Bonjour (et non, je suis pas morte), voici la suite de The Meeting ! Un chapitre un peu plus court que d'habitude et entièrement centré sur Lucy, cette fois-ci. (le Casmund reviendra la prochaine fois, promis!)
Warning : pour ce chapitre, rien du tout. Il est soft et ne possède aucune mention de violence
Rating : M pour plus tard
Paring : Edmund x Caspian et Lucy x OC (il arrive ici !)
Bêta : toujours Colette (merci encore à toi)
Disclaimer : Les personnages de Narnia ne sont toujours pas les miens, malheureusement, ils appartiennent tous à C.S Lewis
Review & Favoris : Merci à winchesterer-23 et à Alagnia pour leurs gentils petits mots ainsi qu'à tout ceux qui ont suivi cette histoire et qui liront ce chapitre.
Et enfin, Bonne lecture !
Lucy était inquiète, elle avait entendu son frère se lever au milieu de la nuit et son sommeil léger ne l'avait pas prévenu de son retour. C'est pourquoi quand son téléphone lui afficha une heure raisonnable pour se lever de son lit, elle décida de le quitter. Ses gestes étaient précis et rapides, elle ne devait pas perdre de temps à des choses si futiles. Son uniforme enfilé et son sac prêt, elle se glissa hors de sa chambre et avec la plus grande discrétion, elle atteignit la cuisine où elle subtilisa quelques morceaux de pains frais et du chocolat : de quoi faire un petit-déjeuner convenable sur le chemin.
Il était tôt, le soleil dehors venait à peine de pointer le bout de son nez et pour une fois, Lucy pouvait presque mettre sa main au feu sur la présence de sa mère dans l'appartement. Toutefois, elle n'avait pas le temps : elle devait retrouver son frère.
Lucy enfila ses chaussures, son manteau et piqua encore vingt Livres dans le sac de Susan, qui ne le remarquerait sûrement pas, avant de sortir de l'appartement et de se mettre à rechercher Edmund. Son frère avait beau être un grand garçon, Lucy avait toujours cette appréhension qu'il était allé se fourrer dans des ennuis pas possibles comme cela lui était arrivé bien trop souvent il y a quelques années. C'était pourquoi Peter avait autant de mal avec lui et c'était pourquoi Edmund avait toujours un regard sur son dos pour veiller à ce qu'il ne fasse rien.
Aujourd'hui le seul regard qu'Edmund devrait avoir serait celui de Lucy qui l'aurait enfin trouvé. Elle arpentait les rues de Londres d'un pas lent et l'œil prêt à repérer chaque détail utile. Le ciel était encore de cette couleur orangée qui annonçait la venue du soleil. Les chats de gouttières étaient les seuls compagnons de la jeune femme dans sa quête. Si quelques voitures circulaient bien et si des lumières dans des appartements s'allumaient aux fenêtres, cela ne dérangeait pas Lucy. Être seule dans la rue était un soulagement quand on tentait d'apercevoir le moindre indice pour trouver un disparu.
Ici, à Londres, on pouvait perdre quelqu'un dans la ville et ne plus jamais le recroiser. Bien entendu que Lucy savait cela, comme elle savait qu'elle allait tout faire pour ne pas se retrouver sans son frère dans l'appartement. Elle devait le retrouver. Il était hors de question qu'elle se retrouve face à la folie de Peter sans personne pour l'aider.
Lucy n'était pas idiote. Elle avait beaucoup d'amis et était serviable. Elle était celle qui était gentille avec tout le monde. Et malgré ce que ce tout le monde pouvait penser, elle n'était pas une petite fille idiote qui vivait dans un monde imaginaire. Elle n'était pas idiote. Elle avait vu son père partir à la guerre sans un regard en arrière pour sa femme à qui il laissait quatre enfants. Lucy avait vu tous les problèmes qu'Edmund avait récoltés pour se croire plus intelligent que les autres. Elle avait vu sa sœur s'éloigner de plus en plus jusqu'à devenir quelqu'un d'autre. Elle avait contemplé son grand frère sombrer dans une folie qui semblait incurable.
Non, Lucy n'était pas idiote, elle était curieuse et elle savait ce qu'il fallait savoir. Et c'était la raison pour laquelle malgré toutes les règles de survie, elle décida de s'aventurer dans un quartier où il ne faisait pas bon vivre. Dans ce quartier, il y avait des gangs, des accidents qui n'arrivaient pas accidentellement, mais il y avait surtout la pharmacie la plus proche qui était ouverte toute la nuit.
Alors Lucy fit taire les conseils dans sa tête et marcha dans ces rues – elle savait qu'Edmund les avait empruntées hier soir. Elle était là dans son uniforme à marcher sur des trottoirs dont les taches suspectes la faisaient frissonner malgré le soleil qui réchauffait sa peau doucement. Elle qui pouvait voir de la beauté en chacun et partout, n'arrivait pas à profiter du soleil qui se levait et que l'on apercevait entre les immeubles. Son inquiétude pour Edmund et la peur d'être ici, lui avait fait perdre son regard d'artiste.
Néanmoins, ses yeux continuaient de fureter partout et de retenir les détails qu'ils enregistraient. Un réverbère cassé, des papiers qui volent au gré du vent, un adolescent qui dort sur un banc, des fleurs accrochés à une fenêtre. Des simples détails. Toutefois un détail bougea quand l'adolescent sur le banc se releva et se mit à l'observer.
Il avait un regard sombre, Lucy était trop loin pour réellement apercevoir la couleur. Un regard qui ne la quittait pas alors qu'il se levait avec la volonté de la rejoindre. Étrangement, la jeune femme ne ressentit pas de la peur, elle n'avait pas confiance et elle se doutait bien que crier ici ne servirait à rien mais elle n'arrivait pas à avoir peur de cet individu.
Elle le laissa approcher comme on laissait l'animal sauvage passer devant soi alors qu'on était trop pétrifié pour bouger. Le jeune homme lui sourit distraitement, ce genre de sourire fugace que l'on fait plus par un réflexe stupide que par réelle envie. Et plus cet adolescent s'approchait de Lucy, plus ses traits lui semblaient familiers. Elle l'avait déjà croisé dans les couleurs du lycée au milieu de tous les autres élèves.
Ce fut quand il arriva à quelques centimètres d'elle, que Lucy se souvient enfin de son nom : Bandon. Ils n'avaient jamais été ensemble en classe pourtant elle se souvint l'avoir remarqué durant l'heure du repas car il se trouvait souvent sur une table pas très loin de celle qu'elle partageait avec Edmund.
Toutefois, elle ne l'avait jamais réellement remarqué et à part son prénom, elle ne pouvait pas vraiment dire autre chose sur lui. Excepté que maintenant, elle l'avait vu dormir sur un banc, dans un parc au milieu d'un quartier miteux. Et malgré tout, la seule chose qui lui venait à l'esprit alors que le silence se poursuivait entre deux, c'était qu'elle pouvait lui demander pour son frère.
Lucy ouvrit la bouche prête à lui poser tout un tas de questions dignes d'un interrogatoire de police quand Bandon reprit sa marche et la laissa tout simplement, seule sur le trottoir. Il avait déjà traversé, les mains dans les poches, et se dirigeait plus ou moins vers l'escalier de secours d'un immeuble.
Elle se retrouvait là, à nouveau seule au milieu de la rue sauf que cette fois-ci, elle savait à qui demander. Lucy bondit à la suite du jeune homme qu'elle rattrapa au milieu des escaliers métalliques qui servaient à fuir en cas d'incidents. Lucy avait attrapé la main du brun pour le retenir à elle avant de lui poser les questions qui brûlaient sa langue depuis le début de la matinée.
Connais- tu mon frère ? Edmund ? L'as-tu vu ? Sais-tu où il peut être ? Aide-moi, s'il te plaît !
Lucy ne lui laissa pas le temps de répondre qu'elle s'était déjà rapprochée au plus près de lui pour arriver à le regarder dans les yeux malgré sa petite taille.
Bandon était plus grand qu'elle, d'une bonne tête, il devait faire la taille d'Edmund et était aussi brun que lui. Toutefois, Bandon avait sur les joues et le nez des taches de rousseurs discrètes que seule la soudaine proximité permit à Lucy de s'en rendre compte.
Les coups d'œil qu'elle lui lançait habituellement étaient plus rapides. C'était le genre de regard fugace qu'on posait sur l'autre pour veiller à ne pas le croiser de trop près. Et aujourd'hui, Lucy se retrouvait devant lui alors qu'elle veillait depuis le début de son entrée au lycée à rester loin de ceux qui pouvaient potentiellement la plonger dans des problèmes : des gens comme lui. Et là, elle ne pouvait tout simplement pas le laisser partir, pas alors qu'il pouvait peut-être l'aider.
Plongée dans son observation, Lucy ne remarqua pas immédiatement que Bandon avait cessé de bouger pour l'observer elle aussi et attendre la suite. Le silence était pesant et la rue ne leur servait à rien, vide, aucun bruit ne venait rompre l'ambiance.
Finalement, Lucy sur un dernier sourire gêné retenta de retirer des informations à Bandon. Sa voix était plus calme et plus douce qu'auparavant, elle ne voulait pas encore effrayer son vis-à-vis. Sur cette pensée, Lucy prit progressivement l'attitude qu'elle réservait aux animaux errants qu'elle aimait nourrir le soir venu. Un léger sourire apparut sur son visage alors que tout son corps adoptait une position détendue et que ses tremblements de nervosité se calmaient au rythme de sa respiration.
Bandon ? Sais-tu où est mon frère ?
Lequel ?
La voix du jeune homme était basse et rauque, un signe qu'elle n'était pas souvent utilisée et que Lucy pouvait s'estimer heureuse d'avoir pu entendre cette voix.
Ed'. Edmund. Je sais très bien où est Peter…
A la mention de son frère aîné, une grimace tordit le visage de Lucy.
Pas vu mais va voir vers The Telmariens, il aurait pu traîner là-bas, cette nuit.
Le sourire en coin de Bandon laissa supposer qu'il en savait un peu plus qu'il ne le laissait entendre. Néanmoins Lucy ne pouvait faire cracher le morceau au jeune homme devant elle. Lucy aurait beau s'époumoner à rappeler qu'elle n'était pas une faible petite fille coincée dans le corps d'une adolescente, parfois elle devait s'avouer qu'elle ne pouvait rien faire.
Il était trop grand, plus fort, et connaissait les environs mieux qu'elle. A ce moment précis, Lucy n'était qu'une petite fille perdue à la recherche de son grand frère.
Elle se revoyait des années auparavant, faible et sans défense, alors qu'elle pouvait voir de ses grands yeux marrons sa famille imploser. A ce moment-là, Lucy était l'enfant, celle qu'on couvait et qu'on se devait de protéger. L'innocence qu'on gardait sous des verrous pour ne pas la perdre.
Face à Bandon, Lucy retrouvait cette sensation : être coincée quelque part et n'être que la spectatrice de l'explosion. Elle ne savait pas où était son frère, sa sœur était devenue une étrangère, sa mère une ombre silencieuse dans l'appartement et Peter était le gardien de leur prison, chargé de veiller à ce que personne ne fuit.
Des larmes involontaires montèrent aux yeux de Lucy alors que ses insécurités la rattrapaient. Pâle et désireuse de conserver un minimum de dignité, elle laissa ses pieds descendre les marches de l'escalier de secours avant de la diriger vers une autre rue, loin de Bandon. Loin de sa faiblesse.
Ses yeux si curieux qui profitaient avant de chaque recoin pour s'attarder dessus, étaient désormais baissés vers le sol. Lucy ne savait pas où elle allait et elle ne s'en souciait pas.
Elle ne vit pas le néon éteint de la boite de nuit évoqué tout à l'heure, tout comme elle ne remarqua des gouttes de sang séchés sur le trottoir qui s'arrêtaient devant une porte.
Elle marchait, lasse, dans une direction, peu importe laquelle, dans l'espoir rêvé de trouver Edmund au bout. Le soleil avait fini par se lever alors que Lucy avait dû prendre la direction de son lycée.
Le chemin était plus long et inconnu, pourtant c'était sur celui-ci qu'elle trouva un square minuscule avec à peine quelques bancs et un misérable arbre, accablé par le poids de ses feuilles. C'est sous cet arbre, caché entre les feuilles et tremblant de la moitié de la nuit passée dans le froid que Lucy reconnut la silhouette d'Ed.
Voilà le chapitre sur Lucy, j'espère que vous l'avez aimé tout comme Bandon et n'hésitez pas à me faire part de vos impressions !
Bisous et à la prochaine (dans j'espère pas trop longtemps)
