Bonjour ! Je suis de retour avec ce chapitre ! Désolée du retard avec les cours j'avais pas trop le temps d'écrire j'étais tout le temps fatiguée. Je vous remercie encore une fois pour les reviews et d'attendre toujours la suite malgré mon absence. Je vous souhaite une bonne lecture en espérant que ce chapitre me fasse pardonner ;]


CHAPITRE 4 : MENSONGES

La question avait échappé mes lèvres. Mon regard était encré dans le sien tandis que lui me fixait inexpressif. Comment réagir si il m'avouait subitement qu'il était bel et bien la personne avec qui je parlais par message ? Jamais je n'aurais pu imaginer ni même penser que ces deux hommes pouvaient être la même personne. Ils paraissaient si différents, trop différents. L'ambiance commençait à être de plus en plus pesante. L'observant toujours, j'attendais sa réponse. Lorsque qu'il daigna enfin ouvrir la bouche, mon cœur tambourina subitement dans ma poitrine.

-L'homme avec qui tu parles ? répéta-t-il en croisant les bras. Qui c'est ça ? Ton ami imaginaire ?

-N'importe quoi ! m'emportai-je au quart de tour. Il est bien réel !

-Ça risque pas d'être moi, grogna le gardien. Supporter une gamine comme toi tous les jours, non merci.

-Tant mieux alors ! Je me disais aussi que ça pouvait pas être vous.

Le gardien haussa les épaules, l'air de n'en avoir rien à faire. Comment cette idée avait pu me traverser l'esprit ? Évidemment que ce n'était pas lui. Il y avait un énorme faussé entre eux ainsi qu'une différence de personnalité trop frappante. J'avais honte d'avoir été assez stupide pour y croire. De toute façon, je n'avais plus rien à faire ici. J'avais terminé mon travail. Je me dirigeai vers le banc pour récupérer mon sac. Je devais partir de cet endroit et au plus vite.

-Je t'attendrais au même endroit la prochaine fois ! cria-t-il pour bien se faire entendre.

Je serrai les poings, prête à me retourner pour lui partager le fin fond de ma pensée. Rester calme et ne pas montrer ses émotions. Je répétai la phrase de mon père plusieurs fois dans ma tête. Sac sur l'épaule, je passai silencieusement à côté de lui afin de rejoindre le portail. Je me giflai mentalement une nouvelle fois pour avoir osé lui poser cette question. D'ailleurs maintenant que j'y pensais, comment pouvait-il savoir que je parlais tous les jours avec cet homme ?

Quelques minutes plus tard, Hanji arriva devant l'école après avoir reçu mon message. Je lui racontai brièvement ma journée mais aussi ce que j'avais dû enduré pendant cette dernière heure. Sa seule réaction était de rigoler. Je la regardai, arquant un sourcil. Je ne pensais pas être marrante à ce point.

À l'heure du dîner, j'eus inhabituellement très faim. Peut être que mes travaux forcés d'aujourd'hui m'avait ouvert grandement l'appétit. Tenant ma fourchette et mon couteau dans mes mains, j'observai Hanji déposer les assiettes sur nos sets de table respectifs. Je ne pouvais rêver mieux que la nourriture que j'avais sous mes yeux. Sans attendre plus longtemps je sautai sur mon plat, arrachant la viande avec mes dents. Hanji m'observait, comblée de pouvoir me faire plaisir. Plus j'y réfléchissais et plus je me pensais chanceuse d'avoir Hanji. Je ne l'échangerai définitivement contre rien au monde.

-Si tu savais la journée que j'ai eu, soupira Hanji en remettant ces lunettes. J'étais très stressée.

-Que s'est-il passé ? demandai-je en m'essayant la bouche.

-J'ai eu ma première mission en tant que major. J'avais vraiment peur de ne pas réussir à tenir mes hommes en mains.

-Je suis sûre que vous avez réussi au final, lui souris-je.

En guise de réponse, elle me lança un tendre sourire. J'avais quand même du mal à imaginer Hanji devenir autoritaire ou encore capable d'ordonner des soldats. Elle était tellement gentille avec moi. Je posai mon menton sur ma main, fixant la brune avec jalousie. Elle me paraissait si incroyable. Mon rêve se tenait juste devant moi.

-Je vous envie tellement, avouai-je. J'aimerais être à votre place.

-Ah oui ? Pourquoi est ce que ça ne m'étonne pas ? Tel père telle fille, ricana-t-elle.

-Hanji, continuai-je en me rappelant de ma conversation avec le gardien, il existe quels grades dans l'armée ?

-Et bien, réfléchi-t-elle en posant son doigt contre ses lèvres. Comme ton père, major. Il y a ensuite le colonel, le lieutenant et le capitaine qui sont très importants. Le sergent, l'adjudant, le caporal..

-Vous pensez que je corresponds auquel d'entre eux ?

-C'est plutôt compliqué comme question.

Hanji se gratta l'arrière de la nuque, forçant un sourire. Je me demandais ce qu'elle pouvait bien penser de mes ambitions. Elle aussi trouvait que ce métier ne me ressemblait pas ? En réalité, je ne m'étais jamais réellement intéressée aux autres grades, mise à part celui de mon père. Je voulais devenir comme lui, rien d'autre. Peut-être que ce n'était pas vraiment ce qui me correspondait au final.

-Je pense que tu dois d'abord bien cerné ta personnalité et ensuite choisir vers quelle voie te diriger. Au début, les autres soldats me prenaient pour une folle parce que j'étais surexcitée à la moindre nouvelle et découverte. Ils pensaient que j'étais rentrée dans l'armée que pour l'argent et parce que je n'avais pas d'autres endroits où aller. Seulement, j'ai réussi à faire mes preuves quand il le fallait. J'ai dépassé mes limites et réussi à gagner le poste de chef d'escouade. Le plus satisfaisant était de voir ces hommes qui m'avaient tant rabaissés autrefois être maintenant sous mes ordres. C'était comme une sorte de revanche.

Je l'écoutais les étoiles pleins les yeux. Quelle belle histoire et leçon de morale. Gênée de m'avoir raconté un souvenir aussi personnel, Hanji ricana nerveusement. Maintenant que j'y repensais, elle ne m'avait jamais rien mentionné au sujet de sa vie privée. Je m'étais déjà posée la question plusieurs fois. Est ce que Hanji avait une famille ? Je ne voulais pas me montrer blessante mais elle avait certainement l'âge d'avoir un homme et même des enfants. Et Hanji était loin d'être une femme repoussante. Peut être qu'elle avait quelqu'un mais que ce n'était pas assez sérieux pour en parler. La tête dans les nuages, j'imaginai la vie différente que j'aurais eu si j'avais dû vivre avec un couple. Une situation qui m'aurait définitivement mise mal à l'aise.

-Pourquoi tu me poses ces questions ? me demanda Hanji étonnée. Quelqu'un t'a fait une réflexion ? Ne me dis pas que c'est cet homme que tu as dû aider ?

-Non, répondis-je en la voyant lever le poing, au contraire. C'est juste que depuis toujours on se moque de moi.

-Pourquoi donc ?

-Souvent à cause de mon physique. Je suis petite et je n'ai pas vraiment de force dans les bras.

-Crois-moi, ricana Hanji, la taille ne veut rien dire.

Je restai silencieuse. Je ne comprenais pas son fou rire soudain. Est ce qu'elle parlait en connaissance de cause ? Sa remarque me remémora une certaine personne. Le gardien de l'école était à peine plus grand que moi et pourtant tout le monde le craignait. Quelque chose chez lui m'effrayait mais attisait à la fois ma curiosité. Peut être qu'il avait raison et que je devrais m'inscrire dans un club de sport. Mon repas terminé, je débarrassai mes couverts puis m'enfermai dans ma chambre.

Je fouillai dans les affaires de mon armoire pour trouver la veste verte de mon père. Je l'enfilai rapidement avant de me mettre en boule sur mon lit. C'était peut être dans ma tête mais je sentais son odeur encore imbiber le vêtement. Aujourd'hui, son nom était souvent revenue dans mes conversations ce qui avait créée en moi un sentiment de nostalgie. J'étais censé ne plus penser à lui mais je me sentais encore plus vide qu'avant. J'avais l'impression d'être seule au monde et de n'avoir aucune épaule sur laquelle me reposer. Je ne pouvais en aucun cas blâmer Hanji ni même mes amis qui essayaient d'apprendre à me connaître. Ce n'était tout simplement pas pareil. Et plus jamais cela ne le sera.

Comme pour relâcher toute ma contenance de la journée, je commençai à pleurer. J'essayai d'étouffer mes pleurs contre ma veste. Devoir me retenir devant les autres m'avait pompé toute mon énergie. Essuyant mes larmes avec ma manche, je fouillai dans mon sac pour chercher mon téléphone. Sur le moment, je m'étonnai moi-même d'automatiquement penser à lui. Je n'arrivais cependant pas à m'en empêcher. C'était plus facile d'écrire ses pensées à quelqu'un que je ne connaissais pas.

Moi : Mon père me manque. Est ce que toi aussi ça t'arrive de penser à lui ? Peut-être que c'est moi le problème. Peut être que je devrais grandir et arrêter de me comporter comme une gamine.

Je reniflai plusieurs tout en regardant mon écran. J'étais impatiente de voir son message apparaître. Et d'une seconde à l'autre, il m'avait déjà répondu.

(?) : Tu n'es pas un problème Ren. Tu as le droit d'être triste. Moi aussi je ressens l'absence de ton père. J'arrive simplement à mieux le gérer parce que je suis un adulte. Pourquoi est ce que tu ne t'appuies pas d'avantages sur les autres ?

Moi : Ce n'est pas pareil. J'ai l'impression qu'elle ne peut pas me comprendre. Et puis, mise à part me consoler elle ne peut rien faire de plus. Je ne veux pas l'embêter.

(?) : Pourquoi est ce que tu te confies à moi, alors ? En quoi suis-je différent ?

Je me stoppai un instant en lisant sa question. Je n'avais pas de réponse à lui donner car je ne pouvais tout simplement pas l'expliquer. Mon père devait lui faire grandement confiance pour remettre la vie de sa fille unique entre ses mains. Pourquoi n'avait-il pas choisi Hanji à la place ? Pour cette simple raison, je dédiais à mon correspondant une confiance aveugle. Je savais que je pouvais me confier à lui sans y réfléchir à deux fois. C'était ce que j'essayai de lui faire passer comme message à travers ma réponse. Cependant, j'effaçai subitement tous les mots que j'avais écrit pour lui envoyer une phrase qui moi-même m'étonna.

Moi : J'aimerais te rencontrer.

(?) : C'est impossible, sinon ça n'aurait aucun sens.

Je soupirai, me rendant compte qu'il avait certainement raison. Je lui souhaitai une bonne nuit avant de poser mon téléphone et de m'enrouler dans mes draps. Je ne pouvais pas le cacher. J'étais de plus en plus curieuse de découvrir l'identité de mon correspondant. Si, comme il le disait, il me protégeait alors il devait certainement pouvoir me surveiller. Je ne le savais peut être pas encore mais il se pourrait même que je l'avais déjà rencontré. Pour la première fois de la soirée, un léger sourire se dessina sur mes lèvres. Cela faisait du bien de savoir que quelqu'un faisait encore attention à moi.

Je me dépêchai de déjeuner et d'enfiler mes affaires pour partir en cours. Hanji m'avait prévenu mais j'avais complétement oublié qu'elle ne pouvait pas m'amener à l'école aujourd'hui. Précipitamment, je sortis de l'immeuble pour rejoindre l'arrêt de bus. Heureusement pour moi, j'arrivai au dernier moment. Essoufflée, je passai ma carte puis scrutai chacune des places. En réalité, il n'y avait pas beaucoup de monde. C'était un bus qui venait de loin. Au fond, un garçon attira mon attention. C'était Eren. Je me dirigeai vers lui, au même moment le bus démarra me faisant presque tomber sur lui. Je m'installai malgré tout à côté de lui, espérant le voir se retourner vers moi. Seulement, avec ses écouteurs dans les oreilles, il ne m'avait pas du tout remarqué.

-Eren, l'interpellai-je en tapotant son épaule avec mon doigt.

Surpris, il sursauta en m'apercevant. Je secouai ma main, le saluant en souriant. Il retira ses écouteurs par politesse avant de me rendre mon salut.

-Je ne m'attendais pas du tout à te voir dans mon bus, avoua Eren.

-J'ai cru comprendre, me moquai-je. C'est la première fois que je le prends.

Eren continua la conversation en me questionnant sur divers sujets. J'étais étonnée de me voir aussi bavarde. Moi qui, quelques jours plus tôt, n'osais même pas lui adresser la parole. Eren était devenu un ami. Quelques secondes plus tard, il referma la bouche pour m'observer un instant et plus particulièrement mes yeux. Maintenant que j'y repensais, je devais avoir les yeux gonflés. J'avais passé la soirée à pleurer et à être scotchée sur mon téléphone. Il avait envie d'en savoir plus, je pouvais le sentir. Je n'étais franchement pas motivée à lui parler de mes problèmes alors je relançai la conversation.

-Qu'est ce que tu écoutais ?

-Oh, s'étonna Eren en regardant ses écouteurs qui jouaient toujours de la musique, c'est un groupe de musique. Linked Horizon, tu connais ?

Je secouai la tête de droite à gauche. Eren me donna un écouteur puis rentra l'autre dans son oreille. Une musique très dynamique et très motivante. En l'écoutant, je m'imaginai en uniforme de soldat puis fonçai sur le champs de bataille. Je n'oublierai pas d'ajouter ce groupe à mon répertoire. Jusqu'à l'école, Eren et moi restions l'un à côté de l'autre à écouter de la musique. Par moment, je me perdais et je commençais à le fixer. Je ne l'avais jamais vu d'aussi près. Je pouvais davantage apprécier la couleur de ses yeux verts. Malheureusement, à l'arrivée, mon regard glissa sur la vitre puis rencontra celui de Mikasa. Je n'étais soudainement plus aussi amusée que tout à l'heure.

Je regagnai la classe avec Sasha, qui déjà de bon matin, grignotait un paquet de chips. Les cours se déroulèrent très lentement. Lorsque je m'ennuyais vraiment, je tournais la tête vers la fenêtre. Le gardien était dans la cour, comme à son habitude entrain de nettoyer. Il n'avait pas l'air d'aimer son travail ni d'aimer les enfants. Pourquoi venir dans une école alors ? Il m'avait demandé de revenir mais j'ignorais quand est ce que je devais le rejoindre. Toujours dans mes pensées, je ne remarquai pas directement qu'il avait tourné sa tête dans ma direction. Par simple réflexe, je détournai le regard.

Il faisait chaud. Ce n'était pas pour autant que notre séance de sport était annulée. Maintenant changés, nous étions face à notre professeur et attendions ses instructions. Pour commencer, nous devions nous échauffer et faire quelques étirements. Nous courrions ensuite pendant quelques minutes à une cadence moyenne. Je détestais courir. Je n'avais pas d'endurance. Je pouvais être rapide sur une courte distance parce que mon poids me le permettait. Sasha à mes côtés avait tellement chaud qu'elle se transforma en une flaque d'eau. Notre professeur siffla un instant plus tard puis nous demanda de former des groupes de quatre. Sasha nous regardions automatiquement. Il nous fallait maintenant deux autres personnes. Je cherchai alors Eren parmi la foule. Il était déjà avec Armin et Mikasa. Déçue, je me retournai vers Sasha qui me pointa un garçon du doigt.

-Connie ! appela-t-elle. Viens avec nous !

Le garçon s'avança nonchalant. Il n'avait pas envie de courir non plus. Je n'étais pas au courant de son amitié avec lui parce que je ne les avais jamais vu ensemble. Pourtant, ils avaient l'air de bien s'entendre. Les groupes se formèrent et nous étions toujours trois. Seulement à la fin une fille était toute seule et c'est naturellement de cette façon qu'elle se regroupa avec nous. Elle m'avait l'air froide. Je l'avais déjà remarqué au fond de la classe. Elle ne parlait à pratiquement personne.

-Bien, continua notre professeur. Vous allez faire un relai alors choisissez bien l'ordre dans lequel vous allez courir.

Nous formions un cercle pour nous concerter. Je n'y connaissais vraiment rien alors je ne proposai aucune suggestion. Ce n'était pas le cas de Sasha qui leva immédiatement la main.

-Moi je sais ! Moi je sais ! dit-elle en sautillant sur place. Il faut mettre le plus faible à la fin.

-Mais non, se moqua Connie, t'es vraiment bête. Il faut mettre le plus faible au début comme ça les autres peuvent rattraper son retard.

J'étais d'accord avec Connie. Mettre le plus faible à la fin pourrait nous pénaliser. Le problème c'était que personne n'était vraiment meilleur que l'autre. Comment faire ? J'étais douteuse de notre victoire. En face, il y avait Mikasa et Eren qui devaient être très bons à la course. Sans parler des autres groupes qui étaient composés majoritairement de garçons. C'est alors que la blonde, que je ne connaissais pas, brisa son silence.

-Il faut mettre les meilleurs au début et à la fin, expliqua-t-elle en soupirant. Le premier pourra prendre de l'avance pour le second et le dernier rattrapera le retard du troisième. Je veux bien être la première. Ren, tu seras la dernière d'accord ?

Son explication était simple mais juste. Par contre, je ne voulais pas être la dernière. C'était comme si tout reposait sur moi. Lorsque je me retournai vers Sasha, elle me supplia du regard de lui laisser son emplacement. Connie, quant à lui, se gratta la nuque en rigolant. Voyant leur réactions, je n'avais pas d'autres choix que d'accepter.

Les groupes se mirent en place sur le terrain. Je me positionnai sur la dernière marque au sol. Eren se positionna sur la même ligne que moi ainsi que trois autres garçons et une fille. Au son du sifflet, la blonde de notre groupe démarra instantanément. Elle était en tête avec Mikasa. Elles ne devaient être qu'à quelques centimètres l'une de l'autre lorsqu'elles passèrent le bâton à la personne devant elles. Sasha commença à courir aux côtés de Armin. Les autres derrières eux regagnèrent du terrain ce qui m'inquiéta automatiquement. Sasha dépassa Armin. Malheureusement, un garçon d'une autre équipe la rattrapa et passa le bâton en même temps qu'elle à l'équipier suivant. Connie démarra. Il était légèrement plus rapide que Sasha mais trois équipes étaient maintenant côte à côte. L'équipe des garçons dépassa Connie qui était à la même hauteur que celle d'Eren. Je me concentrai mentalement en attendant le bâton. Je pouvais le faire.

Je démarrai au quart de tour en recevant l'objet. Je faillis basculer en avant mais heureusement pour moi j'étais toujours en morceaux. J'avais une bonne vitesse. Je n'étais pas très sportive, mes jambes me faisaient déjà mal. Je réussis miraculeusement à dépasser Eren. Il ne restait plus que le garçon en tête de la course. Il n'était qu'à un mètre de moi. Je devais doubler d'effort si je voulais donner la victoire à mon équipe. Je forçai alors mes jambes à se déplacer plus vite. Petit à petit, je me rapprochai du garçon jusqu'à carrément revenir à la même hauteur que lui. L'arrivée n'était plus très loin. Ma poitrine était en feu et mon souffle coupé. Je m'imaginai à quel point mon père serait fier de me voir arriver à la première place. J'étais en tête de quelques centimètres. Plus que quelques secondes et je gagnais. Cependant, juste devant l'arrivée, je m'écroulai au sol sans comprendre.

-C'est ce qui arrive quand on est trop sûr de soi ! se moqua le garçon qui arriva premier.

Les autres passèrent devant moi un à un. J'étais tellement sous le choc que je ne me levai pas. Eren passa en deuxième la ligne d'arrivée avant de faire demi-tour vers moi. Nous étions premiers et en une fraction de seconde nous étions derniers.

-Est ce que ça va ? demanda Eren en s'abaissant devant moi.

-Oui je crois.

Je me relevai avec son aide. J'avais simplement quelques égratignures aux genoux. Je saignais à peine. Un pansement et le tour était joué. Les membres de mon équipe se dirigèrent dans ma direction, plus ou moins inquiets de mon état. Sasha se retourna vers le garçon qui m'avait dépassé, grognant et serrant les poings. Connie était un peu déçu de ne pas avoir gagné. La blonde resta silencieuse mais ne lâcha pas le gagnant des yeux. Son sourire satisfait était insupportable.

-Tu as vu Mikasa, l'interpella-t-il fier de lui, j'ai battu Eren.

-En trichant.

-Quoi ?

-Tu lui as fait un croche-pied, continua la blonde de mon équipe.

-N'importe quoi ! grogna le garçon. Vous étiez trop loin, vous n'avez pas pu le voir.

Sur ces mots, il se retourna pour rejoindre son groupe d'amis. J'avais bien trébuché sur quelque chose mais je ne pensais pas qu'il pouvait aller jusqu'à me faire directement tomber pour gagner. Il devait vraiment la vouloir cette victoire. Au final, notre professeur attribua la victoire à son équipe. J'étais un peu déçue, pas de quoi en faire tout un drame. Ce n'était qu'une course après tout. Heureusement pour moi, j'en ressortais indemne.

Pendant la pause, j'en appris plus sur ce garçon auprès de Eren. Il s'appelait Jean. De nature hautaine, il aimait se faire remarquer et montrer aux autres qu'il était supérieur notamment pendant des compétitions comme cette course. Il avait un faible pour Mikasa, ce n'était un secret pour personne. Il prenait Eren pour son rival et cherchait en permanence le conflit. Quant à la blonde dans mon équipe, elle se prénommait Annie. Elle était froide mais loin d'être méchante. Elle ne parlait pas à beaucoup de monde, juste à Eren et deux autres garçons. Une fille qui gardait un tas de secrets.

En retournant en classe, j'entendais toujours Jean faire des messes basses à mon sujet. N'allait-il jamais lâcher l'affaire ? Je détestais savoir qu'une personne juste à côté de moi était entrain de se moquer sans avoir l'audace de le faire devant moi. Et puis, ce n'était pas comme si il essayait de garder sa voix basse. C'était de la simple provocation. Les autres s'étaient éparpillés. Je n'étais qu'avec lui et quelques autres élèves dans le couloir. Ne supportant plus cette intimidation, je m'arrêtai en haut des escaliers.

-Quand est ce que tu vas arrêter ? grognai-je en me retournant vers lui.

-Arrêter quoi ? s'étonna-t-il d'un sourire arrogant. De savourer ma victoire ?

-De faire comme si je n'étais pas là.

-Maintenant que j'y pense, je n'avais même pas remarqué que tu étais dans notre classe.

Je fronçai les sourcils, à peine touchée de sa remarque. Pourquoi essayait-il de se coller cette image ? C'était simplement pour se donner en public. Malheureusement pour lui, j'étais peut être discrète mais pas muette. Mais comment fermer le clapet à ce genre de garçon ? Il avait l'air d'avoir du répondant mais j'avais l'impression qu'il en profitait parce que j'étais une fille. Je n'avais qu'à me mettre à sa hauteur et voir si il arrivait toujours à me tenir tête.

-Est ce que tu veux te battre ?

Ma question l'étonna sur le moment puis il éclata de rire. Quelques élèves qui s'étaient arrêtés en même temps que lui se moquèrent aussi. Jean arrêta soudainement de rire en s'apercevant à quel point j'étais sérieuse.

-Je ne vais pas te frapper, soupira-t-il ennuyé, et puis tu as un avantage. Tu sais très bien que je n'utiliserai pas toute ma force.

-Tu n'es pas obligé de viser mon visage, lui expliquai-je.

-Je refuse.

-Tu n'as pourtant pas hésité à me faire tomber tout à l'heure.

-Encore avec cette rumeur ? s'énerva-t-il.

-Si tu réussis à me mettre à terre, j'arrêterai de croire cette rumeur et je dirai aux autres que tu as gagné sans tricher.

Il scruta autour de lui, réfléchissant au pour et contre dans sa tête. Mon but n'était pas de me défouler ni même de prouver quoi que ce soit, je voulais juste le ramener sur Terre et lui faire comprendre qu'il devait arrêter de me chercher. Il était évident que celui qui ressortirait vainqueur de cette histoire, c'était bien moi.

Après réflexion, Jean accepta. Nous déposions tous les deux nos sacs du côté pour nous préparer. Les élèves autour de nous arrivaient à peine à croire que nous allions réellement nous battre. Ce que Jean ne savait pas c'est que j'étais loin de n'avoir aucune notion de combat. Comment ne pas savoir se battre alors que mon père faisait partie de l'armée ? Depuis mon plus jeune âge, il m'avait appris différentes techniques de défense. Jean était grand. Je ne pouvais pas m'attaquer n'importe comment à lui. Je devais viser ses jambes.

Serein, il s'avança vers moi. Il agrippa fermement mon épaule. Je dégageai immédiatement son bras. N'appréciant pas vraiment mon geste, il m'attrapa par le col et usa de sa force pour me soulever légèrement. Avant de lui laisser le temps de me pousser arrière, je frappai l'arrière de sa cuisse avec mon pied. Il serra les dents avant de me relâcher. Il se jeta à nouveau sur moi mais je le tapai une nouvelle fois au même endroit. Il devait avoir un peu mal maintenant. Je n'avais pas taper fort mais j'étais certaine qu'il ne pouvait plus s'appuyer sur sa jambe comme avant. Alors il la leva pour viser ma tête. Je baissai furtivement la mienne pour m'accroupir et balayer sa seule jambe encore à terre. Jean tomba en arrière, sur les fesses. Il était tout aussi bouche-bée que nos spectateurs.

-Dorénavant, laisse moi tranquille.

Je m'abaissai pour récupérer mon sac. Jean n'avait toujours pas bougé, affalé par terre. Cependant, tout bascula. Je n'avais pas pu atteindre la lanière de mon sac. J'étais entrain de m'en éloigner et de tomber moi aussi. J'eus à peine le temps de voir où je me dirigeais. Les escaliers. Je fermai les yeux au dernier moment. Mon corps claqua contre le sol, descendant brutalement le long des marches. Je me retrouvai à fixer le plafond et à entendre des cris stridents.

-Appelez quelqu'un, vite !

Mon corps me faisait mal et je n'arrivais plus à bouger. J'avais une forte envie de fermer les yeux et de m'endormir. Néanmoins, je luttai. Ma vision était entrain de s'assombrir, le bruit de se dissiper petit à petit. Jusqu'à ce qu'enfin, quelqu'un se pencha au dessus de moi. Je n'arrivais pas à distinguer son identité mais il me disait de garder les yeux ouverts. J'essayais d'écouter ses instructions mais c'était plus fort que moi. Rester consciente était au dessus de mes forces. Murmurant quelques excuses, je me laissai sombrer quelques secondes plus tard.

Lorsque je me réveillai, mes paupières étaient lourdes. Je ne bougeai pas, je baissai simplement mon regard pour voir où j'étais. Dans un lit, certainement à l'hôpital. J'étais seule dans la pièce. Pourtant, un tabouret était placé à côté de moi. Des pas parvinrent alors à mes oreilles, laissant quelqu'un entrer par la porte. Faisant mine de toujours dormir, je refermai mes yeux. La personne se dirigea vers moi, s'asseyant certainement sur le tabouret. J'avais envie de savoir qui c'était. Peut être celui qui avait appelé les secours ? Je plissai légèrement les yeux, me permettant à peine de l'entrevoir. C'était lui. Le gardien de l'école.

Mon cœur s'accéléra un peu. J'avais un peu honte de l'admettre mais j'avais pensé à lui au moment de m'évanouir. Pourquoi était-il à mes côtés ? Combien de temps s'était écoulé depuis mon accident ? D'ailleurs, je n'étais même pas sûre de savoir ce qu'il m'était arrivé. Beaucoup trop de questions auxquelles il me fallait des réponses. J'ouvris totalement mes yeux, essayant de me redresser sans prévenir. Le gardien se retourna immédiatement vers moi, étonné de me voir soudainement bougé.

-N'en fait pas trop.

Sa voix était toujours aussi froide, toujours aussi stricte. Malgré ma volonté, je ne parvins pas à me redresser correctement. J'avais des courbatures et certainement pas mal d'hématomes. Il me regarda faire, ne daignant pas m'aider. Ce n'était pas comme si il pouvait y faire quelque chose. Je pensais simplement avoir un réveil plus amical.

-Depuis combien de temps êtes-vous là ?

-Je viens d'arriver.

Un petit sourire se dessina au coin de mes lèvres. Il n'avait pas l'air d'être bon menteur. Bizarrement, j'étais contente de savoir qu'il avait veillé sur moi. Faisant mine de le croire, je lui demandai ce qu'il m'était arrivé. J'étais apparemment tombée dans les escaliers. Il était à l'étage d'en dessous lorsque des élèves étaient venus le prévenir. C'était donc lui qui avait appelé les secours. Cependant, une question me tarauda vivement l'esprit.

-Pourquoi m'avez-vous accompagné ?

-Tu aurais peut être voulu te réveiller seule ? rétorqua-t-il sèchement. Si c'est le cas, je peux rentrer chez moi.

-Non, m'empressai-je de répondre, non. Je ne voulais pas vous offenser.

Un silence de plomb s'installa. Je n'avais plus de sujet de conversation. Lui n'avait pas l'air de vouloir parler non plus. Pourquoi restait-il alors ? Plus les minutes passaient, plus j'appréciais étrangement sa présence. Elle était apaisante et j'avais l'impression d'être protégée. Nous relevions cependant la tête simultanément lorsque une femme entra en trombe dans la pièce. Hanji, les lunettes de travers et les cheveux ébouriffés, se précipita vers mon lit pour me prendre dans ses bras. Elle était inquiète et paniquée. J'avais du mal à lui rendre son étreinte alors je posai simplement ma tête sur son épaule.

-Oh mon dieu Livaï, s'exclama-t-elle, je te remercie énormément !

Je fronçai soudainement les sourcils, ne comprenant pas les mots qu'elle venait de prononcer. Mon regard glissa vers le gardien d'école qui maintenant faisait une drôle de tête. Hanji se pétrifia, comme se rendant soudainement compte de quelque chose. La situation était étrange et encore une fois je ne comprenais vraiment pas.

-Livaï ? répétai-je perdue. Est ce que vous vous connaissez ?