Je suis désolée, mais je n'arrive plus à répondre directement à vos reviews. Donc, ce petit message pour vous dire merci :) Sarah D'E. alors, non, il n'y a pas de cochonnaille ici. J'essaierai un jour, mais je suis pas douée pour écrire de la cochonnaille. Désolée :/
« Ma chambre est occupée. »
« Tu es rentré accompagné ? Je croyais que.. »
« BECKETT! Beckett dort dans ma chambre... »
Son nom. On venait de crier son nom et cela la tira de son sommeil. A peine redressée qu'elle porta sa main droite à son front. Que faisait ce marteau piqueur dans sa tête ? Et comment était-il entré ? Elle parcouru la pièce du regard. Ça n'avait rien à voir avec sa chambre.
« Beckett ? Kate Beckett ? Ta Beckett ? »
Ah, elle savait au moins où elle se trouvait. Mais la chambre était trop sobre pour être celle d'une adolescente, toute calme et douce qu'elle puisse être. Et trop masculine pour être celle d'une actrice d'un certain âge. Enfin, elle n'avait rien de ressemblant avec la chambre où elle avait déjà séjourné. Elle était comme elle l'avait imaginé, en fait. Si toutefois elle avait cherché à imaginer sa chambre.
« Combien de Beckett connais-tu, mère ? »
Cette discussion la mettait mal à l'aise : la façon qu'elle avait eu d'insister sur le 'ta Beckett'. Et d'un autre côté, elle la rassurait : elles étaient au moins deux à ne pas savoir comment elle avait atterrie dans cette chambre, dans ce lit.
« C'est que je croyais que s'en était fini de vous deux. »
« Elle était au bar avec Ryan et Esposito, et on a partagé un taxi pour rentrer. »
Aïe !Elle voulait accélérer sa mémoire, mais le marteau piqueur avait redoublé d'effort comme pour lui faire comprendre que ce n'était pas la peine d'insister. Il était là et comptait bien y rester. Elle détestait avoir mal à la tête, surtout à cause de l'alcool. C'est alors que... Le bar, la danse, la révélation, le taxi, l'ascenseur : elle se souvenait de tout. Elle était à présent partagée entre feindre de dormir encore et sortir de là pour éviter qu'il ne dise quoique ce soit.
« Et Beckett réside dans ta chambre depuis... »
« Qui donc réside dans ta chambre ? »
Elle était sauvée : tout Castle qu'il soit, il n'irait pas raconter ce genre de choses à sa fille. Après tout, il lui avait dit lui même que l'adolescente l'appréciait et l'admirait. Il n'irait pas lui confier quelque chose qui la ferait descendre dans l'estime de la petite rouquine.
Elle décida alors à sortir de sa cachette, en s'inspectant d'abord. Elle avait sur elle un long t-shirt, sûrement à Castle et un vieux jogging, sûrement à lui aussi. Elle se sentait ridicule et même si elle savait à présent ce qu'il s'était passé : elle avait peur des conclusions. Elle s'attacha les cheveux et ouvrit la porte, ayant perdue toute attention pour leur conversation.
« Beckett ? »
« Oui ? »
Elle faisait mine d'être surprise, mais en fait elle se doutait bien que Castle allait prévenir sa fille que d'un instant à l'autre la détective allait apparaître. Mais à voir l'expression sur le visage de sa fille, Castle venait de la surprendre. Elle s'était retournée, pour faire face à la jeune femme, qui semblait avoir passé une bonne nuit.
« Bon..Bonjour ? »
Elle ne savait pas trop comment se comporter ni que faire. Elle se sentait si gênée d'être là, et d'avoir fait.. ce qu'elle avait fait. Sa relation avec Castle ne serait plus jamais pareille, et elle ne savait vraiment pas comment jouer avec ça.
« Bonjour... Détective Beckett. »
L'adolescente semblait ne pas savoir comment se comporter, non plus. Elle se rappelait de quand Kate avait dû venir dormir chez eux à cause de son appartement. Mais cette fois-ci semblait différente, et elle ne savait pas dire en quoi.
« Oh, je t'en prie Alexis, tu peux m'appeler Kate. »
« Bonjour Kate. Vous avez bien dormi ? »
Castle leva les yeux au ciel à cette question, sa mère avait le don de le mettre dans une position plus que gênante, encore à son âge. Kate, quand à elle, baissa la tête, un grand sourire aux lèvres mais la releva très vite pour répondre.
« Oui, merci. »
« Qui à faim ? J'avais pensé à des pancakes ? »
Les trois filles acquiescèrent et Martha alla jusqu'à Kate, la prenant par le bras pour l'accompagner jusqu'au comptoir. Elle l'installa entre Alexis et elle, ne cessant de la dévisager. Cette femme portait les vêtements de son fils, ce n'était pas anodin. Elle avait vécu beaucoup trop d'aventures pour ne pas comprendre ce qu'il se tramait sous ses yeux.
Mais ce n'est pas le regard amusé de Martha que Kate sentait, mais bien celui d'Alexis. L'adolescente était complètement perdue, et cela se voyait. Elle n'était pas dupe, son père en pinçait pour la détective, mais de là à ce qu'il la ramène chez eux et qu'ils fassent comme si de rien n'était. Ce n'était pas son père. Généralement, il ne savait pas garder une relation secrète, il fallait toujours qu'il lui en parle. Tout y passait : chaque fois qu'il se remettait avec sa mère ou Gina, chaque fois qu'une starlette lui courait après... Et il ne lui avait rien dit pour Beckett.
Il était clair qu'elle voulait en savoir plus, mais Beckett ne savait pas comment lui expliquer. Elle se contentait de regarder en face d'elle silencieuse, se pinçant la lèvre inférieur. Quand Castle s'approcha des trois filles pour leur servir un jus de fruit, leurs regards se croisèrent. Elle essaya de lui faire comprendre qu'elle avait besoin d'aide et que la situation était bizarre. L'homme face à elle rigola légèrement, il avait bien comprit.
« Vous avez finalement mis la main sur mes vielles affaires. Le lit était confortable, au moins ? »
« Oui, merci. Et encore désolée que vous ayez prit le canapé. »
Martha faillit s'étouffer avec la gorgée de jus de fruit qu'elle venait de prendre. S'était-elle donc trompée sur les agissements de ces deux-là cette nuit ?
« Quoi ? Le canapé ? »
« Pourquoi tu as dormi sur le canapé ? »
« C'est entièrement ma faute, j'avais trop bu et l'ascenseur ne m'a pas fait du bien. »
Elle était gênée d'avouer qu'elle avait été malade parce qu'elle avait trop bu.
« J'ai horreur de... » Elle préférait passer le mot sous silence, après tout ils étaient sur le point de prendre le petit déjeuner. Elle mima juste un semblant de ce mot avant de reprendre. « J'ai demandé à ton père de bien vouloir rester avec moi. Il a dormi sur le canapé pour ne pas être trop loin. C'est pas l'histoire la plus valorisante de ma personne. »
« Je vous assure que je n'en dirais mot à personne. »
Castle lui fit un sourire entendu, elle n'avait plus à s'inquiéter : Alexis ne lui en tiendrait pas rigueur. Elle continuerait à la respecter et à la voir comme une femme forte et qui n'a besoin de personne. Il retourna à la préparation de ses pancakes laissant Martha et Alexis écouter la version légère de Kate sur leur soirée. La danse ne faisait pas partie du récit, l'épisode du taxi non plus et encore moins celui de l'ascenseur... Du moins, pour ce dernier, pas en intégralité.
Une soirée sobre où la belle avait juste surestimé sa force face à l'alcool. Et Martha renchérit.
« Mais vous n'avez pas de petit ami à appeler, en cas d'urgence ? Si les hommes ne servent pas quand nous ne sommes plus capables de faire deux pas, quand servent-ils ? »
« Oui, Kate. Papa nous à parlé de Josh, il est médecin, c'est ça ? »
« Oui, il voyage pour exercer dans des pays où les soins sont moins faciles d'accès que chez nous. »
« Richard dit qu'il est moins présent pour vous que pour ses malades, à qui il ne donne que quelques heures de son temps, d'ailleurs... »
« Mère ! On va peut-être s'abstenir de descendre le petit ami de Beckett avant même d'avoir prit le petit déjeuner. »
« Ex.. ex-petit ami. »
L'effet que lui fit cette précision ? Il n'aurait pu le décrire, c'était encore mieux de l'entendre une deuxième fois. Comme si tout ce temps il n'avait pas cru à cette révélation.
« Que s'est-il passé ? »
Le père de la jeune fille lui fit face, laissant un pancake sans surveillance. Kate avait refusé de lui donner des détails sur la rupture. Elle avait beau avoir dit "j'ai rompu..." il n'était pas sûr que la décision venait vraiment d'elle. Et d'un côté, il n'avait pas envie de le savoir.
« Et par la même occasion, de la mettre dans le rôle de l'un de ses suspects. Ma chérie, bois ton jus d'orange, plutôt. »
Il espérait que les deux femmes de sa vie comprendraient le message : le sujet n'était pas à couvrir. On archivait, point final. Il repartit donc à ses fourneaux, espérant qu'il n'y aurait ni silence gênant ni autre sujet mal venu. Et puis, il la connaissait : elle n'aimait pas qu'on la bombarde de questions, surtout personnelles. La plupart des choses qu'il connaissait d'elle, elles n'étaient pas venues en réponses à ses interrogations. Mais plutôt des petites confessions que la jeune femme lui faisait de temps à autre. Alexis et Martha ne la côtoyaient pas assez souvent pour le savoir, mais il ne voulait pas qu'elles la mettent dans l'embarras.
« Il y a quelques temps on m'a fait prendre conscience que la vie est courte, qu'il fallait profiter de chaque moment. Personne n'a envie de retracer sa vie, pointer un moment et se dire "si seulement..." Et ce n'est pas Josh ou aux actes manqués dans notre relation qui me sont venus à l'esprit. J'ai vécu des jours difficiles, j'ai finit par me faire tirer dessus et à mon réveil du coma... Ce n'était toujours pas Josh vers qui mes pensées allaient. Quand on ne pense pas à l'homme qui partage notre vie dans de telles situations, je crois que c'est parce que ce n'est pas celui que l'on veut, celui qu'il nous faut. »
Ces derniers mots furent prononcés avec émotion, ses yeux braqués sur lui. Réalisait-il ce qu'elle essayait de lui dire ? Comprenait-il le sous-entendu, cette fois ? De dos à elles, il était impossible de voir une quelconque réaction, de lire n'importe quel sentiment sur son visage ou dans ses yeux. Il ne se retourna même pas, alors elle détourna le regard et réalisa qu'elle n'était pas seule. Alexis regardait son père, attendant qu'il fasse ou dise quelque chose. Martha n'avait pas attendu, elle savait ce que son fils pensait, du moins elle pensait comprendre. Elle posa sa main sur celle de Beckett, qui dirigea ses yeux sur elle et vit l'air compatissant qu'elle lui lançait.
La jeune flic refusa de rester un instant de plus à se faire humilier. Si Martha et Alexis avait compris, il ne pouvait pas en être autrement pour lui. Impensable après leur conversation de hier après-midi, encore moins après leur danse, et totalement impossible après les épisodes du taxi et de l'ascenseur. Comment avait-elle pu être aussi naïve de croire qu'il la voulait tout autant qu'elle le voulait. Elle ne s'était pas totalement investie avec Josh pour guetter le moindre avancement de son côté, elle avait rompu lui confiant que celui qu'elle aimait était l'écrivain, pas le médecin, et qu'elle préférait être seule que sans lui. Elle avait fait de la peine à un homme qui n'avait rien demandé pour quoi ? Pour un homme, qui, comme souvent ces derniers mois, était incapable de lire en elle quand cela avait de l'importance. Elle se sentait fragile, exposée. C'était incroyable, il venait de la blesser sans même prononcer un mot. Elle retira sa main de dessous celle de Martha et s'excusa.
« J'ai pas très faim, je vais aller chercher mes affaires et rentrer. »
« Vous n'êtes pas venue en taxi ? »
« C'est exact. Je.. j'en ferais appeler un en bas. Excusez-moi. »
Elle était presque à courir pour rejoindre la chambre de Castle. Elle avait l'impression de vivre la plus grande honte de sa vie, heureusement qu'elle n'avait pas était claire. Si elle avait placé des mots sur ses sous-entendus, elle aurait été la pire des idiotes. Elle se passa les mains sur le visage et dans les cheveux, cherchant comment sortir de l'appartement sans le croiser : ce qui était impossible, bien entendu. Elle se décida de rassembler ses affaires et remarqua qu'il n'était pas envisageable qu'elle les mette. Ils sentaient fortement le refus de détention que son corps lui avait manifesté la veille. Elle devrait garder le t-shirt ainsi que le jogging : ce qui donnait pour résultat qu'elle devrait revoir Rick Castle sous peu. Elle était ressortie de la pièce et n'avait prononcé qu'une petite phrase avant de quitter l'appartement sans attendre.
« Uhm, je vous ferais ramener les vêtements. Bonne journée ! »
« Kate ! »
Alexis voulait la retenir, elle était persuadée que ce n'était pas comme ça que ça devait se passer. On pouvait l'excuser : c'était le matin, il avait dormit sur le canapé, il était mal réveillé. Il avait besoin de plus de temps pour réagir, voilà tout. Mais il ne pouvait pas rester là à rien faire.
La porte n'avait même pas claquée. Une déception pour Martha.
« J'étais pourtant persuadée que cette petite avait un don pour la tragédie. »
« Papa ! »
À croire qu'il était inspiré par la cuisson de ses malheureux pancakes. Alors que venait de passer, sous ses yeux, la plus belle des déclarations. Il n'était pas malin, Alexis ne manquerait pas de lui faire remarquer quand elle le saurait tout attentif. Il finit par la regarder, l'air interrogateur. Martha l'examinait comme si ce n'était qu'un étranger en face d'elle, l'air dépité et faisant non de la tête. Alexis, elle, c'était différent. Il pouvait discerner de la colère et presque de la pitié dans ses yeux. Il avait entendu ce que Kate avait dit, assurément. Mais, contrairement à elle, quand il avait pensé la perdre pour de bon, il lui avait clairement avoué ses sentiments. Alors qu'elle, elle se contentait de supposer que Josh n'était pas celui qu'il lui fallait. C'était tout ce dont elle était capable ? Ce n'était pas assez, pour lui et il en avait marre d'attendre.
« Quoi ? »
Comme s'il était innocent, comme si le départ de Beckett n'était pas une fuite.
« Elle s'en va ! »
« Elle n'aime peut-être pas les pancakes et elle a dit qu'elle n'avait pas faim. »
« C'est vraiment absurde. J'ai plus faim non plus ! »
Et la jeune fille se leva et remonta dans sa chambre, devant l'air ahuri de son père. Il arqua les sourcils et essaya de prendre son air charmeur.
« Ce sera donc un petit déjeuner en tête à tête, mère. »
« Tu vas vraiment la laisser t'échapper, encore une fois ? »
« Je ne vais pas la forcer à me dire ce qu'elle ne veut pas dire. »
« Fils, parfois, le silence d'une femme en dit beaucoup plus que ses mots. »
Martha ne pensait plus rien pouvoir pour son fils. À voir les yeux brillant qu'avait la jeune détective quand il ne s'était même pas donné la peine de dire un mot à sa déclaration, il l'avait vraiment blessée. Et rester là, à prendre son petit déjeuner, n'allait rien arranger.
Pourtant, elle se souvenait de leur conversation comme si c'était hier. Peut-être qu'il ne lui avait pas dit clairement qu'il était amoureux de cette femme, mais il se l'était avoué à lui-même et elle l'avait comprit : il en avait conscience.
C'est donc étonnée qu'elle vit son fils éjecter la spatule qu'il détenait et foncer vers la porte d'entrée. Trop pressé pour prendre la peine de la fermer, Martha en profita pour aller l'espionner.
Il arriva alors qu'elle entrait à peine dans l'ascenseur, il pu voir que plus d'une larme avait coulé sur ses joues.
« Kate, je suis désolé. Restez, il faut qu'on parle. »
« Castle, je n'ai plus envie de parler. »
Les portes de l'ascenseur se refermèrent sur une Kate en pleurs et un Castle désarmé. Il se dirigea vers son appartement et vit sa mère qui l'attendait les bras grands ouverts vers lui.
