Disclaimer : Rien n'est à moi, ni le mot vicodine qui est un barbarisme reposant sur The Vicodin Song de Terra Naomi. Encore une fois, tous les dessins-animés mentionnés appartiennent aux Studios Walt Disney, le conte La Petite Sirène fut écrit par Hans Christian Andersen, sous le nom de Den Lille Havfrue.
Rappel : Contenu mature. Ce n'est pas pour rien que le titre de cette fic s'inspire d'un médicament qui peut devenir une drogue, hu.
Note : J'vous dirai jamais à quel point vos reviews m'encouragent… La preuve, j'me retrouve à écrire à la place d'étudier. En tous cas, merci. Vraiment. Surtout que je sais que je suis pas forcément très claire, mais j'avoue ne pas avoir toutes les réponses, et cette histoire devait être toute autre, au départ. L'intrigue a évoluée, et même si je sais où je veux la mener, bien des choses restent encore floues. Je l'avais dit dès le départ, j'ai mon idée, mais je pars en aveugle, sans trop savoir où.
Ah, et un petit récapitulatif :
Ethan - 4 ans
Eileen - 3 ans
Judith - 20 mois.
J'expliquerai les prénoms, un jour. La raison la plus stupide est même visible, e.
Oh, indice. Bella parle de leurs yeux, souvent… Notez les couleurs.
Et encore une fois, merci de prendre la peine de lire. Et encore plus de reviewer, ça me touche énormément, surtout que cette fic est étrange, surtout pour moi. Mais elle prend forme, peu à peu, ce qui serait beaucoup plus dur sans vos commentaires. Donc, merci.
Bonne lecture.
III
Far Field
« Bella ? »
Ma tête bougea légèrement sur ses genoux.
« Quoi ? »
Son visage se pencha vers moi, son nez contre le mien.
« Tu penses à quoi ? »
J'ouvris les paupières, croisant son regard pénétrant. Me perdant au fond de ses yeux perçants. J'avais toujours l'impression d'être mise à nue face à eux, transpercée de toute part.
« Bella ? »
Je clignais des yeux, tendant mon cou en avant.
« Tu penses à quoi, mon amour ? »
Ma main se posa sur sa joue, plongée dans ses iris.
« J'aime tes yeux. Le vert est ma couleur préférée. »
Il rit, ses doigts se resserrant sur les miens. Il les ramena à ses lèvres, embrassant chacune de mes phalanges une à une.
Soupirant, je tournai la tête vers son ventre, soufflant sur la peau visible entre son jean et son tee-shirt. Il tressaillit alors que j'éclatais de rire.
Son bras se détacha de ma taille pour passer dans mes cheveux, les remuant tendrement en arrière. Un autre soupir m'échappa. Ses lèvres dansèrent sur ma joue, puis il mordit doucement le lobe de mon oreille. Je poussai un cri de surprise. Sa voix moqueuse caressa ma peau :
« Tu ne devrais pas, Bella. »
Sa langue glissa le long de mon cou.
« À jouer avec le feu, tu vas finir par te brûler, mon amour. »
J'agrippai ses cheveux, soulevant mon buste afin de rapprocher nos deux corps.
« Embrasse-moi, Edward. »
Il eut un sourire, ses lèvres à deux centimètres des miennes.
« Tu me tentes ? »
Je pouvais sentir sa respiration, hérissant tous les pores de ma peau, les muscles durs de son torse contre le mien, nos doigts joints sur ma taille. Son autre main toujours sur ma tête, la poussa délicatement vers la sienne, ses lèvres m'effleurant enfin.
« Tu ne devrais pas. »
Il posa sa bouche sur la mienne, ravalant le gémissement qui m'échappait.
'Tu ne devrais pas.'
Mes yeux ne quittèrent pas l'appareil, immobile au milieu du plan de travail. Comme pour me narguer, me tenter.
Me montrer qu'il n'était qu'à bout de bras, que je pouvais l'attraper si facilement.
« Tu ne devrais pas. »
Mes mains se crispèrent sur le rebord de la table. Ne pas le prendre, ne pas céder. Ne pas tendre la main.
« Tu ne devrais pas, Bella... »
Ma voix mourut dans ma gorge. Peu importe la tentation, je n'avais pas besoin de faire ça. J'en étais déjà à me parler toute seule, à tenter de me convaincre que je n'avais pas à vérifier les numéros qui m'avaient appelée ces derniers jours, je n'en avais pas besoin. Je savais pertinemment qu'il ne m'avait pas rappelée. Je n'étais plus une gamine de dix-huit ans. Je ne l'étais plus. Mais alors, pourquoi me comportais-je comme telle ?
« Tu ne devrais pas. »
Parce que si mon téléphone portable était à portée de main, que je pouvais vérifier mes appels toutes les cinq minutes, à la manière d'une stupide et passionnée adolescente, je ne l'étais plus. Ce n'était pas parce que mon portable était à ma portée que lui l'était aussi. Il ne l'était pas. Il ne l'avait jamais été.
Je le savais, je l'avais compris, ça allait faire dix ans cet automne. Mais comme les six premières années où j'avais attendu en vain - un signe, une lettre, quelque chose, n'importe quoi - un faible espoir pas tout à fait mort, renaissait, subsistait en moi.
Une illusion. Parce que même s'il revenait pour moi, il était trop tard. Bien trop tard. Je n'étais plus la fille de dix-huit ans, amoureuse folle. J'étais une autre, mariée et mère de trois enfants adorables, qui étaient toute ma raison de vivre. J'avais des responsabilités, comme n'importe quelle femme allant sur ses trente ans, et je comptai les tenir.
Pourtant j'avais beau y croire, le savoir, en être convaincue de tout mon être, il n'empêchait que mon cœur se mettait brusquement à tambouriner à chaque seconde que l'écran tactile s'allumait.
« Prends ça, Capitaine Crochet !
- Mamaaaan ! Ethaaaan, il me fait maaal !
- C'est pas vrai ! »
Jetant un rapide coup d'œil depuis la cuisine, je ne vis que la porte du salon.
« On ne ferme pas la porte, les enfants ! »
Pour toute réponse, plus de cris furent poussés.
« Mamaaaan ! »
Baissant le feu, je me dirigeai vers le lieu du crime. Heureusement que Judith dormait paisiblement un étage plus haut ou mes deux monstres l'auraient déjà fait pleurer. Étant donné l'heure, il fallait mieux éviter. Réveillée à sept heures du soir, Judith hurlait le restant de la nuit. Forcément, elle n'arrivait pas à se rendormir. Et personne ne voulait passer une autre nuit blanche.
Ouvrant la porte du séjour, mains sur les hanches, pour les découvrir en train de se poursuivre entre les meubles, je secouai la tête. Ils s'immobilisèrent en me voyant.
« Ethan, tu arrêtes d'embêter ta sœur. »
Il me lançant un regard outré.
« Je l'embête même pas ! »
Lui lançant un regard peu convaincu, je regardai alors mon autre enfant, cramponnée à la table basse.
« Eileen, tu arrêtes de crier, ou tu vas réveiller Judith. »
D'un air sévère je leur désignai le canapé.
« Vous vous asseyez là, et vous choisissez un film. Je reviens. »
Je montai vérifier que ma cadette dormait toujours, emmitouflée dans sa couverture, suçotant son petit pouce. Mes trois enfants suçaient tous leur pouce. À leur âge, c'était adorable, mais d'ici quelques années, ils devraient porter un appareil, et je n'y tenais pas particulièrement. S'ils ne prenaient pas cette mauvaise habitude trop tôt, cela pouvait leur être éviter toute la douleur que porter un appareil dentaire engendrait. La vie était assez dure comme ça, pas la peine de se faire du mal quand on pouvait s'en abstenir.
J'effleurais les mèches sombres sur le front de Judith. Elle remua légèrement mais ne se réveilla pas pour autant, gardant son doigt entre ses petites dents. C'était un trait qui leur venait de mon mari. Je n'avais mis mes doigts dans ma bouche. Un vague sourire étira mes lèvres. Lui non plus, il n'avait jamais sucé son pouce.
Après avoir vérifié le repas, j'allais retrouver mes deux enfants dans le salon. Ils se faisaient face, brandissant leurs mains, murmurant férocement pour ne pas se faire entendre.
« J'veux voir la Petite Sirène !
- J'veux pas !
- J'veux !
- J'veux pas ! »
Je me raclais la gorge, les regardant d'un air amusé.
« Et que proposes-tu alors, Ethan ? »
Il me regarda de ses yeux noirs, sa bouche se tordant en une petite moue.
« Pas la Petite Sirène ! On l'a vu y a pas longtemps ! »
Eileen agita ses mains, sautillant sur le canapé.
« Petite Sirène, Petite Sirène ! »
En riant, je m'asseyais entre les deux. Eileen vint se poser sur mes genoux, ses grands yeux implorant.
« Mamaaaan, s'il te plaît ! En plus, il m'a embêtée ! »
Ethan passa sa tête sous mon bras.
« C'est pas vrai ! J'voulais juste jouer à Peter Pan, et elle… »
Je jetais un regard insistant à mon fils.
« Fais donc plaisir à ta sœur, grand frère. »
Il soupira dramatiquement avant de se lever pour mettre le film, puis revint s'asseoir sous mon bras. Je me penchais vers lui, effleurant ses mèches.
« On regarde Peter Pan la prochaine fois, promis, mon ange. »
Il me fit une grimace, avant de se caler un peu plus contre moi, ouvrant grand ses yeux alors que l'histoire commençait. Je retins mon rire face à son manège. Mon fils aimait ce dessin-animé, mais il aimait encore plus contredire sa sœur. Un peu comme tous les petits garçons.
« Non, mais ne t'inquiète pas. Lui, il adorait la Belle au Bois Dormant ! Il ne le reconnaissait jamais, juste pour m'embêter, mais on savait tous !
- Alice ! »
J'éclatais de rire face à son air horrifié. Alice m'adressa un sourire éclatant avant de refermer la porte derrière elle.
Il grogna, passant sa main sur son visage.
« Ne fais pas cette tête, c'est mignon comme tout ! »
Il me contempla, l'air aggravé.
« Non, mais c'est même pas vrai !
- Genre…
- Je préférais la Belle et la Bête ! »
Je ris plus fort. Il m'enlaça, riant avec moi. Je fis tourner nos mains, jouant avec ses doigts.
« Mon amour ? »
Sa tête posée sur la mienne, je sentis ses lèvres dans mes cheveux.
« Hmm, oui ? »
Il eut un petit rire.
« Pourquoi la petite sirène ? »
Je soupirai en sentant son souffle sur ma nuque.
« Bella?
- À cause du conte… »
Même à mes oreilles, ma voix sonnait faible. Il eut un autre rire. Mais je n'y pouvais rien si ses moindres gestes me laissaient pantelante.
« Ca te ressemble bien. Tu te rappelles de l'histoire ? »
Il descendit sa tête vers moi, m'observant de ses yeux acérés. Fermant les yeux, je m'adossai un peu plus contre son corps.
« Bien sûr. »
Ses lèvres se posèrent sur ma gorge.
« Raconte-moi. »
Ma tête s'inclina en arrière, s'appuyant un peu plus sur son épaule.
« C'est la fin qui change. Il ne sait pas que c'est elle qui l'a sauvé. Il finit par en épouser une autre. Ce qui est contraire au marché passé avec la sorcière… »
Son nez remontait lentement le long de mon cou.
« Continue. »
J'inspirais profondément.
« Ses sœurs qui ont appris le pacte viennent la voir et lui donnent un poignard. En tuant le prince, elle peut redevenir une sirène et retourner vivre sous l'eau. Et… »
Ma voix chancela lorsque ses mains se mirent à frôler la peau de mon cou, repoussant les mèches de mes cheveux, m'empêchant par la même de me concentrer. J'abrégeai.
« Elle devrait donc le tuer, mais n'arrive pas, alors se jette à l'eau. Et elle devient un être du vent… »
Alors que sa bouche suçotait ma nuque, je me sentis trembler, les nerfs en feu.
« C'est trop triste. Ce n'est pas juste pour elle, elle l'aimait tellement… Elle aurait dû le tuer, tu sais ? »
Il émit un petit rire. Ses bras m'encerclèrent, me posèrent entre ses jambes. Ses lèvres quittèrent la peau de mon cou pour celle mon oreille, y chuchotant.
« Si ta vie en dépendait, tu crois que tu pourrais me tuer ? »
Je me retournais sur ses genoux, l'air indigné.
« Bien sûr que non ! »
Il prit mon visage en coupe entre ses mains.
Je les agrippai, perdant mon regard enflammé dans le sien.
« Et si j'épousais quelqu'un d'autre?
- Tu ne feras jamais ça.
- Imagine, Bella. »
Je pris une respiration, regardant ses yeux emplis d'émotion, ses mèches folles sur son front, ses traits fins. Il était beau, si beau… Comment pouvait-il seulement m'aimer ?
Je remontai mes mains à ses cheveux, caressant leur texture si douce, faisant glisser mes doigts entre eux. Je levai mon regard vers le sien.
« Bella…
- Je ne pourrais pas te tuer, Edward. »
Il tourna la tête, embrassant mon poignet, descendant ses lèvres le long de mon bras.
« Bella. »
Sa main lâcha mon bras, se posa sur ma joue, rapprochant nos visages. Son regard me fixait, brûlant d'intensité.
« Je ne peux pas vivre sans toi, Bella, tu le sais, non ? »
Ses yeux verts se rapprochèrent encore plus des miens. Jusqu'à ce que je ne vois plus qu'eux, comme si je ne me perdais pas déjà en eux lorsqu'ils étaient à une distance raisonnable.
« Je ne pourrai jamais te faire de mal, Edward. Je t'aime trop pour ça. »
Son nez était accolé au mien, sa joue contre la mienne.
« Je passerai trois cents ans comme fille de l'air, s'il le faut… »
Ma voix mourut dans ma gorge lorsqu'il se pencha un peu plus vers moi.
« Tu vois, Andersen avait raison, mon amour. »
« Maman, Eileen s'est endormie... »
Je tournais la tête vers Ethan, dont la main remuait délicatement les mèches du visage de sa sœur.
« On va la monter, d'accord, mon ange ? »
Mon fils tourna ses yeux lumineux vers moi. Je le serrais dans mes bras.
'Tu vois, Andersen avait raison, mon amour.'
Je ne savais juste pas à quel point.
Je sais jamais trop où je vais quand je commence un chapitre. Je m'inspire du titre et j'vais plus ou moins dans cette direction. Donc, l'action ne bouge pas trop, les enfants prennent une place important de la vie de Bella, en plus de ses flashbacks, oui. Je tente d'écarter tous doutes et d'installer vraiment la trame. Il n'en reste que je suis aussi étonnée que vous d'où que ce chapitre m'a menée. Mais il gagne en longueur! Sur ce, je m'en vais enfin apprendre mes cours !
Donc, à-je-sais-pas-quand… Fin juin, max. Tschüss !
