Bonjour à toutes et à tous :)
Revoici donc un nouveau chapitre, pas si anodin que ça puisqu'il nous prépare à la suite. Donc, je vous souhaite une bonne lecture ! ^^
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Chapitre 3
Commotion cérébrale
Sachant que je ne pouvais pas rester là indéfiniment et qu'il fallait maintenant que j'agisse, je sortis mon téléphone portable de ma poche et composai un numéro. Angela me répondit après seulement deux sonneries. Mon nom dût s'afficher sur son écran car elle ne me demanda pas qui était à l'appareil.
–Salut, Bella !
–Angela, bredouillai-je…
–Bella ? Ca va ?
J'hésitai, durant une seconde, à lui mentir. Je pouvais lui répondre que tout allait bien, qu'elle n'avait pas à se faire de souci, mais ma demande à venir allait lui mettre la puce à l'orielle. Je décidai donc d'être franche, avec elle.
–Non, pas vraiment. Tu peux venir me chercher ? Je suis à La Push. Je… Je suis blessée.
–Ô mon Dieu, Bella… qu'est-ce qu'il s'est passé ? Ne t'en fais pas, j'arrive tout de suite !
Je n'eus pas le temps de lui répondre qu'elle avait déjà raccroché. Ne pouvant plus marcher, je m'assis contre un arbre, le long de la route, et attendis. Je repensais à ce qu'il s'était passé, aux répercussions que les agissements de Jake auraient sur le pacte. Je craignais qu'Edward perde son sang froid, ainsi qu'Emmett et Alice. Edward parce que j'avais été blessée, Emmett parce qu'il avait envie de se défouler, et Alice parce qu'elle n'avait sans doute rien vu venir, en raison de la nature des loups.
Angela arriva quelques vingt minutes plus tard, dans le break familial de ses parents. Elle sortit de la voiture et vint agripper mon bras afin de m'aider à me relever. Elle observa mes cheveux, en prit une mèche entre ses doigts et les retira vivement. Du sang s'était déposé sur eux et je devinai qu'elle devait avoir vu ma blessure. Je n'osai imaginer ce à quoi elle pouvait ressembler.
–Ô mon Dieu, Bella… Mais que t'est-il arrivé ?
–Je t'expliquerai. Tu peux m'emmener à l'hôpital, s'il te plaît ?
–Tout de suite !
Elle m'aida à monter dans le véhicule, reprit sa place, remit le moteur en marche et nous conduisit loin de la Push. Sur le chemin, elle ne cessa de me poser de questions sur ce qu'il s'était passé et, bien que je ne lui avouai pas le pourquoi, je finis par lui lâcher que j'avais eu une altercation avec Jacob. Je lui spécifiai que c'était en partie un accident (le meuble n'avait qu'à pas se trouver là), mais le fait que Jake ait levé la main sur moi rendait, selon elle, cet accident très volontaire.
–La dernière fois que j'ai vu Jacob Black en ville, il avait pris au moins vingt centimètres et triplé de volume, par rapport à sa taille et à son poids, un an auparavant. Je n'ose imaginer ce que c'est de se prendre une gifle de sa part… Tu comptes porter plainte ?
–Non, lui répondis-je.
–Et pourquoi n'as-tu pas appelé Edward ? Il aurait pu venir te chercher, non ?
–J'avais un peu peur pour Jake, en fait. Edward peut se montrer très protecteur et… rancunier.
…et le pacte aurait été rompu, avais-je failli ajouter.
–Je comprends. Il est vrai qu'Edward tient beaucoup à toi. Cela se voit. Enfin… avant que nous ne finssions le lycée, tout du moins. Aujourd'hui, on ne vous voit plus beaucoup, mais avant… la façon dont Edward te regardait… je ne sais pas si tu t'en rendais compte, mais c'était très particulier. Je n'avais jamais vu ça, avant, à part dans les films. Lorsqu'il posait les yeux sur toi, il avait toujours l'air heureux, en adoration. On aurait dit qu'il gravitait autour de toi et toi, de ton côté, toutes les vingt secondes, tu avais une petite attention pour lui. Tu lui serrais la main, le poignet, tu lui souriais. Lorsqu'il n'était pas exactement devant toi, tu te retournais, le regardais et lui souriais légèrement, comme vérifiant qu'il soit bien là, qu'il ne se soit pas eclipsé. Et puis, parfois, ajouta-t-elle, moins sûre d'elle… il te regardait comme s'il… enfin… c'était assez étrange. Comme s'il voulait… te manger. On aurait dit qu'il salivait.
Je levai un sourcil à la fois interrogateur et amusé. En effet, elle ne savait pas à quel point elle avait raison, concernant sa dernière affirmation. Néanmoins, cela m'étonnait de voir qu'elle nous avait à ce point observé. Il était étrange de se dire qu'elle avait décrypté chacun de nos faits et gestes. Je voyais parfaitement la façon qu'avait Edward de me regarder, comme si j'étais la huitième merveille du monde. Néanmoins, mon comportement m'avait échappé. Je ne savais pas que j'agissais ainsi, avec lui, inconsciemment. Edward devait l'avoir remarqué, lui, et devait grandement apprécier.
Nous arrivâmes enfin sur le parking de l'hôpital. Angela s'arrêta, nous descendîmes et elle vint prendre mon bras, histoire de me soutenir jusque dans le hall d'accueil. Carlisle se trouvait là, en compagnie d'un autre médecin (à moins qu'il ne s'agisse d'un infirmier). Il était dos à moi mais il dut percevoir mon odeur car il se retourna avant qu'Angela n'ait eu le temps de l'appeler. Il se rapprocha, délaissant son collègue, et ses doigts fins soulevèrent mon menton. Ce simple touché me tira un tressaillement de douleur, à la fois de ma mâchoire, ainsi que de ma nuque.
–Bella ? Que s'est-il passé, demanda-t-il ? Où est Edward ?
–Je suis tombée sur la tête.
Angela se râcla la gorge. Je lui fis les gros yeux, ce que Carlisle ne loupa évidemment pas de remarquer. Il ne posa néanmoins pas de question, pour le moment. Il m'emmena dans une salle d'examen.
Je savais que j'étais pâle – si ce n'est translucide – et je transpirai à grosse goutte. Je me sentais épuisée, à bout de souffle, et le sol semblait ne pas vouloir s'arrêter de bouger. Carlisle me tenait fermement, comprenant que si je ne m'asseillais pas bientôt, il devrait gérer les séquelles d'une seconde chute.
Nous entrâmes dans une sale étrange – une énorme boîte était accrochée au plafond – et Carlisle me demanda de m'asseoir sur la table d'examen. Il tâta différentes parties de ma boîte crânienne. Il me posa des questions sur mes impressions ainsi que sur la douleur.
–Tu as des maux de tête ?
–Oui.
–Des vertiges ?
–Oui. Et je me sens nauséeuse.
–Très bien. Bella, je sais que je n'ai normalement pas le droit de m'occuper de ton cas, du fait que tu es la fiancée d'Edward. Je devrais, normalement, laisser agir l'un de mes confrères. Néanmoins, ils sont occupés, en ce moment, et tes symptômes m'ont l'air assez sérieux pour ne pas être pris à la légère. C'est pourquoi j'aimerai que tu me laisses faire une radio.
–Il n'y a pas de problème pour moi, répondis-je.
Carlisle acquiesça. Il me demanda de retirer mon pull-over et je compris pourquoi il m'avait demandé mon autorisation. J'étais pudique et je devinai qu'il m'aurait été plus aisé de le faire devant quelqu'un d'autre. Néanmoins, il me tendit une blouse.
–Je vais prendre une radio de ton crâne, ainsi que de la base de ta nuque. Garde tes épaules dénudées, s'il te plaît, et couche-toi !
Je m'éxecutai. J'enlevai mon pull et cachai mon corps derrière la blouse que je coinçai sous mes bras. Ainsi, elle recouvrait ma poitrine. Je m'allongeai et Carlisle vint correctement positionner ma tête. Ses doigts froids me firent du bien et je m'imaginai un instant qu'il s'agissait de ceux d'Edward. Ensuite, il plaça l'appareil au dessus de ma tête et m'expliqua comment cela allait se passer.
–Nous allons faire une radio de face et une de profil. Ensuite, nous ferons celle de ta nuque. Il faut impérativement que tu restes tranquille. Ne bouge surtout pas. Si tu penses y arriver, respire doucement. La radiographie ne prend que trois petites secondes.
–Très bien.
Carlisle alla se cacher derrière une vitre de protection. Quelques instants passèrent et il revint. Je n'avais strictement rien senti.
–Essaye de pivoter ta tête à quatre-vingt-dix degrés sur ta gauche, s'il te plaît.
J'essayai mais ne parvint qu'à atteindre un petit quarante-cinq.
–On va essayer autrement. Allonge-toi sur le côté, voilà.
En quelques instants, je me retrouvai en position fœtale, devant mon futur beau-père. Je trouvais cette situation plus que dégradante et je regrettai, durant un instant, de ne pas avoir attendu que l'un de ses confrères se libère. J'avais toujours détesté les hôpitaux, aujourd'hui plus que jamais. Je haïssais être faible, me montrer en spectacle, ainsi. Je me sentais diminuée.
Lorsque la seconde radio fut faite, je dus me remettre sur le dos et arrêter de respirer. Carlisle vint déplacer la machine et la troisième radio fut rapidement prise.
–Nous en avons fini, ici, Bella. Il va néanmoins falloir que je nettoie ta plaie et que je te place des agrafes. Je te laisse te rhabiller. Rejoins-moi dehors, lorsque tu auras terminé !
Je m'éxecutai, me relevai difficilement et le rejoignis. Il m'entraina dans son burreau et sortit une trousse de premiers soins. Sur son burreau, je pouvais percevoir mes radios. Je me doutais du fait qu'il les avait déjà examinées.
–Angela est partie, me dit-il, une fois que je fus assise. Je l'ai croisée, dans le couloir. Un problème avec ses parents, apparemment. Elle te souhaite un prompt rétablissement.
Je secouai la tête mais me rendis compte que je n'aurai pas dû. J'eus droit à de nouveaux élancements, en plus de nouveaux vertiges. Je gémis faiblement et passai une main sur mon front.
–Tout va bien, Bella ?
–Oui, mentis-je. Et Edward, demandai-je ? Je suppose qu'il n'est plus entrain de m'attendre aux abords de la frontière ?
–Il est dehors, dans sa voiture. Il attend que tu… sentes moins fort.
Cette fois, je me retins de tout hochement de tête. Carlisle dégagea les cheveux de ma blessure et me demanda de pencher ma tête en avant. Avec une grande délicatesse, il nettoya la plaie et la désinfecta. Puis, il m'annonça qu'il allait me faire une anesthésie locale, afin de placer les agrafes. Cette fois-ci, je crus que je rendais tout ce que contenait mon estomac. Carlisle allait me planter une aiguille dans la tête ! Je ressentis un léger pincement mais la douleur s'estompa rapidement. Tout en travaillant, Carlisle m'exposa ses conclusions.
–Tu souffres d'une commotion cérébrale. Légère, néanmoins. Tu ne gardes pas de lésions cérébrales et tu n'auras pas besoin de suivre de traitement, à l'exception de paracétamol, lorsque l'anesthésie prendra fin. Néanmoins, je veux que tu portes une minerve, ces prochains jours, afin d'éviter tout mouvement brusque. Enfin, repos et calme. J'y veillerai.
Je baissai la tête. Une minerve, rien que ça ! Je ne pourrai plus faire un pas sans qu'Alice, Edward ou encore Esmée me tiennent la main ou me demandent si je ne devrai pas me ménager.
–Et maintenant, si tu me disais ce qu'il s'est passé, continua mon médecin ?
–Je me suis prise le pied dans une chaise et je suis tombée contre un meuble.
Carlisle soupira et je remarquai qu'il était quelque peu fâché.
–Ce qu'il faut que tu comprennes, Bella, c'est que tu as eu beaucoup de chance. Certes, ton état n'est pas critique. Néanmoins, tu es tombée en arrière, et tu t'es ouverte. J'ajoute à cela que si le choc s'était produit quatre centimètre plus bas, à peine plus à gauche, ce ne serait pas ton crâne, qui aurait pris, mais tes cervicales. Bella, ce que j'essaye de te dire, c'est que tu aurais pu t'énuquer. Au mieux, tétraplégie et chaise roulante à vie et au pire : la mort.
J'étais choquée qu'il me dise cela ainsi. C'était injuste. Je ne voulais pas connaître ces détails. Le ton qu'il avait employé était cassant et je me sentis comme une petite fille que l'on grondait.
–Pourquoi me dîtes-vous cela, Carlisle ?
–Parce que ce qu'il t'est arrivé n'est de loin pas à prendre à la légère, reprit-il d'une voix plus douce. Parce que cela aurait pu être très grave et que tu me mens. Je te pose deux fois la même question et j'ai droit à deux réponses différentes, dont aucune qui ne soit plausible. Tu as plusieurs hématomes. Un au niveau de ta pommette, ainsi que d'autres, plus petits, à la mâchoire. Cinq, Bella. Quatre à ta gauche, un à ta droite. Je ne pense pas me tromper en affirmant qu'il s'agit d'empruntes de doigts.
J'étais incapable de mentir avec un tant soit peu de brio et cela me rendait furax. Il fallait toujours que quelque chose, un fait, une parole, mes rougissements ou de stupides bleus viennent affirmer le contraire de ce que je racontais.
Du fait que je ne lui répondais pas, Carlisle finit par abandonner (sachant sans doute qu'Edward aurait moins de mal à me délier la langue). Il me passa une minerve autour du coup et m'aida à me relever, tout en continuant à me faire des recommandations sur mes prochains agissements. Pas de geste brusque, ni d'effort poussé, etc.
Il finit son service avec moi. Nous regagnâmes le parking ensemble, dans lequel je vis, en passant, la voiture d'Edward. Carlisle suivit mon regard puis me dit de son ton calme :
–Il nous rejoindra après, dès que tu te seras lavée. Tout le monde a quitté villa.
Il m'ouvrit la porte de la Mercedes et je grimpai. J'étais gênée de tant d'attention. Je n'étais pas à l'article de la mort, non plus, enfin… selon Carlisle, ça n'était pas passé loin.
Nous arrivâmes à la villa quelques minutes plus tard. La maison était effectivement vide. Je montai dans la chambre à Edward (qui était aussi la mienne, à présent), refermai la porte derrière moi, me déshabillai, enlevai ma minerve – Carlisle me l'avait permis, tant que je ne poussai pas mes limites trop loin – tournai le robinet de la cabine de douche et plongeai mon corps dans l'eau bouillante. Je me nettoyai les cheveux tout en regardant l'eau s'échappant par la canalisation, dont la couleur était rouille. J'avais eu droit à quatre agrafes pour m'être ouverte. L'anesthésiant ne faisait presque plus effet et elles me faisaient un mal de chien. Je n'allai néanmoins pas me plaindre, ce n'était pas mon genre. Une fois propre et sentant la fraise, je sortis de la douche, m'enroulai autour d'une serviette de bain, remis ma minerve et quittai la pièce emplie de vapeur d'eau. Edward se trouvait assis sur le lit. Colérique, haineux et à la fois angoissé et peiné. M'en voulait-il ? Pire ? S'en voulait-il ?
Je pris les habits qui se trouvaient près de la commode – je ne doutais pas un seul instant du fait que c'était lui qui les avait posés là – et allai retourner dans la salle de bain, quand ses bras s'enroulèrent autour de moi. Je sursautai, ne m'attendant pas à ce qu'il utilise sa vitesse vampirique. Puis, je le sentis respirer l'odeur de mes cheveux rapidement. Il m'embrassa le haut du crâne et descendit vers mon oreille, à une vitesse déconcertante.
–Que s'est-il passé, me demanda-t-il ?
–Trois fois rien.
Je ne voulais pas lui avouer ce que Jake avait fait. Je ne voulais surtout pas créer une guerre. Et pourquoi était-ce toujours à moi qu'arrivait ce genre de problèmes ? Pourquoi était-ce vers moi que l'on venait toujours poser des questions ?
–Je ne me contenterai pas de cette réponse, j'espère que tu t'en rends bien compte. Tout le monde t'attend en bas. Ils veulent une petite explication et moi aussi.
Je soupirai, sachant très bien que je n'arriverai pas à me défiler. Tout ce que je pouvais faire, c'était essayer de minimiser la situation, afin qu'ils laissent tous couler l'affaire.
–Laisse-moi m'habiller et je descends tout de suite !
Je me dégageai de son emprise, lorsqu'il m'attrapa par le bras et me fit revenir en sa direction. Il déposa un doux baiser sur mes lèvres, fourragea d'une main dans mes cheveux et s'empara de ma taille avec l'autre.
Eh bien… Monsieur avait revu ses règles de bonnes conduites à la baisse !
Il se dégagea d'un coup, ce qui, dans un premier temps, me surprit. Je mis quelques secondes à comprendre que sa soif devait être décuplée, du fait que j'avais une partie du cerveau à l'air. Quand bien même la plaie était nettoyée, je n'oubliais pas qu'Edward avait un odorat très developpé.
Lorsque je relevai la tête vers lui, il détourna son regard du mien.
–On t'attend en bas, me dit-il en quittant la pièce.
Je m'habillai rapidement et ajustai ma minerve. J'étais obligée de le leur dire ce qu'il s'était passé alors autant le faire au plus vite. Je descendis les escaliers et vis que tout le monde était effectivement entrain de m'attendre. Ils étaient sûrs, j'en étais persuadée, que tout avait un rapport avec les Quileutes, que je ne m'étais pas blessée toute seule. Cela se voyait dans leur regard, ainsi que dans la frénésie d'Emmett. Il souhaitait la bagarre plus que tout.
Je percevais de l'interrogation dans les yeux de Carlisle, de l'inquiétude dans ceux d'Esmée, de la colère dans ceux de Edward ainsi que de Jasper. Rose était presque indifférente à la situation, ce qui ne me choqua pas outre mesure. Je n'eus pas le temps de voir le regard à Alice elle m'avait littéralement sauté dessus.
–Oh, Bella… Je suis désolée de ce qu'il t'est arrivé. Il faut tout que tu nous racontes ! C'est de la faute de ce Jacob, n'est-ce pas ? Ah, ce que je n'aime pas ces chiens, on ne peut rien prévoir avec eux ! En tout cas, si c'est lui qui t'a fait du mal…
–Alice, la coupai-je…
–Oh, Bella, excuse-moi ! Tu as mal quelque part ?
–Non.
Mensonge. J'avais véritablement mal mais je ne voulais pas leur faire part de ma faiblesse.
–Carlisle, nous n'aurions pas de la morphine quelque part, demanda Alice, comme si je lui avais répondu que si ?
–Alice, implorai-je, cette fois-ci…
–Alice, laisse-la respirer, s'enquit juste Carlisle !
–Très bien, souffla-t-elle…
Elle se tourna dans ma direction, me prit par la main et m'entraina au centre du salon. Je m'assis et Edward vint me rejoindre, me tenir l'autre main, entrelacer nos doigts. Ils attendaient tous. Je commençai mon petit récit mais, avant, je voulais juste m'assurer d'une chose.
–Promettez-moi, tous, de ne pas vous mettre en colère et de commettre un acte irréfléchi qui pourrait être dangereux pour le reste de la famille.
Ils me regardèrent surpris, ne s'attendant pas à ce que je commence la discussion ainsi.
–Surtout toi, dis-je, en me retournant vers Edward.
–Bella…
–Promets-le moi, insistai-je !
Il me serra contre lui et, à contrecœur, me murmura :
–Je te le promets.
Tous en firent de même, alors je continuai.
–Quand je suis arrivée à La Push, Billy et Jacob avaient déjà été prévenus, pour le mariage. Mon père devait sans doute avoir appelé Billy, afin de lui faire part de la nouvelle. Billy en a parlé Jake qui, à l'heure qu'il est, a sans doute mis le reste de la tribu au courant…
J'expliquai la situation en version censurée (ou, du moins, le plus possible), resserrant ma prise autour de la main d'Edward, lorsque je percevais un grognement provenant du fond de lui-même. Parfois, cela le calmait, parfois pas.
–Ensuite Jacob a commencé à me dire des choses horribles sur nous. Il s'est mis en colère, et… enfin… il a plus ou moins perdu le contrôle.
A ce moment-là, je parlai plus particulièrement à mon fiancé qu'aux autres. Je commençai à stresser mais je sentis presque aussitôt une vague de calme m'envahir. Discrètement, je souris à Jasper. Edward, en revanche, paraissait de plus en plus nerveux.
–Il a muté, Bella ? Tu as été… victime de sa mutation ?
–Non.
–Bella…
–Je ne te mens pas, Edward. Laisse-moi finir ! Ce que je veux dire, c'est que Jacob a… il est devenu… violent. Enfin, non, c'est juste qu'il ne contrôle pas sa force. Il ne se rendait pas compte de… du fait qu'il me faisait mal. Ce n'était pas sa faute.
Edward se releva et ce ne fut plus de l'anxiété, que je vis, en lui, mais de la fureur.
–Bien sûr que si, Bella ! Tout est sa faute ! Je crois que je commence à comprendre. Les éléments commencent à s'enchainer, là. Le ton est monté, entre vous, et il a perdu la maîtrise de son self-contrôle. Il a placé sa main sous ta mâchoire et l'a serrée au point de te laisser des marques et il t'a embrassée. Il y a encore son odeur sur tes lèvres, c'est insupportable. Mais tu t'es très certainement débattue et il t'a frappée, d'où l'hématôme, sous ton œil. Tu es tombée et t'es cognée contre un quelconque objet, n'est-ce pas ?
–Edward, calme-toi, lui asséna Carlisle !
–C'est cela, alors, redemanda mon fiancé ?
–Plus ou moins, oui, admis-je.
–Plus ou moins ? C'est à dire ? C'est allé plus loin, encore ? Quel affront ce bâtard t'a-t-il épargné ?
–Edward, m'énervai-je !
–Quoi, Bella ? Les injures lui sont réservées, c'est ça ? « Sangsues », « buveurs de sang », « monstres », ma famille et moi avons eu droit à l'intégralité du dictionnaire des insultes. J'ai dû tout accepter, de lui, toutes les pensées qu'il a eues à ton égard, toutes ses provocations. J'en ai assez, Bella, assez de devoir rester passif alors qu'il se permet les coups les plus bas. N'a-t-il donc aucune dignité ?
–Edward, maintenant, ça suffit, tonna Esmée ! Ne vois-tu donc pas que tu blesses Bella, avec tes paroles ?
Il me regarda attentivement et finis par revenir s'asseoir, pas calmé pour autant.
–Ce qu'il faut que tu comprennes, Edward, c'est que je suis en grande partie responsable de ses actes. Non ! Ne me coupe pas ! Ce que je veux te dire, c'est que j'essaye toujours de faire pour le mieux, avec Jake, mais cela finit toujours par se retourner contre moi. Je m'y prends mal, à chaque fois. A chaque fois, je… je fais souffrir l'un de vous. Si ce n'est pas lui, c'est toi, et inversement. Ce n'est pas à lui de s'en vouloir. En réalité, c'est à moi. J'ai essayé de couper les ponts avec lui, mais je pensais qu'il avait le droit de savoir, autrement que par la retransmission des infos de Charlie par Billy. Malheureusement, je suis arrivée juste trop tard.
–Il t'a frappé, Bella, rien ne peut excuser cela, déclara-t-il d'un ton que je pouvais qualifier de meurtri.
–Uniquement parce que je l'ai frappé.
–Quoi ?
–Je l'ai frappé. Je sais qu'il n'a pas dû sentir grand chose, mais cela a dû lui faire de l'effet car il m'a retourné le coup. Si je ne l'avais pas fait... Où est-ce que tu vas, demandai-je, lorsqu'il se releva et fit mine de prendre sa veste ?
–Je ne vais pas laisser passer ça, me répondit-il.
–Si, Edward, tu as tout intérêt.
–Bella…
–Tu me l'as promis !
Je savais qu'il ne romprait pas une promesse qu'il m'avait faite et c'était pour cela que je la lui avais arrachée, quand bien même j'avais dû utiliser le chantage. Il se rassit, furieux, et je me décidai à leur raconter la fin de l'histoire, afin de clore cette conversation houleuse.
–Je savais que ce n'était pas une bonne idée de rentrer à la voiture couverte de sang, alors j'ai appelé Angela, pour qu'elle vienne me chercher et qu'elle m'emmène à hôpital.
–Tu aurais dû m'appeler ! Me prévenir, au moins ! Je me suis fait un sang d'encre.
–Et que tu franchisses la frontière ? Que tu rompes le traité et que tu te fasses tuer par eux ? Ils ne demandent que ça ! Tous ! Ils veulent ta mort plus que tout ! La tienne ! Pas celles de ta famille, Edward, mais uniquement la tienne !
–Bella…
–Jacob va essayer de te faire du mal. Il me l'a dit, me l'a même promis ! Il a dit qu'il ferait tout pour que notre mariage n'ait pas lieu, pour que tu disparaisses de ma vie. Il est prêt à tuer pour y parvenir !
Edward me serra contre lui d'une force inouïe, ne me laissant pas continuer mon argumentation qui aurait pu se prolonger durant plusieurs minutes.
–Ne t'en fais pas, je ne le laisserai pas faire ! Je ne le laisserai pas nous séparer. Nous partirons, s'il le faut.
–Non, Edward !
–Carlisle, s'étonna-t-il ?
–Il faut que nous puissions parler aux Quileutes et que nous essayions de calmer les choses.
–Je ne pense pas qu'ils acceptent une rencontre.
–C'est pourtant la seule chose à faire. Pour qu'enfin ils nous laissent, ou plutôt qu'ils vous laissent tranquilles. Nous n'avons jamais commis une erreur. Eux, ils en ont commises deux.
Carlisle proposa un vote. Avec Carlisle, se trouva notamment Rosalie et Jasper. Esmée, Alice et Edward s'inquiétaient de ce qu'il pourrait se passer au cours d'un entretient et préféraient partir. J'étais de l'avis de Carlisle. Nous ne pourrions pas toujours fuir. De plus, une fois transformée, ce n'était pas la distance qui nous empêcherait d'être traqués par la meute. Emmett n'accepta aucunement de battre en retraite. Et j'étais sûre qu'il espérait pouvoir coller une trempe aux loups.
Je ne voulais aucunement qu'ils se battent mais seulement qu'ils se parlent, qu'ils trouvent un arrangement à l'amiable.
A la fin du vote, après que tout le monde ait changé trois fois d'opinion, Carlisle quitta la pièce, téléphoner à Sam Uley, le chef de la meute. Il revint à peine plus tard.
–Les loups-garous pensent aussi que nous devons parler. Ils nous attendent, ce soir, dans le grand champ.
Le grand champ n'était autre que le champ utilisé pour les parties de base-ball. Je n'étais pas rassurée. La seule et unique fois que je m'y étais rendue, cela s'était mal terminé.
–Bella viendra avec nous, ajouta Carlisle.
–Hors de question, rétorqua subitement Edward !
–Ne discute pas ! Elle restera près de toi et d'Alice. Vous ne la lâcherez pas d'une semelle. Vous resterez tous les trois en retrait. Emmett et Jasper, vous ne vous éloignerez pas trop non plus, qu'on puisse parer à une éventuelle attaque. J'irai devant, leur parler avec Esmée.
Je redoutai cette nuit. Et si cela se passait mal ? Et si Jake mettait son plan à exécution ? J'en mourrai ! J'en étais persuadée.
Jamais je ne pourrai vivre sans Edward.
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Alors, comment avez-vous trouvé ce chapitre ? Avez-vous quelque chose à redire ?
Comment pensez-vous que va se passer la rencontre, qui est pour le chapitre prochain ? Mouvementée ? Simplement mais efficacement ?
A bientôt et à vos claviers !
Merci à littleangelordevil93, ainsi qu'à lapiaf8, pour vos deux commentaires qui m'ont fait très plaisir :) Je n'en demande pas plus !
