Disclaimer : Tous droits réservés à Marvel et à Disney en ce qui concerne les personnages et l'univers. L'Edda n'est pas de moi non plus. Les œuvres en tout genre qui peuvent être citées tout au long de ce récit sont la propriété de leurs auteurs respectifs.
Rating : K
Pairing : Thor/Loki.
Note et blabla : Holà ! Pour ceux d'entre vous qui étudient, vous savez que nous sommes enfin en vacances ! Et donc, ce super-combo week-end + vacances fait qu'un nouveau chapitre de l'Edda Chaotique vous est offert ^^ ? Comment ça, c'est rien du tout ? Tant pis.
Etant donné que le bla bla mythologique a déjà été servi au chapitre précédent, je n'ai pas besoin de le répéter ici, alors, bonne lecture !
Un coffre, songea Loki. Un coffre. Me voilà bien. Très bien même.
Plongé dans les ténèbres, le dieu de la malice, qui se sentait terriblement stupide pour une fois, s'autorisa un long soupir tout en se pinçant le nez. Il s'était transformé en faucon pour s'éloigner le plus rapidement des forges. Mais manifestement, même le faucon était à bannir de ses transformations. L'abeille aussi, d'ailleurs.
Il n'avait eu aucun mal à s'éloigner de la forge des fils d'Ivaldi, volant à tires d'ailes malgré un Thor qui l'appelait à pleine voix, l'implorant presque. Sans son marteau. Loki ne savait pas si la réparation de l'artefact magique avait réussi ou échoué grâce à ses soins mais c'était bien le dernier de ses soucis.
Parce qu'il se retrouvait au fond d'un gigantesque coffre. Certes, c'était de l'or noir et de l'obsidienne, mais ce n'en était pas moins un coffre. Dans lequel il était enfermé. Fatigué d'avoir parcouru le ciel à tire d'ailes, il s'était approché de ce qui ressemblait à un petit palais. Là, il s'était posé sur la lucarne. La demeure appartenait à un géant, qui ne devait pas avoir de grand pouvoir politique mais qui avait assez d'argent pour faire croire que c'était le cas. Loki s'était amusé de lui, toujours sous sa forme d'oiseau, jusqu'à se faire repérer. Là, le géant, maître des lieux, avait ordonné qu'on lui apporte l'oiseau.
Tout aurait pu très bien se passer.
Si Loki avait pu décoller. Ses pattes étaient restées accrochés à la lucarne, impossible de l'en dépêtrer. Il ne savait pas quel était ce lieu de maléfice mais cela n'augurait rien de bon. Il avait donc été pris, et jeté dans ce coffre, où, bien malgré lui, il avait recouvré sa véritable apparence. Non pas celle d'un asgardien, mais bel et bien celle d'un jotun. Bleu, aux yeux rouges. Le fils de Laufey. Le fils abandonné de Laufey. Abandonné sur un rocher glacé.
Tout comme la lucarne, le coffre devait être soumis à une puissante magie pour ainsi lui faire perdre ses pouvoirs. Car il ne pouvait plus rien faire, pas même recouvrer l'apparence d'un asgardien. Avec ses pouvoirs de géants des glaces, il avait tenté de s'en prendre au coffre même. Peine perdue. « Petit, pour un géant des glaces », avait dit Odin. Loki rit jaune. Petit pour un géant. Faible pour un asgardien. Incapable dans les deux camps, traitre dans les deux camps. Loki en était là.
C'était pour ça qu'il détestait être enfermé dans les ténèbres. Parce que ses pensées profitaient de la confusion de ses sens pour revenir le tourmenter. Et qu'il n'en avait pas besoin. Il était au-dessus de ça. Il n'avait plus besoin de personne. Mais cette partie de lui qui le faisait faible, petit et incapable, s'obstinait à lui faire croire le contraire. Il n'allait en aucun cas se laisser berner.
Heureusement ou malheureusement pour lui, son ravisseur avait décidé de lui parler –le faisant sursauter par la même occasion.
« Je mettrais ta tête à prix ! Les Asgardiens me paieront grassement pour elle ! »
Au début, Loki resta silencieux. Puis il répéta les paroles du géant dans sa tête. Plusieurs fois. Un rire mauvais naquit dans les ténèbres. D'abord petit, il devint de plus en plus fort, comme un feu attisé par un soufflet. Le dieu de la malice rit littéralement à s'en tenir les côtes.
« Les Asgardiens ? Répéta-t-il. Parce que tu crois que les Ases se soucient de mon sort ? Tue moi, avant que je ne meurs de rire ! »
Son fou rire ne fit que croître pendant les dix minutes qui suivirent.
« Le géant Geirröd s'est emparé de Loki. Il veut être payé pour le rendre. »
Le regard courroucé de toute l'assemblée fit comprendre à Heimdall que pour une fois, il aurait pu tenir sa langue. Le gardien haussa les épaules. Il ne faisait jamais que son travail. Et il savait qu'il y avait au moins une personne dans cette assemblée qui voulait savoir ce qu'il était advenu de Loki.
Encore une fois, la majorité des Ases s'étaient rassemblés dans la salle du trône d'Odin. La plupart d'entre eux étaient assis, trop faibles pour rester debout. Bien que Thor soit fringuant, il s'était, lui aussi, assis, et réfugié dans un coin de la salle où il pouvait faire semblant de ne pas voir les regards inquisiteurs de ses amis. Mjöllnir était réparé. Cela s'était joué à peu de choses mais quand les nains voulaient achever un travail, même un tremblement de terre ne pouvait les en empêcher.
« Qu'il le garde ! Argua Sif. Nous n'avons plus besoin de lui. »
Il n'y avait certainement personne d'aussi furieux qu'elle dans toute l'assemblée. Une colonne avait été marquée par l'éclat de rage qui s'était emparé de la guerrière aux cheveux d'ébènes quand elle avait appris que le dieu de la malice avait encore fait des siennes.
« Loki a prouvé qu'il n'était pas fiable, approuva Volstagg. Nous trouverons les pommes sans son concours.
-Heimdall ne peut les voir ! Rétorqua Thor immédiatement. Sinon cette affaire serait réglée depuis longtemps !
-Mais nous ne pouvons-nous en remettre au fils de Laufey ! Répliqua son père d'une voix glaciale. Il a dépassé les bornes, depuis trop longtemps ! »
Thor se raidit et serra les poings. Il savait que le Père de Toutes Choses n'avait pas appelé Loki « fils de Laufey » par hasard. Il avait enfoncé le couteau dans la plaie, il tenait à lui rappeler qu'aucun lien réel et concret ne le liait au brun, et qu'il n'avait aucune obligation envers lui. Il tenait à lui rappeler que Loki était un ennemi depuis sa naissance. Mais Thor ne voulut rien entendre.
« J'irais. »
Un murmure de désapprobation traversa toute l'assemblée. Odin ferma les yeux et la prise de sa main se referma sur sa lance, dont il se servait pour ne pas vaciller. Frigga déglutit et détourna le regard.
« Mais Thor… Commença Sif, les joues rouges de colère.
-Nous ne pouvons plus nous passer de ces pommes ! Rugit le fils d'Odin. Regardez-vous, vieillissant à vue d'œil ! Nous n'avons guère le choix ! »
Le silence tomba comme la mort. Tous savaient qu'il disait vrai. Leurs visages étaient couverts de rides. Ils s'affaissaient sur eux-mêmes, ne pouvaient rester debout bien longtemps, et même leurs cris n'étaient plus aussi puissants. Si un ennemi voulait prendre Asgard d'assaut, il ne rencontrerait certainement aucune résistance, vu leur état. Et ils en étaient fatalement conscients.
« Tu laisses l'attachement que tu as pour Loki prendre le dessus sur le reste, souffla Frigga, si bas qu'elle faillit ne pas être entendu. »
Thor se tourna vers elle, alerté par ce ton inhabituel. Mais il savait ce qu'il signifiait. Sa mère était au bord des larmes. Ses épaules étaient voutées, ses bras croisés. C'était aussi tortueux pour elle que pour lui. D'être désespérément attaché à un être qui ne pouvait inspirer que du mépris, et qui ne faisait que trahir la confiance qu'on lui mettait dans la main. Il frappait, tel un marteau sur des clous, inlassablement et constamment.
Une main se referma sur l'épaule de Thor, qui sursauta, avant de se retrouver face au visage de Fandral.
« Ton frère a disparu, mon ami, lui dit le blond. Laisses-le aller. »
Le dieu de la foudre plissa les lèvres. Il faillit détourner le regard tant le visage de son ami lui inspirait de la pitié. Il aurait pu le faire. Il aurait pu laisser Loki s'en aller et assumer seul les conséquences de ses actes abjects. Mais il voyait ses amis et sa famille à bout de force, ravagés par une vieillesse millénaire. Bientôt, ils ne seraient plus que poussière.
La main de Thor se reposa sur celle de Fandral pour la dégager délicatement de son épaule. Le blond ramassa le marteau, dont l'enchantement avait été restauré, et traversa la salle en disant ces simples mots :
« S'il n'était pas notre dernier recours, il va de soi que je ne me serais pas tourné vers lui. Mais encore une fois, il est la voie la plus rapide jusqu'à ces pommes. »
Il ne laissa personne répliquer. Dès lors qu'il eut terminé, il passait la grande porte de la salle du trône.
Le coffre s'ouvrit juste au-dessus de la tête de Loki. Celui-ci ne put que sursauter. La lumière crue et blafarde qui lui tomba dessus le poussa à se cacher les yeux. Il mit sa main en visière, avant que ses orbes verts ne s'habituent à la lumière. Puis les deux billes d'émeraude se dirigèrent vers la lumière.
S'y découpait une silhouette tristement connue de la mémoire de Loki.
Le brun tenta au possible de ravaler sa surprise, mais ne fut pas certain d'y parvenir, si bien qu'il tâcha d'effacer sa mine déconfite au profit d'un sourire sarcastique.
« Tu es revenu me chercher, dit-il d'une voix suave. Je ne peux pas croire que tu sois persistant à ce point. »
Plutôt que répondre, Thor lui envoya une corde. Le dieu de la malice soupira, et s'en saisit. Le blond serra les dents et les poings, avant de remonter, lentement, son frère, comme on sortirait un seau particulièrement lourd d'un puits. Une fois arrivé au sommet du coffre, Loki se hissa, passa sa jambe par-dessus la grande boite de métal et laissa ses pieds recouvrer le plancher des vaches asgardiennes, sans pouvoir s'empêcher de soupirer de soulagement. Il ne savait pas exactement combien de temps il avait passé dans ce coffre, recroquevillé comme un gamin puni, mais il était terriblement engourdi.
Thor se saisit immédiatement de ses poignets et des menottes se refermèrent autour d'eux. Loki écarquilla les yeux avant de recouvrer son sérieux et froncer les sourcils dans la même seconde. Il leva les yeux vers Thor. Ce dernier avait le visage fermé, le regard furieux, accusateur.
« Ne me regardes pas ainsi, ricana Loki. Même chez les idiots, la persévérance est une qualité ! »
Le dieu de la foudre ne lui répondit pas. Il se contenta de prendre son cadet par le col, ce traître qu'il avait toujours considéré comme un frère, avant de le trainer hors de la salle. Cette dernière était vide de toute présence, chose qui étonna grandement le fils de Laufey. Etonnement qui alla croissant lorsqu'il vit le monceau d'or et de pierreries qui se trouvaient au pied de ce que Geirröd appelait trône. Il se tourna vers Thor, qui regardait droit devant lui.
« Ton père a donc donné l'or pour me récupérer ? »
Loki, la ferme, se dit inconsciemment le dieu brun. Pourquoi cherches-tu encore à capter son attention ? Ses yeux parlent. Il ne te regardera plus. Pas parce qu'il sait que tu seras là. Mais parce que désormais, il n'en aura cure. Regarde-le, il hésite entre la haine et l'indifférence. Alors, pourquoi essayes-tu de capter son attention ?
« Non, il ne venait pas de père, grogna froidement le fils d'Odin. »
Ils avançaient presque trop vite pour que Loki ne parvienne à suivre. Thor faisait de grandes enjambées, et le fait qu'il le traine presque par le col empêchait le dieu enchaîné de se coordonner sur ses pas. Cependant, bien que désavantagé par la situation, il ne pût s'empêcher de sourire. Parce que Thor avait parlé. C'était ainsi. Thor voulait le mépriser, l'ignorer, le haïr, il le souhaitait du plus profond de son être. Mais il finissait toujours par revenir. Il se cachait derrière le fait qu'il n'y avait pas d'autres alternatives, pour revenir toujours en courant vers lui à la première occasion.
Arrivé à la porte du palais, Thor le jeta presque en avant, ce qui interrompit pour le moins violement les élucubrations du fils de Laufey. Ce dernier trébucha et faillit tomber en avant, mais se rattrapa à temps, tandis que Thor disait d'une voix sèche :
« Messieurs, il est à vous. »
Loki jeta un regard courroucé à son aîné, qui, comme il s'y attendait, ne le regardait pas. Il inspira par le nez, dilatant ses narines, avant d'être interpellé par les paroles du blond. Si bien qu'il fit volte-face pour voir devant qui le fils d'Odin l'avait jeté. Son sang se glaça dans ses veines. Le comble, pour un jotun.
Les fils d'Ivaldi. Ils le regardaient d'un air froid et sévère, cependant, leurs lèvres dévorées par leurs barbes étaient tendues en un sourire qui reliait leurs oreilles poilues.
« Nous avons réussi, dit l'un d'eux. Votre tête. »
Il tendit la main comme si Loki allait prendre la peine de se décapiter et de lui servir sa tête en main propre. Le dieu brun déglutit en sachant qu'il était parfaitement inutile d'attendre qu'elle chose de Thor. Il serra imperceptiblement les dents, réfléchissant le plus vite possible à une solution. Dès lors qu'elle se profila, ce fut un sourire mesquin qui étira son visage blafard.
« Allons bon, pouffa-t-il. J'ai mis ma tête en gage. Pas mon cou. »
La ruse était bonne, bien entendu. Après tout, il avait encore sa tête sur les épaules. Mais elle avait aussi, malheureusement, ses limites. Les nains avaient été inflexibles. Loki avait tenté tous les virages possibles et imaginables, les subterfuges et les subtilités, ils voulaient sa tête à tout prix. Ajouté à la rancœur insubmersible de Thor, il était évident que le dieu de la malice, acculé, allait y laisser des plumes, quoi qu'il advienne.
Il y avait laissé ses lèvres.
Elles étaient cousues, collées l'une à l'autre par des fils de fer noir qui allait d'un coin de sa bouche à l'autre.
Il n'avait rien pu faire. Il n'avait pas pu se défendre, ni protester. Bien évidemment, il avait tenté. Le premières sutures, maladroites et fastidieuses, montraient bien qu'il avait donné du fil à retordre aux nains avant de ployer. Mais il n'avait pas crié, ni versé la moindre larme. Alors, malgré le sourire triomphant de Thor qui le regardait d'un air amusé, comme s'il était simplement tombé au milieu d'une flaque de boue, Loki estimait que c'était une victoire en soi. Même si tout ce qu'il pouvait faire à un Thor qui lui ébouriffait les cheveux était de lui servir un regard sombre ou glacial. Ce qui faisait simplement pouffer le dieu blond.
« Ta compagnie est soudainement nettement plus agréable, mon frère, rit-il. »
Tada ! Bon, d'accord, je reconnais que ce chapitre est tellement court qu'on ne devrait pas l'appeler chapitre, et je m'en excuse, mais il fallait que je le coupe en deux, et la meilleure coupure ne pouvait venir qu'à ce moment là selon moi.
Quoi qu'il en soit, c'est le début des vacances alors je vous invite à laisser une petite review, pour tout et n'importe quoi, commentaires, remarques, suggestions (oui oui), critiques, carte de voeu... Tout est bon à prendre !
Merci à vous et à la prochaine !
