Chapitre 3 : Direction Poudlard

Pétunia adorait cinq choses dans sa vie. Les Potions, la Botanique, l'Université de Salem et surtout, ses deux trésors, la prunelle de ses yeux… Dudley et Harry. Les cinq avaient le même point commun : la Magie.

Autant elle l'avait haï, enfant, autant aujourd'hui, elle l'adorait. Pétunia ne savait pas ce qu'elle ferait sans ses deux enfants et sa plus grande crainte jusqu'à aujourd'hui était qu'Harry prenne de la distance une fois ses secrets révélés… Mais, à sa grande joie, Harry semblait admirablement bien réagir aux révélations qu'elle faisait.

Pétunia avait servi à tout le monde une bonne tasse de thé brûlant, prenant le temps de le préparer selon les goûts de chacun. Sucré pour Dudley, qui avait un petit penchant pour les douceurs, bien noir pour Harry, qui préférait l'amertume et citronné pour elle.

Son fils n'avait pas encore touché au liquide, s'amusant distraitement à faire tourner le thé chaud dans sa tasse. Mais il venait soudain d'arrêter tout mouvement. Il découvrait enfin les secrets de son adoption… Le fils cadet de Pétunia savait parfaitement que ses parents étaient morts, assassinés par un mage noir. Ce qu'il ne savait pas, par contre, c'était qu'il était responsable de la disparition, pendant plus de dix ans, dudit mage noir. Et à première vue, il avait du mal à y croire…

-Comment ça, je l'ai détruit ?! s'étonna Harry.

-Oui, comment ça, Ry l'a détruit ? répéta Dudley en écarquillant les yeux.

Pétunia eut un sourire contrit.

-A vrai dire, je ne sais pas exactement ce qu'il s'est passé. Juste des suppositions… Lily est morte en te protégeant et quelque chose en toi a détruit cet homme. Partiellement, puisqu'il est revenu. Tu t'es pris un Avada Kedavra, mais tu l'as renvoyé à l'expéditeur, récupérant ceci au passage.

Pétunia effleura doucement le front d'Harry et la cicatrice en forme d'éclair, cachée sous les mèches corbeaux. Le jeune homme aux yeux émeraude ne broncha pas au geste doux de sa mère et croisa ses yeux d'un vert plus doux que les siens, mais dont la forme laissait deviner l'appartenance à la même famille.

-Tu disais que les Gobelins avaient détecté quelque chose de mauvais dans cette cicatrice…

-Oui. En revoyant le sort, tu as hérité d'un fragment de l'âme de Voldemort.

-Je vis avec un parasite ? Genre un ténia mental ? s'horrifia Harry en serrant ses bras autour de lui en une vaine protection, un frisson de frayeur nettement perceptible.

-Hey ! Merci pour la comparaison Ry ! râla Dudley en posant sa propre tasse de dégoût alors que Pétunia riait. Ils avaient décidément le don de détendre l'atmosphère par des blagues et des phrases tirées par les cheveux !

-Non, plus maintenant, les rassura-t-elle. Les Gobelins ont des rituels pour exorciser les gens. Dès que j'ai su, j'ai demandé à ce qu'ils fassent le nécessaire. Trois jours après avoir appris ce problème, tu étais débarrassé de ton parasite.

-Un exorcisme ? J'étais possédé ?

-Oui, on peut dire ça, acquiesça Pétunia. Tu avais une connexion mentale forte et une partie de la magie de Voldemort. Mais, même si son morceau d'âme a été détruit, tu as gardé certaines capacités propres à ce Mage Noir, comme ton don pour parler aux serpents ou ta prédisposition pour les Arts Sombres.

-C'est tout ? demanda plaintivement le jeune sorcier. Il avait vécu – certes que quelques mois – avec un parasite mental et c'était plus que suffisant pour lui. Sauf que, connaissant Pétunia, les révélations étaient loin d'être finies…

-Pas vraiment, confirma sa mère. Tu es le sujet d'une prophétie.

-Pitié, gémit Dudley. Pas une prophétie… La dernière fois que tu en as fait une, M'man, Harry a fait exploser la salle de potions !

-Non, je me dois de protester, très cher ! Tu as tenté de trafiquer ma potion, et tu l'as faite exploser ! s'insurgea Harry.

-Parce qu'il a tenté de contourner le destin, dit Pétunia d'une voix doucereuse de mauvais augure en fusillant son fils aîné des yeux. Qu'avais-je dit, mon Dudynouchet ?

-Pitié, M'man, pas ce surnom débile ! s'alarma Dudley. Le surnom était horrible, surtout associé à une Pétunia Evans vraiment pas contente de ses enfants.

-Qu'avais-je dit ? répéta Pétunia plus durement.

-La voie de Cassandre est immuable.

-Effectivement, il s'agit de la première règle de la Divination. On ne peut changer le destin énoncé dans une prophétie. Ce qui est dit doit arriver. Rappelle-moi les deux autres règles maîtresses, mon chéri…

-Chronos règne, Ananké veille, murmura Dudley.

-Le temps peut modifier le futur, mais certains évènements sont fatidiques, compléta Harry. La mort en fait partie.

-Et ?

-La Vue est Sorcière.

-Le troisième œil est plus ou moins développé, mais tous les sorciers le possèdent, ainsi que certains moldus, disposant de faibles perceptions sorcières. L'intuition… Le sixième sens… L'instinct… ce sont tous des manifestations de ce don, acquiesça Pétunia.

-Que dit ma prophétie ? demanda doucement Harry.

Celui qui a le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres approche.

Il naîtra de ceux qui l'ont par trois fois défié, il sera né lorsque mourra le septième mois...

Et le Seigneur des Ténèbres le marquera comme son égal, mais il aura un pouvoir que le Seigneur des Ténèbres ignore...

Et l'un devra mourir de la main de l'autre car aucun ne peut vivre tant que l'autre survit...

Celui qui détient le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres sera né lorsque mourra le septième mois ...

Pétunia avait pris involontairement la voix atone qu'elle avait lorsqu'elle prophétisait quelque chose, arrachant des frissons à chacun de ses fils.

-Lorsque mourra le septième mois… Je suis né, en réalité, le 31 juillet, donc ça correspond, réfléchit posément Harry. Mais je ne devais pas être le seul au monde à être né à cette date !

Harry et Dudley étaient nés à deux dates différentes, mais ils étaient officiellement jumeaux et se considéraient comme tels. Ils fêtaient donc, depuis leur arrivée en Amérique, leur anniversaire le même jour, le 13 juillet. Le juste milieu entre leurs deux dates de naissance.

-Mes parents sont les seuls à avoir défié trois fois Voldemort ? continua-t-il.

-Non. Vous étiez une petite cinquantaine à naître à la fin juillet dans le monde magique anglais, mais seulement cinq le 31. Et les parents du petit Neville Londubat, si j'ai bien compris, ont également eu affaire à ce Mage Noir... James était Auror et membre d'un groupuscule militaire visant à combattre ce Mage Noir, comme Lily et les parents de Neville. Vous étiez tous les deux concernés par la prophétie.

-Londubat… Ce n'est pas ce garçon, dont les journaux ont parlé ? Celui qui a sauvé plusieurs de ses camarades lors de l'attaque de Poudlard ? constata Dudley.

-Si… Je ne sais pas pourquoi cet homme t'a choisi toi, plutôt que Neville. Mais cette cicatrice et ce qu'elle cachait est la seconde partie de la prophétie. Il t'a marqué comme son égal…

-Etant donné que j'avais un morceau de son âme, j'étais lui d'une certaine manière… murmura Harry. Je ne savais pas qu'on pouvait faire des Horcruxes vivants.

-Des Horcruxes ? s'étonna Pétunia.

-J'ai vu ça en Arts Sombres. Pour viser l'immortalité, un sorcier peut scinder son âme en morceaux et la conserver dans un objet magique. Il faut un sacrifice humain… Cela s'appelle un Horcruxe. Il parait que le Ministère actuel en a fait un.

-Arrête de lire la rubrique potins du Sorcerer Times, se moqua Dudley… Plus exactement, une ligne de ton livre d'Arts Sombres évoquait les Horcruxes. Et comme tu es fasciné par la Magie Noire, tu t'es renseigné.

-Ça t'a bien arrangé pour ton devoir sur les possessions en Médic', grogna Harry en fusillant son jumeau de cœur du regard.

Le jeune homme aux yeux gris échangeait à la fin de la journée ses notes de cours avec son jumeau. Cela leur permettait à tous les deux de suivre le programme des matières qu'ils n'avaient pas pris. Dudley avait ainsi lu les fiches de son frère sur les Horcruxes. Harry avait rassemblé plus d'une dizaine de feuilles d'informations et d'extraits de livres sur le thème de la division de l'âme, dont l'interview de James Cumington, l'actuel Ministre américain. Il fallait dire qu'Harry, bien qu'il fût un fainéant né, tout comme son jumeau, ne s'impliquant que le minimum nécessaire dans ses cours, avait un don pour dénicher des informations. Les deux garçons visaient toujours la facilité, sauf dans leurs matières favorites, à savoir la Médicomagie, la Vétomagie et le Combat.

-Bien que le sujet de vos résultats scolaires m'intéresse fortement, les garçons, s'amusa Pétunia qui connaissait parfaitement le manque de motivation de ses enfants pour étudier sérieusement malgré de bonnes notes, j'aimerais revenir à notre discussion initiale une fois de plus.

-Donc, je résume, soupira Harry en retirant ses lunettes pour se frotter les yeux de sa main gantée. J'ai survécu à un sort mortel. J'ai hérité d'un parasite, mais les Gobelins l'ont retiré. Et je suis le sujet d'une prophétie qui dit que je vaincrais cet homme ?

-Et ? demanda Dudley, sentant que son jumeau de cœur voulait rajouter quelque chose.

-Rien… Les anglais sont justes tarés.

-Harry ! le rabroua Pétunia. Nous avons tous les trois la double nationalité.

-Je sais M'man, mais franchement, Voldemort est revenu à la vie quand j'avais douze ans ! Ce type a plus de quarante ans d'expérience en Magie Noire et moi, zéro… quand il a fait son retour ? J'avais juste quatre ans d'apprentissage ! Comment aurais-je pu le détruire ?

-C'est pour ça que Severus nous a aidé à quitter l'Angleterre.

-Oncle Sev' le savait ? s'étonna Dudley.

Oncle Sev… Pétunia devait leur faire promettre de ne jamais l'appeler ainsi devant lui, connaissant le caractère de chien du sorcier... Les deux adultes correspondaient depuis le début, sous couvert du statut d'apprentie, puis de Maîtresse des Potions de Pétunia. Severus avait gardé un œil sur eux de loin, leur communiquant les avancées de la guerre après le retour de Voldemort.

Rogue prenait régulièrement des nouvelles des jumeaux, s'amusant de leurs blagues et s'estimant heureux de ne pas les avoir en cours. Elle ne l'avait pas prévenu de leur arrivée, voulant lui faire une mauvaise surprise. Un sourire narquois s'étira sur les lèvres fines de Pétunia en imaginant la tête du professeur de Potions, quand il les verrait débarquer dans la Grande Salle de son école… Elle se reprit en voyant les regards interrogatifs de ses deux fils.

-C'est Severus, qui a transmis un fragment de la prophétie à Voldemort, quand il était encore un Mangemort.

-Donc c'est lui le responsable de la mort de Lily ? demanda sombrement Harry, les liens se faisant immédiatement dans son esprit.

-Oui.

-Bien, je lui mettrais mon poing dans la figure quand je le verrais.

Dudley et Pétunia regardèrent le jeune homme avec surprise. Le tempérament d'Harry était calme, sauf dans certaines circonstances et cela finissait généralement mal. La dernière fois, Pétunia avait dû aller le chercher dans une cellule du Poste des Aurors de Salem… Il avait jeté un sortilège particulièrement vicieux à un élève qui avait eu le malheur d'insulter sa famille. Dans l'esprit des Evans, la famille était sacrée. Il n'aurait pas dû être aussi calme après cette nouvelle révélation…

Mais Harry se contenta d'hausser les épaules avec désinvolture.

-Je sais qu'il aimait Lily. Il n'aurait jamais cherché à lui faire du mal volontairement. Franchement, il s'est rattrapé depuis, ne serait-ce qu'en nous aidant à quitter l'Angleterre.

Les deux autres Evans l'observèrent puis…

-Je t'adore mon Rynouchet, sourit Pétunia en serrant son fils contre lui.

-M'man, m'appelle pas comme ça ! grogna Harry en essayant d'échapper à l'étreinte de sa mère adoptive. Pétunia rit et raffermit sa prise tout en passant une main dans les cheveux en épis de son cadet.

-Dud, à l'aide ! supplia Harry, à moitié étouffé contre la poitrine de sa mère. M'man joue au strangulot !

-Ah non, débrouille-toi, ricana Dudley avant de couiner quand un bras vengeur l'attira également dans l'étreinte de sa mère.

Pétunia sourit et les embrassa tous les deux, heureuse de voir qu'ils avaient admirablement bien pris cette nouvelle. Elle les relâcha et allait partir dans sa cuisine pour mettre la touche finale au repas du soir, quand Harry l'appela.

-M'man… Est-ce que les anglais savent qu'Harry Severus Evans est Harry James Potter ?

-Non, mon chéri, pas plus que leur Directeur n'a fait le lien entre la moldue anglaise Pétunia Dursley et la sorcière américaine Pétunia Evans.

-Ils ne m'ont pas cherché ?

-Oh si, bien sûr ! Et ils te cherchent toujours, je crois, ricana Pétunia. Mais franchement, Harry Severus Evans a un frère jumeau sorcier du nom de Dudley James Evans. Ils sont nés un 13 juillet, habitent à Salem depuis leur naissance. De plus, je t'ai adopté selon les lois sorcières, donc ta signature magique ressemble plus à Lily qu'à celle de James, contrairement à ta naissance…

-Mais ils ont bien du te chercher, toi. Tu étais sa tutrice, intervint Dudley alors que Pétunia souriait un peu plus, plutôt sinistrement.

-Bien sûr, mais si, pour les moldus, j'ai divorcé et récupéré la garde de mes enfants, pour les sorciers, Pétunia Dursley est morte. Je suis décédée avec mon fils le jour de mon départ du foyer conjugal. Un violent accident de voiture à cause d'un chauffard ivre. J'ai laissé derrière moi un mari, éploré, et un neveu, sorcier. Severus a implanté de faux souvenirs à Vernon après le divorce, avant d'alerter Albus Dumbledore de la disparition d'Harry. Officiellement, Harry Potter a été abandonné devant un orphelinat en plein milieu de la nuit. Personne ne l'a jamais retrouvé.

-M'man… finit par dire Dudley après quelques minutes de silence, alors qu'elle s'était levée pour ranger le thé qu'ils avaient siroté tout en discutant.

-Oui mon chéri ?

-Tu es machiavélique, s'extasia Harry avec émerveillement. Je t'adore !

-Merci, répondit Pétunia en s'inclinant telle une actrice particulièrement fière de sa performance. Mais maintenant, j'ai un repas à finir pour mes deux estomacs sur pattes.

Dudley protesta vivement, tandis qu'Harry redevenait songeur, les yeux fixés dans les flammes vertes typiquement sorcières de la cheminée, bercé par le son familier des ustensiles de cuisine et les voix étouffées des deux autres membres de la famille Evans. Ils le laissèrent quelques minutes ainsi, sachant qu'il avait besoin d'un peu de calme pour assimiler les nouvelles. Pétunia, voyant qu'il ne faisait pas mine de bouger après un certain temps, commença à s'inquiéter.

-Harry, tu vas bien ? demanda-t-elle doucement en s'approchant de lui. Je sais que ce sont des nouvelles un peu brutales, mais si tu as des questions, tu peux les poser…

Elle s'assit à ses côtés et il vint spontanément se serrer contre elle, la surprenant. Ni Harry ni Dudley n'avaient plus cherché le moindre câlin ou réconfort de sa part depuis des années ! Pétunia sourit tendrement et serra son fils avec douceur.

-Que se passe-t-il mon chéri ?

-Qu'arrivera-t-il lorsqu'ils découvriront que je suis Harry Potter, leur pseudo-sauveur ?

Pétunia ne put s'empêcher de rire de bon cœur malgré la peur flagrante de son fils.

-Il n'y a que toi, mon petit Ry, pour être sarcastique en étant aussi inquiet ! Il ne se passera rien, répondit avec sérieux sa mère. Tu leur diras avec ta politesse habituelle d'aller voir ailleurs si tu y es. Ils tempêteront, crieront au scandale, pleureront, et comme toujours, cela ne fera que t'énerver et renforcer ton avis… Tu peux être buté quand tu le veux, tu as ça dans le sang. Les Potter, si j'ai bien compris ce que m'a raconté Lily, sont aussi bornés que les Evans…

-Mais… s'ils essayent de me faire culpabiliser ? S'ils avancent que moi seul puisse le vaincre ? Que je suis responsable de tous les morts car je ne suis pas là depuis son retour ?

-Harry… quelle est la deuxième règle de la Divination ? soupira Pétunia.

-Chronos règne, Ananké veille, murmura le jeune homme. Cela arrivera…

-Oui, mon chéri… quoi que tu fasses, quoi que ce mage noir fasse, quoi que les sorciers anglais fassent, tu finiras par le rencontrer. C'est ton destin, et tes choix n'y changeront rien. Quant à te tenir responsable des morts passés… Tu l'as dit toi-même, qu'aurais-tu fait à l'époque ? Un garçon de douze ans contre un mage noir expérimenté ?

Harry soupira et se nicha un peu plus contre sa mère, cherchant toujours du réconfort. Le fauteuil s'affala soudain à l'arrivée du dernier Evans et Dudley serra son frère et sa mère dans une étreinte rassurante. Ils restèrent quelques secondes immobiles, profitant des présences familières puis Pétunia se pencha pour embrasser le front d'Harry.

-Mais sache, Harry, qu'il faut être deux pour faire une guerre. N'oublie jamais ça… Voldemort est responsable… mais il n'est pas le seul et beaucoup semblent l'oublier.

Sur cette dernière phrase, Pétunia se redressa et Harry en profita pour renverser son frère en un mouvement vif. Il s'assit tranquillement le ventre de Dudley, malgré les protestations de ce dernier, retrouvant son exubérance naturelle.

-Bien, après cette note mélodramatique… c'est que j'ai faim moi ! s'exclama le jeune homme aux yeux verts.

Pétunia rit en regardant ses deux fils partirent en direction de la cuisine, se chamaillant amicalement. Toutefois, son regard était triste. Quoi qu'Harry fasse pour paraître normal, elle savait toujours qu'il doutait… Elle devait donc le détourner de ses pensées sombres et quoi de mieux comme diversion pour des adolescents en pleine croissance qu'un repas de fête ? Car elle leur en avait promis un pour leur nomination dans la Délégation de Poudlard !

Dire que la soirée fut mémorable aurait été un euphémisme. Pétunia réussit parfaitement à distraire ses enfants, et elle-même par la même occasion, de ces questions sombres. Tant les jumeaux que Pétunia étaient euphoriques, pour des raisons différentes, mais le résultat fut le même. A savoir… des rires, des blagues douteuses dont les deux garçons n'étaient pas les seuls responsables – après tout, Pétunia était une Evans et elle leur avait appris la moitié de ce qu'ils savaient ! – mais aussi des histoires tendres et des souvenirs échangés au coin du feu jusqu'à tard dans la nuit…

Pétunia savait que pour ses deux enfants, aller à Poudlard était sympa, une grande aventure en perspective. Ils étaient fiers d'avoir été choisi pour représenter l'UMES et défendre l'école de magie écossaise. Ils étaient heureux de découvrir un autre pays, un pays qui les avait vus naître mais dont ils n'avaient aucun souvenir. Ils étaient curieux de découvrir la différence entre la société américaine moderne et le monde anglais conservateur. Ils étaient avides d'y mettre leur grain de folie caractéristique…

Pour Pétunia, aller à Poudlard représentait beaucoup plus… C'était un retour aux sources. Elle allait remettre les pieds dans un pays qu'elle avait quitté sans un regard en arrière, déterminée à avancer pour ses enfants. Elle allait découvrir enfin la fameuse école de magie en tant que sorcière et non plus au travers les yeux émerveillés de sa sœur. Elle allait pouvoir prouver qu'elle était aussi méritante que Lily…

Mais elle avait aussi très peur… réalisa-t-elle bien plus tard, alors que la petite Délégation de l'Université se pressait autour du Salembus. Car quel autre moyen de transport que le célèbre bus scolaire jaune américain aurait pu conduire les élèves de Salem dans un autre pays ?

C'était bientôt l'heure du départ, leur délégation clôturant l'arrivée des invités du Tournoi des Trois Sorciers. Heureusement pour eux, seulement deux heures de route les attendaient, grâce à un petit cocktail magique alliant sorcellerie et moteur à réaction. Les parents, élèves et professeurs se tenaient tous à côté du véhicule sur le parking du campus. La bonne humeur régnait, d'autant que certains amis étaient venus. Mais certains n'avaient pas le cœur à rire…

Pétunia sentit son ventre se serrer d'angoisse en regardant les dix élèves choisis pour partir en Ecosse. Ils riaient, insouciants, jeunes… Elle trouvait qu'Harry et Dudley étaient magnifiques, dans leurs robes d'un bleu sombre. Elles différaient légèrement de l'uniforme habituel, plus amples et souples, en coton des fées. Leurs robes arboraient fièrement le blason de l'Université de Magie Elémentaire de Salem sur l'arrière, l'immense armoirie brodée sur toute la surface de leur dos. Le dragon semblait vivant, prêt à cracher un jet de flammes sur les ennemis de la connaissance…

Tous les élèves, garçons comme filles, avaient fière allure, songea douloureusement Pétunia. Ils étaient la fine fleur de l'Université, tous des futurs meneurs d'hommes, charismatiques et impressionnants dans leurs vêtements entièrement composés de cuir de dragon, un holster à baguettes sur la hanche et des couteaux de combat fermement fixés à leurs cuisses. Ils étaient beaux et insouciants dans leur uniforme de combat, alors qu'ils partaient dans un monde déchiré par la guerre civile.

-Tout va bien ma chère ?

Pétunia se tourna vers le Directeur Sanders qui l'observait de ses yeux noirs et perçants. Elle secoua doucement la tête, incapable de prononcer le moindre mot.

-Nous partons assurer une mission de protection, vous avez raison d'être inquiète, soupira Octavius en observant les dix jeunes sorciers.

Le vieux mage savait exactement ce qu'éprouvait Pétunia, ce qu'éprouvaient les parents de tous les adolescents présents devant eux. Leurs enfants étaient sublimes dans les tenues de combat de Salem. Il fallait maintenant prier pour qu'elles assurent leur rôle en cas d'attaque et les protègent. Pour qu'à leur retour, ils soient tous les dix vivants et en bonne santé.

La tour du vieux beffroi de l'Université de Salem sonna 16h précise et Octavius Sanders tapa fermement dans ses mains.

-Jeunes gens, mesdames et messieurs les encadrants. Il est l'heure.

Les enfants eurent droit à une dernière embrassade avec leurs proches, des surprises de dernière minute et de petits conseils avant que les quinze américains en partance pour l'Europe ne s'alignent en un rang net devant le bus.

-Vous êtes les représentants de Salem. Soyez exemplaires et profitez-en. Je vous souhaite au nom de toute l'Université un bon voyage et surtout… Revenez-nous en vie.

La dernière phrase du Directeur gela la bonne humeur générale des élèves et ce fut dans un silence respectueux que l'ensemble de la Délégation Officielle de Salem entra dans le car.

L'avant du bus ne se composait pas des habituelles banquettes de deux places des bus de ramassage scolaire, mais de confortables canapés et banquettes autour une table basse. L'ensemble s'organisait de manière à former un large arc de cercle donnant une vue parfaite sur un grand tableau en verre qui était installé derrière le chauffeur. Quant au fond du Salembus, un long couloir ponctué de portes attira immédiatement les regards curieux des dix élèves.

-Hey les p'tits gars, j'm'appelle Maximus, mais contentez-vous d'un Max ! salua un jeune afro-américain aux dreadlocks colorées et souriant alors que tous passaient devant le chauffeur. Dépêchez, ma bonne dame, c'est qu'on a un horaire à respecter !

Une petite rousse franchit vivement les portes, qui se refermèrent immédiatement. Max activa une série de manettes et le bus se mit à ronronner alors que le moteur magique s'activait. Quelques autres leviers et boutons de couleurs vives poussés et le bus trembla quelques secondes, le temps qu'il quitte le sol. Tous se collèrent aux vitres pour observer l'Université devenir de plus en plus petite jusqu'à finalement disparaître loin en contre-bas. Le véhicule continuait à prendre de la hauteur sans le moindre à-coup, se perdant au milieu des nuages puis finalement les dépasser. Une lumière aveuglante illumina le Salembus et Max tira une corde tout en enfilant une paire de lunettes de soleil. Les vitres se teintèrent pour diminuer la luminosité et…

-C'est parti ! s'exclama le conducteur en appuyant sur l'accélérateur.

Tous sentirent la prise soudaine de vitesse leur chatouiller l'estomac avant que les nuages sous eux ne se mettent à défiler.

-Asseyez-vous, annonça d'une voix calme et professorale Pétunia, tandis que les accompagnateurs s'installaient pour faire face aux élèves. Une fois tout le monde confortablement assis, la professeure de Combat Magique, elle aussi vêtue de l'uniforme de Salem, se plaça à la droite du tableau de verre.

-Avant toute chose, sachez que ce bus sera notre lieu de résidence pour l'année à venir. Cette pièce, dit-elle en désignant les canapés et le tableau, sera notre salle de réunion. L'ensemble du véhicule est à l'abri des regards et des oreilles indiscrètes, et sera sous Fidelitas dès notre arrivée à Poudlard avec le campement des délégations. Les murs du fond s'ouvrent à la devise de l'UMES et de votre empreinte magique. Vous y trouverez des armes moldues et magiques.

-Des fusils ? demanda Aurélius Septeney, un grand brun mince et pâle, aux traits aristocratiques. Il était un des meilleurs tireurs de sorts de l'école, spécialisé dans les sorts à distance, avec Mélusine Odiwells, une petite rousse à première vue inoffensive.

-Nous avons prévu deux M107 pour toi et Odiwells, acquiesça le directeur adjoint. Ainsi que des armes de poing pour les autres : Beretta et SIG.

-Et quels types d'armes magiques ? demanda David Hodman, le Capitaine de l'équipe de Quidditch.

-Nous avons des bâtons de combat et des lames magiques de différents types. Vous pourrez jeter un coup d'œil à tout ça par la suite, soupira Pétunia qui n'était pas une grande amatrice d'armes, quelques qu'elles soient, même si elle connaissait sur le bout des doigts l'ensemble de la panoplie des potions de combat.

-Vous trouverez aussi quelques lots de potions explosives offertes par notre chère collègue, dit avec lassitude le professeur de Médicomagie, tout aussi porté sur les armes que Pétunia.

-Pour en revenir à notre maison pour l'année. Le reste du bus se compose de chambres de deux. Les paires sont à votre convenance, mais non mixtes. Chaque chambre a sa salle de bain indépendante et vous êtes autorisé à personnaliser vos appartements. Les sorts d'agrandissement sont également permis mais vous les placerez sous notre surveillance.

-Il y a également une cuisine et une salle de repos libre d'accès, compléta Lessaule. Maintenant passons aux choses sérieuses.

Querlting, le directeur-adjoint, agita sa baguette magique et des dossiers épais apparurent devant chaque personne présente.

-Il s'agit d'une synthèse sur les élèves et professeurs de Poudlard et des invités pour l'année. Vous y trouverez tout ce que les services gouvernementaux ont pu trouver sur eux depuis un mois. Je vous conseille de le lire dans la semaine, indiqua calmement Helen Whitefield, une vieille femme aux cheveux blancs, membre du conseil d'administration de l'UMES et accessoirement ancienne espionne de la CSIA, branche sorcière de la célèbre CIA américaine.

-Mais pour le peu de temps qui nous reste avant d'arriver à Poudlard, nous allons évoquer quelques points particuliers.

Lessaule tapota du bout des doigts le large panneau de verre, qui brilla brièvement avant de laisser apparaître sept blasons et autant de portraits.

-Voici les sept écoles ayant répondu présentes, avec les directeurs associés. Ils sont tous du voyage, sauf le nôtre. Sanders se trouve trop âgé pour voyager… Pouvez-vous me dire de quelles écoles il s'agit ? Blackreed ?

-Le blason à tête de loup représente l'école de Scalia, une école italienne. Leurs élèves sont connus pour faire de bons aurors ou mercenaires à la fin de leur cursus, répondit un jeune homme petit mais puissamment bâti.

-Exactement. Ils considèrent cette opportunité comme un stage grandeur réelle. Leur directeur est un ancien tueur à gages jamais inculpé…

Tout le monde entendit le « malheureusement » informulé du professeur de combat alors qu'elle fixait sombrement le visage, pourtant avenant, d'un homme d'une quarantaine d'années.

-Le blason du phœnix à deux têtes est l'école de Durmstrang, en Biélorussie, annonça tranquillement Harry. Ils sont spécialisés dans la Magie Noire et Karkaroff est un ancien Mangemort. C'est d'ailleurs surprenant qu'il soit encore en vie si l'on considère qu'il a trahi Voldemort en 1982.

-D'après les renseignements nationaux, il n'a jamais quitté la sécurité de son école depuis le retour de ce Mage Noir… sauf pour aller à Poudlard, indiqua Whitefield. Un contrat existe sur sa tête, assez conséquent. Il a raison de se méfier.

Harry hocha la tête. A ses côtés, Leania Welson, son alpha préférée, pointa un blason floral tout en arabesques avec un air dégoûté.

-Le truc bleu et or plein de fleurs et de froufrous est l'emblème de Beaubâtons. Ecole féminine française dirigée par une demi-géante du nom d'Olympe Maxime. La fine fleur de l'aristocratie européenne en sort. Une sorte de pensionnat pour jeunes filles de bonne famille.

-Je n'aurais pas présenté cela ainsi mais ce n'est pas entièrement faux. Toutefois, les filles acceptées sont toutes très intelligentes et sont d'excellentes gestionnaires dans tous les domaines. Durmstrang et Beaubatons sont les deux écoles avec Poudlard en lice pour le Trophée, compléta Lessaule.

-Shokuran Gokusen est un collège japonais, dit Chistina Garren, une jeune fille rousse aux cheveux courts et aux yeux bleus pétillants en désignant une branche de cerisiers en fleur sur un fond stylisé représentant des vagues.

-Les élèves suivent l'ancien code des sorciers japonais. Hiro Hiita, leur directeur, est un Gardien des Traditions.

-C'est-à-dire ? demanda Dudley, aussi intrigué que la plupart des élèves de la délégation.

-Un sorcier ayant les connaissances des anciennes cultures et qui a pour mission de les transmettre aux générations futures, expliqua Julius Blackreed. Ils ont généralement deux à trois apprentis en formation pendant une dizaine d'années. Ce sont les sages de la culture asiatique.

-En effet. Il faut que vous sachiez que pour les japonais, l'honneur est sacré. Ce sont de redoutables duellistes, très doués dans l'Art de l'Illusion, une spécialité très en vogue chez leurs ancêtres ninjas. Ne vous amusez pas à les ridiculiser par des blagues innocentes qu'ils pourraient mal prendre, dit Lessaule en fixant plus particulièrement les jumeaux Evans.

Les deux concernés hochèrent la tête avec sérieux.

-Bien, quelqu'un peut me dire à quelle école correspond le blason suivant ? reprit Lessaule en indiquant un des deux derniers emblèmes.

-Les armoiries aux couleurs vives correspondent à l'Université Internationale d'Afrique du Sud, annonça Mélusine Odiwells. Leur directeur, Zwula Mzolomanwi, a été une des figures emblématiques de la lutte contre l'Apartheid. L'Université se situe à Johannesburg, à la limite de Soweto, un des principaux quartiers noirs. Bien que l'Apartheid ait pris fin il y a trois ans, les sorciers sont en majorité des locaux et viennent de toute la partie sud du continent africain.

-Des « locaux » ? Plutôt policé comme expression, dit sarcastiquement Deborah, une jeune afro-américaine à l'accent jamaïcain marqué et aux longs cheveux tressés. Mais c'est vrai que les sorciers blancs en Afrique sont rares. La magie ne leur correspond pas. Trop sauvage, ésotérique.

Il suffisait de voir les tatouages et scarifications traditionnelles sur le visage du Directeur de l'Université d'Afrique du Sud pour comprendre qu'il y avait effectivement un fossé important entre la magie occidentale et la magie tribale africaine. La photo de Mzolomanwi laissait deviner la puissance contenue dans les cicatrices rituelles, donnant un air sauvage au visage anguleux.

-Les rituels tribaux ont un impact très important en Europe, vu qu'ils sont méconnus et souvent dépréciés. Ils seront de redoutables alliés ! affirma David Hodman.

-C'est vrai que les sorciers anglais ne sont pas adeptes des tatouages ou de la magique antique, songea à haute voix Christopher Bleeck. Par contre, quelques américains en ont… Evans, tu as bien des marques runiques, non ?

-Toute l'école est au courant, répondit Harry en grimaçant sous le mauvais souvenir.

La première fois qu'ils avaient été dévoilés, les tatouages sur ses épaules avaient fait les choux gras pendant plusieurs semaines. Harry avait eu un sévère accident de Quidditch à la fin de la dernière saison. Les infirmiers avaient dû intervenir en plein milieu du terrain sur les deux attrapeurs. Ils étaient entrés en collision à une vitesse folle avant de tomber en chute libre, quasiment inconscients, sur plusieurs dizaines de mètres. Les deux avaient manqués de mourir et seule l'intervention du directeur de l'UMES, en ralentissant leur chute sans pour autant l'arrêter, ainsi que l'arrivée rapide des médicomages sur le terrain leur avait sauvé la vie. Et Pétunia s'en souvenait parfaitement, à la vue de son visage sombre.

-Bien… quelqu'un peut-il me donner la signification du dernier blason ? demanda Lessaule.

-Le chameau est le symbole de l'Université des pays arabiques d'Assouan. Ça va leur faire bizarre, à tous ces sorciers anglais coincés et hautains de voir débarquer des africains et asiatiques, ricana Deborah Enstington.

-Si on ne sait pas grand-chose sur leur directeur, un certain Hakim BenMalik, je peux vous dire que la Magie Elémentaire d'Assouan est très puissante. Vent et feu, principalement. Pour répondre à ton commentaire, Deborah, il faut savoir que le racisme anglais n'est pas principalement lié à la couleur de peau, mais plutôt à la pureté du sang.

-D'où la présence de Voldemort… marmonna Harry.

-Oui. J'espère que vous vous êtes tous renseignés sur la guerre civile actuelle, soupira le médicomage.

Les dix élèves hochèrent simultanément la tête. Oui, ils avaient tous pris le temps de lire les journaux et les comptes rendus détaillés des différentes organisations combattantes, quels étaient leurs alliés et leurs ennemis, leurs idéologies et motivations… Les trois principaux acteurs étaient les Mangemorts, organisation dont la structure exacte restait méconnue, tout comme celle de l'Ordre du Phénix, la seconde principale force du conflit. Le troisième était le Ministère anglais, mais il avait du mal à se démarquer de l'Ordre du Phénix, qui apparaissait comme le principal opposant à Voldemort…

-Bien. Nous allons arriver dans un pays en guerre civile. L'école de Poudlard se veut neutre et accueille tous les enfants, quelles que soient leurs origines de sang et l'orientation déclarée de leurs parents. Le fait qu'Albus Dumbledore soit également le leader de l'Ordre du Phénix pourrait éventuellement poser des problèmes à terme… Pour faire simple, on y trouve dans un joyeux mélange des Mangemorts, des Phénix, des traitres, des espions, des sang-purs, des cracmols… et au milieu de tout ce beau monde, on va avoir trois catégories qui vont se détacher. Les neutres, des familles qui ne prennent pas partie dans la guerre. Elles sont rares et particulièrement isolées, si j'en crois les rumeurs. Les invités, dont nous faisons partis, garants du bon déroulement du Tournoi et...

-Et ? demanda Léonia.

-Harry Potter, soupira Lessaule.

Harry gémit en laissant tomber lourdement sa tête sur la table basse.

-J'ai pas signé pour ça, gémit-il. J'ai signé pour Harry Evans !

-Attendez… Evans est Harry Potter ?

-Oui, soupira Whitefield. Nous sommes désolés Evans, mais le Directeur pense que tu ne tiendras pas une semaine. Tu ressembles trop à ton père pour que les anglais se fassent berner longtemps.

-Je suis neutre dans leur putain de conflit ! Ça ne me concerne pas… bon d'accord, reprit Harry en voyant les regards de ses professeurs, ça me concerne un peu mais…

-Harry… soupira Pétunia en le coupant dans sa tirade véhémente.

Ils avaient eu cette discussion pour la prophétie, mais aussi sur son statut de noble anglais. Harry était concerné par la situation en Angleterre.

En tant que dernier Potter, son statut lui donnait droit à un siège à l'Assemblée Dirigeante du Ministère. Harry avait ainsi eu droit à plusieurs cours sous la tutelle des Gobelins, et cela dès ses dix ans. Ces cours avaient choqué de nombreux sorciers américains qui conservaient une méfiance importante envers les créatures magiques depuis la Grande Guerre Magique, qui avait eu lieu en même temps que la Guerre de Sécession. Les Créatures Magiques avaient demandé la reconnaissance de leurs droits au même statut que les sorciers et non plus que sous-races et l'avaient obtenue, après de nombreux morts des deux côtés.

Malgré ces tensions, Pétunia avait choisi les Gobelins pour les cours de finances afin qu'Harry apprenne à gérer son patrimoine. La banque sorcière avait accepté immédiatement, préférant laisser une fortune aussi importante dans les mains d'un sorcier capable à sa majorité.

Harry avait donc appris à cet âge qu'il était le dernier Lord d'une vieille lignée anglaise, avec toutes les obligations qui en découlaient et sous la demande de sa mère, les Gobelins avaient également assuré des cours d'étiquette sorcière anglaise et des cours de politique. Bien qu'Harry s'en défende, haïssant littéralement ces devoirs nobiliaires, il était devenu, à quatorze ans, un excellent gestionnaire et un bon politicien.

-Je buterais le premier anglais qui m'appelle Potter, ronchonna Harry.

-Non Evans, intervint Aurélius. Si jamais ils t'appellent Potter, comporte-toi comme le Lord que tu es et montre leur que les américains savent se tenir !


... pfuu ! Chapitre 3 fini ! J'ose penser que ça vous plait toujours et pars m'atteler immédiatement au chapitre suivant ^^

Juste en précision, Chronos est le dieu du temps dans la mythologie grecque et Ananké est sa femme, déesse de la destinée et de la fatalité.

Silencieuse : Oui, je sais que voir Dudley et Pétunia en sorciers peut choqué un peu ^^ mais merci pour ta review ! J'espère que la suite te plaira tout autant !

Nyx : Coucou ! Déjà accro oO ? Et bien, merci pour ton élan d'enthousiasme, comme tu l'as si bien dis ! et oui, tu auras des discussions Severus/Pétunia ;)