Titre : Une famille ?

Disclaimer : Aucun droit, aucune propriété sur les personnages

N/A : C'est parfois l'arbre qui cache la forêt MissSidle73. Presque rien ne t'échappe. Non tu n'as pas halluciné. Et non, ce n'était pas une faute de frappe. C'est surprenant que tu ais bloqué sur ces détails alors que j'ai mis un indice bien plus énorme dans le chap précédent en nommant par deux fois la personne qui se cache derrière ce « vous »…

Merci pour vos messages, ç'est cool de voir comment vous réagissez, d'autant que l'histoire est en écriture alors ça peut influer.

Bon, je vous laisse découvrir qui est ce personnage qui accompagne Sara. Bonne lecture

Chap 4 : Trouver une distraction

Sara rentre enfin chez elle. Depuis quelques mois elle a enfin « un chez elle » à Végas. Son frère ne l'a pas vraiment aidé dans son déménagement. Il ne voulait pas la voir partir de chez lui et venait sans arrêt la déranger alors qu'elle faisait ses valises. Et ça alors qu'elle emménageait à deux pas, et qu'ils se voient tous les jours.

Ce soir, ou plutôt ce matin, elle est épuisée. Elle n'a qu'une envie, rentrer chez elle et enlacer Toinou.

Elle vient d'enchaîner 3 services d'affiler. Cependant la fatigue physique n'est rien en comparaison de la lassitude morale dans laquelle elle se trouve. L'équipe a été contactée pour travailler sur l'enlèvement d'un nourrisson. Ils l'avaient rapidement retrouvé. Quelques heures plus tard, à quelques pas de son domicile. Mort.

Les enquêtes sur les enfants sont les plus dures. Là il s'agissait d'un nouveau né, quelques mois à peine.

Tout au long de l'investigation elle n'a cessé de penser à Antoine. Depuis qu'il est entré dans sa vie, il est devenu sa vie. Tout son temps libre tourne autour de lui. Elle aimerait pouvoir passer plus de temps avec lui. Comme elle n'est pas une grande dormeuse et que quelques heures seulement lui suffisent, cela leur permet de passer un maximum de temps ensemble. Grandir avec une mère célibataire n'est déjà pas simple alors si en plus elle n'est pas présente.

Heureusement, Sara est épaulée par son frère, Samuel et sa belle sœur Abby. Ils ont déjà 3 enfants et Abby a choisit d'être mère au foyer pour les élever. Elle avait proposé de garder Antoine. Un de plus un de moins. Ainsi, quand Sara ne se voit pas dans l'obligation de faire un double service, Antoine passe la matinée avec sa tante, le temps qu'elle dorme. Elle le récupère vers midi, déjeune avec lui après quoi ils font la sieste. Ils passent le reste de l'après-midi ensemble et après le dîner elle le ramène chez son frère pour la nuit.

Cette fois, le service s'est prolongé. Elle ne l'a quasiment pas vu en 48h. Au delà du manque habituel, vient se greffer les photos de ce bébé au pied d'un monument sur un terrain de golf. Cette affaire a vraiment été difficile. Elle ne pouvait s'empêcher de revoir son fils, quelques mois plus tôt. Elle ne peut s'imaginer se que deviendrait sa vie si elle le perdait. En voyant la maison de son frère au loin, elle ressent un sentiment d'urgence. Voir son fils, le toucher, le sentir, l'entendre. C'est tout juste si elle ne se précipite pas dans le maison pour aller le serrer dans ses bras. Enlacer la vie pour oublier cette nuit cauchemardesque.

- Hey Sara, tu arrives à point pour qu'on prenne le déjeuner tous ensemble.

- Je suis désolée Abby, mais je suis vraiment fatiguée. L'affaire a été assez difficile. Je récupère juste Antoine et je rentre.

- J'ai vu les nouvelles. C'est horrible cette histoire. Je n'ose pas imaginer ce que peux ressentir la mère. Son nouveau né assassiné par son plus jeune fils.

- Il ne l'a pas assassiné, c'est un accident. L'enfant a tout juste 3 ans. Il n'a aucune conscience de ce qu'il a fait.

- Il n'en reste pas moi qu'un de ses enfants en a tué un autre et que les parents ont essayé de couvrir ce meurtre en le faisant passer pour un enlèvement.

- Je ne sais pas. Je n'ai pas vraiment envie de parler de tout ça. Je veux juste voir mon fils.

- En parlant du loup, regardez qui je vous amène. Annonce gaiement le frère de Sara.

Samuel fait son entrée, un Antoine tout juste réveillé dans les bras, et Lisa, sa plus jeune fille, déjà prête à traverser cette journée. Sara ne perd pas une minute pour prendre son bonhomme dans les bras. Un sourire agrandit les lèvres de Antoine dès qu'il reconnaît les bras de sa mère. Il se serre un peu plus contre elle, enfouissant sa tête dans le creux de son cou, son doudou dans une main et son pouce à la bouche. Il ne peut pas rêver de meilleur réveil. Sara profite de ce moment et prolonge cette étreint le plus longtemps possible.

- J'ai entendu que vous restiez déjeuné avec nous.

- Merci Sam, mais non. Nous allons rentrer.

- Ce n'était pas une question Sara. Toinou est à peine sorti du sommeil, il a besoin d'un bon biberon. Quant à toi, il est hors de question que je te laisse partir si vite. Cette enquête est trop présente en toi. Rien de tel qu'un petit dèj en famille pour évacuer tout ça.

- Ok, ok. Ce n'est pas comme si j'avais le choix. T'es encore plu têtu que moi.

- Non, pas du tout. C'est juste que je suis ton Grand frère. Donc j'ai toujours raison et tu dois m'obéir.

Sara et Abby échange un regard complice avant d'éclater de rire devant cette affirmation. Samuel se fait toujours mener par le bout du nez par les 5 femmes de sa vie. Que ce soit sa femme, ses filles ou sa sœur.

- Toinou, vivement que tu sois plus grand, que je me sente moins seul, un peu de soutien d'un garçon serait le bien venu…

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Finalement Sara ne regrette pas d'avoir passé un peu de temps avec sa famille. Elle a apprécié ce moment de paix. Enfin, le mot n'est pas forcément bien choisi. Le petit déjeuner avec des jumelles de 7 ans, un enfant de 26 mois et sa cousine Lisa de 34 mois est loin d'un repas pris dans le calme. Mais cette agitation lui a redonné l'impression d'être en vie. Toute l'énergie que ces mômes ont à revendre est impressionnante.

Antoine et Lisa sont devenus presque inséparables. Malheureusement, depuis quelques jours Lisa à fait ses premiers pas à l'école. Au grand désespoir de Toinou. Il n'a de cesse de réclamer sa cousine et a hâte de pouvoir lui aussi aller à l'école. Sara n'arrive pas à lui expliquer qu'il est trop petit, qu'il a tout le temps. Mais Toinou veut rejoindre sa cousine. Il veut apprendre à lire, compter…

Après une matinée bien remplie à dessiner, jouer au légos et autres maisons de fermier, Sara profite de la sieste de Toinou pour se reposer un peu.

Aujourd'hui elle a souhaité passer toute la journée avec lui. Profiter de lui au maximum. Elle n'a pas encore dormi et la fatigue se fait sentir. Heureusement qu'elle ne travaille pas ce soir.

Ils avaient enchaînés 3 services d'affiler pour résoudre leur enquête. Les médias faisaient pression. Tout le monde avait cru à un infanticide. Une histoire qui fait vendre. Les journalistes se sont comportés comme des charognards, accablant la mère. Résultat, la population a fait pression sur le maire, qui lui même a fait pression sur Grissom, et ils n'ont arrêté leur enquête qu'une fois celle-ci résolue.

Grissom.

Il n'a eu besoin de personne pour se donner a fond dans cette enquête, pour demander le meilleur à ses CSI. Cette histoire l'a profondément touché. Elle ne l'avait jamais vu ainsi. Il a perdu son calme. Aboyant après tout le monde. Personne n'avançait assez vite pour lui. Elle a essayé de le raisonner. De lui montrer que toute l'équipe se donnait à fond. Mais quand ses yeux se sont accrochés au siens, elle a compris. Il n'a pas eu besoin de le dire.

« Cette victime est spéciale pour moi »

Lui qui ne montre jamais le moindre sentiment, qui ne s'attache à aucune victime. Là il faisait une exception. Mais qui pouvait le blâmer. Il criait justice pour ce bébé. Toutes les émotions qu'il avait pu retenir ce sont révélées à Sara dans l'humidité de ses yeux.

Sans réfléchir, elle attrape son téléphone.

- Grissom

- Griss, c'est Sara. Mais qu'est-ce que je fais ? Qu'est-ce qui m'a pris de l'appeler ? Trop tard. Plus le choix.

- Qu'est-ce que je peux faire pour toi ? Son ton est las.

- En fait c'est moi qui peux faire quelque chose pour toi.

- De quoi parles-tu Sara ? Ecoute, je suis fatigué. Je n'ai pas très envie de faire la conversation maintenant et encore moins de jouer aux devinettes.

Il comprend enfin ce qu'elle a entrepris de lui expliquer. Il n'est plus sûr de sa définition de l'empathie. Il saisit enfin sa requête « Tu veux dormir avec moi ? ». Cette question l'a hanté plus d'une fois. Mais il sait maintenant que ça n'avait rien de sexuel. Quand il s'est réveillé en sueur il y a quelques heures, il aurait tant voulu qu'elle soit là, près de lui. Qu'elle le prenne dans ses bras, lui caresse les cheveux en lui murmurant que tout allait bien. Il ne veut plus entendre les cris de cet enfant. Il est heureux d'entendre la voix de Sara. Alors pourquoi il est sur la défensive ?

- Tu te souviens l'affaire Pamela Adler ?

- Oui. Sa réponse n'est qu'un soupir.

Evidemment qu'il s'en souviens. Sara c'est laissé happer par cette histoire. Elle a passé toute la journée a tenté de trouver l'identité de cette femme battue. Battue au point de rester dans le comas à vie. Il lui a demandé de lâcher prise. De ne pas s'attacher au victime. Il voyait très bien ou elle voulait en venir. C'est son tour de le sermonner.

- Ecoute Sara. Je sais ce que tu vas me dire. Mais tout va bien d'accord. Laisse moi 24h et j'aurais mis cette histoire de coté. Je n'ai pas besoin de sermon.

- Ca tombe bien, ce n'est pas mon intention. Mais souvient toi. Après qu'on ait résolu cette enquête ?

- Je me souviens.

Pendant l'enquête il lui avait reproché de trop s'investir. Il l'avait incité à trouver une occupation en dehors de son travail afin qu'elle ne se laisse plus envahir pas les victimes qu'ils croisent tous les jours. Elle l'avait envoyé sur les roses, prétextant que rien ne l'intéressait en dehors se son travail.

Alors à la fin de leur service il lui a proposé de partager son exutoire. Quand elle a accepté de rester travaillé définitivement à Végas, il s'est promis de faire avancer les choses entre eux. Pendant 6 mois, il s'était laissé déborder par son travail, il n'avait fait aucun mouvement vers Sara. Enfin, à part flirter très ouvertement avec elle. De petites phrases anodines pour essayer de lui faire comprendre ses sentiments envers elle. Mais là, il voulait être actif. Alors à la fin de cette affaire, il a fait un premier pas vers elle.

Et c'est comme ça qu'ils se sont retrouvés à la fête foraine. Au début il a été obligé de la traîner. On ne peut pas dire qu'elle ait montré un réel enthousiasme. Mais après un tour de grand 8, elle s'est détendue. Ils ont alors partagé une barbe à papa avant de faire une autre attraction. Il ne se souvient plus quoi, mais un manège moins traumatisant pour l'estomac. Ils n'ont pas passé beaucoup de temps à cette fête foraine, mais en partant elle avait retrouvé son sourire. Se moment restera gravé dans sa mémoire, un très bon souvenir.

- Je ne suis pas très sûr d'avoir envi d'aller à la fête foraine.

- Même si je t'assure qu'on ne montera que dans le grand 8 ? Et que je te promets de ne pas te faire une barbe, avec cette sucrerie rose qui colle aux joues ?

- Non, même si tu respectes toutes ces conditions. Son ton se faisant moins convainquant.

- Ca tombe bien, ce n'est pas à la fête foraine que je veux t'emmener.

- Je ne comprends pas

- Tu m'as montré ce qui te permet de surmonter toute l'horreur que l'on côtoie dans notre travail. Maintenant c'est mon tour. Je vais te montrer ma soupape. On se retrouve à 16h30 devant l'entrée du zoo.

- Sara, non

Sa réponse resta dans le vide, Sara a raccroché sans lui laisser le temps de s'opposer.