Bon, je suis un peu lente dans mes updates, c'est dur la vie de travailleur autonome! J'ai beau être à la maison, je bosse tout le temps!

En plus j'ai eu de la super inspiration niveau couture: des hoodies inspirés des persos d'Undertale. Mes premiers prototypes ont pas mal de succès en ligne, je pense les mettre en vente sur Etsy bientôt, et j'ai eu l'inspi pour TOUS LES AUTRES PERSOS et j'ai passé mon temps à mettre les designs sur papier. J'espère avoir le budget pour pouvoir faire ces prototypes...

Enfin bref, trop de machine à coudre, pas assez de machine à écrire. Je suis désolée pour ceux qui attendaient.

Un petit chapitre pas trop long, mais on progresse, hein! J'en dis pas plus, enjoy!

O*O*O*O*O*O*O*O*O

-Sans! Ne traîne pas derrière, il y a plein de boulot par ici!

Undyne, la déesse de la guerre, s'était visiblement déchaînée dans le coin. Papyrus emmenait les âmes des valeureux soldats en chantant, l'air content. Et ils avaient l'air heureux de le suivre. Ça impressionnait toujours Sans de voir à quel point son frère pouvait entraîner les humains dans le monde des Morts, presque sans effort, juste avec quelques mots et un sourire.

"Tu as bien combattu, mais il est temps de partir."

"Tes souffrances sont maintenant terminées."

"Tu pourras finalement rejoindre tes camarades qui sont tombés avant toi."

Sans ne trouvait rien à dire quand il fauchait les âmes. Il était bien trop cynique pour trouver des encouragements. Tout ce qu'il savait faire, c'était de mauvais jeux de mots. Et il se disait que ça ne serait pas vraiment… approprié de dire des jeux de mots à ceux qui allaient mourir. De toute façon une fois de l'autre côté ils ne s'en souviendraient pas.

Il devrait peut-être faire plus de jeux de mots avec Toriel… il aimerait bien la faire rire avec des blagues…

-Encore en train de tâter ce foulard? fit la voix de Papyrus, le sortant de sa rêverie. S'il est trop serré, tu devrais le défaire un peu…

Inconsciemment, Sans avait porté ses mains au mouchoir de Toriel en pensant à elle. Il détourna la tête pour ne pas que Papyrus voie son expression gênée.

Il ne le portait plus au front (c'était un peu embarrassant quand ce n'était pas avec elle!) mais il le gardait autour de son cou, sous ses robes. Mais Papyrus avait vite remarqué le bout de tissu coloré, et Sans avait eu de la difficulté à trouver une explication qui ne pique pas davantage la curiosité de son frère. Il avait répondu, pas très imaginativement, qu'il l'avait simplement trouvé et qu'il l'aimait bien. Mais Papyrus gardait visiblement des soupçons, et Sans se sentait idiot de ne pas avoir mieux réagi. Il était quoi, un adolescent humain? Non, il était un dieu et un squelette qui n'avait même pas l'excuse des hormones pour expliquer ses enfantillages.

Mais il ne pouvait pas s'empêcher de penser à elle. À son sourire. À sa douceur.

Quand pourrait-il retourner la voir…?

O*O*O

Toriel ricanait toute seule en repensant à l'expression de Sans lorsqu'elle lui avait donné le mouchoir. Il était si adorable, quand il cessait d'être morbide! Il avait un bon fond, ce petit. Ce n'était pas de sa faute s'il était la Mort.

Elle s'était agenouillée près de son lac, dont les reflets lui montraient le monde des humains. Elle soupirait en voyant la corruption qui s'y répandait. Comme la guerre. Autrefois, les conflits d'Undyne étaient des combats d'honneur, des conflits où chacun en sortait vivant, où le perdant reconnaissait la force du gagnant. Maintenant c'était à qui tuerait le plus de gens. De beaux jeunes hommes dans la fleur de l'âge qui ne reverraient jamais leurs familles, leurs amantes, leurs amis. Quelle tristesse.

Elle ne voyait pas la Mort parmi cette masse d'humains en armure qui se rentraient dedans, mais sa présence était certaine. Peut-être que si elle se concentrait, si elle cherchait mieux, elle le verrait travailler…

L'eau du lac se brouilla sous l'effet d'un coup de vent. Toriel détourna les yeux. Non, peut-être qu'elle ne voulait pas le voir à l'oeuvre directement. Peut-être qu'elle voulait garder l'image du petit squelette qui lui souriait en la remerciant sincèrement, le mouchoir fleuri autour du crâne.

Et elle se rendait compte qu'elle pensait encore à lui. Elle se disait que c'était normal, qu'elle n'avait pas vu personne directement depuis si longtemps, qu'il était normal d'y penser… de se demander quel prochain cadeau elle pourrait lui faire… si elle pouvait lui faire la cuisine… s'il aimait le chant des oiseaux…

Finalement, elle voulait prendre soin de lui. Elle voulait le garder auprès d'elle un peu plus longtemps. Ne serait-ce qu'une seconde, un instant de plus.

Et ce n'était pas seulement parce qu'elle voulait l'empêcher de faire son travail.

Cette pensée la fit rougir un peu.

Décidément, elle était seule et hors du temps depuis bien trop longtemps.

Un bruit de tissu froissé la fit se retourner brusquement. Justement, quand elle pensait à lui… il était là, son éternel rictus aux lèvres, se laissant flotter dans les airs pour ne pas toucher les fleurs par terre.

-S'lut, Tori.

-Bonjour, Sans. Quel bon vent t'amène?

-J'avais besoin d'une pause. Cette guerre plus loin me tue.

O*O*O

Sans vit avec satisfaction qu'elle laissait échapper un sourire suite à sa blague. Il décida d'en rajouter:

-On peut dire qu'avec cette guerre Undyne n'y va pas de main morte…

Toriel eut un petit sursaut de rire.

-Je crois qu'ils en ont pour un bout ces humains, ajouta-t-il encore, les négociations sont au point mort…

Maintenant elle cachait sa bouche entre ses mains pour se retenir de rire.

-Arrête, dit-elle, tu vas me faire mourir de rire…

Et ils se regardèrent pendant un instant dans les yeux avant d'éclater de rire.

Sans se dit qu'ils avaient fait pas mal de progrès déjà. Si elle pouvait rire du mot "mort", au lieu de se fâcher, c'était vraiment bon signe!

-Est-ce que tu as d'autres jeux de mots comme ça, Sans? demanda Toriel après un moment, en s'essuyant les yeux.

-Oh oui, j'ai toutes sortes de blagues en stock, tu vas voir, elles sont mortelles!

O*O*O

Toriel n'avait jamais autant ri de toute sa longue existence. Sans avait passé des heures à lui faire les pires jeux de mots avec pour thème la mort, et elle en avait même rajouté. Elle se sentait un peu honteuse, elle n'aurait pas dû rire de la mortalité, et pourtant, elle ne pouvait s'en empêcher. C'était tellement idiot!

Ils s'était installés sur un banc de pierre pour y rigoler à leur aise. Toriel se sentait tellement détendue, tellement heureuse. Dans sa solitude, elle avait oublié ce que c'était que de rire. Les animaux qui lui tenaient compagnie ne pouvaient pas vraiment conter de blagues…

Un contact la sortit de sa rêverie. Sans avait posé sa main osseuse sur sa patte. Elle était un peu surprise, mais en ce moment, elle était tellement bien, simplement bien…

-Tu es tellement belle quand tu souris, Toriel. J'aimerais pouvoir emmener ce sourire partout avec moi.

-...Sans?

Il avait l'air aussi surpris qu'elle. Comme s'il ne s'était pas rendu compte qu'il avait lâché ces mots. Il retira sa main, mais elle la reprit de ses deux pattes pour le retenir sur place.

-Je voulais dire… je… un sourire n'a jamais tué personne, hein…

Une teinte bleutée lui montait au visage, et il détournait le regard autant que possible. Elle-même se sentait très rouge. Et un peu confuse.

-Je… je ne peux pas te suivre partout, Sans…

-... je sais.

Il se tourna vers elle, la fixant de la lumière dans ses orbites, l'air toujours aussi gêné… avant de l'entourer de ses bras squelettiques et de se coller contre elle. Une étreinte. Il était en train de la serrer dans ses bras.

Elle hésita un instant, avant de poser aussi ses bras autour de lui. Elle se sentait une affection un peu maternelle pour Sans. Son corps était si petit, si mince sous ses larges robes. Si fragile, et pourtant il la serrait si fort. Son crâne s'était niché sous son menton, et c'était étrangement confortable. Elle ne comprenait pas vraiment ce qui était en train de se passer, mais elle n'avait pas ressenti le contact d'un autre corps contre le sien depuis si longtemps, qu'elle profitait de l'instant, sans trop y penser.

O*O*O

Sans se sentait comme au milieu d'un rêve. Il ne savait pas ce qu'il lui avait pris, mais il avait pris Toriel dans ses bras, et maintenant pour rien au monde il ne l'aurait lâchée. Les grands bras poilus de la déesse l'entouraient, doux et chauds. Il retrouvait enfin cette odeur de fleurs, d'herbes et de ce je-ne-sais-quoi d'animal.

Il n'avait jamais enlacé personne, et personne ne l'avait jamais enlacé non plus. Son frère donnait des calins aux enfants humains malades avant de les emporter, mais Sans n'en avait jamais fait autant. C'étaient des calins mortels de toute façon. Et les autres dieux… il avait toujours gardé ses distances.

Mais Toriel… elle était si belle. Et elle était son secret.

Elle était à lui.

-Sans… tu m'étouffes…

Il la lâcha aussitôt. Sans s'en rendre compte, il serrait de plus en plus fort, et… ah, il se sentait tellement idiot d'avoir gâché ce moment. Il aurait voulu s'en aller, se téléporter au loin comme il le faisait d'habitude quand il était gêné, mais après cette étreinte, il ne voulait pas la quitter.

-J'aimerais pouvoir te suivre, Sans, dit-elle. J'aimerais pouvoir parcourir le monde moi-même. J'aimerais que mes enfants humains puissent me reconnaître. Et… je crois que je pourrais mieux accepter la mort si je voyais vraiment le cycle de la vie tel qu'il est maintenant.

-Non. Reste ici, Toriel.

Elle sourit tristement.

-Je sais. Je ne veux pas que les autres me retrouvent. Je ne veux pas les voir. Ma place n'est plus parmi eux.

Sans ne voulait pas non plus que les autres dieux la retrouvent, pour d'autres raisons cependant… mais il ne dit rien là-dessus. Il dit plutôt:

-Et moi j'aimerais vraiment pouvoir rester ici avec toi pour toujours, Tori. J'ai encore plein de blagues à te conter, plein de sommeil à rattraper. Je pourrais prendre mon temps pour te connaître comme il faut, et je pourrais voir ton sourire à tous les jours.

-Tu étais sérieux quand tu parlais de mon sourire? murmura-t-elle, gênée.

-Mais je ne peux pas rester et nous le savons bien, dit Sans en évitant la question. D'ailleurs il est temps que j'y retourne, je crois!

Il se releva rapidement, et se téléporta avant que Toriel n'ait pu le rattraper de ses mains tendues. Et à regret il se retrouvait à nouveau sur ce champ de bataille sanglant. Après la douceur des bras de Toriel, c'était un dur retour à la réalité.

O*O*O*O*O*O*O*O*O*O

PS: Je suis vraiment nulle pour les jeux de mots, ça m'a pris beaucoup trop de temps pour trouver de quoi de potable. Je refais plus jamais de fic basée sur Sans, merdeuh.