Bonjour :) Je m'excuse pour le petit retard d'un jour mais je tenais à bien le corriger et pas le publier rapidement. Ce chapitre fait un peu office de transition vers l'intrigue principale, tout en répondant à des questionnements. Merci encore pour les reviews :)
« Tem ! Attends ! »
Son cri malheureux déchira le calme de la pénombre, et résonna dans la rue silencieuse. Il courait, à en perdre haleine, son esprit lui hurlant de ne pas s'arrêter. Il fallait qu'il la rattrape, à tout prix. Il ne pouvait pas la laisser s'en aller. Pas une nouvelle fois. Depuis cette après midi, il avait eu l'étrange sensation que tout était sur le point de dégénérer, comme s'il avait déjà vécu cette scène. Une sensation de malaise l'avait envahit dès lors qu'il avait entendu sa mère inviter Temari chez eux. Il avait su à cet instant que cela ne se passerait pas bien, que la gêne les embarrasserait. Il avait été contre l'idée même de laisser Temari entrer chez lui. Il ne voulait pas que son esprit s'échappe à la vue de la jeune fille. Il ne voulait pas penser aux moments passés ensemble. Il ne voulait pas qu'elle marche à l'endroit même où il embrassait à présent une autre. Il ne voulait pas que leurs deux parfums se mélangent. Il ne voulait pas perdre ses moyens. Il voulait pouvoir garder son esprit stratège. Et Temari, étant dans sa maison, ne lui permettait pas de réfléchir correctement. Mais il n'avait pas pensé quelques heures plus tôt, que la situation prendrait cette tournure. Tout paraissait flou dans son esprit : les excuses bafouillées de sa mère, la tristesse de son père, la douleur dans les yeux de Temari. Il ne s'était jamais habitué à la manière avec laquelle elle le regardait à présent. Il n'y arriverait pas. Avant, quand il se plongeait dans ses yeux verts, il n'y voyait qu'amour, un amour pur, qui le comblait. Maintenant, il n'osait pas regarder cette douleur en face. Peut être était il trop lâche pour la fixer, pour comprendre qu'il en était l'investigateur, pour accepter qu'il était coupable de l'avoir fait souffrir.
Les poings serrés par la rage, il continua de courir, et finalement put apercevoir la jeune fille qui marchait devant lui, assez vite pour le distancer. Il ne la laisserait pas partir. Il la rattrapa dans une foulée, alors qu'elle ignorait ses cris. Voyant qu'elle ne comptait pas s'arrêter, il fut tenté d'utiliser son entrelacement des ombres, mais se rappelant de sa colère, il se dit que ce n'était pas forcement la bonne solution. Il devait lui parler. Lui expliquer.
« Tem ! Je t'en supplie ! Arrête toi ! dit-il vainement alors que la jeune fille continuait sa route sans même lui adresser un regard.
- Je t'ai dis de ne plus essayer. Qu'as tu mal compris ? cracha-t-elle.
- Ecoute moi au moins ! Et arrête de courir ! »
Il tenta d'attraper le poignet de la jeune fille dans un mouvement rapide, mais elle le devança, et avant qu'il n'ait pu faire quelque chose, elle détacha son éventail de son dos, et dans un geste fluide l'envoya valser quelques mètres plus loin. Il sentit son corps lui désobéir, et s'écraser contre un des murets encadrant la route où ils se trouvaient. La douleur le traversa des pieds jusqu'à la tête, alors qu'il étouffait une plainte. Ignorant son corps qui hurlait de douleur, il lui cria :
« Bordel Temari ! T'es complètement folle ! »
Elle ne le laissa pas continuer à lui hurler dessus puisqu'elle s'avança rapidement, l'air menaçant, son arme en main, le regard fixe. Pour la première fois, il comprit que toute ces fois où il l'avait trouvée effrayante n'étaient rien. A cet instant précis, il eut peur d'elle. Peur de ce qu'elle pouvait lui faire. Peur de ce qu'elle pouvait lui dire. Peur de ce qu'elle pouvait ressentir. Peur de la tristesse qui irradiait de sa violence. Toujours assis au sol, il leva vers elle des yeux perdus, et elle s'arrêta à quelques centimètres de lui, le dépassait de toute sa hauteur. Elle ne le frappa pas. Elle ne dit rien. Se contentant de se forcer à retenir ses larmes. Il voyait que tout le corps de la jeune fille était tendu, et que si elle avait pu, elle se serait écroulée. Il la connaissait. Il avait appris à lire en elle. Et pourtant, quand il s'agissait d'agir avec elle, tout ces minutieux raisonnements semblaient inutiles. Il n'arrivait pas à bien se comporter avec elle. Il n'arrivait pas à communiquer. Il enchainait conneries après conneries, sans même s'en rendre compte. La seule chose qu'il savait c'est qu'il agissait comme un con, et qu'elle le détestait sans aucun doute.
Voyant qu'il n'essayait plus de parler, de la supplier, de l'implorer, et qu'il se contentait de la fixer, elle commença à parler, ses mots acérés comme des lames.
« Ecoute moi bien Shikamaru Nara, écoute bien ce que je vais te dire. Que tu me fasses encore pleurer, ca m'est égal. J'ai pleuré pendant des mois quand tu m'as abandonnée…
- Temari…
- Laisse moi finir ! Tu vas rentrer chez toi tout de suite, et t'excuser auprès de ta pauvre mère et de ton père. Ils ne sont pour rien dans tout cette histoire. Il s'agit simplement de toi et moi. Tu as fais pleurer ta mère, et ca je ne peux pas le laisser passer. »
Elle s'arrêta un instant comme si elle cherchait ses mots, mais il aperçut qu'elle tremblait discrètement, et que ce silence n'était que la preuve de la haine qu'elle éprouvait pour lui. Cette seconde de silence le tua à nouveau, toute la douleur hurlant à cet instant précis. Il voyait qu'elle tentait de ne pas lui montrer qu'elle était blessée, mais c'était trop tard. Il savait qu'il l'avait encore fait souffrir. Il en était pleinement conscient. Cela avait pour effet de le rendre encore plus nauséeux, comprenant qu'elle n'avait pas fini de parler : le pire était à venir.
« Tu m'as abandonné Shikamaru, reprit-elle d'une voix froide, Tu m'as fais souffrir.
- Et tu crois que je n'ai pas souffert de la situation ? s'énerva-t-il
- Tu te fous de moi ! C'est de ta faute tout ça ! Toute cette situation, c'est toi qui l'a crée !
- Arrête de dire des conneries ! Tu ne sais rien !
- Je devrais savoir quoi Shikamaru ? Tu veux m'éclairer ? le provoqua-t-elle.
- Ca suffit Temari, cracha-t-il, Arrête de croire que tu sais tout, que je n'ai rien ressenti, arrête c'est tout.
- Tu veux savoir ce que je sais Nara ? Je sais que tu m'as emballée avec de beaux mots, de belles promesses, que tu n'as jamais tenues. Tu me promettais la lune Shikamaru, je n'ai eu que mes yeux pour pleurer. Je sais que tu m'as larguée. Je connais la douleur quand tu m'as simplement dis que c'était fini. Pourquoi ? Pour une autre femme ! Je sais que tu es avec elle, que tu t'es marié, que tu es même heureux avec elle. Tu veux savoir ce que je sais ? Je sais que j'ai mal, j'ai mal à chaque fois que je pense à toi, à chaque fois que j'entends ta voix, à chaque fois que quelqu'un me parle de toi. Tu sais ce que je sais ? Que j'ai pleuré, pendant des jours, des mois, avant de te haïr, de te détester, d'espérer qu'il t'arrive un malheur, pour tout cette douleur que j'ai en moi depuis deux ans. A chaque fois que je t'imagine dans ses bras, à l'embrasser sous le porche où on jouait au Shogi, à lui faire l'amour dans le lit où l'on dormait, à lui promettre les mêmes choses qu'à moi, mon coeur explose, et j'ai envie de te tuer. Je t'aimais Shikamaru, à la folie, et regarde à présent les étrangers qu'on est devenu. Je t'aimais pour le voile de paix que tu as apporté sur mon chaos, et tu as finalement été celui qui m'a achevée. Voila ce que je sais. »
Il garda le silence, baissant les yeux quelques instants, ne sachant pas quoi répondre à de telles déclarations. Il savait qu'elle ressentait tout cela. Il se l'était imaginé pendant deux ans. Mais l'entendre prononcer ces mots étaient pire, bien pire, que tout ce qu'il avait imaginé. Devant son mutisme, Temari tourna les talons sans rien dire. Elle le laissa seul, dans la ruelle sombre, assis au sol, contre le muret. La voyant disparaitre dans la pénombre, il tapa sa tête violemment contre le muret en pestant contre lui même. Il avait envie de tout casser, d'exploser, de hurler sa douleur. Même là, il n'avait pas réussi à la récupérer. Elle le rendait dingue. Il n'était qu'un con. Il ne méritait même pas qu'elle s'énerve pour lui. Il ne l'a méritait pas. Il aurait voulu mourir.
Le lendemain matin, Temari ne bougea pas de sa chambre. Elle n'avait pas dormi de la nuit, et c'était les yeux cernés par la fatigue et les pleurs, qu'elle fixait le plafond au dessus d'elle. Quand elle était rentrée, elle s'était faufilée discrètement jusqu'à sa chambre pour ne pas réveiller Naruto et Hinata, puis elle s'était effondrée sur son lit. Elle avait repensé à tout ce que Shikamaru lui avait fait, à tout ce qu'il lui avait dis, à tout ce qu'il s'était passé. Elle voulait l'effacer de sa mémoire, pour que tout parte avec lui. Elle voulait se réveiller de ce cauchemar. Elle aurait voulu croire que tout cela n'était que songe et mensonges. Elle voulait que tout cela cesse. Elle ne voulait plus rien ressentir en le voyant. Plus aucune haine. Plus aucune tristesse. Plus aucune malsaine attirance. Elle voulait simplement qu'il s'efface, qu'il disparaisse à tout jamais, qu'il ne devienne qu'un mirage. Tout la nuit, elle n'avait que ressassé de vieux souvenirs, haïssant tout ce que le jeune homme représentait, se mettant à maudire les cerfs eux-mêmes, à rêver qu'elle pouvait juste changer le cour du temps, l'inverser, et tout arrêter. Quand le soleil se leva, elle ne bougea pas d'un pouce, et il en fut de même quand Hinata, dans sa gentillesse et sa douceur, vint taper à sa porte pour la prévenir que le repas était prêt. Elle ne bougea pas feignant qu'elle était encore endormie. Puis lorsque Naruto passa une tête dans l'entrebâillement de la porte pour vérifier qu'elle allait bien, elle lui fit signe qu'elle était réveillée, mais lui indiqua qu'elle se lèverait plus tard. Le petit couple ne posa pas plus de questions, et ils lui dirent qu'ils étaient attendus chez la famille d'Hinata, avant de refermer la porte, la laissant tranquille. Elle entendit très clairement qu'ils parlaient derrière la porte, s'inquiétant de l'état de Temari, ne reliant pas ça au fait qu'elle aurait pu voir Shikamaru hier. Elle ne pouvait que les laisser faire. Si Hinata avait été en pleurs dans sa chambre, elle se serait certainement inquiétée, puis énervée, et enfin elle aurait été tuer ce petit blond de Naruto. Mais la situation était cette fois inversée et le jeune couple ne pouvait pas faire grand chose, sans savoir la raison de son état.
Elle patienta donc dans son lit, le temps que la maison soit vide, et lorsqu'elle fut certaine de ne plus entendre le moindre bruit, elle se leva, emmitouflée dans la couverture, et erra dans la maison. Elle ne savait pas quoi faire maintenant. Quelle image pitoyable elle devait montrer : la célèbre Temari du Sable, la plus féroce des Kunoichi, l'ambassadrice de Suna et soeur du Kazekage Gaara, abattue ainsi pour un simple garçon, de surcroit un étranger d'un autre village. Que devaient penser ses parents en la voyant dans sa couverture, marcher à tâtons, souffrant à chaque respiration qu'elle prenait. Pendant deux ans, depuis la rupture, elle avait continué à marcher malgré tout. Elle n'avait jamais baissé la tête. Elle n'avait jamais montré à quel point elle souffrait. Elle avait tu toute sa colère contenue, et sa douleur. Elle ne s'était pas laissé le temps de guérir, préférant cacher au monde, de tout qu'il se passait, tout ce qu'il s'était passé. Elle devait garder le silence. Elle ne devait rien dire. Elle devait rester digne malgré tout, montrer une bonne image d'elle-même.
Pendant des heures, elle resta dans le même état douloureux, fixant le mur en face d'elle, assise sur le canapé des Uzumaki. Elle se demanda si elle pouvait rentrer à Suna, mais se rappela qu'elle ne le pouvait pas. Il ne la laissera pas faire, et elle ne pouvait pas plus de conflits. Gaara lui avait ordonné de préparer leur arrivée à Konoha et ce qu'elle allait faire. Elle devait se plier aux ordres. Elle ne pouvait faire autrement. Elle devait absolument trouver une chambre d'hôtel aussi. Elle ne pouvait pas rester chez les amis de Shikamaru. Cela lui rappelait tant de souvenirs qu'elle tentait vainement d'oublier. Elle se décida à se lever après sa longue léthargie, et alla s'habiller en vitesse. Elle allait trouver un hôtel, et pour une fois, utiliser son statut très privilégié pour avoir une chambre de libre. Elle ne pouvait pas rester ici, à suffoquer, à penser au jeune homme, à ressasser la dispute de la veille.
Mais quand elle ouvrit la porte, elle vit un homme passer le petit portail qui séparait la rue du jardin du jeune couple. A l'aide de sa canne, il boita vers elle lentement, alors qu'elle se figeait sur place, tentant de déglutir avec difficulté. Les dieux n'étaient pas très cléments avec elle en ce moment. Elle savait que revenir à Konoha était une mauvaise idée. Mais tout s'enchaînait de manière très chaotique, comme si le destin voulait que tout ce se passe dans la violence.
Le fixant un instant, elle le salua d'un mouvement de tête avant de lâcher :
« Dans votre état, vous ne devriez pas marcher autant. Vous allez tomber.
- Bonjour à toi aussi Temari. Laisse un vieil homme venir te parler.
- Si vous êtes là de sa part, je vais devoir refuser, malgré mon profond respect pour vous.
- Je suis venu de mon plein gré, ne t'inquiète pas pour moi. Puis-je entrer quelques secondes ? »
Elle hésita un instant, ne sachant pas très bien pour quoi il était là, mais son respect pour l'homme qu'il était la força à descendre les marches en vitesse pour prendre son bras et l'aider à entrer dans la maison. Elle ne voulait pas qu'il se blesse, surtout pas alors qu'il s'était déplacé pour la voir. Shikaku Nara sourit lorsqu'elle agrippa son bras en murmurant qu'elle n'avait rien d'autre à faire de toute façon, et se dit que d'une certaine manière, elle lui rappelant étrangement son propre fils.
Temari ouvrit la porte du logis, et l'aida à avancer vers le canapé où il prit place, laissa échapper un petit souffle de soulagement en touchant du bout des doigts sa jambe. La guerre lui avait pris beaucoup, et il ne pouvait plus être le soldat qu'il avait un jour été. Il n'était plus qu'un vétéran blessé, qui n'avait que des souvenirs de l'attaque où il avait failli laissé sa vie. Sans même qu'elle lui demande, Temari alla chercher le thé que Hinata avait préparé le matin même. Avec cérémonie, elle lui servit le breuvage comme s'elle servait son propre père. Au fil des années, une complicité s'était crée entre eux, et elle avait appris qu'il n'était pas comme son paternel Rasa, et que derrière la dureté de ses mots et actions, se trouvait un père aimant. Une image du père que deviendrait un jour Shikamaru. Shikaku la laissa le servir, et après avoir pris une gorgée de thé, il la pria de s'assoir. Toujours dans le respect envers son ainé, l'ancien stratège et chef des jonins, elle lui obéit, ravalant sa fierté. Elle ne savait pas ce qu'il allait lui dire mais elle savait que cela ne lui plairait pas.
« Je te remercie Temari. Je suis venu ici pour te parler. Tout d'abord, excuse l'attitude de mon fils hier soir.
- Vous n'avez pas à vous excuser, répondit-elle avec un sourire, Ce n'était que de sa faute.
- Je m'excuse quand même. Cela n'aurait pas du se passer ainsi.
- Si Shikamaru ne s'était pas comporté comme ça...
- Il… Il est maladroit… Les hommes Nara nous sommes comme ça… Nous ne savons pas parler à notre femme.
- Je ne suis pas sa femme, répliqua froidement Temari.
- Je sais … Je sais …, marmonna Shikaku en soupirant. »
Le silence plana pendant une petite seconde, pendant laquelle Temari observa l'homme brisé en face d'elle qui semblait chercher ses mots.
« Que vouliez vous me dire ?
- Je sais que tu es blessée … Qui ne le serait pas …. Mais il faut que tu écoutes mon fils… Il faut qu'il t'explique. Je sais qu'il y a Hisae, et … Mais écoute le, je t'en supplie. C'est une requête d'une père qui adore son garçon que je suis venue te faire.
- Requête que je ne peux pas accepter Monsieur Nara, répondit la jeune fille, les poings serrés sur ses genoux.
- S'il te plait Temari… Il faut que vous vous parliez…
- C'est absolument hors de question. Vous ne savez pas ce qu'il m'a fait.
- Je suis bien trop au courant de cette situation Temari.
- Que savez vous ? Comment il m'a largué ? Comment il m'a utilisé pour ensuite m'abandonner ? Ou comment il s'est marié avec Hisae ?
- Temari…
- Ne cherchez pas, c'est trop tard. »
Soudainement, elle se sentie happée dans les souvenirs de cette séparation, et elle ferma les yeux quelques instants, pour s'y replonger à contre-coeur.
Flashback
« C'est fini, Temari. Je suis désolé »
Les mots résonnaient dans sa tête tandis que son cerveau tentait de les comprendre. En vain. Ce n'était que six petits mots qui lui semblaient totalement étranger à présent. Ce n'était pas tellement qu'elle ne les comprenait pas, mais qu'elle ne le comprenait plus. Elle ne comprenait plus le langage qu'il utilisait, ses mots n'étant que des murmures incompréhensibles à ses oreilles. Les mots résonnaient encore, et encore, prenant de plus en plus d'ampleur dans sa tête, hurlant, criant, faisant exploser son esprit. Elle se répétait la phrase inlassablement comme pour essayer de lui donner un sens. Mais plus elle se la répétait, plus absurde la phrase devenait. Finir ? Comment ça finir ? Comment pouvait il juste dire qu'il voulait finir ? Quand ils avaient succombé à la passion les embrasant, ils avaient été d'accord sur le regard qu'ils portaient sur l'horizon : ils marcheraient ensemble vers cette direction, sans jamais s'arrêter, bravant les pires tempêtes, mais continuant toujours de garder le même cap. Et voila qu'il lui disait qu'il voulait juste en finir, comme s'il abandonnant le navire. Pendant des mois, il n'y avait pas eu un nuage dans leur relation. Bien sur, ils eurent quelques disputes, mais ce n'avait jamais été d'importantes disputes. Généralement Temari s'emportait pour une bêtise, Shikamaru allait grogner dans son coin, et ils se réconciliaient plus tard. Rien de grave ne leur arrivait. Ils étaient à l'image de Shikaku et Yoshino. Elle hurlait. Il ne disait rien. Mais leur union restait. Ils avaient passés ces quelques mois ensemble à se découvrir, et la vie à deux avait été si simple, très naturelle, comme s'ils avaient toujours été destiné à vivre sous le même toit. Tout avait paru si beau aux yeux de Temari. Elle avait trouvé en Shikamaru un compagnon fidèle, droit, passionnément amoureux, et aux manières traditionnelles qui la faisaient sourire. Il était tout ce qu'elle avait besoin ici bas, avec ses frères. Il était devenu son ancre dans ce monde. C'était comme si chaque pas qu'elle faisait, il en était l'ombre. Toujours à ses cotés. Toujours présent. Et maintenant, tout se brisait. Tout ce joli film qu'elle s'était fait pendant des mois se fissurait peu à peu. Fini. Elle fit rouler ce mot dans sa tête maintes et maintes fois sans toutefois en comprendre la signification. Ils n'étaient plus. Tout les espoirs qu'elle avait placés en lui venaient de s'effondrer. Tout ces rêves de grand amour, avec lui, de vie à ses cotés, de mariage, d'enfant qui aurait ses petites manies qu'elle adorait. Tout cela venait de partir en fumée. En quelques secondes. Le temps qu'il prononce de manière froide ces quelques mots.
Elle leva vers lui des yeux perdus, l'implorant de s'expliquer, de lui expliquer, car elle avait beau chercher, elle ne comprenant pas ce qu'il venait de dire. Elle ne pouvait pas le comprendre. Il ne pouvait pas lui faire ca. Pas l'homme qu'elle aimait. Elle ne pouvait pas être encore blessé par l'homme qu'elle considérait comme un héros. Elle avait perdu un père, elle ne pouvait pas le perdre. Il ne pouvait pas quitter sa vie, et simplement l'abandonner à son sort. Elle avait besoin de lui, comme elle avait besoin d'air pour respirer. Voyant qu'elle était sous le choc de sa déclaration, le jeune homme tenta de s'expliquer, embarrassé, ne sachant pas très bien comment tourner ses phrases, ou quels mots précis il devait utiliser.
« Je … Je suis navré Tem… Je…
- Comment ça c'est fini ? rétorqua-t-elle d'une voix qui trahissait sa douleur.
- Il faut qu'on arrête … On ne peut pas continuer… Je ne peux pas.
- Tu es sérieux la Shika ?! Vraiment, tu me parles sérieusement ?!
- Tem… tenta-t-il en cherchant sa main de la sienne »
Elle le repoussa violemment, l'empêchant de l'approcher, et lui demanda, la rage aux yeux :
« Pourquoi Shika ? Pourquoi tu me fais ça ? »
Shikamaru ne répondit pas cette fois ci, et il baissa le regard, honteux. Elle ne supporta pas une seconde de plus son attitude de lâche, et en une foulée s'avança vers lui, et se mit à lui marteler le torse de coups. Au premier coup, il releva la tête, non surpris, comprenant la douleur, mais ne fit rien. Il ne bougea pas d'un centimètre. Il ne bougea pas quand elle lui assena des coups pendant quelques minutes. Ni lorsqu'elle commença à hurler qu'il n'était qu'un salaud, qu'il ne pouvait pas l'abandonner, qu'elle croyait en lui, en eux, qu'elle l'aimait plus que tout. Ni lorsqu'elle commença à pleurer, tremblante, ses coups s'atténuaient, et ses cris devenaient des murmures l'implorant de rester, de ne pas partir. Les larmes de Temari coulèrent sur son torse, mouillant le t-shirt du jeune homme, mais il ne bougea pas. Il ne la prit pas dans les bras. Il ne dit rien. Il la regarda juste exploser toute sa douleur, sa colère, sa désillusion. « Reste je t'en prie ». Cette prière elle la lui adressa plusieurs fois, mais il ne répliqua rien. Reste. Reste. Reste. Aucun mouvement de la part de Shikamaru. Il ne bougerait pas. Il ne marcherait plus à ses cotés. Il ne le pouvait plus.
Voyant qu'elle ne s'arrêterait pas de le frapper, il attrapa d'un coup ses poignets, pour la première fois de sa vie agissant avec violence face à la femme qu'il avait tant aimé, et lui souffla :
« Arrête Temari. Je ne peux pas rester. J'ai rencontré quelqu'un.
- Pardon ? répondit-elle les yeux écarquillées par le choc.
- Je l'aime. C'est elle. Je ne peux plus être avec toi.
- Qui est-elle ?
- Ca n'a pas d'importance Temari.
- Ca en a pour moi ?! Tu m'as trompé, c'est ce que tu m'avoues ? Depuis quand ? Tu l'aimes ?
- Arrête Temari ! Oui je l'aime ! C'est fini, c'est tout ! »
Ces derniers mots, il les hurla, et ils percutèrent de plein fouet la jeune fille. Elle le repoussa, et recula de quelques centimètres, comme pour s'éloigner de ce démon qui avait le visage de son compagnon. De son ex-compagnon. Elle ne le reconnaissait pas. Il était si froid, si détaché. Où était passé le Shika amoureux, passionné, rieur. Il ne l'aimait plus. L'avait-il déjà aimé un jour ? Il lui avait menti, il l'avait trahit, il l'avait abandonné. Les premières incompréhensions se dissipèrent peu à peu, et son regard se durcit. Il l'avait abandonné. Elle comprenait à present. Il avait une autre femme, une femme qu'il aimait. Une femme qu'il avait certainement embrassé avec effusion juste après l'avoir embrassé elle. Une femme qu'il avait peut être trouvé plus belle que Temari. Une femme qui le rendait plus heureux. Une femme avait qui il avait envie de construire sa vie. Une femme qui n'était pas Temari. Il n'y avait plus d'eux. Il n'y avait plus rien. Elle recula encore, séchant ses larmes, voulant partir en courant, pour ne pas s'effondrer devant lui.
« Je suis désolé Temari.
- Adieu Shikamaru. »
Un adieu, une promesse de ne jamais se revoir, une douleur commune, et tout n'était plus que poussière. Il tourna les talons et s'éloigna d'elle à jamais. Elle s'effondra au sol, la douleur la paralysait pour la première fois, sans savoir qu'elle devait vivre ainsi à présent. Pendant un instant, les nuages s'arrêtèrent d'avancer, et leurs deux âmes ne résonnèrent plus ensemble.
Fin du Flashback
Elle ouvrit à nouveau les yeux après quelques secondes d'absence pour voir que Shikaku la fixait, l'air peiné. D'un main tremblante, il reposa sa tasse de thé sur la table, et elle aperçut des larmes perler dans les yeux du l'homme. La vision était troublante, elle n'avait jamais vu un homme Nara pleurer. Ils étaient trop fiers pour montrer leurs émotions. Elle le savait que trop bien. Et voir le grand Shikaku Nara chasser les larmes de ses yeux d'un geste lent, était quelque chose qu'elle pensait ne jamais à voir.
« Je te dois des excuses Temari… Tout cela est de ma faute… Tout ce que tu as subi… Je suis désolé…
- Ne dites pas des bêtises Shikaku. Ce n'est qu'une rupture de deux adolescents qui ne savaient pas comment s'aimer.
- Je … Je n'aurais pas du… Je suis navré…
- De quoi parlez vous ? demanda Temari de plus en plus confuse par le comportement de l'homme.
- J'avais promis à Shikamaru de ne rien te dire mais tu dois savoir. Les Dieux me puniront pour avoir menti à mon fils, mais… Je t'aime comme ma fille Temari, et vous voir ainsi, Shikamaru et toi, ca me fait mal… Ma femme a pleuré pendant des heures cette nuit… Je voudrais pouvoir défaire tout ce que j'ai fais…
- Vous pouvez tout me dire Shikaku. Je suis certaine que vous n'avez rien fait de mal. Ne vous torturez pas pour rien. »
L'homme eut un petit rire triste, le même exactement que Shikamaru avait souvent, et il plongea ses yeux douloureux dans ceux de Temari.
« J'ai fais tant de mal Temari… Je t'ai fais souffrir… C'est de ma faute tout ca… Il faut que tu saches la vérité.
- Alors dites la moi…
- Mais Shikamaru…
- Vous préférez que j'aille demander à Shikamaru ?
- Il te mentirait… Encore… Il te cacherait la raison de votre rupture.
- De quoi parlez vous ? Il m'a dit qu'il avait une femme, cette Hisae.
- Et ca, c'est bien vrai…
- Voila, vous n'avez rien fait. Nous nous sommes séparés à cause de ça.
- Temari, si il s'est marié avec Hisae, c'est à cause de moi. »
Sans qu'elle n'ai eu le temps de répondre quoi que ce soit, il se mit à parler, à révéler tout ce qu'il avait caché depuis deux ans en lui, tout ce qu'il aurait voulu lui dire tout de suite, toute la douleur qu'il ressentait.
« Si il a épousé Hisae, ce n'est pas par amour Temari. Il t'aimait toi, il t'a toujours aimé. Il ne voulait que toi. Il l'a fait par honneur… Je lui ai pourtant dis que j'allais gérer tout seul la situation mais tu le connais. Il tuerait pour ceux qu'ils aiment.
- Je ne comprends pas.
- Je suppose qu'il faut que je te raconte tout… Excuse moi si je parais confus… J'ai si honte…
- Expliquez moi doucement, dit elle en le prenant par la main comme s'il était un enfant.
- Tu sais qu'après la guerre, je ne me suis jamais remis de mes blessures… Autant physiques que psychiques… Cette foutue guerre m'a eu… Je n'ai jamais été réplacé comme chef de clan, et encore moins comme stratège. Alors j'en voulais au monde entier. J'avais l'impression de n'être qu'un poids mort pour ma famillle… Je ne pouvais même pas bouger de mon lit à cause de cette satanée jambe. Je ne pouvais plus m'occuper de ma famille, du village. Je ne pouvais même plus embrasser ma femme, sans m'écrouler de douleur. Alors j'ai plongé peu à peu… Dès que j'ai pu sortir de ce lit, je me suis mis à boire, à sortir, à jouer…
- Oui je me souviens que les hommes Nara ont un sacré penchant pour la boisson
- Effectivement, le saké et la bière ont de mauvais effets sur nous. Mais la, c'était different. Je tentais de chercher le bonheur au bar, oubliant que j'avais une femme, un fils, et un merveilleuse belle fille. Un de ces soirs, j'ai été trop loin, perdant beaucoup d'argent, pariant la fortune de mon clan.
- Pourtant vous êtes l'homme le plus intelligent du village !
- Il faut croire que nous sommes tous stupides quand il s'agit de ce genre de jeu… Je jouais contre une famille très puissant les Asaro. Des gens puissants, très riches, et très dangereux. Dans mon arrogance, j'ai cru que mon intelligence me sauverait. Mais les gorgées d'alcool ont eu raison de moi, et j'ai tout perdu…
- Je ne savais pas…
- Personne ne voulait te le dire. Ce soir là, je suis rentré chez moi en sang, ivre mort, les poches vides. Ma femme m'a hurlé dessus, mon fils a quitté le lit qu'il occupait avec toi pour venir m'aider. Nous ne pouvions rien faire. Cet argent, nous ne l'avions pas…
- Mais j'étais la soeur du Kazekage ! Suna aurait pu vous aider ! s'indigna-t-elle comprenant peu à peu la situation.
- Shikamaru était contre cette idée. Il ne voulait pas te mêler à ça. Et il ne voulait pas prendre ton argent, alors qu'il aurait simplement du se contenter de ton coeur. Alors je lui ai dis que j'allais me livrer à cette famille, et que les conséquences de mes actes, bien que dramatiques, devaient rester secretes. Il deviendrait le chef d'un clan ruiné, et je resterais dans les memoires comme un vétéran brisé. Mais il a refusé. Toutes les propositions lui semblaient être de pire en pire. Il m'a dit qu'il ne voulait pas voir son père comme ça. Qu'en tant que chef de clan Nara, il ne me laisserait pas faire, qu'il refusait de voir une larme de plus dans les yeux de ma femme. Il n'a pas hurlé. Il n'a pas pleuré. Il a simplement énoncé ensuite la possibilité d'un mariage. Si la fille des Asaro épousait le chef des Nara, tout serait plus simple. Plus de dette. Plus de menaces. Plus rien. J'ai refusé Temari, je lui ai dis qu'il était hors de question qu'il fasse ça. Mais il ne m'a pas écouté. Il a dit qu'il devait sauver l'honneur du clan. Qu'il ne me laisserait pas tomber en disgrace. Que la famille comptait plus que tout.
- Plus que moi.
- Il t'aimait Temari comme un fou. Cette decision, il l'a pris à contre coeur. Je le sais. Je ne sais pas ce qu'il t'a dit ce jour là, mais je sais que quelques minutes avant de te l'annoncer il était dans les bras de sa mère, tremblant à l'idée de te perdre… Temari… Sache qu'il n'a pas épousé Hisae de bon coeur… Il a sauvé son clan… Son père… Sa mère… Mais il t'a blessé… Je t'ai blessé… Tout est de ma faute, je suis vraiment navré… Si seulement je pouvais remonter le temps, je le ferais… Je l'arrêterais. Je lui demanderais de me tuer, plutôt qu'il te perde… Sache le. Pardon pour tout… Pardon, pardon, pardon….
Elle garda le silence un instant, enregistrant tout ce qu'elle venait d'entendre, sous le regard meurtri de Shikaku. Il était marié d'accord, mais il ne l'avait pas trompé. Il avait menti pour qu'elle le haïsse. Il avait réussi son coup, elle l'avait detesté. Il n'avait joué qu'un role alors. Il fallait qu'elle en ait le coeur net. Elle se leva d'un coup pour prendre Shikaku dans les bras, qui se tendit au contact de la jeune fille. Elle lui souffla un merci, et il resserra l'étreinte, sentant la chaleur d'un pardon. Il ferma les yeux, se retenant de pleurer, soulagé d'avoir enfin pu se confier à quelqu'un. D'avoir enfin pu dévoiler à Temari que Shikamaru n'était pas coupable. Elle l'embrassa sur la joue, dans une affection presque maternelle, et lui demanda rapidement :
« Vous savez ou il est ?
- Il m'a dit qu'il allait voir Asuma aujourd'hui.
- D'accord, dit elle en prenant ses affaires et en courant vers la porte.
- Mais Temari !
- Je reviens ! »
Et elle disparut de la vue de Shikaku Nara, qui se passa une main sur son visage, pas vraiment conscient de ce qu'il venait de provoquer.
Son fils était assis devant la tombe de son mentor, depuis des heures. Un cigarette à la bouche, il soufflait des nuages de fumée au dessus de l'endroit où Asuma reposait. Il venait souvent pour poser des fleurs sur la tombe de son ancien professeur, et pour lui raconter tout ce qu'il se passait dans sa vie. Mais là, il avait besoin de conseils, et vu la tension qui était presente entre lui et son père depuis des années, il préférait se confier à son mentor. Il avait l'impression que quand il fumait devant la tombe, Asuma était près de lui, le sourire aux lèvres, lui disant quelle direction prendre.
« Elle me rend dingue Asuma … Je ne sais pas quoi faire. Je n'arrive pas à lui parler correctement… Une simple conversation avec elle me manque. Une conversation sans gêne, sans embarras, sans douleur. Comme avant… J'ai fais le con, je le sais. Mais que pouvais-je faire… C'était ma famille ou elle… Asuma elle me manque. Comme si sans elle je n'arrivais pas à vivre. Mais je ne peux rien y faire… Je ne peux pas annuler ce que j'ai fais… Tout est si compliqué maintenant. Avant il n'y avait que elle et moi, et à présent il y a ma famille, et Hisae. Je ne peux pas faire ce que j'ai fais à Temari, à Hisae. Je ne suis qu'un connard Asuma. Vous ne devez pas être très fier de moi. Je n'arrive à rien en ce moment. A chaque fois que je parle à Temari je fais une bêtise. A chaque fois que je tente d'avoir une connexion avec ma femme, je fais une bêtise. Je suis complètement perdu… Pourquoi tout est aussi compliqué… J'aimerais que vous soyez la Asuma. Pour me guider. Me raconter si vous aussi vous aviez des problèmes avec Kurenai… Je n'arrive pas à communiquer avec les femmes, j'aurais aimé que vous m'appreniez… Mais c'est une leçon que vous ne pourrez jamais me dicter… Je l'ai fais tant souffrir Asuma… Je voulais qu'elle ait une vie parfaite, et je suis l'acteur de sa douleur… Quel con. »
Il sentit le vent souffler sur son dos, et avec lui, quelques mots comme prononcés. « Ce n'est pas de ta faute ». Une parole murmurée dans son oreille, comme pour le rassurer. Une voix qui lui semblait familière, et pourtant si lointaine, il n'arrivait pas à determiner qui en était le propriétaire. Il fronça les sourcis : il était pourtant seul dans le cimeterre. Levant la tête vers le ciel, après un leger regard vers la tombe, il sourit en soufflant un autre nuage de fumée.
Quelques secondes après cette étrange évenement venu du ciel, il entendit des pas derrière lui et le souffle court d'une personne. Elle s'installa à ses cotés, assise près de lui, saluant avec respect la tombe d'Asuma, et ne parla pas. Puis d'un geste presque amical, elle mit la main sur la sienne, et lui murmura :
« Je veux bien t'écouter à présent.
- Toi tu as vu mon père.
- On ne peut rien te cacher le pleurnichard.
- Effectivement, sourit-il, Tu t'es calmé depuis hier ou je risque ma vie en te parlant ?
- Ca dépend de tes réponses.
- Galère. »
Un timide rire se perdit sur les lèvres de la jeune fille, tandis qu'il tournait la tête pour la fixer, et qu'il commença à lui parler, encouragé par la présence invisible de son maitre.
Voila c'était pour clôturer on va dire une partie un peu introductive de la fiction. Cela ne fait que commencer. J'espère que malgré ce chapitre un peu explicatif, cela vous a plu. N'hésitez pas à mettre une review ! A la semaine prochaine :)
