Disclaimer : les personnages apparaissant dans cette fic appartiennent à JKR, je n'en retire aucune rémunération ou gain financier…

Precisions: Slash Rogue/Harry – Post tome 6 - Prologue faisant exception, je passerai à chaque chapitre du Pov de Severus à celui de Harry

Kikoo :' )
Le chapitre nouveau est là, j'espère que vous apprécierez !
Et merci pour vos reviews wOw !

Bonne lecture : )

Si longtemps…

Chapitre 3

Le jeune homme dormait encore.

L'aube se levait ; il devrait bientôt le réveiller. Severus aurait préféré le laisser se reposer.

Cette année d'enfermement l'avait-elle donc rendu si faible que les larmes d'un gamin étaient suffisantes pour le troubler à ce point ?

Il déposa sur la table un déjeuner léger et s'agenouilla devant sont ancien élève.

Son visage était paisible, ses traits plus matures également. Harry Potter avait bien changé depuis leur dernière rencontre – aux limites de Poudlard, il y avait déjà plus de deux ans – et étrangement le nom de son père ne lui venait plus systématiquement à l'esprit lorsqu'il l'observait. Il avait mûri, à n'en pas douter, mais son caractère restait le même. Certes, il s'était révélé fragile et désagréablement amorphe mais cette tendance à mettre les autres en tort avant lui m-

Non, il faisait preuve de mauvaise fois. Ses yeux ne reflétaient plus qu'une légère méfiance.

Severus ne s'attendait pas vraiment à de la reconnaissance – même dans cette situation, il s'était imaginé que Potter garderait un air supérieur, se montrerait têtu voir ingérable – mais sa passivité et sa facilité à accepter ses dires l'étonnait. Trop loin des réactions qu'il lui avait toujours connues, son comportement le déstabilisait. Néanmoins, lui-même ne s'était jamais montré aussi compréhensif en sa présence. De leurs précédents face à face, il n'avait souvenir que de haine et d'insolence. Pourtant, de voir en lui tant de faiblesse – lui qui lui avait toujours tenu tête – le poussait à se montrer immanquablement doux.

Il avança sa main vers son visage puis se figea.

Que lui prenait-il ?

La veille aussi ses gestes étaient devenus indépendants de sa volonté. Il s'en rendait compte mais ça n'en était pas moins dérangeant ; il se demanda une nouvelle fois si cet emprisonnement n'avait pas rendu son esprit plus fragile. Après tout combien de fois ne s'était-il pas cru devenir fou ? Peut-être l'était-il vraiment.

Quelle fine équipe ! Un survivant à peine vivant et un ex-mangemort dément !

Il grimaça face à ses dérangeantes pensées.

Severus se redressa et secoua légèrement son compagnon, emprisonnant son épaule.

- Monsieur Potter ? Monsieur Potter, réveillez-vous, nous devons bientôt partir.

Il l'observa ouvrir doucement les paupières et sortir lentement du sommeil.

L'homme se demanda un instant pourquoi il plissait les yeux et se rappela de la semi pénombre qui envahissait le lieu. D'un geste leste, il amena à eux quelques bougies sur leur fin et dans un même mouvement de baguette les alluma.

La lumière était agréable et apaisante. Ce genre de détails n'aurait pas dû attirer son attention – avant – pourtant c'était l'obscurité qui l'avait accompagné durant une année et ces flammes vacillantes l'adoucissaient.

- Mmh… Ah. Vous êtes là. Ce n'est donc pas un cauchemar.

La remarque ne se voulait pas blessante, il le savait parfaitement, elle était simplement chargée de déception et d'amertume. Le maître des potions vit également qu'il évitait son regard mais il n'était pas sûr qu'il s'agissait là d'un acte conscient. Ses yeux étaient rougis, son visage était encore marqué par les larmes de la veille. Malheureusement son regard manquait toujours d'une certaine lucidité.

Il s'était dégagé du tissu qui le recouvrait, avait récupéré ses lunettes et restait immobile.

Ca n'avait rien de rassurant. Et Severus espérait bien que cela soit passager ; il ne s'imaginait pas s'évertuer à lui faire quitter cet inquiétant état d'abattement excessif. Dont il ne connaissait, soit dit en passant, toujours pas la véritable origine.

Toutefois, il était plus temps d'agir que de se perdre en suppositions et conjectures.

- Accio baguette. Accio cape.

Il prit la baguette et posa la cape sur le bras du canapé.

- Monsieur Potter, j'ai pu la récupérer, elle était à vos côtés lorsque je vous ai retrouvé.

Le jeune sorcier observait l'arme qu'il lui tendait mais son attention ne semblait une fois de plus pas réellement portée sur lui.

Il soupira, attrapa sa main droite et lui rendit son bien. Ce geste lui permit de voir les yeux verts se poser sur lui. Severus en fut soulagé.

Le regard de son cadet passa de sa baguette à l'ex-mangemort, plusieurs fois, puis finalement il la serra plus fermement.

- Si vous avez l'intention de vous en servir contre moi, faîtes-le maintenant. A ce stade, il est inutile que nous entreprenions quoi que ce soit si vous ne pouvez avoir la moindre confiance en moi.

Les émeraudes revinrent se fixer sur son visage. Il ne se souvenait pas avoir croisé un jour un regard si indéchiffrable chez ce gamin, ne semblant rien exprimer et pourtant le scrutant avec attention.

- Merci… pour ma baguette.

Severus hocha légèrement la tête. Ce n'était pas grand-chose mais c'était déjà un premier pas. Néanmoins, sa raison continuait à lui souffler que son manque apparent de combativité ne présageait rien de bon pour leur avenir. Mais il ne pouvait rien y faire et devait suivre son objectif : retrouver des alliés.

- La salle de bain se trouve après la cuisine, indiqua-t-il en désignant la porte d'un geste vague. Dès que vous serez prêt à y aller, nous nous rendrons aux anciens lieux de réunion de l'Ordre et, s'il le faut, nous continuerons avec le Terrier ou même Godric Hollow.

Le jeune Potter s'était levé dès ses premiers mots et il s'était écarté de son chemin. Apparemment, il n'avait plus de difficulté à se déplacer – tant mieux, leurs futures explorations n'en seraient que facilités.

Le maître des potions observa la pièce d'un regard morne.

La dernière fois qu'il avait retrouvé refuge dans cette vieille masure, Dumbledore vivait encore. Il s'en était simplement servi comme lieu de retraite improvisé pour se faire à l'idée de la résurrection de ce vil serpent. Un endroit éloigné de tout, le temps de se préparer à affronter une nouvelle année scolaire avec son ancien maître. A la veille de sa dernière année en tant que professeur de potions en somme.

Cette ferme ne lui appartenait même pas. Ce n'était qu'un taudis qu'il s'était approprié lors de ses premières années d'enseignement. Ses propriétaires devaient être morts depuis bien longtemps et personne ne semblait même avoir connaissance de son existence. D'ailleurs, qui se serait attardé dans ce coin perdu d'Ecosse, retiré de toute civilisation, tant moldue que sorcière ?

A l'époque, ses pérégrinations – dans ses jeunes années, il ne supportait pas longtemps de devoir se terrer à Poudlard, pendant chaque congé scolaire, pour sa soi-disant sécurité, alors que le mage noir avait disparu – l'avaient entraîné ici par hasard. Il pouvait au moins se réjouir d'avoir pris le parti d'en faire son bien. Où se seraient-ils réfugiés autrement ?

Severus détourna les yeux du pain nappé de marmelade qu'il avait posé sur la table – encore une fois, avoir prit la précaution d'amener quelques réserves dans cette demeure faisait parti de ces décisions pour lesquelles il se félicitait.

Il s'assit sur le canapé ; toute cette nourriture lui révulsait l'estomac. Non pas parce qu'elle s'éloignait un peu trop de ses goûts mais parce qu'elle était bien trop riche. Un an au pain et à l'eau laissait des traces, c'était tout juste s'il avait pu avaler un liquide un peu plus consistant que son thé avant de retrouver le jeune Potter. Lorsque, la veille, il avait vu son apparence pitoyable dans le vieux miroir de la salle de bain, l'homme en avait été un instant blême de stupeur. S'il faisait abstraction de la barbe et la moustache qui ne lui allaient pas du tout, son corps lui avait paru terriblement squelettique. Bien sûr, il avait toujours eu cette apparence longiligne et limite maigre mais cela n'était rien en comparaison de ça.

Ce n'était pas son apparence qui le préoccupait mais plutôt l'impact sur sa santé qu'indiquait cet aspect maladif. Il se sentait faible, toutefois avant de se voir, il n'avait même pas songé aux conséquences néfastes, peut-être même irréversibles, que cet emprisonnement avait engendrées sur son corps.

Un fin sourire ironique se dessina sur ses lèvres.

Si le seigneur des ténèbres, ou bien même l'un de ses serviteurs, les retrouvait, ces éventuelles « séquelles » seraient bien la dernière de ses préoccupations.

Non, son état physique n'était vraiment pas sa priorité. Son état mental par contre… à chaque fois qu'il y songeait, il semblait perdre ses capacités de raisonnements. Les indices de son déséquilibre – qui semblaient lui échapper au fur et à mesure qu'il les rassemblait – ne semblaient pas avoir de quelconque logique.

Un souvenir de James Potter lui lançant un sort anodin alors qu'il venait de lancer son premier avada kedavra (Pourquoi pensait-t-il premier ? S'était-il acharné sur le cadavre ? Il ne se souvenait pas…) sur cet imbécile qui lui avait permis de s'échapper de cette prison.

Un instant des plus perturbants lorsque, la veille, devant le miroir, il avait parlé comme-ci il conversait avec Albus (Cela n'avait guère duré plus que quelques secondes, n'est-ce pas ?).

Il y avait eu d'autres périodes semblables, Severus en était persuadé, mais son esprit semblait déjà les avoir effacées pour ne plus lui laisser que de vagues et dérangeantes impressions.

Outre ces comportements, son esprit également se jouait de lui. Si depuis l'aube, il raisonnait avec un bon sens évident, il n'en avait pas été de même lorsque Potter avait craqué. Ce geste de protection, cette volonté de le rassurer, c'était bien loin de ses réactions habituelles cependant c'était parfaitement humain dans une telle situation. Ce qui était plus alarmant n'était pas ce qu'il avait fait ou dit mais ce qu'il avait ressenti et voulu.

Un désir de ne pas le laisser s'échapper, une envie de ne jamais le voir refaire surface et ainsi devenir indispensable à sa survie. Un instant, fugace mais réel, il avait voulu le faire sien pour ne plus jamais se retrouver seul et ne plus quitter sa chaleur.

Sa chaleur.

La même qu'il ressentait assis sur ce canapé tiède, légèrement déformé par le corps qui y avait passé une nuit agitée – à plusieurs reprises il avait hésité entre le sortir de son sommeil, de ses cauchemars, ou le laisser dormir en espérant qu'il récupère malgré tout. Severus, lui, avait passé sa nuit dans le fauteuil placé à l'opposé, somnolant à peine, observant l'être sur lequel reposait encore l'avenir de millions de sorciers et moldus.

Peut-être aussi le seul allié qui lui restait.

Il serra les poings sentant ses muscles ankylosés protester devant une manifestation si physique de son désarroi. Ils avaient besoins d'alliés dans les plus brefs délais. Même Miss Granger ou n'importe qu'elle membre des Weasley lui convenait, qu'au moins un garde-fou l'oblige à garder son contrôle.

Le maître des potions cligna des paupières.

Qu'était-il en train d'imaginer ? Il était parfaitement sain d'esprit !

Ce n'était qu'un après coup de cet enfermement, juste cela. Il n'était en rien une menace pour Potter.

Cette certitude à nouveau ancrée dans son esprit, il laissa ses pensées s'organiser autour de leur mission et attendit patiemment que Potter junior se décide à revenir au salon ; dès que ce fut le cas, il le laissa déjeuner à son rythme.

Ils n'échangèrent pas un mot.

Le survivant paraissait un peu plus alerte que la veille, ses mouvements n'étaient plus hésitant et lui ne semblait pas plus rebuté par la nourriture que le soir précédent. Cependant, en l'observant, le maître des potions songea qu'il semblait encore trop agir par automatisme. Dans ces vêtements noirs – c'était tout ce qu'il avait pu mettre à sa disposition, quelques-uns de ses habits de rechange qu'il n'avait pas mis longtemps à retrouver – que le jeune homme avait habillement adapté à sa taille, il lui paraissait un peu plus meurtri encore et définitivement fragile. Si quelques années plus tôt, Severus avait jugé surréaliste l'idée qu'un gamin puisse terrasser le seigneur des ténèbres, il pouvait affirmer qu'aujourd'hui il donnait moins de crédit encore à cette pâle image du survivant qu'à cet enfant de onze ans qu'il avait pris en grippe dès le premier regard.

Il fut arraché à ses idées noires par la voix claire du jeune sorcier.

- Par où allons-nous commencer ?

La question l'agaça légèrement puisque la veille il lui avait déjà expliqué leur futur parcours mais il ne fit aucune remarque ; tant qu'un semblant de collaboration semblerait possible, il s'efforcerait de garder en lui tout ce qui pourrait la briser.

Severus se leva d'un mouvement souple, en oubliant la douleur inconfortable en découlant, puis répondit d'un ton neutre.

- Je doute que le Square Grimmault soit encore un lieu sûr, le Terrier non plus d'ailleurs. Cependant, nous devons nous y rendre pour pouvoir suivre les traces de l'Ordre du-

- Le Terrier. Nous y avons fait quelques aménagements le mois… enfin, un mois avant ma capture. Et je sais où nous pourrions transplaner pour ne pas être trop rapidement repérables.

- Néanmoins, reprit le maître des potions qui n'appréciait pas plus que lorsqu'il était professeur de se faire couper la parole, j'ai d'abord une chose importante à vérifier.

Il fit quelques pas vers un espace inoccupé de la pièce – se faisant la remarque que finalement Potter, dont le regard semblait soudain nettement plus vif, n'était pas dans un état si dramatique qu'il se l'était imaginé – tout en développant son affirmation.

- Si j'y parviens, nous aurons sans doute plus de problèmes que je n'en prévoyais. Toutefois, il serait étonnant qu'en une année à peine…

En un instant, il transplana.

Le sorcier ne pensait pas y parvenir et pourtant au premier essai il avait transplané dans Poudlard.

Le couloir était désert et il se tenait immobile devant une porte qui, si rien n'avait changé, serait la réserve des ingrédients et des potions.

Trop surpris pour songer plus avant à toutes les implications qui en découlait, il retransplana aussi sec auprès de Potter.

- Où êtes-vous allés ?

Le jeune homme en question pointait sa baguette vers son torse et son ton était agressif. Il ne put s'empêcher de lui lancer un regard noir. Le gamin resserra sa prise sur son arme.

- Là où je n'aurais pas dû pouvoir aller. Dans les couloirs de Poudlard. Et maintenant baissez cette chose, Monsieur Potter, votre vigilance nous sera bien plus utile ailleurs, ajouta-t-il froidement. Nous retournons immédiatement au château.

Severus approcha de son cadet.

Ce dernier eu un mouvement de recul et son regard se fit plus suspicieux.

L'ancien professeur préférant éviter les longues explications, et par là même ignorer la colère un peu disproportionnée qui montait indéniablement en lui, lui attrapa le bras d'un geste brusque et les fit transplaner.

A suivre...

Le chapitre 4 est déjà écrit, soit je poste le chapitre 11 de "Sacrifices et sacrifiés" la semaine prochaine ou le chapitre de cette fic mais dans tous les cas la suite ne tardera pas trop ; )
Reviews ?

A bientôt !