Le coin de l'auteure :
Bonjour !
Pile à l'heure pour un nouveau chapitre qui, je l'espère va vous plaire. Merci encore à vous tous pour vos magnifiques reviews. Je n'ai pas arrêté de sourire béatement en les lisant, si vous saviez comme ça me fait plaisir à chaque fois... Assez blablaté, je vous laisse lire.
Bonne lecture !
Bises ;)
Peaseblossom
Disclaimer : les personnages et l'univers sont à JK Rowling, la seule, l'unique.
Réponse aux reviews anonymes :
Nel : merci, merci, et encore merci pour ta review... Ce que tu m'as écris m'a beaucoup touchée. Je suis vraiment contente que tu attendes les chapitres à venir avec impatience. J'alternerai tout du long un chapitre du point de vu de Harry et un chapitre du point de vue de Drago, ça me permet de montrer ce qui se passe et ce que l'on pense des deux côtés. Sinon, je suis ravie que tu aies retrouvé les personnages tels que tu les aimes, ce n'est pas forcément évident à écrire, mais je suis assez satisfaite du résultat. ^^ En tout cas, merci à toi de nouveau. J'espère que ce chapitre te plaira autant que le précédant. A bientôt ! Bises ;)
C : Hey ! je suis contente de te retrouver sur cette fic ! Je vais merveilleusement bien, et j'espère que c'est aussi le cas pour toi. Je trouvais que Le Baiser de Klimt allait assez bien avec cette histoire (j'avais envisagé d'autres œuvres, mais une fois que je suis tombée sur celle-là, j'ai su que c'était celle-ci et pas une autre.) et je suis vraiment que ce choix te plaise. Et non, tu ne blablates jamais trop, c'est toujours un plaisir de bavarder avec toi. ^^ A part ça, je suis vraiment, vraiment très heureuse de voir que cette fic te plaît, le début du moins. J'espère qu'il en ira de même pour la suite. Vraiment, je ne sais pas quoi dire d'autre pour te remercier de tes adorables à reviews et de tous tes compliments qui me vont droit au cœur. A très bientôt ! Bises ;)
Chapitre 3 – Se réveiller dans les cieux
Un rayon de soleil qui s'était glissé à travers les fentes du rideau réveilla Drago. Il s'étira, faisant craquer ses articulations ankylosées et ouvrit les yeux. Il tourna la tête et son regard se posa sur Hermione. Elle dormait sur le ventre, le visage tourné vers lui. Ses cheveux étalaient leurs boucles indomptables sur l'oreiller blanc. Le drap était à demi entortillé autour de sa taille, et il suivit du regard la ligne légèrement incurvée de sa colonne vertébrale jusqu'au creux de ses reins. Des images de la veille lui revinrent en mémoire. Ses soupirs. Sa voix quand elle murmurait son prénom. Ses hanches qui cognaient contre les siennes. Ses lèvres qui glissaient sur sa peau. Il sourit. A la timide lueur du jour, il observa son profil serein. Elle était si belle quand elle dormait. Sa main reposait tout près de son visage et il caressa doucement, presque inconsciemment, la peau fine et blanche de son poignet.
La lumière qui baignait la pièce lui donnait une atmosphère irréelle. Comme si le temps était suspendu. Les ombres dansaient sur la peau de la jeune femme. Un maigre rayon de soleil jouait dans ses boucles et les allumait de reflets d'or et de rouille. Il n'y avait pas un bruit, et seul le doux murmure de sa respiration troublait le silence. D'humeur taquine, Drago se redressa légèrement et entreprit de dessiner du bout des doigts des arabesques compliquées sur l'épaule d'Hermione.
Elle le rendait fou. Personne n'avait jamais réussi à lui faire cet effet. Il ne s'était jamais senti aussi… entier, aussi incroyablement en paix avec lui-même. Tout lui paraissait limpide. Et il aurait voulu que rien ne vienne jamais mettre un terme à cet instant de grâce. Alors que la veille encore, il pestait contre ses collègues du bureau, contre Astoria, même contre sa famille, il avait fallu d'une toute petite minute pour que l'oubli l'emporte et efface toutes ces tracasseries de si peu d'importance. Et toujours, son index traçait des signes incompréhensibles, des boucles et des spirales tortueuses sur la peau blanche, où se dessinait un fin réseau de minces veines bleuâtres.
Au bout d'un moment, la jeune femme marmonna et commença à s'éveiller. Ses cils battirent sur ses joues. Elle ouvrit les yeux. Elle sourit, referma les yeux et s'étira en ronronnant. Il suivit avec fascination les ondulations de ses muscles sous sa peau dénudée.
« Bonjour, murmura-t-elle.
- Bonjour. »
Sa main se posa sur sa joue rêche, écarta quelques cheveux qui lui tombaient sur les yeux et dessina la ligne dure de sa mâchoire. Elle avait les yeux encore pleins de sommeil, et de légers cernes soulignaient son regard, mais compte tenu de la nuit qu'ils avaient passée, ça n'avait rien d'étonnant. Ils restèrent un long moment sans parler, les yeux dans les yeux. Il observa en détail les nuances de son regard. Les éclats d'or mêlés aux flammes brunes de ses iris avaient quelque chose de magnétique. Il s'y perdit de longues minutes. Il y avait plus d'amour et de douceur dans ses yeux qu'il n'en avait jamais connu dans toute sa vie. Un sourire tendre étira ses lèvres et il ne résista pas plus longtemps. Lentement, comme s'il savait que leur temps était compté, il l'embrassa.
« Je t'aime, » glissa-t-il à son oreille.
Il ne l'avait jamais dit avant. Parce qu'un Malefoy ne peut pas aimer. Mais il ne comprit jamais mieux qu'à cet instant que c'était faux. Il aimait de toute la force de son être et de son âme. Il aimait comme il n'aimerait jamais plus. Il n'avait jamais imaginé que ces mots lui viendraient si facilement, mais à cet instant, ils glissaient naturellement sur sa langue, et laissaient au fond de lui une sensation de bonheur infini. C'était si simple. Tellement simple. Mais tout était dit. Tout ce que son cœur n'avait jamais osé ressentir se lovait dans ces trois petits mots glissés avec tendresse à l'oreille de la seule personne qui comptait vraiment.
Son sourire s'accentua, illuminant ses yeux de l'intérieur. Comme si deux étoiles venaient soudainement de descendre se loger au fond de ses iris noisette.
« Moi aussi, je t'aime. »
Et c'était si facile. Si facile d'aimer et de se laisser aimer. La plénitude de son bonheur lui noua la gorge. Il se demanda comment, toutes ces années, il avait pu fuir la seule chose qui le rendait vraiment heureux. Cette chose qu'on lui avait appris à redouter et à mesurer en tout, au risque de se créer des faiblesses. Ce matin-là, Hermione serrée contre lui, il comprit ce que voulait dire ce vieux fou de Dumbledore quand il disait que l'amour était la magie la plus puissante qui soit.
« Quelle heure est-il ? » demanda-t-elle.
Drago se retourna et tâtonna sur sa table de chevet pour récupérer sa baguette. Un rapide Tempus leur indiqua qu'il n'était pas loin de midi et demi. Elle soupira lourdement.
« Il va falloir que j'y retourne. Ils doivent être dans tous leurs états. »
Elle se redressa et pesta contre les draps noués étroitement autour de ses jambes. Il attrapa son bras.
« Non, reste. S'il-te-plaît. »
Elle se tourna vers lui. Elle semblait aussi déchirée et torturée que lui.
« Je voudrais bien, lui fit-elle tristement. Mais ils ne nous laisseront jamais être ensemble. »
La bague de fiançailles qu'elle portait à la main droite lui sembla briller plus fort. Une barrière infranchissable qui les tiendrait toujours éloignés l'un de l'autre. Une bague qui la gardait enchaînée à Weasley et l'empêcherait toujours d'être entièrement à lui.
Elle se pencha sur lui et posa ses lèvres sur les siennes. Il y avait quelque chose de désespéré dans son geste. Elle posa son front contre le sien. Sa peau était tiède contre la sienne.
« Je ne veux pas vivre sans toi, murmura-t-elle. Ne leur laissons pas l'occasion de nous séparer. Si jamais ils l'apprennent, ils ne nous laisseront jamais une chance de nous revoir. Je t'en prie, Drago. »
Il soupira. Elle avait raison. Bien sûr qu'elle avait raison. Mais ça ne rendait pas la chose plus facile.
« Verna ! » appela-t-il.
Un crac ! sonore résonna dans la chambre, et une toute petite elfe de maison vêtue d'une taie d'oreiller immaculée et brodée aux armes de la famille Malefoy apparut dans la pièce. Elle s'inclina profondément, jusqu'à ce que son nez en forme de trompette touche le sol, tout en couinant rapidement :
« Oui, maître Drago ? »
Ses grandes oreilles, semblables à celle d'une chauve-souris s'agitèrent et ses yeux globuleux d'une étrange teinte marron claire se fixèrent sur eux, et détaillèrent Hermione avec curiosité. La jeune femme sursauta et fusilla Drago du regard.
« Tu as un elfe de maison ? »
Elle semblait à la limite entre la consternation, la déception et la colère. Réaction qu'il jugea disproportionnée. Il était un Malefoy. Les Malefoy avaient toujours eu des elfes de maison. Il était hors de question qu'il change ses habitudes. Surtout qu'il n'avait pas le temps de se transformer en fée du logis. Il avait bien trop de choses à faire. Il avait été trop heureux que ses parents lui envoient Verna lorsqu'il avait quitté le manoir et le Wiltshire pour s'installer à Londres.
« Bien sûr. Et grâce à toi, je la paye et elle a droit à des vacances, répliqua Drago. Verna, tu veux bien préparer rapidement quelque chose à manger pour Hermione ?
- Bien sûr, maître Drago. »
Elle fit une nouvelle courbette et disparut dans un nouveau craquement, non sans avoir jeté un regard curieux, avec un soupçon d'animosité, à la jeune femme. Hermione s'assit au bord du lit en marmonnant.
« Je me disais bien que cet endroit était trop propre pour que tu te sois chargé toi-même du ménage. »
Drago leva les yeux au plafond. Verna était dans sa famille depuis qu'il était tout petit. Il l'avait toujours connue. C'était elle que l'on avait chargée de changer ses couches. Et elle préparait les meilleurs chocolats chauds de la cuisine du Manoir et Hermione n'aurait pas dû tant se plaindre. Cette elfe l'aimait bien et savait ce qu'il aimait sur le bout des doigts.
« Arrête de râler, sourit-il. Sans elle, je serais mort de faim depuis longtemps. Je lui suis très reconnaissant, tu sais. »
Elle haussa les épaules. Il la rejoignit à quatre pattes et posa son menton dans le creux de son épaule. Ses cheveux lui chatouillèrent la joue. Elle refusa de lui adresser un regard, et fixa résolument la fenêtre, où le soleil ondoyait sur les rideaux sombres.
« Tu ne vas pas bouder pour si peu, si ?
- Peut-être. »
Il posa ses lèvres sur l'arrondi de son épaule, et remonta lentement jusque dans son cou. Sa main emprisonna la sienne, et joua avec ses doigts menus. Elle frissonna. Ses lèvres glissèrent jusque derrière son oreille. Un soupir lui échappa.
« Et maintenant ? chuchota-t-il.
- Ça se discute.
- Tu es dure en affaires.
- Ce n'est que maintenant que tu t'en rends compte ? »
Elle tourna son visage vers lui. Il la regarda avec de grands yeux innocents. Elle sourit, et combla les quelques centimètres qui séparaient leur visage. A ce moment, quelqu'un frappa avec force à la porte d'entrée. Hermione et Drago échangèrent un regard. On tambourina de nouveau, et une voix se fit entendre.
« Malefoy ! Ramène-toi ! »
Hermione se tourna vers lui, les yeux écarquillés.
« C'est Harry.
- File, murmura-t-il. »
Il relâcha sa main et la laissa se lever. Elle récupéra en vitesse ses vêtements et courut s'enfermer dans la salle de bain.
Drago se leva à son tour et traversa son salon entièrement nu, d'un pas nonchalant. Il s'arrêta devant la petite cuisine où Verna, perchée sur une chaise haute, s'affairait autour des casseroles, des poêles et des bouilloires en claquant des doigts.
« Ne parle pas d'Hermione, lui chuchota-t-il. C'est important. »
Ses oreilles frémirent et elle acquiesça gravement. Il franchit les derniers mètres qui le séparaient de la porte et l'ouvrit d'un coup sec. Il tomba nez à nez avec le poing d'Harry Potter, qui s'apprêtait à cogner de nouveau à la porte, et un peu en retrait, se tenait George Weasley. La présence du jeune marié l'étonna, il se serait plutôt attendu à voir le numéro suivant, mais il n'en laissa rien paraître.
« Qu'est-ce que je peux faire pour vous ? » demanda-t-il narquoisement.
Un silence gêné s'installa quelques secondes. Potter l'observa de la tête aux pieds, mal à l'aise. Derrière lui, George marmonna, en détournant les yeux :
« Passer un pantalon, peut-être.
- Pourquoi donc ? Ça te dérange, Weasley ? » se moqua-t-il.
Potter secoua la tête, et ayant repris ses esprits, il lui demanda d'une voix qui se voulait ferme :
« Est-ce que tu sais où est Hermione ? »
Drago s'appuya contre le chambranle de la porte, volontairement provoquant, en le fixant droit dans les yeux. Il lut beaucoup d'inquiétude dans le regard du brun. De l'angoisse et de la colère. Hermione allait avoir fort à faire pour se justifier.
« Pourquoi saurais-je où se cache Granger, au juste ? rétorqua-t-il froidement. Tu n'as qu'à demander à ta belette de meilleur ami.
- Ron est au Terrier, mort d'inquiétude, lâcha durement Potter. On l'a cherchée toute la nuit sans la trouver. Tu es le dernier à avoir été vu avec elle.
- Et ça fait de moi le premier suspect. Tu as bien appris tes leçons, Auror Potter, » ironisa Drago.
Un éclair de colère vrilla le regard vert émeraude de Potter. Il sortit sa baguette magique de sa poche, et en moins d'une seconde, elle était pointée sur son cou. Ils avaient fait leur formation d'Auror en même temps, Drago savait de quoi il était capable. Sa propre baguette était restée sur la table de chevet, et dans cette position, il n'avait aucune chance si Potter envisageait de lui jeter un sort. Mais il n'avait jamais pu résister à l'envie de jouer avec le feu et un sourire goguenard étira ses lèvres, ce qui ne sembla pas plaire du tout au brun.
« Ne joue pas à ça avec moi, Malefoy, siffla Potter, le regard noir. Où est Hermione ? »
Drago vit le regard de George se poser avec attention sur lui. Il le détaillait comme un rat de laboratoire, et Drago n'aimait pas ça du tout. Il n'était pas l'une de ses expériences étranges, ni l'un de ses cobayes. Il riva son regard à celui de Potter et affirma, très calmement, sans ciller :
« Je n'en sais rien. »
Potter abaissa très, très légèrement sa baguette. Il n'avait jamais pu lui faire confiance et c'était réciproque. Un masque de défiance avait remplacé la colère sur son visage. Sans le quitter des yeux, il lança à l'adresse de George :
« Tu en penses quoi ? »
George l'observa avec attention une minute supplémentaire, durant laquelle Drago le fusilla du regard, puis il haussa les épaules.
« Je ne sais pas, Harry. Il n'a pas l'air bizarre. »
Bizarre ? Pourquoi aurait-il eu l'air bizarre ? Il fronça les sourcils et fixa George. Pourquoi toute cette attention ? Que cherchait-il, exactement ? Il y avait quelque chose de pas net, sous cette histoire, il en aurait mis sa baguette au feu. On aurait dit qu'ils… qu'ils cherchaient à s'assurer de quelque chose. Mais quoi ? Et quel rapport avec lui et Hermione ? Son instinct lui disait qu'il s'était passé quelque chose chez les Weasley. Encore fallait-il savoir quoi.
Potter grimaça. Le regard de Drago passa de l'un à l'autre. Ces deux-là cachaient quelque chose, et il n'était pas certain de s'en réjouir s'il venait à découvrir ce dont il s'agissait. Potter reporta sa pleine attention sur Drago et le prévint froidement :
« Si on ne la retrouve pas, Malefoy, je m'assurerais qu'on te colle dans un trou et qu'on t'y oublie jusqu'à ce que tu nous dises où elle est.
- Elle aurait le temps de mourir dix fois avant que tu ne mettes la main dessus, Potter, » le défia-t-il alors qu'il tournait le dos.
Potter se retourna et lui jeta un regard noir, en levant de nouveau sa baguette magique. George lui attrapa le poignet et lui jeta un regard d'avertissement. Potter baissa sa baguette et lui adressa un regard assassin. Puis il se laissa entraîner par Weasley dans l'escalier en colimaçon.
« Bonne journée à la belette ! » leur lança-t-il, avant qu'ils ne disparaissent.
Un grognement rageur lui répondit. Peu à peu, les échos de leur descente s'estompèrent. Satisfait, il referma la porte et s'appuya contre le bois. Ils l'avaient échappé belle. Toutefois, le comportement de Potter et Weasley le laissait songeur. Ils l'avaient regardé comme s'ils s'attendaient à trouver quelque chose d'étrange chez lui. Mais ce n'était pas le cas. Pourquoi aurait-il dû se comporter étrangement ? Quelque chose de louche se dissimulait là-dessous, c'était certain. Il retourna dans la chambre et toqua à la porte de la salle de bain.
« Ils sont partis, » annonça-t-il.
Quelques secondes après, Hermione ouvrit la porte et passa la tête à travers l'ouverture. Elle fronçait les sourcils et regarda avec attention autour d'elle.
« Tu as intérêt à trouver une excellente excuse, ou je vais finir à Azkaban pour enlèvement et séquestration, » la prévint-il.
Elle soupira. Elle avait remis sa robe rouge de la veille, qui soulignait si bien l'ivoire de sa peau, et rapidement relevé ses cheveux en queue de cheval.
« Il faut que je retourne au Terrier. »
Il posa une main sur sa taille et l'attira contre lui. Il enfouit son nez dans ses cheveux. Il ne voulait pas qu'elle parte. Il ne voulait pas passer la journée à essayer de combler le vide de son absence. Elle noua ses bras sur sa nuque et cacha son visage dans son cou.
« Fais attention, lui souffla-t-il. Ils avaient l'air de croire qu'il m'était arrivé quelque chose, et ils étaient un peu trop décidé à me faire dire où tu étais. Il a dû se passer quelque chose. »
Elle acquiesça. Elle s'écarta légèrement de lui, l'embrassa chastement sur les lèvres, et s'arracha à son étreinte. Elle traversa la chambre d'un pas vif, puis la salle de séjour. Il la suivit nonchalamment et la regarda se diriger directement vers la cheminée. Là, elle se retourna :
« Je te promets que je reviendrais vite, » lui assura-t-elle.
Son regard brillait de sincérité et de tendresse. Merlin qu'il l'aimait. Son cœur saignait rien qu'à l'idée de la savoir loin de lui et de ses bras. Vivre et rire auprès d'autres que lui, qui ne l'aimeraient jamais à moitié autant que lui. Mais ils n'avaient pas vraiment le choix. Et ça le tuait de rester là en attendant qu'elle revienne.
Elle attrapa une poignée de Poudre de Cheminette et s'avança dans l'âtre. Elle jeta un dernier regard plein de promesses à Drago, puis s'envola dans une flambée de flammes d'un intense vert émeraude. Drago fixa un long moment les dernières étincelles vertes mêlées de cendres qui voltigeaient dans sa cheminée puis, il retourna dans sa chambre.
Il ramassa pensivement ses vêtements éparpillés un peu partout sur le sol, faibles échos de leurs ébats passionnés de la nuit. Une longue douche plus tard, il retourna dans la salle de séjour. De bonnes odeurs s'échappaient du coin cuisine. Il s'assit à table et Verna fit léviter vers lui un petit-déjeuner au fumet odorant qui aurait suffi à nourrir une petite armée. Il piocha à droite et à gauche dans les bols et les assiettes, sans grand appétit.
« Maître Drago ? »
Le jeune homme tourna la tête vers la petite elfe, qui l'observait avec de grands yeux hésitants, perchée sur sa chaise. Ses oreilles frémirent quand son regard se posa sur elle.
« Mademoiselle Hermione est une Née-Moldue ? » avança-t-elle prudemment de sa petite voix fluette.
Elle connaissait parfaitement la réponse. Peu de personnes portaient ce nom étrange d'Hermione, et il n'avait récriminé au manoir que contre une seule d'entre elles. Tous les elfes devaient être au courant. Un étrange sentiment assaillait Drago quand il repensait à toutes ces années où il avait maudit le nom de Granger. Toutes ces années de haine, de ressentiment, de préjugés et d'insultes... pour rien, sans voir le bonheur qui vivait sous son nez, et qui attendait son heure en silence. Tout cela lui paraissait si loin, désormais. Si loin et si futile. Tant de choses avaient changé à présent. Trop vite sans doute pour qu'il puisse pleinement réaliser ce qui lui arrivait.
Il hocha la tête, encourageant l'elfe à poursuivre.
« Mademoiselle Hermione est moins jolie que mademoiselle Astoria. »
Elle jeta un regard incertain à Drago. Il mordit dans un toast et acquiesça, amusé malgré lui par la situation. Il attendait de voir où elle voulait en venir. Les elfes se montraient rarement aussi curieux ou indiscrets. Mais il aurait pardonné n'importe quoi à Verna.
« Certes.
- Mais maître Drago est amoureux de mademoiselle Hermione.
- Incontestablement. »
La petite elfe hocha la tête avec satisfaction, comme si quelque chose de très important pour elle venait de lui être confirmé. Elle retourna à ses casseroles qui moussaient dans l'évier, et Drago crut même voir un léger sourire sur ses lèvres.
Quant à Drago, il aurait voulu que la situation soit aussi clairement établie dans l'esprit des gens, sans plus de récriminations ou d'oppositions. Et alors, peut-être qu'Hermione ne serait pas partie si vite. Et alors, peut-être qu'il aurait pu cesser de se demander où elle était et si elle allait bien.
