PDV Ginny Weasley
- Ne t'en fais pas Neville, je sais ce que je fais ! lui dis-je, après qu'il m'aie reproché mille fois de faire attention avec ce Malefoy.
- Peut-être, me dit-il. Comme je te dis, il avait l'air de réfléchir dans le cours, tout à l'heure. Je ne sais pas à quoi, mais je te souhaite qu'il ne prévoyais pas un trop mauvais plan.
Je me retournai vers lui, cessant de marcher. Je le fixai droit dans les yeux, fouillai dans ma poche et en ressorti sa lettre, que je gardais toujours avec moi.
- Neville, il m'aime...
- C'est ce qu'il dit. Ne te laisse pas avoir Ginny. Peut-être souhaite-t-il seulement les informations, comme tu le croyais au départ, avant de tomber amoureuse de lui ?
Alors là, j'étais frappée. Comment osait-il ? Avais-je dit être amoureuse de ce connard ? Non ? Non, je ne crois pas ! De quel droit osait-il me dire une telle chose ? Je le regardai, bouche bée. Et ça se disait être mon ami ! Ça disait me suporter ! C'est même lui, qui m'avait suggéré de lui donner une chance, au cas où ? En tout cas. Faisant à ma tête, comme à mon habitude, je pris un bout de parchemin, et une plume, et me mit à griffonner.
PDV Draco Malefoy
Est-ce que j'ai l'air d'un gars qui veut aller dans ce cours de potion, devenu minable depuis l'arrivée de ce prof, tout aussi minable ? Non. Non pas du tout. Encore moins depuis que j'ai reçu ce mot, qui vient de je ne sais qui. Tout ce que je sais, c'est que l'écriture est fine, féminine. Différente de celle de Pansy. Je ne peux m'empêcher de penser qu'il s'agit peut-être de la fille Weasley, mais je ne pourrais le confirmer. Pas avant d'être sur place. Ce qui se trouve être vers dix-neuf heures, dans la Salle sur demande. J'étais nerveux, et si c'était-elle ? Qu'allait-il se passer, que devrais-je lui dire ?
Je l'ai vu passer, tout à l'heure. J'aurais juré qu'elle m'avait sourit. Elle était là, elle rigolait avec ses amis. Mais j'aurais juré que c'était à moi que ce sourire s'était adressé. Je fourrai le mot dans ma poche, et décidai de me rendre à ce fameux rendez-vous mystère, ce soir.
PDV Ginny Weasley
- T'es certaine Ginny ? C'est vraiment ce que tu veux ?
- Absolument. T'en fais pas.
Je souris à Neville, qui visiblement, était encore inquiet quant à ses intentions. Il me sourit en retour, alors que je me regardai une dernière fois dans le miroir avant de filer. J'arrivai à l'étage presqu'en même temps que Draco. Je lui sourit.
- Salut.
- Salut.
Je fixai le mur droit devant moi, et pensai fort à un endroit tranquille, que je pourrais partager. Aussitôt que la porte apparut, nous nous dirigeâmes à l'intérieur, sans dire un mot. Encore une fois, la salle avait fait des miracles. Elle avait laissé un éclairage sombre et calme, adapté à l'heure de la soirée. Des coussins étaient installés un peu partout, ainsi que des hamacs, attachés aux poteaux qu'il y avait au milieu de la pièce. J'en fis le tour lentement, alors que Draco restait figé en avant de la porte.
- Tu ne viens pas ? Installe toi ! lui lançai-je, en m'installant sur les coussins dans un coin de la pièce.
PDV Draco Malefoy
Je souris bêtement à cette remarque. Je marchai jusqu'à elle, et m'accostai contre le mur, refusant de m'asseoir, par précaution. Je me sentais stupide, comme si j'étais complètement hors de mes moyens. Elle était belle, cela ne faisait aucun doute.
- Ce que tu peux être rebelle, pour un préfet en chef, me lança-t-elle en souriant. Aie pas peur de moi.
Je m'assis précautionneusement, sans savoir pourquoi je faisais si attention. Je n'osai pas lever le regard vers elle, trouvant tout à coup mes pieds bien intéressants. Qu'est-ce qui m'avait pris de venir à ce rendez-vous ? Cela aurait pu ne pas être elle... Et encore là, pouvais-je réellement lui faire confiance ?
- Écoute Draco, je ne passerai pas par quatre chemins. Si je t'ai convoqué ici, c'est que je t'avais dit avoir repensé à ta lettre. Et j'avais dit que je t'accordais une chance. Je t'ai fixé ce rendez-vous pour apprendre à mieux te connaître. Je croyais que tu étais d'accord.
- Mouais, répondis-je, me grattant le derrière du crâne.
- Alors vas-y. Parle moi un peu de toi.
PDV Ginny Weasley
Pauvre Draco, il avait l'air terrorisé. Je tentai de rejoindre son regard, attendant une réponse. Pour l'encourager, je lui souris. Il capta mon regard, et sourit un peu à son tour. Puis, il regarda le plafond, les bras croisés.
- À vrai dire, je n'ai rien à dire.
- Oh, allez. Tu dois bien avoir quelque chose à dire ? insistai-je.
- Qu'est-ce que tu veux au juste, Weasley ? Toi aussi, tu espères voir la marque de tes propres yeux ?
Il avait été assez agressif, sur celle-là. Et je le comprenais, d'une certaine manière. Je soupirai, ne sachant que dire, et ne sachant soutenir son regard, qui m'intimidait, sur le coup.
- Non, lui-répondis-je, en replongeant mon regard dans le siens. C'est quelque chose que je savais déjà. Et le savoir me suffit. Je n'ai pas besoin de la voir pour me le prouver. Et puis que tu sois des leurs ou des nôtres, ça m'est égal. Je t'ai invité car je croyais que tu voulais qu'on se connaisse mieux.
Je cessai de parler un instant. Je pensais très vite, voulant rajouter quelque chose, sans savoir quoi. Puis, je repensai à sa lettre, à ce qu'il y était inscrit. Et puis, ça me vint à l'esprit.
- Tu sais, je crois même qu'il n'y a pas un parti meilleur que l'autre...
PDV Draco Malefoy
J'en croyais pas un mot. Elle était au courant de la guerre. Elle était en courant que cela se passait entre elle et son petit copain, et elle ne le défendait même pas. Je la fixai, yeux ronds, prêt à entendre la suite de son récit. Elle me sourit, me laissant rougir un peu, avant de continuer :
- J'y pensais l'autre soir. Et tu sais, si le monde est devenu divisé en deux, ce n'est que parce que les gens ont choisi leur camp.
Je déglutis.
- Ce ne fut pas mon cas, murmurai-je, plus pour moi même.
- Ah non ?
Je secouai la tête. J'avais cette envie, cette envie de tout lui dire, de tout lui révéler, mais que se passerait-il si je le faisais ? Je pensai un peu, avant de faire quoi que ce soit. Puis, je le lui révélai. Le regard qu'elle me lançait m'inspirait confiance, alors je lui balançai mon histoire. Je lui expliquai comment mon père m'avait forgé, et puis forcé à le suivre. Je lui racontai comment ma mère s'y était opposée, sans qu'elle ne puisse rien faire. Je lui révélai également les détails de ma mission qu'il m'avait confié, les efforts que j'ai du faire, pour mon père, alors que l'angoisse me grugeait sans cesse de l'intérieur. Elle m'écoutait, sans dire un mot. Je terminai mon discours, en me laissant tomber sur le sol, fermant les yeux.
- Tu vois ? me fit-elle remarquer. Je savais que tu y arriverais, à dire quelque chose sur toi.
Je souris, alors qu'elle me fit un clin d'oeil. Elle avait raison.
- Merci, lui dis-je. Je crois que j'avais besoin de le dire à quelqu'un. Mais j'avais une question pour toi ... Comment fais-tu, pour rester aussi forte ?
- Oh, tu sais, me dit-elle. J'ai grandit avec six frères, je crois que cela a été suffisant pour me fortifier. Principalement grâce à Fred et à George, qui m'ont montré à tout prendre avec humour, rigola-t-elle.
Je souris avec elle, alors que je me surpris à être jaloux d'elle. J'aurais tant aimé avoir sa force d'esprit, mais cela n'était pas le cas. Plus elle parlait, plus je me surprenais à l'aimer de plus en plus. Maintenant, je pouvais être absolument sur de ces sentiments. Mais jamais je ne précipiterais les choses. Elles étaient si parfaites ainsi.
