Yo !
Un OS de la Nuit du Fof qui a la particularité d'être ni trop court ni en retard. Sur le thème Cheveux donné par Ahé.
Bonne lecture !
5 Sens, OS 4 : L'odorat
Camomille & Orties
« Comment tu nous différencies à chaque fois ? »
Vanitas, ça ne lui prend pas une seconde pour identifier, dès que l'un des deux entre dans la pièce, si c'est Roxas ou Ventus qui vient le perturber dans peu importe ce qu'il fait, et ça a toujours été. Mais il ne peut pas vraiment dire pourquoi, pas à Roxas en tout cas, et sûrement pas à Ventus. À Axel, peut-être, s'il venait à lui poser la question, quoiqu'Axel en parlerait à tout va, le traiterait de chien alors non. Vanitas ne peut pas vraiment dire ça à qui que ce soit, alors il hausse les épaules. Roxas s'est concentré sur autre chose, alors il n'approfondit pas.
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Vanitas a peut-être un peu trop bu, mais ça arrive souvent, alors ce n'est sans doute pas si dramatique.
« Mais c'est pas ma faute c'est – c'est – c'est tes cheveux ! »
Ou peut-être que ça l'est, au moins un peu, parce que Vanitas ne devrait pas être soûl à côté de Ventus, parce que Ventus est un abruti souriant et que quand Vanitas vient enfoncer son nez dans ses cheveux il ne le repousse pas. Vanitas est convaincu qu'il devrait le repousser, parce que là, tout de suite, ça lui fait tourner la tête encore plus que l'alcool, ce parfum bizarre de soleil et de fleurs.
« Quoi, mes cheveux ? »
Ventus sourit et de loin, Vanitas voit Terra et Aqua qui le regardent d'un sale œil, plus incapables que jamais de comprendre ce que Vanitas fout dans leur petit monde bien rangé. Mais Vanitas y est, dans leur monde, et il ne veut pas en bouger, pas tant que ce sera là que Ventus trimballera ses cheveux blonds.
« I' sentent bon. »
Et Ventus rit. Et Vanitas se demande tout ce qu'il peut se permette, puisqu'il peut déjà se permettre cela. Est-ce qu'il peut se permettre de manger les cheveux de Ventus ? Parce que quand il le fait, Ventus ne dit rien.
« Je peux te perdre ? »
C'est une question piège, à laquelle Vanitas n'acceptera qu'une seule réponse. Il ne veut pas savoir qu'il peut perdre Ventus, c'est quand même un peu son meilleur pote, quand même vachement son point d'encrage olfactif, un repère.
« Je suis pas un trousseau de clés, Vanitas. »
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Quand Vanitas se réveille, son lit est froid, mais l'odeur de shampoing sur son oreiller est chaude. Alors, comme personne ne peut le voir, il sourit.
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« Ventus ? »
Vanitas est un peu dubitatif. Il n'a jamais vu cette cicatrice, en haut du torse de son meilleur ami slash petit-ami slash n'importe quelle étiquette que Ventus voudra leur coller dessus parce que Ventus adore les collages et le scrap-booking. Mais ça doit bien être lui, non ? Il est à la porte de Ventus et c'est l'odeur de Ventus qui lui a ouvert la porte avec ses cheveux blonds. Deux yeux bleus s'écarquillent.
« C'est la première fois que tu te trompes. »
Vanitas fronce le nez. Roxas, visiblement, le regarde avec soupçon.
« Nan, nan, j' suis juste resté dormir ici, mais il avait plus de mon shampoing alors – »
Roxas s'arrête au milieu de sa phrase. Vanitas claque la porte et s'enfuit. Il ne manque pourtant pas l'éclat de rire qui résonne derrière le bois.
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Vanitas regarde son jeu et relance d'un jeton.
« Ça va, Médor ?
— Roxas, mets une laisse à ton mec.
— Nan, tu serais trop jaloux.
— J'en ai marre. »
Vanitas claque la porte, Axel rit, Roxas rote, Ventus soupire.
« Voilà, vous me l'avez vexé.
— Oh ça va, c'est lui aussi, il cherche.
— Il cherche rien du tout ! En plus j'avais deux as, sérieux !
— Ah, en fait c'est ça qui t'énerve ! »
Ventus a un genre d'expression boudeuse qui s'accompagne de grommelots incompréhensibles. Axel et Roxas en rient jusqu'à se faire virer de l'appartement. Les deux gamins, les deux boudeurs sont ensemble.
« Vanitas, sors de la chambre.
— Nan.
— Allez ouvre la porte, au moins. J'ai besoin de prendre des affaires pour aller à la douche. En plus j'ai les cheveux tous secs et mon masque au miel est sur la commode … »
La porte s'ouvre. Bientôt les doigts de Vanitas sont trempés dans les cheveux de Ventus.
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Un lendemain de dispute ne se passe pas sans que Vanitas aille dévaliser le rayons de bières fortes du supermarché.
Mais ce rayon est tout au fond.
Pour y accéder, il y a plusieurs chemins possibles. Mais c'est un samedi.
Dans l'allée des sandwichs, il y a une étudiante qui compare avec attention les prix. Dans l'allée des produits pour la maison un jeune couple promène son bébé en poussette. Dans l'allée bio une grand-mère plisse les yeux pour lire les ingrédients d'une boîte de gâteaux qui ne ferait envie à aucun enfant digne de ce nom.
Alors Vanitas prend l'allée des produits de beauté.
Un samedi matin, une bouteille de shampoing à la camomille en mains, Vanitas pleure au milieu du supermarché.
Et il se promet de ne jamais plus se disputer avec Ventus un vendredi soir.
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« Vanitas, y en a d'autres qui voudraient se doucher ! »
Mais Vanitas est obligé de prendre du temps. Parce qu'il en a besoin mais que personne ne peut savoir. Il passe presque dix minutes à faire un premier shampoing. Puis un deuxième, différent. Quand il sort enfin de la douche et que sa tante lève les yeux au ciel à sa démarche de diva, personne à part lui ne peut deviner le léger parfum de camomille par-dessous son shampoing habituel. Ce n'est pas de sa faute si Ventus passe l'été à l'autre bout du monde, tout de même.
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« Non. »
Ventus cligne des yeux. Il n'a pas demandé son avis à Vanitas, il n'y a même pas songé. Vanitas n'a pas son mot à dire.
« Mais ils sont beaucoup trop longs.
— Tu vas pas chez le coiffeur.
— J'ai pas besoin de ton autorisation.
— Si. »
Ventus lève les yeux au ciel. Vanitas boude dans son coin pendant une semaine, jusqu'à ce que Ventus refasse un shampoing tout seul.
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Vanitas revient d'une semaine de vacances qui a été épuisante. Il s'affale sur Ventus dès qu'il a franchi la porte, respire ses cheveux. C'est l'odeur de la maison, maintenant. Mais ce n'est pas exactement habituel. C'est si léger que Vanitas pourrait presque ne pas le remarquer, s'il ne connaissait pas ce mélange.
De la camomille, bien sûr. Mais en-dessous, des orties, ça, c'est autre chose. Quand Vanitas sort de la douche chez sa mère, il sent les orties, et en-dessous de la camomille. Là c'est inversé, parce que c'est Ventus et que Ventus fait toujours exactement la même chose de lui, mais à l'inverse. Il renifle un bon coup et sourit diaboliquement à l'autre. Quand Ventus rougit, Vanitas sait qu'il a compris.
« Et après ça se fout de ma gueule, hm ? »
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Voilà ?
Y a pas trop de fin mais bon. Je savais pas ce que je pouvais faire d'autre sur ce thème.
Ma mère utilise un shampoing à la camomille en été, spécial cheveux blonds. Dans ma tête, il est canon que c'est ce shampoing précisément que Ventus utilise. Si, si. Et le shampoing à l'orties ... C'est celui que j'utilise le plus depuis que j'habite à Paris, parce que ça sent les orties et l'herbe coupée, comme le jardin. Du coup c'est un peu mes deux shampoings préférés. Information capitale.
Review ?
