Note d'auteur : Je clôture cette histoire ( mais ça on s'en fout ) avec une conclusion pour les deux pairings et comme ça c'est cool. Sinon j'ai une fic rated M en cours de route ( et ça on s'en fout brusquement beaucoup moins XD )
C'est plus court que d'habitude, mais bon...
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Cesare et son cher bourreau avançaient aveuglément dans les couloirs déjà assombris par un soleil qui faisait place au soir, à la recherche de la chambre du Borgia. Micheletto s'était sut démasqué lorsqu'il avait vu s'agrandir le rictus de son ami en un franc sourire narquois, comme autrefois. Ses défenses avaient cédées, mais quel homme aurait-il pu résister à cela ? Le bourreau gardait précieusement dans sa mémoire, comme un trésor qu'il aurait protégé, les souvenirs de la belle époque où se faire rire était tout ce qu'ils souhaitaient. Mais personne ne pouvait rien contre le temps qui passait, et les petits garçons innocents qui jouaient, sans jamais se soucier des machinations politiques qui se déroulait derrière eux, avaient peu à peu laissé place à deux hommes fermement décidés à atteindre leurs buts, et ce quel qu'en soit le prix. Ils tuaient, pillaient, mentaient et manipulaient odieusement pour obtenir ce qu'ils voulaient de leurs victimes. Quelque part, ça ne les gênaient ni l'un ni l'autre d'être fourbes et vicieux, mais la fin justifiait les moyens, et le peu de remords qu'ils éprouvaient ne les empêchaient en rien d'avancer.
Le tueur avait alors fuit son ami, mortifié à l'idée de voir du dégoût sur ces si beaux traits. Jamais il ne pourrait le supporter, et il se maudissait intérieurement de s'être fait découvrir si facilement. Il s'était fait rattraper quelques minutes plus tard par Cesare, qui l'arrêta net lorsqu'il arriva à sa hauteur. Le tyran lui demanda ce qui lui avait pris de s'enfuir ainsi. Rien que le son de sa respiration précipitée conjugué à sa voix inquiète avait valu au bourreau de se retourner vers lui, dévoilant ainsi ses yeux rougis. Le temps s'arrêta pour le Borgia. Il était certain d'avoir déjà vu ce ravage sur le visage de son ami, il y a trop longtemps pour qu'il s'en souvienne précisément. Mais pourquoi cela le perturbait autant ? Il avait vu un nombre incroyable d'expressions détruites, endeuillées ou larmoyantes, et le fait que Micheletto soit son ami n'y était pour rien. Il n'avait jamais réagit en voyant Lucrezia l'insulter en pleurant, alors pourquoi les larmes d'un simple ami d'enfance aurait-elles plus d'effet sur son humeur que celles de sa propre petite sœur ?
La réponse le frappa de plein fouet, comme un rappel à l'ordre qu'il aurait autrefois craint. Les gens que l'on n'aimait pas ne nous affectaient pas. Pendant longtemps, et encore à cet instant, le brun avait soigneusement évité de s'attacher à qui que ce soit, afin de rester intouchable. C'est d'ailleurs de cette façon qu'il attaquait ses ennemis, en blessant leurs alliés pour les affaiblir, autant militairement que mentalement. Il regarda quelques instants Micheletto, dont les larmes s'étaient taries aussi vite qu'elles étaient apparues. Ce dernier détourna les yeux et serra les lèvres, d'un air amer et humilié. Ni lui ni Cesare ne dirent mot, mais il posa une main qui se voulait rassurante sur son épaule. Il ne chercha pas à se dégager, et ce fut sa dernière maladresse de la soirée, car celle-ci se termina à fondre sous les faveurs du brun, sur des draps froissés par leur agitation, dans la quiétude nocturne des appartement de l'aîné des enfants Borgia, à peine quelques minutes enflammées plus tard, passées à chercher à tâtons un lit.
Personne ne le sut jamais, et personne ne devait jamais le savoir. Aucun domestique et aucun garde ne les dénicha, et ce malgré leurs cris de plaisir, qui ressemblaient parfois à des plaintes de douleur, et la fréquence rapprochée de leurs rencontres nocturnes.
Les amis d'enfance se retrouvèrent, et si leur innocence et leur naïveté ne revinrent pas, leur amour lui se renforça.
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Cependant l'ambiance n'était pas aussi sulfureuse à l'atelier de Leonardo. Le peintre avait demandé à Ezio de rester, et celui-ci avait accepté, trop heureux d'avoir une occasion de profiter de la présence si apaisante. Chaque sonorité de la voix de l'artiste lui semblait familière, comme une ancienne musique qu'il aurait fredonné, il y avait tellement longtemps... Les gestes souples du blond qui s'affairait sur des parchemins étranges le calmait, mais ses paroles faisaient monter en lui un flot d'émotions insoutenables, qui lui ordonnait presque toutes la même chose. La nostalgie l'envahissait, mais elle était bousculée par un sentiment de quiétude qui lui même faiblissait face au désir qui montait peu à peu.
L'Assassin s'était tranquillement assis derrière le peintre tandis que ce dernier triturait diverses paperasses sur lesquelles il écrivait parfois une note. Ezio lorgnait sur la cape rouge de Leonardo, et son regard descendait souvent le long du fin corps qu'il distinguait à travers le fin tissu. Le peintre, lui, sentait les yeux de l'homme encapuchonné dans son dos, mais il faisait de son mieux pour continuer à lui parler de choses sans importance, même s'il sentait que son interlocuteur ne l'écoutait pas le moins du monde. Et c'était vrai, car l'esprit de l'Assassin devenait de plus en plus désordonné au fur et à mesure que les heures défilaient. Ils restèrent dans l'atelier, à poursuivre cette mascarade ridicule, sans voir le soleil décliner et les rues s'assombrir, puis finalement se vider. Quelques pigeons passèrent devant la fenêtre fermée, et en les voyant passer, Ezio se souvint qu'il adorait voir voler les oiseaux, se déconnectant totalement des paroles du blond.
Lorsque le soir arriva, Leonardo eut soudain le courage de se retourner vers lui, qui commençait à perdre patience. Et c'est pour cela que dès que le peintre se tourna vers lui, l'Assassin fonça sur lui, comme il l'aurait fait sur une de ses victimes. Mais il ne le tua pas, bien au contraire. Il découvrit plutôt ses lèvres sèches du bout des doigts, et remplaça ses doigts par ses propres lèvres, lorsqu'il constata le silence de l'artiste, qui ne répondit pourtant pas moins au baiser enflammé.
Ils poursuivirent leurs caresses à l'étage, dans la modeste chambre du blond. L'homme encapuchonné oublia ses malheurs le temps d'une nuit merveilleuse, et au matin, ses démons ne le rattrapèrent plus, solidement retenus par le sourire chaleureux de Leonardo.
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Fin
