Coucou les mandragores !

J'espère que cette suite vous plaira ^^

Bonne lecture ! =D


Les jours qui suivirent l'arrivée de Jungkook dans les mines, les autres constatèrent qu'il était de meilleur humeur et qu'il souriait plus souvent alors que jusque-là, il restait la plupart du temps réservé.

Hoseok ignorait en quoi son nouveau travail pouvait le rendre si joyeux mais pour ne pas voir s'envoler la joie de ses prunelles, il l'autorisa à s'y rendre environ un jour sur deux. Pour ne pas éveiller les soupçons quant à son plan, Jungkook s'occupait des ouvriers, leur apportant de l'eau et écoutant leurs complaintes. Toutefois, jouant sur le prétexte qu'il ne pouvait s'occuper de tous vu le nombre et que les ouvriers pouvaient penser qu'il s'occupait de leurs collègues ailleurs, le jeune garçon disparaissait dans sa galerie et creusait toujours plus loin avec l'énergie du désespoir. A force, ses bras se musclèrent davantage et il pouvait travailler en étant moins fatigué.

Un jour qu'il estima avoir assez creusé droit devant lui, il donna des coups de pioche plus haut pour commencer à remonter à la surface. Jungkook espérait qu'il ne se trompait pas : l'une des pioches était devenue inutilisable et celle qui lui restait menaçait de le devenir également. Son espoir ne fut pas vain : bientôt la pierre se transforma en terre qu'il dégagea à mains nues et la lumière du jour fut visible.

Ne pouvant contenir davantage son excitation, Jungkook s'épuisa et grimpa, sa tête arrivant à l'air libre. L'esclave réussit à sortir et il se retrouva à l'extérieur.

Presque aussitôt, Jungkook sentit sa gorge se serrer tant il était bouleversé. Il se trouvait désormais au sein du royaume de Sonyeondan, où tout esclave en fuite voyait sa chaîne être brisée pour devenir un citoyen libre. Contenant ses larmes, le jeune homme commença à marcher quand il s'arrêta soudainement.

Il voulait continuer mais au fond de lui, il savait que s'il partait sans Jimin, il le regretterait amèrement. Malgré lui, le jeune esclave s'était attaché au rosé et même s'il savait que son ami aimait profondément Taehyung, il ne désespérait pas quant à l'idée que ses sentiments changent un jour. Jimin avait beau sembler être heureux de sa condition, si on lui offrait la liberté, il ne pourrait dire non. Qui, au fond, préférait la chaîne, fut-elle en or, quand on pouvait vivre sa propre vie ?

C'était décidé, Jungkook libérerait Jimin en même temps que lui. Il lui faudrait trouver un prétexte pour emmener son ami avec lui jusqu'ici mais il le garçon avait confiance en ses capacités : il imaginerait bien un stratagème sans que personne ne le soupçonne de fourberie.

Jungkook rentra dans le tunnel et revint s'occuper des ouvrier en leur apportant de l'eau. La liberté n'était désormais plus qu'une questions de jours…


Comme Jungkook le savait fort bien depuis un moment, Hoseok tirait son immense fortune de ses mines de diamants qui se vendaient aussi bien dans le royaume qu'ils s'exportaient dans le monde entier. Le marché se portait bien, mais quand des clients achetaient des diamants, il pouvait se passer longtemps avant qu'ils n'en rachètent d'autres. De ce fait, le noble devait conquérir d'autres potentiels acheteurs fortunés, même les plus lointains, même les plus réticents.

De ce fait, Hoseok organisait parfois chez lui des réceptions afin de séduire ces clients en devenir. Eroc ayant de nombreuses frontières bordées par d'autres pays au centre du continent, le royaume était un carrefour stratégique pour la circulation des capitaux et des marchandises, avec des routes terrestres comme fluviales très développées. La partie sud touchait l'océan, ce qui permettait au commerce maritime d'être important. Bien de riches étrangers passaient par la capitale, il était donc facile pour Hoseok de mener à bien ses plans de séduction.

Pour cette fois-là, une dizaine de personnes étaient invitées, en plus de leur escorte, ce qui revenait à une centaine de personnes qui seraient présentes. Il fallait que la grande salle de bal soit nettoyée de fond en comble, les tables et chaises installées, qu'il y ait assez de nourriture et de boissons pour tout le monde. Pour que tout cela soit possible et pour que ses esclaves ne meurent pas de fatigue, le noble engagea plusieurs personnes pour les seconder. Il fit appel également à des danseurs, des musiciens et à une troupe de comédiens pour divertir l'assemblée.

Les serviteurs engagés pour l'occasion se firent détester de la maisonnée. Jungkook les trouva odieux envers eux. Parce qu'ils étaient libres et payés pour exécuter leur besogne contrairement à ceux possédant une chaîne en or à leur cou, ils se moquèrent ouvertement d'eux.

Exaspéré, Jungkook passait tout de même outre. Il y avait encore de travail à faire dans la cuisine et le temps s'écoulait trop vite. Il devait faire honneur à son maître qui comptait sur lui et les autres. Il prit son mal en patience : bientôt, l'esclavage ne sera à ses yeux qu'un lointain souvenir.

Un homme fit un geste maladroit, renversant quelques gouttes d'huile chaude sur deux doigts de Jimin qui se trouvait à ses côtés. Se retenant de crier mais se mordant les lèvres jusqu'au sang, le rose se dépêcha de tremper sa main dans un sceau d'eau glacée. Loin de s'excuser, l'homme ricana et parla avec l'un de ses voisins.

– Ce n'est qu'un esclave, tant pis s'il perd une main. Il pourra se contenter de sa bouche pour faire crier son maître !

Jungkook ne supporta pas qu'il puisse ainsi parler de Jimin. Comment pouvait-on seulement être mauvais envers une personne aussi pure et douce ? Furieux, il se précipita vers le coupable.

– T'as intérêt à retirer tout ce que tu viens de dire ou je te pète la gueule !

L'homme n'en rit que plus fortement.

– Eh bien, voilà un enfant indiscipliné ! C'est que l'esclavage t'as rendu plus violent, Jungkook !

Le susnommé retint de justesse un hoquet de stupeur. Comment connaissait-il son prénom ?

– Ça fait quoi, trois ans ? A l'époque tu ne faisais même pas attention à moi, je n'étais pas assez bien pour toi. Et maintenant, regarde-toi, un peu ! Te voilà devenu un misérable chien !

Maintenant qu'il observait le visage, ce dernier lui disait quelque chose. Ça y est, il s'en rappelait maintenant ! Le noiraud fut pris de violents tremblements. Cet homme appartenait à son passé, il savait qui il était. Il avait été un témoin privilégié de sa déchéance et il avait ses raisons pour le détester. Pourquoi n'en profiterait-il pas pour se moquer de lui. Allait-il révéler à tous son identité ? C'était humiliant, le jeune esclave ne savait comment réagir.

Tout à coup, des bras l'entourèrent pour le réconforter.

– Nous sommes peut-être des esclaves, mais vous n'avez pas à nous parler sur ce ton ! prononça d'une voix agressive Jimin. Qui que tu sois, je t'interdis de parler à Jungkook de cette manière ! Nous appartenons au noble Jung Hoseok, nous insulter revient à l'insulter. Et tu ne veux pas l'offenser, je suppose ?

– Cesse de te croire intouchable, vermine ! Continue et je te renverse tellement d'huile sur toi que tu pourrais pas te reconnaitre dans un miroir !

– C'est moi où on menace mon compagnon et mon petit frère ?

Taehyung et Yoongi firent leur entrée dans les lieux. Aussitôt, les serviteurs perdirent leur sourire et leur arrogance, cherchant à ne pas attirer leur colère. Les visages des nouveaux venus étaient durs comme de la pierre, leurs yeux de glace. Leur attitude même respirait la dangerosité. Le silence se fit et tout le monde reprit sa tâche.

Profitant de leur arrivée, Jimin replongea sa main dans l'eau, soupirant d'aise. Taehyung le rejoignit pour constater les dégâts. L'air plus sombre encore, il enlaça ses doigts dans la main non blessée de son amant et l'entraîna à sa suite hors de la pièce. Yoongi s'approcha après leur départ de Jungkook qui n'avait toujours pas bougé.

– Je reste là, lui murmura-t-il à l'oreille. Si quelqu'un ose te faire du mal, je le massacre.

Le vert ne proférait jamais de menace en l'air, le plus jeune le savait à force de mieux le connaître. Rassuré, le noiraud retourna aux fourneaux, tentant d'oublier l'homme qui le connaissait peu loin de lui.

Jimin revint peu après pour continuer ce qu'il avait commencé, les doigts brûlés enduits d'une manière blanche que Jungkook devina être une pommade. Taehyung qui s'était arrêté au pas de la porte lança un dernier regard dans la salle, croisa les yeux de Yoongi qui hocha la tête et le blond s'en alla. Les préparations s'achevèrent dans une ambiance lourde, mais les esclaves ne furent plus victimes de mots et gestes déplaisants.

Le repas prêt, la maisonnée ne se reposa pas pour autant. Les invités entraient petit à petit, il fallait assurer le service en salle.

Seokjin les recevait à l'entrée et les amenait dans la salle de bal où Hoseok les attendait. Là, ils parlaient affaires tout en profitant des mets et de l'ambiance festive. Pour flatter les invités, Namjoon, qui savait captiver son auditoire quand il parlait, les complimentait avant de leur parler de la beauté des diamants qui complèteraient avec une telle harmonie leurs parures.

Jungkook comme d'autres tenait en mains un plateau rempli d'aliments ou de verres que les futurs clients prenaient quand il passait près d'eux. Il était fatigué et ne souhaitait qu'une chose : retrouver son lit.

– Courage, lui souffla Seokjin en passant près de lui. Rappelle-toi que maître Hoseok nous laisse demain notre journée pour nous reposer.

– Humpf ! Mais je vais tenir !

– Tout va bien se passer. Et si jamais il y a un problème, fais-nous signe, nous venons t'aider.

Touché par la gentillesse de l'aîné, Jungkook acquiesça et continua à déambuler dans la grande salle.

Plus tard dans la soirée, il fut interpellé par un petit groupe. Le jeune esclave vint les voir. Il vit un couple qui avait l'âge d'être ses parents, entouré de personnes à leur service. Si l'homme semblait plus concerné par son verre qu'autre chose, la femme fixait le noiraud le sourire aux lèvres.

– J'ai entendu parler de toi ! confia-t-elle avec un accent fort prononcé. Tu es surnommé l'esclave d'or dans cette ville ! Tu es si doué ?

– Je… Je l'ignore, madame.

Jungkook savait qu'il avait des qualités, mais par rapport aux autres, il ignorait son niveau. Les dresseurs l'avaient « élevé » éloigné des autres qu'ils jugeaient trop médiocres et depuis son appartenance à la maisonnée Jung, jamais on ne lui avait demandé de faire quoi que ce fut d'extraordinaire. Ce surnom, il ne l'avait pas choisi. Et il préférait de loin le « petit frère » que les autres lui avaient donné.

– Ne fais pas ton modeste ! J'entends beaucoup de ce qui se dit, et il se dit justement que si le noble Jung Hoseok achète peu d'esclaves malgré sa fortune, il les choisit avec grand soin. Tous ont l'air d'avoir des aptitudes hors normes. Et toi, il a dépensé une fortune pour t'avoir. Qu'as-tu donc de si spécial ?

Il y avait de l'avidité dans son air. Mais que voulait-elle savoir exactement ?

– Je ne fais qu'accomplir des tâches ordinaires, madame.

– Allons, allons ! C'est impossible que tu ne fasses que cela ! Tu as forcément un rôle prépondérant quelque part, comme dans le fonctionnement de ses mines par exemple ? A moins que comme sa fiancée, il t'ait acheté pour te mettre dans son lit avant de t'affranchir ?

Pardon ?

Jungkook crut avoir mal compris. Hoseok n'avait qu'une seule fiancée, Jisoo, et elle n'était pas une esclave. Elle était… Le noiraud se rendit compte qu'il ignorait tout de sa maîtresse. Pas même son nom. Or elle devait en avoir un, en tant que noble. A moins qu'elle fût belle et bien une affranchie ? Mais c'était impossible ! Seul un noble ou quelqu'un de haut placé peut épouser un noble. Commet une femme qui fut esclave pouvait-elle épouser un homme aussi important que Hoseok ?

Le jeune homme fut coupé dans sa réflexion par un cri. Il se retourna pour voir Lisa qui se tenait dans les bras de Namjoon. Tous deux jetaient des regards assassins vers un homme qui se tenait non loin.

Hoseok les rejoignit, discuta brièvement avec eux puis parla avec l'homme. Celui-ci protesta dans un premier temps puis blêmit avant de se retourner vers le buffet. Lisa quitta alors les bras de Namjoon et partit en direction des cuisines. Profitant que son plateau fut vide, Jungkook la rejoignit.

– Ça va ? Que s'est-il passé ? lui demanda-t-il.

– Ça va. Un homme s'est amusé à me toucher les seins et j'ai crié, et Namjoon m'a séparé de ce pervers. Tu sais, d'habitude quand un homme s'amuse à me toucher de la sorte même si c'est un homme libre et que je suis une esclave, je le frappe. Voire plus. Mais là, c'est un représentant d'une famille immensément riche dans je ne sais plus quel pays, alors je ne peux pas lui faire du mal au risque que maître Hoseok ne perde des clients et des bénéfices.

– Mais maître Hoseok est intervenu !

– Il lui a dit la même chose qu'à chaque fois qu'un pervers ose mettre ses sales pattes sur moi, même si ce n'est pas toujours vrai.

– Hum ?

– Que je saigne.

Jungkook cligna plusieurs fois des yeux.

– Tu saignes ? Où ça ? Je ne vois rien !

Lisa écarquilla les yeux avant d'éclater de rire.

– Oh, que tu es jeune ! Ne t'inquiète pas, je vais très bien. Et sache que les femmes peuvent saigner, tous les mois, sans que tu n'en aperçoives. Et généralement, ça dégoûte tellement les hommes qu'ils ne cherchent plus à vouloir abuser de mon corps.

Le noiraud était toujours perdu, alors l'orange lui embrassa la joue.

– Un jour tu comprendras. Là, tout ce que tu dois savoir, c'est que je vais bien et que comme tu peux le voir, maître Hoseok et les autres me protègent. Ne t'en fais surtout pas. Tu viens ? Nos invités ont faim et soif, nous devons nous assurer qu'ils soient satisfaits.

Jungkook finit par acquiescer, comprenant qu'il ne servait à rien dans cette histoire. Le reste de la soirée se déroula sans incident. Une fois tous les invités partis, Hoseok réunit ses esclaves.

– Lisa, je suis désolé que cet homme t'ait touché, lui dit-il. C'est un étranger chez qui l'esclavage n'existe pas, alors il croyait qu'il pouvait faire ce qu'il voulait avec toi. Je lui ai expliqué les règles.

– Ce n'est rien, maître. J'ai connu bien pire et je suis ici protégée.

– J'en suis quand même fâché. Tout s'est bien passé, sinon ? Un incident à déclarer ?

Le silence se fit alors que la maisonnée se scrutait du regard, jusqu'à ce que Yoongi le rompisse.

– Il y a eu un problème en cuisines.

Hoseok le regarda, surpris.

– Quoi donc ?

Le regard du vert se porta sur le rose, qui grimaça.

– Jimin, que s'est-il passé ?

– Un incident maître. Un des employés m'a renversé un peu d'huile chaude dessus.

– De l'huile ? Où ça ?

Le noble n'attendit pas la réponse, ayant vu la main. La pommade avait dérougi là où les gouttes étaient tombées et le tout était peu gonflé. Mais Jungkook n'aimât pas voir les doigts endoloris. Il prit la parole.

– Je pense qu'il a agi volontairement.

– Comment ?

Tout le monde s'était retourné vers lui.

– J'ai connu cet homme autrefois. Il me déteste, presque autant que moi je le déteste. Il m'a tout de suite reconnu dans les cuisines et il m'a provoqué juste après qu'il ait blessé Jimin. Et il méprise les esclaves. Pour lui, c'est juste de la vermine.

– Mais pourquoi agirait-il ainsi ? demanda Hoseok. Qu'il te déteste, c'est une chose. Mais s'en prendre à un autre sous prétexte qu'il porte une chaîne à cou ?

– Je… Je viens tout juste de m'en souvenir à présent. Je lui ai causé un tort autrefois, il m'avait prévenu qu'il se vengerait un jour. Il l'a fait aujourd'hui.

Jungkook baissa la tête, honteux.

– Ne t'en veux pas, lui dit Jimin en s'avançant vers lui. Moi je ne t'en veux pas.

Il le prit dans ses bras et le serra fort contre lui.

– Je vais retrouver cet homme, promit leur maître. Et lui faire comprendre que personne ne peut vous faire du mal sans en payer les conséquences.

Constatant qu'il n'y avait plus rien à dire et que tout le monde était fatigué, Hoseok leur souhaita une bonne nuit. Les esclaves retournèrent dans leur couloir. Jungkook pensait encore à la soirée, il était perdu dans ses pensées. Au point d'entrer par erreur dans la chambre de Jimin et Taehyung qui s'embrassaient passionnément.

– Oh pardon !

– Petit frère, attends !

Jimin lui attrapa le poignet.

– Dis-moi ce qui se passe, vraiment. Tu es toujours troublé par cet homme ?

– C'est ma faute !

– Puisque je te dis que non !

– J'ai commis une erreur avec cet homme il y a des années. Et il m'avait dit qu'il se vengerait sur une personne qui m'est proche. Il a dû deviner que je tenais à toi, alors il t'a… J'ai trop honte pour en parler, mais je suis désolé.

– Je me fiche de savoir ce que tu as fait par le passé. Si tu ne veux pas me parler de la vie d'avant, jamais je n'insisterais. Moi, tout ce qui m'importe, c'est toi maintenant. Tu es mon petit frère Jungkook, je t'aime et je ne t'en voudrais jamais.

Une larme coula le long de la joue du plus jeune. Touché, Jimin le fit s'assoir sur son lit, entre lui et Taehyung. Le blond parla.

– Il y a quelque chose d'autre non ? Tu sembles soucieux.

Taehyung avait raison. Était-il toujours si observateur, si perspicace ? Jungkook aimerait connaître la vérité sur Jisoo. Qui était-elle exactement ? Une ancienne esclave ? Ou une noble ? Le plus jeune allait le demander mais il se ravisa. Bientôt, il quitterait cet endroit et ce, définitivement. A quoi bon en savoir davantage sur le vie d'Hoseok ? Surtout qu'il ne rencontrerait jamais la fameuse Jisoo, autant qu'elle reste une inconnue à ses yeux.

– Rien. Je suis fatigué, je vais me coucher.

– Bonne nuit à toi, dans ce cas, lui répondit Jimin.

– Merci. Bonne nuit à vous aussi.


Le lendemain, Jungkook comprit que pour attirer Jimin dans l'ancienne mine, il fallait que ce fut ce dernier propose de s'y rendre. De ce fait, le jeune esclave devait le lui faire souhaiter sans qu'il ne s'en rendit compte.

Alors qu'ils nettoyaient la salle des restes de nourritures et de toutes les saletés de la réception de la veille – ils étaient si fatigués la veille au soir qu'Hoseok leur avait permis d'aller se coucher sans nettoyer – Jungkook s'arrangea pour se retrouver à côté de son ami et lui parla.

– Comment vas-tu ?

– Je vais bien, merci. Et toi ?

– Ca va aussi. Je m'inquiétais pour tes doigts.

– Oh ! Tu n'as pas besoin de t'inquiéter ! Heureusement, il n'y a eu que quelques gouttes sur mes doigts et en plus, grâce à l'onguent, ça a vite guéri. Et ça ne m'empêche de travailler.

– J'espère, sinon je ne vais pas partir à la mine alors que tu aurais besoin d'aide.

– A propos de mine, tout se passe bien là-bas ? Tu es tellement heureux quand tu y vas !

Jungkook sourit, content de voir que la discussion allait dans son sens.

– Oui, j'aime bien le faire. Ça me change d'ici et j'ai l'impression d'être vraiment utile pour les ouvriers.

– Je n'y suis jamais allé. J'ai du mal à imaginer le nombre de personnes qui y travaillent.

– Tu n'as qu'a venir la prochaine fois avec moi ?

Le cœur du plus jeune battit plus vite d'appréhension. Jimin allait-il accepter ? Ce dernier s'arrêta quelques secondes, trop surpris pour réagir dans un premier temps. Puis il fixa Jungkook, les yeux écarquillés.

– Aller aux mines ? Mais si j'y vais, qui fera le travail à ma place ?

– Maître Hoseok pourra toujours embaucher quelqu'un d'autre. Et ce ne serait pas toujours, juste une fois pour que tu vois.

Jimin se mordit les lèvres, pensif.

– Je ne sais pas…

– C'était juste une proposition, hein. Si tu ne veux pas…

– Si, je suis curieux. Mais il faut d'abord demander l'autorisation à maître Hoseok avant. Je… Je lui en parlerai.

Jungkook aurait pu pousser un cri de joie à l'instant tant il fut content d'entendre ces mots. Bientôt, lui et Jimin quitteraient cette vie de servitude.


Ce fut Jimin qui lui révéla deux jours plus tard qu'Hoseok lui avait permis de visiter les mines pour le lendemain. Jungkook partagea sa bonne humeur mais sentit que son ami était également nerveux.

– Qu'est-ce qui t'arrive ?

– Rien ! C'est juste que… Depuis que je travaille ici, je n'ai jamais quitté la ville. Je sais que les mines sont près d'ici, mais ça me parait étrange d'aller si loin.

Jungkook lui attrapa les mains et y entremêla leurs doigts.

– Ne t'inquiète pas, ce ne sera pas long. Et puis je serai là !

L'air confiant du plus jeune fit sourire Jimin.

– C'est vrai, tu as raison.

– Sache que j'ai toujours raison.

Cette fois-ci, le rose rit, contaminé par la bonne humeur de son ami.


Jungkook dissimulait à grand-peine son sourire : il se trouvait dans le carrosse avec Soekjin, Namjoon et surtout, Jimin. Dès qu'ils descendirent du véhicule, Jungkook voulut emmener Jimin vers la liberté mais le rose, impressionné par ce qu'il pouvait voir et très curieux, s'arrêtait régulièrement et lui posait mille questions.

– Pourquoi il y a tant de contrôles quand les ouvriers sortent des mines ?

– Pour éviter les vols. Il n'y a pas non plus des centaines de diamants qui sortent tous les jours donc il faut éviter les pertes et les marchés concurrents déloyaux.

– Il y en a du monde !

– Il y a plusieurs mines, qui sont creusées profondément dans la terre. Si c'était petit, je ne pense pas que maître Hoseok serait si riche.

– C'est… J'ai hâte de voir tout le reste !

Comme ils se trouvaient peu loin de la mine abandonnée, Jungkook l'entraîna à l'intérieur.

– Pourquoi venir ici ? Il n'y a personne !

– Parce qu'il n'y a plus de diamants, elle est donc devenue inutile. Mais je tiens à te montrer quelque chose !

Jimin fronça des sourcils mais accepta. Tous deux s'enfoncèrent dans les galeries souterraines.

– Kook, tu penses que c'est une bonne idée ? demanda au bout de quelques minutes Jimin. J'avais entendu il y a quelques temps que la mine avait été abandonné parce qu'il n'y avait plus de diamants et qu'elle était dangereuse à cause de… Je ne sais plus. C'est celle-là ou une autre ?

– Ce n'est pas si important. Viens, on y est presque.

– Je ne me sens pas tranquille !

Jimin s'arrêta soudainement, ce qui obligea Jungkook à faire de même.

– Jimin…

– Pourquoi on s'est éloigné des autres ? Je croyais pourtant que tu voulais me montrer ce que tu faisais ! Et c'est dangereux d'être là !

Le plus jeune sentait son interlocuteur douter aussi chercha-t-il à le persuader de continuer. Il s'approcha de lui et lui prit le bras.

– Jimin, tu dois me suivre ! J'ai creusé un tunnel qui mène tout droit dans le pays voisin ! Dès qu'on y sera, on sera libres tous les deux !

Jimin le regarda avec une expression effrayée.

– Et même si c'est le cas, pourquoi le dire seulement et proposer à moi seul ton plan Jungkook, pourquoi ?

Le susnommé ravala sa salive. Il ne voulait pas l'avouer si tôt mais s'il voulait le faire venir avec lui, il n'avait apparemment pas d'autre choix.

– Parce que… Je… Je t'…

Jimin repoussa son étreinte avant qu'il ait pu se confesser.

– Non, ne dis pas un mot de plus ! Je ne veux pas t'entendre prononcer ce que tu veux me dire !

– Jimin…

– Tais-toi ! Tais-toi ! Tais-toi !

Le rosé s'éloigna de quelques pas, les bras autour de lui, comme s'il cherchait à se protéger.

– Ces mots-là, de cette manière, seul Taehyung peut me les dire ! Et si tu tiens tant à fuir en abandonnant ta famille et la belle vie que t'offre maître Hoseok, très bien, vas-y, mais ne compte pas sur moi !

– Jimin !

Le rosé, sourd à ses appels, commençait à partir vers la sortie quand une violente secousse fit trembler les murs qui se fissurèrent. Les deux esclaves étaient tombés par terre sous la force du choc mais quand Jungkook se releva, il vit avec netteté le plafond s'écrouler par endroit et de la roche tomber sur Jimin.

Le cri de douleur de ce dernier se répercuta dans l'ensemble de la mine.


A votre avis, dans quel état va être Jimin après ça ?