CHAPITRE 4
— Est-ce que tu es sûre d'avoir tout pris ?
Clarke soupire alors que Bellamy court partout dans tout l'appartement. Elle croise les bras et commence à se frotter le front de sa main droite. Il prend une fourchette dans le placard et la met dans le sac à main de Clarke.
— Pourquoi une fourchette ? demande-t-elle en soupirant.
— Au cas où tu te fais attaquer, répond-t-il, comme si cela paraissait évident.
— Bien-sûr…
— Est-ce que tu as pris ta bombe au poivre ?
— Bellamy ! s'exclame-t-elle. Je n'en aurais pas besoin, je vais seulement faire du shopping !
Il continue à s'agiter autour d'elle alors qu'elle le regarde en pouffant de rire. Il se tourne vers elle et lui fait un regard noir.
— Ça te fait réellement rire ? lui dit-il en s'approchant d'elle. Est-ce que tu te rends compte qu'il y a un réel danger dehors ?
— Si tu le dis.
Elle se retourne pour finalement partir mais sent la main de celui-ci tirer la sienne. Sans qu'elle ne s'y attende, il la plaque contre sa porte d'entrée et frôle la lame d'un couteau sous sa gorge. Elle lui fait les gros yeux alors qu'elle aperçoit son sourire au coin des lèvres. Il ne relâche pourtant pas son emprise.
— Qu'est-ce qui te prend ? murmure-t-elle, encore choquée par son geste.
— Tu n'imagines pas à quel point il serait facile pour quelqu'un comme moi de te tuer, lui dit-il en la regardant dans le blanc des yeux.
Il fait passer la pointe du couteau contre sa gorge. Clarke baisse le regard et regarde leurs nez se touchant et leurs lèvres très près l'une de l'autre.
Il fait glisser la pointe du couteau le long de sa clavicule et s'arrête à la naissance de sa poitrine. Il baisse son regard vers elle et la regarde longuement. Clarke sent son cœur s'accélérer et son souffle devenir irrégulier. Son regard s'attarde sur les lèvres de Bellamy alors qu'elle sent un frisson lui parcourir l'échine.
— Je ferai attention, murmure-t-elle.
— J'espère que je ne regretterai pas ma décision.
Il s'éloigne d'elle et se retourne alors qu'elle ferme les yeux quelques secondes, la chaleur de son corps lui manquant. Elle réfléchit à sa réaction face à Bellamy. Il ne faut pas qu'il la déstabilise de cette façon, il faut qu'elle arrête.
— N'oublie pas d'enlever tes pouces de tes poings au cas où tu frappes quelqu'un, lui dit-il alors qu'il s'éloigne.
Le sang de Clarke bouillonne sous sa peau alors que Bellamy commence à partir dans la salle de bain. Effectivement, elle a ressenti quelque chose lorsqu'il s'est rapproché d'elle. Cependant, il n'a aucun droit sur elle, il n'a pas à la menacer avec une arme blanche. Elle accourt vers lui et le pousse violemment en avant. Il pousse un grognement et se tourne vers elle, les bras croisés.
— Je peux savoir pourquoi tu as fait ça ?
— Oh, je ne sais pas… Peut-être parce que tu m'as mis un couteau sous la gorge ?
— C'est bon, Clarke, je ne t'ai pas blessé.
— Quand même, ça ne se fait pas ! C'est la dernière fois, c'est compris ? dit-elle, comme une maman le dirait à son enfant.
— Oui, dit-il en levant les yeux au ciel.
Elle hoche la tête. Il s'approche d'elle et lui dit une dernière fois de faire attention alors qu'elle imite ce qu'il dit pour se moquer. Il soupire devant son comportement complètement enfantin.
— À ce soir, dit-il en se penchant vers elle.
À la plus grande surprise de Clarke mais aussi de la sienne, il se penche vers elle et embrasse rapidement sa joue. Il se relève en fermant subrepticement les yeux, comme s'il regrettait tout à coup son geste. Il croise le regard amusé de Clarke et plisse son nez, se retournant pour partir.
— Hé, ce n'est pas très professionnel tout ça !
— Oh la ferme ! dit-il en partant dans la salle de bain.
— Je vais le noter dans ton dossier, c'est un attouchement sexuel Bellamy !
— Tais-toi ! crie-t-il à travers la porte.
Elle éclate de rire en prenant son sac à main sur son épaule. Elle continue à sourire et sort de son appartement, sortant par la porte du hall d'entrée. Elle regarde au dehors et remarque la voiture de Raven. Octavia est déjà présente à l'avant de la voiture et parle avec sa meilleure amie. Clarke sourit et ouvre la portière arrière, s'installant sur le siège.
— Bonjour ! dit-elle avec un grand sourire.
— Qu'est-ce qui te rend si joyeuse ? demande Octavia, avec un air suspicieux.
— Ton frère m'a fait un baiser sur la joue, répond Clarke en haussant les épaules. Je lui ai dit que ce n'était pas très professionnel.
— Il t'a embrassée ? s'exclame Octavia en se retournant vers elle.
— Sur la joue, dit Clarke en levant les yeux au ciel. Ça m'a plus fait rire qu'autre chose.
— J'aurais trop aimé voir ça, dit Raven en geignant comme une enfant. Vous êtes trop mignons quand vous vous disputez alors là…
— Ne dis pas n'importe quoi.
Clarke se replace dans son siège en bouclant sa ceinture alors qu'Octavia se penche vers Raven en lui murmurant à l'oreille les mots « elle rougit ». Clarke met son coude contre la vitre de sa portière et regarde la route défiler devant elle. Elle repense aux lèvres de Bellamy sur sa joue et esquisse un petit sourire, sans s'en rendre compte. Pas très professionnel…
— Où est-ce qu'on va ? demande-t-elle aux filles devant elle.
— Dans le centre-ville, répond Octavia en haussant les épaules. Il faut absolument que je trouve une robe pour rencontrer les parents de Lincoln.
— Depuis quand es-tu en couple avec lui ? demande Raven.
— Un peu plus de quatre mois, répond-elle. Notre relation est restée secrète au début mais Bellamy nous a découvert.
— Comment a-t-il réagit ? demande Clarke en s'avançant dans son siège, curieuse.
— Il l'a frappé, dit Octavia en riant. Il pensait que Lincoln me forçait à l'embrasser – ce qui est complètement abruti, soit dit en passant – mais il a enfin compris qu'on était en couple. Je suis vraiment heureuse avec lui.
— Bellamy est très protecteur, je l'avais compris… dit Clarke en soupirant.
— Surtout envers toi et moi.
Clarke fronce les sourcils en entendant la dernière phrase d'Octavia mais décide de ne pas relever. Bellamy ne peut pas être aussi protecteur envers Clarke. Ils ne se connaissent que depuis deux semaines.
Elles arrivent vers le centre-ville et Raven gare sa voiture près d'une boutique. Elles sortent toutes les trois de la voiture et se regardent.
— Qu'est-ce que tu veux faire en premier ? demande Clarke à Octavia.
— Il vaut mieux qu'on aille chez H&M. Il y a toujours tout là-bas.
Elles hochent la tête et se dirigent vers la boutique de vêtements. Raven et Octavia commencent à arpenter les étagères en parlant rapidement, sous le regard attentif de Clarke. Cette dernière sourit en les voyant rire de temps à autres. Cela lui fait plaisir de voir sa meilleure amie s'entendre avec Octavia. Clarke pense qu'elles peuvent faire un bon duo.
— Je vais peut-être prendre un short pour la nuit et un débardeur, dit Clarke en réfléchissant.
— Mets-toi en nuisette.
— Avec ton frère dans les parages ? Non merci.
— Justement, dit Raven en intervenant. Tu vas le rendre dingue si tu es aussi sexy, tu ne penses pas ?
— C'est mon garde du corps et non mon petit-ami. Fin de la discussion.
Octavia grogne dans son dos alors que Clarke secoue la tête et se dirige vers les pyjamas. Elle choisit un short jaune ainsi qu'un débardeur blanc ample avec un smiley en plein milieu. Elle le trouve mignon. Il pourra servir pour plus tard.
Elle monte à l'étage vers les affaires des hommes pendant que les filles restent au rayon des sous-vêtements. Elle regarde un peu partout mais se heurte brusquement à un torse.
— Je suis déso…
Clarke ne finit pas sa phrase lorsqu'elle comprend le fait qu'elle soit entrée dans son ex petit-ami : Finn.
— Qu'est-ce que tu fiches ici ? demande-t-elle avec un regard noir.
Elle n'arrive pas à croire qu'il soit toujours dans la même ville qu'elle et Raven. Clarke n'est pas restée en bons termes avec Finn lorsqu'elle a appris qu'elle était son « autre » copine. C'est après lui qu'elle a perdu foi en tout homme et qu'elle s'était alors tournée vers Lexa. Cette dernière a su lui faire oublier les tromperies de Finn.
— Je fais les boutiques, répond-il comme si c'était évident. Je suis content de te revoir.
— Raven est à l'étage du dessous, répond Clarke avec une voix dure. Je te conseille de partir d'ici sans qu'elle ne te voie.
— Elle ne me fait pas peur, Clarke.
— Tu ne disais pas ça quand elle t'a fichu dehors.
Il la regarde durement, avec des yeux complétement noirs et une mâchoire serrée. Il s'avance légèrement alors que Clarke a un petit mouvement de recul. Depuis toute cette histoire, elle a très peur de lui. Quand elle avait appris la liaison qu'il entretenait avec Raven, elle l'avait frappé mais il avait répondu à ses attaques. Elle avait dû porter plainte contre lui pour coups et blessures et il a eu une ordonnance restrictive. Il n'a pas le droit de s'approcher d'elle à moins de 100 mètres.
— Il faut que tu partes, lui dit-elle. Tu n'es pas censé être près de moi.
— Est-ce que tu vois un officier de police autour de nous ? dit-il avec un sourire au coin des lèvres. Je peux m'approcher n'importe quand de toi, tu le sais aussi bien que moi.
Il décide de partir en la frôlant au passage, créant un frisson chez la jeune femme. Ce frisson n'est pas celui agréable qu'elle a ressenti en présence de Bellamy. Celui-ci est froid et menaçant. Il descend les escaliers de la boutique alors qu'elle relâche un soupir de soulagement.
Elle attend quelques secondes et descend les escaliers à son tour. Elle rejoint Raven et Octavia en essayant de planter un sourire sur son visage.
— C'est bon, vous avez trouvés quelque chose ?
— Une robe chacune, répond Raven en souriant. Tu passes à la caisse avec nous ?
— Oui, bien-sûr.
— Par contre tu te mets derrière nous, lui dit Octavia. On ne fréquente pas les personnes achetant des pyjamas.
Clarke et Raven rient en chœur en entendant les propos d'Octavia. Elles patientent quelques minutes dans la file d'attente. Octavia prend un bracelet en cuir dans l'une des cases près de la caisse enregistreuse.
— Bellamy a toujours voulu un bracelet de ce genre, dit-elle en haussant les épaules. Je vais peut-être lui prendre.
— Laisse, dit Clarke en le prenant de sa main. Je vais lui offrir.
— En quel honneur ?
— Je l'avais traité comme un chien au début, dit Clarke en souriant. Je ne l'ai jamais vraiment remercié de me protéger.
Octavia et Raven s'échangent un coup d'œil complice alors que Clarke examine le bracelet en cuir. Elle aime bien ce genre de choses, elle trouve ça très élégant mais néanmoins discret. Elles payent toutes les trois à la caisse et sortent du magasin. Elles se dirigent automatiquement vers la Fnac, sachant que Clarke succomberait comme toujours aux offres de DVD.
— Regarde Raven ! s'exclame celle-ci. 3 DVD pour 15€ !
— Allez, fais-toi plaisir Clarke… répond cette dernière en levant les yeux au ciel.
— Alors, je vais prendre Shutter Island parce qu'il y a Léonardo Dicaprio.
— Prends Inception aussi dans ce cas, dit Raven en glissant le DVD dans les mains de Clarke.
— Il faudrait peut-être que je choisisse en dernier quelque chose que Bellamy aime…
— Pourquoi ? demande Raven. Tu t'en fiches de lui, pas vrai ?
— Bien-sûr, répond rapidement Clarke. Mais il vit avec moi maintenant. Je ne vais pas regarder des films qu'il détesterait tous les jours.
Clarke appelle Octavia pour lui demander de l'aide et elle choisit finalement de prendre le film Jurassic Park.
— Jurassic World sort bientôt au cinéma, dit-elle en haussant les épaules. Peut-être qu'il voudra aller le voir.
— C'est sûr à 99%, lui dit Octavia. Il est fan de cette saga.
— Enfin une chose sur laquelle on peut se mettre d'accord…
Clarke paye directement ses DVD et elles sortent toutes les trois du magasin. Elles continuent à flâner dans les boutiques de parfums ou de maquillage et décident de se poser à une terrasse. Clarke ordonne un Coca alors que Raven et Octavia prennent un verre d'alcool.
— Tu es beaucoup trop prude, lui dit Octavia lorsque le serveur les laisse seules devant leurs verres.
— Combien de fois devrais-je dire aux gens que je ne suis pas prude ?
— Clarke est bisexuelle en plus, dit Raven en haussant les épaules.
— Je le sais, répond Octavia en se mordant la lèvre.
Clarke fronce les sourcils devant la réponse que lui donne Octavia. Elle a dit il y a deux semaines à Bellamy qu'elle aimait autant les filles que les garçons et il l'a déjà répété à sa petite sœur ? Pour qui se prend-il ?
— Bellamy te l'a dit ? demande-t-elle à Octavia.
— Oui, mais…
— Il n'est au courant que depuis deux semaines, réplique Clarke du tac-au-tac. Il aurait pu attendre un peu plus longtemps avant d'ouvrir sa…
— Je le sais depuis longtemps.
Clarke fronce de nouveau les sourcils en fermant la bouche. Octavia triture ses doigts sur la table devant elle et mord depuis quelques minutes sa lèvre inférieure. Elle lève finalement la tête et regarde Clarke.
— Il te protège à distance depuis un peu plus de trois ans.
Clarke a un mouvement de recul sur sa chaise alors qu'elle écoute ce que lui dit Octavia. C'est complétement insensé.
— C'est impossible, Octavia. Il ne m'a été assigné qu'il y a deux semaines.
— Clarke a raison, dit Raven en tournant sa tête vers Octavia.
Octavia prend une petite gorgée de sa boisson alcoolisée et soupire en la reposant sur la table. Elle prend une grande inspiration.
— Je ne devrais pas te le dire mais le morceau est déjà lâché, soupire-t-elle finalement. Il y a quatre ans, après la mort de ton père, Kane en a parlé à Bellamy. Mon frère était encore débutant mais il faisait déjà son travail à la perfection. Bellamy s'est directement intéressé à ton dossier. Il voulait immédiatement devenir ton garde du corps mais Kane lui a dit de patienter quelques années puisque tu n'étais pas réellement en danger.
— Ce qui est vrai.
— Bellamy ne l'a pas écouté. Il a subtilisé ton dossier dans le bureau de Kane pour en faire des photocopies et il a commencé à te suivre à distance.
— IL A FAIT QUOI ? s'exclame Clarke en hurlant ses mots.
— Je sais, il n'avait pas le droit de faire ça… Mais le premier jour où il t'a vue, il m'a expliqué le fait qu'il voulait te protéger. Il ne comprenait pas cette sensation, il ne savait pas d'où elle venait mais… Elle était là. Il s'est fait la promesse de te protéger coûte que coûte.
Un silence s'installe après les derniers mots d'Octavia. Clarke enfonce sa tête entre ses mains en lâchant un long soupir. Elle ne sait pas pourquoi Bellamy a pris la décision de la protéger, elle ne sait pas d'où ça peut venir. Elle ne sait pas non plus si elle doit se mettre en colère ou être reconnaissante.
Clarke ouvre la bouche sans dire un mot de plus. Bellamy l'aide donc depuis toujours.
— Il m'a parlé de ta rencontre avec Finn, lorsque tu es sortie avec Lexa…
— Donc il savait déjà que j'étais bisexuelle, murmure Clarke. Je n'arrive pas à y croire.
— Il m'a directement dit, lorsque tu es sortie avec Finn, qu'il ne l'appréciait pas. Il le trouvait louche. Je pense qu'il était un peu jaloux de lui.
— Jaloux ?
— Bellamy t'observait à distance alors que Finn était ton petit-ami. Il a peut-être eu un coup de cœur lorsqu'il t'a rencontré… Je ne sais pas.
— Impossible, il me rend la vie infernale.
— Ça l'amuse sans doute, dit finalement Octavia en haussant les épaules.
Il a peut-être eu un coup de cœur lorsqu'il t'a rencontré… Clarke n'en croit pas ses oreilles. Bellamy connaissait tout de sa vie, tout de ses relations, tout de ses habitudes. Il s'est joué d'elle.
Elle devrait lui en vouloir, mais c'est tout le contraire. Il s'est mis à la protéger alors qu'il ne la connaissait même pas. Peut-être qu'il lui a déjà évité quelques accidents sans qu'elle ne puisse s'en rendre compte.
— Je sais que ça te bouleverse, lui dit Octavia. On ferait peut-être mieux de parler d'autre chose.
Clarke hoche la tête d'un air absent. Elle regarde autour d'elle en entendant Raven et Octavia parler à nouveau de Lincoln. Son regard survole le café en écoutant d'une oreille distraite les bruits aux alentours. Elle se concentre finalement sur la conversation de ses deux amies en face d'elle.
— Comment se passent les choses au niveau des mecs pour toi ? demande Octavia à Raven.
— J'ai eu un fâcheux contact avec mon collègue, Wick, dit-elle en se grattant la nuque. En fait, on a eu un problème d'assemblage au garage. On a mis des jours à travailler sur une solution pour régler ce problème et on l'a finalement trouvé. On était tellement heureux qu'on s'est sautés dans les bras et en se reculant… Il y a eu un frôlement.
— C'est-à-dire ? demande Octavia.
— Un frôlement de lèvres. On est restés dans cette position durant deux à trois secondes puis je me suis écartée. J'étais beaucoup trop embarrassée.
— Il te plait, dit Clarke en prenant une gorgée de sa boisson.
— J'ai peur depuis toute l'histoire avec Finn.
Clarke tend sa main et prend celle de Raven. Raven sourit tristement à l'évocation du prénom de son ex petit-ami. Cela a été très dur pour elle de voir la vérité en face et de se séparer de lui.
— Tout ira bien, lui dit Clarke. Tout le monde n'est pas Finn.
Raven sourit en entendant les paroles de son amie. Elles décident finalement toutes les trois de se lever et de se promener à nouveau. Elles se baladent dans tout le centre-ville jusqu'à s'arrêter dans une pizzeria à 21h du soir. Elles commencent à manger en évoquant des souvenirs de leurs vies respectives. Elles ne mentionnent ni Wick, ni Bellamy, ni Lincoln. Elles veulent que ce soit une journée et soirée entre filles.
— On va au cinéma ? demande Raven.
— Oui ! s'exclame Octavia en sautillant. J'envoie un message à Bellamy pour lui dire que Clarke rentrera plus tard.
À la fin du film, Clarke, Raven et Octavia déambulent dans les rues du centre-ville, se dirigeant vers la voiture. Elles rient en repensant aux scènes comiques du film.
Raven se met derrière le volant tandis que Clarke reprend sa place à l'arrière de la voiture. Elle regarde sa montre. Il est un peu plus d'une heure du matin. Heureusement qu'Octavia a prévenu Bellamy. Clarke sent une boule remonter le long de sa gorge lorsqu'elle pense à ce dernier. Elle est pressée de le voir mais ne sait pas pourquoi. Peut-être a-t-elle besoin de lui pour être sûre d'être en sécurité ? Peut-être est-elle devenue dépendante de lui ?
Raven gare sa voiture devant l'immeuble de Clarke. Octavia se tourne vers cette dernière.
— Rentre bien, lui dit-elle. J'imagine que Bellamy est en train de faire les cents pas dans le salon donc je compte sur toi pour le détendre.
— De quelle façon ?
Octavia roule les yeux et fait un geste obscène avec sa main devant Clarke. Celle-ci proteste en la frappant alors que Raven éclate de rire. Clarke grogne en sortant de la voiture. Elle reste debout dans la nuit et fait un signe de main à ses amies.
Clarke se retourne et commence à marcher vers son immeuble lorsque la voiture disparait de son champ de vision. Elle commence à taper le digicode quand elle entend un bruit sur le côté de la rue. Elle se retourne mais ne voit rien autour d'elle. Elle voit seulement quelques voitures roulant sur la route. Elle soupire et essaye de se calmer mais entend un nouveau bruit. Elle regarde cette fois au loin et aperçoit une personne, toute de noir vêtue.
— Lexa ? demande soudainement Clarke, reconnaissant la posture.
Clarke n'a pas vu Lexa depuis quelques mois, elle ne comprend pas pourquoi elle serait dans sa rue. Elle la voit se retourner et commencer à courir le long de la rue alors que Clarke l'appelle plus fortement. Clarke se dirige dans sa direction en commençant à accélérer le mouvement de ses pas. Elle sprinte pour essayer de la rattraper mais comprend que c'est impossible. Elle la voit tourner vers la droite alors que Clarke s'arrête, essoufflée par les quelques secondes de course. Elle resserre son sac à main sur son épaule et soupire. Tant pis.
Elle souffle une dernière fois et se retourne pour revenir devant son immeuble, qu'elle vient de perdre de vue. Elle esquisse un mouvement de recul lorsqu'un homme se trouve devant elle. Elle lève la tête et son cœur s'emballe lorsqu'elle reconnait Gustus. Un membre des Grounders.
— Clarke Griffin, dit-il d'une voix grave et avec un sourire au coin des lèvres.
— Gustus, répond-elle d'une voix tremblante.
— Je vois que je n'ai pas besoin de faire les présentations. Je me doutais bien que tu allais me reconnaitre.
— J'ai soigné l'une de vos blessures à l'hôpital, il y a quelques mois.
— Je suis beaucoup plus que ça pour toi.
— Je ne vois pas de quoi vous parlez, dit-elle en essayant de le contourner.
— Oh tu le sais très bien.
Elle avale sa salive lorsqu'elle voit deux personnes émerger d'une allée sombre présente à sa gauche. Elle ne peut pas s'en sortir.
— J'aimerais rentrer chez moi.
— Retrouver ton petit-ami ? dit Gustus avec une moue moqueuse. Oh non ma belle, on a prévu beaucoup de choses pour toi.
Clarke réfléchit le moins possible et frappe violemment son épaule, essayant de le contourner. Il éclate de rire et la tire en arrière par ses cheveux alors qu'elle gémit. Les autres autour d'elle rient alors qu'elle essaye de frapper Gustus au torse. Il sourit et, finalement, la frappe au visage. Elle s'écroule sur le sol, sonnée par le coup qu'il vient de lui donner.
Elle essaye de reprendre ses esprits mais il lui assène plusieurs coups de pieds à l'estomac. Elle pousse un long cri lorsqu'elle entend l'une de ses côtes craquer.
— Tu n'as plus ton air hautain d'un seul coup, pas vrai ?
— Pourquoi est-ce que vous ne me tuez pas ? dit-elle en crachant du sang sur le sol.
— Après tout ce que ton père m'a fait, tu ne t'en sortiras pas comme ça.
— C'était seulement de l'argent ! hurle-t-elle.
— Je ne parle pas que de ça, Clarke !
Il la frappe de nouveau à l'estomac alors qu'elle crie. Elle n'est pas sûre de ce dont il vient de lui parler, elle ne sait pas à quoi il fait référence. Il se tourne vers ses amis en riant alors qu'elle essaye d'étirer son bras droit et d'atteindre son sac. Elle enfonce au hasard sa main dans celui-ci en retirant la fourchette que lui a donné Bellamy. Elle profite d'un moment d'inattention de son assaillant pour se relever le plus vite possible et planter la fourchette dans l'épaule de Gustus.
Il pousse un petit grognement en retirant la fourchette et en la jetant sur le sol. Il l'attrape de nouveau par les cheveux. Il la plaque violement contre la paroi de l'allée sombre alors qu'elle pousse un long gémissement. Elle sent ses larmes sur son visage. Elle sait qu'elle va mourir.
— Tu ne peux pas t'en sortir, murmure-t-il.
Il prend de l'élan avec sa main droite et frappe sa pommette alors qu'elle crie. Il répète l'opération une nouvelle fois, lui faisant cracher du sang par la bouche.
— Ton père a eu ce qu'il méritait, murmure-t-il devant son visage.
Elle ferme les yeux lorsqu'elle le voit armer de nouveau son poing. Il met tellement de force dans son coup de poing qu'elle tombe sur le sol, se coupant la main sur des bouts de verre. Il frappe ses côtes alors qu'elle essaye de penser à autre chose. Elle ferme les yeux en sentant un nouveau coup.
Elle entend brusquement un bruit sourd alors que Gustus ne la frappe plus. Elle lutte et ouvre péniblement les paupières. Elle voit alors Bellamy en train de le frapper juste devant elle. Il lui assène de violents coups de poings jusqu'à ce qu'un des sbires de Gustus saute sur son dos. Bellamy pousse un léger cri et se retourne en essayant de se défendre.
Clarke n'a plus aucune force dans son corps mais la vision de Bellamy en danger lui en procure quelques-unes. Elle se rapproche lentement de la scène de bagarre en rampant péniblement. Elle ramasse la fourchette à côté d'elle et la plante dans l'une des jambes des agresseurs. Cela permet à Bellamy de reprendre le dessus et de les frapper. Pendant ce temps, Gustus se relève et s'enfuit à toute vitesse. Ses deux accolites se relèvent également et courent le long des rues. Bellamy commence à les poursuivre mais s'arrête en entendant le gémissement de Clarke derrière lui. Il accourt finalement vers elle et s'agenouille.
— Clarke ? dit-il en mettant sa main sur son épaule. Est-ce que ça va ?
— Cela pourrait aller mieux, dit-elle en soufflant.
— Il faut qu'on rentre à l'appartement. Est-ce que tu peux marcher ?
— Aide-moi, dit-elle en acquiesçant.
Il passe son bras droit autour de son corps et l'aide à se relever. Elle grimace alors qu'il prend son bras gauche et le passe autour de ses larges épaules. Ils marchent doucement jusqu'à leur immeuble sans parler. Elle ressent une vive douleur sur son côté droit mais essaye de ne pas le faire transparaitre.
Bellamy tape le code à l'entrée et conduit Clarke jusqu'à son appartement. Il la pose le plus délicatement possible sur le canapé et ferme la porte d'entrée à double tour. Il se dirige directement dans la salle de bain en prenant un gant mouillé. Il s'assoit à côté de Clarke sur le canapé.
— Comment est-ce que tu m'as trouvée ? demande-t-elle en le regardant.
— Octavia m'a envoyé un message lorsqu'elle t'a déposée devant l'immeuble. Quand je ne te voyais pas revenir au bout de cinq minutes, j'ai commencé à paniquer.
Il prend le menton de Clarke entre ses mains et applique le gant mouillé contre sa peau. Il tamponne son arcade sourcilière alors qu'elle voit du sang empourprer le gant. Elle se rend compte de ce qu'il vient de se passer et sent des larmes perler aux coins de ses yeux. Bellamy les essuie délicatement avec le pouce de son autre main sans dire un seul mot.
— Je suis désolée, murmure-t-elle.
— Ce n'est pas de ta faute, dit-il en la regardant.
— J'ai vu une personne au loin et j'ai vraiment cru que c'était quelqu'un que je connaissais, explique-t-elle. C'était complétement irréfléchi et irresponsable.
— On en parlera demain, Clarke. Tu as assez eu d'émotions pour la journée.
Elle hoche la tête alors qu'il finit de nettoyer son visage. Il met le gant de côté et prend un petit pansement blanc à côté de lui. Il le pose contre son arcade sourcilière. Il caresse finalement la pommette droite de Clarke alors qu'elle tressaute.
— Tu vas avoir un bleu à cet endroit, lui dit-il.
— Il n'y a pas que celui-ci…
Il la questionne du regard alors qu'elle prend son ourlet de t-shirt entre ses mains et le remonte doucement. Les yeux se Bellamy se posent instinctivement vers sa poitrine mais dérivent lorsqu'il aperçoit l'hématome commençant à se former sur son côté droit. Il pose délicatement ses doigts dessus alors qu'elle sursaute. Il s'excuse en recouvrant son ventre.
— On ne peut rien faire pour tes côtes brisées, lui dit-il. Il faut juste attendre.
Elle hoche la tête alors qu'il porte sa main droite dans ses cheveux noirs en soupirant. Elle fronce les sourcils en voyant sa main. Ses jointures sont complètement ensanglantées.
— Il faut nettoyer ta main, lui dit-elle.
— Ce n'est rien. C'est plus leur sang que le mien.
Elle secoue la tête et fait l'effort de se pencher vers la table basse, en lâchant un petit grognement de douleur. Elle prend le gant mouillé et prend la main de Bellamy dans la sienne. Elle voit de la chair de poule se former le long du bras de son compagnon mais décide de ne pas y prêter attention. Elle passe le gant sur sa main.
— Je ne t'ai pas encore dit merci, grommelle-t-elle sans le regarder.
— Tu n'as pas à le faire. C'est mon travail.
— Tu t'es tout de même intéressé à moi avant de prendre l'affaire.
Il la regarde avec une lueur d'interrogation dans le regard et retire sa main de celle de Clarke. Elle lui fait un regard noir et la reprend dans la sienne, continuant à nettoyer le sang.
— Octavia m'a dit que tu me suivais déjà depuis plus de trois ans.
Il ne répond pas mais esquisse un soupir en baissant la tête vers le sol. Clarke jette le gant sale sur le côté mais décide de garder la main de Bellamy dans la sienne. Elle joue avec leurs doigts en caressant ses phalanges. Elle le regarde.
— Je ne t'en veux pas, lui dit-elle. Tu voulais me protéger depuis le début… Je ne peux pas t'en vouloir.
— Merci, murmure-t-il. Je ne sais pas comment l'expliquer, Clarke, mais je ne voulais pas que tu sois blessée.
— Et ça montre ton côté professionnel, dit-elle en souriant.
— Promets-moi de ne plus te mettre en danger, Clarke. J'ai failli défaillir lorsque je t'ai vu en sang sur le sol. J'avais envie qu'ils…
— Je vais bien.
Il hoche la tête en enlevant sa main de celle de Clarke et en se relevant. Il tend ses mains vers elle pour l'aider à se relever et l'emmène dans sa chambre. Il l'aide à s'allonger sur son lit.
— Est-ce que tu as besoin d'aide pour te déshabiller ? demande-t-il en commençant à rougir.
— Non, répond-elle avec un petit sourire. Va dormir, Bellamy.
— D'accord.
Il se retourne et commence à partir mais elle lui prend une dernière fois la main. Il tourne la tête et la regarde quelques secondes. Elle sort avec sa main valide un objet de sa poche et le tend vers lui.
— Je t'avais acheté ça, murmure-t-elle en le regardant. Pour te remercier d'être là.
— Un bracelet ? demande-t-il en souriant.
— Octavia m'a dit que tu en voulais un.
Bellamy sourit. Elle commence à fermer les yeux en continuant à caresser le dos de sa main. Il s'approche d'elle. Elle ouvre une dernière fois les yeux pour le regarder.
— Bellamy ?
— Oui ?
— J'aimerais que tu m'apprennes à me défendre, dit-elle doucement.
Elle le regarde avec des yeux suppliants. Il hoche doucement la tête, acceptant sa proposition. Il se sentirait beaucoup mieux si Clarke savait se défendre. Il se penche vers elle et pose ses lèvres contre son front en murmurant « merci, princesse ». Elle ferme les yeux en sentant une chaleur traverser son corps. Il se sépare d'elle et relâche sa main. Elle enfonce sa tête dans l'oreiller lorsque la porte se referme.
Ils commencèrent à devenir amis à partir de ce jour.
Bonjour à tous ! Merci pour vos reviews, comme toujours ! Cela me fait très plaisir ! Je viens de terminer une deuxième semaine à la fac et je commence enfin à m'habituer à ce tout nouveau rythme.
Alors, voici la révélation sur Bellamy. Celui-ci suivait Clarke bien avant toute cette histoire ! Certains pensaient que la révélation serait sur Echo… Et bien il y en aura mais ce n'est pas encore maintenant ! (aller, je vous le dis… ce sera dans le chapitre 6)
Dans le prochain chapitre : Bellamy entraine Clarke au combat ! Toute cette sueur et cette tension sexuelle va vous plaire, je le sens bien !
