Chapitre 3
06 mai 04 - vers 13h
Cadavre. Le mot résonnait dans sa tête comme une sonnerie interminable. Ce ne pouvait pas être vrai. Rien ne l'y avait préparé. Cadavre. Le mort se trouvait à un mètre à peine de lui. Non, il ne pouvait pas y croire. L'odeur de la chair brûlée envahissait l'air. Sur le corps de la jeune femme était inscrit au fer rouge : « Search ». Trouver le coupable. Comme si c'était simple ! Il fallait qu'il le trouve ou sinon, ils le trouveraient et il serait cuit.
Naruto ne savait plus quoi faire. Il était dans tous ses états. Les policiers et ambulanciers étaient arrivés en trombe dans sa maison. Ils avaient établis des périmètres de sécurité et étaient vite descendu à la cave. Ils avaient brusquement ouvert la porte de la chambre de Naruto et s'étaient empressés d'examiner le corps mort. Ils en avaient rapidement conclu à un homicide volontaire. Un meurtre. Ils avaient emmené Naruto à son propre lieu de travail, le S.S.J. Ils l'avaient interrogé rapidement. « Bon dieu, mais qu'est-ce qui s'est passé ! ? »
Il avait été le premier sur les lieux. Il avait ouvert la porte de sa chambre ayant des pensées malsaines. Son sourire étrange se résumait à ce qu'il allait faire : fantasmer sur Ino. Sauf que lorsqu'il était entré dans sa chambre, il avait été complètement déboussolé. Il avait été obligé de se boucher le nez tellement l'odeur était forte. C'était totalement écœurant. Il avait vite composé le numéro de police et d'ambulance et puis voilà.
- Monsieur ? Monsieur Uzumaki, je vous prie de vous concentrer.
- Hein ? Oh oui, pardon.
- Je résume, vous n'êtes en aucun cas coupable des faits et gestes qui ont pu être accompli sur le corps de cette femme.
- Non.
- Vous ne saviez pas qu'elle était dans votre chambre ?
- Non.
- Pourquoi êtes-vous aller dans votre sous-sol ?
- Je, bien, ma tête était préoccupé par des pensées purement intimes.
- Purement intime ?
- Oui.
- Comme quoi par exemple ?
Naruto devint rouge.
- Ça... ne vous concerne pas.
- Si vous ne voulez pas nous répondre, nous allons être obligés d'utiliser les manières fortes.
- C'est que c'est gênant à avouer, vous savez ?
- Gênant comme avoir commis un meurtre ?
- Non ! Non, non, non ! Je... bon.
- Puisque vous refusez de coopérer, je vais vous mettre en état-
- D'accord. D'accord.
Naruto lui expliqua les faits.
- Je vois. Vous pouvez partir. Par contre, vous allez être écarté de l'enquête et mis en arrêt de travail jusqu'à ce que nous ayons retrouvé le coupable.
- Bien.
C'était bien moins pire que ce qu'il avait pu craindre.
L'autopsie allait être faite dans la demi-heure qui allait suivre. Le corps mutilé que Naruto avait vu était des plus effroyables. Jamais il n'avait vu un tel spectacle. Le plus déplorable était qu'il allait devoir passer un coup de fil terriblement choquant. Temari était morte assassinée.
***
- QUOI ? Explosa Gaara.
- Je suis vraiment désolé.
- Mais... mais... Mon dieu.
On entendit un bruit étrange à l'autre bout de la ligne. On aurait dit, un ricanement.
- Ce n'est pas vrai ! Hein, Naruto ! C'est une blague, non ?
- Je suis vraiment désolé Gaara. Ça n'aurait pas du se produire.
- NON !
Gaara lâcha le téléphone précipitamment.
- Gaara ? Ça va ? Es-tu encore là ?
- SALAUD !
- Quoi ?
- SALAUD ! Tu as tué ma sœur et tu dis que tu es désolé !?
- Mais je n'ai pas-
- NON. TU L'AS FAIT !
- Je n'ai jamais assassiné qui que ce soit Gaara.
- TU MENS !
Puis Gaara raccrocha.
***
Les funérailles n'auraient pas dû se produire la journée même de la mort de Temari. Cependant, le temps pressait. Rien ne disait que Gaara ou Kankurô n'allaient pas mourir dans la demi-heure qui suivait. L'enterrement de Temari fut bref. Elle n'avait pas été exposée dans un cercueil car l'autopsie n'était pas terminée. Le prêtre prononça les dernières et ultimes paroles pour que l'âme de la jeune femme repose en paix. Rapide, mais touchant. Seulement, Gaara avait l'air arrogant. Son visage était froid et n'exprimait aucune émotion. Même pas une once de tristesse. Il n'avait pas versé une larme.
***
- Gaara ! Tu te rends compte dans quelle situation on est ? Notre sœur est morte, bordel !
- Je sais Kankurô.
- Mon dieu ! Je n'en reviens pas. Elle ne peut pas être... morte !
Kankurô fut secoué par de terribles sanglots.
- Écoute, je te l'avais dit que nous devions rester sur nos gardes et c'est pour ça que j'ai demandé à ce que cinq serrures soient installées. Tu comprends maintenant ?
- Oui.
- Va dans ta chambre. Nous devons réfléchir à tout ça.
- D'accord Gaara. Répondit Kankurô dans un reniflement.
Il se rendit dans sa chambre au deuxième étage, cinquième porte à gauche. Il l'ouvrit et qu'est-ce qu'il y découvrit le fit trembler de peur. Une personne cagoulée et vêtue de noir l'attendait patiemment avec un couteau finement aiguisé.
Kankurô recula d'un pas. « Bordel, c'est quoi ça !? »
- Tiens, tiens ! Je ne m'attendais pas à te voir de sitôt. C'est bien que tu sois là.
Kankurô voulu s'enfuir, mais la personne, étant rapide, l'agrippa par le collet, le tira dans la chambre et referma la porte.
« Sa voix, c'est une fille !? »
-...
- Tu ne parles pas beaucoup à ce que je vois. Habituellement, les gens crient quand je suis là, lui dit-elle avec un sourire moqueur. Je sais que ta sœur est morte il y a peu de temps. Cependant, c'est malheureux, mais ils devront payer un autre service funéraire.
Elle passa sa langue sur la lame du couteau et le lui posa sur le cou.
- Tu as peur ? Je sais que tu es effrayé. Je vais faire vite dans ce cas.
- Je vous en supplie ! Ne me tuez pas ! cria Kankurô.
- Tu en sais déjà trop, mon chou.
- Non !
- Je vais te faire un cadeau. Puisque tu vas mourir, il n'y a rien qui pourra te dénoncer.
- Ne me tuez pas ! Pitié !
- Ne t'inquiète pas, tu ne devrais pas souffrir.
- Je... Pitié !
Pris de panique, Kankurô essaya de se lever et le couteau s'enfonça profondément dans son cou. Il hurla de douleur et se débattit encore plus. La poigne de la fille était solide.
- N'essaye pas. Tu ne peux pas t'enfuir. Tu ne peux plus t'enfuir.
***
Au S.S.J., la nouvelle atterrit comme une bombe au sein de la petite équipe du Kidnap. 09. Rien ne les avait préparés à cela. De plus, le temps était maintenant un facteur extrêmement important.
- D'accord. Notre chef ne sera plus Naruto pour cette enquête. Il a été retiré pour cause des doutes qui pèsent sur lui présentement. Je serai votre nouvelle chef à présent.
- Est-ce vraiment lui qui l'a tué ?
Ino, Hinata, Shikamaru et Shino discutaient de l'affaire. Ils étaient tous très inquiet et la tension montait de plus en plus à chaque minute qui passait.
- Je n'en sais rien Hinata. Tout ce que je peux te dire, tu le sais déjà. Je ne crois pas que les plans vont changer. Vous allez tous continuer à protéger Kankurô et Gaara de la meilleure manière qui soit et vous allez persister dans vos fouilles. Maintenant, au travail.
Ceux-ci ne se firent pas prier et déguerpirent à toute vitesse. L'enquête prenait une tournure sadique et vicieuse.
Hinata se rendit à son bureau d'un air pensif. Quelque chose clochait, elle le savait. Cependant, elle n'arrivait pas à mettre la main dessus. Ça ne tournait pas rond, mais elle ne savait pas trop qu'est-ce qui la faisait douter ainsi. Était-ce le comportement de sa nouvelle chef Ino ? Ou était-ce les réactions bizarres de Naruto avant qu'il soit retiré de l'enquête ? Bref, quelque chose n'allait pas et ça la dérangeait. Néanmoins, elle arrêta de se poser des questions et fit ce qu'on lui avait demandé.
Shikamaru se pressa de retourner à son bureau. Un mail l'attendait, il en était sûr. Il entra dans son cabinet de travail et referma la porte minutieusement. Il vérifia que personne ne le regardait et ouvrit sa boîte de réception. Il lut rapidement la liste des nouveaux messages et trouva ce qu'il cherchait. Il cliqua sur l'objet : « S. » et en lut rapidement le contenu. Il afficha un air de surprise et de colère et supprima définitivement le communiqué. Il se dirigea vers la porte et l'ouvrit avec fracas. Il se rendit à la machine à eau et se versa un verre d'eau. Il était vraiment en rogne. Ce ne devait pas être ça qui aurait du être écrit dans le message. Ce n'aurait vraiment pas du être ça.
Shino se rendit discrètement aux toilettes. Il ouvrit la porte et s'installa confortablement dans une cabine isolée. Il la verrouilla et prit son BlackBerry de sa poche. Soudain, il se mit à sonner. Shino sursauta et pesa sur le bouton talk accidentellement. Il entendit la voix dire :
- Shikamaru ? Est-ce bien toi ? Je ne sais pas si c'est le bon numéro.
Shiono regarda le téléphone d'un air suspect. « Comment a-t-il pu se tromper ? Mon numéro ne ressemble en rien à celui de Shikamaru ! »
- Oui, c'est moi...
La curiosité avait mis ses sens en alerte.
- Bien, je voulais te dire que la réunion de ce soir est annulée.
- D'accord...
- Et aussi que nous pourrions la reporter à demain. Qu'en dis-tu ?
- C'est une bonne idée.
- Bien, sur le quai d'Ichigo à dix-sept heures précises. O.K ?
- Oui.
- Bien.
La conversation se termina.
« Comment a-t-il pu me confondre avec Shikamaru !? »
Mais Shino ne se posa plus de question. Il avait une piste et il allait la suivre.
