Ràr aux anonymes:
Merci à Visiteur pour ses commentaires qui m'ont fait très plaisir, j'espère que la suite te plaira tout autant ! J'aimais bien l'idée d'une Ginny naïve mais persuadée de ne pas l'être, parce que je ne pense pas qu'elle le soit foncièrement, pas de manière consciente comme la petite idiote qu'on présente parfois...Elle n'a jamais que onze ans, voilà tout.
Chapitre 4 : Amitiés
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Cher Tom,
Petit à petit, je crois que j'ai fini par m'habituer à ta présence, à te parler le soir quand j'en ai le temps. Je suis sûre que si on apprenait que tu étais tout le temps avec moi, les filles m'envieraient.
Pourquoi donc ?
Parce que tu es un ami, un confident. Je tiens à toi et je te raconte plein de choses, tu me donnes des conseils avisés, tu ne cherches pas à profiter de moi, tu es gentil, tu ne me prends pas pour une idiote, tu ne te moques pas de moi comme tous les élèves des autres années ou presque…
Pourquoi se moquent-ils ?
Parce que je suis rousse. Parce que je suis une Weasley et que ma famille est pauvre. Parce que je suis la seule fille Weasley et que ça leur fait bizarre. Parce qu'ils n'aiment pas mes amis. Je ne sais pas, il y a tout un tas de raisons de ne pas aimer les gens, apparemment, surtout quand on ne les connaît pas…
Qui sont tes amis ? Tu ne m'en as pas encore parlé je crois ? Le jeune Harry Potter ?
Oh non, surtout pas, lui ne s'intéresse pas du tout à moi. J'aime bien Hermione, Hermione Granger, elle est amie avec lui et mon frère. Elle est gentille et très intelligente. Mais ça n'est pas encore vraiment une amie, je pense qu'elle me prend encore pour une petite fille, je n'ai qu'un an de moins qu'elle, pourtant.
Alors qui sont tes amis ?
Il y a une fille de Serdaigle. Elle s'appelle Luna Lovegood. Beaucoup de gens la trouvent bizarre. C'est vrai qu'elle a de drôles de lunettes, un collier de bouchons de biéraubeurre, et des radis en boucle d'oreille. Son père dirige Le Chicaneur. Parfois, elle a des drôles d'idées, ou elle paraît complètement ailleurs, mais elle est gentille, et studieuse, aussi, on fait nos devoirs ensemble à la bibliothèque parfois. Elle n'est pas à Serdaigle pour rien. Je crois qu'elle vit juste dans un autre monde que le nôtre. Je crois qu'elle a construit sa réalité, comme si celle qu'on lui proposait ne lui convenait pas. Il m'arrive de l'envier. Tout paraît simple à ses yeux. Les insultes glissent sur elle comme de l'eau sur les écailles d'une sirène. Rien n'a d'effet sur elle que ce à quoi elle décide d'accorder de l'importance. Les mots n'ont d'emprise sur elle que si elle le décide. Elle ne fait attention à une personne que si elle en a envie.
Elle est très étrange en effet. Tu es sûre que c'est une bonne fréquentation ?
Je ne me fie pas au jugement des autres. Après tout, ils me trouvent bête aussi. Luna est gentille avec moi et c'est une bonne amie, on s'entend bien, c'est tout ce qui compte. Tu ne crois pas ?
Si, bien sûr, tu as raison.
Nous avons beaucoup de cours en commun. Dans les autres cours, je suis souvent avec Colin, Colin Crivey. Je t'en avais parlé je crois, une fois. Il est tout petit, plus petit que moi, avec des cheveux jaunes comme de la paille. Il n'arrête pas de gigoter, tellement qu'une fois, il a failli tomber de son banc pendant un cours de métamorphose. Le professeur Mc Gonagall l'a regardé avec son air pincé, comme s'il avait fait une bêtise. Heureusement, il n'avait pas fait tomber les allumettes que nous étudiions. C'est lui qui vient d'une famille de moldus et qui prend plein de photos. Il s'intéresse à tout ce qui touche au monde magique, il veut toujours tout savoir sur la façon dont les sorciers vivent, sur leurs personnalités, tout ça. Il adore Harry et il le suit souvent. Il prend des photos qu'il me donne parfois. On pensait monter une sorte de fan-club, parce qu'on est sans doute pas les seuls à bien l'aimer, mais on a un peu peur que ça fasse trop. Qu'en penses-tu ?
Tu as des amis très étranges. Et je n'ai jamais eu de goût pour l'adoration d'une personne, aussi célèbre soit-elle que Harry Potter. Ce garçon n'est pas plus brillant que les autres, étonnant j'en conviens, mais tout de même. Apprend à distribuer ton admiration avec parcimonie, petite Ginny. A des gens qui le méritent vraiment.
Tu es dur…
Je suis réaliste. Et j'ai plus d'expérience que toi, surtout.
Tu ne parles jamais de toi, je ne sais rien de toi. Comment veux-tu être mon ami si tu ne me dis rien ? Tu me fais peur, Tom, quand tu parles comme ça. J'ai l'impression de découvrir quelqu'un d'autre. Comme si tu me cachais qui tu étais. J'espère que je me trompe.
Il n'y a rien à dire sur moi. Ma vie n'est pas très intéressante. Et je n'aime pas en parler. Un jour, peut-être, te dirais-je d'où je viens.
Je dois aller me coucher. Et je ne suis pas sûre d'avoir encore envie de te parler ce soir. Je t'aime beaucoup, Tom, mais je n'ai pas l'impression que tu me fasses confiance. Je ne sais pas si je dois te faire confiance, moi non plus. Je te raconte beaucoup de choses, je partage tout avec toi, et je n'ai pas l'impression que ça ait de l'importance à tes yeux. J'ai l'impression que toi aussi tu me prends pour une enfant. Je n'aime pas ça. Je ne suis pas aussi naïve que tu le crois.
Je ne crois rien. Je ne pense rien. Et je suis ton ami. Fais-moi confiance, Ginny, et un jour, tu comprendras. Suis-moi, suis mes conseils, et tu verras.
Sans doute. Bonne nuit Tom.
Bonne nuit, petite Ginny.
