Hey ! Me revoilà ! Avec votre épisode de la semaine en plus ! Ouaiiiiiis !
Merci à toutes les review, je suis vraiment très heureuse et ça me motive pour écrire. Merci beaucoup. J'avais quelques doutes en publiant cette histoire mais je surmonte ma timidité et Carpe Diem ! Tant pis pour ceux qui n'aiment pas ! Je respecte les goûts et les couleurs, je ne juge pas. Mais je n'oublierais jamais de remercier ceux qui apprécient mes écrits.
Réponse à Feknow : Pour ta question, c'est exact et inexact en même temps. C'est expliqué ici mais bon, je veux quand même répondre parce que JAMAIS je n'ignorerais une lectrice qui m'encourage ! Sanji a uniquement les cheveux blond et les yeux bleus (normal quoi). Kuroashi, lui, change continuellement d'apparence pour éviter qu'on ne puisse la définir. Je vais m'arrêter là sinon je spoil.
Mais si vous vous posez des questions, c'est normal ! Posez-les moi et je vous dirais si ça l'est vraiment sinon je vous expliquerais. Ne vous en faites pas, je suis là, je ne vous laisserais pas dans le flou sans raison !
Comme je n'ai pas grand-chose d'autre à dire... ENJOY !
Épisode 1.5
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Bye bye déjà
Partir c'est un problème
Le temps fait tant de mal
À ceux qui s'aiment
Alors bye bye déjà
Il faut bien qu'on s'en aille
Chacun sa route et son étoile
Il faut se dire bye bye
Je t'ai suivi et tu m'as suivi
Tu étais mon ombre et moi j'étais la tienne
On se sépare mais quelque part,
J'emporte un souvenir avec ma peine
Un pli amer apparut à la commissure de sa bouche. Elle rattacha une nouvelle fois ses longs cheveux roux bouclés et plaça une mèche rebelle derrière son oreille. Elle écoutait attentivement la chanson qui, étrangement, éveillait en elle des souvenirs enfantins. Pourtant, elle ne voyait pas comment c'était possible. Jamais elle n'avait entendu cette chanson auparavant.
Elle s'était renseignée. Cela provenait d'un dessin animé de l'ancienne ère. Cela ne l'aidait pas beaucoup pour expliquer cet étrange sentiment de nostalgie. Le Gouvernement réglementait la vision de ces distractions à cause de leur contenu. Elle n'avait jamais compris pourquoi mais apparemment ils pouvaient contenir des messages subtiles et dangereux pour les enfants. Bon, ce détail et son sentiment misent de côté, comment Kuroashi avait fait pour obtenir tout ces enregistrements ?
Parce qu'elle y avait droit à chaque fois.
Au marché noir ? Peu probable, elle ne voyait pas l'intérêt. Outre le fait que cette chanson appartienne à un dessin animé, elle était sûre que ce n'était qu'une coïncidence. Les paroles de la chanson l'intriguaient à cause du contexte. Les souvenirs qu'elle avait de Kuroashi la faisaient pédaler dans la semoule. Clairement.
Le premier couplet était ironique. Elle en était certaine. Le second devait probablement parler de leur différence. Aussi bien sociale qu'identitaire. De leur avenir. Du chemin qu'ils empruntaient tout deux et qui se croisait volontairement. Pour le troisième, elle séchait complètement. Pour lui, cette chanson avait forcément un sens. Il ne laissait jamais rien au hasard alors pourquoi se permettre une petite fantaisie en laissant derrière lui cette radio ? S'il avait tant de ressources que ça, il aurait remplacé les objets volés par des copies parfaites. Mais non, lui, il mettait cette radio avec cette chanson.
Non. Il y avait quelque chose.
Ce n'était pas simplement pour signer son crime. Ce n'était pas non plus que de la nostalgie.
Elle ferma les yeux, fatiguée. Elle avait passé toute sa nuit à étudier le peu d'éléments qu'ils avaient. Pas d'empreinte, les traces d'effractions étaient propres : pas de dégâts inutiles. Ils avaient trouvé quelques cheveux noirs mais elle savait qu'il y avait surement mit du Felnetène dessus. Donc inutilisables. Ses subordonnés avaient aussi récupéré quelques tissus qui provenaient probablement de ses vêtements, d'un costume hors de prix à son avis même si le labo planchait encore dessus.
C'est ce qu'il portait toujours.
Elle tenta de se remémorer de son visage. Impossible, elle ne l'avait jamais vu en entier. Avait-il des cheveux bruns, auburn, blonds, roux, noirs ? Aucune idée. Les cheveux qu'on récupérait étaient tous de couleurs différentes même s'il avait une affinité avec le noir. Une affinité ? N'était-ce pas parce que c'était le mieux pour se fondre dans la nuit ? Ou bien il avait réellement les cheveux noirs ? Et ces yeux ? A chaque fois qu'ils se voyaient face à face, ce qui n'était arrivé que de rare fois, il avait eu les yeux vert, bleu, noir, argenté…
Non, elle ne savait pas à quoi il ressemblait. Personne ne le savait, c'était bien le problème. Elle n'avait que quelques certitudes sur lui mais rien de bien solide. La seule chose qui la rassurait, c'est qu'elle avait réussi à cerner le personnage, une part de sa personnalité pour tout dire.
Elle rouvrit les yeux dès qu'on frappa à son bureau. Avec son autorisation, deux jeunes gens entrèrent, s'inclinèrent respectueusement et attendirent son ordre pour se redresser tel que l'usage le voulait.
― Que se passe t-il élève-lieutenants ?
― Le Labo a reçu les résultats d'analyse, fit le jeune homme aux cheveux roses retenus par un bandana et des lunettes d'aviation.
― Laissez-moi deviner… Rien de concluant ? C'est juste du tissu de qualité ?
Penaud, les deux apprentis opinèrent. Chaque Inspecteur avait à sa charge deux élèves pour les former. Normalement, c'était aux lieutenants de s'occuper de ses futur-policiers mais certains manquaient d'expérience. La besogne avait été finalement refilée aux Inspecteurs sur ordre du Gouvernement.
L'autre élève, aux longs cheveux blonds toujours attachés et impeccablement plaqués vers l'arrière de son crâne, jeta un œil vers le boitier qui relançait la chanson moqueuse.
― Je croyais que vous aviez broyé le disque ?
― Je l'avais enregistré avant, Hermep, répliqua avec agacement la jeune femme, plantant son coude sur son bureau et posant sa tête sur la paume de sa main. Tu me prends pour qui au juste ?
― Loin de nous cette idée saugrenue Inspecteur Dorobo Nami, s'empressa de dire le premier élève en donnant un coup de coude dans les côtes de son ami. On sait que si vous êtes à ce poste aussi jeune, ce n'est pas pour rien.
Ce Koby était décidément un gars futé. Assez futé pour savoir qu'il valait mieux ne pas la mettre en colère. Elle agita la main vers le boitier.
― Je suppose que vous avez autre chose à me dire ?
― Le Commissaire Divisionnaire Tomoshibi nous a envoyé vous dire que Crocodile se débrouillera seul pour reprendre son bien.
― C'était évident.
Les deux élèves s'échangèrent un regard perplexe sans dire un mot puis Koby finit par prendre la parole, un peu mal à l'aise. L'Inspecteur semblait si calme, si blasée.
― Nous pensions que vous vous y opposeriez.
― Ce gars-là ne peut rien faire contre Kuroashi. Pas plus que nous. Il n'est pas en position. C'est Kuroashi qui est le maître de la partie. Nous devons juste attendre qu'il réapparaisse et cela devrait se faire dans quelques jours.
― Vous ne croyez pas que vous le surestimez ? grommela Hermep en évitant un autre coup de coude de la part de l'autre élève outré par son audace.
Nami fronça les sourcils. Elle aimait bien ses élèves. Si différents l'un de l'autre mais obéissant et discipliné la plupart du temps. Pas comme les autres mou du bulbe qu'elle avait envoyé paître l'année dernière, quand l'affaire Kuroashi venait de tomber entre ses mains. Eux au moins, ils tentaient de réfléchir mais n'était pas simplement des lèches-pompe. Hermep lui disait son avis sans fioriture tandis que Koby était plus réservé, plus introverti. Il était très observateur et ne faisait jamais d'hypothèses absurdes. Ces deux gus la changeait agréablement de ses collègues dragueurs et rentre-dedans qui passaient leur temps à se bidonner dans la salle de repos au lieu de s'occuper des affaires dont on les chargeait. Elle ne connaissait que son "groupe" de policiers, ainsi que quelques autres. Comme l'affaire Kuroashi était la plus importante, elle naviguait dans le monde entier mais passait toujours par les mêmes commissariats alors au final, elle connaissait tout le monde…
Pour en revenir à la question d'Hermep, elle était irritée qu'il en arrive avec autant de simplicité à la conclusion que Kuroashi était un simple voleur de seconde zone. A ses oreilles, cette question avait ce sous-entendu. Et cela lui déplut.
― Tu crois que je ne l'aurais pas déjà coffré si c'était un voleur de base ?
― Il doit avoir des complices, seul c'est impossible.
Temps d'arrêt. L'Inspectrice leva les yeux vers l'horloge fixée au fond de la salle, derrière les deux apprentis. Combien de fois elle avait pensé à cette possibilité ? La même réponse revenait. Toujours la même telle une ritournelle.
― Aucune preuve ne l'indique, fit-elle observer. Et puis je ne pense pas qu'il ait d'acolytes.
― Pourquoi donc ?
― C'est un solitaire. Il aime maîtriser la situation. Qu'importe les imprévus. Il a de la ressource, il calcule le moindre de ses faits et gestes. Il ne supporterait pas la présence d'un complice. L'élément humain est imprévisible par nature. Il le sait. Vu les objets qu'il vise à chaque fois, c'est trop dangereux d'emmener quelqu'un avec lui.
Elle resta muette quelques secondes comme pour défier ses élèves de la contredire. Devant le silence respectueux, elle reprit. Après tout, depuis le temps qu'ils la suivaient, elle pouvait bien partager avec eux ses certitudes.
― Oui. Kuroashi est imbu de lui-même. Il ne pense qu'à ses intérêts. Il se fiche complètement de ceux des autres. Ce n'est pas une personne assez sociable pour vivre avec d'autres gens.
\*/
― A TABLE !
Bruits de course précipitée dans l'escalier. Enfin. Sanji ferma le gaz et appuya sur un bouton de la gazinière pour verrouiller l'accès au gaz. Le bruit des chaises sur le carrelage le fit grimacer mais il ne fit aucune remarque à ce sujet. Par contre…
― Qu'est-ce que vous fabriquiez ? Ça fait trois fois que j'appelle ! Le gaz c'est pas gratuit je vous signale !
― Sanji j'y suis pour rien, c'est Usopp qui s'était accaparé la salle de bain.
― J'avais prévenu que j'en aurais besoin, bougonna le métis.
― Sérieux Usopp, tu cherches des noises avec un gosse de 11 ans alors que tu viens d'en avoir 20, s'amusa le jeune homme.
― Y a pas de disputes puisque j'ai prévenu !
Franky releva ses lunettes de soleil pour les poser sur son front. Il sentait le regard lourd de Sanji peser sur lui, désapprobateur et attendant très certainement une explication pour avoir ignoré les deux premiers appels. Coup de pied à prévoir si la réponse tardait trop ou si l'explication ne le satisfaisait pas.
― Moi j'étais dans la S.B. mon gars. Et puis, vu ce que t'as ramené, on n'a pas trop à s'inquiéter à propos du fric.
Sanji mit quelques secondes à se rappeler. S.B. = Salle Blindé. C'était un comble qu'il ne s'en souvienne plus. Il avait la sensation, à chaque fois qu'il rentrait de "mission" comme ils disaient entre eux, qu'il avait besoin de se remettre dans le bain pour comprendre ses amis. Il se rendit compte qu'il était au centre de l'attention de tout ce petit monde et se reprit. De temps en temps, il avait des moments d'absence. Surtout depuis sa visite au musée afin "d'emprunter" le coffre de Crocodile.
― Si tout le monde pensait comme toi Franky, on aurait du mouron à se faire. Aujourd'hui, bouillon de légumes. Ça ne vous fera pas de mal parce que je suppose qu'en mon absence, vous n'avez pas cuisiné et que vous vous êtes un peu laissé aller ?
Un silence éloquent lui répondit. Un spasme au coin de sa bouche apparut tandis que l'envie de tabasser les deux hommes majeurs lui prit tout d'un coup. La petite bouille innocente de Chopper lui coupa l'envie de recourir à la violence. Franky et Usopp, conscient qu'il avait échappé de peu à un châtiment douloureux, le remercièrent mentalement.
― Au fait Usopp, il faudra que tu jettes un œil au grappin, ajouta nonchalamment Sanji en servant Chopper en premier. Il a failli lâcher durant ma descente et j'ai cru ne pas pouvoir remonter avec. Ce doit être au niveau de la prise que ça coince.
― Pas de soucis. T'en as besoin pour quand ?
― Dans une semaine je pense. T'as réussi à récupérer ce que j'avais demandé ?
― Non, navré. C'est compliqué, j'aurais besoin de plus de temps.
― Laisse tomber, c'est pas grave. C'était secondaire, je vais m'en occuper maintenant que je suis rentré. J'appellerais l'algue*, ce ne devrait pas être un problème pour lui.
― Une algue ça peut aider ? interrogea tout haut Chopper.
― Celle-là oui, répondit avec fierté le jeune homme.
― Sanji, t'aurais pas pu nous faire quelque chose de moins diététique ? intervint Franky, dégoûté. Parce que là, sérieux, je ne compte pas manger cette merd…
Il fut interrompu par la douleur de son pied écrasé par les soins du voleur qui avait plaqué ses mains sur les oreilles du plus jeune d'entre eux.
― Combien fois je t'ai dit de pas parler comme un charretier quand Chopper est dans les parages abruti ?! Et puis cesse de dénigrer MA cuisine. C'est grâce à moi si tu pètes la forme !
― C'est vrai que tu le cherches là Franky.
― C'est clair ! Puisque c'est comme ça, personne n'aura de surprise.
Regard horrifié d'Usopp et Chopper à qui Sanji avait enlevé les mains.
― Franky ! Je sais pas ce que t'as fait mais t'as intérêt à t'excuser ! Hurla le petit garçon en pleurant.
Réellement triste, le pauvre faisait peine à voir. Franky avait la gorge nouée, se sentant étrangement coupable alors qu'il n'avait pratiquement rien fait de mal. Il fut amer en voyant le sourire triomphant de son colocataire qui croisa les bras sur son torse. Il gagnait toujours pourquoi il continuait de lutter ? Il s'excusa platement et le pied de Franky allait déjà beaucoup mieux. Il avait le même âge que Sanji mais il avait l'impression d'être gamin à côté de lui. Il avait 24 ans merde !
Chopper se dépêcha de finir son plat et attendait avec impatience la surprise de Sanji. C'était toujours de jolies choses rares et précieuses qu'il ramenait de ses voyages. Ensuite, il pouvait s'en vanter auprès de ses amis, c'était génial ! Déjà qu'ils le jalousaient parce qu'il leur avait dit qu'il connaissait Kuroashi… Bon ils n'auraient pas dû commencer les hostilités en disant que leurs parents étaient des Déclarés provisoires ! Malgré tout, ils s'aimaient bien. Dommage qu'ils habitaient dans le quartier où se trouvait leur autre planque principale, en France.
― Ça va Chopper ? s'enquerra Sanji en voyant la mine chagrine de celui qui se considérait comme son petit frère ou son fils.
― Je me demandais quand est-ce qu'on allait rentrer en France.
― Dans moins de deux semaines t'en fais pas. On a encore quelques trucs à régler ici et après hop ! On y sera.
Chopper fut soulagé. Leur planque en France était la seule qu'il considérait comme son vrai chez-soi. C'était la plus grande et la plus confortable. Certes, ils n'avaient que ce que leur statut leur permettait d'avoir mais au fil des mois, ses trois compagnons en avaient fait un endroit chaleureux où il faisait bon vivre. Oui ! Il avait hâte d'y être.
― Ouais, t'en fais pas Chop, assura Franky. J'ai déjà réservé une place dans le bateau qui mène en Europe et j'ai fais le plein du fourgon. Tout est déjà prêt.
Chopper bondit de joie. Sanji fit signe à Usopp d'aller faire la vaisselle et regarda le petit garçon courir autour de la table en criant sa joie. Il le prit par le col de son haut pour le stopper.
― Tu sais, si la France te manque autant, la prochaine fois qu'on doit partir… Je demande à Conis de te garder.
― Tout à fait, Sanji sait comment la convaincre de réduire ses tarifs n'est-ce pas blondie sexe machine ?
― Ta gueule Franky, riposta l'intéressé, le rouge aux joues, en plaquant à nouveau les mains sur les oreilles du garçonnet. T'en as d'autres des blagues comme ça ? En plus, qu'est-ce que tu en sais ? Tu tiens un carnet ?
― Bonne idée. Usopp, faudra que tu me trouves un carnet vierge. J'y ferais figurer le nom de toutes celles qui ne le seront plus, elles.
― … J'ai très envie de botter les fesses. Dégage.
― Et la surprise ?
― La surprise serait que tu sois encore en vie après une autre remarque ou idée dans ce style.
Il dégagea les oreilles de Chopper qui s'agitait en demandant pourquoi Sanji faisait ça. Usopp expliqua simplement qu'il était préférable qu'il n'entende pas toutes les idioties que disaient Franky. Avec malice, le garçonnet ajouta qu'il ne valait mieux pas, qu'il avait peur que ce soit contagieux. Sanji empêcha Franky de s'en prendre au garçonnet.
Le jeune homme ébouriffa ses cheveux, à nouveau blond après deux shampoings. Il fallait bien ça pour enlever le Felnetène et la coloration. Tient en parlant de Felnetène…
― Franky, faudra que tu me refasses un spray de Felnetène.
― Tu changes de sujet à une rapidité, c'est dingue…
― Pourquoi ? Vous parliez de quoi au juste ?
Les trois compagnons s'entre-regardèrent, inquiets. Usopp assura que ce n'était pas très important et le blondinet ne s'en formalisa pas. Il monta les escaliers pour aller chercher la surprise qui se trouvait dans son sac. Usopp en profita pour interroger Franky.
― Heu… C'est moi ou il est complètement à l'ouest ?
― Tu sais bien que quand il pense à la prochaine cible qu'il s'est fixé, il pense qu'à ça.
― Oui, ça, je m'y suis habitué… Mais là, il a carrément des absences. C'est pas juste une redirection automatique de la conversation vers ce sujet.
Franky ne voyait pas trop comment convaincre son "frangin" du contraire. Au départ, il avait cru que Sanji était seulement fatigué à cause du voyage toutefois… là, il fallait bien avouer que quelque chose clochait.
Ce matin, il s'était levé très tôt et les avait réveillé par la même occasion. Chose qu'il ne faisait jamais. En leur servant le petit-déjeuner, il leur avait expliqué qu'il allait travailler à son bureau puis avait filé sans manger. Il avait seulement pris un café serré sans sucre. Quand l'un d'entre eux était venu le voir, il l'avait retrouvé plongé dans un sombre bouquin, lunette sur le nez, concentré. Le bureau était un vrai chantier. Livres et paperasses se côtoyaient et les piles menaçaient de s'écrouler. Franky savait que son pote était du genre cultivé mais là…
Quand ils avaient tenté de l'appeler, il avait toujours mis un temps de latence assez long pour lever les yeux de son bouquin.
Depuis qu'il était rentré, quelque chose n'allait pas.
En fait, ce comportement n'était pas si étrange que ça. Franky seul savait. A ce stade du plan, il agissait de la sorte. Habituellement, il ne revenait pas à leur planque, c'était le jeune homme à la tignasse bleu qui le rejoignait pour lui filer un coup de main. Là, il n'avait pas pu faire autrement à cause du matériel. Mais là… ces absences étaient angoissantes au possible. C'était de pire en pire.
― T'inquiète, après qu'il ait réglé son compte au Croco, ça ira mieux, assura Franky pour clore le sujet provisoirement. Juste un conseil, ne le lui faites pas remarquer.
A chaque fois que quelqu'un d'autre que Franky pointait du doigt cette "bizarrerie", il piquait un fard et s'énervait tout seul. Seul Franky et l'autre verdoyant pouvaient le calmer dans ces moments-là. Cela faisait plutôt peur à voir. Il n'était pas de ces gens violents qui criaient. Lui, il était de l'autre genre. Un genre plus flippant selon lui.
Son seul œil visible s'étrécissait, son visage devenait livide, le poing serré, il parlait calmement et on sentait derrière cette voix une envie meurtrière inimaginable. Style si-elle-se-déchaîne-on-n'aimerait-pas-être-la-cible. Les lèvres tremblantes, il vous parlait d'une voix horriblement doucereuse à glacer les sangs. Au final, il vous ignorait et était capable de le faire pendant une bonne semaine ou au mieux jusqu'à ce que le cambriolage qu'il avait prévu soit passé.
Jamais il n'aurait agit ainsi sur Chopper. Par contre, pour Usopp, il ne pouvait rien promettre. Sanji les adorait tous, et ils le lui rendaient bien, mais il pouvait être assez imprévisible.
Sanji redescendit, son sac à la main. Dans son regard pétillait la même lueur enfantine impatiente que Chopper. Dans ces périodes, il avait aussi des sautes d'humeur. Il posa le sac sur la table et fouilla frénétiquement à l'intérieur.
― J'ai vraiment eu du bol. C'est un néophyte qui les vendait à 100 governs dans un coin paumé du sud d'Égypte. Je me suis dit que c'était trop beau pour être vrai !
Les yeux des trois compères s'illuminèrent en voyant ce que tenait leur ami entre son index et le majeur.
― T'avais raison ! Le blé qu'on va se faire avec ça ! s'écria Franky.
Il ne prit pas la peine de demander s'ils étaient authentiques. Sanji était un expert, depuis le temps qu'il frayait avec les pires malfrats dans le métier, il savait reconnaître le vrai du faux. Celui qui pouvait l'embobiner n'était pas encore né dans ce domaine.
― C-Ce… Ce sont… de vrais dollars ? bégaya Usopp qui n'en croyait pas ses yeux.
― Yep mon gars. 10 billets de 10 dollars, se vanta Sanji.
Se vanter tel Kuroashi, se surprit-il à penser. Il allait devenir schizophrène si ça continuait à ce train-là. C'était vraiment perturbant.
Chopper sautilla, tendant la main vers eux. Le jeune homme lui en passèrent un chacun pour qu'ils puissent les voir de plus près. Le petit garçon était si heureux, son petit cœur battait la chamade. Il tenait un trésor entre ses mains ! Il fallait qu'il fasse une photo.
― 100 000 governs le billet, évalua Franky. 110 000 si je me débrouille bien.
― Ce qui fait un total d'un million au bas mot, calcula Usopp. Avec ça, on sera à l'abri du besoin pendant un an au mieux.
La vie était malheureusement chère pour les gens comme eux. Toujours obligés de se procurer le nécessaire au marché noir. Payer pour le gaz, l'eau… Heureusement que la notoriété de Kuroashi leur permettait de ne pas payer leurs différentes planques.
Leur statut de N.D. leur obligeait de payer tout ça le double de ce que payait les Déclarés.
― En fait, je pensais en donner une partie à notre orphelinat, annonça Sanji.
― C'est ce que je me disais aussi… Et à celui de Chopper aussi.
― Et l'hôpital qui a rafistolé Franky ! On leur doit bien ça rien que pour l'avoir supporté !
L'intéressé protesta mollement, déclenchant l'hilarité dans le petit groupe. Dans ces moments-là, Sanji se sentait de nouveau à son aise, intégré. Le spectre de Kuroashi le laissait tranquille jusqu'à ce qu'il se retrouve une nouvelle fois seul avec ses vieux démons. Ceux qui le hantaient depuis les années. Il se sentait entier à cet instant si fugitif. Dès qu'il poserait un pied hors de leur chez-soi, il redeviendrait Kuroashi. C'était inévitable.
Son regard se perdit dans l'horizon, un peu rêveur. Il eut une pensée pour Dorobo qui devait s'arracher les cheveux à comprendre ce qu'il attendait d'elle.
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à suivre
* : Tient tient mais quiiiii ça peut être ? [pas très convaincant...]
Profitez bien de cet "épisode" où transpire plus de joie qu'autre chose. Y en aura plus tellement au fil des épisodes. Tant et si bien que vous regretterez peut-être un petit peu. On sait pas. Comme vous pourriez, vous ne pouvez lire que cette épisode, pas plus loin. Non sérieux, pas de spoil c'est désagréable même si les genres que j'ai choisis sont assez explicite. Bon j'arrête de parler pour rien dire, c'est encore plus agaçant. Stop.
Je vais vous mettre le réel épisode 2 demain. J'ai pas mal réfléchis et en relisant cet épisode 1.5, je me rend compte que c'est plus une sorte de "bonus" qu'il vaut mieux lire si on veux comprendre. Il y en aura quelques uns comme ça.
Je vous invite à commentez si le cœur vous en dit mais je suis sûre que le cœur va vous en dire *poing en avant à la Nami et sourire angélique*
