ATTENTION : quelques changements concernant l'écriture de cette fic ! Je me suis rendue compte que ce n'est pas évident d'écrire la fic au présent d'autant plus qu'il n'y a pas vraiment « d'action » proprement dite qui mériterait que la narration se fasse au présent. J'ai donc décidé de rédiger la suite de la fic au passé et je pense que ce sera mieux comme ça ! Aussi, le récit se fera maintenant à la troisième personne ! Alors veuillez m'excuser pour ces petits désagréments lol !
DESTINS CROISES
- Chapitre 4 -
Comme Eva pu s'en douter, les évènements de veille ainsi que le fait d'avoir ressassé le passé lui ont fait passer une nuit plutôt agitée. Debout depuis six heures du matin, elle en avait profité pour défaire ses valises et ranger ses affaires, chose qu'elle n'avait pas encore faite depuis son retour, du moins elle n'en avait pas encore eu le temps. Elle essaya de faire un minimum de bruit pour ne pas réveiller son père qui dormait dans la chambre voisine. Malgré les bons moments qu'elle a passé en colocation, c'était tout de même agréable pour elle de se retrouver enfin chez elle. En défaisant ses valises, elle tomba sur la photo d'elle et Rob sur la plage. Photo qui a failli partir à la poubelle le soir du fameux anniversaire mais Eva n'a pas eu le cœur à la jeter donc elle l'a prise avec elle pour partir à Paris. Durant tout le temps de sa colocation, la photo était restée dans un tiroir de sa commande, cachée sous une pile de linge. De temps en temps, assez souvent à vrai dire, elle ressortit la photo juste pour y jeter un coup d'œil et s'assurer qu'elle était toujours là comme si elle pouvait disparaître de sa propre volonté. Bien sûr, elle avait parlé de Rob à Rosalie, son amie et colocataire, tout comme elle avait parlé de Lizzy et son père. Mais jamais elle n'a évoqué ses sentiments et encore moins les raisons qui l'ont poussé à s'exiler ces dernières années. Le moment était peut être venu de tourner la page ? Elle tint la photo dans ses mains quelques instants se demandant ce qu'elle allait bien pouvoir en faire. La rendre à Rob ? Pour qu'il la taxe de voleuse ? Certainement pas. La cacher de nouveau dans sa commode ? Le risque étant que Lizzy a toujours eu la fâcheuse tendance de fouiller dans les affaires d'Eva comme s'il s'agissait des siennes. Alors que dirait-elle si elle venait à tomber sur la photo ? Probablement rien à part la cuisiner jusqu'à ce que mort s'en suive et Eva n'avait pas du tout envie de ça pour le moment, elle n'avait pas envie de ça du tout ! En fait, elle ne voulait tout simplement pas régler ce problème tout de suite. Elle avait envie d'un peu de vacances et se vider la tête avant de se consacrer à sa recherche d'emploi. Elle conclut qu'elle se pencherait sur cette question à la rentrée de septembre, ce qui lui laissait 2 mois de vacances, lesquels étaient plus que mérités. Elle sortit son agenda de son sac et glissa la photo à l'intérieur en se promettant de prendre une décision le plus rapidement possible. Elle ouvrit les volets de sa chambre et inspira un grand bol d'air frais. Il lui vint une soudaine envie d'aller faire une petite ballade à pieds. Elle enfila alors un jogging et sortit de la maison sans faire de bruit. Elle marcha tranquillement comme ça pendant une heure. Le soleil s'était levé et une belle journée d'été s'annonçait. Sur le chemin du retour, elle passa devant le domaine des Pattinson. Les mimosas étaient beaux et sentaient merveilleusement bon. Puis elle aperçu Rob sur la terrasse lui tournant le dos. Il était vêtu d'un jean et d'un sweat-shirt noir, la capuche de celle-ci sur la tête. Elle se demanda si lui aussi avait eu une nuit agitée pour être debout de si bonne heure. Et si c'était le cas, était-ce à cause d'elle. Elle chassa toutefois cette idée de la tête. Après quelques instants d'hésitation, elle décida d'aller lui dire bonjour. Une fois arrivée sur la terrasse, elle s'approcha de Rob qui lui tournait toujours le dos. Visiblement, il ne l'avait pas entendu arriver.
« Salut Rob, tu es drôlement matinal, ça m'étonne de toi », dit-elle en posant sa main sur l'épaule de Rob afin de le tourner vers elle.
Rob, surpris, se retourna et retira un des écouteurs qu'il avait sur les oreilles. C'est à ce moment là qu'Eva poussa un cri et fit un bond en arrière. D'un coup d'œil, elle constata que les volets étaient toujours fermés mais elle était certaine qu'il y avait quelqu'un à l'intérieur donc, au pire, elle pouvait toujours crier « au secours ». Mais au moment où les secours arriveraient, l'individu en face d'elle aurait largement eu le temps de l'assommer car, oui, l'homme en face d'elle n'était pas Rob.
« Qui êtes vous ? Que faites-vous ici ? », demanda-t-elle tout faisant un nouveau pas en arrière.
Au lieu de répondre, l'homme décrocha sa deuxième oreillette et entreprit de chercher quelque chose dans la poche intérieure de son sweat-shirt. Eva commença à paniquer, elle voulu partir en courant mais ses jambes refusaient de répondre, ses yeux toujours fixés sur la main de cet individu, certaine qu'il allait en sortir une arme à feu, un couteau …. il fallait qu'elle réagisse et qu'elle réagisse vite.
« Au secours ! », cria-t-elle de toutes ses forces en espérant que quelqu'un l'entende, « au secours, à l'aide ! », continua-t-elle.
L'homme se précipita vers elle, son index contre la bouche lui faisant signe de se taire. En voulant reculer, Eva perdit l'équilibre et commença à tomber quand l'individu la rattrapa par le bras, lâchant à l'occasion l'arme ou peu importe quel engin de torture qu'il avait finalement sorti de sa veste. Malgré la peur qui l'a saisie à ce moment là, elle ne put s'empêcher de jeter un œil à l'arme en question. Elle découvrit alors qu'il s'agissait d'un…... iphone.
Ok, il ne s'agissait pas d'une arme et du coup Eva se sentit stupide. Stupide mais toujours pas rassurée. Elle ne savait toujours pas qui était cet homme et ce qu'il faisait là d'autant plus qu'il lui tenait toujours le bras. Lui, par contre l'avait reconnue. Il l'avait déjà rencontrée quelques années plus tôt ici même chez les Pattinson, à l'occasion de l'anniversaire de Rob. Ce jour là, elle était triste, semblait préoccupée et il avait alors essayé de lui parlé mais elle l'avait ignoré. Eva essaya de retirer le bras de son étreinte ce qui tira l'individu de sa rêverie et aussitôt il la lâcha. Elle recula de nouveau sans pour autant quitter l'étranger des yeux. Puis les volets et la porte fenêtre de la terrasse s'ouvrirent et toute la famille Pattinson se retrouva en robe de chambre sur la terrasse. Enfin sauf Rob, qui lui n'était vêtu que d'un caleçon. Elle constata qu'il était définitivement fâché avec le soleil tellement sa peau était pâle. Rob couru vers elle et la prit dans ses bras lui demandant si tout allait bien puis se retourna vers l'homme en question. Ce dernier retira sa capuche et fit bonjour de la main.
« Ben ? », dit Rob visiblement surpris, « mais qu'est-ce que tu fais là ? Tu n'étais pas censé arriver avant ce soir ? »
Tous les visages se décrispèrent hormis celui d'Eva qui essaya d'enregistrer la situation dans laquelle elle s'était encore embarquée. Rob avait quelque peu relâché son étreinte mais avait toujours le bras autour de sa taille. Et malgré les vêtements qu'elle portait, c'était comme si sa peau était en contact direct avec celle de Rob, du moins c'était ce qu'elle imaginait à ce moment là.
« C'est vrai ! Mais étant donné que le programme que j'avais prévu pour la journée est tombé à l'eau, je me suis dit que ce serait cool de te faire une petite surprise ! », répondit-il en ramassant son iphone. Du moins ce qui fût, il y a encore quelques minutes, un iphone. Ben soupesa l'appareil et l'examina quelques instants.
Madame Pattinson invita tout le monde à entrer dans la maison avant de se retirer. Son mari en fit de même. Quant à Lizzy, elle était repartie à l'instant même où le nom de Ben avait été prononcé. Elle était probablement retournée se coucher mais Eva était certaine qu'elle entendrait parler de cet épisode pendant longtemps.
« Bon, je vais aller enfiler quelque chose et après vous m'expliquerez ce qui s'est exactement passé », dit Rob avant d'ajouter, « je peux vous faire confiance et vous laisser tous les deux pendant cinq minutes sans qu'il y ait de nouveau des hurlements ? »
Ben leva les deux mains signifiant qu'il se tiendrait tranquille alors qu'Eva le gratifia d'un sourire assassin. Les quelques secondes qui suivirent étaient plutôt embarrassantes. Ben s'était installé sur le canapé essayant de réanimer son téléphone portable alors qu'Eva n'arrivait pas à tenir en place. Devant le silence assourdissant – c'est possible ça un silence assourdissant ? – Eva fit une tentative d'approche.
« Je suis vraiment désolée pour le téléphone », dit-elle toute penaude, « j'ai cru que tu étais un…...enfin un …... »
Ben était assis là à la regarder se débattre avec les mots qu'elle n'arrivait pas à articuler. Cela l'amusait beaucoup mais, devant la gêne réelle qu'éprouvait la jeune femme, il décida d'abréger ses souffrances.
« Ce n'est pas bien grave c'est que du matériel tout ça ! », lâcha t-il mais voyant qu'Eva n'était pas du tout convaincue il ajouta de manière désinvolte, « et puis j'ai vraiment du mal avec les tactiles. J'avais l'intention de reprendre un Blackberry de toute façon donc, disons que tu as juste un peu accéléré le processus »
Face à cette confidence, Eva se sentit quelque peu soulagée et décida d'arrêter de faire les cents pas et s'asseoir près de Ben. Enfin « près » est un terme relatif puisqu'elle s'assura tout de même de laisser une toute petite distance de sécurité entre eux deux. En somme Ben était assis à un bout du canapé et Eva ….. à l'autre bout.
« Donc, d'après ce que j'ai pu entendre, tu t'appelles Benjamin c'est ça ? », demanda t-elle, histoire de relancer la conversation et surtout meubler le vide en attendant le retour de Rob. D'ailleurs, il mettait drôlement de temps à s'habiller songea t-elle.
« Euh ….. je crois que tu as dû mal entendre car c'est juste Ben ! », répondit-il tout en continuant de trifouiller son téléphone.
Un peu surprise par sa réponse et ne sachant pas s'il essayait de la taquiner ou pas, elle continua :
« Ben ….. qui est normalement le diminutif de Benjamin »
A ce moment là, Ben détacha son regard du téléphone pour les poser sur Eva. Cette logique qu'elle avait l'amusait également beaucoup.
« Je crois que ma mère ne devait pas être très normale alors car c'est juste Ben. Ben tout court, une seule syllabe, pas le diminutif de quoi que ce soit », dit-il avec un sourire en coin, « mais ça ne me dérange pas que tu m'appelles Benjamin si vraiment ça peut te faire plaisir. Disons qu'à l'inverse, ce sera une sorte de rallonge de Ben ».
« Oh ….. je croyais que … que… », encore une fois les mots lui manquaient.
Mais Ben s'était de nouveau refocalisé sur son téléphone. Décidément, elle avait tout faux ! Et pourtant, quand elle regardait l'homme assis en face d'elle, elle n'eut pas franchement l'impression que le quiproquo survenu quelques instants auparavant ou bien la maladresse qu'elle venait d'avoir ne l'affectait lui particulièrement. En ce qui la concernait, c'était une tout autre histoire. Pendant une fraction de seconde, elle se demanda si ça pouvait être pire. Si elle pouvait disparaître en un claquement de doigts, elle l'aurait fait sans hésiter. Soudain, elle se rappela qu'elle avait oublié de se présenter.
« Au fait, je ne me suis pas vraiment présentée ….. je m'appelle….. »
« Eva, si ma mémoire est bonne », finit-il à sa place sans lever la tête.
Surprise qu'il connaisse son prénom, elle acquiesça tout de même d'un signe de la tête mais quelque chose l'interpellait. En effet, elle essaya de se remémorer les évènements et elle était quasiment certaine qu'à aucun moment son prénom n'avait été prononcé. Alors comment pouvait-il savoir ? C'était impossible ! Qui avait bien pu lui parlé d'elle ? L'étonnement a dû être tellement flagrant sur son visage puisque Ben lui dit droit dans les yeux :
« En fait, on s'est déjà rencontré …. Je me souviens très bien de toi. Mais visiblement je ne t'ai pas laissé un souvenir impérissable ».
Et là encore le choc avait dû se voir sur son visage car elle ouvrit la bouche pour répondre quelque chose mais rien n'en sortit. Elle n'eut pas à débattre très longtemps car à ce moment même, Rob réapparut. Il les questionna sur ce qui s'était exactement passé et ils ont répondu. Enfin, Ben a répondu car Eva était incapable de penser. Ben avait bien sûr insisté sur le fait que ce n'était pas grave et que tout était de sa faute et Eva avait beau chercher mais ne savait pas en quoi c'était de sa faute à lui. La situation lui échappait totalement. Lorsque tout fut clarifié et qu'elle fut rentrée chez elle, elle ne cessa de repenser à ce que lui avait dit Ben et se demanda ce qu'il insinuait lorsqu'il a dit « Je ne t'ai pas laissé un souvenir impérissable ». Elle avait senti comme de la tristesse derrière ces paroles, à moins que ce ne fût son imagination. Etait-ce juste un constat de sa part ou bien y avait-il quelque chose d'autres derrière cette phrase ? Elle n'en avait aucune idée. La seule certitude qu'elle avait, c'était qu'elle n'irait certainement pas lui poser la question !
