Merci à tous ceux qui lisent cette histoire. J'espère que vous avez toujours envie de lire la suite.
Si ça vous plait, si ça ne vous plait pas, si mes fautes de frappes vous exaspèrent, si vous détestez Mai, si vous adorez Iroh, si vous en avez marre de la gentille Katara... Je veux le savoir! N'hésitez pas à laisser une petite review ;-)
Sans plus attendre...
Chapitre Quatre: doléances
Zuko, depuis qu'il s'était levé en catastrophe ce matin-là - lui qui d'habitude était en parfaite synchronisation avec le soleil - siégeait dans la salle du trône pour les Doléances hebdomadaires. Il écouta distraitement les premiers intervenants, la tête encore pleine des mots de Mai, du satin blanc de sa peau, l'hématite de ses iris et la chaleur de ses caresses lentes et mesurées jusqu'à l'abandon d'elle-même dans lesquelles il avait trouvé, en plus du plaisir, une voie toute tracée vers l'oubli, encore un peu, de ces yeux. Le Seigneur du Feu aimait sa femme, ce matin, et il parvenait difficilement à effacer le voile de béatitude de son visage, pour le remplacer par un air attentif et concerné (consterné ?) par les menus problèmes qu'on tentait de lui soumettre.
Un riche agriculteur était venu lui présenter un projet d'aménagement de la région de Furo-Ke digne des plans les plus farfelus de Sokka. Zuko se promit d'ailleurs de lui en parler quand il le verrait. Deux généraux se querellaient parce que l'un projetait d'épouser la fille dont le fils de l'autre était amoureux- et était en passe d'obtenir sa main, ayant une grande influence sur le père de ladite demoiselle. Un châtelain et un fermier en vinrent aux mains parce que le premier avait détourné un petit ruisseau qui traversait ses terres pour en faire une fontaine, asséchant complètement les terres du second- dont les récoltes étaient les seules ressources.
Les Seigneur du Feu montrait une patience sans précédent face à ces petites misères privées ou publiques que ses sujets, confiants dans la clairvoyance de son jugement et la justesse sans appel de ses décisions, venaient lui exposer. Tous espéraient une solution sage, rapide et diplomatique. Zuko savait qu'il se faisait des ennemis en prenant aussi activement part à la vie de ses sujets mais il s'assurait leur fidélité et l'équilibre de son état.
Iroh, comme toujours, l'assistait dans cette tâche et il était, égal à lui-même, de très bon conseil dans la résolution des cas délicats.
Sans sa présence à ses côtés, Zuko aurait été incapable de recevoir avec autant d'amabilité le concile Zei-Huan. C'était un homme petit dont le physique rappelait étrangement celui d'un mulot et qui avait de longues et fines moustaches « de dragon ». Il avait affiché ouvertement son opposition à l'accession au trône de Zuko mais une fois que le jeune homme avait obtenu l'appui d'une majorité des généraux et du Conseil, Zei-Huan s'était rétracté et avait joué les lèche-bottes avec une maîtrise qui ne s'acquiert que par l'expérience. Zuko ne résistait pas à entourer le trône de flammes qui, en plus d'être particulièrement intimidantes, avaient l'avantage de le masquer à la vue de ses opposants. Cette fois, Zei-Huan venait grappiller des fonds pour la construction d'un temple de Feu dans la région volcanique de Igni-Tan ; fonds qu'il détournerait astucieusement pour accroître ses richesses et son influence au sein du Conseil. Sachant cela, le Seigneur du feu lui fit cette réponse chaleureuse :
- Cher Zei-Huan, voilà la troisième demande de fonds que vous me venez présenter pour la construction d'un temple en hommage à l'Avatar. Je suis prêt à soutenir tous les projets visant à valoriser et à célébrer notre grand peuple et ses grands représentants tels que les Avatars Roku, Azon ou Ir-An. Mais ces hommes n'étant, en définitive, que les différentes réincarnations d'un seul esprit, celui de l'Avatar, je crois qu'ils devront se partager un seul temple dont je suis heureux de confier la construction à un homme responsable et dévoué tel que vous. Et je serai ravi de venir le visiter, dès qu'il sera achevé.
- Mais… mais… Avec quels moyens ?
- Ceux que je vous avais confiés pour l'édification des deux autres temples dont, d'après les renseignements que je tiens de source sure, la construction n'est pas encore entamée.
Sur ce, il salua le concile, lui signifiant que l'entretient était terminé. Zei-Huan partit la queue entre les jambes en feintant d'être ravi de se voir confier une si honorable mission.
- Cet homme n'a ni honneur ni fierté, grogna Zuko en laissant s'estomper le mur de flammes et son oncle vint poser une main bienveillante sur son épaule.
Zuko venait de résoudre « à l'amiable » une affaire de plus quand un faucon-messager pénétra dans la salle du trône. Il tendit le bras pour l'intercepter, l'oiseau fauve à crête d'argent s'y posa et leva la patte à laquelle était attaché un petit rouleau de parchemin. Quand le Seigneur du feu eut détaché le message pour le tendre à son oncle, le faucon lui donna un coup de bec agressif sur la main, s'envola et disparut aussi vite qu'il était arrivé.
- Sale bête ! grogna Zuko, le doigt pincé en sang. Son propriétaire va m'entendre, qu'il dresse sa bête avant de me l'envoyer !
- Mon cher neveu, je crois que cette bête était parfaitement dressée. Lisez donc…
Zuko prit le message et lut les caractères classiques qui disaient :
« Avant le solstice, la couronne reviendra à qui de droit »
Il relut plusieurs fois le parchemin et leva les yeux vers son oncle. Iroh opina du chef et quitta la salle en vitesse. Zuko entoura son doigts d'un mouchoir et appela le sujet suivant, un paysan au traits burinés, à lui exposer son problème.
- Ah ça, mon bon Seigneur, se faire doubler par un piaf pendant les Doléances, c'est pas courant ! Mais je ne me plains pas, savez-vous, je viens ici pour vous prier de soutenir un paysan dont les récoltes ont été détruites par la sècheresse…
Quand il eut entendu les dernières requêtes, il rejoignit son oncle dans son office. Il suçait son doigt qui saignait toujours et Iroh l'informa des mesures qu'il avait déjà prises.
- J'ai envoyé un faucon à certains de mes amis du Lotus mais je ne sais pas s'ils pourront nous être utiles. Tu sais à qui appartient celui qui t'a mordu ?
- C'était un faucon à crête argentée. On n'en voit pas beaucoup...
- Tout à fait, et j'imagine que tu sais qu'il n'y a que les Shu qui les élèvent.
- Mais pourquoi m'envoyer un message anonyme si c'est pour le « signer » en le confiant à l'un de leurs oiseaux ? Je peux sans encombre les punir pour cet acte !
- Pour te narguer… te montrer qu'ils ne se soumettent pas à ta loi.
- Vous pensez que je dois ignorer cette provocation, n'est-ce pas, mon oncle ?
- Officiellement, oui. Mais comme toujours, nous prendrons nos dispositions.
Zuko s'était levé et appelait l'un des gardes qui patrouillait dans le couloir.
- Faites venir le sergent.
Il avait quelques années plus tôt recruté lui-même des hommes de confiance qu'il avait su placer aux postes où il pourrait faire appel à eux en cas d'insurrection des anciens partisans de son père ou sa sœur. Le général Lee en faisait partie, et le sergent…
- Shit-Sang.
La silhouette immense de l'ancien prisonnier remplit le cadre de la porte. Il portait l'uniforme des officier mais il avait refusé d'en porter l'armure « On a l'air de gros scarabées là-dedans ».
- Je suppose que je ne suis pas là pour boire le thé, fit-il.
- Vous supposez bien, répondit Zuko. Il semblerait que l'un de mes sujets n'apprécie pas ma façon de gérer ce royaume et entende bien placer quelqu'un d'autre à ma place.
- C'est gentil de proposer mais j'ai pas envie de ton job !
- Ah-ah ! grogna Zuko. Épargne-moi tes sarcasmes. Je compte sur toi pour renforcer la sécurité des quartiers privés du palais. Je m'en remets à toi personnellement mais tu sais ce que te coûtera la moindre défaillance.
- Y a prescription, ton Altesse, tu peux plus me renvoyer en prison.
- Je peux. Tu seras muté gardien.
- Oh non, pas ça !
- Je peux compter sur toi ?
- Ouais, tu veux qu'on ne touche pas à ta petite famille ? Ça peut s'arranger.
…oooOOOooo…
Katara et Toph se promenaient dans les jardins royaux, silencieuses. Leur conversation de l'avant-veille les avait laissées un peu étourdies et Katara surtout, très déstabilisée. Elle avançait à petits pas sur les dalles, les yeux rivés au sol, perdue dans ses pensées. Toph avait dit vrai : elle avait perdu huit ans de sa vie. Elle avait sauvé des vies grâce à ses dons de guérison mais ce n'était pas vraiment elle. Elle ne voulait pas soigner, elle voulait se battre ! Comment avait-elle pu ne pas agir comme ça ? Elle songea amèrement qu'elle plaignait la femme de Haru alors que leurs situations se valaient largement. Toph trépignait, quelques pas devant elle.
- Oh Katara arrête de pleurnicher ! soupira la maître de la terre. Je suis désolée d'avoir été un peu…
- Franche ?
- Mouais… mais c'était pour ton bien alors, hem, changeons de sujet.
Katara baissa les yeux puis après un instant d'hésitation, lança avec un grand sourire :
- Bien. Dis-moi… où en sont tes amours ?
- Changeons encore de sujet.
- Ça va si mal que ça ?
Toph essayait de s'éloigner de Katara mais celle-ci la retint par le bras.
- Non, je m'éclate. Je suis une femme épanouie.
- Mais… qu'est-ce qui s'est passé ? Tu avais l'air bien avec ce maitre du feu, Ezon…
- Oui…
- Il arrivait à te suivre dans tes escapades, il aimait ton sale caractère, il te respectait…
La maitre de la terre se retourna avec humeur et cria
- Ezon n'avait que des qualités ! Je sais !
Katara n'aimait pas torturer son amie de la sorte, la pousser à bout. Au fond d'elle-même, elle se demanda si elle n'était pas en train de se venger pour l'avant-veille. Non, elle essayait d'ouvrir- si pas les yeux, au moins- le cœur de Toph. La jeune femme avait eu plusieurs hommes dans sa vie, et certains qui possédaient beaucoup de qualités- comme Ezon- mais elle avait chaque fois fini par rompre sans crier gare ! Plusieurs de ses conquêtes avaient écrit à Katara pour lui demander le fin mot de ces licenciements abusifs mais la maître de l'eau n'y voyait pas plus clair qu'eux. Elle insista :
- Mais… ?
- Mais c'était pas lui, fit Toph. C'était pas Sokka.
Toph avait parlé d'une vois si basse que Katara douta d'avoir entendu ce qu'elle avait entendu. Elles restèrent un instant silencieuses, plantées comme des fleurs au milieu des jardins, la tête baissée. Katara savait que sa jeune amie avait eu longtemps des sentiments pour son frère qui semblait ne pas les partager- il traitait toujours Toph comme une autre petite sœur, ou comme un garçon... Mais elle ignorait que ces sentiments avaient survécu si longtemps, et qu'ils pouvaient être encore si vifs que la jeune femme ne puisse s'en libérer pour les reporter sur un autre homme qui les honore.
- Je croyais que tu avais…
- Tourné la page ? C'est facile à dire pour toi, madame Je-fais-appel-à-mon-amant-pour-sauver-mon-mari !
- Toph ! Comment tu peux dire une chose pareille !?
- Avec ma bouche.
Katara comprit qu'elles risquaient d'en venir aux mains- ou aux éléments- si le ton montait encore. Elle ne se défendit pas des accusations de Toph et tenta de la ramener au sujet initial.
- Il est avec Suki maintenant, depuis dix ans. Et Tobekka va en avoir huit.
- Je sais.
- Et… enfin il ne s'est jamais rien passé qui t'incite à penser qu'il partage tes sentiments.
- A vrai dire… si.
La maitre de la terre aida son amie à s'asseoir sur un banc sous les cerisiers avant de lui raconter, à mi-voix
- On s'est vus une fois, après que Suki a annoncé qu'elle attendait Tobekka. J'étais à Omashu pour mes parents et Sokka venait étudier de plus près les toboggans pour les adapter au pôle Sud… enfin, on s'est rencontré par hasard. Il m'a d'abord joué le futur-père-ravi mais tu sais qu'on ne me la raconte pas, à moi. Quand je lui ai dit que je sentais qu'il ne me disait pas tout, il a dû commencer à flipper parce que son cœur tambourinait. Et puis… il m'a dit certains trucs…
Toph rougit. Katara l'invita à poursuivre en posant sa main sur son bras.
- « Certains trucs » ?
- Il m'a dit qu'il se demandait s'il ne faisait pas une erreur, si c'était pas un peu précipité. Il a dit qu'il n'était pas sûr d'avoir fini son deuil pour Yue, qu'il aurait dû prendre plus de temps et donner plus de temps à la vie pour lui apporter, peut-être, quelqu'un d'autre. Il a dit plusieurs fois qu'il aimait Suki et il était sincère mais… Mais quand il a pris ma main… Suki lui avait dit pour ma boulette de la Passe du Serpent et, enfin, il n'est pas aussi aveugle que toi… il a dit qu'il aurait peut-être dû me laisser le temps et que j'étais de plus en plus belle ; je m'en fiche mais ça fait toujours plaisir à entendre… ce genre de trucs...
- Et c'est tout ?
- Non, mais le reste, tu préfères sûrement que je ne t'en parle pas- d'ailleurs c'est le genre de choses qu'on n'a pas à savoir sur son frère.
- Oh !? Mais… et après ?
- Après, Tobekka est né et il ne s'était jamais rien passé.
- Je vais le tuer.
- Et faire trois orphelins et une veuve ? Je ne te laisserai pas faire. Je savais ce que je faisais à l'époque. Au fond, c'est peut-être moi qui ai abusé de la situation…
A ce moment, il y eut un grand déploiement de gardes tout autour du jardin et l'atmosphère intime de dissipa comme un nuage de fumée par grand vent. Tout en saluant un Shit-Sang en uniforme à l'air sévère donner des ordres à ses équipes, Katara songea qu'elle n'aurait plus jamais de telles confessions de Toph. Elle finirait sûrement par tourner la page.
Au repas, ce soir-là, Mai dit qu'elle avait reçu une lettre de Ty-Lee qui saluait tout le monde. La « Bête de cirque » s'était liée d'amitié avec les guerrières Kyoshi et voyageait moins, ne comptait plus ses conquêtes. Elle félicitait Katara pour sa grossesse et lui conseillait de garder une aura aussi sereine que possible et surtout de s'enduire de jus de fraise pour éviter les vergetures après l'accouchement.
- Je lui écrirai pour la remercier du conseil, dit Katara, toujours saisie par la tournure d'esprit de Ty-Lee
- Elle demande aussi des nouvelles d'Azula, ajouta Mai après une hésitation. Ursa, je sais que vous êtes allée la voir au pôle nord…
- J'écrirai moi aussi à Ty-Lee.
- Vous rendez visite à la folle dans son frigo ? fit Toph
- Eh bien, malgré tous ses défauts… elle reste ma fille, répondit Ursa d'une voix douce. Je crois vraiment qu'elle commence à réfléchir à ses actes.
- J'en doute, cracha Zuko. Et tu le sais aussi mais tu t'obstines à penser qu'elle a de nouveau six ans et qu'elle peut encore changer.
Comme il s'énervait, les flammes des chandeliers grandissaient et grondaient. La pièce semblait devenue trop exigüe pour contenir autant de chaleur. Pourquoi Ursa ne comprenait-elle pas !? Sentant encore dans ses doigts le lancement de la morsure du faucon, il n'en voulut que plus à sa mère de défendre Azula- que les Shu avaient défendue au premiers temps de son règne.
- C'est ta sœur… dit-elle enfin, comme si c'était un argument sans faille.
- Justement. Tu as besoin d'un rappel de ce qu'elle a fait à Mai ? Ou tu préfères le témoignage poignant des habitants de Bah-Sing-Se ? Ou tu veux que je recompte le nombre de fois où elle a tenté de me tuer? Je n'aurais pas assez d'une semaine pour les recenser!
Ursa regarda son fils, le visage défait de déception et se leva. Il ravala son grognement de frustration, se radoucit et se lança à sa poursuite. Elle avait déjà disparu dans le dédale des couloirs du palais.
- Maman ! appela-t-il, revenu quinze ans en arrière. Maman ?
Il s'engagea dans les corridors somptueux, en direction de la chambre de sa mère mais il s'arrêta en chemin. Il savait où la trouver.
- Maman…
Ursa était agenouillée près de l'étang aux canne-tortues, elle caressait la tête de l'une d'elle qui était particulièrement grosse et étonnement affectueuse. Ses longs cheveux grisonnants masquant son visage et son corps mince arqué vers l'eau comme une feuille de roseau. Elle ne leva pas les yeux vers son fils quand il vint s'accroupir près d'elle. Elle lui attrapa la manche, l'attira à elle et il se laissa faire jusqu'à poser sa tête sur son épaule. Il se sentait si petit, si fragile. Lui, le Seigneur du Feu, le maitre d'un royaume, celui qui commandait à tout un peuple, qui avait combattu aux côtés de l'Avatar, qui avait vaincu avec lui… se retrouvait, à vingt-six ans, à retenir ses larmes dans les bras de sa mère. Il ferma les yeux et chuchota :
- Azula est méchante. Elle ne fait que mentir.
Ursa souffla « chht », comme pour l'apaiser, mais il répéta encore et encore
- Azula est méchante. Elle ne fait que mentir.
Jusqu'à ce qu'Ursa pleure à son tour et murmure dans un sanglot
- Je sais.
AN: Un tout grand merci à kearrow pour sa gentille review. Je sais qu'il y a quelques fautes de frappes ou d'orthographe :-S. En relisant les textes, je les vois et j'éditerai prochainement en corrigeant les fautes. Tes encouragements m'ont donné confiance et je crois que je sais où je veux emmener cette fic.
