Auteur : Maavia Lacrima
Disclamer : Ils ne sont pas à moi. Mais on pourrait faire croire que… Non ? Ah…
Raiting : M
Note inutile de l'auteur : Je vous ai manqué, hein ? Pas vrai ? Comment ça, non ? Azy, j'vais pleurer un coup en position fœtale et je reviens. *deux minutes plus tard* Bien, que disais-je donc de si intéressant ? Ah oui, me revoilà avec la suite ! J'espère qu'elle vous plaira, bonne lecture. A plus bas !
Réponse Trolocat :
Holà !
Ui, du coup (comme je reviens quatre ans après), la fin est sortie. Et euh, elle est… spéciale ? Allez vient, j'ai acheté du chocolat, on va aller déprimer ensemble ! T-T
Pour Bya par contre, désolée, mais tu vas devoir attendre encore un peu… x) Mais parole de scout, il va finir par revenir dans l'histoire avec son auguste derrière. Et à ce moment-là, ça va partir en guerre civile et compagnie, même les Avengers pourront rien faire… Hem, je m'égare.
Merci pour les encouragements, et voici la suite ! En espérant qu'elle te plaise :P
Shunsui serra les dents, cherchant à se calmer. Il ne pouvait pas faire plus pour Jushiro, celui-ci était complètement entre les mains de la 4ème division et lui était à nouveau inutile. Il souffla longuement en fermant les yeux, cherchant à faire le calme dans son esprit. Il fallait qu'il retrouve un semblant de quiétude et qu'il cesse de s'en faire pour son ami. Il ne pouvait rien de plus, qu'il s'inquiète ou non, ça ne changerait rien à la situation actuelle.
Il rouvrit les yeux et regarda autour de lui en silence. Il n'y avait personne dans les alentours, ce qui pour le moment l'arrangeait assez. Cependant, il savait que les capitaines seraient rapidement mis au parfum de l'état de leur collègue, par sécurité. Les informations circulaient assez rapidement entre les hauts-gradés, de sorte à ce que tous soient en mesure de réagir si un problème venait à survenir. Et un capitaine souffrant n'était pas une information à négliger, même si, dans le cas d'Ukitake Jushiro, c'était presque commun d'apprendre qu'il était malade.
Shunsui se redressa et se mordilla la lèvre. Il n'avait rien de plus à faire… Il hésita quelques instants et décida de retourner dans la 13ème division chercher son chapeau. Et mettre au clair les pensées qui l'assaillaient. Rien ne serait plus jamais normal, il le sentait. Il disparut en une fraction de seconde et regarda autour de lui.
Le vent s'engouffra dans ses épaisses boucles brunes qui voletèrent doucement, le faisant frissonner. Il était de retour dans les quartiers de son ami, la 13ème division était toujours aussi silencieuse. C'en était vraiment troublant tout ce silence… Il ne s'était jamais imaginé craindre autant un tel manque de son. Même les oiseaux ne chantaient plus, rien, pas un bruit. Pas un bruit, mis à part sa respiration qui semblait presque de trop dans cette ambiance terne. Il fronça les sourcils, se demandant ce que Jushiro aurait pensé en voyant sa division dans une telle ambiance. Sans doute que l'albinos aurait souri. Il aurait souri, se serait mis à parler calmement de choses et d'autres sans se soucier de ce qu'on pourrait penser de lui, et ce calme si troublant aurait été brisé, et la sérénité serait revenue…
Mais ce n'était pas le cas. Car Jushiro était à présent cloué dans un lit, incapable de se débrouiller seul, et incapable de changer l'atmosphère de sa division.
L'albinos avait besoin d'aide, vraiment. Et tout ça parce que lui, Shunsui Kyōraku, l'avait abandonné sans se soucier de lui. Par sa faute, le capitaine était au plus mal. Mais il sentait que ce n'était pas uniquement de sa faute. Certes, il aurait dû l'aider, le ramener chez lui et être là durant sa crise, mais il y avait aussi cette… cette agression. Il n'était pas stupide, rien de ce qu'il avait vu de l'albinos ne ressemblait à ce qu'il connaissait de lui. Peut-être n'était-ce que suite à un choc et que ça ne durerait pas. Mais c'était réellement la première fois qu'il le voyait dans un tel état.
Il regarda longuement la pièce en silence, et plus particulièrement les tâches de sang qui maculaient encore le sol et les draps. Cette scène, il l'avait déjà vue des dizaines de fois, après chaque crise de tuberculose ou presque, il se retrouvait face aux draps ensanglantés de Jushiro Ukitake. Et ça lui faisait terriblement mal de le savoir mal en point sans pouvoir faire autre chose que s'inquiéter et espérer.
Il s'assit en silence sur le sol en observant la pièce. Il avait un vague espoir que rester ici lui permettrait de comprendre ce qui s'était passé. Comme si la scène allait se dérouler sous ses yeux de sorte à ce qu'il puisse en connaître les détails. Il soupira, se remémorant les derniers évènements.
Il posa sa main sur sa poitrine, sentant son cœur se serrer douloureusement. Le regard empli de détresse et de terreur de Jushiro était toujours imprimé sur sa rétine, et il ne parvenait pas à se défaire de cette image. Jamais auparavant il n'avait vu cette expression sur le visage de son ami, et jamais il n'aurait pensé la voir un jour. Il se rappelait également trop bien des poignets du jeune homme, rougis par une trop forte pression, son corps tremblotant et se crispant au moindre geste vers lui, sa peau nue, suante et translucide, maculée de son propre sang…
Tout s'enchaînait dans son esprit, le faisant s'inquiéter terriblement. Plus il pensait et se rappelait de ce qu'il avait vu, moins il voulait savoir. Tout était trop. Et plus il cherchait à ne pas comprendre, plus il comprenait justement. C'était malheureusement trop clair, trop évident pour qu'il nie plus longtemps la vérité. C'était inutile, de toute façon, le mal était fait. Le croire ou non ne changerai pas la situation dans laquelle Jushiro se trouvait. C'était trop tard de toute manière.
Trop tard.
Il fronça les sourcils de colère. Mais une colère tournée vers lui-même. A nouveau, il se détestait de ne rien avoir pu faire. Mais surtout de ne rien avoir vu venir. Si seulement il avait pu comprendre… Si… S'il avait fait un peu plus attention à son ami… Si pour une fois, il avait fait attention à quelqu'un d'autre que lui-même et avait tendu la main à l'albinos… Il grogna. Avec des si, on mettrait Paris en bouteille. Et c'était toujours trop tard. Il était inutile de faire des suppositions de ce qui aurait pu se passer s'il avait fait quelque chose. C'était trop tard. Beaucoup trop tard…
Jushiro Ukitake s'était fait violer. C'était trop tard.
Il frappa violement son poing contre le mur en sentant la rage le consumer. Pourquoi… Jushiro était un homme honnête, il n'avait jamais fait de tort à quiconque. Il faisait le bien autour de lui, toujours souriant et aimable, il répandait la joie sur son passage. Alors pourquoi… ? Qu'avait-il fait pour mériter ça ? Qui aurait pu être assez cruel faire ça ? Oui, qui ?
Shunsui gronda de colère, ne pouvant supporter une telle conclusion. Son unique et meilleur ami, l'homme le plus cher à ses yeux avait été abusé sexuellement par un homme dont il ignorait l'identité, et cela au moment d'une de ses crises. C'était impensable. C'était impensable, et pourtant, son intuition lui disait que c'était effectivement ce qui s'était passé. Et que plus jamais Jushiro ne serait le même.
Il se mit à trembler de colère et se releva brusquement avant de quitter la 13ème division. Il sentait ses yeux brûlés par les larmes qu'il se refusait de verser. Des larmes de haine, de culpabilité et d'incompréhension. Et il ne pouvait pas se permettre de céder. Par principe, il ne pouvait tout simplement pas… Personne ne le verrait pleurer pour quelque raison que ce soit. Personne ne l'avait jamais vu pleurer, excepté… Excepté Jushiro. Jushiro qui avait toujours été là pour lui dans toutes ses épreuves, et pour qui il n'avait pas été là.
- Bordel !
Il s'arrêta soudain. Il n'en pouvait plus. Toute cette colère et cette haine envers lui-même et l'agresseur de Jushiro l'envahissait, et il n'arrivait plus à se contrôler. Sa respiration s'accélérait et ses muscles se crispaient instinctivement. Sans même s'en être rendu compte, son reiatsu s'était intensifié, formant une sorte d'aura de fureur autour de lui. Et plusieurs Shinigamis s'étaient prudemment éloignés de lui, sentant que rester près de lui était dangereux pour leur santé. Et malgré sa réputation d'homme frivole et ivrogne, il restait un capitaine, et personne ne mettait en toute sa puissance destructrice.
- Kyōraku ?
Le susnommé ne bougea pas, les yeux perdus dans le vide. Même si son cerveau était plus ou moins en pause, son instinct de guerrier avait immédiatement reconnu la voix aux intonations surprise du nouveau venu.
Toshiro Hitsugaya, le jeune capitaine de la 10ème division se trouvait derrière lui, la mine soucieuse. Il sentait parfaitement bien la rage de son collègue, et s'en demandait l'origine. De plus, il venait d'être mis au courant de l'état de santé du capitaine de la 13ème, et voir le meilleur ami du malade dans cet état n'était guère encourageant. C'était même presque inquiétant…
Il répéta le nom du brun, avec plus de douceur cette fois, ce qui le fit réagir. Les yeux turquoise de l'enfant se plongèrent dans ceux gris du capitaine en face de lui. Il fut surpris de les voir aussi tourmentés. Jamais il n'aurait pensé que Shunsui Kyōraku puisse être aussi plein de colère. Mais ce qui l'interpellait plus était l'éclat de ses yeux. A part de haine, ils ne brillaient plus. Comme s'il avait perdu toute insouciance… Comme s'il n'était plus le Kyōraku que tous connaissaient. C'était étrange, vraiment. Mais Toshiro savait ce qu'il avait. Pas entièrement, mais il savait ce qui le mettait dans un tel état.
En même temps, il marchait d'un bon pas, sortant vraisemblablement de la 13ème division. Et le capitaine de la division de l'espoir était actuellement entre les mains des médecins, suite à « une nouvelle manifestation de sa maladie ». C'était tout ce qu'il savait, mais c'était assez. Ou pas, lorsqu'il voyait le regard de Kyōraku, il sentait que ce n'était pas tout. Qu'un détail manquait dans les évènements récents. Pas nécessairement qu'on lui ait mentit, mais simplement qu'il manquait quelque chose. Quelque chose qui mettait Kyōraku Shunsui sur les nerfs, au point d'effrayer les Shinigamis qui l'approchait.
Doucement, il posa sa main sur le bras du brun qui plissa le regard. Il ne voulait pas l'envahir, mais il ne voulait pas non plus qu'il s'échappe [1]. Il n'était pas le plus proche de Kyōraku, mais il le connaissait bien. Et il sentait confusément que l'homme à la barbe naissante s'enfonçait dans une sorte de colère et de rage qui ne se tarissait pas. Et cette fureur le troublait véritablement. Le brun n'était pas quelqu'un qu'on se mettait à dos facilement, alors voir une telle colère dans ces yeux était… surprenant.
- Capitaine Kyōraku, venez avec moi…
Il ne chercha pas de réponse de l'autre et l'emmena autoritairement chez lui. Durant tout le trajet, ni l'un ni l'autre ne parlèrent. C'était un silence pesant, dans lequel Toshiro sentait la rage bouillonner chez son collège qui marchait comme une ombre derrière lui. Il le fit s'assoir poliment dans bureau, virant sans ménagement Matsumoto du canapé pour prendre sa place. La rousse protesta vivement dans une attitude des plus enfantines, mais elle s'arrêta bien vite en voyant que son capitaine n'était pas seul. Et surtout le regard sombre de leur invité de la 8ème division.
Elle s'assit également et servit une coupe de saké à tout le monde, sous le regard noir de son capitaine. Elle haussa doucement les épaules et lui désigna du regard Kyōraku qui regardait la coupe en silence, la tournant lentement entre ses doigts sans la porter à ses lèvres. Toshiro soupira mais ne répondit rien au regard lourd de sens de la jeune femme. Effectivement, il n'y avait pas pensé aux premiers abords, trop enfermé dans ses fonctions de capitaine, mais Shunsui était un grand buveur, tout comme sa lieutenante. Ils avaient pas mal de choses en commun au final, surprenant que Kyōraku n'ai jamais cherché à draguer Matsumoto et inversement…
Le silence se faisait de plus en plus pesant dans la pièce. Les deux plus hauts gradés de la 10ème division ne cessant de jeter de rapides coups d'œil au brun qui semblait s'enfermer dans un mutisme inquiétant. Matsumoto poussa un petit soupir ennuyé et se rassit tranquillement dans le canapé, ne lâchant pas pour autant leur invité du regard. Elle ignorait tout ce qui avait pu se produire, mais cette chose mettait Kyōraku en rogne et son capitaine dans un certain embarra.
- Ben alors, Capitaine Shunsui ! Qu'est-ce qui vous trouble autant ?
Toshiro foudroya sa lieutenante du regard, mais celle-ci l'ignora arbitrairement. Elle passa un bras autour des épaules pour être plus proche de lui, dans une moue tout à fait enfantine. Malgré toute sa puissance de frappe au combat, elle pouvait paraître pire qu'une enfant. Mais à la surprise de Toshiro, Kyōraku sembla réagir au soudain rapprochement de la jeune femme.
Il fronça les sourcils et détailla la rouquine qui l'enlaçait en lui redemandant ce qui se passait. La main qui tenait la coupe de saké se mit à trembler légèrement et il la reposa fermement sur la table. Il posa sur la lieutenante un regard perdu, mélangeant incompréhension et colère. Ce regard gris choqua légèrement la rousse, mais elle fit simplement un grand sourire et posa sa tête sur son épaule en répétant sa question. Son capitaine la fixait sans un mot, attendant les résultats de son interrogatoire pour le moins original. En même temps, il ne pouvait pas imaginer grand-chose d'autre de la part de Matsumoto…
La deuxième siège eu un mince sourire en sentant que le capitaine était en train de céder. Elle savait qu'il n'allait pas tarder à dire ce qui le tracassait, et ce qui le mettait tellement en colère. Elle frotta délicatement son pouce sur l'épaule du grand brun, notant au passage qu'il n'avait pas sa couverture extravagante sur les épaules. Elle ne l'avait pas remarqué avant, mais c'était chose faite… Elle plissa très légèrement les yeux et vit du coin de l'œil son capitaine se redresser subtilement en voyant Kyōraku ouvrir la bouche et soupirer.
- C'est… C'est entièrement de ma faute…
Les deux hauts gradés froncèrent les sourcils et échangèrent un regard, ne comprenant ni l'un ni l'un l'autre ce que voulait dire le brun. Cependant ils ne le forcèrent pas et le laissèrent dans son monologue, attendant patiemment que les explications viennent.
- Il est… Il est à la 4ème division et… J'aurais dû l'aider avant, j'aurais dû le voir… Je l'ai… Je l'ai abandonné… Il s'est fait… Il… et moi je n'étais pas là… Je… Il n'avait rien fait… J'aurais pu faire quelque chose… J'aurais pu… Et je… Il… Il…
Les propos du capitaine devenaient de plus en plus incohérents, et ses mains s'étaient lentement mais surement mises à trembler. Matsumoto continua doucement ses caresses sur l'épaule du capitaine pour le calmer, sentant qu'il était sur le point de craquer. Elle échangea un regard inquiet avec son capitaine qui s'était rapproché et assit aux côté du brun. Celui-ci ne semblait pas les voir, simplement enfermé dans ses souvenirs et ses pensées.
Toshiro soupira doucement, comprenant peu à peu que le brun s'en voulait pour la crise d'Ukitake. Seulement ladite crise avait dû être terriblement violente pour qu'il se sente ainsi coupable. Ce n'était pas normal, quelque chose avait dû se passer. Quelque chose de grave sans aucun doute, sinon Kyōraku ne réagirait pas ainsi. Il n'était pas quelqu'un qui culpabilisait rapidement, alors…
- Kyōraku, qu'est-ce qui s'est passé exactement ?
La voix très douce du jeune capitaine aux cheveux blancs fit légèrement sursauter le brun. Il le regarda comme s'il découvrait sa présence, et au fond, Toshiro se demandait si ce n'était pas le cas. Il regarda le jeune garçon en silence et finis par reprendre pied avec la réalité. Il repoussa légèrement Matsumoto qui, comprenant le message, se détacha immédiatement de lui. Il déglutit péniblement et posa son dos contre le dossier du canapé en fronçant les sourcils. Il posa à nouveau son regard sur Toshiro qui attendait patiemment et il soupira.
- Je suis désolé, mais…
Il jeta un coup d'œil gêné à Matsumoto qui soupira. Elle se releva, ayant pour une fois gardé son sérieux et elle sortit de la pièce, non sans avoir frotté les cheveux neige de son capitaine avec un sourire amusé. Celui-ci poussa, comme à son habitude, un cri indigné qui fit relever les lèvres de Shunsui dans un demi-sourire amusé. L'attitude désinvolte de la rouquine lui faisait penser à la sienne, et presque aussitôt, son regard s'assombrit à nouveau.
Ce bref changement d'attitude n'échappa pas à Toshiro. Il avait été soulagé de voir un semblant de sourire éclairer à nouveau le visage du capitaine le plus frivole du Seireitei, mais celui-ci s'était fait la malle aussi vite qu'il était arrivé. C'était anormal, mais au vu de sa réaction précédente et de ce qu'il avait à moitié dit, sa réaction était presque prévisible. Il soupira doucement et attendit qu'il reprenne la parole. Il avait bien compris que le sujet était des plus délicats, sinon il n'aurait pas demandé à sa lieutenante de partir ainsi.
- Lorsque… Lorsque je suis partit, Jushiro n'était pas… Il n'était pas en forme, et… Il m'a dit que ça irait, alors je l'ai cru, mais… Il…
Il poussa un profond soupir et regarda longuement le plus jeune. Il se demandait s'il pouvait lui faire confiance, mais en théorie, c'était le cas… Hitsugaya était quelqu'un de sérieux à qui on pouvait se confier sans soucis. Mais au fond de son cœur, Shunsui avait peur de ne pas pouvoir lui faire confiance, même s'il le pensait incapable de violer l'homme qui le considérait comme son petit frère.
- Juu a… Il a été agressé…
Toshiro se figea en entendant les mots de son collègue. Comment ça agressé ? Qui aurait pu agresser un capitaine au sein même du Seireitei, de sorte à l'amener sans attendre à la 4ème division ? Et quelle pouvait être le degré de l'agression pour mettre dans un tel état Shunsui Kyōraku ? Il fronça les sourcils, notant mentalement qu'il irait faire un tour chez Unohana pour savoir comment se portait son ami. C'était étrange qu'une agression puisse avoir lieu au milieu du Seireitei, et encore plus sur un capitaine aussi puissant qu'Ukitake. A moins que…
A moins que sa maladie ne l'ait rattrapé au moment de l'agression, et que… Non. Sans le savoir, il était en train de faire quasiment la même chose que Kyōraku moins d'une heure auparavant. Et malheureusement, il risquait de finir sur la même conclusion, la vérité.
- Kyōraku, c'est…
Il se passa une main gêné dans ses cheveux blancs, les recoiffant un peu après le passage de sa lieutenante. Il soupira doucement et regarda en silence son collègue qui semblait avoir repris contenance. Avoir pu avouer ce qui le tracassait lui avait fait du bien, apparemment. Cependant, le garçon sentait bien que son aîné restait toujours aussi perturbé, même s'il le cachait mieux que quelques minutes auparavant.
Il soupira et se releva pour aller s'assoir derrière son bureau [2] et reposa son regard sur son invité qui s'intéressait enfin à l'alcool de Matsumoto. Il resta en silence un long moment, digérant l'information. C'était… terriblement frustrant de ne pas en savoir plus sur ce qui c'était passé, mais il comprenait bien que Shunsui ne veuille pas approfondir plus le sujet. C'était sans aucun doute beaucoup trop frais, et ils manquaient d'informations précises.
- Je ne sais pas si ça peut influencer, mais…
Il soupira, ne sachant pas comment annoncer cela. C'était assez délicat d'annoncer ça au brun qui, bien que plus calme restait toujours aussi sur les nerfs. Et il savait bien que le moindre mot de travers pourrait le ramener dans l'état de rage sans borne dans lequel il l'avait trouvé. Il soupira et tritura nerveusement les nombreux papiers qui l'attendaient encore sur son bureau. Avec tout ça, il était en train de prendre du retard sur son travail… Et contrairement à Kyōraku, il ne pouvait pas vraiment compter sur sa lieutenante pour faire le travail à sa place…
- Lorsque vous êtes sorti, c'est le capitaine Kuchiki qui a ramené Ukitake chez lui…
Le jeune capitaine aux cheveux blancs se passa une nouvelle fois la main dans ses cheveux, mal à l'aise. Sortir l'information comme ça devait faire un choc au brun, d'ailleurs, il l'avait senti se tendre légèrement. Un bruit sec le fit relever la tête, et il croisa les yeux du plus vieux qui le fixaient intensément, son reiatsu devenant de plus en plus présent au fur et à mesure que les secondes passaient. Il reposa distraitement les fiches pour reporter toute son attention sur Kyōraku.
Il fronça les sourcils en voyant ce dernier se lever et se rapprocher du bureau. Il eut un très léger sursaut lorsqu'il posa lourdement ses deux mains sur le plat de la table, faisant trembler les quelques bouteilles vides que Matsumoto avait laissé traîner.
- Est-ce que vous insinuez que c'est Byakuya qui a v… agressé Jushiro ?!
Le garçon n'apprécia pas beaucoup le soudain accès de colère du capitaine, bien qu'il ne puisse s'empêcher de le comprendre. Il savait à quel point le lien entre les deux hommes était fort. Ils se connaissaient depuis l'Académie et avait fait leur parcours complet ensemble, se soutenant dans leurs épreuves mutuelles, et ce, durant des centaines d'années. Il ne pouvait nier qu'il jalousait légèrement cette relation fraternelle entre les deux hommes. Une relation si puissante que l'agression d'un des deux faisait perdre toute notion de politesse et respect à l'autre.
Il soupira et se leva également pour faire face au capitaine bouillant d'une rage qu'il tentait tant bien que mal de contrôler. Il ne comprenait pas une telle fureur, même si Ukitake avait été agressé, il n'était pas non plus aux portes de la mort, si… ? Enfin il était entre les mains de la 4ème division, il ne devrait plus y avoir de problèmes… Et pourtant, il y avait quelque chose d'excessif dans la réaction de Kyōraku. Il avait déjà vu le capitaine de la 13ème division gravement blessé après un long combat ou même crachant son propre sang à en s'arracher les poumons, et pourtant, jamais le brun n'avait réagi aussi violent suite à cela. L'agression avait sans doute été plus lâche ou plus violent qu'il ne l'avait pensé.
Il allait ouvrir la bouche pour dire au brun de se calmer, mais celui-ci le coupa d'un geste. Il en avait assez entendu. Assez, ou trop. Il ferma un bref instant les yeux pour se calmer, ne désirant pas déraper dans un désir de vengeance trop profond. Jushiro ne l'aurait pas voulu, c'était un homme bon et qui pardonnait très facilement. Seulement… Un acte aussi cruel qu'un viol laissait des marque dans l'esprit d'un être vivant, et Shunsui avait peur que son ami ne soit plus jamais le même. D'un côté, il aurait voulu qu'il pardonne à son agresseur, qu'il reste lui-même quitte à devoir pardonner un monstre, mais l'un dans l'autre… Il secoua la tête, ne voulant pas y penser.
Il fit volte-face, faisant sursauter le jeune capitaine. Il eut un geste instinctif pour le retenir, mais déjà, le puissant capitaine avait disparu du bureau, le laissant sans voix. Il resta un long moment immobile à fixer l'encadrement de la porte, jusqu'au moment où Matsumoto passa la tête dans l'entrebâillement, un sourire triste aux lèvres. Elle soupira en voyant le désarroi de son capitaine et vint doucement l'enlacer par derrière pour le réconforter. Ce n'était qu'un enfant au fond, il avait besoin du soutien de ses proches… Et elle attendrait un peu pour savoir ce qui s'était dit entre les deux capitaines et pourquoi Kyōraku avait disparu.
Elle l'avait vu partir en direction des quartiers de la 6ème division, mais elle ne savait pas ce qui le tracassait autant. Mais ce n'était pas un simple tracas, c'était bien plus intense. Une bête intérieure qui le rongeait au point de le faire perdre toute notion de bien ou de mal. Il n'avait qu'une idée en tête faire payer celui qui avait fait du mal à Jushiro.
[1] Pétunia, il s'échappe ! xD #HarryPotter
[2] …et sur la pile de livres posée sur le siège pour qu'il ait une taille respectable… x)
La suite au prochain épisode. Ledit prochain épisode, je ne peux pas vraiment vous dire quand est-ce qu'il viendra. Parce que oui, c'est la fin des vacances et les cours reprennent. Donc forcément, mon rythme d'écriture va inéluctablement diminuer. Mais ne vous en faites pas, vous aurez la suite. Et enfin, on verra Bya-kun ~
Une rewiew contre un poutou ?
