Le poids du silence.

Disclamer : les personnages de gundam wing ne sont pas à moi.

Notes : Bon alors ce chapitre est un point important de la fic, même si il vous semble un peu vide. Sans ce dernier mon histoire ne tiendrait pas la route, alors j'espère que vous l'aimerez autant que les précédents. Moi j'ai bien trippé, pour la dernière partie bien entendu, avant c'est un peu dur. Bonne lecture !

Cela faisait depuis deux jours que Heero restait enfermé dans sa chambre bleue. Il ne sortait de son abri que pour manger et prendre des bains. Son père avait pu constater que tous les efforts de ces cinq dernières années s'étaient envolés, son fils était redevenu aussi fragile que le cristal. Sans pouvoir contenir sa peine, il pleurait de longues heures dans la cuisine essayant d'épargner à son fils la vue d'un père si faible. Mais le garçon se doutait bien que son père n'en pouvait plus. Alors la peur se transforma en angoisse et en mal-être, il avait gardé la grande robe d'hôpital, lui donnant encore plus l'air d'un enfant égaré et déstabilisé. Ses cheveux tombaient à présent jusqu'à ses omoplates en longues mèches pendantes. Son visage était ravagé par les larmes et les cernes.

Il n'était vraiment pas fort, il ne méritait pas l'attention de son papa. Il s'enfonça un peu plus dans le coin du mur, resserrant la couette bleutée. Même la chaleur des plumes ne pouvait le réconforter. Sa maman disait qu'il s'agissait d'un cadeau des anges que l'on mettait dans une étoffe de soie pour permettre aux gentils garçon de faire de beaux rêves. Une nouvelle larme perla à cette pensée, et un petit gémissement se fit entendre.

Maman… j'ai tant besoin de toi…

Mais seul le silence lui répondait et comme d'habitude il éclatait en sanglot, sachant qu'il ne pourrait jamais la revoir. Aujourd'hui la pluie tombait drue, s'écrasant avec violence contre les vitres et provoquant un vacarme assourdissant. La lumière disparaissait dans la pièce et les ténèbres rongèrent peu à peu les dernières défenses du garçon. N'y tenant plus, il hurla en tremblant un :

Papa ! Aides moi !

Une course précipitée se fit entendre dans l'escalier et la porte vola contre le mur. Son père d'abord paniqué par le cri angoissé, fut soulagé de voir que son petit allait bien. Il s'agenouilla à côté et doucement sans se presser, il posa la tête de son fils sur sa cuisse, tout en lui caressant les cheveux. L'enfant pleurait et pleurait encore, se confondant en un millier d'excuses, les mains accrochées au pantalon de l'homme. Mais voir son trésor aussi mal, lacéra le cœur de l'adulte, qui à son tour ne put s'empêcher de délivrer des perles argentées, qui roulaient lentement le long de ses joues. Il enserra son précieux fardeau contre lui, pour essayait de le calmer, même s'il savait que cela ne servait à rien. Mais sans cet espoir de plus en plus lointain, que leur restaient-ils ?

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C'était le dernier jour de classe avant les vacances, et tout le lycée était en effervescence. Duo avait énormément de boulot pour tenir en laisse toute cette énergie. Heureusement que Wufei et Trowa étaient là pour tanner les rebellions. C'est avec résignation que le jeune américain, s'engouffra dans une salle de cours. Là, était regroupé son état major, Quatre parlait avec deux pions tandis qu'une dizaine de gros bras sans cerveau et avides de pouvoir l'attendaient. Sans les regarder, il s'installa sur le bureau de l'estrade et commença d'une voix agressive.

Je vous avais demandé d'éviter tout débordement durant les épreuves sportives ! Résultat, deux élèves ont haussé le ton devant un professeur et trois filles se sont enfuies pour aller jouer à la marelle !

Les gros allaient répondre en se confondant en excuses mais Duo les devança d'un geste rageur.

Je me fiche de savoir que vous êtes sincèrement désolé, si vous êtes des incapables, vous n'avez qu'à rejoindre les rangs des tafioles ! Je ne veux plus de ça ! C'est clair !

De peur de se faire plus engueuler et surtout de se mettre le boss à dos, ils hochèrent tous la tête et se retirèrent discrètement. C'est à cet instant que Quatre se dirigea vers son ami, alors que les pions disparaissaient eux aussi dans l'encadrement de la porte.

C'est chaud aujourd'hui.

Se sachant seul avec son meilleur ami, le président remit son sourire joyeux et sauta avec agilité de la table pour rejoindre le blond.

Ca met de l'animation ! Et en plus ça montre qu'on est les mecs de la situation !

Quatre éclata de rire devant les mimiques exagérées de l'américain qui faisait le V de victoire avec le sourire Bright.

Ouaip, en plus c'est le dernier jour de cours avant les vacances !

Ha mon dieu un terroriste ! Sors de ce corps vil démon des vacances !

Pour réussir son exorcisme, Duo utilisa ses doigts tueurs qui commençaient à s'enfoncer avec précision dans les côtes du jeune blond. Après une minute de combat acharné, ce dernier céda s'effondrant au sol les larmes aux yeux. La porte s'ouvrit et Trowa apparut, immédiatement son visage se ferma devant la scène et d'un ton mauvais il s'introduit :

Vous avez pas fini bande de gamins ! On vous entend du fond du couloir.

Pour seule réponse les deux jeunes gens lui tirèrent vivement la langue tout en se remettant debout.

Duo, la directrice veut te voir.

Le président le dépassa avec un sourire charmeur et lui déposa rapidement un baiser sur la commissure des lèvres, avant de s'enfuir à grandes enjambées dans le couloir pour éviter le poing qui le frôla avec hargne. Une fois l'américain disparu, le français fixa son regard sur le dos du blond qui regardait par la fenêtre. Une vague de tristesse s'empara de lui rien qu'à cette vision. D'une voix timide il souffla un :

Quatre…

Mais avant qu'il ne puisse continuer l'autre garçon se retourna violemment et le foudroya du regard. Avec une pointe de venin il mit fin à la conversation.

Je ne suis pas disponible pour toi. Pour qui tu te prends pour essayer de m'enlever Duo. Je me fiche que ça te choques ou que ça te perturbes, JE serais le petit copain de Duo avant la fin de l'année ! Avec ou sans ton soutien !

Accompagnant ses paroles il sortit lui aussi de la pièce et lâcha un :

Et n'essaies pas de l'éloigner de moi, notre amitié pourrait sauter à cause de ça, ne l'oublie pas.

Trowa serra les poings, mais ne dit rien, baissant la tête pour ne pas soutenir le regard acéré de son ami. Il put sentir le léger parfum de sable chaud lorsque ce dernier le dépassa avec rage. Dieu qu'il aimait cette odeur. Les jointures de ses doigts devinrent blanches sous la pression et n'y tenant plus, il frappa de toutes ses forces dans le mur. La peinture s'effrita et le plâtre forma une sphère, marque du désespoir qui saisissait le garçon.

T'es trop con.

Ses yeux le brûlaient, et il s'affaissa contre le pan de mur, tombant à genoux sous le poids de la tristesse. Pourquoi fallait-il que ça tombe sur lui ! Pourquoi !

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La sonnerie se déversa dans les couloirs vides du château, bientôt envahis par une armée d'éléphants et de gnous qui couraient vers les escaliers le plus rapidement possible. Des clameurs de joie et des hurlements hystériques retentirent à travers les longs murs. Le moment tant attendu arrivait enfin et les lycéens ne pensaient plus qu'à sortir de cet enfer. Les escaliers se firent piétiner par le troupeau tellement leur empressement était visible. Les élèves prirent de la vitesse dés la sortie du bâtiment, sprintant pour arriver les premiers au portail. Alors qu'un terminal était au dernier tournant, annonciateur de leur liberté, il se stoppa précipitamment, les larmes aux yeux, comme si on lui avait arraché tout espoir. Le peloton s'écrasa contre les malheureux qui s'étaient arrêtés, mais tous purent voir à leur grand effroi leur président avec la totalité de son service d'ordre. Quatre et Trowa étaient juste derrière son dos, le mettant un peu plus en valeur. Tandis que Wufei et deux rangées de musclor bloquaient allégrement les grilles ouvertes. Devant la populace médusée, Duo s'avança d'un pas sur vers les premiers rangs et d'une voix joyeuse et sensuelle il s'exclama :

En tant que président des élèves, je voulais vous souhaiter de bonnes vacances ! Mais comme je sais qu'il est difficile de le dire à cet instant, ben j'ai employé les grands moyens. Donc je vous souhaite à tous de merveilleuses vacances, et j'espère vous revoir en forme pour la rentrée !

Prise d'un élan de soulagement, la foule ovationna son représentant, et quelques filles se jetèrent dans les bras du beau châtain, vite repoussées par ses seconds. Dans une atmosphère bonne enfant, tous se dire au revoir en se faisant la bise ou en échangeant des poignés de mains viriles. Le barrage s'ouvrit de lui-même et tous saluèrent Wufei au passage ainsi que ses troupes. Mais dés que leurs pas les menaient en dehors de l'enceinte du lycée, l'hystérie reprit de plus belle. Tout le monde sautait, courait à tout va, juste pour montrer qu'ils étaient enfin en vacance.

De sa fenêtre la directrice regardait avec attention la scène qui se passait devant elle. Elle n'avait jamais vu une telle chose dans toute sa carrière. Ce jeune Duo Maxwell était un cas exceptionnel, il réunissait toutes les qualités pour devenir un grand politicien, mais pouvait aussi se lancer dans une profession ou les foules seraient à ses pieds. Il avait tout pour lui et le faisait savoir, entretenant avec application son image de marque. Un sourire sur les lèvres, elle sortit de son bureau, elle aussi allait pouvoir se faire bronzer en Corse.

Lorsque la foule fut complètement sortie, ce fut au tour de Duo et de Quatre de sauter partout, hurlant leur joie. Ils dansèrent une danse réunissant la valse, le tango, la salsa, et surtout la macarena, sous le regard abasourdi de leurs amis.

C'est les vac ! YAHOOOO !

Sans plus attendre le président enleva son étiquette de tyran pour redevenir le jeune homme charmant et complètement enfantin qu'il était. Il dit au revoir à ses amis ne se lassant pas de faire des bisous à toutes les joues qu'il rencontrait. C'est à cet instant qu'une grosse berline noire métallisée et décapotable klaxonna.

Bon aller les choux, mon frère m'attend ! Bonnes vacances !

Il se jeta dans les bras d'un Quatre à moitié en larme, prétextant qu'il ne pouvait vivre sans lui et déposa un kiss sonore sur sa joue pour finalement courir comme un lapin pour sauter dans la décapotable.

Son frérot le reçut avec une petite tape sur le haut du crâne, tout en démarrant en trombe pour impressionner les quelques filles qui regardaient avec passion la scène. Chez les Maxwell la classe était génétique.

La voiture prit de la vitesse, glissant avec grâce sur le macadam. Duo mit un cd et la musique inonda les environs, ça allait vraiment être de bonnes vacances !

A suivre…

En espérant que vous soyez toujours autant motivé pour une suite. J'attend avec impatience vos reviews, vos commentaires et vos encouragements !