Blabla du 09/06/09 : Je crois bien que c'est du post intensif que je fais en ce moment. Mais le bac étant très très bientôt, je vais me mettre à réviser peut-être, j'aimerai bien, malgré la tentation d'écrire les Chroniques ! Sachez que vos reviews m'ont réjouie... Tant d'un coup... Il me semble qu'Artémis n'est pas très appréciée au contraire d'Astrée... Eh bien réjouissez-vous, Astrée a une grande place dans ce chapitre ! D'ailleurs elle aura une grande place dans ce tome, puisqu'elle va mener un combat contre certaines conventions sociales... Enfin, trève de bavardages, je vous laisse découvrir ! Et merci encore à mes reviewers/euses ! Ce chapitre est pour vous.

Réponse à Megane : Merci du compliment... Cela dit je n'ai pas vraiment l'impression de m'améliorer question écriture, mais bon. J'espère que ce chapitre te plaira !


CHEZ LES GRYFFONDORS

Par respect pour mes propos tenus envers Artémis, je m'arrangeais pour avoir une occasion de parler avec Dolly. Il me fallut plusieurs jours, mais finalement, un matin nous nous retrouvâmes seules l'une avec l'autre à la table Gryffondor pour le petit déjeuner. Elle ne semblait nullement contrariée par notre tête à tête inattendu, et s'exclama en saisissant un plat :

— Chouette, il y a des beignets à la pomme ! J'en ai toujours raffolé, mais je dois avouer que je n'en avais encore jamais goûté d'aussi délicieux qu'à Poudlard ! Tu n'en prends pas, Min' ?

Découpant lentement mon omelette dans mon assiette, je répondis simplement :

— Non, le sucré ne me dit rien, au réveil.

Elle leva ses grands yeux noirs plein d'appétit vers moi et sourit, la bouche pleine. Je questionnai, étonnée :

— Sais-tu où sont Artémis et les jumelles ?

Elle hocha la tête vigoureusement.

— Bien sûr ! Elles commencent par Soin au Créatures Magiques, et comme leur leçon du jour les emmène dans la forêt interdite, le professeur leur a demandé de le rejoindre une demi-heure à l'avance.

Je mâchai en observant la jeune fille. Ses grands yeux noirs possédaient quelque chose de fascinant, qui se mariaient bien avec sa bouche aux lèvres charnues et son nez un peu trop en trompette. Je demandai, pour faire la conversation :

— Tu aimes bien les Soins aux Créatures Magiques ?

— Ah non, s'écria-t-elle. J'ai horreur des créatures magiques. C'est vraiment le cours que j'aime le moins. Et Artémis n'aime pas beaucoup non plus…

— Je sais, la coupai-je avec agacement. Tu la connais depuis longtemps ?

Elle cessa de mastiquer, et leva les yeux quelques instants en signe de réflexion. Puis elle lâcha dans un grand sourire :

— Depuis une éternité.

— Combien de temps, insistai-je.

— Trois ans.

J'allais lui demander comment elles s'étaient rencontrées, mais tout à coup, elle annonça fièrement :

— Je connais aussi Alaric depuis trois ans !

Je m'empressai de prendre un visage aussi neutre que possible, et dis, d'un ton faussement dégagé :

— Ah bon ? C'est bien.

Elle sembla déçue.

— Oh ? Généralement ça a davantage d'impact chez les filles.

— Je ne suis guère sensible à son charme, tranchai-je d'une voix ferme.

Elle croqua dans un troisième beignet, plissant les yeux en témoignage d'un sourire.

— Tu viendras à la maison, cet été, Min' ?

Ayant parfaitement compris sa question, mais trop abasourdie pour y répondre, je bégayai :

— Quoi ?

— Oui, à l'Auberge. Tu viendras nous voir, Artémis, les jumelles, Alaric et moi ?

Je secouai la tête, comme pour mieux reprendre mon aplomb, et fis :

— Quelle est cette histoire d'Auberge ? Tu ne vis pas avec Artémis et les autres, que je sache.

Elle me fixa avec malice.

— Bien sûr que si. Nous vivons tous ensemble à l'Auberge de Mrs Keitch.

Elle insista, craignant peut-être que je refuse de saisir :

— Artémis, les jumelles, Alaric et moi. Alors, tu viendras nous voir ?

— Oui… Je n'en sais rien. Peut-être…

Je n'en revenais pas en réalité. Je connaissais Artémis depuis un an, nous avions passé presque l'intégralité de notre temps ensemble, et j'ignorais un détail aussi capital la concernant. Je mourais d'envie de lui poser une multitude de questions à ce sujet, afin de savoir ce qu'il en était réellement, mais ma fierté me l'en empêchait. Elle n'avait jamais voulu m'en parler, et je ne désirais pas avoir l'air d'en être blessée. Ni la supplier de répondre à mes interrogations.

Il s'avéra que les choses se passèrent mieux avec Dolly. Nous ne nous ignorions plus, et même si nous n'étions pas encore les grandes amies du siècle, il y avait du mieux. Mais nous savions que notre amitié avec Artémis était l'unique chose qui nous reliait.

Le premier évènement dans notre salle commune survint lorsque l'équipe de Quidditch annonça les dates des sélections. Comme l'année précédente, ce fut Heinrich qui, debout sur une table, prit la parole.

— Amis Gryffondors, s'exclama-t-il avec fierté. Je suis Heinrich de Graham, en quatrième année, et je joue dans notre équipe depuis trois ans !

Toute notre maison avait fait un cercle autour de lui ; quelqu'un cria quelque chose que je ne compris pas, mais Heinrich répondit allègrement :

— Non je ne suis pas Capitaine, mais rassurez-vous ce n'est plus que l'affaire d'une ou deux années.

Il coula un regard en direction d'un grand blond à l'air un peu niais qui protesta en riant. Il devait s'agir du Capitaine actuel. Heinrich poursuivit avec aisance :

— En fait, ce soir, je suis le porte-parole de notre équipe. Nous avions l'an dernier une redoutable équipe, qui malheureusement a du se séparer de deux de ses poursuiveurs et l'un de ses batteurs.

Il y eut à nouveau un cri dans la foule, et Heinrich secoua la tête en signe d'incompréhension. Mais Alaric, qui était à ses côtés, éclata d'un rire franc, et répondit :

— Non, non, les autres membres de l'équipe on les garde. Il n'y a que trois places vacantes.

— Nous avons affiché des parchemins au dessus de la cheminée, reprit Heinrich avec un regard reconnaissant pour Alaric. Ca ne tient qu'à vous d'y apposer votre nom. Les sélections auront lieu le premier samedi d'Octobre.

Heinrich descendit de la table, et Alaric en profita pour rappeler à tout le monde que l'année précédente avait été une victoire pour Gryffondor, grâce à Neil en particulier, lequel eut un sourire rayonnant.

Les trois garçons furent acclamés bruyamment et avec beaucoup d'enthousiasme. Une drôle d'émotion m'enserra le coeur ; davantage à l'égard d'Alaric et d'Heinrich, que de Neil. D'une certaine manière, je les admirais et les enviais, eux les Gryffondors populaires, moi la petite McGonagall maladroite et effacée. Mais il y avait également autre chose : j'étais impressionnée par l'assurance que dégageait Alaric, et je ne me sentais pas à la hauteur.

— Ca ne va pas, Minerva ?

Je me tournai vers Cerena, qui m'observait, inquiète. Un instant, je me demandai ce qu'avait pu afficher mon visage pour sortir mon amie de son mutisme, puis je lui souris :

— Tout va bien.

Elle continua de me fixer, comme dans l'attente d'une question, puis finalement m'apprit le regard soudain fuyant :

— Je me disais... que... ton frère Hadrien doit être en... en train de faire la même chose... Que eux, je veux dire.

Elle désigna Alaric et Heinrich qui plaisantaient maintenant avec des filles de leur année.

— J'avais oublié qu'il était promu Capitaine de l'équipe de Serpentard. Le connaissant, il déchaîne certainement les foules Serpentardes.

Nous sourîmes toutes deux en l'imaginant.

— Comment sais-tu ça, au fait, Cerena ?

Elle tortilla nerveusement ses mains devant elle, et s'apprêta à répondre, mais au même moment, la voix chaleureuse d'Astrée résonna dans la salle commune :

— Evidemment, que je suis sûre de ce que je fais.

J'écarquillai les yeux, interdite, et soufflai pour moi-même :

— Elle va vraiment oser...

Mon amie noire s'était avancée jusqu'à la cheminée, et plume en main, s'apprêtait à inscrire son nom parmi les postulants pour intégrer l'équipe. Heinrich s'approcha d'elle avec empressement et lui posa une main sur la hanche, en arguant :

— Astrée, la sélection n'est pas ouverte aux filles.

Souriante, elle lui retira la main, et répliqua avec douceur :

— Si c'est pour ma santé que tu crains, ne t'en fais pas. J'ai de l'endurance, suffisamment pour jouer un match.

Parmi les badauds qui écoutaient la conversation, beaucoup éclatèrent de rire, ouvertement moqueur à l'idée même qu'une fille puisse participer à un match. Astrée se tourna vers eux avec une expression amusée.

Heinrich reprit, d'un ton d'évidence :

— Là n'est pas le problème, Astrée ! Il n'a jamais été question d'intégrer des filles dans notre équipe. Et puis le Quidditch est un sport d'hommes.

Il y eut des hochements de tête approbateurs dans le petit groupe qui s'était formé autour d'eux. Je me rapprochai d'eux, et me fis une place dans l'attroupement. Le regard d'Astrée croisa le mien ; elle ne paraissait pas embarrassée du refus du garçon, ni de se donner en spectacle. Je lui adressai un sourire encourageant auquel elle répondit. Alaric intervint à ce moment :

— Il faut aussi se mettre dans la peau de nos adversaires le jour du Match. Comment pourraient-ils jouer normalement s'ils craignent à tout instant de blesser une jeune fille ?

C'était tout à fait de lui : réflexion, fair-play, et sagesse ; et pourtant sa remarque m'exaspéra. Neil tenta de prendre la parole, mais sa voix fut noyée dans les approbations à l'égard d'Alaric.

— Tout simplement en incluant des filles dans toutes les équipes. Là ce serait équilibré, déclara Astrée.

Des éclats de rire ponctuèrent sa réplique, et je fus scandalisée de constater que certaines filles participaient à l'hilarité générale. Je cherchai des yeux Artémis, mais elle n'était pas présente. C'était sans doute une bonne chose, car je ne doutais pas qu'elle aurait sauté sur l'occasion pour prendre le parti des garçons. Astrée finit par décréter avec jovialité :

— Même si j'inscris mon nom, ça ne vous engage à rien.

Et elle le fit. Devant une dizaine de paires d'yeux, elle s'empara de la plume et apposa son nom sur le parchemin. De toute l'histoire de Poudlard, ce fut la première fille à oser le faire. Et en plus, c'était une noire, aurait souligné Artémis à ma place.

Heinrich et Alaric haussèrent les épaules, et l'attroupement, conscient que le spectacle était terminé, se dispersa. Je m'élançai vers mon amie, souhaitant lui exprimer mon admiration, mais Alaric était déjà en train de lui adresser quelques mots :

— Il me semble, Astrée, que tu as tout le courage d'une digne Gryffondor.

Et Heinrich à côté d'opiner du chef. Je ne pus m'empêcher de leur dire :

— De votre part, j'en attendais davantage. Au moins le courage d'accepter que les choses puissent changer.

— C'est ridicule, finit par rétorquer Heinrich, une lueur excédée dans ses yeux noisette.

Je m'enflammai :

— Non, c'est lamentable.

Un silence ponctua mes propos, et aussitôt, je fus honteuse de mon emportement. Les deux garçons m'impressionnaient beaucoup, et je n'avais pas mesuré la portée de mes paroles. J'étais à la fois furieuse de leur entêtement, et horrifiée d'avoir pu altérer mes relations avec eux. Alaric m'adressa un regard impénétrable qui me fit me sentir misérable. Je tournai les talons, essayant tant bien que mal de faire passer mon malaise pour de la colère. Ma dignité, toujours ma dignité…


Le lendemain matin, sur le chemin des cachots où avaient lieux les cours de Potion, je félicitai Astrée :

― Je t'ai trouvée très courageuse. Tu m'as épatée.

Replaçant machinalement son sac sur son épaule, elle répliqua chaleureusement :

― J'espère que ça portera ses fruits.

― T-tu vas vrai…vraiment aller à… à la s-sélection ? S'étonna Cerena qui marchait à nos côtés.

Nous pénétrâmes dans la salle ; Slughorn n'était pas encore arrivé. « Une des nombreuses pause-café » avaient décrété quelques mauvaises langues. Les Serpentards avaient toujours du venin à répandre, songeais-je pour moi-même.

― Bien sûr, sourit Astrée, tu ne pensais quand même pas que j'agissais par provocation ?

Notre timide amie ne répondit pas, ce qui signifiait certainement qu'elle ne savait pas ce qu'elle devait dire dans cette situation. Mais Astrée, amusée, l'interpréta tel un « oui ».

― Je laisse cette distraction à Artémis, plaisanta-t-elle. Pour ma part, je crois bien que je ferai mon possible pour intégrer l'équipe.

Elle avait parlé d'un ton allègre ; si allègre que je me demandais s'il s'agissait de paroles en l'air ou si elle y tenait vraiment. Nous nous installâmes. Astrée et moi au même bureau, tandis que Cerena se plaçait derrière nous, à côté d'une Gryffondor nommée Erin Grisham. Slughorn entra, et s'excusa jovialement de son retard ; le cours commença, mais je ne pouvais m'empêcher de continuer de parler avec Astrée.

― Intégrer l'équipe… Ca me parait irréalisable.

― Minerva, toi qui n'as pas l'esprit étriqué, reconnais qu'il est temps pour Poudlard que les filles puissent jouer au Quidditch.

J'hochai la tête, méditant ses propos tandis qu'elle ouvrait son livre studieusement. Mais Caliste Nott, installée devant nous, se retourna vivement et planta ses yeux dans les miens.

― Silence, McGo, on ne s'entend plus parler.

Alphard Black, à côté d'elle, haussa les épaules, mais soudain elle lui enfonça sa baguette dans les côtes. Il bondit de surprise. Elle me fixa avec provocation, mais je l'ignorai, pour mieux me tourner vers Astrée qui m'adressa un sourire en coin. Elle approuvait ma réaction. Mais j'en revins au sujet qui me taraudait :

― Connaissant Alaric et Heinrich, ça m'étonnerait qu'ils te laissent ne serait-ce que participer à la sélection.

Elle interrompit sa lecture du chapitre du jour, et posa un doigt sur son menton.

― Ah bon ? Tu les connais si bien ?

Son ironie me fit baisser la tête, gênée d'avoir avancé des choses fausses. Elle avait raison, je ne les connaissais pas. Elle reprit aussitôt :

― Et puis, laisse-leur le temps de s'habituer à l'idée. Ils sont juste un peu surpris, accorde-leur que ce n'est pas commun : depuis toujours, les filles se complaisent à n'être que spectatrices. Et maintenant voila qu'elles revendiquent d'être actrices du match de Quidditch.

Elle se leva pour aller chercher les ingrédients ; sur la table de devant, Caliste attaquait Black à coup d'asperges séchées. Quand Astrée revint, j'articulai doucement :

― Je suis entièrement d'accord avec les principes que tu clames : si les garçons peuvent jouer au Quidditch, les filles aussi. Et je compte bien te suivre dans cette revendication, t'accompagner à la sélection par exemple.

La dague levée au dessus des asperges, elle suspendit son geste, ses yeux bruns brillant de plaisir, et dit :

― Me suivre ? Je préfèrerai que tu avances de front avec moi.

J'hésitai et chuchotai avec sincérité :

― J'en suis incapable. Je n'ose pas. Et puis, s'il y a quelqu'un qui peut réussir, c'est bien toi, Astrée.

Soudain la voix perçante de Caliste retentit tout haut dans les cachots, tandis qu'elle pointait un doigt accusateur sur moi :

― Professeur, je n'arrive pas à travailler dans ces conditions. McGonagall ne s'arrête pas de jacasser. C'est horripilant !

La plupart des Serpentards éclatèrent de rire, alors que Slughorn levait un œil flegmatique sur nous.

― Ne montez donc pas si vite sur vos grands chevaux, Miss Nott... Quel est le problème, mon enfant ?

― Elle ne fait que de parler. Déplacez-la, et installez-la toute seule, c'est infernal, professeur. De toutes façons, elle n'a pas encore commencé la potion.

La fureur bouillonna en moi sans que je fasse le moindre geste. Au contraire, pétrifiée, je suivis la scène comme si elle ne me concernait pas. Slughorn se passa une main embarrassée sur la tête, et ses yeux s'agitèrent de part et d'autre, cherchant peut-être une aide quelconque. Il finit par déclarer :

― Allons miss Nott, s'il-vous plait, prenez vos affaires et allez vous asseoir là-bas, au deuxième rang. Black, vous pouvez la suivre. Minerva ne vous y dérangera plus.

Ses propos furent accueillis par de nombreuses protestations des Serpentards. Gêné, Slughorn agita une main boudinée devant lui et ajouta d'un ton conciliateur :

― Quinze points seront retirés à Gryffondor pour les bavardages de miss McGonagall.

Je serrai les dents furieusement, et comme je m'y attendais, il n'y eut pas la moindre protestation de la part des Gryffondors. Je crus même voir Virgile hocher la tête avec véhémence, mais je n'en étais pas certaine. Malgré tout, je songeais qu'il manquait quelque chose de fondamental chez les Gryffondor de Deuxième année : la cohésion.


Voila, le prochain n'est pas encore commencé, et comme je suis à un festival ce week-end, je suis pas certaine de poster dans la semaine. On verra bien ! A très bientôt malgré tout, et bonne chance à ceux qui ont des exams ces temps ci.