Bonjour à tous :)

Désolée pour la longue attente, mais il s'avère qu'il est plus facile d'écrire lorsque nous sommes réunies (puisque je quo-écris la fic avec nemesyslynn) et puisqu'elle habite à plusieurs centaines de kilomètres de moi, ça n'arrive pas si souvent...

Bref, quoi qu'il en soit, nous n'abandonnons pas, et j'espère que vous lecteurs, non plus ;)

Le chapitre 5 est déjà commencé, et en théorie, il sera fini d'ici deux mois grand max ;)

Sur ce, merci à tous pour vos review

Bonne lecture !

ps : Les trois premiers chapitres ont été corrigés.


Chapitre 4 :


Le lendemain de la sélection du nouveau poursuiveur, les conversations dans la Grande Salle allaient bon train. Tous allaient de leurs commentaires sur la sélection de Drago Malefoy et sur les futurs succès de cette nouvelle équipe lors du tournoi.

Harry, lui, pensait surtout aux futurs esclandres de Malefoy et aux migraines que cela allait lui occasionner.

Fort de ces réflexions et après avoir engouffré son petit-déjeuner avec un appétit que Ron pourrait lui envier, les trois amis se dirigèrent vers la salle de sortilèges pour leur premier cours de la journée.

Durant l'étude du sortilège Incendio Maxima, utile contre les attaques Gelantes des yétis albinos, le professeur Flitwick prit malencontreusement feu en approchant trop près de Seamus Finnigan, qui, par sa maladresse habituelle, rata son sortilège. Cela provoqua bien sûr l'hilarité générale au grand dam de leur petit professeur.

oOo

Le reste de la journée fut heureusement plus calme pour les élèves de septième année.

Le soir venu, les membres de la nouvelle équipe se retrouvèrent sur le terrain de Quidditch.

Comme tous les autres, Harry se rendit au vestiaire afin de se préparer à l'entraînement. Alors qu'il laçait ses bottes de Quidditch, Harry sentit un projectile lui heurter la tête avant qu'il ne s'empêtre dans sa tignasse indomptable. Il parvint avec la plus grande difficulté du monde à s'en saisir tant il bougeait.

Le projectile était en fait un dragon en origami qui se faisait apparemment une joie de lui mordiller les doigts de sa gueule aiguisée, lui provoquant de légères coupures.

Avec une extrême précaution, et sentant la colère monter, Harry finit par déplier la bête pour voir apparaître un dessin le représentant se prenant un Souafle en pleine figure, accompagné d'une simple phrase « Attention Potter, un accident est vite arrivé ».

D'un geste rageur, Harry chiffonna le papier et jeta un regard noir derrière lui, pour y voir Drago arborer un sourire narquois, avant de quitter le vestiaire.

Merlin, que les entraînements allaient être longs…

oOo

— Mais Potter, essuie tes lunettes, tu vois bien que cette formation ne fonctionne pas ! Ils vont pénétrer notre défense en deux secondes.

— Peut-être, mais si on fait comme tu le préconises, Bulstrode va finir par envoyer Cormac à l'infirmerie !

— Connecte tes deux neurones ! Avec l'attaque de l'hippogriffe, ils auront aucune chance de marquer !

— Tu n'y es pas du tout, la défense est bien mieux que l'attaque. Une bonne formation du cyclope permet d'avoir un meilleur angle de tir.

— Potter, t'es vraiment un abruti. On risque pas de gagner avec tes méthodes de fillette.

— Et toi, avec tes procédés agressifs, on risque tous de finir à Ste Mangouste…

Depuis une demi-heure, le reste de l'équipe assistait, impuissant, aux échanges houleux entre les deux garçons.

— N'importe quoi Malefoy, Marc doit assurer les arrières de Hannah, sinon...

— Mais la ferme Potter, tu comprends vraiment rien aux bonnes stratégies !

— Tu...

— STOP ! Ça suffit tous les deux, il y en a vraiment marre ! On a déjà eu le droit à vos disputes il y a vingt minutes, vous commencez à nous casser les balais ! s'écria Michael Corner.

La gueulante de Michael eut pour effet de faire cesser la dispute entre Harry et Drago l'espace d'un instant.

— Et pour qui tu te prends Corner, tu n'as rien à m'apprendre !

— Il a raison, Drago, c'est vrai que vous soulez tout le monde avec vos chamailleries. À cause de vous, l'entraînement n'avance pas et vous mettez une ambiance mortelle. Même Rogue serait plus enjoué ! dit Millicent Bulstrode.

Drago se renfrogna mais ne répondit rien, car il estimait l'avis de la Serpentard, même s'il en était vexé.

— Alors dites à Potter qu'il a une mauvaise stratégie, cracha Drago en lui jetant un regard noir, qu'Harry lui rendit avec ferveur.

— Écoutez les garçons, le problème c'est que vous êtes deux à vouloir diriger l'équipe. On se doutait bien que ça risquait d'arriver. Donc avec les autres, on a pris la décision d'élire un capitaine, intervint Hannah Abbot.

Harry, prenant sur lui, approuva la décision de ses camarades, voulant prouver à Drago qu'il était le plus mature d'eux deux.

À la suite de ça, le vote fut organisé, et à la surprise d'Harry, le reste de l'équipe préféra les tactiques de Malefoy, qui fut donc nommé capitaine de l'équipe.

Avec toute son arrogance, Drago s'adressa au reste de l'équipe (et Harry aurait pu mettre sa baguette au feu qu'il s'adressait surtout à lui) et décréta qu'en tant que capitaine, la formation pégase serait la plus adaptée, comme il l'avait conseillé plus tôt.

Démoralisé au possible, Harry rentra à la tour Gryffondor, espérant pouvoir se plaindre à Ron du comportement de Malefoy, et de son nouveau poste au sein de l'équipe.

oOo

Cela faisait deux jours que Drago avait été élu capitaine de l'équipe, et Harry ne le supportait déjà plus ! Le Serpentard était encore plus imbuvable qu'à l'ordinaire. Il se pavanait en conquérant glorieux dans les couloirs du château, suivi par ses groupies qui le collaient comme son ombre.

Si Harry n'avait pas tant aimé le Quidditch, il aurait certainement quitté l'équipe !

— Harry, tu as ton devoir de potion ?

— Mais oui Hermione, je suis paré, il n'y a aucune raison que j'aie une mauvaise note cette fois-ci ! Rogue n'en reviendra pas.

— J'espère bien, après les heures qu'on a passé dessus à rédiger le devoir et apprendre par cœur les ingrédients de la potion de soins Écaillus Dragonus, se plaignit Ron.

oOo

— Fermez vos livres, et que je ne vois plus rien sur vos tables ! tonna le professeur de Potions. Vous avez une heure pour préparer votre potion. Je ne veux AUCUN bavardage !

Comme à chaque contrôle, Hermione, la mine sérieuse, se rua sur sa copie et ses ingrédients avec une extrême concentration. Et pour une fois, c'est confiants que Ron et Harry commencèrent leur potion.

Au bout d'une demi-heure, Harry était très satisfait, sa potion avait pile poil la bonne couleur. Il ne lui restait plus qu'à mijoter tranquillement le reste de l'heure, et il était certain d'obtenir enfin un Effort exceptionnel pour son travail.

— Professeur Rogue, puis-je aller aux toilettes je vous prie ?

Le professeur jeta un regard assassin à l'élève qui avait pris la parole avant de voir qu'il s'agissait de Drago Malefoy.

— Mmm... Oui, mais faites vite.

Drago fit un sourire complaisant et se leva silencieusement.

Harry leva les yeux au ciel. Tout le monde savait que Rogue refusait catégoriquement de laisser sortir les élèves durant le cours. Mais évidemment, son chouchou n'avait jamais droit au même traitement...

Au moment où Drago dépassa la table d'Harry, il lui lança un sourire arrogant avant de laisser tomber quelque chose dans son chaudron.

— Sale...

Harry se retint de l'insulter tout fort avant de froncer les sourcils et de scruter attentivement son chaudron pour finir par y voir flotter un œil de Strangulot.

Harry serra les poings en entendant Drago ricaner discrètement, avant de partir à la pêche.

— Que faites-vous Potter ?! À ce stade de la potion, vous devriez vous contenter de surveiller votre potion, et non de la touiller de cette manière.

Voyant Harry se débattre avec son chaudron, Rogue s'était levé et était venu voir de plus près.

— Je sais monsieur, je ne touille rien, c'est que Malefoy...

* Splash ! *

Alors que le professeur avait le nez au-dessus du chaudron, la potion se mit soudain à jaillir et inonder la robe du professeur Rogue.

— POTTER ! Vous êtes vraiment incapable ! Ne savez-vous pas, après sept ans d'études de potions, que les yeux de Strangulots, associés à la bile de Veracrasse provoquent une explosion ?

— Mais Monsieur...

— SILENCE ! Je ne veux pas entendre vos pitoyables excuses ! Vous irez en heure de colle ce soir, un point c'est tout. Et je vous mets un T, évidemment.

Les oreilles de Harry virèrent au rouge lorsqu'il croisa le regard victorieux de Drago, qui venait, comme par magie, de rentrer dans la salle.

oOo

Deux HEURES ! Deux heures, non d'un hibou biscornu, qu'il récurait ces foutus chaudrons et avec une vieille brosse de WC. OK c'est ce qui fonctionnait le mieux, Harry l'avait appris au début de sa première année et des nombreuses heures de colle qu'il avait eues, mais tout de même, c'était dégradant !

Heureusement pour Malefoy qu'il était sur le terrain de Quidd... Oh Merlin ! l'entraînement ! S'il ne se dépêchait pas un peu, il finirait par arriver en retard et Malefoy ne se gênerait pas pour lui faire remarquer... ou pire !

Après avoir rempilé les chaudrons de façon plus que précaires, il sortit en courant des cachots pour se rendre sur le terrain. Arrivé en dehors de l'enceinte du château, il jura en voyant les trombes d'eau qui s'abattaient sur lui, le faisant glisser sur le sentier et embuant les verres de ses lunettes. Il était maudit maintenant, c'était certain !

Il discerna enfin ses coéquipiers qui enfourchaient leurs balais et se dit qu'il aurait peut-être la chance de pas inaperçu s'il se changeait à la vitesse de l'éclair... mais c'était sans compter sur la fouine peroxydée !

— POTTER ! Tu penses pouvoir ramener tes saintes fesses quand tu le souhaites? L'équipe n'a pas à souffrir de ton retard !

— Ça va Malefoy, j'étais en retenue par ta faute, alors si j'étais toi, je la fermerais ! Et je saurais me faire pardonner auprès de l'équipe moi-même.

— T'as raison Potter, j'ai déjà une idée toute trouvée !

— Malefoy t'as pas intérêt à...

— Eh ! Écoutez-moi. Potter vient gentiment de se proposer pour nettoyer vos balais à la fin de l'entraînement afin de se faire pardonner son retard. Alors merci Potter…, dit Malefoy avec une voix douce-amère, en regardant Harry du coin de l'œil tout en montant sur son balai.

Oh et Potter pas la peine de faire venir ton balai, on n'a plus de temps à perdre, prends donc celui qui traîne dans le vestiaire.

— Oh merci Harry, c'est vraiment sympa de ta part, tu es tout pardonné dans ce cas ! le remercia Michael avec un sourire sincère.

Harry fulminait à tel point qu'il aurait pu en cracher du feu. Quel culot avait ce petit, misérable, arrogant, fils de Mangemort pour l'obliger à effectuer un récurage de plus ! Cela allait lui prendre des heures de sécher et de lustrer toutes les brindilles de ces balais !

Foi de Gryffondor, il lui ferait payer son comportement !

L'entraînement se déroula sans autres incidents et Harry put prouver son talent même juché sur un vieux Brosse Dur, qui à en croire son état, s'était fait passer dessus par toute l'école ! Cela eu au moins le mérite de clouer le bec de Malefoy pendant ses figures.

oOo

— Allez, vous pouvez aller vous rhabiller, l'entraînement est terminé !

Drago venait de sonner la fin l'entraînement. Harry et les autres en furent soulagés. La pluie torrentielle n'avait pas cessé de tomber, bien au contraire. Ils étaient détrempés, et frigorifiés, et la nuit qui était tombée depuis une bonne heure empêchait Harry d'apercevoir le Vif d'or.

— Je suis tellement épuisée que je vais prendre une douche et monter directement me coucher ! dit Millicent à Hannah qui partageait tout à fait son point de vue.

— Si j'avais su que Drago allait être si exigent avec l'entraînement, j'aurais peut-être voté pour Harry, glissa tout bas Corner à l'attention de Mark.

oOo

Harry était lessivé. Après ses deux heures de récurage de chaudron, et celles de l'entraînement, il ne sentait plus aucun de ses membres. Son seul souhait était de prendre une douche brûlante et d'emporter un petit quelque chose à manger avant de monter se mettre au lit.

— Hey, Potter, où est-ce que tu vas comme ça ?! demanda Drago qui venait de surgir derrière lui.

— Comment ça « Où est-ce que je vais ? » Dans le vestiaire, comme les autres, dit Harry qui ne comprenait pas ce que lui voulait encore ce satané Malefoy.

— Il me semble t'avoir pourtant dit de récurer les balais des joueurs. Il est hors de question que tu quittes le terrain avant que tout ne soit reluisant de propreté.

— T'es pas sérieux Malefoy ! s'écria Harry qui perdait son calme. Tu te moques de moi !

Les cris du Survivant alertèrent les autres joueurs qui firent demi-tour, pour voir ce qu'il se passait.

— Je suis tout à fait sérieux le balafré ! En tant que capitaine, je t'ordonne de m'obéir, fit Drago en levant le menton en signe de supériorité.

C'en fut trop pour Harry qui explosa. Toute la tension accumulée ces derniers temps (en très grande partie causée par Drago) ressurgit et Harry sauta sur Drago.

Les deux garçons se roulèrent sur le sol et se rouèrent de coups, et même la boue gelée qui imprégnait leurs vêtements ne les calma pas. Il fallut l'aide de McLaggen et Millicent pour parvenir à les séparer.

Harry et Drago étaient essoufflés, et se regardaient avec toute la haine qu'ils ressentaient l'un pour l'autre.

Drago avait des contusions et des coupures au visage, tout comme Harry, qui tentait de se libérer de l'emprise de Cormac pour se jeter de nouveau sur Drago.

— Holà ! Qu'est-ce qu'il se passe ici ? demanda Hagrid qui arrivait d'un pas précipité. J'ai entendu des cris depuis l'autre bout du stade.

Harry ? Mais qu'est-ce que tu fais ?

Le demi-géant semblait surpris de voir Harry dans cet état, et embêté aussi, mais il n'avait pas le choix...

— Venez tous les deux, je dois vous amener auprès du directeur. Ce comportement n'est pas correct.

Durant tout le trajet, les deux garçons ne cessaient de se jeter des regards noirs, mais plus ils se rapprochaient du bureau du directeur, plus Harry se sentait fautif. Jamais il n'aurait dû se laisser aller à frapper Malefoy de la sorte, quand bien même cette sale petite vermine le méritait profondément.

*toc toc*

— Entrez, dit Albus Dumbledore.

Hagrid s'écarta pour laisser passer Harry et Drago, qui entrèrent en évitant de croiser le regard du directeur.

— Je vous amène deux jeunes que j'ai trouvés en train de se battre, Monsieur le Directeur, dit humblement Hagrid.

— Merci Hagrid, vous pouvez me les laisser maintenant.

Hagrid inclina respectueusement la tête et s'éclipsa du bureau, non sans avoir lancé un faible sourire à Harry, en guise d'encouragement.

— Avancez. Qui veut prendre la parole en premier et m'expliquer les raisons de tout ceci ? dit Albus avec un ton ferme.

Harry et Drago avancèrent piteusement, prenant soin de déposer le moins de boue possible sur les tapis persans.

— C'est Potter, Monsieur le Directeur, s'empressa de dire Drago. Je suis capitaine de l'équipe de Quidditch, et il a refusé d'obéir à mes ordres, et lorsque j'ai insisté, il m'a sauté dessus !

— Est-ce que ça s'est bien passé comme ça, Harry ? demanda le directeur, son regard perçant traversant ses lunettes en demi-lune.

Harry voulait nier, expliquer les raisons pour lesquelles il en était arrivé là, mais à vrai dire, Drago avait assez bien résumé les choses... Il se contenta donc d'acquiescer, sans oser regarder le directeur dans les yeux.

— J'imagine que tu sais que ton comportement est indigne, Harry. Je t'avoue que je suis surpris, et j'espère que ça ne se reproduira plus.

— Non, Professeur..., dit Harry, piteux.

— Bien, allez tous les deux à l'infirmerie.

Les deux garçons acquiescèrent et firent demi-tour lorsque quelqu'un pénétra dans le bureau.

— Monsieur le Directeur, je ne vous dérange pas, j'espère. Vous n'êtes pas sans savoir que le conseil se réunissait ce soir et...

Lucius Malefoy, qui venait de débarquer sans s'annoncer se figea lorsqu'il avisa son fils.

— Drago ? Mais que s'est-il passé ?!

Drago se recroquevilla inconsciemment à la vue de son paternel.

— Dumbledore, pourquoi est-il couvert de boue et d'égratignures ? demanda Lucius avec empressement, puisque son fils restait muet.

— Ce n'est rien Lucius, une petite bagarre sans incidence. C'est réglé.

Le regard de Lucius, qui était froid, devint glacé lorsqu'il se rendit compte que le garçon qui était avec son fils n'était autre que Harry Potter.

— Comment oses-tu t'en prendre à mon fils espèce de...

— Lucius ! intervint Dumbledore avec fermeté, j'ai déjà réglé le problème, laissons les garçons se sécher et être soignés, voulez-vous bien.

— Il devrait être renvoyé ! s'exclama Lucius en fusillant Harry du regard. Quel comportement scandaleux !

— Vous vous souvenez sans doute comment le Quidditch peut pousser les jeunes hommes à des comportements peu distingués, j'en suis sûr, dit Albus, une lueur malicieuse au fond des yeux. Il me semble que vous-même, et Rabastan, en étiez venus aux mains lors d'un entraînement...

Lucius se renfrogna et toisa le directeur avec toute l'animosité dont il pouvait faire preuve.

— Ce n'est pas de ma faute père, c'est Potter qui refuse d'obéir à mes ordres de capitaines.

— Ça suffit Drago ! Un capitaine doit savoir se faire respecter, un point c'est tout, inutile de trouver des excuses !

Harry eut envie de sourire lorsqu'il vit Drago baisser les yeux et se recroqueviller sur place.

— Il paraît évident que ces deux garçons ne s'entendront jamais. Pour le bien de l'équipe et surtout la renommée du collège lors du tournoi de Quidditch qui s'annonce, Potter devrait être viré de l'équipe ! tempêta Lucius, en affichant un air hautain qui déplu fortement à Harry.

— Personne ne sera retiré de l'équipe, Lucius. Ce qui leur faudrait, au pire, c'est un entraîneur, quelqu'un qui saurait les canaliser et tirer le meilleur d'eux-mêmes. Peut-être voudriez-vous vous en occuper, Lucius ? proposa Albus qui semblait amusé par sa proposition.

Malefoy senior, qui parut d'abord outré par la proposition du directeur, finit par redresser fièrement le menton.

— J'accepte ! Après tout, ça me rappellera mes années en tant que capitaine de l'équipe des Serpentard. Et au moins, on pourra être sûr que ce genre de comportement ne se reproduira jamais si je suis là !

— Très bien, c'est réglé alors ! Jeunes gens, vous pouvez disposer.

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Le réveil fut rude pour Harry, tant par les douleurs qui irradiaient de son corps, que par la fatigue morale accumulée ces derniers jours. Maintenant il avait deux Malefoy pour le prix d'un , sa vie ne pouvait pas être plus difficile !

— Harry tu es levé, dépêche-toi ! On va rater le petit-déjeuner, il nous faut des forces pour notre exposé sur la métamorphose du chandelier de Sir Godefroi, tu sais bien que McGo nous fera pas de cadeaux ! lui rappela Ron avant de sortir du dortoir.

Eh bien si en fait, sa vie pouvait carrément virer au cauchemar et c'était chose faite !

Il avait complètement oublié de s'entraîner pour cette maudite métamorphose. En effet, il devait être capable de transformer une chèvre naine en un chandelier bien particulier, qui avait jadis appartenu à un aïeul de McGonagall, enfin, pas sûr qu'il ait bien écouté cette partie. Leur professeur avait, selon Harry, le projet de remplacer l'argenterie de Poudlard ! Mais pour le moment sa chèvre finissait en chandelier improvisé avec trois cornes et une base de chandelier en sabot. Pas sûr qu'il ait une note remarquable, en plus d'une crise d'Hermione sur son incompétence récurrente dans cette matière.

oOo

Harry arriva juste à temps pour la fin du petit-déjeuner, il n'aurait pas imaginé tenir toute la matinée sans avaler quoique ce soit, vu la soirée de la veille. Il discutait joyeusement avec Neville et Seamus quand ce dernier lui fit un signe de tête pour lui montrer la table des professeurs. Harry en y regardant mieux, put voir ce qu'essayait plus ou moins discrètement de lui montrer Seamus. En effet, leur professeur de Sortilèges malgré d'innombrables essais, n'avait pu faire repousser la totalité de ses sourcils, et quelques poils noirs et frisottés par la brûlure tombaient mollement de chaque côté de sa moustache.

Harry rit de bon cœur sur les exploits de son ami, malgré le regard sévère que lui lança Hermione. Cependant il crut déceler un léger rictus quand celle-ci pensa qu'il ne la regardait plus. Pauvre Flitwick, lui dont sa moustache faisait sa fierté.

Soudain, le bruit caractéristique des bruissements d'ailes se fit entendre : des dizaines de chouettes et hiboux volaient au-dessus des tables de la Grande Salle. C'était un moment qu'Harry affectionnait tout particulièrement, puisque malgré les mauvaises nouvelles déposées par la Gazette, il y avait aussi reçu de merveilleux cadeaux.

Une nouvelle vague de hiboux majestueux arriva, avec dans leurs serres de longs paquets enveloppés de papier noir. Les élèves furent ébahis par la prestance de ces nouveaux arrivants, des murmures s'élevèrent pour vanter la grâce et la beauté de ces volatiles.

Harry fut surpris quand un hibou vient lui en déposer un devant lui. Hermione lui fit remarquer qu'un paquet semblable avait été déposé devant chaque membre de la nouvelle équipe de Quidditch. Précautionneusement, il déballa l'objet pour y découvrir un Astéroïde 3000, le tout dernier balai professionnel. Son œil fut attiré par un mot glissé dans l'emballage.

« Mr Potter, ce présent vous est offert, uniquement pour l'uniformité de l'équipe et pour assurer les meilleures performances de ses membres. Non pour votre utilité. salutations. . P.S : Rendez-vous à 18 heures sur le terrain de Quidditch, aucun retard ne sera toléré.»

Des exclamations de joie se firent entendre à travers toute la Grande Salle, provenant de chacun des membres de l'équipe de Poudlard. Tous avaient l'air particulièrement ravis et certains allèrent même jusqu'à aller serrer la main de Drago Malefoy, en le remerciant chaleureusement des cadeaux de son paternel. Aucun d'entre eux n'aurait pu espérer posséder un tel objet.

À partir de cet instant, les conversations dans l'école ne tournèrent qu'autour de l'événement du petit-déjeuner, certains voulaient déjà emprunter le balai de leurs camarades de maisons.

D'autres aux contraires, semblaient jaloux et envieux d'être laissés pour compte ou d'avoir été exclus lors des sélections. Ce qui sembla être le cas pour le meilleur ami d'Harry. Ce dernier, lui, s'en fichait comme de la première chemise de Dudley, mais il n'osait pas encore aborder le sujet avec son camarade de dortoir. Il préférait lui laisser le temps de digérer la nouvelle pour éviter de renouveler leur dispute du Tournoi des Trois Sorciers.

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À 18 heures précises, tous les membres de la nouvelle équipe se tenaient prêts, balai en main. Tous admiraient leur nouvelle arme de bataille, dans les moindres détails.

C'est ainsi que Lucius Malefoy les trouva. Soignant son entrée, qu'il voulait magistral, il donna le ton de prime abord.

— Allez, bougez vous, ce n'est pas en faisant la causette que vous allez écraser les membres des équipes adverses ! Il n'y aura ni pirouettes ridicules, ni gémissements intempestifs sous ma supervision !

L'engouement ressenti par les joueurs retomba un peu lorsqu'ils prirent conscience que leur nouvel entraîneur ne serait pas un tendre, et Drago Malefoy en profita pour jeter un sourire hautain à Harry, comme pour lui signifier que grâce à son père, il allait en baver.

— Vous allez vous échauffer. Huit tours de terrain, et que ça saute !

Les membres de l'équipe s'observèrent avant d'enfourcher leur balai…

— Sans vos balais voyons ! tonna Lucius en levant les yeux au ciel.

— Mais Monsieur, commença Millicent Bulstrode, vous voulez dire qu'il faut qu'on coure ?!

— Naturellement ! Vous ne pouvez pas vous contenter de voler comme des feignants. Il n'y a rien de mieux que la course pour chauffer vos muscles.

Des soupirs et murmures se firent entendre mais bien vite, les joueurs se mirent à courir lorsqu'ils virent le regard furieux de Lucius.

— Et faites ça correctement, ricana Drago en croisant les bras sur son torse.

— Que crois-tu faire comme ça Drago ?

— Comment ça, père ? demanda le Serpentard, non sans surprise.

— Tu cours, comme les autres !

— Mais père, je suis le capitaine ! et...

— Ici, je suis l'entraîneur, même pour toi ! Et justement, le capitaine doit montrer l'exemple ! File !

Drago fronça les sourcils, après avoir jeté un dernier regard amer à son père, et se mit à courir pour rattraper les autres.

— Si tu croyais qu'avoir ton père en tant qu'entraîneur allait t'avantager, c'est raté on dirait, se moqua Harry lorsque Drago arriva à son niveau.

— Oh, la ferme Potter ! cracha ce dernier en lui mettant un coup d'épaule avant de le dépasser.

Mais Harry n'entendait pas se faire bousculer de la sorte, il accéléra la cadence pour doubler le Serpentard, sans omettre de le bousculer à son tour.

— Tu veux jouer à ça Potter ? bougonna Drago en augmentant encore sa cadence.

Il en allait de leur fierté, alors chacun des deux garçons donna tout ce qu'il avait, distançant rapidement leurs équipiers.

Après les huit tours de terrain, il s'avéra que Harry et Drago pouvaient courir à la même vitesse puisqu'ils arrivèrent tous les deux en même temps, et essoufflés comme jamais !

Voyant que les autres entamaient seulement leur dernier tour, Harry et Drago, épuisés, se laissèrent choir dans l'herbe humide.

— Debout tous les deux ! Vous voulez pas une tasse de thé et des gâteaux tant qu'on y est ! dit Lucius d'un air sévère.

— Mais pè... entraîneur, on a couru plus vite que les autres, on peut bien...

— Non ! Vous avez décidé ensemble de faire la course, ce n'est pas ce que je vous avais demandé, alors maintenant, assumez-en les conséquences.

Les deux garçons puisèrent dans leurs dernières forces pour se relever, non sans avoir pousser un soupir de résignation.

— Fier de toi, Potter, glissa Drago à l'oreille de Harry, quand Lucius tourna les yeux.

Harry se contenta de jeter un regard morne à Drago. Il n'avait plus la force de répondre quoi que ce soit.

Cinq minutes plus tard, lorsque les autres arrivèrent enfin, ils purent enfourcher leur balai afin de commencer réellement l'entraînement.

Lucius sortit sa baguette, et d'un geste gracieux, fit s'élever dans les airs un mur immense qui coupait le terrain de Quidditch en deux.

— Les poursuiveurs, commencez par vous lancer le Souafle et essayez de marquer des buts. McLaggen, votre rôle est de les empêcher de marquer, naturellement. Les batteurs, vous voyez les cibles rouges sur le mur ? Le but est d'envoyer les Cognards rebondir le plus près de leur centre. Potter, vous avez une demi-heure pour attraper ces trois Vifs d'or. Et vous resterez sur le terrain tant que vous ne les aurez pas !

Lucius Malefoy avait débité ses ordres sans une seule hésitation, et il entendait qu'ils soient respectés à la lettre.

Tous les joueurs s'élancèrent dans les airs sans demander leur reste.

— Il va toujours être comme ça ton père, Drago ? demanda Mark avec un air dépité.

— J'en ai peur, répondit le blond, la mine déconfite.

Avec de la chance, (enfin, Harry s'était surtout vraiment donné les moyens, refusant de passer sa nuit sur le terrain de Quidditch), il était parvenu à attraper ses Vifs d'or en temps et en heure.

Les exercices étaient maintenant finis, et c'est avec un soupir de soulagement que les joueurs regagnèrent les vestiaires lorsque Lucius sonna la fin de l'entraînement.

— Je suis mort ! J'ai jamais été aussi fatigué après un match de Quidditch, se plaignit Michael Corner. Et dire que je pensais que ça ne pourrait pas être pire qu'avec toi, dit-il à Drago qui sortait de sa douche.

— Mmmh...

Harry était du même avis, mais d'un autre côté, ce premier entraînement l'avait rassuré. Drago n'était pas mieux loti que les autres, et ça, ça le mettait en joie. Il avait même eu l'impression qu'au contraire, Lucius trouvait toujours quelque chose à lui reprocher. Tant mieux ! Peut-être que Malefoy fermerait son caquet maintenant...

Il finit de se sécher et se rhabilla rapidement, pour rejoindre Hermione et Ron.

— Demain matin, sept heures, et aucun retard, c'est compris ! dit Lucius qui venait de faire irruption dans les vestiaires. Vous n'avez que deux semaines pour être au top, alors le moindre de votre temps libre sera consacré au Quidditch.

Harry sentit le désespoir l'envahir, et à voir Hannah Abbot se laisser tomber sur le banc en prenant sa tête entre ses mains, il sut que c'était partagé.

oOo

Le lendemain matin, Harry eut toutes les peines du monde à s'extirper de son lit. Il avait l'impression d'être une courbature à part entière. Plus aucun centimètre carré de son corps n'était épargné par la douleur.

Voyant l'heure tourner, il s'habilla le plus rapidement possible, sans faire le moindre bruit, afin de ne pas réveiller ses condisciples. Voyant Ron dormir dans son lit moelleux, comme un bienheureux, Harry l'envia de ne pas être dans l'équipe.

Comme la veille, Lucius était déjà présent et se tenait fier et droit au centre du stade.

— Tout le monde est là ? Bien, nous pouvons commencer. Vous savez ce qu'il vous reste à faire.

Des soupirs discrets se firent entendre, mais personne n'osa se plaindre. C'est donc sans bruit que les sept joueurs de l'équipe commencèrent à courir.

Après quelques minutes de course, Harry se retrouva aux côtés de Drago.

— Tu peux pas rester avec les autres, plutôt que de me coller, lâcha Drago, apparemment d'humeur taciturne.

— C'est pas de ma faute si on court à la même vitesse Drago. Mais si ma présence te gêne à ce point, tu peux accélérer.

Le blond se contenta de jeter un regard blasé à Harry et redressa sa tête, digne, comme pour occulter la présence du Gryffondor. Il n'avait pas l'intention de refaire comme la veille, même si pour ça il lui fallait supporter de courir avec Harry durant encore sept tours.

— C'est aujourd'hui que les choses commencent en vrai ! s'écria Lucius pour attirer l'attention des joueurs. Fini les entraînement de premiere année. Hier, je voulais juste connaître votre niveau, aujourd'hui, je vais le mettre à l'épreuve.

Tout en disant ça, Lucius fit apparaître une énorme mal sur le sol. Chacun se demandait avec appréhension ce que leur avait réservé cet homme apparemment fou à lier.

Lorsque le couvercle sauta, une nuée de Cognards Dentus en sortit, accompagnés de Souafles deux fois plus petits que la taille réglementaire, et des Vifs d'or hyperactifs.

Les joueurs s'empressèrent de s'envoler, en poussant des petits cris de détresse alors qu'ils étaient déjà attaqués par les Cognards Dentus, bien plus agressifs que les originaux.

Harry, quant à lui, n'arrivait même pas à voir les Vifs d'or, tant ils se déplaçaient vite. Merlin que cette journée allait être longue...

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— Abbot, si tu lâches encore ce Souafle, tu viendras t'entraîner tous les matins dès cinq heures, c'est clair ? cria Lucius à la pauvre Poufsouffle épuisée. Et Drago, si tu ne fais pas de meilleures passes à tes coéquipiers, je te vire de l'équipe !

Drago crispa les mâchoires et s'efforça de viser au plus juste, mais les Souafles, bien plus petits, étaient quasiment impossibles à attraper de si loin.

— Monsieur, c'est impossible de combattre tous les Cognards ! Il y en a trop, se plaignit Mark Calaway qui tentait vainement d'obliger deux Cognards, les dents plantées dans sa jambe, de le lâcher.

— Si tu ne parviens pas à t'en débarrasser, c'est que tu n'es pas fait pour ce poste ! tempêta Lucius qui détestait les jérémiades plus que tout. Potter ! Qu'est-ce que vous attendez pour attraper un Vif, le déluge ?! enchaîna-t-il. Inutile de perdre votre temps en acrobaties pour vous faire valoir. Les résultats comptent plus que votre petite gloire personnelle !

Harry commençait à en avoir plein le dos de lui. Il en venait même à se dire que le pire des Malefoy n'était pas celui qu'il croyait. D'ailleurs, Drago lui paraissait étonnamment amical depuis qu'il n'osait plus dire un mot en présence de son père.

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Après trois heures d'intense supplice, Lucius siffla enfin la fin de l'entraînement. La plupart des joueurs boitaient, à cause des morsures de Cognards.

— Exceptionnellement, il n'y aura pas d'entraînement ce soir, car j'ai une réunion du conseil, vous avez donc quartier libre. Profitez-en pour réviser les diverses figures et formations, dit Lucius.

Millicent, qui n'était pourtant pas sensible, crut qu'elle allait en pleurer de joie. Après le tournoi, jamais elle ne remonterait sur un balai, elle s'en fit le serment, tout comme Hannah qui elle, pleurait bel et bien.

Harry rejoignit Drago, qui marchait d'un pas traînant et tête baissée.

— Tu sais Malefoy, je n'aurais jamais cru dire ça un jour, mais je regrette l'époque où tu étais seul à la tête de l'équipe...

— Moi aussi Potter, moi aussi...


Alors, qu'en avez-vous pensé ?

27/04/15