Désinhibition
Chapitre 4
Cheyenne se dirigea aussi vite qu'elle le pouvait avec ses béquilles vers ses quartiers, et une fois à l'intérieur, verrouilla sa porte. Elle avait encore le cœur battant à tout rompre et était incapable de dire si ça venait du fait qu'elle avait claudiqué à toute vitesse vers ses quartiers, ou si c'était parce que cette fois-ci, elle avait vraiment failli coucher avec le colonel, ou alors si c'était qu'à partir de maintenant, son cœur allait battre aussi rapidement. Beckett leur avait expliqué ce que faisait la plante, et même si elle n'avait pas tout retenu ni même tout écouté, elle savait l'essentiel : c'était pas bon pour leur coeur. Elle sortit sur son balcon, pour prendre l'air. Heureusement que la seule vue de la cité illuminée lui permettait de faire vagabonder son esprit ailleurs, car au moins, elle ne pensa plus au colonel. Elle resta longuement à admirer la vue qu'elle avait de la cité, cette immense étoile, posée sur l'océan. Le seul bruit qui venait déranger le silence était celui, tellement apaisant, des vagues qui se brisaient contre la base de la cité. Elle ferma les yeux, respirant à fond l'odeur salée de l'océan. Elle rouvrit les yeux au bout d'un long moment, et resta les yeux fixés sur la flèche centrale de la cité. Elle l'avait déjà regardée des centaines de fois depuis son arrivée sur Atlantis, mais jamais, elle n'avait réalisé à quel point cette flèche fièrement dressée vers le ciel pouvait représenter un phallus. Elle se mit une claque mentale, et s'obligea à regarder ailleurs.
"Nom de Dieu, O'Bannon !" murmura-t-elle. "On dirait une ado pré-pubère !"
Elle décida d'aller se coucher, et délaissa le balcon au profit de son matelas moelleux. Mais, elle passa la majeure partie de sa nuit à courir après le sommeil sans parvenir à le rattraper. Au bout de 3h passées à se tourner et se retourner dans son lit, en sueur, elle se leva. Elle s'était rappelée les cours de méditation que Teyla lui avait donnés, et avait décidé qu'un peu de méditation ne pouvait pas lui faire de mal. Elle s'assit en tailleur par terre, s'efforça de contrôler sa respiration, comme le lui avait enseigné Teyla.
"Ok", murmura-t-elle. "Faire le vide dans mon esprit. Se concentrer uniquement sur l'air qui entre et sort de mon corps."
Elle inspira puis expira longuement, s'efforçant de ne penser à rien. Elle concentra son esprit sur sa respiration, se coupant totalement des bruits extérieurs, et remisant les événements de la journée dans un coin de son cerveau. Elle se sentait bien, apaisée. Inspiration. Expiration. Elle avait l'impression d'être enveloppée dans du coton. Son corps était léger. Un sourire étira ses lèvres. Inspiration. Expiration. Ne plus penser à rien. Il était 5h du matin, quand, enfin détendue, elle se remit au lit. Son réveil sonna deux heures plus tard.
Quand Cheyenne était partie, Sheppard avait décidé de s'octroyer une heure de footing dans la cité. Il rencontra Ronon, qui proposa de se joindre à lui. Le Runner aimait bien courir avec lui, surtout quand il le distançait sans difficulté, ce qui arrivait à chaque fois qu'ils couraient ensemble. Mais là, le Satedan semblait avoir décidé de lui épargner cette humiliation. Il resta à côté de lui, et ne fit pas mine d'accélérer. Sheppard le regarda, l'air suspicieux. Ronon finit par s'en apercevoir, et lui demanda :
"Quoi ?"
"Depuis quand vous me laissez regarder autre chose que votre dos quand on court ?"
"Quoi, ça m'est déjà arrivé de rester à côté de vous."
"Ouais, les deux premières minutes. Oh, je vois, vous avez un truc à me demander !"
Démasqué, Ronon lâcha :
"Est-ce que Teyla et moi, on pourrait reprendre les explorations interplanétaires ? C'est pas parce que vous et Cheyenne allez mourir qu'il faut qu'on soit coincés sur la base."
"Merci Ronon. Je parlerai à Elizabeth demain matin. Autre chose ?"
"Non", répondit le Satedan en le distançant.
Sheppard s'arrêta, et le regarda partir, en disant :
"Je déteste quand il fait ça !"
Dégoûté, il fit demi tour, et retourna dans ses quartiers. Après une bonne douche, il se jeta sur son lit. Il se réveilla, le lendemain, dans la même position : sur le ventre, les bras le long du corps. Il ne se rappelait même pas avoir trouvé le sommeil. Il redressa la tête, puis se rendit compte qu'une feuille de papier était collée sur sa joue. Il l'enleva d'un geste de la main. Qu'est-ce qu'une feuille de papier pouvait bien faire sur son lit ? Il se dirigea vers la salle de bain, et jeta un œil à son visage dans le miroir. Ce qu'il vit l'étonna beaucoup. Il se serait attendu à être bien plus marqué par le manque de sommeil, mais son visage ne laissait voir aucune trace de fatigue. Ses cheveux étaient, comme à leur habitude, en bataille, et tenter de les discipliner avant d'avoir pris une douche était peine perdue. Il prit une douche rapide, et se souvenant qu'il avait dit à Ronon qu'il irait voir Elizabeth pour qu'elle autorise le reste de son équipe à retourner en mission, se dirigea vers le bureau de sa supérieure. Qui sait, il pourrait peut-être plaider sa cause et celle de Cheyenne, pour qu'ils puissent reprendre leurs activités. Il se souvenait qu'Elizabeth avait demandé à Cheyenne de superviser l'entraînement au combat des jeunes recrues fraîchement débarquées sur Atlantis. Une tâche qui avait été accueillie par des grognements de la part de la jeune femme, et une réponse qui ressemblait à : « Ils n'ont qu'à se taper dessus, et le dernier qui reste debout a gagné. Ils finiront au moins par apprendre à parer des coups. » Etrangement, cette remarque n'avait fait rire que John.
Il marchait, perdu dans ses pensées, quand il heurta Cheyenne, qui marchait en sens inverse. Cette rencontre impromptue eut pour effet de lui faire oublier presque jusqu'à son nom, et de réveiller sa libido. Bon sang, qu'est-ce qu'elle pouvait être sexy en tenue de sport !
Cheyenne le regarda, et ne put plus détacher son regard de lui. Elle était pourtant allée voir le docteur Beckett, qui lui avait injecté une dose de sédatif. « Une dose de cheval », lui avait-il dit, en lui assurant que ça devrait suffire pour la journée. Mais, visiblement, ce n'était pas le cas. Elle sortait du bureau de Weir, et devant l'air inflexible de sa supérieure, elle avait brusquement ressentit une bouffée de colère l'envahir. Elle avait vu Weir pâlir, lorsqu'elle l'avait vu serrer les poings, la mâchoire crispée, et l'œil noir. La scientifique s'était alors reculée dans le fond de son bureau, prête à appeler à l'aide au moindre signe d'agression de la part de la jeune major. Sentant qu'elle n'allait pas pouvoir se contenir longtemps, Cheyenne était sortie précipitamment du bureau de sa supérieure. Elle avait descendu les marches tout aussi rapidement, pour heurter de plein fouet le colonel Sheppard, et maintenant, en plus d'avoir envie de frapper quelqu'un, elle ne pouvait détacher ses yeux de son supérieur direct, et les images qui défilaient dans sa tête n'avaient rien de professionnel, ni même de bienséant. Elle sentit tout à coup une chaleur l'envahir, et sa respiration se fit plus saccadée. S'efforçant de garder le contrôle d'elle-même, elle bredouilla :
"Excusez-moi, colonel, on m'attend pour un cours."
Elle riva ses yeux au sol, et s'éloigna du colonel.
"Major !" l'appela John. (elle se retourna) "La salle d'entraînement est de l'autre côté."
"C'est vrai."
Elle fit demi tour, et courut presque jusqu'à la salle d'entraînement. Quand elle y arriva, ses « élèves » l'attendaient. Elle grogna quelque chose qui ressemblait à un bonjour, et se fit l'impression d'être Ronon. Elle n'arrivait pas à calmer cette colère qui brûlait en elle, sans qu'elle sache contre qui elle était vraiment dirigée. Elle respira un grand coup, essayant de se calmer, sans succès. Elle regarda les jeunes Marines, tour à tour. C'étaient encore des gamins. C'était officiel : Weir la prenait vraiment pour une nounou. Elle avait essayé de plaider sa cause, mais le discours « Vous m'avez assigné cette mission parce que je suis une femme. Vous croyez peut-être que ma condition de femme fait de moi quelqu'un qu'on doit reléguer à des tâches telles que le baby-sitting ! » aurait peut-être eu plus d'impact si son interlocuteur avait été un homme. Elle décocha un coup de poing à un jeune sergent, qui s'écroula sur le tapis dans un cri de douleur.
"Vous croyez peut-être qu'un Wraith va vous prévenir qu'il va vous frapper, sergent ? Debout !"
Le jeune homme se releva. Elle l'avait non seulement blessé physiquement, mais aussi dans son ego. C'était exactement ce qu'elle cherchait. Le jeune sergent avait visiblement l'air énervé de s'être ainsi fait humilier devant ses pairs.
"Frappez-moi", lui dit Cheyenne.
Le jeune homme ne se fit pas prier, et voulut lui rendre son coup de poing, mais la jeune femme esquiva, et utilisa la force du sergent contre lui pour l'envoyer au tapis.
"C'est mou !" lui cria-t-elle. "C'est tout ce que vous avez dans le ventre ? Si vous vous battez comme ça contre les Wraiths, vous finirez en petit déjeuner, sergent !"
Le sergent se releva, et reprit le combat contre sa supérieure. Coup de poing. Esquive. Coup de pied. Esquive. Feinte et balayette. Cheyenne tomba sur le dos. Le jeune Marine jubila. Cette inattention lui valut une balayette. Il tomba sur le dos. Cheyenne se redressa, et posa sa main droite sur la poitrine du jeune homme.
"Vous êtes mort, sergent !" lui dit-elle. "Suivant !" cria-t-elle aux autres.
Mais, personne n'osait s'approcher. Le jeune sergent était dans un état lamentable. Cheyenne s'empara de deux bâtons, et dit :
"Quand vous voulez. Une seule hésitation comme celle-ci lors d'un combat, et ça vous coûte la vie. N'oubliez jamais que vous n'êtes pas seuls. Ce qui veut dire que si vous hésitez, vous mettez la vie de vos équipiers en danger. J'attends."
Les jeunes recrues commencèrent alors à prendre chacun deux bâtons, et virent se placer en ligne sur le tapis.
"Très bien. Je suis un Wraith. Vous avez ordre de me capturer vivant."
Les Marines commencèrent à l'encercler. Puis, ils engagèrent le combat. Mais, Cheyenne était une très bonne combattante, et ne se laissa pas faire comme ça. Ses adversaires l'apprirent à leurs dépends. Les plus agiles et les plus résistants tinrent pendant une heure de combat acharné. Alors que le dernier de ses élèves tombait sur le tapis, Cheyenne entendit une voix qu'elle aurait préférée ne pas entendre avant longtemps.
"Major, je crois que cela suffit. On vous a demandé de les entraîner, pas de les tuer vous-même."
Cheyenne pivota lentement sur ses talons, mit ses bâtons en appui sur son épaule, et dit :
"Mr Woolsey ! Je croyais que McKay vous emmenait faire un tour sur le continent !"
"Le Dr McKay a été retenu dans son labo, pour une durée encore indéterminée."
"Ouais, ça, c'est du McKay tout craché. Je suppose que vous cherchez un nouveau pilote. Le colonel et moi-même serions ravis de…"
"Inutile", la coupa-t-il. "Le Dr Weir a demandé au major Lorne de m'accompagner."
"Evidemment."
Woolsey regarda l'état dans lequel se trouvaient les Marines que le Dr Weir avait confié à Cheyenne.
"Le cours est terminé", leur dit-il. "Allez voir le Dr Beckett."
Les jeunes recrues ne se le firent pas dire deux fois, et partirent sans demander leur reste. Cheyenne était restée debout, au milieu du tatami, les yeux rivés sur Woolsey, ses mains crispées sur ses bâtons. Le diplomate lui dit :
"Vous devriez vraiment aller à l'infirmerie, et laisser le Dr Beckett vous faire une injection de sédatif, major."
"Pour votre gouverne, sachez que je suis allée ce matin demander au Dr Beckett une injection", lui répondit-elle entre ses dents, tout en marchant sur lui d'un air menaçant.
Ça faisait deux fois qu'il faisait une erreur aussi stupide. Parler au colonel ou au major, alors que ceux-ci étaient seuls. Pourquoi avait-il dit aux Marines d'aller à l'infirmerie ? La voix de Lorne dans son oreillette vint le tirer de cette situation difficile :
"Mr Woolsey, je vous attends dans Jumper 1."
Woolsey battit en retraite.
"C'est non, colonel !" explosa Weir.
Cela faisait plus d'une heure que le colonel Sheppard essayait de la convaincre de les laisser reprendre leurs activités normales d'explorateurs de la galaxie de Pégase. Elle sentait venir le mal de crâne. Sheppard était déjà du genre tenace, mais quand on lui disait non, il finissait toujours par abdiquer, mais là, il semblait vraiment être décidé à ne pas prendre un non pour une réponse. Elizabeth sentait sa patience légendaire s'effriter petit à petit. Elle avait tout essayé. Elle avait tenté de le raisonner, en lui parlant comme à un adulte qu'il était censé être, puis, elle avait fini par exploser, en lui crachant un « non ! » au visage, sans explications, comme une mère poussée à bout par l'un de ses enfants. Elle regretta tout de suite d'avoir ainsi explosé, car la réaction de Sheppard ne se fit pas attendre. Il jeta le siège sur lequel il s'appuyait à travers la pièce, en hurlant :
"J'en ai marre ! ! Laissez-moi faire mon boulot, sinon…"
Le rayon paralysant de l'arme de Ronon l'interrompit, et il s'écroula, face contre terre. Elizabeth regarda Ronon, encore sous le choc, et lui dit :
"Emmenez-le à l'infirmerie et demander au Dr Beckett de lui injecter la dose la plus massive de sédatif qu'il soit possible de lui injecter, sans risquer de le tuer."
Ronon hocha la tête, et souleva le colonel, le portant en travers de ses épaules, comme un fétu de paille. Quand il arriva à l'infirmerie, il déposa Sheppard sur un lit, sous le regard ahuri de Beckett.
"Qu'est-ce qui s'est passé ?" demanda le médecin.
"Il est allé voir le Dr Weir pour qu'elle le laisse reprendre les explorations, et il a pas aimé qu'on lui dise non", lui répondit le Satedan. "Weir veut que vous lui donniez la plus forte dose possible."
Beckett lui injecta la même dose qu'il avait injectée à Cheyenne un peu plus tôt. La jeune major entra à ce moment-là dans l'infirmerie. Elle avait l'air agitée, ce qui n'aurait pas dû être le cas, avec la dose que Beckett lui avait administrée. Ses yeux tombèrent sur le colonel, inconscient.
"Qu'est-ce qui s'est passé ? !" demanda-t-elle, en regardant Ronon, ce qui vexa légèrement le médecin, car cela voulait dire qu'elle ne le croyait pas capable de mettre le colonel KO. "Qu'est-ce que vous lui avez fait ? !"
"Je l'ai juste calmé", répondit Ronon, en portant discrètement la main à son arme.
Cheyenne le regarda, le fusillant du regard. Puis, comme elle avait très bien vu le geste de Ronon, elle se tourna vers Beckett.
"Sans vouloir vous vexer, Doc, votre traitement n'est pas très efficace. Je vais avoir besoin d'une autre dose."
"C'est impossible, major", lui répondit Carson.
"Quoi ? Comment ça, « impossible » ? J'en ai besoin !"
"Je vous ai donné la dose la plus forte que je pouvais vous donner. Si j'augmente le dosage, je risque de vous tuer, ou de causer des dommages permanents."
"Me tuer ?" dit Cheyenne, d'une voix trop calme pour quelqu'un dans son état. "A votre avis, qu'est-ce que la plante est en train de faire ? !" explosa-t-elle. (elle se dirigea vers les armoires, qu'elle commença à fouiller) "Si vous ne voulez pas m'injecter une autre dose, je vais le faire moi-même."
Le rayon de l'arme de Ronon l'atteignit dans le dos. Elle s'écroula. Ronon la mit en travers de ses épaules, et dit à Beckett, avant de sortir de l'infirmerie :
"Trouvez cet antidote, et vite. J'ai l'impression qu'ils n'en ont plus pour longtemps, Doc. Je l'emmène dans ses quartiers", ajouta-t-il en désignant Cheyenne. "J'ai dans l'idée qu'il ne faut pas qu'ils soient ensemble tous les deux, quand ils se réveilleront."
Sheppard ouvrit les yeux. Il se sentait un peu groggy. Il jeta un œil autour de lui. Comment était-il arrivé à l'infirmerie ? Beckett s'approcha de son lit, et lui dit :
"Comment vous sentez-vous, colonel ?"
"Mieux que tout à l'heure. J'étais vraiment énervé. Là, je me sens… pas entièrement calmé, mais… moins énervé."
"Je vous ai injecté une dose de sédatif."
"Ravi que ce truc fasse encore effet."
"Pas pour longtemps, colonel, je le crains. Il ne fait plus effet sur le major O'Bannon. Je lui ai injecté une dose ce matin, et elle est revenue m'en réclamer une tout à l'heure. Quand je lui ai dit que je ne pouvais pas lui en donner, parce que la dose que je lui avais injectée était la plus forte possible, et que si j'augmentais le dosage, ça risquait de la tuer, ça l'a mis hors d'elle. Ronon a été obligé de lui tirer dessus. Il l'a emmenée dans ses quartiers."
Le visage de Sheppard s'assombrit. Même si le docteur ne le lui avait pas explicitement dit, il savait lire entre les lignes. Cheyenne n'en avait plus pour longtemps, et vu que le sédatif ne lui faisait presque plus d'effet, il n'allait pas tarder à suivre.
"Où en est l'antidote ?"
Beckett baissa les yeux. John n'avait pas besoin qu'il parle. Le médecin n'avait jamais su mentir. Il n'était pas sûr d'en trouver un à temps.
"Combien de temps il nous reste ?"
"Je ne sais pas, colonel, mais étant donné que le sédatif a ralenti la progression de l'infection, vous avez encore quelques jours. Les habitants de M4-221 sont morts en une semaine, sans sédatif. Vous avez encore un peu de temps devant vous."
"Mais, vous ne pouvez pas me dire combien, exactement ?"
"La médecine n'est pas une science exacte, colonel. En attendant, vous pouvez sortir, mais croyez-moi, colonel, il vaut mieux que vous restiez dans vos quartiers."
"Ouais, vous avez raison. Pour la sécurité de tout le monde, et le bon déroulement des activités de la base, c'est plus prudent."
Cheyenne ouvrit les yeux. Elle était allongée sur son lit. Qu'est-ce qu'elle faisait là ? Elle tourna la tête. Ronon était assis dans le fauteuil qui faisait face à la salle de bain, celui-là même où Sheppard s'était assis, alors qu'elle prenait sa douche. Le Satedan lui sourit, et lui dit :
"Un coup de rayon paralysant est 100 fois plus efficace qu'une dose de sédatif pour vous calmer."
"Très drôle, Ronon, vraiment très drôle."
Le Satedan se leva, et dit :
"C'est pas que je m'ennuie avec vous, mais, je préfèrerais ne pas servir de garde malade."
"Je ne suis pas malade", répliqua Cheyenne, qui sentait la colère monter à nouveau en elle. "Tirez-vous, avant que je m'énerve !"
Ronon la regarda, puis sortit, en lui disant :
"Vous devriez vraiment rester ici."
Le regard noir de Cheyenne fut la dernière chose qu'il vit avant que la porte ne se referme.
La nuit était tombée sur Atlantis. Cheyenne sortit de sa salle de bain, prête pour dormir. Elle était vêtue d'une nuisette et d'un long peignoir satinés. Son regard se posa sur son lit. Finalement, elle n'avait pas envie de dormir. Elle passa sa main devant l'interface de contrôle, et ouvrit les portes vitrées qui menaient à son balcon. Elle sortit et ferma les yeux un instant, alors qu'une légère brise faisait virevolter ses cheveux et son peignoir. Elle rouvrit les yeux, puis alla s'appuyer à la rambarde, admirant la cité toute illuminée ; une flèche scintillante pointée vers le ciel faisait face à ses quartiers. Elle perçut un mouvement sur sa droite, tourna la tête vers ce mouvement, et vit Sheppard descendre de la rambarde. A sa question muette, il répondit :
"Je suis passé de balcon en balcon jusqu'ici."
Ils se regardèrent un instant, chacun à un bout du balcon. Ils étaient parfaitement immobiles, comme des statues. Puis, Cheyenne finit par s'approcher de lui, l'attrapa par le col de son tee-shirt, et le plaqua contre le mur, qui séparait son balcon de celui des quartiers voisins, heureusement inoccupés. Sheppard n'eut pas l'air surpris, et se laissa faire. Elle se plaqua contre lui, et l'embrassa, tout en glissant ses mains sous son tee-shirt. Il répondit à son baiser ; leur bouche était comme scellée l'une contre l'autre. Il l'attrapa par la taille, et tournant sur lui-même, la plaqua contre le mur. Ses mains glissèrent sur ses cuisses et remontèrent sous sa nuisette, jusqu'à ce qu'elles trouvent l'élastique de son slip. Ses doigts le firent glisser le long de ses jambes. Leur bouche était toujours collée l'une contre l'autre, leur langue entremêlée. Les mains de Cheyenne quittèrent le torse de Sheppard pour buter contre l'élastique de son boxer, dont elles le débarrassèrent. Elle remonta une jambe le long de celle de Sheppard, et lui enserra la taille avec. Le colonel comprit à ses mouvements provocateurs contre son bassin, et à ses ongles enfoncés dans ses épaules, que les préliminaires étaient superflus. Il la souleva donc, et tandis que sa deuxième jambe rejoignait la première autour de sa taille, il la pénétra, sa bouche toujours contre la sienne ; barrière naturelle à leurs gémissements de plaisir. La jeune major était tellement légère dans ses bras, et l'odeur de sa peau était tellement envoûtante. Il accéléra ses mouvements de hanches, amplifiant du même coup leurs gémissements, qui devinrent rapidement des cris étouffés. C'était encore mieux que dans leurs rêves. Ils jouirent ensemble, restant tremblant de plaisir pendant un moment, leur souffle mêlé l'un à l'autre, leurs yeux ne quittant pas ceux de l'autre, malgré la pénombre qui les entourait. Sheppard finit par reposer Cheyenne par terre, et la jeune femme posa ses mains sur son torse, le repoussant légèrement, et se dirigea vers ses quartiers. Il la regarda faire, pas certain de la conduite à adopter. Puis, lorsqu'il la vit, avant de rentrer, laisser glisser son peignoir le long de ses épaules, jusqu'au sol, il sut qu'elle ne voulait pas que la nuit s'arrête là. Il ôta son tee-shirt, et la rejoignit. Quand il entra dans la pièce, il vit qu'elle avait enlevé sa nuisette ; et lui faisait face. Elle avait vraiment un corps magnifique, juste une petite cicatrice sur son flanc, dûe à une balle qu'elle avait reçu lors d'un combat contre les Geniis ; une partie de son histoire, imprimée sur sa peau. L'autre était le symbole chinois du courage, tatoué juste en dessous de son nombril, à un endroit où on ne pouvait le voir que quand elle était très dénudée. Il s'approcha d'elle, l'enlaça et l'embrassa. Leurs mains parcouraient leur corps. Cette fois-ci, ils étaient bien déterminés à ne pas sauter l'étape des préliminaires, et prirent le temps de se découvrir, de trouver leurs zones érogènes. Cette nuit-là, ils ne dormirent pas.
Le lendemain matin, alors que le soleil était déjà haut dans le ciel, les deux militaires étaient toujours enlacés. Ils ne ressentaient aucune fatigue, alors qu'ils avaient passé la nuit à faire l'amour, sans dormir. Les quartiers de Cheyenne étaient sans dessus dessous, comme si une bataille venait d'y avoir lieu. Cheyenne et Sheppard se tenaient au milieu de ce capharnaüm. Le colonel était assis sur le sol, Cheyenne sur lui, les jambes nouées autour de sa taille. Les lèvres de John dévoraient le cou de sa compagne. La jeune femme se pencha légèrement en arrière, pour permettre un meilleur accès à Sheppard, lui laissant le champ libre pour aller explorer son buste. Puis, d'une légère pression de la main sur sa taille, il lui fit comprendre qu'il voulait la prendre maintenant. Elle fit alors légèrement bouger son bassin, et il entra en elle. Tandis qu'elle donnait de petits mouvements de hanches pour prolonger le plaisir, elle prit possession des lèvres du colonel, en un long baiser passionné. Elle accéléra ses mouvements, et leurs gémissements devinrent bien vite des cris. Entendre la jeune femme murmurer inlassablement son prénom à son oreille était pour John le meilleur des aphrodisiaques. Elle accéléra encore ses mouvements, et la jouissance vint les prendre, dans un ultime cri de plaisir.
Ce fut ce moment-là que les haut-parleurs de la base choisirent pour cracher :
"Colonel Sheppard, major O'Bannon, présentez-vous immédiatement à l'infirmerie."
Les deux militaires s'entreregardèrent. Ils étaient en sueur, et avaient les cheveux en bataille et trempés par la transpiration. Ils ne pouvaient décemment pas se présenter ainsi à l'infirmerie. S'ils le faisaient, tout le monde saurait instantanément ce qui s'était passé entre eux, et ils savaient que le règlement de l'armée l'interdisait. L'adrénaline que leur faisait sécréter la plante rendait cette situation beaucoup plus excitante. En un sens, garder le secret, c'était se mettre en danger, et ils avaient besoin de se mettre en danger. Ils se relevèrent sans un mot, et se dirigèrent vers le balcon. Cheyenne récupéra son peignoir et s'enveloppa dedans, tandis que Sheppard enfilait son boxer et son tee-shirt. Après un dernier baiser à Cheyenne, John repartit vers ses quartiers, en empruntant le même chemin que celui par lequel il était arrivé la veille. En le regardant partir, Cheyenne eut l'impression de jouer un remake de la scène du balcon dans Roméo et Juliette. Elle rentra prendre une douche rapide, s'habilla tout aussi rapidement, et noua ses cheveux humides en une tresse qui balayait son dos. Elle sortit de ses quartiers, tout en enfilant ses chaussures, qu'elle ne prit pas la peine de lacer. Les soldats qu'elle croisait la saluèrent avec le respect dû à son grade, mais ne purent s'empêcher de la déshabiller du regard, surtout les plus jeunes. Plus la plante infectait le système de la jeune major, et plus sa tenue et sa démarche se faisaient provocantes. Outre son pantalon d'uniforme, elle portait un tee-shirt dont elle avait noué le bas pour laisser apparaître son nombril et son ventre plat, aux abdominaux bien dessinés. Le balancement de ses hanches était un spectacle quasi-hypnotique pour les hommes qu'elle croisait. Un bruit sourd derrière elle lui apprit que le jeune sergent, qu'elle venait de croiser, venait juste de faire une rencontre – très certainement douloureuse pour son nez – avec un des piliers qui se trouvaient dans le couloir.
Elle entra dans l'infirmerie. Le colonel s'y trouvait déjà. Elle s'assit sur un lit, tout en dévorant son supérieur du regard. Beckett les regarda. Aucun d'eux ne faisait preuve d'agressivité. Pourtant, la veille, ils étaient deux boules de nerfs, prêts à frapper tout le monde sans la moindre raison. Là, ils avaient l'air calmes, tout à fait normaux, si l'on exceptait les regards brûlants à faire fondre un iceberg, qu'ils se lançaient.
"Alors, comment vont mes pires mais néanmoins très fidèles patients ?" plaisanta Carson.
"Très bien", répondit Sheppard. "Allez, injectez-nous le sédatif, qu'on en finisse."
Beckett leur injecta donc la même dose que la veille, et leur dit :
"Vous êtes conscients que ça risque de ne plus faire effet du tout ?"
"On sait, Doc", lui répondit Cheyenne. "Mais, c'est tout ce qu'on a pour l'instant."
Le reste de la journée consista en des entraînements très violents entre les deux militaires, des séances de jogging dans la cité, entrecoupés de baisers enflammés au détour d'un couloir désert, ou de séances de sexe dans des parties de la cité où personne n'allait, ou dans un Jumper occulté, alors que des scientifiques travaillaient sur d'autres Jumpers. Les rares fois où ils n'étaient pas ensemble, et qu'ils déambulaient dans les couloirs de la cité, les autres membres de l'expédition faisaient demi tour quand ils les voyaient, et les évitaient autant qu'ils le pouvaient.
Sheppard marchait dans un couloir désert, quand deux mains agrippèrent le devant de son tee-shirt, alors qu'il passait devant une porte, et le tirèrent sans ménagement à l'intérieur de la pièce. Il se retrouva violemment plaqué au mur, et avant qu'il ne comprenne ce qui lui arrivait, une bouche douce et chaude se colla à la sienne, et une langue s'insinua entre ses lèvres. Il sourit. Cette bouche, il la reconnaîtrait entre mille. C'était celle de Cheyenne. Il posa ses mains sur ses hanches, et fut surpris de ne pas toucher un tissu, mais directement la peau de la jeune femme. Il fit glisser ses mains plus bas, pensant finir par buter sur la ceinture de son pantalon, mais ne rencontra aucun tissu. Elle s'écarta de lui, et le regarda, une lueur provocatrice au fonds des yeux. Elle avait déjà retiré tous ses vêtements, qui gisaient par terre. John jeta un coup d'œil à la pièce dans laquelle ils se trouvaient : le laboratoire de McKay. En temps normal, il se serait affolé. On avait beau être au milieu de la nuit, le scientifique pouvait arriver à n'importe quel instant, et les surprendre dans cette posture. Mais, là, il s'en fichait complètement. La seule chose à laquelle il pensait, c'était qu'il était bien trop habillé. Il retirait son tee-shirt, quand il entendit des voix qui se rapprochaient. Deux. Et pas n'importe lesquelles. Celles de Zelenka et McKay, qui étaient en train de se disputer, afin de trouver le coupable d'une expérience ratée. Sheppard prit Cheyenne par la main, rassembla ses vêtements, et l'entraîna à sa suite dans une pièce au fonds du laboratoire, qui servait de placard. Il refermait la porte sur eux, au moment où les deux scientifiques entraient. Non pas qu'il craignait d'être surpris, mais il ne voulait pas être interrompu. Il finit de retirer son tee-shirt, pendant que Cheyenne dégrafait sa ceinture, et le débarrassait de son pantalon. Elle l'embrassa, puis fit glisser ses lèvres dans son cou, sur son torse, s'attardant à mordiller ses tétons – zone que Sheppard n'aurait jamais cru aussi érogène – son ventre, puis plus bas. Une main sur les fesses du colonel, elle referma ses lèvres sur le sexe fièrement dressé de Sheppard, qui laissa échapper un discret soupir de plaisir. De l'autre côté de la porte, ils entendirent Zelenka s'exclamer :
"Rodney ! Je ne savais pas que vous n'étiez plus célibataire !"
"Quoi ?" demanda le scientifique.
Radek lui montra le soutien gorge qu'il venait de ramasser par terre.
"Vous pourriez juste éviter de l'emmener dans le labo…" lui dit-il.
Dans leur placard, Cheyenne et Sheppard ne virent pas l'expression effarée de McKay, mais ils l'imaginèrent. Ils retinrent un éclat de rire, à l'idée que les scientifiques les plus coincés d'Atlantis avaient trouvé le soutien gorge de Cheyenne, à un endroit où ils n'auraient pas dû le trouver. Ils n'y accordèrent pas plus d'importance, et reprirent où ils s'étaient arrêtés. Une main enfouie dans les cheveux de sa jeune major, Sheppard l'accompagna dans ses mouvements. La jeune femme s'occupa du colonel, jusqu'à ce qu'elle sente qu'il était sur le point de jouir. Elle se releva, et l'embrassa, étouffant son soupir de frustration.
"Ce serait dommage de s'arrêter maintenant", lui souffla-t-elle à l'oreille. "On est coincés ici jusqu'à ce qu'ils décident d'aller se coucher, autant rendre l'attente agréable…"
Sheppard sourit. Cheyenne s'écarta de lui, et s'adossa à la paroi derrière elle. Elle lui jeta un regard brûlant, et lui dit :
"Qu'est-ce que tu attends ?"
Il s'approcha d'elle, et alors qu'elle allait prendre possession de ses lèvres, il rejeta la tête en arrière. Elle fit une nouvelle tentative, mais il posa un doigt sur ses lèvres, en murmurant :
"Non, non, non. Laisse-moi faire."
"A tes ordres, mon colonel."
Il fit lentement glisser ses mains sur la peau de la jeune femme, se délectant de la sentir frémir sous ses doigts, et d'entendre son souffle devenir de plus en plus court. Il ralentit ses caresses, alors qu'il atteignait son bas ventre, jusqu'à s'arrêter un instant.
"John", gémit-elle. "T'arrêtes pas."
Il lui écarta légèrement les cuisses, et sa bouche partit à l'exploration de ce triangle d'or. Il sentit les doigts de la jeune femme se crisper sur ses épaules, tandis qu'elle remuait son bassin, en rythme avec ses caresses buccales. Cheyenne lâcha son épaule, pour appuyer son poing contre sa bouche, afin d'empêcher les cris de plaisir qu'elle tentait de retenir, de franchir la barrière de ses lèvres. La bouche experte de Sheppard l'amena au bord de l'orgasme, s'arrêta un instant, puis finalement, reprit ses caresses, jusqu'à la faire jouir. Il fit remonter sa langue vers les seins de la jeune femme, puis s'empara de ses lèvres. Tout en l'embrassant, il la souleva, et la pénétra, ne lui ayant pas laissé le temps de reprendre ses esprits. En voyant le sourire satisfait de la jeune femme à la pénétration, il lui murmura à l'oreille :
"Tu croyais quand même pas que j'allais m'arrêter là…"
"Je n'en attendais pas moins de ta part."
Ils étaient tellement occupés, qu'ils n'avaient pas entendu que les deux scientifiques avaient fini par quitter le labo. Sheppard accentua son mouvement de va et vient, le visage enfoui dans le cou de Cheyenne. Il savourait son odeur. Sans la reposer, il l'éloigna de la paroi, pour l'allonger par terre. Puis, il recommença ses va et vient. La jeune femme enfouit ses doigts dans les cheveux ébouriffés du colonel. Celui-ci s'empara de ses lèvres, étouffant le cri de jouissance qu'ils s'apprêtaient tous les deux à laisser échapper. A bout de souffle, le cœur battant à tout rompre, Sheppard se laissa aller sur la poitrine de Cheyenne. La jeune femme lui demanda :
"Tu crois qu'ils sont encore là ?"
Sheppard tourna la tête vers la porte, et prêta l'oreille, pour essayer d'entendre un bruit indiquant que Radek et McKay étaient encore là. Il n'entendit rien.
"Habille-toi, et on va vite le savoir."
Les deux jeunes gens s'habillèrent. Avant que Sheppard n'ouvre la porte, Cheyenne l'embrassa à pleine bouche. Ce baiser laissait entendre que la nuit ne faisait que commencer.
"T'es jamais rassasiée, toi…"
"De toi ? Jamais. Ne me dis pas que ça te gêne."
"Ooooooooh, non."
Il ouvrit la porte, et passa prudemment la tête par l'ouverture. Le labo était désert. Il repéra le soutien gorge de Cheyenne que Radek avait laissé à côté d'un ordinateur. Lorsqu'il vit que le soutien gorge en question était plutôt sexy, il se tourna vers Cheyenne, et lui dit, avec un sourire :
"J'aurais bien aimé voir leurs têtes, quand Radek a trouvé ton soutien gorge, et a cru qu'il appartenait à la copine de McKay."
La jeune femme reprit son soutien gorge, et dit :
"S'ils savaient pourquoi il se trouvait ici…" (elle se plaqua contre le colonel) "J'ai envie d'une douche… Tu m'accompagnes ?"
Sheppard s'empara de cette bouche impertinente et experte, en un long baiser affamé. Puis, il lui dit, sentant le désir monter à nouveau en lui :
"Qu'est-ce qu'on attend ?"
Ils sortirent tous les deux rapidement du labo, et se dirigèrent vers les quartiers de Cheyenne, en prenant bien soin d'éviter d'être vus.
Le lendemain, ils furent à nouveau appelés à l'infirmerie, pour leur injection quotidienne de sédatif. Ce rituel commençait à leur peser. Ils y allèrent de mauvaise grâce, et quand le Dr Beckett arriva avec les seringues contenant le liquide qu'il allait leur injecter, Cheyenne lui dit :
"Au lieu de perdre votre temps à nous injecter un sédatif qui ne nous fait plus aucun effet, vous feriez mieux de chercher l'antidote."
Beckett savait très bien que le major avait raison de dire que le sédatif ne leur faisait plus aucun effet. Leurs dernières analyses le montraient. Cependant, il préférait garder l'espoir que le sédatif les aidait quand même encore un peu.
"Vous êtes devenu médecin dans la nuit, peut-être, major ?" répondit-il à l'insolente, tout en lui injectant le sédatif dans le bras.
"Pas besoin d'être docteur pour savoir que je ne ressent aucune amélioration", répliqua-t-elle, en descendant du lit sur lequel elle était assise, et en se dirigeant vers la sortie.
Le reste de la semaine se déroula de la même façon. Ils avaient bien essayé d'échapper à leur injection, mais un groupe de soldats était alors envoyé à leur recherche, et lorsqu'ils essayaient de se défendre, un rayon de blaster Wraith les stoppait dans leur élan, et ils se réveillaient à l'infirmerie, après que Beckett leur eut injecté le sédatif. Ils repartaient aussitôt de l'infirmerie, vraiment très énervés, et se lançaient alors dans une longue séance de combat au corps à corps, qui se terminait toujours de la même façon : une longue course à travers la cité jusqu'aux quartiers de l'un ou de l'autre, et une étreinte torride et sauvage.
Elizabeth était préoccupée par le comportement de plus en plus « primitif » de ses deux amis. Beckett lui avait dit qu'il n'était pas sûr de trouver un antidote avant que les dommages soient irréparables. D'ailleurs, son équipe et lui travaillaient d'arrache-pied, jour et nuit, afin d'accélérer la fabrication de l'antidote. Ils étaient près d'avoir un résultat, mais ne savaient pas combien de temps exactement, il restait au major et au colonel. Elle était dans son bureau, perdue dans ses pensées, quand Zelenka déboula dans son bureau.
"On a un problème, Dr Weir", lui dit-il, paniqué.
"Comment ça ?"
"Ça fait une semaine qu'on suit un vaisseau ruche Wraith", murmura rapidement Zelenka. "Nos détecteurs longue portée viennent de nous indiquer qu'il a subitement changé de direction."
Weir referma ses yeux, prenant une grande respiration.
"Où se dirige-t-il ?" demanda-t-elle d'un ton défait.
"Vers Atlantis", répondit le scientifique dans un souffle. "Il sera là dans quelques heures."
"Où est le Dédale ?" enchaîna le docteur ayant le mauvais pressentiment qu'il lui incomberait de nouveau de maintenir la sécurité de la cité sans le vaisseau.
Zelenka secoua la tête confirmant les craintes du docteur.
"Il ne pourra jamais être là avant les Wraiths. Même à pleine vitesse…" répondit le scientifique d'un ton crispé. "Au mieux, nous pouvons espérer son arrivée dans 9 heures peut-être 8."
Weir soupira, alla dans la salle de contrôle, puis dit à l'officier de pont :
"Contactez Caldwell. Faites-lui un rapport de notre situation, qu'il fasse au plus vite."
L'officier de pont fit claquer ses rangers en un garde-à-vous, avant de saluer le docteur et de contacter le Dédale. Le docteur Weir laissa échapper un soupir. Il lui faudrait de nouveau défendre la cité ; de plus il était indispensable pour la survie de la cité de détruire le vaisseau ruche. Elizabeth n'était pas dupe, maintenir la sécurité de la cité était déjà presque de l'ordre de l'impossible. Détruire un vaisseau ruche...
Elizabeth se dirigea vers la console de commande et appuyant sur le haut parleur, donna l'ordre que tout le personnel se tienne prêt à défendre la cité.
John souffla violement alors que Cheyenne le serrait contre elle, l'avant bras autour de son cou. Il était sur le point de renverser la situation, lorsque la voix du commandant de la station résonna dans la salle d'entraînement. Sans prendre le temps de se changer, empoignant juste une serviette de coton pour essuyer leur corps couvert de sueur, les deux militaires se précipitèrent vers la salle de contrôle où Weir les attendait.
"Je ne crois pas que votre tenue soit très réglementaire", commenta Weir, alors qu'ils entraient dans la salle, essoufflés.
En effet, John n'avait que son seul pantalon de survêtement gris, et sa serviette blanche autour du cou ; la sueur dégoulinant sur son torse. Cheyenne, quant à elle, était vêtue d'un micro short et d'une brassière de sport, qui était trempée de sueur. Cheyenne regarda d'un air critique le colonel alors que celui-ci faisait de même, l'incompréhension se lisait sur leur visage : qu'est ce qui pouvait bien choquer le docteur Weir ? Ils n'avaient jamais pensé qu'elle pouvait être aussi prude.
Décidant que le problème de leur tenue était somme toute secondaire, Sheppard demanda :
"Que se passe-t-il, docteur Weir ?"
"Un vaisseau Wraith se dirige vers Atlantis." (Weir regarda Zelenka) "Vous avez une idée de la raison qui l'a poussé à changer de trajectoire ?"
"Non, pas encore", répondit Zelenka, d'un ton stressé. "On est en train d'analyser leurs communications sub-spatiales."
"Sait-on quand il sera sur nous ?" demanda Sheppard.
"Dans 5h", dit Rodney, qui venait d'entrer, les yeux fixés sur l'appareil à écran tactile qu'il avait à la main tapotant avec l'autre pour faire apparaître de nouvelles données. "Peut-être moins... Le Dédale mettra au moins 8h à arriver... à pleine vitesse."
"Vous êtes sûr ?" demanda Weir.
McKay la regarda, un sourcil levé, ses yeux la regardant de haut comme pour lui dire qu'elle aurait mieux fait de se taire. Cheyenne siffla, moqueuse :
"Vous venez de vexer notre brillant docteur…"
Rodney se tourna vers elle, prêt à lui répondre vertement, mais resta un instant sans voix lorsqu'il vit la façon dont elle était habillée. Puis, il dit :
"Le téléporteur a oublié de vous rendre vos vêtements ?"
Elle le regarda, un petit sourire provoquant sur les lèvres, ses yeux entrouverts et passa un pouce dans la ceinture de son short, ce qui laissa entrevoir l'élastique de son slip, avant de le laisser claquer bruyamment sur ses hanches, et lui dit :
"Quoi, ça ne vous plaît pas ?"
"Major !" la sermonna Weir. "Si vous continuez, je vous consigne dans vos quartiers !"
"Toute seule, ou accompagnée ?" demanda Cheyenne, en coulant un regard vers Sheppard, à qui l'idée ne semblait pas déplaire.
Weir soupira. Il fallait vraiment que Beckett trouve cet antidote. Elle leva les yeux au ciel, se demandant pourquoi il avait fallu que cette plante infecte ses deux là. En temps normal, ils étaient difficiles à maîtriser, mais maintenant qu'ils agissaient comme deux adolescents pré-pubères...
Elle sortit de ses pensées avec un soupir, constatant que, sans même se soucier du fait que leur supérieur était dans la même pièce, ainsi que d'autres personnes, Sheppard et Cheyenne ne se quittaient pas des yeux, et s'envoyaient des regards que les grands pontes de l'armée n'aimeraient pas voir échangés entre deux officiers travaillant l'un sous les ordres de l'autre, elle toussota. Ce qui eut pour effet immédiat, de sortir le colonel Sheppard de son observation intensive de son major, tandis qu'O'Bannon semblait vouloir vérifier si un regard ne pouvait vraiment pas tuer.
"Je suggère de mettre des Jumpers occultés en orbite", commença le colonel, pointant du doigt les endroits précis où les envoyer, sur l'écran qui affichait la carte spatiale. "Deux équipes. J'en commanderai une, et O'Bannon la deuxième. Je pense que…"
"Vous ne bougerez pas d'ici", l'interrompit Weir. "Votre idée est certes excellente mais ni vous ni le major ne quitterez la cité."
Sheppard s'avança vers elle, la détermination se lisant dans ses yeux verts, tandis que Cheyenne fulminait silencieusement, jetant des regards assassins sur toute la pièce, et particulièrement à son commandant de mission, qui semblait vouloir l'empêcher de faire son travail.
"Dois-je vous rappeler que je suis l'officier le plus gradé d'Atlantis, et que, par conséquent, je suis le seul officier compétant à prendre les décisions militaires nécessaire à notre survie ?"
"J'en suis parfaitement consciente, colonel", répondit Elizabeth, d'un ton sec, n'aimant pas le ton agressif du colonel. "Mais vous êtes avant tout des officiers infectés par une plante aliène."
Elle vit que le Colonel s'apprêtait à répondre, et ajouta d'un ton ferme et définitif, comme pour enfoncer le clou dans leur cercueil :
"Et loin d'être en pleine possession de vos moyens..."
Elle se tut, attendant une réplique acerbe du major O'Bannon mais ne fut gratifiée d'aucune.
"En tant que responsable de cette expédition", reprit elle, le visage fermé dans une expression de commandement absolu et définitif, ses yeux bleus durs, les mâchoires crispées et le ton sec. "Je vous interdis de vous approcher des Jumpers, c'est clair ?"
Observant brièvement leur réaction, elle ajouta :
"Et sachez que je n'hésiterai pas à vous faire mettre aux arrêts si vous me désobéissez."
Gardant les yeux fixés sur les deux militaires, elle appela via radio Ronon et Teyla pour qu'ils viennent. Lorsqu'ils arrivèrent, elle leur dit :
"Je veux que vous les suiviez partout où ils vont. S'ils s'approchent des Jumpers, tirez-leur dessus." (elle précisa, en voyant Ronon hausser un sourcil) "Au rayon paralysant, évidemment."
Le colonel Caldwell était assis sur son fauteuil de commandant, observant l'espace d'un air songeur. Il n'avait jamais osé rêver se retrouver aussi loin de son cher pays. Et il était là, prêt à défendre toute l'humanité, dans l'anonymat le plus complet. Un rêve devenu réalité.
Il soupira. Cependant la terre lui manquait terriblement, et ses douleurs articulaires commençaient à lui rappeler que ses longs séjours dans l'espace n'avaient pas un effet bénéfique sur sa constitution osseuse. Il reposa son dos sur le dossier de son fauteuil lançant un regard sur son équipage qui s'affairait à tester tous les gadgets que les Asgards avaient aidés à développer. Il jeta un coup d'oeil vers Hermiod. La petite créature grise avait certes un rien d'arrogance, mais était indispensable au bon fonctionnement du vaisseau et efficace ce qui était la seule raison pour laquelle le colonel était aussi indulgent par rapport à ses perpétuelles remarques.
"Colonel ?"
La voix d'un subalterne interrompit ses pensées. Il tourna son regard vers le jeune homme. C'était un jeune sous-officier, fraîchement diplômé du MIT – ce que cela signifiait exactement, le colonel ne le savait pas et ne s'en souciait guère – et semblait-il, avait subi l'entraînement de base des Marines. Il était somme toute chétif et ne devait sa place dans le vaisseau qu'à ses connaissances accrues en technologie. Le Dédale était, d'ailleurs, sa première affectation, et serait sans doute sa seule affectation en tant que combattant actif. Le colonel pouvait voir que le jeune homme n'avait aucun avenir en temps que soldat, il semblait devoir se briser comme du verre au premier coup. Il finirait sans aucun doute gratte-papier dans une quelconque commission à Washington. Ou, si l'Agence prenait un intérêt pour ses connaissances accrues en technologie extra-terrestre, il aurait l'insigne honneur de faire joujou avec la nouvelle génération de satellite d'espionnage.
"Nous venons de recevoir un message d'Atlantis", dit le jeune homme, d'une voix incertaine, incapable de regarder le colonel dans les yeux.
Caldwell fixa le jeune homme du regard, attendant la suite de son rapport. Le jeune homme ne semblait pas pouvoir tenir en place sous son regard accusateur. Il prit une grande respiration et commença :
"Un vaisseau ruche se déplace en direction d'Atlantis. Selon les estimations, il devrait atteindre la cité dans 5 heures."
Caldwell se tourna alors vers son équipage et demanda :
"Combien de temps ?"
"8 heures, au mieux, à pleine puissance..." lui répondit-on.
Il se retourna vers Hermiod, et lui jeta un regard qui demandait clairement à l'Asgard de réduire ce délai. L'Asgard releva la tête fièrement, acceptant le défi et commença à pianoter sur son clavier. Bientôt, de nombreuses parties non essentielles du vaisseau se retrouvèrent dans le noir, alors que toute l'énergie disponible était renvoyée vers les moteurs.
Les Wraiths allaient sortir de l'hyperespace d'une minute à l'autre, et ni Cheyenne ni Sheppard n'avaient réussi à se débarrasser de leurs encombrants gardiens. L'adrénaline que leur faisait sécréter la plante rendait leur besoin d'action encore plus impérieux. L'envie d'en découdre avec les Wraiths se faisait de plus en plus pressante. Soudain, la voix aseptisée du docteur Weir résonna dans la cité, via les haut-parleurs :
"Que tout le personnel se tienne prêt. Chacun à son poste. Les Wraiths viennent de sortir de l'hyperespace."
Cheyenne jeta un rapide coup d'oeil vers Teyla, qui semblait avoir été distraite par le message. Sans aucune hésitation, Cheyenne décocha un coup de pied retourné dans la mâchoire de Teyla, ce qui l'envoya s'assommer contre le mur. Elle prit le rayon incapacitant Wraith que Teyla avait à la ceinture, ainsi que son pantalon et sa veste d'uniforme, et alla retrouver Sheppard au pas de course. Si elle ne se trompait pas, le colonel aurait baladé Ronon du côté du couloir Ouest, stratégiquement placé entre le dépôt d'armes et l'aire d'embarquement des Jumper. Comme elle l'avait prévu, le colonel se trouvait bien dans le couloir Ouest. Ronon le suivait deux pas derrière, totalement concentré sur Sheppard qui tenait une conversation unilatérale. Ronon n'eut même pas le temps de réaliser ce qui lui arrivait, qu'un rayon incapacitant l'atteignait dans le dos, et il s'écroula bruyamment face contre le sol. Il tenta de se relever, mais un deuxième rayon paralysant lui fit oublier cette idée.
Sheppard regarda le grand corps couché par terre, clignant des yeux, cherchant à comprendre ce qui s'était passé à l'instant. Jamais il n'aurait cru qu'un grand gaillard comme Ronon puisse être terrassé aussi facilement, mais si ses spéculations étaient exactes, et elles l'étaient, peu de gens pouvaient se vanter de pouvoir résister au rayon paralysant Wraith.
Il entendit un sifflement, leva la tête, et vit que Cheyenne attendait impatiemment qu'ils passent enfin à l'action. Il remarqua alors, à son plus grand regret, qu'elle avait passé un pantalon et une veste d'uniforme par-dessus sa « tenue » de sport.
"Je crois que Teyla ne va pas apprécier, quand elle va se réveiller", dit-elle, un grand sourire aux lèvres.
Sheppard prit l'arme de Ronon, et sur un sourire, fit signe à Cheyenne de le suivre. Ils passèrent à la salle d'armes, où ils récupérèrent deux vestes pare-balle, et deux P-90. Sheppard exposa son plan à Cheyenne :
"On prend deux Jumpers, on pulvérise le plus de Darts possible pour donner le temps à Atlantis de balancer quelques drones, et au Dédale d'arriver. Au maximum, il nous faudra tenir une demi heure pour que les drones soient opérationnels. Ensuite, on entre dans le vaisseau ruche via les espaces d'embarquement Darts, où l'on peut simplement se tailler une voie à travers la coque du vaisseau, et on le fait exploser de l'intérieur."
"J'adore ce plan", dit Cheyenne, qui ressentait un besoin permanent d'action.
Il sortirent prudemment de la salle d'armes, et se dirigèrent tout aussi prudemment vers le hangar des Jumpers. Ils eurent un petit sourire, pensant qu'ils agissaient comme des adolescents qui allaient faire le mur. Mais, honnêtement, leur prudence n'était pas exagérée ; après tout, la menace de Weir de les mettre dans l'une des cellules d'isolement d'Atlantis (une pour chaque), n'était pas une perspective dont ils se réjouissaient. Même s'ils savaient que c'était ce qui allait leur arriver s'ils survivaient à ce plan, ce qui, dans l'esprit des deux militaires ne faisaient, bizarrement, aucun doute. Pour l'instant, l'important était de descendre autant de Darts que possible, et pourquoi pas le vaisseau. Grâce à l'effervescence provoquée par l'arrivée des Wraiths, ils purent prendre deux Jumpers sans se faire remarquer. Ouvrant la porte du hangar, ils décollèrent, puis s'occultèrent, une fois hors de la cité.
Pendant ce temps, Ronon se réveillait en grognant. Il n'avait pas besoin de regarder pour savoir que Sheppard s'était enfui. Comment avait-il pu être aussi distrait ? Il se releva péniblement son corps entier ressentant l'effet du rayon Wraith. Il mit sa main sur son côté cherchant son arme, son visage se contorsionna en une horrible grimace lorsqu'il compris que Sheppard la lui avait prise. Frustré, il cria de rage :
"Sheppard !"
Il commençait sérieusement à en avoir assez des effets de cette plante sur ses camarades. Le colonel était déjà irritant en temps normal, mais là, c'était pire. Il activa sa radio, et prit contact avec Teyla, même si ça semblait inutile, puisque si Sheppard s'était enfui, Cheyenne avait probablement fait de même. D'ailleurs, c'était sûrement elle qui lui avait tiré dessus.
"Teyla, vous me recevez ?"
Teyla ressortit des vestiaires, où elle était allé passer un pantalon. Quand elle s'était réveillée, non seulement Cheyenne avait disparue, mais en plus, elle l'avait laissée à moitié nue dans le couloir. Sa radio crachouilla légèrement, puis la voix de Ronon s'éleva :
"Teyla, vous me recevez ?"
"Oui, Ronon. Je suppose que le colonel Sheppard vous a faussé compagnie ?"
"Oui, et il m'a pris mon arme. Je vous jure que si le Dr Beckett arrive à les sauver, je les tue tous les deux."
"Estimez-vous heureux, vous, il ne vous a pris que votre arme."
"Quoi ?"
"Laissez tomber. Je me rends à la salle de contrôle."
"Très bien, je vous y retrouve."
Ronon sortit du téléporteur au moment où Teyla montait les marches menant de la salle de la Porte, à la salle de contrôle. Quand Elizabeth les vit arriver sans les deux loustics qu'ils étaient censés surveiller, ses épaules s'affaissèrent.
"Qu'est-ce qui s'est passé ?" leur demanda-t-elle.
"Le major O'Bannon m'a assommée d'un coup de pied, quand vous avez annoncé que les Wraiths étaient sortis de l'hyperespace", dit Teyla.
"Elle m'a aussi tiré dessus, pour permettre à Sheppard de s'échapper", grogna Ronon. "Et il m'a pris mon arme, au passage."
Weir soupira. Quand cela allait-il s'arrêter ? Elle en avait assez d'avoir à passer ses journées, à écouter les différentes plaintes, de personnes plus ou moins compréhensives, à propos de l'attitude des deux militaires. Elle dit aux officiers présents :
"Le plan de Sheppard était de mettre des Jumpers occultés en orbite. S'ils ont neutralisé Teyla et Ronon, c'est pas pour faire une partie de cache-cache dans la cité. Est-ce que des Jumpers ont été pris ?"
Un des officiers tapota sur les touches de son ordinateur, et dit :
"La porte du hangar à Jumpers a été ouverte il y a 10 minutes."
"Combien de Jumpers ont décollé ?"
"Jumpers 2 et 3 ont décollé. Ils se sont occultés dès qu'ils ont quitté la cité."
"Ouvrez un canal."
L'officier obéit, et quand ce fut fait, fit signe à Weir qu'elle pouvait parler.
Cheyenne et Sheppard se dirigeaient vers le vaisseau ruche. Ils communiquaient via leurs radios, sur une fréquence différente de celle utilisée par les autres membres de l'expédition. La voix d'Elizabeth résonna soudain dans le cockpit des Jumpers :
"Colonel, major, je vous ordonne de revenir immédiatement vers la cité. Cette mission n'a pas été…"
D'un même mouvement, les deux militaires coupèrent la communication. Le vaisseau ruche lança ses Darts vers la cité. Ils n'avaient pas détecté les Jumpers. La radio de Cheyenne cracha :
"On est bientôt à portée de tir. Attends mon ordre, avant de tirer."
"Compris."
Ils s'approchèrent encore un peu, puis Sheppard dit :
"Commences à tirer les drones maintenant."
Les deux militaires engagèrent le combat. Le fait qu'ils soient occultés était un sérieux avantage, car bien que les Wraiths voyaient d'où provenaient les tirs, ils ne pouvaient pas les localiser avec précision. John et Cheyenne volaient en zigzags, empêchant ainsi les Wraiths de connaître leur nombre et leur position exacte.
Le Dr Weir avait donné l'ordre au major Lorne d'aller s'asseoir sur le Siège Ancien, et de tirer les drones en direction du vaisseau ruche. Mais, les Darts les interceptaient bien avant qu'ils n'atteignent leur cible.
Le Dédale sortit de l'hyperespace, et le colonel Caldwell allait donner l'ordre de faire feu sur le vaisseau ruche, mais la voix d'Elizabeth, qui venait d'ouvrir un canal de communication, lui dit :
"Dédale, ici Atlantis. Nous avons deux hommes en Jumpers occultés à proximité du vaisseau ruche. Nous avons perdu contact avec eux. Ne tirez pas tant que nous n'avons pas réussi à les faire rentrer."
"Laissez-moi deviner", soupira Caldwell. "Sheppard et O'Bannon ?"
"Eux-mêmes."
Caldwell soupira à nouveau.
"Très bien, mais j'espère que vous les récupérerez vite, parce que je risque de ne pas avoir d'autre choix, que de répliquer."
Un Dart eut la chance de toucher le Jumper de Sheppard. Il endommagea l'endroit où se trouvait le dispositif d'occultage. Cheyenne lui tira dessus, mais ne put éviter un des débris du Dart qu'elle venait de descendre. Son Jumper perdit lui aussi son occultage.
"Colonel, on est mal barrés", dit-elle dans sa radio.
"Je te remercie, je sais", lui répondit John, agacé par la tournure que prenaient les événements.
Deux points apparurent soudain sur les radars du Dédale.
"Mon colonel, on a localisé le colonel Sheppard et le major O'Bannon."
"Téléportez-les ici."
L'officier obéit, et téléporta les deux militaires, juste avant que leurs Jumpers ne soient abattus. Quand ils se rendirent compte qu'on les avait empêché de mener à bien la mission qu'ils s'étaient fixée, ils pointèrent leur P-90 devant eux, prêts à en découdre avec quiconque se mettrait en travers de leur chemin.
"Baissez vos armes !" leur ordonna Caldwell.
Mais, ni Cheyenne ni Sheppard ne l'entendaient de cette oreille. Ils gardèrent leur arme pointée devant eux. Caldwell, qui avait ordonné qu'un de ses officiers se munisse d'un blaster Wraith, fit signe à celui-ci, et une nouvelle fois, les deux militaires se firent tirer dessus. Le colonel ordonna qu'on les désarme, puis donna l'ordre d'abattre le vaisseau ruche, envoya des F-302 s'occuper des Darts restant, et ouvrit un canal vers Atlantis.
"Dr Weir", dit-il. "Vos hommes sont à bord du Dédale, inconscients, mais entiers. Je vous les téléporte ?"
"Envoyez-les dans une des cellules de la cité. Ils y resteront tant que Beckett n'aura pas mis au point son antidote."
"Très bien. Je demande la permission d'atterrir, pour effectuer quelques réparations."
"Permission accordée, colonel. Terminé."
Caldwell fit téléporter le colonel et le major dans une des cellules d'Atlantis, où ils furent enfermés, un champ de force prévenant toute tentative d'évasion, dressé autour de la cellule.
Cheyenne se réveilla avant Sheppard. Quand elle vit que le Dr Weir les avait fait mettre aux arrêts, elle fut hors d'elle. Elle avisa les deux gardes qu'Elizabeth avait postés devant la cellule, et leur dit :
"Ouvrez la cellule." (les soldats ne bougèrent pas) "Vous êtes sourds, ou quoi ? Je suis votre officier supérieur, et je viens de vous donner un ordre. Ouvrez-cette-cellule ! !"
Les soldats ne daignèrent même pas la regarder. Elle entreprit alors de réveiller Sheppard. Peut-être que lui, ils l'écouteront. Après tout, il était l'officier le plus gradé d'Atlantis. Lorsque Sheppard émergea, elle lui dit :
"On nous a mis en cellule, et ces deux-là ne veulent pas nous laisser sortir."
"Lieutenant, ouvrez la cellule", dit John.
"Désolé, mon colonel, mais le Dr Weir nous a interdit de vous laisser sortir, et le colonel Caldwell a pris le commandement, en attendant que vous soyez rétablis."
Sheppard voyait bien que Cheyenne fulminait. Il s'approcha d'elle, et lui murmura à l'oreille :
"Calme-toi. Ne cèdes pas à cette plante."
Mais, Cheyenne le repoussa, et voulut frapper les barreaux de la cellule. Mais, le champ de force lui envoya une décharge électrique. Elle recula en hurlant de douleur, la rage l'envahissant totalement. Elle tomba soudain à genoux, terrassée par une vive douleur à la poitrine. Sheppard se précipita vers elle. Elle commençait à ressentir les premiers symptômes d'une crise cardiaque.
"Appelez Beckett !" hurla-t-il aux soldats.
To be continued…
