Chapitre 4
I see you...
C'était fou comment les gens pouvaient être influençables. Ils sont capables de croire des choses sans s'efforcer de déceler la vérité. Les jours avaient passé et pas une minute ne s'était écoulée sans une remarque quelconque et désobligeante envers Harry. Jaloux… oui, ils l'étaient tous et certains prenaient un malin plaisir d'utiliser la situation pour déchainer leur haine contre mon ami… Et moi, dans tout ça, je n'arrivais pas à l'aider. Un jour arriva où tout ce qui se passa fut de trop. J'aperçus Harry lorsqu'il bouscula des élèves qui portaient l'affreux badge « Potter pue ». Il voulait parler à Diggory qui était assis au milieu de ses potes qui huaient heureux « Potter, tu pues ! ». J'aurais pu les frapper… Je savais ce qu'Harry voulait faire. Il était tellement gentil et pensait aux autres, lui au moins. Lorsqu' Harry continua son chemin, je croisai le regard de Diggory et en profitai pour lui lancer un regard noir. Il détourna les yeux. Bien fait pour lui ! Il était beaucoup trop occupé à entretenir sa réputation et faisait tout pour qu'elle ne sombre pas dans les abysses. J'observai Harry avoir une altercation avec Ron. Je me demandai quand Ron allait enfin comprendre qu'il agissait comme un parfait imbécile et que, lui, n'aurait eu aucune chance de survivre une seule minute dans ce tournoi. Il aurait dû plutôt être heureux de ne pas devoir y participer. Mais ces garçons avec leur manie de faire le concours de « celui qui fera pipi le plus loin ». Je voulus rejoindre Harry lorsque Malefoy l'amorça. Celui-là… il n'en perdait jamais une ! J'en avais sérieusement marre de ces querelles d'enfant qui m'entouraient. Je voulus dire à Harry de faire attention lorsque ce dernier se dirigeait vers moi et que Malefoy sortit sa baguette rageusement. Mais le professeur Fol'Oeil fut plus rapide et Drago fut transformé en une fouine blanche. J'étouffai un cri de surprise et courus vers le professeur qui s'acharnait sur un imbécile qui le méritait… Non! C'était un élève comme tout le monde ! Harry riait aux éclats. J'avouai. C'était marrant de voir Malefoy réduit à un état si pitoyable.
- Professeur, arrêtez ! Vous n'avez pas le droit !
Il me regarda et comme si je n'avais rien dit, continua son manège. Les élèves qui s'étaient approchés riaient tandis que les amis de Malefoy couinaient comme des souris effrayées. Déterminée, je me postai entre le professeur et le pauvre Malefoy (ou devrais je plutôt dire le pauvre animal effrayé), aggripai le pelage blanc de la fouine et la hissai pour la réfugier entre mes bras. C'est ainsi que je m'en allai sous le regard ahuri de tous ceux qui étaient sur place. Malefoy (bête comme il était) essaya de s'échapper de mon étreinte mais pour toute réponse, je le serrai plus fort contre ma poitrine ce qui lui fit lâcher un petit gémissement. Je n'aurai su dire comment l'interpréter mais avec un sourire au coin, je lui dis doucement:
- Drago, à ta place, je ne me plaindrais pas. Sens-toi plutôt honoré car c'est d'une place privilégiée dont tu profites en ce moment.
Il arrêta soudainement de bouger. Je ris et le regardai.
- Tu es bien plus docile en fouine qu'en sorcier.
Les yeux noirs du petit animal s'obscurcirent. Je l'avais vexé. Heureuse de mon petit triomphe, je souris. - Allez, je vais t'amener chez McGonagall. Elle saura quoi faire…
Je me dirigeai en silence vers le bureau de ma directrice de maison.
- Malefoy… pour qu'il n'y aille pas de malentendu, ironisai-je. Je ne fais pas cela par compassion pour toi mais plutôt parce que j'ai pitié d'un petit animal sans défense.
J'accompagnai mes paroles d'un petit rire. Je ne pensais pas entièrement ce que j'avais dit mais je voulais qu'il se sente à l'aise par rapport à la situation. En réponse à ce que je venais de dire, il me mordit gentiment le doigt. Je le regardai et caressai son museau de mon index. Je murmurai:
- Vilain garçon.
Les babines de l'animal s'étirèrent. Il souriait… enfin c'était ce que j'en déduisis. Arrivés devant la porte du bureau du professeur de métamorphose, je frappai trois fois et la porte s'ouvrit sur le visage sévère de la vieille femme.
- Que voulez-vous, mademoiselle Leana ?
Ses yeux se baissèrent sur l'animal lové contre ma poitrine et un de ses sourcils se leva.
- Oui, commençai-je. Nous avons eu un petit problème.
- Lequel ? demanda-t-elle soudain inquiète. Venez-en aux faits.
- Voyez-vous, dis-je lentement en appuyant sur chaque mot, un sourire aux lèvres. Il se trouve que j'ai ici monsieur Drago Malefoy. C'est le professeur Fol'Oeil qui…
- Donnez-le-moi, dit-elle vivement en le prenant par le peau du cou avant de le poser à terre. Il n'avait aucun droit de faire cela ! J'espère que Dumbledore ne laissera pas passer une chose… si absurde ! C'est pourtant interdit !
Je me sentis obligé d'intervenir dans son monologue.
- Madame, il serait peut-être préférable que vous vous calmiez. J'ai sauvé monsieur Malefoy à temps des griffes du professeur Fol'Oeil et il se porte très bien, soyez-en rassurée.
J'avais quelque peu exagéré sur mes propos car je n'avais jamais vu McGonagall perdre son sang-froid. Cela était effectivement inquiétant. Il suffit d'un coup de baguette expert pour que Malefoy reprenne sa forme originelle. On pouvait voir que le professeur bouillonnait de l'intérieur.
- Excusez-moi, je vais aller de ce pas trouver le professeur Dumbledore.
Elle s'en alla nous laissant seuls. Je n'osais pas regarder l'expression du visage qu'il avait. Je redoutais son masque de froideur.
- Tu aurais pu la remercier tout de même, le réprimandai-je.
Ma réplique fut accueillie par un silence. Après quelques secondes, il soupira.
- Tu devrais savoir que cela ne me ressemble pas.
Je voulus répliquer mais rien ne me vint à l'esprit. Je sentis sa présence toute proche de moi. Je levai les yeux et aperçus son léger sourire. En me frôlant, il me murmura tout bas:
- Et je ne pourrais pas dire que je ne regrette pas déjà de ne plus être entre tes bras.
Ainsi, il partit me laissant perplexe. Je ne l'avais jamais vu comme cela et je n'aurais jamais imaginer qu'il puisse être si…si…sensuel. Je rougis. Par Merlin, Drago Malefoy me faisait rougir et moi, innocente, je l'avais serré contre mes seins sans arrières-pensées ! Mes joues me brûlaient. Comment avais-je pus être si naïve ? Comment avais-je pu croire un seul instant que Drago Malefoy était encore un petit garçon ? J'étais gênée et vexée… vexée par moi-même, ma gentillesse et mon innocence.
- Leana !
Je sursautai, extirpée de force de mes ruminations internes. C'était Harry et il me regardait le regard sombre.
- Pourquoi est-ce que tu as fait ça ? Il le méritait amplement Leana ! Tu ne comprends pas cela ?!
Je répliquai calmement:
-Harry… C'est un élève et les professeurs n'ont pas le droit d'utiliser la métamorphose comme punition.
Je voyais qu'il voulait ajouter quelque chose mais je fus plus rapide.
- Harry… Malefoy est un élève comme nous. C'est peut-être un parfait imbécile mais il reste humain. Il se sent même si faible et inférieur qu'il est obligé de faire du mal aux autres pour s'affirmer. Ces querelles, Harry, elles sont insensées et bêtes. En plus, ça affligent tout le monde. Si tu n'arrives pas à cesser ces hostilités alors ignore-le tout bonnement et peut-être qu'il cessera…un peu… peut-être. Harry, reste le bon et ne penche pas du côté mauvais.
Son regard s'adoucit et il parut soudainement affligé. Mes paroles l'avaient touché visiblement car il dit:
- Tu as sûrement raison enfin je l'espère sincèrement. Bon… je te laisse. Je dois aller parler au professeur Fol'Oeil pour la première tâche, précisa-t-il.
Et voilà, j'étais à nouveau seule et abandonnée dans un couloir. Mon mauvais pressentiment était revenu. Pourquoi est-ce que Harry faisait autant confiance à Fol'Oeil ? C'était un auror, bien entendu, mais il n'inspirait en aucun cas confiance.
La première tâche arriva sous peu et je crois que la difficulté et la violence de celle qui s'offrit à nous laissa beaucoup de gens perplexes. Ron s'excusa pour son comportement de parfait imbécile. Harry et lui étaient à nouveau inséparables. Il y avait pour eux à présent bien plus grand, bien plus dangereux et bien plus terrifiant qu'une tâche quelconque. Ils appréhendaient les deux une chose encore plus même qu'un cours avec Rogue; le bal de Noël.
Je devais dire que ce bal m'agaçait beaucoup aussi mais pas pour là même raison. Cela me fatiguait de devoir décliner les demandes et anéantir ainsi les espoirs de chaque garçon qui venait me voir. Fleur Delacour était peut-être la fille la plus populaire mais j'aurai pu dire sans aucune honte que je l'égalais presque.
J'étais assise sur un banc en train d'essayer d'assimiler ma théorie sur les enchantements (qui me passionnait le plus car c'était la magie qui ressemblait le plus à la mienne) lorsqu'un énième garçon vint me demander de l'accompagner au bal et pour la énième fois, je mentis. Il s'en alla donc penaud et déçu. Je voulus me plonger à nouveau dans ma lecture mais je croisai son regard amusé. Appuyé contre le mur de l'embrasure, Malefoy m'observait le regard rieur. Il fit un pas dans ma direction. Non ! Il ne voulait quand même pas tenter sa chance. Non… jamais, il ne se rabaisserait à ce genre de choses. Non ! Il voulait juste se moquer de moi, j'en étais sûre.
-Salut, dit alors une voix enjouée à côté de moi.
Malefoy s'était arrêté et son regard s'obscurcit. Je me tournai vers mon interlocuteur. C'était Diggory.
-Salut, soufflai-je sortie de mes réflexions. Heureuse que tu ais survécu à la première tâche.
Il rit de bon coeur.
- Oui, j'en suis heureux aussi. Par contre je ne suis pas encore sorti de cette galère.
Je souris chaleureusement en hochant la tête de façon affirmative et pensive. Mon regard glissa à l'endroit d'où il avait été détourné par l'arrivée de Cédric. Il n'était plus là. Quelques secondes d'inattention avaient suffi pour qu'il disparaisse tel un mirage.
- Tu songes à ton prince charmant ?
Je rougis gênée.
- Quoi ? No…non, balbutiai-je.
Il explosa de rire.
- Ah oui, dit-il avec un clin d'oeil. Je vois ça.
Il inventait tellement n'importe quoi. Moi… un prince charmant, je pensais pas non. Mais je ne pouvais pas lui en vouloir car il avait par là juste voulu être sympathique.
- Chaque fille est à la recherche de son prince charmant, avouai-je sagement, tout au long de sa vie. « Sauf moi, bien entendu, pensai-je ». - Tu n'as toujours pas de cavalier pour le bal ? demanda-t-il intéressé.
Je décidai alors d'être sincère avec lui.
- Je ne suis pas pressée… Je trouverai bien mon cavalier au temps venu.
Il me sourit comme un père sourirait à sa fille.
- Et toi, demandai-je vivement. Tu y vas avec qui ?
Je redoutais la réponse car je ne voulais pas qu'il me demande de l'accompagner. Pour la première fois, je n'aurais pas été aussi certaine de ma réponse qu'avec les précédents garçons.
- J'y vais avec Cho Chang.
Je lâchai un soupir de soulagement laissant sortir toute l'air que j'avais retenu dans mes poumons dans l'attente de sa réponse. Tout cela avant de me dire qu'il y en avait un qui sera très déçu: Harry.
- Je suis désolé pour ce qui s'est passé avec Harry. Les gens sont vraiment influençables et je dois dire que je ne suis pas mieux.
Je restai perplexe face à cette confidence. Premièrement, il résonnait comme moi et deuxièmement, il était capable de se remettre en question. Qualité que j'appréciais beaucoup. Je posai ma main de manière fraternelle sur son bras.
- T'inquiète pas, même son meilleur ami s'est laissé emporté par le troupeau de mouton, avouai-je.
Il rit de ma comparaison. Cédric était quelqu'un de fort sympathique. Il était tout le contraire de compliqué et était loyal. Sa présence était apaisante et j'étais vraiment heureuse d'avoir fait sa connaissance.
Le professeur McGonagall avait organisé, ensemble avec Rogue, une petite séance d'introduction à la danse à deux (comme ils l'avaient appelés) et, bien entendu, pour rendre la chose encore plus passionnante, ils avaient décidé opportun de réunir leurs maisons. En effet, nous arrivâmes, Harry, Ron, Hermione et moi, dans une salle vide de meubles mais remplie de 4ème et 5ème années de Gryffondor et de Serpentard qui s'étaient déjà, bien sûr, divisés en deux groupes distincts; les uns à gauche, les autres à droite. Aucun rouge ne discutait avec un vert et inversement. C'était désolant ! J'aurais pu me frapper la tête contre une table tant cela était pathétique. On m'appela. C'étaient les jumeaux. Nous les rejoignîmes. Ils avaient l'air tout excités.
- Hey, dit Fred joyeux. Leana, voudrais-tu me faire l'honneur de m'accorder cette danse ?
Il accompagna sa demande d'une révérence. Je souris amusée.
- Fred, relève-toi. Tu risques de te faire une crampe au dos.
Je lui tirai la langue et il me planta son poing gentiment dans mon bras. J'avais réveillé la bonne humeur de mes amis. Ils riaient. Mais Fred nous ramena au sérieux en me demandant:
- Leana, tu ne voudrais pas chanter au bal ?
Tout le monde acquiesça. Ma bouche quant à elle formait un 0.
- Ce serait une excellente idée, s'émerveilla Ron. Tu aimes…
- Je n'aime pas chanter en public, le coupai-je.
- Mais tu sais te donner en spectacle, m'avoua Hermione.
- Je veux bien te l'apprendre, dis-je agacée.
- Mais oui ! dit Georges rêveur. Faites un strip-tease.
- Dans tes rêves ! lançâmes Hermione et moi en coeur.
- C'est bon, voulut apaiser Fred. On pensait juste que ce serait sympa.
J'avouai. J'aimais chanter et cela faisait longtemps que je ne l'avais pas fait en y mettant tout mon coeur. - Peut-être que…
Je fus coupée par Rogue.
- Silence ! Et monsieur Finnigan, arrêtez donc de regarder mademoiselle Leana avec ses yeux de chien affamé !
Un rire collectif résonna dans la salle. J'observai Seamus qui avait baissé la tête gêné. Le pauvre ! Rogue était donc vraiment obligé d'user de son pouvoir pour s'acharner sur les élèves. Il était frustré. Ça se voyait à des kilomètres mais qu'avait donc été le déclencheur de cette frustration ? Ça, mystère…
Après avoir ordonné le silence complet, Rogue reprit la parole:
- Comme vous le savez déjà ce Noël aura lieu un bal et nous avons pensé qu'il serait important de vous apprendre quelque base de la danse…
Il lança un regard mauvais en direction de Harry et de Ron.
- Afin d'éviter toutes maladresses qui blâmeraient notre école devant les plus prestigieuses du monde.
Je ricanai. Il se souciait donc tant de l'image de notre école. Surprenant ! Minerva McGonagall s'approcha de son collègue et lui posa une main sur le bras avant de prendre la parole.
- J'aimerai que tous les élèves qui connaissent et maîtrisent les bases de la valse lèvent la main.
Quelques unes commencèrent à se lever. Il y en avait moins que j'aurai pensé. Mes amis, à part Hermione qui faisait flotter au-dessus d'elle timidement sa main, ne savaient apparemment pas danser. Je soupirai et tendit mon bras. Je regardai en face de moi et vis ses cheveux blonds. Ses yeux gris fixaient ma main levée. Je le vis avaler sa salive rageusement. Je levai les yeux au ciel de façon blasée. Qu'il était agaçant celui-là ! Je ne l'avais plus vu depuis le jour où j'avais cru qu'il avait tenté de me parler et je devais dire que je m'en portais très bien. Je pensai à son souffle contre mon oreille et frissonnai. Je secouai la tête. Pourquoi est-ce que je pensais à cela maintenant ?
- Mademoiselle Leana ?
Tout le monde me fixait. Le regard interrogateur de McGonagall me fit déduire que j'étais partie un petit moment dans un autre monde. Le monde du souffle de Malefoy contre mon oreille…super ! Je soupirai.
- Excusez-moi professeur, j'étais ailleurs.
Je regardai autour de moi. Quelques filles de Serpentard se moquaient de moi et Drago s'était levé pour rejoindre le professeur Rogue. Une question trotta dans ma tête: pourquoi ?
- Mademoiselle Leana, nous voudrions que vous montriez à vos camarades comment danser la valse de manière correct.
Je souris.
- Mais il n'y a pas souci, avec plais…
- Avec monsieur Malefoy.
Mon menton tomba par terre. J'entendis Fred ricaner derrière moi et je lui lançai un regard noir en réponse. Qu'avais-je donc fait à Merlin pour mériter une absurdité de la sorte ? Je regardai le professeur Rogue qui me fixait avec un sourire au coin. Quel homme diabolique ! Malefoy, lui, était, comme à son habitude, impassible. Visiblement, mon avis n'était pas le bienvenu. Je regardai mes pieds et me levai pour avancer vers le centre de la salle. Je croisai le professeur Rogue qui me glissa:
- Toutes mes félicitations, mademoiselle Leana.
Je répondis de façon enjôleuse à sa moquerie.
- J'aurai été plus heureuse de danser avec vous, professeur.
Je le sentis se crisper. Je souris. Il voulait se moquer de moi et bah… je n'allais pas lui rendre la tâche plus facile. Je m'approchai de Malefoy. J'étais contente de ne pas être beaucoup plus petite que lui. Je pouvais ainsi essayer de déceler au mieux dans ses yeux ce qui se passait dans son profond intérieur. Il en avait un. J'en étais persuadée bien que les autres et son comportement essayaient de me dissuader du contraire. Il me fit la révérence en galant homme.
- Voulez-vous bien m'accorder cette danse, mademoiselle Leana, me demanda-t-il poliment mais avec un sourire narquois aux lèvres.
Je me baissai légèrement en répliquant.
- Et bien, comme je n'ai pas le choix, oui pourquoi pas.
Je devais avouer qu'il connaissait les règles de la danse de salon. Il me prit par la taille. Je posai ma main droite sur son épaule tandis que nos mains gauches s'entrelacèrent.
- J'espère pour toi que tu ne vas pas me ridiculiser, dit-il sur un ton mauvais.
- T'inquiète pas, si une chose pareille devait se passer, me moquai-je, alors ce sera que de ta faute.
La musique commença et notre danse aussi. Le professeur McGonagall expliquait aux autres nos pas et nos mouvements. Je le regardai dans les yeux. Ils étaient beaux, d'un gris-bleu indescriptible. Je sortis de ma torpeur lorsque Malefoy me fit un clin d'oeil enjôleur.
- Je suis beau, n'est-ce pas ?
Mon visage se tordit de dégoût. Qu'il était imbu de lui-même!
- Seulement dans tes rêves…
Il rit et ce n'était pas un rire moqueur cette fois-ci. C'était un rire sincère. Cela ne dura pas longtemps mais j'eus le temps d'y observer de la douceur et… il y avait encore quelque chose. Oui ! On aurait dit un rire d'enfant innocent.
- Je sais pas à quoi tu penses mais je peux te dire que, quand tu ne clignes plus desyeux,… c'est assez flippant.
Il accompagna ces méchantes paroles d'un rire moqueur. Exaspérant ! Je lui donnai une tape à l'épaule avec ma main droite.
- Aie !
- Chochotte !
- Même pas vrai.
Je voulus répliquer mais tout ce qui sortit de ma bouche fut un rire. Et je m'emportai tellement qu'il me fallut quelques secondes avant de pouvoir reprendre mon souffle. Malefoy m'entraina entre les autres couples qui avaient commencé à danser.
- Tu te moques de moi ?
- Non…, dis-je entre deux halètements. Tu me fais rire, c'est tout.
Il me regarda pensif.
- Sérieusement ?
Je levai les yeux au ciel.
- Bah maintenant plus tellement non.
Il sourit et déplaça son regard vers les autres dans la salle. Calmée, je fis de même. Je ne pus m'empêcher de ricaner lorsque je vis que Ron dansait avec McGonagall. Les jumeaux, eux, se débrouillaient plutôt bien tandis qu'Harry et Hermione peinaient à trouver le rythme.
- Tu vas avec Diggory au bal ?
Je le regardai surprise et étonnée d'une telle question. Je répondis donc en balbutiant:
- Euh…n…non, il y va avec Cho Chang.
Ce fut à lui de me regarder surpris.
- Pourquoi cette question, monsieur Malefoy ?
Il détourna les yeux pour éviter mon regard charmeur.
- Trop de charme et de manipulation, marmonna-t-il.
Je ris.
- Allez ! Pourquoi ?
Il hésita avant d'entamer:
- Bah, tu t'entends bien avec lui et…, balbutia-t-il,…c'est un héros.
J'éclatai de rire et ne pus m'arrêter. Malefoy avouait qu'il était pour une fois inférieur à quelqu'un. Cela était une première !
- Arrête avec ça, dit-il sévèrement. Tout le monde nous regarde.
- Excuse mais tu…tu…
Je me mis la main sur la bouche pour essayer de me calmer et expirai lentement l'air de mes poumons.
- Ne serais-tu pas un peu amoureux de Cédric ?
Il me lança un regard noir puis approcha son visage doucement près du mien. Je retins mon souffle.
- Je peux t'assurer que je n'ai aucun penchant pour les hommes, me susurra-t-il à l'oreille.
J'expirai à nouveau normalement lorsque son visage eut repris sa position initiale.
- Oui, tu as raison, entamai-je. J'apprécie beaucoup Cédric et nous nous entendons très bien. C'est vraiment quelqu'un de très agréable et gentil.
« Le contraire de toi ! pensai-je » mais je ne voulus pas le dire car cela ne me ressemblait pas de blesser des gens en faisant exprès.
- Et toi ? Tu y vas avec qui ?
Au plus profond de moi-même, une petite lueur d'espoir s'alluma mais il versa aussitôt un verre d'eau glacial dessus lorsqu'il déclara fièrement:
- J'y vais avec Pansy Parkinson.
