Sirius pour porter de l'attention à Remus.

- Je suis désolée Remus, j'étais ailleurs ! M'excusai-je avec un sourire.

- Je te demandais si tu te souvenais que le dîner du professeur Slughorn était ce soir ?

- Ce soir vraiment ? Demandais-je en écarquillant les yeux.

- Oui, dit-il en rigolant un peu.

- J'ai perdu la notion du temps on dirait !

- Sans doute à cause de ton accident, ajouta-t-il préoccupé.

- Oh ce n'est rien, quelques côtes seulement, je vais bien ! Lançais-je.

- Tant mieux, affirma-t-il sincère.

Le cours fut long en raison de la difficulté des potions à préparer aujourd'hui. Comme à notre habitude notre potion fut parfaite. Nous quittions donc la salle de classe pour nous rendre à notre prochain cours. Près de la porte Potter et Black attendait Remus. Nous nous dirigeâmes vers eux, Potter m'adressa un regard mauvais, comme à chaque fois qu'on se croisait. Sirius, lui, se contenta de faire semblant de ne pas me voir. Je quittai alors Remus pour ne pas avoir affaire plus longtemps au regard mauvais de Potter. Il n'aimait pas voir son meilleur ami avec une Serpentarde.

En une seule matinée Sirius arrivait à me faire regretter ce que je lui avais dit la veille. Le fait est que je ne pouvais absolument pas être indifférente à Sirius Black. Dès qu'il était près de moi, chaque atome et parcelle de mon corps le réclamait. Je l'avais dans la peau pour une raison qui m'était inconnue. Mais la solution était bien là, il fallait que je reste le plus loin possible de lui. Eviter tout contact et ce début d'amourette partirai aussi vite qu'il était arrivé. C'est totalement résigné que je retrouvais Zoé dans le couloir.

Huit heures moins le quart. Il était temps pour moi de me rendre au diner de mon professeur de potion. J'avais passé une petite robe noire toute simple et des collants de la même couleur. Seul mon foulard vert et argenté rappelait les couleurs de ma maison. Mes cheveux étaient relevés dans un chignon flou et mes yeux mis en valeur par un maquillage léger. J'avais prévu avec Remus de le retrouver devant le grand escalier. Mais alors que je l'attendais je le vis arriver avec Lily Evans, petite amie officielle de Potter. A cette vision je me renfrognai, je n'avais pas très envie de passer la soirée en sa compagnie. Alors qu'ils arrivaient à ma hauteur la petite rousse me salua.

- Bonjour Wilson. Comment vas-tu ?

- Bien, merci. Répondis-je froidement.

Remus m'adressa un regard qui semblait me demander de faire un effort.

- Et toi ? Ajoutais-je plus gentiment.

- Bien également, souri-t-elle.

Nous nous dirigeâmes alors vers les appartements de Slughorn. Sur le chemin Lily racontait à Remus sa journée. Je n'écoutais que d'une oreille, nullement intéressée par la conversation des deux Gryffondor. Mais le nom de Sirius attira mon attention.

- Il a encore refusé que je lui présente une de mes amies, se lamenta Lily.

- Ne lui force pas la main, il te le dira quand il aura trouvé la bonne, dit Remus calmement.

- S'il ne cherche pas il ne risque pas de trouvé tu sais.

Leur conversation me faisait sourire mais je prenais sur moi pour ne rien laisser paraître. Nous étions presque arrivés quand nous croisâmes Evan et Avery. Ils me fixèrent longuement, leur regard était méprisant. Ils désapprouvaient bien sur les personnes qui m'accompagnaient. Je préférai les ignorer plutôt que leurs donner un moyen de me rabaisser. Lily qui avait intercepté le regard d'Avery et Evan à mon encontre me demanda :

- Ce sont tes amis ?

- Mes amis ? Non ce sont plutôt ceux de Rabastan, répondis-je.

La question de Lily me fit remarquer que je n'avais finalement que très peu d'amis hormis Zoé.

Nous arrivâmes enfin. Notre professeur nous accueillie chaleureusement et nous passâmes directement à table puisque nous étions les derniers arrivés. Nous n'étions pas nombreux, seulement une dizaine. Il y avait Lily, Remus, et un Gryffondor de septième année. Egalement présent un Poufsouffle, deux Serdaigle et quatre Serpentard dont moi. Les plats se succédèrent aussi succulent les uns que les autres. En allant des petits canapés au délicieux Canard à l'orange. Le vin rendait l'atmosphère chaleureuse et l'humeur était à la discussion. J'étais assise entre Lily et Remus et nous bavardions tranquillement quand arriva le dessert. Dans une grande coupe en cristal était disposé des choux recouverts de chocolat blanc et noir. Le tout accompagné de crème fouetté et de jolies fraises coupées en deux. J'avais déjà trop mangé mais la vue de ce dessert me fit saliver. Du champagne fut servi et le professeur Slughorn prononça un court discours. Il nous félicita pour notre excellent niveau, nous encouragea à persévérer et nous souhaita d'apprécier notre dessert. Je plantai ma cuillère dans ma coupe avec gourmandise. Je pris quelques bouchées puis me retournai vers Lily. L'alcool commençait un peu à m'embrumée l'esprit.

- Alors depuis combien de temps Potter et toi êtes-vous ensemble ? Demandais-je curieuse.

Lily sembla un peu gênée par ma question.

- Pardon. C'était personnel. M'excusai-je.

- Non, non pas de soucis ! Souria-t-elle. J'ai été surprise c'est tout. C'est récent, je suis avec lui depuis quelques semaines.

- Tu sais je ne croyais pas qu'il était possible que tu finisses par tomber amoureuse de lui. J'ai toujours pensé que tu valais mieux.

- Tu le connais mal, répondit-elle avec un regard blessé.

- Je sais tout ce qu'il y à savoir. Il déteste et méprise tous les Serpentard sans exception, martyrise ce pauvre Severus Rogue et se croit supérieur à tout le monde, dis-je froidement.

Remus qui écoutait notre conversation ne put s'empêcher d'intervenir.

- Nora, je t'assure que tu te trompes à propos de lui.

- Ah oui ? Alors tout ce que je viens de dire est faux ? M'emportai-je.

Lily prit sa défense :

- Oui. Ce ne sont que des préjugés. James ne se croit absolument supérieur à personne ! C'est le premier à accepter les gens avec leurs problèmes et leurs défauts. Il est toujours présent pour les personnes qu'il aime. Et d'ailleurs il ne persécute plus Severus, dit Lily en haussant la voix.

- Il le laisse tranquille seulement parce que tu l'as supplié ! Il ne fait ça que pour tes beaux yeux.

Remus pausa une main sur mon épaule.

- Arrête Nora. Tu es trop intelligente pour juger quelqu'un que tu ne connais pas.

- Comment sais-tu que je suis trop intelligente Remus ? Tu ne me connais pas non plus.

N'ayant aucune envie de continuer cette conversation je me levai de table.

- Attends ! Lança Remus.

Je quittai la salle d'un pas vif. Eh bien, je ne suis pas doué pour me faire des amis, pensais-je. Après tout, c'était moi qui avais initié la dispute, soupirai-je. Je rejoignis mon dortoir. La soirée avait été longue et je n'avais qu'un envie : dormir. En effet il était tard, je ne croisai personne dans la salle commune de Serpentard et les filles de mon dortoir étaient déjà couchées. J'allais me glisser sous ma couette quand j'aperçu une lettre posée sur mon oreiller. Je la saisis et reconnu aussitôt l'écriture. C'était celle de mon père. Qu'avait-il à me dire ? Je redescendis dans la salle commune, alluma une bougie et la main tremblante ouvrit le courrier.

« Ma fille,

Je t'écris quelques mots pour te faire part de mes inquiétudes. Rabastan Lestrange m'a tenu au courant de tes écarts de conduite envers lui. Je compte sur toi pour rentrer dans le droit chemin. Ton ami Rabastan pourra t'aider à voir clair dans tes idées et à mieux choisir tes fréquentations. Il a mon entière confiance, je te demande donc de te rapprocher de lui et de faire ce qu'il te dit.

J'aime à penser que tu nous rejoindras bientôt dans nos activités. Fais les bons choix Nora. Tu sais que je compte beaucoup sur toi.

Nous nous verrons durant les vacances de Noël. D'ici là, j'ose espérer que tu seras celle que je veux que tu deviennes. Fais attention ma fille à ne pas me décevoir. Je souhaite seulement te protéger et t'assurer un bon avenir.

A très vite, ton père,

Rodolphus Wilson »

Je posai doucement la lettre sur la table en face de moi. Je la fixai quelques instants, incapable de penser. Ou plutôt incapable de faire le tri dans mes pensées, tout s'emmêlait et s'entremêlait. Je choisi donc d'arrêter de me torturer inutilement et rejoignit mon lit.

J'ai le souffle court. Une goutte de sueur froide coule le long de mon dos. Je suis terrifiée. L'angoisse frappe comme une lame dans mon ventre. L'air commence à me manquer. Je sais qu'il arrive. Plus il approche plus l'air devient froid. Cours Nora ! Mon inconscient me pousse à fuir mais la peur me paralyse. Mon corps refuse de m'obéir.

- Noraaaaaaaaaaaaaa, siffle-t-il.

Mon prénom résonne dans la pièce sombre. Mon nom dans sa bouche sonne comme le sifflement d'un serpent. Mes jambes se décident enfin à s'agiter. Je cours. Je cours. Je ne pense plus à rien. L'adrénaline est comme un torrent dans mes veines. Mais il est trop tard. Je le sais. Je le sens. Sa main squelettique se pose sur moi. Le contact de cette main froide et humide sur ma peau me fait hurler.

Je me réveillai d'un coup. Quelle sensation horrible, pensai-je en serrant mes mains sur mes bras. Je tremblais, la chaleur de mes couvertures ne parvenait pas à réchauffer mon esprit. Un froid glacial c'était infiltré à l'intérieur de moi. Incapable de me rendormir, je posai mes deux pieds nus sur le sol. J'enfilai une veste et des chaussures. J'allais quitter la pièce quand je passai devant la table où la lettre de mon père était posée. Je m'en emparai et filai dans les couloirs de Poudlard.

- Lumos ! Chuchotai-je.

Il était environ trois heures du matin et l'école était silencieuse. Doucement, je me dirigeai vers la tour d'astronomie. Je montai les marches rapidement. Une fois arrivée en haut, je regardai par la petite fenêtre. Le ciel était voilé. Une brume épaisse c'était installé et on ne distinguait même pas le lac. Les arbres dépourvus de feuilles semblaient triste. Le paysage sombre reflétait à merveille mon état d'esprit. Nullement réconforté, le moral dans un triste état, je détournai mon regard. Loupant ainsi le chien noir qui m'observait. Je m'assis près de la rambarde. Je laissai mes jambes pendre dans le vide et observai les escaliers en colimaçon. D'un coup de baguette je fis apparaitre une petite bougie. La lumière chaleureuse qu'elle dégageait me réconfortait. Je pris la lettre et la relu rapidement.

J'avais mille et une interrogations. Pourquoi mon père avait l'air si pressé de me voir devenir mange morts ? Comment faire les bons choix ? Avais-je le droit de refuser ce destin que l'on m'imposait? Refuser leurs idéaux, tout en conservant ma famille ? Je ne pouvais apporter aucunes réponses. Il était clair que je devais choisir entre mes idées concernant la suprématie des sangs purs et ma famille, mon honneur, ma réputation. Et pourquoi à la fin de sa lettre mon père précisait-il qu'il voulait me protéger et assurer mon avenir ?

Trop penser me faisait mal à la tête. Je fermais les yeux et me massai les tempes. Des images de mon cauchemar revinrent me hanter. J'ouvris les yeux directement et me concentra pour ne pas refermer mes paupières. Trop apeurée par les images de la nuit. Je luttai contre la fatigue une heure ou deux puis fini par sombrer dans un sommeil inquiétant et froid.

Je me réveillai difficilement, un édredon sur mes épaules. Un édredon ? Quelqu'un était venu, alors que je dormais profondément et avait glissé une couverture sur moi. Même si cette personne était sans doute pleine de bonnes intentions, l'idée d'avoir été si vulnérable devant quelqu'un m'énervait. Toute courbaturée d'avoir dormi sur le sol j'essayai de me lever. Je n'avais aucune idée de l'heure qu'il était. Je devais donc me dépêcher pour ne pas risquer d'être en retard. Il n'y avait pas de bruit d'élève dans les couloirs, signe qu'il devait me rester un peu de temps encore avant le début des cours. Je filai alors vers les cachots et heureusement je ne croisai personne. Je m'enfermai dans la salle de bain et allumai le jet d'eau chaude. Je quittai tous mes vêtements et me glissai dans la douche. La chaleur du liquide détendais mes muscles endoloris et me réveillai un peu. Je restai quelques minutes à apprécier l'eau couler le long de mon corps. Les yeux fermé je soupirai, il fallait que j'aille me préparer. Je me plantai devant le miroir et essuyai la buée d'un revers de main. Je séchai approximativement mes cheveux, enfilai mes vêtements et sortit de la salle de bain. Là je regardais l'heure, sept heure quinze. Il me restait encore un peu de temps, je me dirigeai donc vers l'extérieur. J'avais envie de prendre une bouffée d'air frais et je n'allais pas déjeuner avant huit heures. Une fois dehors j'inspirai un grand coup. L'air glacé eu l'effet voulu et éclairci mes idées embrouillées. Il faisait vraiment froid ce matin et mes cheveux encore humides n'arrangeai rien. Je marchai un peu pour réfléchir, je voulais faire les bon choix pour les semaines qui allaient suivre. Je ne voulais certainement pas rejoindre le Seigneur des Ténèbres, du moins pas pour l'instant, tant que l'on ne m'y obligea pas et je voulais aider Rabastan. Cela n'allait sans doute pas être simple, lui allait lutter pour que je le rejoigne et moi j'allais vouloir le sortir de là. J'échafaudai alors des plans dans ma tête. Il allait falloir être subtil. J'allais me rapprocher de lui comme me l'avait demandé mon père, regagner sa confiance et enfin je pourrai essayer de lui faire voir les choses à ma façon.

Il était temps d'aller déjeuner. Je m'assis près de Zoé, elle me sourit avant de me regarder de travers.

- Tu as une mine affreuse !

C'était tellement sincère venant d'elle que je ne pus m'empêcher de pouffer.

- Merci Zoé, rigolais-je.

Elle rit à son tour et se retourna vers son déjeuner. Je me servis un grand café noir, pour une matinée qui s'annonçait difficile en raison de mon manque de sommeil. Du coin de l'œil, Rabastan m'observait. Il croyait sérieusement que je ne le voyais pas ? Quel idiot !

Zoé et moi finîmes de manger et nous nous dirigeâmes vers notre salle de classe. Au détour d'un couloir nous croisâmes Sirius accompagné de Remus. Sirius posa son regard sur moi pendant une demie seconde avant de m'ignorer totalement, Remus hésita et choisit de regarder ses pieds.

- Zoé, je te rejoins ! Soufflai-je à l'intention de mon amie.

- Tu fais quoi là ? Ce sont des Gryffondor. Lança-t-elle étonnée.

- Zoé, s'il te plait, laisse-moi.

Elle s'exécuta à contre cœur et partit devant. Je fis demi-tour et en quelques enjambées je rejoignis les deux garçons. Je posai ma main sur l'épaule de Remus :

- Remus, je suis désolée pour hier soir. Je me suis emportée et je n'aurai pas du. Si je t'ai blessé toi ou Lily je m'en excuse, dis-je timidement.

Sirius paru vraiment étonné pendant un instant puis il se reprit et adopta un air détaché. Remus lui avait l'air agréablement surpris de mon intention.

- C'est moi qui suis désolé, j'aurai du t'expliquer plus calmement, dit-il gentiment.

- Arrête Remus, je ne voulais pas écouter…, m'excusai-je encore. Tu pourras dire à Lily que j'aimerai lui parler ?

- Bien sûr !

- Bonne journée, lançai-je en me retournant.

La journée fut très longue, les professeurs étant de plus en plus exigeant quant à nos capacités. Alors que les élèves, eux, ne pensaient qu'aux vacances de Noël qui arrivait dans quelques jours. A la fin de la journée j'avais un mal de tête épuisant et je rêvai que de retrouver le confort de mon lit. Malheureusement ça ne se passa pas comme ça. En effet une fois dans la salle commune Rabastan m'attendait de pied ferme. Il était adossé à la cheminée, les bras croisés, il m'observait. Il était beau quand la haine ne déformait pas les traits de son visage. Tranquillement je m'approchai, consciente qu'il n'accepterait pas que je monte dans mon dortoir sans qu'on ait parlé. Il me suivit des yeux puis sans dire un mot prit ma main et m'emmena dans sa chambre. Il avait le privilège d'avoir une chambre à lui grâce à son rôle de préfet. Je m'assis sur son lit, lui se tourna vers la fenêtre.

- Rabastan parle-moi.

Il se retourna vers moi, garda un peu le silence puis dit calmement :

- Je ne te reconnais plus Nora. Autrefois tu me faisais confiance, tu aurais fait tout ce que je te disais aveuglement. Maintenant il faut que ton père s'en mêle pour que tu réagisses.

Je ne pus m'empêcher de lui répondre sur un ton froid :

- Je n'ai pas changé, j'ai grandi, ouvert les yeux. Je pense par moi-même maintenant.

- Quoi qu'il en soit, on m'a demandé de te reprendre en main. Ça m'étonne tellement. Si il y a quelques années il avait fallu que je parie sur quelqu'un, ça aurait été toi. Nous allons commencer ton initiation pour que tu deviennes mange mort. Nous avons déjà attendu assez longtemps.

Mon pouls s'accéléra mais je ne laissai rien paraitre.

- On peut faire un marché ? Demandai-je prudemment.

- Je ne crois pas Nora, ricana-t-il.

- Tu peux au moins m'accorder ça, si j'accepte de devenir mange mort.

- Je ne suis pas sûr que tu ais le choix, mais parle va-y.

- Si j'accepte, je ne veux pas commencer mon « initiation », comme tu dis, avant les vacances de Noël. Laisse-moi encore trois semaines de répit.

Il paraissait réfléchir et être prêt à céder. Je voulais ce temps pour essayer de faire revenir le Rabastan d'avant.

- S'il te plait Rabastan, pour moi, dis-je pour faire tomber ses dernières réticences.

- Ca ne plaira pas à ton père mais j'en prends la responsabilité. J'en prends la responsabilité si tu acceptes de cesser de fréquenter ces impurs de Gryffondor et que tu passes ton temps avec moi et les autres mangemorts.

- Rabastan se sont mes amis ! M'exclamai-je.

- Non ! C'est ma seule condition ! A toi de choisir Nora !

Rabastan qui avait commencé à s'énerver se calma quand j'acceptai ses conditions. Il retira sa chemise et alla se passer de l'eau sur le visage. Quand il revint, il s'assit derrière moi et m'entoura de ses deux bras musclés. La vue de la marque des ténèbres sur son avant-bras me déchira le cœur. Il mit sa tête dans le creux de mon cou. Sa respiration et sa barbe de trois jours contre ma peau me firent frissonner. Il le sentit et chuchota dans mon oreille :

- Je n'ai pas oublié le soir du bal Nora. Je sais que l'homme avec qui tu as dansé est Remus Lupin.

A ces mots je me figeai. J'avais peur pour mon ami, peur que Rabastan et sa haine lui fasse du mal. Je me retournai vivement. Nos visages étaient presque collés.

- Remus est mon ami rien d'autre m'exclamai-je. Je n'ai jamais dansé avec lui et je t'interdis de le blesser.

- Tu m'interdis quoi Nora ? S'exclama-t-il en haussant la voix.

Il resserra son étreinte, si bien que j'étais collé à son torse nu. Malgré moi, il me faisait de l'effet. Je me serai bien donné dix baffes à ce moment-là. Sa respiration accélérait, je ne le laissai pas non plus indifférent. A ce moment-là Avery entra dans la pièce sans frapper, quand il nous aperçut il s'empressa de refermer la porte. Rabastan se leva d'un coup brusque et en trois enjambées gagna l'entrée de sa chambre. Il parla à Avery dans le couloir mais je n'entendis pas leur conversation. Puis Rabastan revint dans la pièce et s'adressa à moi froidement :

- Je veux que tu cesses de le voir et que tu t'affiches avec moi.

- Je ne vois pas le rapport avec le fait de devenir mange mort. Je fréquente Lupin si je le souhaite, m'emportai-je.

- Tu vas faire ce que je dis. Sinon Avery et moi on se fera un petit plaisir d'écraser la petite sang de bourbe qui te sert d'amie.

- Tu parles de Lily ? Elle n'a rien à voir là-dedans, m'exclamai-je.

- C'est une née moldue, son sang est impur. C'est une raison suffisante.

Je sorti ma baguette d'un geste vif et pointai Rabastan avec. Il me lança un regard méprisant et lança :

- Range ça. Fais ce que je dis et tout ira bien.

Je dû prendre sur moi pour lui obéir. Incapable d'en entendre plus et lasse de toute discussion avec lui je sorti de sa chambre en direction de la mienne. Il ne me retint pas. Je m'écroulai sur mon lit, morte de fatigue. Ma nuit fut sans rêves et revigorante.