Disclaimer : Que Jane K. Rowling ferme les yeux, on va dévoyer ses personnages, et gratuitement en plus.
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Rogue se réveilla, un goût amer dans la bouche.
Ah, oui, c'est le goût de l'échec. Celui de ma vie. De ma vie sexuelle, particulièrement.
Se lever, se laver, donner cours de potion, se trouver une partenaire sexuelle.
Il aurait volontiers fait l'impasse sur quelque chose.
Après tout, je suis adulte, je fais ce que je veux.
Et Rogue alla en cours sans se laver.
On entendait une mouche voler dans la classe. Les élèves ne disaient pas un mot. Pas que Rogue fut ce jour-là d'humeur exécrable, non, simplement, il ne disait rien. Les instructions étaient au tableau, les ingrédients sur le bureau, mais Rogue ne faisait pas une remarque. Pas un mot. Rogue silencieux ? C'était nouveau. Ne sachant pas à quelle sauce ils allaient être mangés, les élèves se tenaient à carreaux.
Rogue dévisageait d'un œil torve ses élèves féminines.
Ben, quoi ! Il n'y a pas trente-six solutions. Dans Poudlard, c'est ou une prof ou une élève, parmi celles qui sont majeure, bien sûr.
Mais cela ne le tentait pas vraiment.
Peut-être devrais-je prendre congé et aller traîner dans les boites moldues, avec un charme ou deux de transfiguration, le tour sera vite joué. Ah, non, c'est vrai, pas de moldue. Bon, alors, aller traîner sur les endroits de vacances préférés des sorciers… oui, évidemment, en cette saison, personne. Et j'aurai probablement disparu d'ici les grandes vacances.
« Monsieur, vous nous avez donné exprès une potion trop difficile pour nous »
C'est quoi, ça ?
Un visage rouge perdu dans des poils bruns…. Ca me rappelle quelque chose… Ah, c'est Granger.
Il s'était à peine rendu compte que des élèves étaient entrés et sortis, que les classes avaient changé. Il jeta un œil au tableau : c'était toujours la potion qu'il y avait inscrite pour les 7èmes années. Il pensa brièvement à coller l'impertinente, (avec Rusard, il n'allait quand même pas se la coltiner toute une soirée) mais se contenta d'un sourire carnassier :
« C'est vrai… »
De rouge carotte, Granger devint betterave. Satisfait, Rogue changea les instructions du tableau d'un mouvement de baguette et dit :
« Voilà, cela devrait être de votre niveau et si, ça ne l'est pas, je ne saurais que faire, parce qu'il sera impossible de tomber plus bas. »
La betterave devint d'un violet intense, parfaitement immangeable.
« Et puisque vous réclamiez avec ardeur, une tâche qui soit dans les limites de vos capacités, Mlle Granger, allez donc chercher les ingrédients nécessaires pour vos petits camarades »
Il cru voir de la fumée sortir de ses oreilles.
Elle a enfin trouvé quelque chose qui va avec ses cheveux et, en plus, c'est très joli avec le violet.
Tout en l'observant, Rogue se demanda, si une classe n'avait pas passé une heure à le regarder sans rien faire, puisqu'il n'avait donné aucune consigne. Mais avant même d'approfondir la question, il était retombé dans ses songeuses réflexions. Divagations pour être plus exact, car il n'arrivait pas à ordonner ses pensées et rien de constructif n'en sortait. Ce qui le turlupinait, sans qu'il se l'avoua clairement, c'était que le Seigneur des Ténèbres était également un sang-mêlé. Il avait donc forcément subi la même malédiction, ce qui offrait à Rogue une vue toute différente sur la personnalité et les activités de son ancien maître.
Une explosion le ramena à la réalité.
« Granger, remettez-moi tout ça en ordre, Longdubas à l'infirmerie, Potter accompagnez-le et restez-y, Malefoy, cessez de tripoter Parkinson, vous voyez bien qu'elle vous dit non… Merlin ! Il avait fait une remarque à Drago !
On se demande bien pourquoi d'ailleurs. »
Un bon nombre d'élèves rirent pendant que Pansy rougissait, que Malefoy affichait un sourire fier, que Longdubas jouait les filles de l'air et que Granger râlait comme un pou.
Pourquoi était-il professeur déjà ?
Ah, oui, c'était une brillante idée de Dumbledore pour qu'il soit dans les petits papiers du Seigneur des Ténèbres, en devenant un espion de choix. La guerre finie, il était resté car l'ancien mangemort qu'il était n'avait aucune chance de trouver un emploi décent. Ce que Dumbledore s'était toujours abstenu de lui faire remarquer. Très délicat. Il appréciait.
Bon, ça suffit les conneries. Peut importe qui le seigneur baisait tous les 5 ans et comment il se débrouillait, pour ma part, il pouvait bien enculer Crabbe tous les matins au petit déj, ça ne me regarde pas. Ce qui compte, c'est moi, ma misérable petite personne et ma recherche de la dinde du siècle, celle qui acceptera de grimper dans mon lit sans rechigner.
A table, Rogue ne détailla pas son assiette, mais les élèves majeures. Il élimina les Serdaigles : il était sûre que les ébats ne faisaient pas cesser le flot de questions. Il les imaginait déjà : « Pourquoi, cette position plutôt qu'une autre ; vous êtes sûr que c'est ainsi qu on fait, combien votre pubis compte-t-il de poils ?... » Ah, non, alors !
Les Serpentardes, il hésitait : deux l'attendrissaient. Mais justement, elles l'attendrissaient. Et puis, il aimait bien conserver de bons rapports avec ses anciens élèves. (Le lecteur aura compris que Severus Rogue ne considérait pas les élèves des autres maisons comme ses élèves)
Les Gryffondors… les seules élèves majeures étaient des cageots.
Quant aux Poufsouffles, …les Poufsouffles, alors, ça par contre c'était une idée !
Une drôle d'idée.
