Disclamer : Harry Potter appartient à JKR, mais cette histoire est à moi.
Beta : AnitaBlake93100 et Gwenillo pour une deuxième correction.
Le coupable idéal
Chapitre 4
Harry regarda l'homme en face de lui d'œil critique. L'homme, le vampire plutôt, était beau, grand et mince, avec des cheveux bruns lui arrivant aux épaules et des yeux gris. Le vampire semblait avoir le même âge que son professeur de potion, Severus Snape. Donc, Harry dirait qu'il devait être au milieu de la vingtaine. À côté de ce dernier se trouvait une réplique exacte du vampire, mais un peu plus jeune de deux ou trois ans. Les deux frères, car le jeune sorcier n'avait aucun doute là-dessus au vu de la forte ressemble des deux, donc, les deux frères observaient Harry avec insistance. Ils le faisaient avec tellement d'insistance que le jeune sorcier pensa avoir à faire deux autres primates ayant des vues sur son corps juvénile.
Harry se prépara mentalement et physiquement à les accueillir. S'ils voulaient son corps, ils allaient devoir se battre pour l'obtenir, car Harry ne comptait pas se laisser faire sagement. Non, il n'allait certainement pas leur faciliter la tâche. Il allait leur opposer une si grande résistance, qu'ils finiraient par abandonner, se dit Harry pour se donner du courage. Il devait être fort pour empêche que ce qui s'était passé le soir de son arrivée ne se reproduise plus jamais. Non plus jamais ! Il ne laissera plus ça arriver. Il préférait de loin la mort que de revivre ça. C'était trop. C'était vraiment trop. Il ne pourrait pas le supporter une nouvelle fois. Et même s'il était parvenu par il ne savait quelle miracle à éviter que le pire ne se produise, la peur et l'impuissance qu'il avait ressentie ce soir-là, il ne voulait plus jamais les ressentir, plus jamais.
Alors qu'il se disait cela, les battements de son cœur s'accélèrent. Il sentit poindre le début d'une crise de panique, mais il la combattit vaillamment et la tua dans l'œuf avant qu'elle n'ait pu faire de dégâts. Ragaillardi par cette petite victoire, Harry se sentit plus serein. Il ne se laisserait pas faire. Voilà ce qu'il se dit avant de prendre son courage à deux, de se lever et de s'avancer en direction des deux frères. Les deux vampires le regardèrent s'avancer eux en souriant.
_ Pourquoi me fixez-vous ainsi depuis tout à l'heure ? demanda Harry avec fermeté les yeux braqués dans ceux du plus vieux des frères.
_ C'est plutôt moi qui devrais te poser cette question, lui répondit le vampire en souriant avec amusement.
_ Comment ça ? questionna Harry avec confusion.
_ Comment as-tu fait pour voir que nous te regardions ? interrogea le vampire un sourire carnassier aux lèvres.
_ J'ai vu que vous me regardiez, lui expliqua Harry.
_ Et comment as-tu su que nous vous regardions ?
_ Eh bien, en vous regardant, répondit Harry qui ne voyait pas où voulait en venir son interlocuteur.
_ Voilà ! s'exclama l'autre. C'est bien ce que je disais, c'est toi qui nous regardais et non le contraire. Car, comment aurais-tu su que nos yeux étaient posés sur toi si toi tu n'avais pas déjà tes yeux posés sur nous. Donc, ce n'est pas nous qui te regardions, mais bien toi qui nous regardais. De ce fait, c'est à moi de te demander pourquoi tu nous regardais ?
Harry dévisagea le vampire avec incrédulité. Il se foutait de sa gueule ou quoi ?!
_ Ce que vous venez de dire est insensé, finit par déclarer Harry.
_ Pas du tout ! protesta l'autre. C'est tout à fait sensé et logique de mon point de vue. C'est toi qui nous regardais et pas le contraire.
C'était quoi cette logique de merde qu'il n'arrivait même pas à comprendre, soit dite en passant ? se demanda Harry en son for intérieur. Et le jeune sorcier fut tellement confus par la déclaration absurde du vampire, qu'il en oublia la peur qui tapissait encore dans son cœur.
_ Vous êtes fou, conclut Harry à haute voix après quelques secondes de silence. Les Détraqueurs ont fait très vite avec vous on dirait. Et si vous êtes dans cet état après seulement une semaine passée ici, je me demande dans quel état vous allez être d'ici un mois.
_ Je ne suis pas fou, démentit le vampire. Je suis parfaitement saint d'esprit je peux te l'assurer, ajouta-t-il.
_ Tu vois Sirius, je ne suis pas la seule à penser qu'il te manque quelques cases en moins, dit l'autre vampire d'une voix dure et un peu sèche.
La voix pouvait aussi bien appartenir à un homme qu'à une femme tellement elle était neutre malgré sa dureté et sa sècheresse. Harry porta son attention sur le propriétaire de la voix. Un instant ! Vient-il de dire ''LA SEULE'' ou bien avait-il mal entendu ? Le vampire qu'il prenait pour un homme serait en fait une femme ? Poussé par la curiosité, le regard d'Harry se porta au niveau de la poitrine du second vampire. Ce fut seulement qu'il remarqua le léger enflamment de celle-ci. Effectivement, se dit-il, c'est bien une femme et nom un homme. Après cette constatation, il observa de plus près la vampire. Cette dernière tout comme son ''frère'', était grande. Sa mâchoire était forte avec des lèvres minces étiraient en un sourire arrogant et dédaigneux, qui semblait être une marque de fabrique chez elle.
Elle possédait des cheveux bruns semblables à ceux de son ''frère'', mais alors que ceux de ce dernier étaient fins et s'arrêtaient au niveau de ses épaules, les siens étaient longs et épais. Et tandis que ceux du vampire mâle semblaient être très bien entretenus, ceux de la femme, malgré leur brillance, étaient décoiffés et négligés. Harry se rendit aussi compte que contrairement à sa première déduction, la vampire semblait avoir quelques années de plus et non des années en moins. Cela étant noté, Harry reporta son attention sur celui que la vampire venait d'appeler Sirius. Ce dernier était en train de répondre à la remarque désobligeante.
_ Alors cela doit certainement venir du temps que je passe avec toi, ma chère cousine. Ta folie doit être contagieuse comme ne cesse de dire Lucius quand Narcissa a le dos tourné.
Donc, ils sont cousins, releva Harry. Encore une erreur de déduction de sa part. Son séjour dans cette maudite prison commençait-il à lui ronger les cerveaux ? se demanda-t-il avec peur. Merlin ! Tout, mais pas ça ! Son cerveau en plus de sa magie était la chose la plus importante pour lui après sa famille Moldue. S'il venait à perdre l'un ou l'autre, c'était certain, il ne s'en remettrait jamais.
_ Je ne suis pas folle, stupide Gryffondor ! répliqua ladite cousine en le fusillant du regard.
_ Dit celle qui proclame à qui veut l'entendre qu'elle est un homme piégé dans le corps d'une femme, marmonna Sirius, mais suffisamment fort pour que Harry puisse l'entendre.
_ Je ne le prétends pas, rétorqua sa cousine, je ne fais qu'annoncer un fait. Je suis bien coincée dans le corps d'une femme à mon grand désespoir.
_ Et à quel moment cela est-il arrivé au juste ? Quand tu étais dans le ventre de ta mère ou bien lorsque tu en es sorti ? se moque Sirius.
Une fois de plus, la vampire fusilla son cousin du regard en portant la main vers l'endroit elle devait sans douter porter sa baguette habituellement.
_ Magie à certainement due se tromper de corps lorsqu'elle a permis ma création, cracha la vampire avant de s'éloigner du mur où les deux cousins étaient adossés pour se dirigeait vers le fond de leur cellule commune, là où ils se trouvaient tous à cet instant.
_ Allez Bella, ne boude pas et reviens, dit Sirius en rattrapant la vampire par le bras. Je suis désolé, ajouta-t-il par la suite.
Et pour une fois, Sirius l'était, car il savait à quel point sa cousine souffrait de cette situation. Dans son esprit, elle se voyait vraiment comme un homme piéger dans le corps d'une femme. D'après ce que Sirius savait, cela avait commençait à son plus jeune âge. En fait, sa tante lui avait un jour dit que dès qu'elle avait su parler, la première chose que Bellatrix avait dite à sa mère avait été : « Je suis un garçon, pas une fille. ». Cela avait fait rire tout le monde sur l'instant, mais lorsqu'en grandissant elle avait continué à le redire encore et encore, plus personne ne rirait. Les parents de Bella avaient amené cette dernière consulter un médicomage spécialiste des défaillances mentales enfantines, mais celui-ci n'avait rien trouvé d'anormal. Mais comme son oncle et sa tante avaient insisté pour que le médicomage soigne leur fille, celui-ci avait prescrit plusieurs potions qui devaient aider à la rendre ''normale''. Il va de soi que les potions n'avaient pas marché, car Bellatrix n'avait jamais cessé de proclamer être un homme. Bref, tout ça pour dire que le sujet était très sensible.
Bellatrix résista un peu avant de consentir à retourner à l'endroit où ils avaient laissé Harry. Le jeune sorcier les suivit du regard sans dire un mot. Lorsque les deux adultes furent à ses côtés, il se demanda pourquoi il était resté à les attendre. C'était stupide, se dit-il ensuite tout en se pensant qu'au moins, il n'aurait pas à craindre une attaque sexuelle venant de l'un de ses deux compagnons de cellule. Ce qui n'avait pas été le cas des deux précédents, se remémora-t-il avec un frisson de dégoût et e frayeur. Déjà ça de pris, souffla-t-il en jetant des coups d'œil soupçonneux en direction de Sirius. Il chassa rapidement les images de la tentative de viol dont il avait été victime le soir de son arrivée à Azkaban. Ce jour-là, il avait eu la peur sa vie. Et sans l'intervention salutaire et impromptue des gardiens de la prison, les Détraqueurs, Harry aurait subi l'impensable. Malheureusement, même s'il avait pu éviter que le pire ne se produise ce soir-là, il gardait un traumatisme si profond, que dès qu'il se trouvait en présence d'autres personnes, il était pris d'une frayeur presque irrépressible.
Harry secoua la tête pour faire disparaître les dernières images de cette soirée maudite pour se reconcentrer sur le présent. Il centralisa donc toute son attention sur Sirius. Et tout en le détaillant une nouvelle fois avec un peu plus d'insistance, Harry se dit qu'il devait absolument garder un œil sur lui. Effectivement, Sirius avait un je ne sais quoi qui poussait Harry à rester sur ses gardes. En vérité, cette méfiance lui venait d'une des nombreuses leçons de Snape. La leçon en question était que tous les vampires sans distinction, avaient besoin de se nourrir sexuellement une fois toutes les semaines pour rester en bonne santé mentale, physique et magique. Et cela allait faire une semaine que les deux vampires étaient là. De plus, plus Harry regardait Sirius, plus il avait l'impression que ce dernier correspondait un peu trop et étrangement à la description que Snape lui avait faite de l'archétype même du vampire libertin, obsédé, sans gêne ni manière, qui ne connaissait pas ce que le mot pudeur voulait dire ; et qui ne pouvait résister à la tentation de planter son grossier pieu dans le premier trou venu (cette partie, Harry ne l'avait pas vraiment compris).
De même, le soulagement qu'il ressentit en comprenant que Bella était une femme venait aussi d'une des leçons de son professeur de potion. En effet, Snape lui avait un jour dit que certaines femmes vampires pouvaient tenir presque deux semaines sans se sustenter de sexe, toutefois c'était des cas extrêmement rares. Et même si c'était rare, Harry ne pouvait s'empêcher d'être très heureux de découvrir que l'autre vampire était en fait une femme. C'était idiot de se dire ça, car une femme vampire restait aussi dangereuse qu'un vampire mâle, mais il ne pouvait retenir le sentiment de soulagement qui s'était installé en lui en comprenant qu'il n'avait à se soucier que d'un homme et non de deux. Il devait néanmoins rester sur ses gardes, se dit-il, car même si c'était une femme, elle restait tout de même une vampire. Une vampire soumise comme son cousin à ses instincts primaires. De plus, sa mère Pétunia lui avait toujours dit de se méfier des femmes, car elles étaient bien plus vicieuses que les hommes.
_ Alors petit sorcier, que fait un bébé tel que toi dans un endroit pareil ? Aurais-tu refusé d'aller au lit à l'heure ? questionna soudainement Bella en sortant Harry de ses pensées.
Le jeune sorcier foudroya le vampire du regard. Non, mais, elle se moquait de lui ou quoi ?
_ Quelque chose comme ça, finit néanmoins par répondre Harry.
_ Arrête de l'embêter Bella, reprocha Sirius en évitant Harry à s'asseoir avec eux. Je suis Sirius Black et voici ma charmante cousine ou devrais-je dire, cousin, Bellatrix Black, se présenta ensuite Sirius.
_ Que font des vampires dans une prison sorcière ? demanda Harry sans rendre la pareille.
_ Incroyable ! Il est aussi doué que nous l'a dit Snape, souffla Bella très impressionnée.
_ Parce que tu as doutée de lui ? s'étonna Sirius. Pourtant, il n'est pas du genre à surestimer ou même à complimenter quelqu'un même si ce dernier le méritait.
_ Oui, mais tout de même. Venant de lui, je pensais que… Je ne sais pas. Je ne m'attendais pas à ce qu'il comprenne aussi rapidement ce que nous sommes. Même tes anciens ''amis'' pensent encore que tu n'es pas un vampire. Que tu n'es même pas un Black, mais un enfant illégitime ou adopté par ma tante et mon oncle. Sans oublier que même le Grand Dumbledore, malgré toutes ses allégations, est incapable de reconnaître un vampire d'un simple sorcier. Alors, qu'il parvienne à nous démasquer aussi vite est vraiment exceptionnel.
_ Vous connaissez Snape ? questionna Harry avec intérêt.
_ Effectivement, nous le connaissons. C'est même lui qui nous a demandé de nous faire arrêter afin de venir de tenir compagnie le temps qu'il trouve un moyen de te faire sortir de là, répondit Sirius en souriant largement.
Son sourire était si éclatant qu'Harry se demanda si ce dernier avait conscience qu'il se trouvait actuellement dans l'une des prisons les plus redoutables de tout le monde sorcier.
_ Il vous a demandé de vous laisser enfermer et vous, vous avez simplement accepté ? interrogea Harry.
_ Parfaitement, acquiesça Sirius tout aussi souriant.
_ Mais vous êtes idiots ma parole, asséna Harry sans pitié. Idiots ou complètement fous, parce qu'il faut bien être l'un ou l'autre, ou même les deux à la fois pour accepter de se faire fermer dans un endroit pareil en sachant ce que vous êtes et vos besoins.
_ Et c'est bien ce que j'ai tenté de lui faire comprendre, mais cet imbécile ne m'a pas écouté, dit Bella en fixant méchamment son cousin.
_ Pourtant, tu as accepté de suivre l'imbécile que je suis, lui rappela Sirius.
_ Tu es l'héritier Black triple idiot, il était de mon devoir de te suivre afin de protéger tes arrières, répliqua-t-elle.
_ Je sais me débrouiller seul, tu le sais, lui répondit Sirius. De plus, si jamais il m'arrivait quelque chose, Regulus pourra toujours prendre ma place.
_ Certainement pas ! Regulus ne prendra jamais ta place. Tu es l'héritier et tu le resteras ! asséna immédiatement Bella.
_ Pourquoi ne peut-il prendre ma place ? Il a pourtant reçu la même éducation que moi au cas où il m'arriverait quelque chose.
_ Parce que Regulus à un rêve et je tiens à ce qu'il le réalise.
_ Je savais que tu l'aimais bien plus que moi, dit Sirius sur un ton larmoyant.
_ Tu te trompes mon cher cousin, détrompa Bellatrix avec un sourire arrogant.
_ Ah ! Donc, tu m'aimes plus que lui, s'exclama Sirius avec confiance.
_ Pas le moins du monde.
_ Hein ?! Pourtant…
_ J'aime Regulus, ce qui n'est pas le cas avec toi, car toi, je ne fais que te supporter.
_ Tu es cruelle, dit Sirius en portant la main à sa poitrine d'un geste théâtrale.
_ Pas cruelle. Juste honnête, rectifia Bella.
Harry suivit l'échange avec amusement. Leur petite chamaillerie lui rappelait étrangement ses petites prises de bec idiotes avec son petit frère. Cela n'arrivait pas souvent parce qu'Harry ne pouvait pas rester longtemps fâché avec Dudley, sans oublier qu'il ne pouvait presque rien lui refuser, mais il leur arrivait parfois de se disputer. Enfin, ce n'était pas vraiment de vraies disputes, mais quelque chose qui ressemblait un peu à la dispute des deux cousins Black. Penser à Dudley lui fit mal au cœur. Il retint difficilement la larme qui voulut s'échapper de son œil droit. Penser à Dudley lui fit aussi penser à ses parents, Vernon et Pétunia. Son cœur se compressa sous la douleur. Et là, il ne put retenir plus longtemps cette larme. Il la laissa donc couler. La larme ne fut pas suivie par d'autres, mais elle fut suffisante pour retenir l'attention de Sirius et de Bellatrix.
Les deux furent tellement pris au dépourvu, qu'ils ne surent quoi faire. Bella qui n'était pas très à l'aise avec les enfants, enfin adolescent dans le cas présent, donna un coup de coude à Sirius et lui demanda de faire quelque chose. Sirius se massa sa pauvre côté martyrisée injustement avant de s'approcher de Harry. Maladroitement, il passa son bras autour des épaules du jeune sorcier en tapotant son crâne. Mais avant qu'il n'ait pu dire un mot ou faire un geste de plus, le vampire fut repoussé brutalement contre le mur alors que trois Détraqueurs firent leurs apparitions dans leur cellule.
Les sinistres gardiens d'Azkaban entourèrent ensuite Sirius. Le vampire poussa alors un cri d'épouvante avant de se changer en un gros chien noir qui se replia sur lui-même. Bellatrix, d'abord très surprise par les évènements, glissa sa main dans une poche cachée de sa botte gauche et se saisi de sa baguette de secours qu'elle était parvenue à cacher à l'aide d'un sortilège connu des vampires seulement. Ensuite, elle essaya de se souvenir des leçons que son ancien précepteur ainsi que son ancien professeur de Défense Contre les Forces du Mal lui avaient apprises. Ensuite, elle se concentra sur un des rares souvenirs joyeux qu'elle avait, puis elle cria : « Spero patronum ».
Une fine brume sortit de sa baguette et se dirigea vers les Détraqueurs. Et même si le sortilège n'avait pas pris une forme visible, ce fut suffisant pour chasser les gardiens. Bellatrix courut vers son cousin dès que ces derniers eurent quitté leur cellule. Elle vérifia que Sirius allait bien. Le chien qui avait pris la place de Sirius gémissait pitoyablement en tremblant comme une feuille. Il fallut de longues minutes avant que les tremblements ne se calment suffisamment pour permettre au vampire de reprendre forme humaine. Il fallut attendre d'autres longues minutes pour que Sirius puisse complètement se reprendre. Et quand ce fut fait, son premier geste fut d'aller s'assurer qu'Harry allait bien.
Le jeune sorcier était recroquevillé dans un coin de la cellule et regardait les deux cousins avec méfiance. On aurait dit un animal apeuré. Harry avait peur. Une peur qui n'avait plus rien à voir avec ce qui l'avait déclenché. En effet, bien qu'au départ elle avait été initiée par le touché de Sirius qui avait fait remonter à la surface le souvenir de la nuit où il avait failli se faire violer par ses codétenus, elle avait à présent une autre origine. Cette origine se trouvait être les Détraqueurs. Cependant, sa frayeur actuelle n'avait rien à voir avec les effets indésirables qu'engendre la venue de ces derniers. Non, l'origine de sa présente peur venait du comportement de ces derniers depuis sa venue à Azkaban. Et cet étrange comportement duré depuis maintenant deux ans. Deux ans de questionnement et de colère.
_ C'est toi, accusa soudainement Bellatrix en le pointant du doigt. C'est toi qui les as appelés. Ils sont venus pour te protéger !
C'était ça. C'était l'origine de sa frayeur. Depuis qu'il était arrivé dans cette prison, un lien inexpliqué et effrayant s'était créé entre lui et les Gardiens de la prison. Harry ne savait pas ce qui était à l'origine de ce lien ni pourquoi il s'était, mais depuis la nuit où les deux sorciers qui partageaient sa cellule avaient tenté d'abuser de lui, il pouvait communiquer avec les créatures chargées de la protection de la prison. Et non seulement il pouvait leur parler, mais il pouvait aussi les commander et leur présence n'avait aucun effet sur lui. Et c'était grâce à ça qu'il n'avait pas encore perdu la raison comme la majorité des prisonniers d'Azkaban. Et c'était aussi grâce à ça qu'il était toujours en vie malgré les nombreuses tentatives d'assassinats dont il avait été victime durant ces vingt-quatre derniers mois. Les Détraqueurs étaient très protecteurs avec lui, ce qui faisait qu'ils s'attaquaient à tous ceux qui avaient le malheur de s'en prendre à lui.
Cette étrange protection et son tout aussi étrange lien avec les créatures de l'ombre, de la mort, auraient dû rassurer Harry, mais ce n'est pas le cas. Harry avait peur d'eux, il avait peur de ce qui était à l'origine de tout ça. Mais plus important, il avait peur de découvrir qu'il n'était pas normal. Qu'il n'était pas tout à fait humain comme lui avait plusieurs fois dit ses camarades de classe quand il allait à l'école moldue ainsi que Ron, le meilleur ami de Dranis. Oui, Harry avait peur de ce que cette protection et ce lien cachaient. Il en avait une peur profonde et viscérale.
