Hello tout le monde !

Me revoilà avec comme promis, ''un chat et deux flocons'' du point de vue de Jack ! XD

Je me suis vachement amusée, pour ma part. Je n'ai qu'une seule inquiétude : la répétitions des dialogues. Parce que bien entendu, il se passe les mêmes choses, même si c'est du point de vue d'une autre personne. J'espère que j'aurai quand même réussi à gérer pour que ça ne soit pas (trop) répétitif. Je vous souhaite de passer un agréable moment en compagnie de notre brochette loufoque de personnage, que j'ai imaginé avec beaucoup d'amour.

N'oublions pas la disclaimer : les personnages de Rise of the guardians ne m'appartienne pas, hé oui, ça surprend...

Sur ce : Bonne Lecture !

***(*)***

Je m'ennuiiie ! Les maths me soûlent, le temps me déprime, tout m'agace. Pour tromper mon ennui, je discute avec Bunny à l'autre bout de la classe. Bunny est mon meilleur ami. On se dispute tout le temps, mais on s'entend vachement bien quand même -même si je ne l'admettrais jamais!-. Je veille à ce que le prof ne me repère pas et observe régulièrement le bureau, mais un bruit soudain attire mon attention au rang derrière moi. Euuuh... Faut qu'on m'explique pourquoi Féline est vautrée sur son cahier. Elle est vraiment bizarre, cette fille. Étrange, mais plutôt dans le sens d'intéressante.

-Alors, c'est qui ? demande Valérie, sa voisine.

-Ça ne te regarde pas ! » s'écrie-t-elle.

Mais de quoi est ce qu'elles parlent ? Je suis curieux tout à coup.

-Qu'est ce qu'il se passe, par ici ? je demande.

-Féline a un petit copain ! » s'écrie Valérie en m'agitant un cahier sous le nez, probablement celui de Féline.

Il y a pas mal de petits cœurs dessinés au crayon avec JF à l'intérieur. Féline, amoureuse ? Je n'y aurais pas songé. Intéressant. De qui donc ? Qui pourrais être ce J ? Jimmy, John, Jonathan, James, Jamie...Jack ? Et pourquoi pas Jack Frost ? Et si c'était moi ? Je lève les yeux en souriant, amusé. Elle me fixe avec anxiété. Elle s'attend à ce que je sorte un truc énorme...

-JF, ça pourrait être Jack Frost, non ? » je lâche malicieusement.

Elle rougit et se cache dans sa main. J'aime bien voir Féline rougir. Elle se met sur la défensive, comme un chat qui hérisse ses poils, et ça me fait beaucoup rire ! Et puis, je la trouve plutôt mignonne comme ça.

-Pfff, t'es con ! affirme Valérie. Y a aucune chance pour que tu lui plaises, t'es trop un gringalet.

-T'as vraiment un problème avec le fait que je sois divinement beau mais svelte, donc pas ton style ? »

Je la trouve carrément trop protectrice, Valérie. Et pourquoi je pourrais pas lui plaire, au juste ? Elle répond à mon sourire. Ah, elle a envie de jouer ! Eh bien jouons !

-Jack, retourne-toi ! » ordonne le prof.

Ah, zut ! Je souffle bruyamment en me retournant, tout en sortant un truc bien con :

-Mais monsieur, il fallait absolument que je salue l'armoire du fond ! »

Euh... j'ai vraiment sorti un truc AUSSI con ?

-L'on serait en primaire que tu serais allé lui dire bonjour de plus près. »

Faut croire que oui. Pour rattraper le coup, je prends un air choqué digne des plus grands comédiens. En même temps, il m'a bien eu, cette fois. Je rends son cahier à Féline tandis que toute la classe se marre. Au moins, elle le fait discrètement, elle...

(*)

Dès que l'heure est finie, c'est la ruée vers le CDI. Enfin, surtout pour Sab et Tatiana, qui ont envie de bosser. Moi, je m'en passerais bien. Mais bon, même Bunny semble OK pour aller pourfendre des exercices, alors pourquoi pas ? Malheureusement, le CDI est fermé jusqu'à la fin de l'heure. À quoi ça sert que le prof nous ai lâchés en avance ? En attendant, nous discutons dans l'entrée, quand je me rappelle d'un truc que j'avais envie d'essayer.

-Hey, les gars ! J'ai découvert un truc excellent pour traumatiser les filles ! je m'exclame. Tu veux essayer, Tatiana ?

-Si, c'est toi, non merci, répond-elle en croisant les bras. Je me méfie de tes idées, surtout si c'est pour ''traumatiser'' les filles. »

Je souris avec innocence. Il faudrait se méfier de mes idées ? Mais non, voyons... bon, juste un peu, alors. Mais c'est pas drôle ! Je m'ennuie tellement, il faut que je trouve un truc. Je regarde autour de moi. À qui vais-je bien pouvoir le faire subir ? Mon regard tombe sur Féline et Valérie, qui nous écoutaient juste à côté. Va pour ces deux-là !

-Valérie, tu veux essayer ? je propose gentiment.

-Je suis déjà assez traumatisée en voyant ta tête, merci bien. » fait-elle avec une grimace de dégoût.

Ouch ! Ça fait mal, ça. Bon, tant pis. Je m'apprête à le proposer à Féline, mais je n'ai pas du tout envie d'essuyer un troisième refus.

-Bon, alors ce sera Féline. »

Elle sursaute comme un petit chat nerveux ! Sans prévenir, je prends délicatement son menton entre mon pouce et mon index, puis je lui relève la tête en même temps que je penche la mienne. Je ne pensais pas l'embrasser, mais plutôt un truc du genre lui mordre le nez. Quelque chose de marrant, quoi ! Mais elle ne m'en laisse pas le temps et me repousse violemment ! Je suis un peu hébété au départ, mais en voyant sa tête j'éclate de rire :

-Ha ! Ha ! Ha !

-Toi... » gronde-t-elle.

Là, le petit chat est mécontent. Je m'excuse et elle se met à bouder. Elle est vraiment bizarre cette fille. Hilarante !

Le CDI ouvre enfin et nous pouvons nous installer. Mes trois camarades bossent normalement tout en écoutant distraitement mes bavardages. Je ne me sens pas très écouté, mais au moins je serais peut-être moins agité au prochain cours. À un moment où vraiment plus personne ne m'écoute, je me tais et me tourne vers la table de Féline et Valérie. Je lui ai jeté de petits coups d'œils toute l'heure et découvert qu'elle se frottait continuellement le menton. C'est mignon ! Maintenant je sais que ce machin est vraiment efficace. De temps en temps, je sors mon portable et prends une photo en toute discrétion, parce que c'est vraiment trop drôle.

Après que j'ai détourné le regard un peu plus longtemps et que je me tourne à nouveau vers elle, je me rends compte qu'elle m'observe à son tour. C'est drôle la façon dont elle me regarde. Ses yeux verts ont l'air drôlement profonds et curieux. J'ai soudain envie de faire l'andouille. Ou plutôt non, de jouer au séducteur. Je ne trouve rien de mieux que de me passer la main dans les cheveux en souriant. Mais le résultat n'est pas celui escompté. Au lieu de rougir, elle hausse un sourcil dédaigneux et détourne la tête. Intéressant... Je ne peux m'empêcher de ricaner.

-Qu'est ce qui te fait sourire comme ça, Jack ? demande Tatiana en levant la tête. Encore une de tes idées perverses ? »

Outch ! Elle pourrait éviter de formuler les choses aussi crûment ! Pourtant, c'est un peu ça. Je souris en regardant Féline, qui fixe son cahier en fronçant les sourcils.

-Peut-être bien... »

(*)

À la fin de l'heure, Sab met un peu trop de temps à ranger ses affaires et nous devons courir à toute allure pour ne pas subir la longue file d'attente de la cantine. De loin, je repère Féline et Valérie. Je m'empresse de les suivre et de les rattraper. Elles vont un peu vite, mais je réussis à agripper le bras de Féline qui se retourne aussitôt. Les autres me suivent de près et nous nous glissons avec elles.

-Thank you ! je m'exclame. Grâce à vous, on a pris de l'avance.

-Euh... de...de rien. » bafouille-t-elle.

Elle jette un œil derrière et je ricane. Pauvre gens que nous venons de dépasser ! Personnellement, je n'en ai strictement rien à cirer, mais c'est vrai que Féline est quelqu'un d'honnête. Nous sommes en plein milieu de foule, et tout le monde est serré comme dans une boîte à sardines ! Féline, juste devant moi, est compressée contre mon torse. C'est plutôt agréable... même si je ne l'admettrai ja-mais !

Oh, tiens ! J'ai une idée. Je passe mes bras autour de sa taille et la serre contre moi, curieux de sa réaction. Elle se tend aussitôt ! Je n'ai jamais eu de chat à la maison, mais je suis SÛR que si j'en avais un, il ferait pareil. Mais alors un chat vraiment très craintif.

-Des fois, je trouve que Féline ressemble à un petit chat farouche ! » je sors sans réfléchir.

Les réactions varient. Valérie me foudroie du regard, Bunny ricane, Tatiana a l'air un peu affligée, Sab beaucoup et Féline... ben je crois qu'elle panique complètement. Trop mignon !

-Lâche. la. Tout. De. Suite ! » ordonne Valérie.

Si on ne peut même plus plaisanter... J'obtempère mais m'arrête une fraction de seconde, les mains sur ses hanches. J'ai pas envie de la lâcher. Ça peut paraître stupide, je sais. Mais bon, je suis conciliant et j'obtempère.

-Quoi, vous ne trouvez pas ? je fais pour en rajouter une couche. Déjà, regardez son nom : Féline. Si ça c'est pas un nom de chat ! »

Son prénom m'a intrigué dès le début. Surtout ce qui c'est passé dans la tête de ses parents quand ils l'ont appelée comme ça. En tout cas, s'ils voulaient la rendre unique, ils ont réussi leur coup. Je me tourne vers son visage et sonde ses yeux. Je remarque en passant qu'elle est écarlate. Tu m'étonnes ! Le portrait que je tire embarrasserai n'importe qui.

-Et puis, elle a les yeux verts, exactement comme les chats ! »

Sérieusement, j'ai toujours été fasciné par ses yeux. On dirait qu'ils brillent dans la nuit, ou alors qu'ils vous observent au plus profond de vous-même.

-Tu es très farouche, et tu as des griffes. »

Je suis témoin. Je l'ai vue griffer quelqu'un, une fois, et ça avait l'air de faire vachement mal ! Elle est écarlate, et moi je m'amuse comme un fou. Je sais que ce n'est pas très gentil, mais Féline est une des rares à réagir à chacune de mes blagues, et ça fait toujours plaisir.

-Oh,et tes canines ! s'extasie Tatiana en la voyant ouvrir la bouche. On dirait de vrais crocs tellement elles sont pointues ! Oh, pardon ! »

C'était à prévoir, ce coup-là. Tatiana devrait parfois contrôler un peu sa folie des dents, je trouve. Je me tourne à nouveau vers Féline et voit qu'elle a la tête baissée. Elle boude ? Mince alors, c'était pas le but, de la mettre en colère. Je me tourne vers elle.

-T'es fâchée ? Désolé. »

Elle n'a pas l'air contente. Peut-être qu'elle a prit mes blagues pour des moqueries, ou quelque chose comme ça ? Je la rassure aussitôt.

-Mais tu sais, je le pense pas vraiment, c'est pas pour me moquer. Si ça peut te rassurer, je trouve même ça mignon. »

Elle détourne la tête, apparemment encore vexée. Bon, eh bien, je ne vais pas insister, alors. On continue d'avancer dans la file pendant que je discute avec Bunny... pardon, que je me dispute avec Bunny sur le goût plus que douteux de ses bonbons chocolat-carotte.

-Sérieusement, je comprends pas comment tu peux avaler un truc pareil ! Le chocolat et les carottes, ça va pas ensemble, point !

-T'as même pas essayé d'y goûter, comment tu peux savoir ? proteste-t-il (c'est qu'il y croit, à son mélange ultra louche, l'animal!).

-J'ai pas besoin d'y goûter pour savoir que ça ne plaira à quasiment personne, à part toi.

-Que je sache, c'est pas fait pour plaire à la majorité.

-Justement ! Tu dégoûte la majorité alentours à chaque fois que tu manges un de ces trucs.

-T'as vraiment des arguments de gamin, Jack. »

Je maugrée en silence. Parce que le pire, c'est qu'il a raison.

J'entends Valérie et Féline discuter devant :

-Au fait, Féline, il fallait 5 ou 10 lignes, pour la DNL ?

-10, parce qu'il fallait aussi donner la situation géographique. »

Aussitôt, l'information que mon cerveau vient d'enregistrer provoque une mobilisation général de tous mes neurones. Je ne me souviens pas de l'avoir fait. Je farfouille dans ma mémoire, mais est incapable de trouver quand ni où. Il faut se rendre à l'évidence : ma fainéantise m'a une fois de plus pris en traître.

-La DNL, noooon ! je m'écrie. Bunny, tu l'as fait ? »

Il faut absolument que quelqu'un me prête ses devoirs, parce que sinon le prof me tuera ! Lentement. Douloureusement. Comme le gros sadique qu'il est !

-Même si je l'avais fait, tu l'aurais pas eu, camarade. »

Oups. Je n'aurais peut-être pas dû critiquer autant ses friandises favorites.

-Tatiana ?

-Ah non ! Tu te fiches de moi ? Cette fois, tu te débrouilles ! »

C'est vrai que cette semaine, je l'ai beaucoup appelée à l'aide.

-Sab ? » je demande, dans un ultime sursaut d'espoir.

Il n'a aucun scrupule à balayer ma maigre tentative en secouant la tête. Il va falloir que je demande à quelqu'un d'autre, et ce ne sera pas de la tarte.

-Valérie ? »

Bah quoi, on peut toujours tenter.

-Va fondre, le givré. T'as touché à ma Féline. »

Mais c'est qu'elle m'énerve ! Elle ne peut pas arrêter deux minutes de la surprotéger ? Ça me donne presque envie de faire l'inverse... mais bon, là, j'ai pas trop le temps.

-Oh, c'est bon, t'es pas sa mère ! Et toi, Féline ? »

Elle me scrute un instant de ses yeux transperçant, me mettant un peu mal à l'aise. Mais elle esquive la question par une autre :

-J'ai une question. Pourquoi t'as pris euro allemand alors que t'es d'origine anglaise ? »

Ah ! Enfin quelqu'un qui me pose cette question ! Ça fait dix mille ans que j'attends qu'une autre personne que mes meilleurs amis me demande. On va donc temporairement changé de sujet.

-Fastoche ! je me rengorge. Je suis totalement bilingue, alors j'ai aucun intérêt à apprendre ce que je sais déjà. C'était plus intéressant d'essayer une autre langue.

-Mais pourquoi l'allemand? » insiste-t-elle.

D'accord, elle est curieuse. J'hésite un peu, parce que la raison peu sembler, comment dire...puérile ? Je ne sais pas trop.

-...C'était la langue d'origine d'une de mes ex, j'explique.

-Son record! place Bunny en ricanant. 6 mois complets!»

Je le foudroie du regard. Mais il pouvait pas se taire, celui-là ? Il faut toujours qu'il fourre son nez partout ! Il ne me laisse même pas finir.

-Donc, elle était allemande, et je me suis dit que ça pouvait être marrant. Mais pas que ce serait aussi galère ! Et donc, Féline, tu veux bien? »

Elle semble être soudainement partie dans ses pensées.

-Euh, de quoi ? demande-t-elle précipitamment, revenant sur terre.

-Me prêter ta DNL, s'il te plaîîîît ! »

Je joins mes mains devant elle en faisant des petits yeux suppliants pour la faire céder. Ça marche assez rarement, mais on peut quand même essayer, non ? Elle a l'air surprise et dit :

-Euh, oui, pas de problème.

-Merci ! Tu me sauves la vie ! » je m'écrie en sautant de joie.

Ouf ! Je suis sauf !

(*)

On entre à l'intérieur de la cantine et nous servons, puis mon groupe et moi allons nous asseoir ailleurs.

-Tu sais que tu ne t'en sortira pas comme ça à chaque fois, pas vrai ? » demande Tatiana.

Je déglutis. Elle a parfaitement raison, mais ma fainéantise est d'une puissance inégalable.

-Je suis au courant. Mais je ne peux même pas promettre de toujours faire mes devoirs, parce que je sais que je ne le ferais pas ! Et Bunny est pareil que moi !

-Hé ! Depuis quand tu m'inclues dans la discussion juste pour pas te sentir tout seul ? proteste-t-il, la bouche pleine.

-Mais depuis toujours, cher ami ! » j'affirme avec le ton d'un aristocrate blindé et condescendant en lui tapant sur l'épaule.

Sab me fait signe de la main et me montre le carnet qu'il se trimballe constamment. Comme ni Bunny ni moi ne comprenons un traître mot de la langue des signes et que Tatiana n'a que des rudiments, il s'exprime en écrivant. Enfin, en dessinant. Et étant donné qu'il n'est pas très bon, c'est un peu compliqué. J'essaye de déchiffrer sa phrase.

-Alors... un masque ? Pourquoi un masque ? Ça, c'est la salle pour ceux qui font de la danse, non ? (je le sais parce que Tatiana en fait et nous la suivons souvent) Y a pas de masques là-bas, si ? Et pourquoi t'as dessiné Nord ? »

Un peu trop de questions, j'ai vraiment rien compris. Tatiana s'y essaie aussi.

-Alors, si j'ai bien compris, Nord est dans cette salle, sinon tu ne l'aurais pas dessiné. Qu'est ce qu'il y fait ? »

Sab pointe les masques.

-Mais ça symbolise quoi, un masque ? je demande.

-Le théâtre ! s'exclame Tatiana. J'ai bon ? »

Sab hoche la tête et me pointe de son crayon.

-Quoi ? Tu penses que je devrais faire du théâtre, moi ? »

Il confirme en opinant.

-Il a raison, tu sais, dis Bunny. Tu devrais demander à Nord pour t'inscrire à son club de théâtre d'improvisation, parce que tu joues la comédie tout le temps.

-T'as pas dit que je jouais bien, je constate.

-Parce que je le pense pas. »

Je soupire et me met à réfléchir à la proposition. C'est vrai que j'en avais fait une fois en primaire, et ça m'avait beaucoup plu. Mais à quoi ça ressemble, le théâtre d'improvisation ?

-Tu devrais demander à Féline, elle en fait, me suggère Tatiana.

-Ouais, peut-être. »

Nous discutons encore beaucoup puis sortons de la cantine lorsque nous nous rendons compte que c'est bientôt la fin de la pause. C'est fou ce que la file nous fait perdre de temps ! Aujourd'hui, c'est notre premier cours de piscine, et j'ai plutôt hâte. J'aime bien l'eau. Pas autant que le patin à glace, c'est sûr ! Mais c'est quand même chouette. Sauf que tous les quatre, on avait tous sauf compris où il fallait aller. On poireautait tranquillement en parlant (enfin moi, je chantais une chanson qui me trotte dans la tête depuis que je l'ai entendu à la radio ce matin), quand un des gars de notre classe nous rejoint en courant pour nous dire qu'on doit prendre un car pour y aller. Mais bien sûr ! C'est pourtant évident ! On se met tous à courir pour être à l'heure. Dans le car, il ne reste plus que quatre places au fond, que nous prenons. Depuis qu'on est sortis de la cantine, je m'éclate à chanter la chanson. Ce qui n'a pas forcément l'air de plaire à Bunny, qui râle :

-Purée, mais arrête de chanter, Jack ! Tu fais des trucs chelous et on comprend rien !

-C'est parce que vous êtes tous nuls en anglais ! je rétorque. Qui est bon, par ici ? »

J'ai souvenir que Féline a les meilleures notes après moi. Je me retourne pour voir et découvre qu'elle est juste derrière moi. Oups ! J'espère que je n'ai pas TROP fait le con. Je souris quand même.

-Valérie, Féline, écouter bien, et dites-moi si vous reconnaissez: dirty babe, you see these schakles? Baby i'm your slave. I'll let you whip me if I miss behave. It's just that noone make me feel this way.»

Féline se met à rougir violemment. Ah, elle connaît. Coup de bol !

-Ça veut dire quoi ? demande Valérie.

-T'es sûre que tu veux savoir? »

Ça a l'air de vraiment la gêner, j'aurais peut-être pas dû. Elle traduit à contre cœur et son visage se décompose au fur et à mesure. Je retire ce que j'ai dit, c'est trop drôle ! Quand elle a fini, je lui fais un petit clin d'œil compatissant pour lui confirmer qu'elle ne s'est pas trompée. Bunny me fixe d'un air blasé :

-Maintenant je comprends pourquoi tu faisais tout ces trucs obscènes tout à l'heure.

-Quels trucs obscènes ? » interroge Valérie.

Ouhlà ! Pas trop envie de leur expliquer ça, moi. Je me contente d'un baiser à distance bien ridicule et me retourne.

-Des fois, je trouve que t'en fais un peu trop, me dit Bunny à côté.

-Nan, tu crois ? »

(*)

Lorsque nous arrivons à la piscine, les deux profs qui encadrent nos deux classes nous envoie nous changer tout de suite. Avec Bunny, on fait la course à celui qui va le plus vite, et il se trouve que je suis premier. Sab nous rejoint juste après, puis Tatiana arrive du vestiaire des filles, embarquant avec elle Féline et Valérie. Les profs nous donnent les instructions et nous nous mettons dans la file. Je jette un œil à Féline, au bord de l'eau. Depuis le début, elle ne m'a pas regardé une seule fois, alors que les autres, si. C'est frustrant ! On dirait qu'elle est concentrée sur autre chose, le bassin. Elle aurait peur de l'eau ? Elle la fixe comme si elle était anxieuse. Il faut que je la rassure, il n'y a aucune raison d'être effrayé !

-Alors, petit chat, on a peur de l'eau ? »

Merde, ma langue a fourché. Je suis vraiment un boulet des fois. Puis je la vois frissonner et rougir. Je rêve ou c'est ma voix qui l'a fait réagir comme ça ? Eh ben... marrant !

-J'ai tout sauf PEUR de l'eau, Jack. » corrige-t-elle en fronçant les sourcils.

Ah bon ? Autant pour moi alors.

-Je vais à la piscine au moins une fois par mois,je vois pas trop comment ça pourrait m'effrayer.

-Voilà un petit chat bien courageux, je plaisante en souriant.

-Et arrête de m'appeler petit chat ! »

Enfin elle se décide à réagir à ce surnom ! Je souris et me retourne pour parler avec Bunny. Il n'arrête pas de me fixer avec un air amusé très suspect. Je finis par froncer les sourcils et demander :

-Pourquoi t'as l'air de te marrer comme une baleine ?

-Elle t'intéresse pas mal, Féline, hein ?

-Hein ? Bah oui, mais pourquoi tu me demande ça ? je fais sans comprendre.

-À mon avis, tu es passé au niveau supérieur. »

Je jette un œil en arrière. Ah bon ? Je me retourne vers lui. Il a l'air de comprendre que je ne vois pas d'où vienne ses arguments.

-Observe-la un peu plus la prochaine fois, tu comprendras tout seul. » dit-il en rigolant.

Je déteste quand il a l'avantage comme ça ! Quand lui a compris un truc et moi non ! En plus ça me concerne ! Là, je suis tellement perdu que je décide d'exécuter son conseil. C'est bientôt mon tour au plongeoir, au fait ! Je l'observe en cachette. Je vois d'abord sa tresse de cheveux noirs, totalement l'inverse des miens. Ses yeux sont rieurs alors qu'elle fait une bataille de regard avec Valérie, et elle a un grand sourire. J'aime bien ses sourires, ils sont francs, sincères, spontanés... pas comme certains des miens. J'aime bien la forme ovale de son visage, son petit nez, ses fossettes, ses lèvres fines. J'ai toujours bien aimé son visage. Je descends jusqu'à son cou, ses épaules. Mon regard longe les courbes de son corps, cachées par le maillot de bain. Woaah... j'avais jamais remarqué qu'elle était aussi bien foutue ! En fait, je n'y avais tout simplement pas prêté attention. Je tais les émotions qui menacent de m'envahir. Calme-toi Jack, c'est ton tour !

Je monte sur le plongeoir et me prépare, toujours en la fixant. Juste à ce moment, elle se tourne vers moi. Bon sang ! Il ne faut surtout pas qu'elle devine à quoi je pense ! En même temps, j'ai envie qu'elle ne regarde que moi, là, maintenant. Comme une prière silencieuse que je lui adresse avec les yeux. Elle hoche doucement la tête, comme si elle avait deviné ce que j'avais dans la tête. Je l'avais dis que ses yeux vous observent au plus profond de vous-même ! Je plonge dès que la prof me donne le signal. Faut que je me calme ! Heureusement que l'eau est fraîche, je sature un peu. Bon, je suis quand même en plein exercice, il faut que je me bouge. Je fonce pour faire un bon temps.

Question de fierté. Surtout en sachant qu'elle m'observe (comment pourrait-il en être autrement, après un regard pareil?). De l'autre côté de la longueur, je me propulse avec les pieds pour avoir un peu plus d'élan. Je rejoins l'autre bout rapidement. Quand je sors de l'eau, j'ai le premier réflexe d'ébouriffer mes cheveux. Quand je passe devant Féline, je ne peux m'empêcher de lui demander :

-J'étais bien ?

-Très. » murmure-t-elle.

Elle a l'air dans le vague. Et c'est le cas de le dire ! Je ris tout seul à ma blague stupide en m'éloignant. Ouhlà ! Faut qu'on m'explique pourquoi je me sens aussi nerveux, au point de rigoler tout seul. La file avance et c'est enfin son tour. Elle a l'air de trépigner d'impatience et monte sur le plongeoir. Elle ne me jette pas un regard ! Honteux. Je lui ferais comprendre plus tard qu'on ignore pas ainsi le grand Jack Frost.

Elle plonge, et là, j'oublie ce que je viens de penser. Elle brasse l'eau avec force, perdue dans son monde. On dirait qu'elle apprivoise la fluidité de l'eau, qui glisse sur elle comme par magie. Je n'ai plus l'impression d'être à la piscine, mais plutôt devant une mer inexplorée, avec devant moi une créature exotique et séduisante. Wouaaah ! Ça me fait tout drôle, une étrange sensation dans le ventre. Elle sort de l'eau, et je suis happé par l'eau qui dégouline sur sa peau. Quand elle passe devant moi, je l'arrête :

-Une vraie sirène. » je chuchote.

Je suis con, vraiment. J'étais pas du tout obligé de lui dire ça ! Surtout qu'elle a l'air très surprise.

-Merci. » répond-elle quand même.

Je la laisse repartir en me donnant une claque mentale. La prochaine fois, faut que je pense à pas trop jouer à l'andouille. C'est tentant, mais elle va finir par croire que je ne fais que ça. Le travail s'enchaîne, et la fin de la séance finit par arriver. On a réussi à être réunis tous ensemble, et finalement je suis quand même en train de faire des blagues. Ça a l'air de la faire rire, au moins. Sauf que le prof nous remarque et nous désigne.

-Féline et Jack, vous êtes responsables du rangement aujourd'hui. Vous êtes chargés de décrocher les bornes et les ranger dans le bac.»

Flûte ! On s'entre regarde tandis que les profs et les élèves nous abandonnent lâchement.

-Bon, fait-elle. Je vais dans l'eau et je te les passe ? »

Je serais très tenté de la laisser faire parce que j'ai encore envie de la voir nager, mais...nan.

-Rêve pas, petit chat, moi aussi je veux profiter encore un peu de la piscine. On alterne. »

Elle soupire et va dans l'eau pour me ramener le tube. Je me grouille de l'enrouler et plonge à mon tour. Aaah, trop bien. Je lui tends le tube que je viens de récupérer, quand une idée me traverse l'esprit. Mais je l'ai mon idée de vengeance ! Je vais lui apprendre à ne pas me regarder !... Cette phrase sonne drôlement puérile.

Pendant qu'elle a le dos tourné, je sors de l'eau, m'approche et la serre dans mes bras. Électrique !

-Waaah ! C'est froid idiot ! Je suis presque à moitié sèche ! »

J'éclate de rire, sans relever le non-sens de sa phrase. Elle retourne dans l'eau en boudant. On finit notre boulot et nous nous séparons dans nos vestiaires respectifs. Je me grouille de me laver et me sécher. Pourvu qu'on ne zappe pas la récré ! Je prie de toutes mes forces. J'arrive avant elle dans le bus et rejoint Bunny au fond. Elle arrive peu après, et je lui souris d'un air goguenard. C'est vraiment génial de la faire marcher ! Je crois que Bunny a raison, elle m'intéresse un peu plus que ça. Mais jusqu'où ?

(*)

Lorsque nous arrivons, la récré n'est pas terminée. Alleluiah ! Je passe voir plein de potes des autres classes avec empressement. J'avais soudainement envie de voir du monde. Puis il faut malheureusement ce diriger vers la DNL. Heureusement que Féline m'a passé les devoirs juste avant le cours ! Le prof fait l'appel, mais comme je n'en ai strictement rien à cirer, je suis en conversation passionnante avec Bunny.

-Monsieur Frost, au lieu de bavarder avec monsieur Bunnymund, vous vous mettrez au 2e rang, là, tout seul. »

Oh, misère. Je sens soudain que l'heure va être très, très longue. J'obtempère de mauvaise grâce.

-Bien. Étant donné que nous sommes en avance sur le deuxième trimestre, nous allons arrêter les cours à proprement parlé jusqu'au troisième. »

Aussitôt, une lueur d'espoir anime mes yeux. Se pourrait-il qu'il ne nous fasse plus cours ? C'est trop beau pour être vrai, mais on peut toujours rêver, pas vrai ?

-J'ai pensé qu'il serait judicieux de vous faire travailler sur un petit exposé entièrement en allemand, comme nous ferons pour le troisième trimestre, mais sur le thème de ce que nous avons travaillé pendant l'année. Jeudi prochain étant férié, vous aurez tout votre temps. Mettez-vous par groupe de deux. »

...Vraiment trop beau pour être vrai. Je me tourne vers Tatiana est l'interroge des yeux. Elle soupire puis hoche la tête en souriant. Il est évident qu'elle m'aide beaucoup, mais je sais quand même quand il faut que je fasse mon travail. Bah oui, qu'est ce que vous croyez ?! Sinon, elle aurait arrêté depuis longtemps de m'aider.

-Non, monsieur Frost, décrète le prof en douchant mes espoirs. Vous n'irez pas avec mademoiselle Fairy. J'ai cru comprendre que vous vous reposiez beaucoup sur elle, ces derniers temps. »

Noooon ! C'est la fin du monde ! Déjà que le prof m'interdit de parler et m'envoie au 2e rang, mais en plus je peux pas faire l'exposé avec Tatiana !

-Tenez, mettez-vous donc avec lui, mademoiselle Joueur. »

Mademoiselle Joueur ? Ah, Féline ! J'oublie toujours son nom de famille. Tiens, au fait... son nom fait comme le mien, mais à l'envers. FJ, Féline Joueur. JF, Jack Frost. Marrant, non ? Elle prend ses affaires et vient s'asseoir à côté de moi. Je l'accueille en souriant. Le prof dit encore quelques trucs et on commence le cours. La plupart de la classe semble le trouver très long, Féline aussi. Valérie finit par lui filer sa montre tant elle lui demande l'heure ! Bah quoi, elle est pas contente d'être à côté de moi ? Étonnement, j'ai été plutôt calme. Je crois que c'est parce que j'ai passé l'heure à l'observer. Elle avait l'air plutôt fatiguée, et s'est même endormie ! J'ai pas osé la réveiller, elle avait l'air tellement paisible... Adorable ! J'ai du mal à me retenir de lui caresser les cheveux, c'est vraiment trop mignon ! Mais si je fais ça, je risque de la réveiller ou d'alerter le prof. À la sonnerie, elle ouvre doucement les yeux, l'air dans le pâté. Je crois que j'ai un drôle de sourire sur le visage. Elle croise mon regard et rougit. Il semblerait bien que je lui fasse un certain effet.