Le temps que nous rejoignions la jeep en ramassant nos affaires, nous étions trempés. Elle me fait un sourire entendu, alors que je me jette sur ses lèvres pour poursuivre le baiser. Nos vêtements collent désagréablement à notre peau. Je ne tarde pas à trembler de froid.

- Tu avais raison, j'aurai mieux fait de me renseigner sur la météo !

- Sache pour l'avenir que j'ai toujours raison.

- Rien que ça, princesse ?

Je la fusille du regard. Avant de me mettre à califourchon sur elle.

- Je-Ne-Suis-Pas-Une-Princesse !

Entre chaque mot je mordille son cou avec application. Sa respiration saccadée me chatouille les oreilles. Ce qui a tendance à m'embraser. Pourtant elle me repousse gentiment cette fois.

- Tu es frigorifiée rentrons à l'hôtel. D'accord ?

L'arrivée à l'hôtel se fait aussi discrètement que possible. Je prends une douche brulante et lorsque je ressors elle me regarde avec cette même intensité, je suis persuadé qu'elle va se jeter sur moi, m'arracher mon peignoir pour continuer ce que nous avons commencé plus tôt. Pourtant après un moment qui semble durer une éternité elle me tend un tee shirt et un short.

Je la regarde elle s'est changé également et ne porte qu'un kimono oriental aux motifs complexe. Elle se sert un verre de scotch, et bien que je considère qu'il est un peu tôt pour ça je ne dis rien. Elle doit pourtant avoir intercepté mon regard.

-Connais-tu la différence entre le scotch et le whisky, Clarke ?

- Le scotch vient d'Ecosse non ? Je ne réponds pas sur de moi, ni d'où est ce qu'elle veut en venir.

- Exactement ! Celui-ci vient notamment de la plus vieille distillerie de l'ile. Lorsque mes lèvres trempent dedans j'entends la mer s'écraser sur les rochers. L'Ecosse est le premier endroit ou la mer se fracasse sur la terre.

- Ce n'est pas l'Alaska ?

Je l'entends rire franchement sans moquerie pour la première fois.

- Ceux qui disent ça n'ont jamais été en Ecosse !

J'entends la pluie qui tombe à torrent dehors, le silence se fait dans la pièce et je l'observe assise sur le canapé en cuir les gambes repliés sous elle. Son regard est complétement captivé par la pluie qui cogne dehors et je sais que malgré mon envie irrépressible d'aller me blottir contre elle, je l'ai perdu. Notre moment d'intimité a pris fin.

Je la regarde à la dérobé, me demandant si c'était la mention de l'Ecosse qui l'avait rendu tout à coup si… absente. Je comprends qu'il est temps pour moi de partir. Je me lève d'un coup rassemblant mes affaires.

- Veux-tu que je te raccompagne ?

Sa voix soutient plus de trémolos que si elle avait été entrain de pleurer. Je meurs d'envie de rester, de comprendre pourtant la microseconde ou nos regards se croise je sais qu'il me faut partir.

- Non merci, je vais prendre un taxi.

Avant de franchir la porte, alors que j'ai la main sur la poignée de la porte je l'entends m'appeler.

- Clarke.

Je me retourne doucement suppliant toutes les divinités que je connaisse pour qu'elle me demande de rester, juste un peu. Elle semble en proie à l'hésitation quelques secondes puis soupire, et détourne son regard de moi, pour le reporter sur la baie vitré.

- Rentre bien.

Je ne réponds rien et sors de la chambre. Mon cœur bat vite, je prends quelques minutes pour retrouver mon calme.

Bon sang qu'est-ce qu'il s'était passé ? Pourquoi une journée qui était pleine de surprise s'est transformé tout à coup en… un immense vide. Je passais mes doigts tremblant sur mes lèvres pour me souvenir de siennes, encore un petit instant.

Il était 17h quand j'étais arrivé chez moi. Il n'y avait personne. Je soupirai me demandant ce qui ne tournait pas rond avec moi.

J'avais des parents bien que souvent absent très aimant. Des amis fidèles et présent. Un petit ami merveilleux qui m'aimait incommensurablement. Pourquoi j'étais obsédé, par elle ?

J'attrapais ma veste et rejoignais à pied trois rues plus loin l'entré d'une vieille maison en brique. Je sonne quand Bellamy m'ouvre quelques secondes plus tard en boxer. Ok la pluie avait fait place à un grand soleil jaune, mais l'air était encore glacial.

- Salut Clarkie, j'enfile un truc et on va marcher ? Octavia n'est pas là.

- Super je t'attends.

Il tourne le dos, avant de revenir un air soucieux sur le visage.

- Dis c'est une urgence ?

- Oui.

Une minute plus tard il réapparu portant un jeans, un pull en laine et un sac à dos. Nous marchions en silence jusqu'à un vieux parc. Les feuilles d'arbres étaient presque toutes tombés, Il n'y avait personne. L'air encore un peu humide et l'état pitoyable des jeux dissuadent les parents d'emmener leurs enfants joués ici. Nous avons pris place sur la balançoire. Bell extirpa de son sac deux bières avant de m'en tendre une.

- Aller dis-moi ce qui ne va pas, depuis la rentrée tu as cette ride soucieuse sur le front. On dirait ma grand-mère quand elle se demande si elle doit prendre la pilule bleu ou rouge le matin.

Je restais silencieuse, incapable de formuler une réponse cohérente. Qu'est-ce que je pouvais lui dire ? J'ai le béguin pour notre prof de littérature, nous avons passés la nuit la plus incroyable qui soit ensemble et maintenant rien ?

- Hey Clarke, je suis inquiet pour toi. Juste dis-moi ce qui ne va pas. C'est Finn ? Parce que s'il t'a fait du mal je peux lui casser les deux jambes ! À lui et toutes l'équipe de basket si besoin !

Son air sérieux m'arrache un demi-sourire. Je porte la bière à mes lèvres, en me disant que vraiment la prochaine fois je remplirai le sac des urgences, avec des alcools meilleurs !

- Oui est non ce n'est pas juste Finn le problème. Cet été nous avions décidés de faire une pause. De vivre de notre côté d'autres expériences.

- Attends-tu veux dire que tu étais célibataire tout l'été et que je ne le savais pas ?

- Bell…

- Oui pardon continue.

- Quand nous sommes rentrés il m'a dit qu'il avait eu une seule aventure.

- Mince toi tu n'as rien eu et ça te dérange ?

- Quoi ? Non, si tu continues de m'interrompre je ne te dis plus rien !

- Mais c'est vous les filles vous avez le monopole du suspense !

- Bell

- Clarkie

- Bell

- Oh mon dieu tu as presque dit que tu avais eu quelqu'un toi aussi.

Je restais silencieuse un peu inquiète de sa réaction.

- Fille ou garçon ?

- Fille.

- Combien de fois ?

- Deux fois ?

- Oh mon dieu tu étais libre tout l'été, tu as couché avec deux filles et je n'étais pas là, pourquoi le monde est cruel avec moi ?

- Tu me fatigues, tu sais ?

- Mais tu m'adores, quand même.

- Je commence à en douter !

- Plus sérieusement ou est le problème ? je veux dire, les vacances sont finies, vous semblez avoir repris comme avant, vous allez concourir pour le titre de roi et reine du lycée, aller à l'université, puis vous mariez avoir des enfants, un chien et toutes les conneries qui vont avec. Finn et Clarke, Clarke et Finn quoi.

- Je crois que je suis perdu bell, je ne veux plus tout ça.

Je baisse la tête pour refouler les larmes qui menacent de couler. Quand j'entends bell quitter sa balançoire pour venir s'accroupir devant moi.

- Hey pleur pas belle blonde ! je sens l'hésitation dans sa voix avant qu'il ne poursuive. Est-ce qu'il y a quelqu'un d'autre ?

- Je ne suis pas sûr, mais là n'est pas le problème je crois que je me trompe Bell. Je ne suis plus sûr de rien ni de Finn, ni mon avenir, comme si j'étais en train de tourner à gauche alors que je devrais tourner à droite. J'hésite aussi entre la pilule rouge et bleu.

Bell se relève et me sert dans ses bras.

- Tu as raison c'est une sacrée urgence, tu nous fais une vraie crise existentielle là. Tu sais ce qu'on va faire. On va rentrer à la maison se couvrir un peu appeler Raven et se prendre une cuite sur le toit. Comme à l'ancienne. Tu es d'accord ?

J'acquise en silence et nous rentrons.

La soirée a été parfaite, Bellamy et Raven à qui je n'avais rien eu à dire avaient été les meilleurs amis de la planète nous avions bus, jusqu'à être complétement saoul. Ce n'est qu'au petit matin que j'ai rejoint chez moi après m'être réveillée entre Bellamy et Raven complétement endolorie. Je devais déjeuner avec mes parents et même si je rêvais de me rendormir, je les rejoignis en bas. La table était mise le plat posé.

- Nous n'attendions que toi belle aux bois dormant. S'exclama mon père avec son éternel sourire énigmatique.

- He bien la belle aux bois dormant découche et ne rentre qu'au petit matin. Ma mère une grande femme aux cheveux châtain clair et aux yeux bruns me regardait d'un air plus interrogateur.

Je m'installe après une bise rapide sans leur fournir de réponse.

- Comment s'est passée ton heure de retenue ? demanda mon père.

- Jake comment veux-tu que se passe une heure de retenue ?

Je me sentais rougir furieusement en me disant que jamais ils ne pourraient savoir ce qu'il s'était réellement passé hier.

- Puis je trouve ça gonflé que miss Woods se permette de te coller dès la première heure de l'année.

- Abi nous en avons déjà parlé arrête.

- Excuse-moi de ne pas être ravi que quelqu'un que tu as embauché et mis une retenue à notre fille.

- Comment ça tu l'as embauché ? j'intervenais complétement sous le choc.

- Je ne l'ai pas embauché ! j'ai un peu soutenu sa candidature au conseil d'administration du lycée.

- Mais pourquoi tu as fait ça ? la discussion prenait une tournure que je n'appréciais pas du tout, et s'il y a quelques minutes j'étais à moitié somnolente j'étais désormais bien réveillé

- Pour commencer ce n'est pas du favoritisme. Lexa est l'une des personnes les plus brillantes que je connaisse, doctorante en science politique et en littérature, major de promo à Harvard et Duke à même pas trente ans ! Admet mon amour que c'est impressionnant.

- Oui et toi admet que si Woods corporation n'était pas l'un des plus gros donateurs de ton partie, tu n'aurais pas soutenu sa candidature.

J'étais complétement perdu comment ça Woods corporation ? Mon père connaissait Lexa personnellement ? Pourquoi ma mère n'avait pas été d'accord ?

- Alors là tu es injuste, son père était un très bon ami et sa perte est une grande tragédie pour le pays, j'ai soutenu sa candidature parce que elle le mérite vraiment.

- Je ne sais pas Jake les Woods sont entourés de mystères, et tu ne trouves pas ça étrange que leur unique héritière, surdoué de surcroit viennent enseigner dans un lycée à Chicago.

- Je ne sais pas Abi mais je sais que tout le monde mérite une seconde chance.

Je n'avais pas saisie à quoi faisait référence la dernière remarque de mon père, mais ça sonna la fin de la conversation. Le reste de la conversation était plus léger. Le repas fini je montais dans ma chambre me noyant dans le travail.

Après trois heures intensif de devoir, préparation de cours. J'ouvrai une page Google hésitante. Avant de taper woods corporation.

J'avais déjà entendu ce nom quelque part. Woods corporation était un empire financier qui possédait des parts dans la plupart des grosses banque du pays, mais aussi dans l'énergie, l'agroalimentaire et tout un tas d'autres chose. Si la page Wikipédia de Woods corporation était interminable. Celle sur les woods était beaucoup plus courte, très ancienne famille américaine, dix plus grosses fortunes du pays selon le classement Forbes, grand philanthrope. Discret aucun scandale. Une photo montrait le père de Lexa au siège du parti démocrate, entrain de serrer la main au chef du congrès. Lexa n'avait pas de frères et sœurs non plus.

Je suivais le lien de son nom, mais là encore rien hormis son parcours. Je décidais de faire une recherche directe sur google. Plusieurs page s'affiche, Lexa à un gala, Lexa accompagnant son père pour la signature d'un grand contrat, pas de réseaux sociaux rien du tout. Après trois pages ou je n'ai rien appris d'intéressant je m'apprêtais à laisser tomber quand je suis un article d'un petit blog inconnu attira mon attention. Il titrait

« Un accident fait deux morts à Saint Barthe »

L'article était court sans photo.

« Un accident fait deux morts à Saint Barthe entre Saint jean et la grande Saline, une Porsch immatriculé en Floride fait une sortie de route tuant deux de ses passagers. Aucune déclaration n'a été faite pour l'heure de la part de la police de l'ile. Selon un témoin sur place il y aurait une survivante identifiait comme étant Lexa woods. L'héritière multi milliardaire connu pour ses frasques et son gout de la fête, serait la conductrice de la Porsch. »

Il ni y avait rien d'autre sur cet accident, ni quoi que ce soit d'autre hormis des articles très lisse, comme si quelqu'un avait fait disparaitre toute trace de scandale. Je fermais l'ordinateur pour essayer de dormir.

La semaine promettait d'être longue.

J'arrivai à l'heure cette fois tout le monde était installé lorsque à 9h pile, elle passa la porte. Elle était très élégante, elle portait un pull à col roulé noir prêt du corps ainsi qu'une jupe crayon de la même couleur. Ses cheveux tenaient dans un joli chignon. Je n'étais apparemment pas la seul complétement sous le charme de notre nouvelle professeure. Tous les garçons la dévoraient des yeux. D'ailleurs bien que ce soit la plus jeune de nos professeures son aplomb intimidait respect qui calmait les plus perturbateurs de la classe.

- Bien j'en vois qui sont encore endormis, le weekend est fini je veux tout le monde réveiller ! je vais donner le sujet de la dissertation qui comptera pour la moitié de la note du trimestre.

Nous la regardions tous avec un silence religieux, tout à coup parfaitement réveillé. Quand elle se tourna pour écrire au tableau, je ne parvins pas à faire autre chose que de, baisser mon regard sur son postérieure parfaitement moulé dans sa jupe crayon dieu que je mourrais d'envie d'y poser mes mains !

Lorsqu'elle se retourna mon regard croisa le sien une toute petite seconde un sourire ironique s'étira sur ses lèvres, mon dieu j'étais perdu. Je détournai les yeux pour lire enfin le tableau.

« Qu'elle est la question la plus importante à laquelle nous devons répondre en tant qu'être humain ? vous analyserez comment la littérature américaine et russe répond à cette question. »

Dans l'immédiat j'aurai dit comment me débarrasser de l'envie de lui sauter dessus !