Chapitre 4 : Explosion

-Qu'est-ce que ça veut dire ?! cria Mérida en menaçant Nord de son arc.

-Houlà ! Du calme ! répondit-il. Avant du tout vous expliquer plus clairement, je voudrais vous demander à tous les six de bien vouloir entrer dans ce bâtiment et nous attendre dans une des salles de votre choix.

-Et pourquoi on ferait ça ? demanda la rousse d'une voix meurtrière.

-Parce que vous n'avez pas le choix, lâcha Nord. Les colliers vous empêcheront de quitter la zone quoi que vous essayiez.

Mérida sera les dents, abaissa son arme et se tourna pour se diriger à grands pas en colères vers l'édifice. Elle fut bientôt suivit des autres esprits à qui le père noël avait donné des colliers.


Les six esprits prisonniers du pouvoir de leurs colliers se trouvaient seuls dans une salle remplie de chaises et de tables biens alignées les unes par rapport aux autres. Un seul sentiment les unissait à cet instant : la colère.

Elsa et Anna parlaient à voix basse dans un coin de la pièce les yeux brillants de rage et d'incompréhension.

Harold parlait à Krokmou qui lui répondait grognements, ses pupilles réduites à deux fentes menaçantes.

Jack restait assis en silence, ce qui était plutôt très rare, sur une armoire recouverte de neige qui ne cessait de tomber du plafond.

Raiponce jouait distraitement avec son collier, ses yeux s'y attardant parfois avec curiosité, les sourcils froncés.

Et Mérida marchait de long en large près d'un mur tout en marmonnant des mots en écossais, son épée qui lui cernait la taille cliquetant à chacun de ses pas. Elle se tourna soudain vers les autres et s'exclama :

-Bon ! Qu'est-ce qu'on fait ?!

Cinq paires d'yeux la fixaient sans plus d'enthousiasme.

-Sérieusement ! Dites quelque chose ! J'ai l'impression d'être stupide à parler toute seule !

-C'est pas qu'une impression, murmura Jack avec un sourire en coin.

-Rectification, déclara la rousse. Que ceux qui ont un cerveau répondent, c'est-à-dire que tu fermes ta grande bouche le givré.

Jack se leva d'un bond de son armoire.

-Tu sais ce qu'il te dit le givré ?!

-Non, et on s'en fiche, intervint Elsa. Maintenant, si à l'avenir tu devais ouvrir la bouche, tu ne le feras que pour dire quelque chose d'utile, s'il te plait.

La blonde platine se tourna vers Mérida qui avait regardé la scène avec un sourire victorieux.

-Je pense que la première chose qu'on devrait faire c'est de découvrir à quoi servent ces colliers.

-Je suis d'accord, ils doivent surement avoir d'autres fonctions que celle de nous empêcher de quitter la zone, répondit Harold qui s'était approché tout comme Raiponce qui hocha franchement la tête.

-On a plus qu'à sortir de cette salle ! lança Anna en se dirigeant vers la fenêtre.

La rousse l'ouvrit sans difficulté mais avant qu'elle ne puisse sauter, son collier émis une vive lumière et elle se retrouva figée sur place, une jambe à moitié levée.

-Anna qu'est-ce qui se passe ? demanda Elsa en la voyant immobile dans une position étrange.

-Je…je ne peux plus bouger !

-Comment ça se fait ?! S'exclama Harold.

-C'est le collier ?! fit Raiponce.

Chacun parla, donna son avis jusqu'à ce qu'Anna tombe sur les fesses, sa paralysie s'étant terminée au moment où elle s'y attendait le moins. La rousse se releva et massa de ses mains la partie de son corps endolorie puis se tourna vers les autres esprits et demanda :

-Quelqu'un a-t-il compris ce qu'il vient de se passer ?

-Aucune idée…, répondirent-ils en cœur.

Harold plissa les yeux et s'avança à son tour vers la fenêtre avec l'intention de la franchir. Mais dès qu'il commença à sauter, son collier brilla et son corps se figea. Il essaya de bouger pour continuer son geste mais il ne parvint pas à bouger d'un cil. Ce ne fut que lorsqu'il prit la décision de tourner le dos à la fenêtre qu'il put enfin se mouvoir.

Les cinq autres esprits et Krokmou l'avaient observé sans dire un mot mais leurs expressions trahissaient leur curiosité et leur perplexité.

-Je crois que j'ai compris à quoi servent ces colliers…, murmura-t-il.

Son public attendit la suite avec impatience, voyant qu'elle ne venait pas, Jack s'exclama :

-Bon alors ! Tu nous dis ce que t'as compris ou non ?!

-Eh ! Calme-toi ! J'allais le dire. Alors, je pense que ces colliers nous empêchent de faire des choses que ne pourraient pas faire des humains, répondit Harold.

-Hein? s'adapter à Jack.

-Bon, en gros on doit se comporter comme des humains normaux, comme ceux qu'on était avant de devenir des esprits, sinon les colliers nous immobilisent.

-C'est quoi cette arnaque ?! s'écria Mérida.

Tous échangèrent des regards incrédule et en colère.

-Mais pourquoi est-ce qu'on nous fait ça ? demanda Anna.

-Nord l'a dit, d'après lui on n'est pas assez sociables au goût de l'homme de la lune, répondit Elsa. J'ai l'impression qu'il pensait qu'on ne s'occupait pas assez des humains.

-Mais il aurait pu nous le dire lui-même s'il voulait qu'on change ça ! s'exclama Mérida.

-Et puis c'est complètement stupide ton histoire Elsa, déclara Jack. Moi, je vais voir les enfants tous les jours pour jouer avec eux ! Je visite tous les pays quand il leur faut de la neige ! Je ne vois pas ce que je fais ici avec vous !

-Tu as bien dû faire quelque chose pour te retrouver là, dit Elsa. Pour Anna et moi, je pense que c'est parce qu'on restait à Arendelle et que du coup, on délaissait complètement les autres villes, pays et continents. Et pour vous ?

-Je suis assez timide, expliqua Raiponce. Au début, après ma mort, j'ai essayé de me rendre utile, mais quand j'ai constaté que personne de remarquait tous mes efforts…j'ai laissé tomber et je me suis contenter de faire pousser les fleurs lorsqu'il était temps pour elles d'éclore.

-La plupart des gens me dégoutent, fit Harold sans détour. Avant ma mort, j'ai vu tellement de personnes égoïste qui méprisaient la différence que je ne faisais confiance à personne. Lorsque j'ai rencontré Krokmou, j'ai tout de suite vu que seulement quelques animaux étaient pareils que les hommes, les autres se souciaient de leur famille et la protégeaient. Alors j'ai décidé de ne me consacrer qu'aux bêtes lorsque je suis devenu immortel.

-Durant toute ma vie de mortelle, on a essayé de m'imposer un destin dont je ne voulais pas, exposa Mérida. Mais j'ai tout de même donné ma vie pour ma famille. Lorsque j'ai constaté que ma mort avait causé beaucoup de peine, j'ai décidé de continuer à protéger cette terre que j'aimais plus que tout.

Dès que la rousse eut fini, les regards se posèrent sur Jack.

-Je maintiens que je m'occupais très bien des enfants et de tous les pays ! se défendit-il.

Tous levèrent les yeux au ciel.

-Et pourquoi vous restiez dans cette ville vous deux ? demanda l'argenté aux deux sœurs pour passer son tour.

-J'étais la reine d'Arendelle avant ma mort, répondit Elsa.

-Et moi la princesse, indiqua Anna.

-Je voulais m'occuper de mon royaume même si j'étais décédé, déclara la blonde platine.

-Et moi je ne voulais plus être séparée de ma sœur, ajouta la rousse.

-Juste pour ça ?! s'exclama Jack.

Les yeux d'Elsa s'assombrirent.

-Je me sentais coupable…, murmura la blonde le regard perdu au loin.

-De quoi ? demanda l'argenté.

Elsa ne répondit pas, ce fut Anna qui le fit à sa place.

-Ça ne te regarde pas.

-Pourquoi ?

-C'est comme ça c'est tout !

-Eh, calme-toi. Je pose juste une question !

-Et moi je te réponds que ça ne te regarde pas.

-C'est bon je suis pas sourd !

-Sérieusement ? C'était pas toi qui n'écoutais rien de ce qu'on te disait il y a deux cents ans ?

-Mais c'était il y a super longtemps ! Pourquoi vous êtes si rancunières ?!

-Tu ne te souviens vraiment pas de ce que tu as dit à Elsa il y a deux siècles ? demanda la rousse incrédule.

-Non ! s'exclama Jack. J'ai dit quelque chose qu'il ne fallait pas dire ?

-Tu dis toujours ce qu'il ne faut pas dire, intervint Harold.

- Tu ne vas pas t'y mettre aussi ! répondit l'argenté.

La porte de la salle s'ouvrit soudainement, mettant un terme à la conversation et les gardiens entrèrent dans la pièce.

-Alors ? Vous avez faits connaissance ? demanda Nord.

-Hey ! s'écria Jack. Pourquoi je suis bloqué ici ? J'ai rien fait ! Je m'occupe des enfants et tout !

-Ne t'inquiète pas Jack, le rassura Fée. Tu faisais très bien ton travaille, c'est pour ça que l'homme de la lune t'a choisi parmi nous cinq pour guider de plus près ces esprits.

-Quoi ? hurla Mérida.

-Même pas en rêve, dit Harold.

-Aucune chance que je suive cet imbécile ! déclara Elsa.

-Holà ! Holà ! Du calme ! intervint Bunny. Si vous nous disiez pourquoi vous le détestez, on pourrait faire quelque chose !

-Il se croit tout permis ! dit Mérida.

-Il est arrogant, irrespectueux ... commença Elsa.

-Et super beau gosse ! coupa Jack avec un air narquois.

Il reçut des regards lourds de sens qui lui firent perdre son sourire.

-C'est exactement ce qu'on vous dit ! s'exclama Anna. Il est insupportable !

-Tout bien réfléchi, déclara Bunny. L'homme de la lune l'a peut être choisi pour lui apprendre le respect.

-Hey! protesta Jack.

-Bon ! cria Nord pour obtenir l'attention.

Le silence se fit graduellement entre les regards noirs et les insultes lancées à voix basses.

-Bon, répéta le père noël. Je vais maintenant vous expliquer ce qui va se passer. Vous six, allez devoir cohabiter avec les humains durant leur deux mois et demis de vacances d'été afin d'apprendre à les connaitre.

-Je vous rappels qu'on a été humain nous aussi avant, intervins Mérida. On sait ce que c'est que d'être humain.

-Oui, mais cela fait longtemps que vous ne l'êtes plus, si bien que vous avez oubliés toutes leur…

-Mais c'est pas vrai ! hurla la rousse volcanique. Vous nous écoutez quand on vous parle ?! Je vous dits que je connais les humains ! Ils se tapent dessus lorsqu'ils ne sont pas contents, ils se saouls jusqu'à ne plus pouvoir marcher, ils sont centrés sur eux même ! Nous aussi ! On faits pareils même en étant des esprits ! Je ne vois pas en quoi on a besoin d'apprendre quelque chose qu'on sait déjà !

-Elle n'a pas tort, déclara Jack.

Mérida lui jeta un regard surpris.

-Quoi ? C'est pas parce qu'on ne peut pas s'encadrer que je ne suis pas d'accord avec tout ce vous dites ! On est dans la même galère là ! Bien que je ne vois pas vraiment pourquoi je suis là…

Nord soupira.

-C'est vrai, vous connaissez déjà tout ça, dit-il à la surprise générale. Mais il y a bien quelques choses que vous avez oublié avec le temps. La compassion, le faits de se soucier des autres plus que de sois même, l'envie de voir des gens heureux. Vous avez été choisi par l'homme de la lune parce que vous ne vous occupez pas assez des enfants ce qui est normalement le rôle principal des esprits. Je ne sais pas ce qui s'est passé dans votre vie de mortels, je ne comprends pas pourquoi vous ne faites rien pour aider les enfants, néanmoins, nous les gardiens sommes ici pour vous remettre sur le droit chemin.

-Et c'est quoi le droit chemin pour vous ? le coupa Harold.

Nord se tourna vers lui.

-Le droit chemin c'est le bonheur des enfants.

-Le bonheur des enfants ? répéta Elsa avec incrédulité. Et notre bonheur à nous ?

-Comment ça ? demanda Bunny.

-Ils vivent leurs vies, expliqua Elsa. Si vous regardez bien, les enfants ne sont triste que quelques minutes, heures ou jours au maximum. Après ces laps de temps, ils oublient leur chagrin et redeviennent joyeux et insouciants.

-C'est vrai, répondit Nord. Mais je trouve qu'il n'y a rien de plus tragique qu'un enfant triste. Les enfants sont des perles d'innocences, ils sont très influençables, ils doivent vivre une enfance heureuse pour pouvoir ensuite mener une vie heureuse.

-Vous affirmez donc que vous vous occupez de tous les enfants du monde, que vous vous êtes assurez qu'ils soient tous heureux ? les défia la blonde platine.

-Elsa…, commença Anna.

-Sans exception ? continua-t-elle en ignorant sa sœur.

-J'ai bien peur que ce soit impossible, déclara Nord.

-J'en étais sûr. C'est évident ! Mais le plus incroyable dans tout ça, c'est que vous continuez de vous occuper des enfants heureux alors que des enfants qui auraient besoin de vous ne recevront jamais votre aide ! Vous ne changez absolument pas, vous n'évoluez pas en même temps que le monde !

-Tu dis ça Elsa, mais toi non plus tu ne t'occupe pas de ces enfants-là, ni d'aucun enfant d'ailleurs, fit Jack.

-Mêle-toi de ce qui te regarde ! siffla Elsa entre ses dents.

-Mais ça me regarde ! Je suis un gardien moi aussi !

-Mais tu vas te taire à la fin ?! cria-t-elle.

-Mais pourquoi à chaque fois que je te parle tu réagi comme ça ?! Tu nous fais des reproches comme quoi on ne fait pas bien notre travaille mais toi tu ne bouges pas le petit doigt pour nous aider ! Si tu tiens tant que ça à ce que tous les enfants soient heureux, aide-nous !

-Je ne peux pas ! explosa la blonde en jetant violemment ses bras vers le sol.

De puissants jets de glace sortirent de ses mains et éclatèrent tout autour d'elle, obligeant ainsi les autres occupants de la salle à se reculer vivement vers les murs s'ils ne voulaient pas finirent embrochés.

Elsa écarquilla les yeux lorsqu'elle constata ce qu'elle avait provoqué. La plupart des tables et des chaises étaient gelées mais certains de ces meubles avaient été projetés vers les murs et brisés par l'onde de choc qu'avait provoqué la vague de pouvoirs de l'esprit.

Elsa se tourna vers sa sœur et croisa son regard où se mêlaient surprise et crainte. La blonde platine crut que son cœur allait s'arrêter, si ce n'était pas déjà le cas, lorsqu'elle vit le mince filait de sang qui s'échappait d'une coupure à la joue de la rousse. Anna essuya rapidement cette minuscule blessure provoquées par un éclat de glace brisée.

Elsa enroula ses bras autour de sa poitrine, l'horreur se peignant peu à peu sur son visage d'habitude impassible. Elle déglutit difficilement, ses yeux cherchèrent une issue pour finalement se poser sur la porte qui avait miraculeusement été épargnée, puis son corps s'élança vers elle.

-Elsa ! cria Anna en la voyant partir.

La rousse voulut suivre sa sœur mais un mur de glace se dressa soudainement devant elle, l'empêchant d'aller plus loin. Les gardiens et les esprits se retrouvèrent piégés dans la salle jusqu'à ce que la glace fonde, les fenêtres étant elles aussi gelées.

-Oh la vache ! lâcha Bunny en se décollant du mur.

-Je ne m'attendais pas à ça de sa part, déclara Fée.

-Moi non plus, renchérit Raiponce qui jusque-là avait observé la scène sans intervenir, trop timide.

-Dire que je la croyais plutôt calme…, fit Nord.

« Ça lui arrive souvent ? » demanda Sable à Anna avec des signes qui se succédaient au-dessus de sa tête.

-Non, ça ne lui est arrivé qu'une ou deux fois, répondit la rousse en fusillant Jack des yeux.

-Qu'est-ce que j'ai encore fait ? s'exaspéra-t-il.

-A ton avis ?

-Mais je ne savais pas qu'elle réagirait comme ça !

-Tu ne sais rien d'elle et tu lui dis des trucs comme ça ! Tu aimerais qu'on te dise ce que tu lui as dit ?

-Non…, marmonna l'argenté.

Un silence tendu se fit entre les occupants de la pièce, silence qui fut rapidement brisé par Bunny.

-En tout cas, dit-il. On ne risque pas de s'ennuyer avec vous !