Bonjour/ Bonsoir

Je n'ai pas grand chose à vous dire, si ce n'est, bonne lecture !


Les trois adolescents étaient affalés sur le canapé, face à la télé, faisant passer de main en main un paquet de gâteaux. Ils venaient de terminer les cours, ils s'étaient dits qu'ils feraient leurs devoirs pour se donner bonne conscience. Les livres de cours traînaient sur la table basse mais les trois adolescents les avaient à peine touchés. Après tout, ce n'était que le début de l'année, ils avaient le temps de faire leurs devoirs plus tard.

« Oh putain ! Écoutez ça ! » S'exclama soudainement Thomas, son téléphone à la main.

Newt et Minho détournèrent leur attention de l'écran qui diffusait une série quelconque.

« Qui de Thomas, Minho et Newt est le plus sexy ? »

Minho pouffa et Newt arqua un sourcil.

« D'où tu sors ça ? » Demanda-t-il.

« Du groupe du lycée, ça vient d'être posté. Les paris sont lancés ! Il y a déjà des réponses : ''Thomas bien sûr''. Je vais vous défoncer les gars ! »

Thomas commençait à s'exciter alors qu'il faisait défiler les réponses sur son téléphone.

« ''Non, ouvrez les yeux, Newt il a la classe. Est-ce qu'il est célibataire ?''. Oh Newt, t'as une touche. Je peux répondre que t'es célibataire ? »

Le concerné grogna et tendit le bras vers son ami pour lui attraper le téléphone. Thomas se leva d'un bond, se retrouvant debout devant ses amis. Il continuait à lire les réponses, parfois, il riait tant que les deux autres lycéens ne comprenaient rien à ce qu'il disait. Puis, soudainement, Thomas se tut et écarquilla les yeux.

« Qu'est-ce qu'il y a tocard ? T'as enfin compris que j'étais le plus populaire ? » Railla Minho en roulant exagérément des mécaniques.

« Pire. C'est fou, écoutez : ''Imaginez un instant Newt et Thomas en couple, je meurs'' »

Aussitôt l'asiatique explosa d'un rire puissant, Thomas semblait toujours déconnecté, lisant les commentaires suivants :

« Putain tout le monde parle de ça maintenant.

- Je veux voir ça de mes yeux. »

Le brun hocha la tête et vint se rassoir à côté de l'anglais. Il lui montra l'écran et Newt vit effectivement les commentaires anonymes.

Le lycée possédait un site où l'on pouvait poster anonymement des questions – sans devenir injurieux sous réserve de voir son post supprimé par les modérateurs -. Chaque pseudo était d'ailleurs générait aléatoirement pour garantir l'anonymat.

« Bon, c'est l'heure de révéler notre secret Newtie. On ne peut plus se cacher plus longtemps. » Déclara fatalement le jeune homme.

Aussitôt dit, Thomas se jeta sur son meilleur ami, l'encerclant de ses bras alors qu'il tentait de l'embrasser sur la joue. Newt criait son indignation, tentant de se libérer alors qu'il se trouvait à présent allongé sur le canapé, à moitié étouffé par le poids de son ami. Le blond releva la tête vers l'asiatique.

« Et toi, aide-moi plutôt ! »

Mais Minho avait sorti son téléphone pour les filmer.

« Espèce de traître ! »

Le dit traître haussa les épaules, un sourire en coin trônait sur ses lèvres. Thomas était lui, infatigable, et s'était mis à chatouiller les côtes de son ami.

« Et bien, ça travaille dur à ce que je vois ! » Se fit entendre une voix.

Les trois adolescents s'arrêtèrent pour saluer la mère de Thomas qui venait de rentrer de son travail. Au lieu d'être mécontente, elle souriait à la vue de ces jeunes hilares.

« Les enfants, vous restez dîner ? »

Minho accepta vivement tandis que Newt parvenait enfin à se soustraire de son attaquant. Échevelé et le visage rouge après cette confrontation physique, il déclina poliment.

Un quart d'heure plus tard, il se trouvait dans la rue. Il avait son téléphone à la main, il était sur le site de son lycée. Après quelques secondes d'hésitation, il se connecta.

« ShyRedSheep : Est-ce que vous avez souffert ou souffrez de maladie mentale ? Contactez-moi en MP.»

Il relut sa question, le cœur battant. En rentrant chez lui, il n'y pensa plus. Comment les gens pouvaient l'imaginer avec Thomas ? Cette simple pensée faisait fleurir un sourire sur son visage.

x

Les écouteurs vissés dans les oreilles, Gally se concentrait sur sa musique alors que cela faisait plus de vingt minutes qu'il faisait la queue. Les gens ne pouvaient-ils pas simplement venir avec leur ordonnance et partir avec leurs médicaments ? Non, il fallait que la petite vieille se plaigne longuement de ses rhumatismes, que la mère de famille s'affole de l'égratignure de son enfant, que le fonctionnaire hypocondriaque tente de convaincre la pharmacienne, que oui, il avait vraiment besoin de tel médicament bien qu'il n'ait pas d'ordonnance. C'était à chaque fois la même chose.

Il dut attendre dix minutes supplémentaires pour que ce soit son tour. Il se contenta d'un « bonjour » ni plus, ni moins, avant de poser la feuille sur le comptoir. La femme examina l'ordonnance, puis regarda Gally.

« Votre prescription dure un mois, pourtant vous êtes déjà venu il y a deux semaines. Vous devriez en avoir encore. »

Le lycéen ferma les yeux et serra la mâchoire, pris de court.

« J'ai oublié mes médicaments chez de la famille, je ne peux pas les récupérer.

- Encore ?

- Oui. Encore. » Confirma-t-il sèchement.

« Vous suivez bien les doses recommandées par votre médecin, n'est-ce pas ?

- Oui. »

Bien sûr que non. Il avait fini par doubler la dose initiale. Il avait presque fini sa plaquette alors qu'elle devait lui durer tout le mois. La pharmacienne le regarda suspicieusement, puis disparut dans l'arrière-boutique.

Une fois le médicament en main, Gally partit précipitamment sans un merci sous le regard accusateur de la femme. Il avait aussi entendu une grand-mère s'offusquer de « l'éducation de ces racailles ».

Il s'était ridiculisé. Il avait sorti la pire des excuses, la pharmacienne savait pertinemment qu'il mentait. C'était la troisième fois qu'il lui disait ça. Elle devait bien rire de lui une fois qu'il quittait le lieu. Elle devait le trouvait risible avec ses mensonges, c'était pour cette raison qu'il n'osait jamais la regarder dans les yeux. Il avait peur de voir cette lueur moqueuse. Rien qu'à cette pensée, Gally sentait son ventre se tordre d'angoisse.

x

Gally jouait avec son assiette en silence, seul son père était présent à table. Il savait où se trouvait sa mère. Elle était dans sa chambre en train de pleurer. Ce n'était pas rare qu'elle s'absente depuis trois ans, parfois les pleurs lui parvenaient depuis le couloir. Gally s'en sentait que plus mal. Comme ce soir-là.

L'homme examina son fils adoptif d'un regard critique.

« Est-ce que tu te rends compte de tout ce que tu fais peser sur les épaules de ta mère ? »

Gally n'ouvrit pas la bouche. Chaque fois que sa mère était absente, l'homme ne manquait pas de le sermonner durement. Malgré le nombre de fois que cela se produisait, le fils n'avait toujours pas l'habitude, c'était toujours aussi douloureux à subir.

« Regarde-moi quand je te parle. »

Péniblement, Gally s'exécuta. Son corps était déjà tendu d'appréhension.

« Au lieu de l'aider, tu lui apportes davantage de soucis. Ne pense pas qu'à toi. »

Le lycéen posa ses couverts et vint mettre ses mains sur ses genoux. Sous la table, il commença à se tordre les doigts.

« Tu n'as rien à dire ? Pourtant, tu sembles beaucoup plus hargneux au lycée.

- Je suis désolé.

- Je veux des actions, pas des mots. Pense davantage à ta mère. »

Les reproches se multiplièrent pendant une longue heure. Le souffle court et le cœur contracté à l'extrême, Gally s'était mis à gratter profondément son bras. Il cherchait à entrer le plus profondément possible ses ongles dans sa chair. Il avait l'impression que son corps allait s'écrouler d'un instant à l'autre, alors pour garder pied, il grattait toujours plus, toujours plus fort.

« Tu m'exaspères, va dans ta chambre et réfléchis. »

Gally se leva, chancelant, et traversa le couloir. Un bourdonnement insupportable persistait dans ses oreilles. En passant devant la chambre de ses parents, il entendit les pleurs de sa mère.

Vidé de son énergie, il s'enferma dans sa chambre. Il s'allongea sur son lit et alluma sa lampe de chevet. Il regarda l'état de son bras et grimaça.

Son bras était rougi, il n'avait pas saigné mais des cloques avaient commencé à se former. Maintenant, il avait vraiment mal.

Pendant plusieurs minutes, il regarda le plafond. Puis, il se connecta sur internet avec son téléphone n'ayant pas le courage de récupérer son ordinateur qui se trouvait sur son bureau. Il navigua mais les vidéos qu'il regardait d'un œil morne ne parvenaient pas à le distraire. Finalement, il se connecta sur le site du lycée. Une question réussit à lui tordre le ventre.

Envoyer un message à ShyRedSheep

HappyGreenShark : Comment dire que t'es en dépression quand on t'interdit d'aller mal ?

X

Ce fut dans un grognement indistinct que Newt se saisit de son téléphone afin de l'éteindre. Il avait passé une nuit affreuse, il regrettait d'avoir posté sa question sur le site du lycée. Il se demandait ce qui l'avait pris d'avoir demandé une telle chose. Qui lui répondrait sincèrement ? Qui irait se confier à un inconnu ? Lui-même était incapable de le faire avec ses meilleurs amis. Et si quelqu'un connaissait son pseudo même s'il ne l'avait jamais révélé ? Pas même à Minho ou à Thomas. C'était définitivement une idée terrible et cette même idée l'avait empêché de dormir toute la nuit.

En se connectant, il sentit son cœur s'accélérer et son ventre se tordre. Il ne voulait même pas vérifier ses messages privés, préférant faire comme si rien ne s'était passé. Le docteur Paige dirait encore qu'il évitait les situations stressantes… C'était bien parce qu'il évitait ces situations en question, qu'il parvenait à maintenir un semblant de contrôle sur sa vie.

Il resta cinq minutes dans son lit, le doigt en suspens, au-dessus de l'écran. Le mal était déjà fait. Retenant son souffle, il appuya :

Vous avez cinq nouveaux messages

Newt laissa retomber sa tête dans son oreiller. Nom de Dieu, il avait espéré n'avoir aucun message. Lire chacun d'eux allait être un véritable supplice.

« Allez... Qu'on en finisse vite. » Marmonna-t-il en ouvrant le premier message.

Message de SadBlueBird :

J'ai envie de me pendre pour éviter le bac, ça compte ? Lol !

Message de GuiltyYellowCat :

Mes amis disent que je suis folle :D

Message de KindRedTiger :

Mes parents m'ont privé de sortie et de console pour un mois, je suis en dépression ! :(

Le lycéen grogna de colère, les gens étaient détestables et immatures, ils étaient au lycée et non en maternelle, bon sang ! Il n'avait qu'une envie : jeter son téléphone et sécher les cours. Ces simples remarques parvenaient à détruire son moral. Il se força néanmoins à lire les deux derniers messages :

Message de FunkyPinkGoat :

Il y a trois ans, j'ai été internée en hôpital psychiatrique après avoir été nourrie de force. J'étais anorexique, même si je suis guérie, j'ai tellement honte. Des fois, je me dis que j'aurai dû mourir.

Newt se redressa aussitôt, les sourcils froncés. Il relut plusieurs fois le message. Un message sérieux. Il avait du mal à croire qu'il n'était pas le seul à avoir séjourné en hôpital psychiatrique. Il comprenait tellement ce sentiment de honte.

Le cœur battant, il lut le dernier message :

Message de HappyGreenShark :

Comment dire que t'es en dépression quand on t'interdit d'aller mal ?

Son souffle se coupa. Bien que le message était court, il était certain qu'il ne s'agissait pas d'une nouvelle plaisanterie. La personne qui avait écrit ça se sentait assurément seule.

Newt, lui, se disait qu'il n'était plus seul. Ils étaient nécessairement trois, au moins, à souffrir en silence dans son lycée. Cette constatation parvenait à le rassurer quelque part. C'était égoïste de ressentir de la satisfaction à l'idée qu'il n'était pas seul. Même s'il n'était pas en mesure de mettre des visages sur ces pseudos, un élan de joie le traversait sans qu'il ne puisse le réprimer.

Il regarda l'heure, 7h53, il avait le temps de répondre. S'il ne le faisait pas maintenant, il n'aurait jamais le courage de le faire. Immédiatement, il sentit son cœur pomper vivement son sang, ce n'était pas à cause de l'anxiété pour une fois, mais bel et bien grâce à l'excitation.

« Tu peux le faire, t'en es capable, merde. » Se persuada-t-il.

Répondre à FunkyPinkGoat :

J'ai fait un séjour aussi, personne ne le sait à part ma famille...

Ça, il pouvait le dire, mais après ? Comment lancer une discussion lorsque le sujet était si grave ? Ce n'était pas dans son caractère d'être bavard. Il aimait écouter et non parler, c'était d'ailleurs pour cette raison que ses séances avec Paige étaient une pure abomination pour lui. Même anonymement, il ne se sentait pas la force de discuter.

... J'ai fait une tentative de suicide, c'était la seule chose que je pouvais contrôler et j'ai échoué. Heureusement. Enfin, c'est bizarre, je ne sais pas. J'ai des choses à vivre mais je suis tellement fatigué des fois.

Il avait écrit, puis effacé une dizaine de fois le reste de son message, incapable d'exprimer ce qu'il ressentait, il ne voulait pas rentrer dans les détails. Au fond, il savait qu'il était content d'être en vie. Oui, il ne serait jamais prêt à tirer un trait sur sa famille et ses amis. Mais il était aussi terrifié à l'idée de sombrer une nouvelle fois. La vie était terrifiante.

Le lycéen soupira longuement, il envoya ses quelques lignes et les regretta presque aussitôt. Il restait maintenant le second message, et cette fois, il ne savait pas du tout quoi dire.

Répondre à HappyGreenShark :

Je ne sais pas. J'ai fait semblant jusqu'au point de non-retour.

Il supprima sa phrase, il avait fait une fois allusion à sa tentative, il ne se sentait pas la force d'en reparler une seconde fois. Il reformula sa réponse :

Je ne sais pas. J'ai fait semblant et même en le disant à ma famille, je me sens encore seul.

C'était légèrement mieux.

« Newt, dépêche ! Il est 8h20 ! » Hurla sa sœur au rez-de-chaussée.

L'interpelé sursauta et porta un regard incrédule à l'horloge de son téléphone avant de bondir hors de son lit. Il était 8h23 précisément. Avait-il vraiment mis une demi-heure pour écrire quelques mots ? Vêtu seulement de son boxer, il se saisit de son pantalon qui traînait par terre et de son t-shirt qu'il avait porté la veille. Maladroitement, il enfila le tout et attrapa son sac de cours sans même vérifier le contenu.

Sans la moindre once de délicatesse, il descendit les escaliers et se rua dans la cuisine où Sonya mangeait ses céréales, elle commençait ses cours une heure après lui. Dès que sa sœur le vit, elle lui tendit une tasse de thé prête à être ingurgitée. Newt en vida la moitié d'une traite et grimaça. Le thé était à présent froid.

« Merci, t'es la meilleure. » Remercia-t-il néanmoins en déposant un baiser sur la joue de la jeune fille.

« T'es pas coiffé.

- Je m'en doute, ça passe ?

- T'as des cernes. »

Newt leva les yeux au ciel et quitta la maison aussi vite que sa jambe lui permit. Par chance, il ne manqua pas le bus. Dieu, que ces messages l'avaient absorbé, mais en arrivant au lycée, il n'y pensa plus, trop occupé à discuter avec ses amis puis à se faire réprimander par le professeur Janson car il avait oublié ses manuels.

À la pause du midi les trois lycéens allèrent à la cafétéria. Alors qu'ils étaient en train de médire à propos de M. Janson, Minho s'arrêta à l'une des tables rondes.

« Hey, Ben ! » S'exclama l'asiatique en constatant que le châtain se trouvait seul, « On peut manger avec toi ?

- Salut, Gally ne va pas tarder. Désolé. »

Il fit un mouvement de menton vers la file d'élèves qui se servaient au self, Gally se tenait là, avec son habituel air revêche. Les trois amis s'étaient retournés et Newt vit Thomas réaliser une grimace grotesque qui le fit sourire.

« On risque la peine de mort si on reste ?

- Seulement si ton pote ouvre sa gueule pour dire des conneries. » Répondit Ben en regardant Thomas, « Sans offense », poursuivit-il.

« Sans offense, bien entendu... »

Minho s'était déjà installé à côté de lui. Thomas et Newt s'échangèrent un regard entendu et restèrent encore quelques secondes debout, leur plateau entre les mains, avant de s'installer à leur tour. L'anglais ne connaissait rien de cet élève, hormis son nom, qu'il était ami avec Gally et qu'il faisait partie du club de basket. Il aurait été bien incapable de se former une opinion sur lui. Légèrement mal à l'aise, il commença à picorer dans son assiette ; à côté, Thomas affichait un regard blasé tout en écoutant la discussion de l'asiatique.

« Je me demandais, Ben, tu vas à la salle de sport à côté du cinéma ? J'ai cru te voir le week-end dernier, j'ai eu un doute.

- T'y vas ? Je viens de m'inscrire pour l'année, le coach m'a sorti que je devais améliorer mon endurance.

- Si tu veux, je peux t'aider pour la cardio.

- Quoi ? Tu fais du tapis de course alors que tu passes déjà ton temps à courir ? » Releva Ben avec perplexité.

Newt était bien d'accord avec lui, et même s'il avait adoré courir quand sa jambe était encore valide, il n'y avait que Minho pour s'acharner autant à la course.

« Putain... » Maugréa Thomas sur sa droite.

Gally s'approchait de leur table, à chaque pas qu'il réalisait son visage se durcissait davantage. Arrivé à leur niveau, il observa silencieusement Ben comme s'il cherchait une explication, et, dans ce qu'il semblait être un accord tacite, il s'installa à son tour à la table. Sa mauvaise humeur irradiait de lui et seuls Ben et Minho osaient discuter entre eux, ignorant l'ambiance pesante qui régnait.

Newt osa un regard vers l'élève taciturne lorsque celui-ci s'agita pour retirer son sweat. À présent vêtu d'un t-shirt, l'anglais ne put s'empêcher de s'attarder sur les bras de Gally, et plus précisément le gauche.

« Merde alors, encore le chat de la voisine ?! » S'exclama Ben qui s'adressait pour la première fois à son meilleur ami.

« Ouais. Une vraie saloperie. »

Sans plus d'explication, Gally recommença à manger à la hâte, non sans jeter un regard assassin à Thomas qui venait de ricaner. Newt, lui, regardait toujours dubitativement le bras de l'élève. Une gaze stérile attachée avec du sparadrap recouvrait une quinzaine de centimètres de peau. Sur le reste de l'avant-bras, il distinguait d'autres griffures plus ou moins récentes.

Mais, ce qui l'interpellait le plus, était les tâches brunâtres et rougeâtres qui marquaient l'épiderme. Ce n'était pas sans rappeler des cicatrices de brûlure.

Mais ces marques en rappelaient d'autres d'un tout autre type. Des marques que Newt avait lui-même eu sur son propre corps.

« Qu'est-ce que t'as, le boiteux ? » Attaqua Gally.

Newt eut un léger sursaut et détourna vivement les yeux. Alors que Thomas s'apprêtait à répliquer avec une série d'injures, Gally se leva de table et s'éloigna. Il y eut un moment de flottement où les quatre adolescents suivirent son départ de la cafétéria.

« Quel connard. » Emit Minho, « Ça fait longtemps que vous êtes potes ? »

« C'est compliqué. » Répondit simplement Ben.

Là encore, Ben marquait un point.


Nous nous retrouvons dimanche prochain et peut-être même un peu plus tôt avec la fin de Minute par Minute.

Enjoy.